ENCHANTEMENT
les traits des lettres ressemblent souvent aux empreintes produites par ces nombreux plis. En plusieurs endroits, surtout le long des sept plis horizontaux, l'argent est noirci; les marges sont également fort endommagées, et, au milieu on rencontre une petite lacune qui interrompt le texte de deux lignes (8 et 9). Voici la transcription :
(Signes cabalistiques) SEoèv oapâv-f7)ç.
*E-l-roû [iryàXou x.al àytou èv6[jiaToç toO ^ûv- Toç Kuptou 0£oû Aajxvavavatou xoà ' AScovaîo'J zal'Iaô> v.alSa^aciÔ, (ôpxt^u] TzâvTX -rà TiveùfXotTa Pappap cooavaiSa xal OTav 7rvî'j(ia TrupsxTW- 6v xal xat Tîâv — TCù^3CTtc;jJ.ôv xal — 5v OSpoçâpa- V xal -iv pàcr/.avov ôoÔaÀtiov xal rcâaav è-a7ro- <jToX-))v ^iiatav 7r;£'j(i.a[Ti,x');)v xal Trâsav oapijiaxsiav [xou a'iaaôai Tf|Ç 9[apà] vf^jç. Tov ôpxiatiôv TOÛTOv oiTjvT'i/Y)!;, ttSv 7msû|jta — ovï)p6v, [XVT)(j6- OévTa vjjç S'.aOïiXTjÇ i^ç ëXovro è;zl Siei SoXofiovoç xal Ms/Xéco; ToO àvysXou.ÔTt ûsxoaav -ôv (xéyav xal àyiov ôpxov ÈTzi ToO ôvôjxaToç àylou-xal TrSv o, ti çEuyôjisOa xal oE tJ;£uao]Xs6ai. oùXa^ov trJVTj/Tjv cjv-nJXïjç àTtô TîOVYjpoû
(tti/eÙ- (xaroç Travréç, ôpxîÇtù ac ; xal vuxxèç xal f,(ispa;, xal [is-
l<Jv)H?plaç çûXaÇov ctuvtux^^- EEçTrâcaç -ràç T)[J.épa(; t^ç Toaaû- Tr,ç ç'JX.a^ov <TUVTUX''i^-
Ligne 1 : cjsî'îv çioivr,; ou plus souvent 7£^£vy'£v ^îiiçaoav-'i,; est un des noms mystiques du soleil: ligne 5 : au lieu de -jçiviioa, lire oç.oï-.ofl, parce que les démons gnostiques paraissent souvent sous forme de serpent; au lieu de otiv, lire niv : ligne 6 : /.%: /.%: ^sicj;lign. 7-8: =-ano3To>,T,, maladie inconnue,le verbe £-a-oTT=A/.'.) signifie su6mi7(crc,miHere posl alium; lign. 10-11 ;j.vr,30£vTï, à cause de la pluralité contenue dans niv -. n; au lieu de i:i:, lire o££i; ligne 13 : niv h, t'. S£jyo;j.£Oa se rattache à -iv nv:jj.i r:ovr,p'r/, etc. (ligne 10). Dans les inscriptions gnostiques, la décision du mot ni; est rarement conforme aux lois de la grammaire; ligne 14: au lieu de ■iijjO'xifix\ lire ■Itj'i'.o'x'i-:^:.
« Par le grand et saint nom du Dieu vivant, seigneur Damnaménée et Adonal et Jaô et Sabaoth, je conjure tous les démons qui ont forme de serpent, et tout démon de la fîè\Te, et toute épilepsie, et toute hydrophobie, et tout mauvais oeil, et toute rechute violente et démoniaque, et tout poison, de ne pas toucher à ma gorge. Que tout mauvais esprit rencontre cet exorcisme; et qu'ils [ces esprits] se souviennent du traité auquel ils se sont soumis, craignant Salomon et l'ange Mechlis, depuis qu'ils ont prêté le grand serment sacré sur le saint nom [de Dieu]. Et vous tous que nous fuyons et vous, parjures, [allez].
> Préserve-moi de la rencontre de tout mauvais esprit, je t'en conjure! La nuit et le jour et l'après-midi préserve 1-moi, de la rencontre. Tous les jours préserve [-moij de la rencontre de la grande puissance. •
Ce monument ne peut être ni antérieur au n" siècle de l'ère chrétienne ni postérieur au vii=. L'abondance des barbarismes et le sans-gène avec lequel sont traitées les règles les plus élémentaires de la syntaxe le placent plutôt parmi les cgypto-grecs, dont l'éducation grammaticale laissait beaucoup à désirer.
' Preuschen, Denkmœler von phgsischen und politischen Revoluzionen , Frankfurt, 17S7, p. 210; U. Kopp, Palœographia crilica, 1829, t. iv, p. 388; Corpus inscriptionum Rhenarum, p. 358; W. Frœhner, Sur une amulette basili' dienne inédite du musée Sapoléon III, dans Bull, de la Soc. des antiq. de S'ormandie, 1867, t. iv, p. 217-231 ; Wiedemann, dans Boruier Jahrbucher, t. Lxxix, p. 215 sq.; F. X. Kraus, Die altchr. Inschri/len des Rlteinlandes, ia-i", Freiburg, 1890, n. 13. — = Ljubic, Viesinic narodnoga zemaljskoga muzeja u Zagrebeu, 1871, p. 147; De Rossi, Bulletlino di archeologia cristiana, 1871, p. 39; Zaagemeis-
Ceci nous amène vers le pays, peut-être même vers l'époque de Basilide, contemporain de Trajan et d'Hadrien.
-V la troisième ligne, le mot Aiavavivi-oj cache le nom d'un des plus anciens démons de la mythologie grecque. Plusieurs pierres gravées représentent le serpent des ophites qui se mord la queue (ij'.'MyK.) et qui s'appelle en toutes lettres Damnaménée.
Cette feuille d'argent est un préservatif contre toutes sortes de maladies et de mésaventures : fièvre, épilepsie, hydrophobie, angine, poison, mauvais œil et leurs rechutes y sont énumérés. Il existe bien d'autres formules, notamment pour prévenir la colique (voir ce mot), la gale, les hémorroïdes, les maux d'estomac.
Le musée de Karlsruhe possède une feuille d'argent découverte dans les ruines des bains romains de Badenweiler (voir Diclionn., 1. 1, fig. 37) et remarquable par une inscription latine écrite en caractères grecs '.
C'est une amulette collective pour tous les enfants d'une famille. Bien que les lacunes n'y soient pas comblées avec certitude et que l'interprétation en soit moins aisée que la lecture, il en résulte un fait curieux : on y retrouve la marque indélébile du pays natal du gnosticisme. L'usage égyptien, d'ajouter à chaque nom propre le nom de la mère, s'y trouve conservé.
i^apoji Tî[pTLO/.Joja, /.ojîjji ::£::£p!T AEiÊUpouJoaÇ ouLvt 7;£p£xouXoj, [ïëpo'jja \i'.Xovo. Gspoua Aoyz'.o. Xouji, sîpoua Mspzoasaau.
O0AEAFÛF3AFOZA
CINIIAlAlAlAICABAWG
AANAOANAABAAKPA
ewieciAAMCHCHNreM
ô NTHCI OIOlOCePOYATe YMKOYeMnEnePITAGIB PABOMNinePCKOVACû AXeiAONOCePOYA ■*• * AOYKIOAOYMCei 10 OYAMePKOYCCAM
1... — 2...ia ia ia i Sabaoth. — 3. adonal Ab]lanathanalba Acra. — • 4. machamari S]emesHam Sesengem. — 5. Barpharajnges io io seroale. — 6. Lucio]lum quem peperit Leib. — 7. ia maler]ab omni periculo. — 8...] Acheilon o serva. — 9... Lacioliim si. — 10... ve Mercussam.
Ce n'est pas du tout un exorcisme que le texte écrit sur une feuille de plomb et trouvé en 1869 sur une colline de Dalmatie non loin de Trau, ce n'est pas non plus une adjuration, mais un véritable enchantement, puisqu'il s'agit d'une préservation ^ :
face a)
-f In nom(ine) d(omijm Jeso Cri[s] U denontio libi Imnion dissime spirele lar tarùce quem angélus gdbriel 5 de calenis igneis religa[vit\ qui habel decemilia barbar...
I po]sl resurrectione vinist[i\ in galilea Ibi te ordinavil u{t\ silvestria loca coUemontia op uli ne hominebus....
ter, dans Corp. inscr. lai., t. m i>, p. 961; Bartoli, Dos DaUnatische, Wien, 1906, t. u, p. 259; Monaci, Facsimiti di documenti, Roma, 1910, n. 2; H. Leclercq, Diclionn., 1. 1, col. 1803-1804, flg. 480; G. Bertoni, L'exorcisme chrétien du musée de Zagabria, dans Bull, d'anc. littér. et arcli. ! chrél., 1911, t. I, p. 81-85, dont je donne le texte de ce I dernier éditeur, qui fait de cette feuille de plomb du VI» siècle « le plus ancien exorcisme chrétien que nous possédions. • Ce n'est pas un exorcisme et, dans cette catégorie de monuments, on peut rencontrer des textes du ui" siècle.