‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 6 sur 331 · ENCHANTEMENT — ENCRE. ENCRIER · texte numérisé non relu

ENCHANTEMENT — ENCRE. ENCRIER

10 leneres aui tune demum orr grandene Jnvoceres vede ergo Inmondissime spirele tartaruce ut obiconqua nomen d(omi)ni audiveres vel scriptura cognoveres non -r face b) 15 ....ubi velles nocere

.... Inde habias.... nis fluvio quem transire non potuisti requesilus qaare (ransirrc non potuisti dixisli quia Ibi ignis 20 aranea ignifera corret et ubi

conqua semper libi ignis aranea ignivera corrat denontio libi per domino meum Cavete H — h + Ce monument est écrit en cursive latine par une main du vi« siècle. A quoi est destinée cette lamelle? à écarter un danger, mais lequel? Le démon est appelé tartaruce, il a été emprisonné par l'ange Gabriel: on lui applique aussi l'épithète de dccemilia barbar... qui ne doit certainement pas être tenue pour un compliment. L'épithète aranea ignifera, une araignée boutefeu, n'est pas plus avantageuse, mais pas plus claire. H. Leclercq.

ENCRE. ENCRIER. L'encre et l'encrier ont été désignés sous des noms variés : airamentum, atramentum librarium, atramentum scriptorium, atramentarium, atramentale ; en grec, alÀiv, tijÀav Ypaçtxov, ^lAXav m •^pàçofi-sv, a;?.avooy;;ov, usXavôoyov, a^yoç u.£Xav8d/.ov, Ppoyiç; en grec byzantin, iiiXitim, aTipafxvov et ËY/.ajoT&v, ce qui donne le latin encaustum.

Atramentum et a-Xav désignaient toute espèce de noir, car il y avait Yalramentum sulorium, noir des cordonniers ou noir de cirage; Y atramentum tectorium, noir des peintres, qu'on étendait à l'aide d'un pinceau et qui nous intéresse, puisque plusieurs inscriptions chrétiennes ont été tracées de cette façon •. Mais Yalramentum librarium est proprement l'encre à écrire. Un célèbre passage du discours de Démosthène Sur la couronne représente le pauvre Eschine employé à

• broyer du noir », to u-ÉXav -rcfôoiv, chez un maître d'école qui était en même temps son père. La composition de ce noir est assez nettement décrite par Dioscoride, au dernier chapitre de son livre Sur la matière médicale. On y voit que l'élément colorant du mélange ainsi nommé était la suie ou le noir de fumée -, provenant de la combustion de la résine, mêlée à la gomme; les proportions étaient, en poids :

Noir de fumée 7.5 /

Connue 25 )

Vitruve ' décrit le mode de préparation du noir de fumée destiné spécialement à la fabrication de l'encre : • On bâtissait une chambre voûtée comme une étuve; les murs et la voûte étaient revêtus de marbre poli. Au-devant de la chambre, on construisait un four qui communiquait avec elle par un double conduit. On brûlait dans ce four de la résine ou de la poix, en ayant soin de bien fermer la bouche du four, afin que la flamme ne pût s'échapper au dehors, et se répandît

' A. Lupi, Dissertatio et animadver.':iones ad nu/ter nvcntum Scucnc M(irliiris cpilaphium. ^-4°, Panomii, 1734, p. 38; C. Cavcdoni, Duc cimitcri cristiani di Cliiusi, in-S", Modena, 1853, p. 03. — • E. Eggcr, Note sur les noms grecs qui ont servi à désigner l'encre citez tes anciens et au mouin âge, dans Bull, de la Soc. nul. des anliq., 1871, t. xxxii, p. 151-158. — ' Vitruve, 1. VII, n. 10. — « Trad. de II. Gfraud, Ti!.sai sur les Hures dans l'anliquiti, ln-4°, Paris, 1840, p. 48-1!). — ' L. Renier, Bulletin archéologique de l'Athenwum Iruuçais, 1850, t. il, p. 31; Inscriptions romaines de l'Algérie, n. 3981 ; Corp. inscr. lat., t. viii, n 9513, plaque de marbre haute de 0 m. 30, large de Oui. 28. —

* Padem] en fait mention dans les Pliilosophical transartions, 1756, p. 5ii8. — ' Winikolmann, Wrrlie, t. il, p. 127. —

ainsi, par le double conduit, dans la chambre voûtée; elle s'attachait aux parois et y formait une suie très fine, qu'on ramassait ensuite *. » Il suffisait d'exposer le mélange de noir de fumée et de gomme à l'action du soleil pour le dessécher et obtenir de l'encre solide comme nos bâtonnets d'encre de Chine ; pour faire de l'encre on délayait cette pâte dans l'eau. Ceci faisait l'objet d'un commerce, il y avait des ■j.O.imjo-io: ou atramenlarii, c'est-à-dire fabricants d'encre, et, vers le m« siècle de notre ère, une inscription, peut-être chrétienne, de Cherchell en Algérie, nous offre cet exemple ' :

DVL MATER SALLVSTIVS HONORATVS CLAV DIAE EXTRIKATAE MATRI KARISSIMAE QVOD TV MIHI VEL QVOS MYSEROS EX 5 ORBATOS RELIQVISTI DEBVISTI FACE RE HAEC CVM SCRIBEREM LACRIMIS ATRAMENTVM TEWIPERAVI DVLCIS SIMA MATER FILIIS SALVTEM QVID STA ÎTIS ET RECITATIS TITVLVM MONVMENTI 10 MEI es XLV ANNIS VOBIS VIXI IN XLVI EXCIDI QVANDO DATVM EST

Dul(cissima)mater. Sallustius Honoratus Claudix Extrikatœ matri karissimx [suppléer feci libi] quod tu mihi vel [suppléer /ratribusi, quos mi/scros exorbatiis reliquisti, debuisti facere. Haec cum scriberem, lacrimis airamentum temperavi. Dulcissima mater filiis salutem. Quid slalis et recitatis litulum monumenli met? XLV annis vobis oixi; in XLVI excidi, quando dalum est.

Vers le milieu du xvme siècle on découvrit à Ponipéi un encrier contenant encore quelques gouttes d'une encre épaisse comme de l'huile S mais avec laquelle Winckelmann put néanmoins tracer quelques caractères". L'exactitude des renseignements donnés par les anciens sur leur encre a été démontrée par les expériences faites vers 1820 par H. Davy sur les papyrus d'Herculanum «. Cette encre s'effaçait facilement ix l'aide du doigt mouillé ou d'une éponge imbibée d'eau». Pour rendre l'encre indélébile, il sulTisait. au dire de Pline, de la délayer dans le vinaigre au lieu d'eau. Cette assertion est confirmée par les expériences de la chimie moderne '".

Les auteurs bénédictins du Xouveau traité de diplomatique '' avancent que la composition de notre encre était inconnue aux anciens, ou du moins n'en usaientils que pour teindre en noir leur cuirs. Opinion erronée. Dès le ni» et même dès le n« siècle après Jésus-Christ, on se servait communément d'encre à base métallique, du moins pour écrire sur le parchemin. La preuve en est que la première écriture des plus anciens palimpsestes est sensible à l'action de la teinture de noix de galle et de l'ammoniaque sulfuré '^ Mais c est à tort que Martianus Capeila, auteur du \" siècle, est cité" comme le premier qui ait fait mention de l'emploi de la noix de galle dans la fabrication de l'encre. Un texte '*, resté inaperçu jusqu'au jour oïl Charles Graux l'a mis en valeur ", nous montre que la réaction de la noix de

• Philosophicul transactions, 1821, 2' partie, p. 198, 205. — ' Suétone, Augustus, 85; ù ceux (pii lui deiiiundoiit des nouvelles de sa tragédie d'.Vjax, il répond : Aiaccm suum in spongiam incubuis.\c. — '» Girardin, Cliimic appliquée aux (u'ts, t. m, p. 87 : • La meilleure encre in<lélébile est l'encre de Chine, délayée dans de rncidc chlorliydrlque ml dans de l'acétate acide de manganèse. ■ — " T. i, p. 511. — " Davy, dans PItihsophical transactions, 1.821, 2' parlii". p. 205; F. J. Mone, Laleinische und griecbi.sclte Messen, I"rankturt, 1850. p. 103. — " Wnttenibacli, Dos .SchrilUvesen im Mittelaller, in-8», I-clpzig, 1871, p. 140. — " Mnrtlaniis Capclln, 1. III, n. 225, édit. Kopp, p. 228: gallarum guiiirneosque commixiii. — *' Ch. Graux, Atramenlum, dans I Sagiio, Dicl. des anliq. gr. et roiii., t. ii, p. .529.

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