‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 7 sur 331 · ENCRE. ENCRIER — ENFANTS NATURELS · texte numérisé non relu

ENCRE. ENCRIER — ENFANTS NATURELS

galle sur les sels de cuivre, sinon sur ceux de fer, était utilisée bien avant l'ère chrétienne. Philon de Byzance dit à propos de l'envoi de messages secrets : On écrit sur un feutre neuf... avec une infusion de noix de galle concassée. Les lettres, en séchant. de\iennent illisibles. Mais, après avoir fait dissoudre dans l'eau de la fleur de cuivre, de la même façon qu'on délaye l'encre, et avoir trempé une éponge dans la dissolution, il n'y a qu'à passer l'éponge sur les caractères pour les voir apparaître '.

Les anciens connurent aussi l'encre de seiche ou srpia. On en fit surtout usage en Afrique. Quant aux encres de couleur rouge ou verte, nous n'avons rien à ajouter à ce que nous en avons dit. Voir Diclionn., t. m, col. 16G5-1671, au mot CrNABRE.

On a retrouvé des encriers anciens, en bronze, en terre cuite. L'un de ces derniers fut rencontré par Boldetti dans une galerie de la catacombe de Calliste; il contenait encore, lors de la découverte, de l'encre desséchée' (fig. 4074). Un diptyque conservé au musée

4074. — Encrier trouvé dans les catacombes. D'après Boldetti, OsserDOzioni sopra cimiteri, 1720, p. 329.

de Berlin nous montre un magistrat romain dictant à ses ofpciales et, sur une table, un encrier. Voir Diclionn., t. n, col. 781, fig. 1519. Une pierre provenant des catacombes romaines représente un diptyque, un style et un encrier attaché à un paquet de roseaux '. Voir Diclionn., t. n, col. 1579, fig. 1858.

Dans les derniers temps de l'empire romain, le mot grec 'r;/.Tj--.'j-^ , d'abord employé par les peintres ' pour les couleurs qu'on préparait et qu'on appliquait à chaud, inclina vers le sens général de liquide coloré, puis d'encre pour écrire. 11 se peut d'ailleurs, ce que nous ignorons, que l'ï -/.uttov fût un produit industriel différent du ;j£/ i/. Les Romains adoptèrent la chose et le mot sous la forme d'encaustum ou encaaium avec le sens d'encre, probablement d'abord d'une encre particulière, dont l'emploi était réservé aux magistrats, comme on le voit par un rescrit de Constantin '. De là le dérivé encaulariam ou encautarius, désignant les registres publics du cens, visés et signés par les magistrats ■. Avec l'épithète sacrum, l'encauium désignait l'encre de pourpre plus spécialement réservée pour les signatures impériales, et dont la fabrication comme la vente étaient pri\ilégiées •. On ne voit pourtant pas que le fabricant de ces encres

' PhilonByzant. Ve(. matliem., p. 102; Spire Blondel, Les oulilsde l'écrivain, in-12, Paris, 1890, p. 141. — ' Boldetti, Osservazioni sopra i cimiteri crisiiani di Roma, in-fol-, Roma, 1720, p. 329. — ' L. Perret, Les catacombes de Rome, pi. Lxxra, n. 6. — ' Pline, Hist. nai., I. XXXV, n. 11; 1. XXXVI, n. 26. Le livre de Martorelli, De regia theca caiamaria, in-4'', Neapoli, 175G, est très justement appelé par Egg'er du « bavardage arctiéologique «. — ' Code Théo-

diverses se soit jamais appelé encautarius, comme le fabricant d'alramentam s'appelait alramenlarius. Il est même remarquable qu'au \T' siècle de notre ère Isidore de Séville ' mentionne toujours l'usage journalier de V alramcntum et en indique la composition sans nous rien dire de V encauslum.

H. Leci.ercq.

ENOYMION. La figured'End>Tnion inspira directement l'art chrétien pendant sa première période, exclusivement pastorale. Les sculpteurs de sarcophages s'emparèrent de ce type de berger auquel ils attachèrent le symbolisme du Bon Pasteur. Endymion, accoudé sur sa houlette, regarde son troupeau. Afin de figurer de façon bien distincte les pièces dont se compose son troupeau et peut-être aussi avec l'espoir de simuler les plans successifs de la perspective, on s'était avisé de représenter chiens, chèvTCS, moutons dans des attitudes différentes. Suivant le procédé romain, les plans étaient étages et superposés. Les plus anciens sarcophages chrétiens ne laissent aucune incertitude sur la source vers laquelle les artisans ont remonté. Le monument le plus précieux pour démontrer la filiation du type d'Endymion dans le type du Bon Pasteur est une médaille de plomb (voir Diclionn., 1. 1, col. 1827, fig. 493) pouvant remonter au iv» siècle et représentant le Bon Pasteur, nouvel Endymion gardant son troupeau dispersé. Cette face de la médaille nous paraît reproduire un modèle ancien qu'on pourrait faire remonter jusqu'au n« siècle ".

H. Leclercq.

ÉNERGU MÈNES. Voir Diclionn., t. iv, au mot DÉMONIAQUES, col. 578-582 ".

1. ENFANTS (ÉDUCATION DES). Voir Diclionn., au mot Écoles, t. iv, col. 1730-1883.

2. ENFANTS (ÉPIGRAPHIE DES ).Voir Diclionn., au mot Bonté chrétienne, t. n, col. 1031- 1045; et pour l'inscription de Magus puer innocens, voir Diclionn., t. rv, col. 2237-2239, au mot Éguse.

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