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Billalicn vixit onnis XVIII j/lfiis) m(inus); reiiiiiebit in pace die il k fa )l( endos) julias anno XA'V////. Uillatica serait donc morte l'an 562-563 :iprès Jésus-Christ. On a proposé, par pur esprit de chicane ', de compter celte année 24« en prenant
' .l'ai cilè cl résumé dansccparagraphcrétude doD. Ser- Tuys^JJcqiicIqites cres byzantines, diins HetK de idiHiilogie, 1907, I. .\xxi, p. 151-189. — = Duroau de La Malle, lieclwrclws sur riiislnire de la rt'fjence d'AÏ(icr .sori.s la domination romaine, t.i. p. Gl ;lîase , liapport sur linéiques inscriptions lutines réeeninicnt d^'couuertes dans l'ancienne régence d'Alger, 3* arliclc, dans .Journal des sauants, 18.^7, p. 705; L. Renier, Sur une /nsrription chrétienne découverte à Sétif, dans Hctntc archéoL, 1850-1851, t. vu, p. 372; le même, liecueil des inscriptions latines rie l'Algérie, n. 2895; Corp. inscr. lat., t. vni, n. â'2H'2. — ■ ' Sahatier. Description générale des monnaies byzantines , in-8», l'aris, 1862, t. i, p. 190, note 1; Marchant. Mélanges de numismatique et d'histoire, G« suite, p. 13; de Saulcy. l-^ssai de classification des suites monétaires byzantines, in-8», Metz, 183G, p. 15. — ' H. Cagnat. Happort sur une mission en Tunisie ( JS82-ISti3 }, duns .-Krch. des missions jiicn/i/ii/i/cs (7 littéraires, 1885. t. mi, p. 113. n. G; .\. Héron
pour éponyme l'empereur Valentinien 111, ce qui reporterait à l'année 452; cette opinion manque de fondement.
Justinien ne fit que recommencer ce qu'avait fait Genséric, qui data de l'époque de la prise de Carthage les années de son règne. Les médailles frappées à Carthage par ordre de Genséric portent en effet la mention d'une ère dite de Carthage. Le roi vandale fit dater ses monnaies d'après cette ère et ses successeurs l'imitèrent. Une médaille du roi Genséric, publiée par le baron Marchant, nous montre un buste couvert du paludamcntum et la légende : HONO- RIVS ACT; au revers, femme tète nue, de face, tenant dans chaque main un bouquet de feuillage, en légende : ANNO llll K- Une deuxième médaille, publiée par Friedlander, ne diffère de la précédente que par la légende du revers, où on lit : ANNOVtK'. Ces deux pièces ont été incontestablement frappées à Carthage; le baron Marchant attribue la première à Genséric et M. Friedlander les donne toutes deux à Hunéric, Honoriciis, d'où Honorius. Cette dernière attribution est insoutenable. La légende du droit se rapporte bien à l'empereur Honorius; le respect conservé à un fils de 'Théodore le Grand n'est pour rien dans cette mention, qui s'explique par un motif commercial; afin de rendre plus facile la circulation de ces monnaies, on les marquait de remiireintc la plus accréditée '.
Le mot era est peut-être un vestige de la langue des Vandales '.
VIII. ÈRE DE C.HÉHÉBÉ. — Icl aussi OU s'cst servi d'une ère locale : une inscription en l'honneur des empereurs Philippe père et fils, datée de la première année de la ville, en est la i>reuve. Ici, il ne peut y avoir de doute; les ruines de Chèhébé sont celles de l'ancienne Philippopolis d'Arabie, la patrie de l'empereur Philippe, et l'ère locale commence à l'époque où ce prince rebAtit entièrement sa ville natale, l'orna d'édifices considérables et lui accorda, avec le nom de Philippopolis, le titre de colonie romaine.
IX. ÈRE cnRÉTiENNE. — Ccttc èrc n'est pas ancienne, mais elle a petit à i)elit supplanté toutes les autres. Elle fut inventée et proposée dans la première moitié du vi" siècle i)ar un personnage réputé fort instruit en sou temps, parce qu'ilsavait le grec; c'était un moine originaire de Scythie, vivant ii Rome et nommé Denis; à cause de sa taille minuscule, on lui infiigea le sol>ri([uet d'rxiguns, dont il s'arrangea comme d'un nom propre, en sorte <|ue ce bon travailleur, qu'on rencontre sur plusieurs champs d'étude de l'antiquité, comput, collections canoniques, etc., s'y est acquis une persoimalité bien nette sous son nom de Denis le Petit. 11 mourut avant l'année 55G.
Denis fixa la naissance du Christ au 'J.'i décembre de l'an de l'.onie 7.^3 ", en sorte (pic l'an P' de l'ère
de ^'ill('fosso. dans Comptes rendus de l'.Xcnd. des inscr., 1883, p. 18!t; O. d'ivspiiia. dans Itenue niricaine, 1885, t. XXIX. p. 377, 11. 3; Corp. i'm.sit. lut., t. viu, n. 11128. —
* Moiiimsen. tiaiis l£phenteris cpigrapltica, t. v. n. llGIî. —
• L. Uenier, Sur une inscription chrétienne itecouvertc à Scti/, dans ]{eiiue arclicid., 185(1-1,851, p. 371, communiiulion de M. Diiclialais. - • Ihid., i>. :;7I. - ' II. KruMh. Sludien znr rliristlich millelidterlichen Chronohiijie, der Si jahrige Oslercyclus und seine Ijuellcn. iii-8", l.cip/.i:^, 1880, p. 113; .Mommscn, Chron. minores, 1. i, p. 151, n. li. — " Le calcul du iiiuinc Denis le Petit reposiiil un peu Intp sur des supputations clironulot{i(iiif>s et des cnii\ eiiniicos liisturiqiu's. I£n réalité, il n'est cerlainviiioiit pas exact cl présente un écart de Iniis années. C'est l'i l'an de Itomc 7.50 qu'il laul fixer la date de la naissance du Christ. Cf. .XuKiiste C.iry, dau'. son .Manuel de diidomatiquc, iii-S°, l'iiiis, 1891, p. 88-90.
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clirrlirniu' coinciiln avec l'ail de Hume ".'il '. Son calcul, encore qu'il soit contestable, a prévalu. Il fut d'abord accepté et pratiqué en Italie, mais, dans ce pays même, ne s'étendit que lentement. Toutefois c'était une date de plus et on sait le goût qu'éprouvaient les annalistes et chroniqueurs du moyen âge pour les .synchronismes; les chancelleries — comme toutes les bureaucraties de tous les temps — n'éprouvaient aucun attrait pour les changements quels qu'ils fussent et l'ère chrétienne reçut d'elles mauvais accueil.
Sous le pontificat de Jean XIII (9G8-970)aes lettres apostoliques commencent à porter la date de l'ère chrétienne, mais elle demeure exceptionnelle '. Ou trouve, il est vrai, la mention d'une année de l'incarnation indiquée dans le texte d'une lettre du pape Jean VIII en 878 ', mais ceci ne portait pas à conséquence. Depuis assez longtemps, cette ère était employée dans les actes privés. En Angleterre l'usage en aurait été importé par saint Augustin, venu d'Italie (G04). et on la rencontre en effet dans des chartes saxonnes de la fin du vu" siècle ' et dans des actes royaux du commencement du viiii^'. On en rencontre également des exemples en Espagne dès la fin du vn» siècle '. En Gaule, elle apparaît pour la première fois au milieu du viii' siècle pour dater les eapitulaircs de Carloman et de Pépin, maires du palais '; on la trouve en 876 dans un diplôme de Louis III de Germanie ' et, depuis 877, dans les diplômes de Charles le Gros '. Il faut ajouter à cette liste un fort beau diplôme original de Pépin II d'Aquitaine, aujourd'hui conservé aux archives de la Haute-Vienne, dans le fonds de l'abbaye de Solignac. D'une authenticité indiscutable, il porte la date suivante '" :
( A ]nno incurnatiunis Dumini noslri Jcsu Christi orltiuientcsimo liincsimo nono, indictione II, anno prima regni nustri. Actiim monaslcrio qiiod vocatur l'içiiaciis iii Dei nominc C'est le seul l^emple rencontré jusqu'à ce jour dans la chancellerie des Carolingiens d'.\<(uitaiue.
L'emploi ne s'en généralisa dans l'Europe occidentale qu'après l'an mille, d'où le nom de millésime (au moyen dgc milliuiie) donné au chiffre qui sert à eNi)rinier kl date ". En Espagne, l'ère chrétienne ne fut adoptée qu'au xiv siècle '-.
X. i'.Kii DE Diorj.ÉTiEN. — Letronne a consacré à cette ère une notice que nous allons citer presque
* D'après le mode de compter en usage, l'an 7.*3 de Piome se tromc être l'an !■' avant .Jésus-Christ; l'an 754 de\ient l'an l'*' après .Jésus-Christ. Entre les deux périodes ascendantes et descendantes. les coniputistes ont omis le zéro: il en résulte pour les calculs des embarras que les astron<imes, depuis J. Cassini, ont évités en appelant zéro l'année de la naissance de , Jésus-Christ, l'an de Rome 753 , ce qui tliminue pour eux d'une unité toutes les dates antèrieiu'es à l'ère chrétienne. Voyez Arago, Aatrunomie l'opuhtirf, t. V, p. 728. — - JafTé, Hegesta ponti /iciim romannrum. 2' édit., n. 3728, 3738, 3741. — ' JafTé, op. cil., n. 3182. — * Voyez un exemple de l'année 676, ilans J. lîontl, lïnniUi-bititk uf niles and tables for verlfying dutrs uritft tlie Christian era, in-S**, London, 1875, p. 25. — '■ I*'xemi>le de 704, dans r'uc-similcs of ancietit charters in ttw lirilislt Sliiseum, t. ï, pi. 3. — * Le plus anciou exemple eoniui se trouve dans un manuscrit de Madrid. Cf. IL Pertz, Arcliiv, t. vm, p. 7',)',); cité par H. Krusch. 7'ie Einfiilirutig des griechisclien Pasclialrittis im Abendlande. dans Neiies Arcbiv, 1884, t. ix, p. 121. — ' Le jjremier exemple est de 742 : Ego Karlmanniis dii.r et princeps, anno ab incarnatione Cliristi septingentesimo i/uadruiicxiato secundo, XI kalend. niaias, dans Borctius, Cupitalaria, t. i, p. 24; Bohmcr-Miililbacher, Die Regcstcn des Kaiserreîctis iinter den Kartdingern, in-4'', Innsbriictc, t. I, n. 24; cf. lui capitulaire de Pépin le Jeune, daté de 744. l^orelius. o/». cit.. p. 2n ; I3ohmer-Miihlt>acher, 'jp. cit.. n. :>:'.. — •Bolimer-.Miihlbaolier, lii-geslen. n. 15UG.
en entier. L'ère de Dioclélicn, dit-il, dont se sont servis les prêtres d'Isis pour fixer l'époque de leurs fonctions, est, comme on sait, l'ère qu'emploient les Coptes el les Abyssins, et ;i laquelle ils donnent le nom d'ère des martyrs. Il n'y a nulle dilLiculté sur le point initial de cette ère, et par conséquent sur sa concordance avec l'ère chrétienne. Elle conmience avec la première année du règne de Dioclétien, comptée à l'égyptienne, c'est-à-dire le 29 août de l'an 284 de Jésus-Christ. Mais si son caractère chronologique est parfaitement déterminé, son emploi donne lieu à quelques difficultés historiques.
Pourquoi les chrétiens d'Egypte ont-ils choisi une ère qui datait de l'avènement de leur plus cruel persécuteur'? en outre, cette ère était contraire à l'usage dominant du pays. Ideler répond que • cela tient probablement à ce que l'ère de Dioclétien s'est trouvée dans une condition pareille à celle où était l'ère chrétienne, qui dut être adaptée généralem- . à la table pascale que Denis le Petit y avait rattachée. Du moins nous savons avec certitude que Cyrille avait rapporté sa table à l'ère de Dioclétien. Ce n'est pas par hasard que le commencement d'un de nos cycles lunaires de dix-neuf ans tombe sur l'année 285, la première du règne de Dioclétien, tellement qu'une simple division des années comptées à partir de ce point donne le nombre d'or. Par là, il devient vraisemblable que le calcul pascal des Alexandrins s'établit sous le règne de ce prince. Nous savons que l'usage de ce calcul a été confirmé, mais non introduit, par le concile de Nicée ". » Ces observations sont exactes.
Les chrétiens ont, comme on vient de le voir, rattaché cette ère au cycle pascal, nous en trouvons uni? deuxième preuve dans la lettre de saint Ambroise aux évèques de la province Emilie, où " la citation de l'an 89 de Dioclétien est rapportée au calcul de la Pâque. Mais cette ère était-elle réellement contraire à l'usage constant en Egypte, ou bien fut-elle admise d'abord par les pa'iens, et adoptée ensuite par les chrétiens'? Ceux-ci en bornèrent-ils l'usage au calcul pascal, ou bien fut-elle pour eux une ère usuelle, comme elle l'est encore pour les Coptes et les Abyssins"? Telles sont les questions à résoudre.
Les païens firent usage de l'ère de Dioclétien, ainsi que nous pouvons le voir par les deux éclipses de l'an 364, que Théon'' rapporte tout à la fois à l'ère de Nabonassar, d'après l'année vague, et à celle de Dio-
— • Ibid., n. 15.36. — '» R. G., De l'emploi de l'ère chrétienne dans les actes carolingiens, dans Bibliotlièqae de l'École des chartes, 1901, t. lxii, p. 715. — " Des date? de l'ère chrétienne ont été très fréquemment ajoutées aux documents, soit sur les originaux mêmes, soit dans des copies anciennes. Au xi^ siècle, par exemple, presque toutes les chartes originales de l'abbaye de Saint-Maurdes-Fossés, aujourd'tiui aux Archi\es nationales, ont reçu cette addition, que la plupart des éditeurs n'ont pas manqué de putilier, sans avertir qu'elle était d'une autre main que le reste de la date. C'est en s'appuyant ainsi sur des textes interpolés ou faux qu'on a pu prétendre récemment que les dates de l'ère clirétienne étaient fréquentes dans les actes français depuis 632. Les années de l'ère chrétienne sont généralenient désignées par les expressions : nnno ab incarnatione : cependant un assez grand nombre de chartes sont datées de l'an de la passion, «nno a passione. Le point de dépait de cette dernière ère est postérieur de 33 ans à celui de l'ère chrétienne, elle a été usitée au xi'' siècle pour dater les Charles. Certaines prières du cartulairc de l'abbaje de Conques en Rouergue témoignent de l'emploi de ce comput. — *' Je ne parle pas de la prétendue mention de l'ère chrétienne sur une inscription de Bersabée datée du 20 I-oos 576, dans lietme biblique. 1903, p. 427 ; c'est insoutenable. Cf. Échos d'Orient, 1904, p. 216. — " Ideler, Handbuch der techn. Clironolngie, t. il, p. 231, 232. — " S. Ambroise.
— " Comment, in Ptolcm. inagn. Constr., I VL p. 284,
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clétien, d'après l'aiinée fixe; en outi'e,par son calcul pour le lever de Sirius, la 100« année de Dioclétien •. On peut y joindre encore l'observation d'Héliodore dans les années 498 et 502, et celle de Tliius, dans les années 475 à 510, également rapportées à cette ère ^. Ainsi, il est certain que, chez les astronomes au moins, elle remplaça l'ère d'Auguste, qui n'avait jamais servi dans l'usage civil. Si l'on abandonna cette ère pour la remplacer par celle de Dioclétien, il faut, je pense, en chercher la cause dans un intérêt religieux. Cet empereur, après sa victoire sur Achillée, s'occupa sérieusement de l'Egypte : Ea tamen occasione, dit Eutrope ', ordinavil provide mulla, et disposuil quœ ad nostram œtalem manent. Dans un de ses édits rapportés par Jules, auteur du martyre de saint Épine, il ordonne à Arménius, gouverneur d'Alexandrie et de l'Égj'pte, de détruire les églises chrétiennes et de réparer les temples, depuis Rhacotis (Alexandrie) jusqu'à Syène «. La reconnaissance des Égjptiens pour ces améliorations, de plus, le zèle de l'empereur envers le paganisme, durent naturellement leur suggérer l'idée de prendre son avènement à la couronne comme point de départ d'une ère nouvelle, flatterie qui manquait rarement son effet. Leurs chronologistes et leurs astronomes, abandonnant celle d'Auguste, prirent la nouvelle ère et s'en servirent concurremment avec celle de Nabonassar; ils continuèrent d'appliquer à celle-ci le calendrier vague, auquel étaient rapportés tous les calculs antérieurs et ils attachèrent le calendrier fixe à l'ère de Dioclétien, dont le point initial était le 29 août, c'est-à-dire le commencement même de l'année alexandrine ^.
Mais ce ne fut pas une ère purement fictive, comme celle de Nabonassar et d'Auguste; ce lut une ère réelle ou civile, qui remplaça dans l'usage ordinaire l'emploi des années de règne. C'est ce que prouvent trois inscriptions païennes de Philes, où les années sont comptées uniquement d'après l'ère de Dioclétien, tout comme dans les calculs astronomiques de Théon. On peut même présumer que l'emploi de cette ère, depuis que le trône impérial fut occupé par des princes chrétiens, dut plaire d'autant plus aux païens, qu'elle les dispensait de rappeler le nom de l'empereur régnant. Ce qui agréait aux païens ne pouvait que déplaire aux chrétiens, à qui le nom de Dioclétien ne rappelait rien d'aimable; comment ceux-ci ont-ils pu s'accommoder de l'ère mise sous son nom?
Tout d'abord il faut observer que celte ère a servi aux chrétiens pour le calcul astronomique et chronologique ; il ne pouvait en aller autrement , puisque toutes les observations des astronomes alexandrins, celles du moins qui étaient rapportées au calendrier fixe, furent, depuis Dioclétien, rattachées à la première année de son règne. Les astronomes ou chronologistes chrétiens de cette époque devaient s'appuyer sur les travaux des savants païens et, prendre, pour leurs propres calculs, les mêmes points de départ; conséquemment, établir leur cycle pascal sur le commencement de l'ère nouvelle.
Lorsque J.-A. Letronne écrivait sa notice sur l'ère de Dioclétien •(1832), il poursuivait en ces termes: Les monuments datés, soit inscriptions, soit papyrus, qu'on a trouvés en Egypte et qui se rapportent au christianisme sont au nombre de dix; du moins, je n'en connais pas davantage. El sur ces dix monuments il en énumère quatre dont les dates sont exprimées
' Cf. Blot, liccltcrc.fics sur quelques points de l'astronomie fggpiienne, p. 303-304. — ■ Bulliiind,.i'l.'>/ronom. Pliilol., t. vni, p. 326 " Idcler, op. ci(., 1. 1, p. 156. — ' Breu., c. ix, n.ZJ. —
• Champollion, L'f-.gupte sous tes PImraons, t. i, p. 164. —
• Al-atér taux pour l'Iiistoirc (tu rtiristianisme en Égifpte, en Nubie et en Attyssintc contenus dans trois nu'-moires académiques sur des Inscriptions grecques des p e( VI' siècles, in-S», P.aris, 1 832,
d'après le cycle des indictions et en années impériales; ce sont,'dit-il : 1" Un papyrus du règne de Constance, du 12 janvier de l'an 355, antérieur d'un an à l'édit de cet empereur; 2° une inscription de Philae ue l'an 577 ; 3° un papyrus du Musée royal, daté du 14 juillet 599, sous l'empereur Maurice ; 4" un autre papyrus du même musée, daté du 13 juin de l'an 6Ui, du règne d'Héraclius '. Trois autres, savoir, une inscription d'Assouan *, une autre inscription trouvée en Nubie », une troisième qui est au Musée roj'al, ne portent que l'indiction; ainsi il est impossible d'en savoir la date préci.se.
Les quatre documents datés, qui embrassent l'intervalle des règnes de Constance et d'Héraclius, prouvent que, depuis Constantin jusqu'à l'invasion des Arabes, c'est-à-dire jusqu'à l'époque où l'Égj'pte fut enlevée aux empereurs d'Orient, les indictions, employées seules ou concurremment avec l'année impériale, servirent aux chrétiens, dans l'usage civil, pour marquer les dates des actes officiels et publics ou des transactions particulières. L'ère de Dioclétien ne s'y montre pas.
Quel fut donc le rôle de cette ère pendant tout cet intervalle? Le voici : chez les chrétiens, elle ne servait évidemment qu'au calcul astronomique et pascal ; mais, chez les païens, son rôle continua d'être ce qu'il était avant que le christianisme fût devenu la religion de l'État, c'est-à-dire qu'elle fut employée par eux dans l'usage civil et particulier, comme le prouvent les inscriptions païennes de Phila;; car ici point d'indictions, point d'années impériales, mais uniquement l'ère de Dioclétien. Cette affectation des prêtres d'Isis, d'indiquer trois fois cette ère, montre avec quel soin les païens en conservaient l'usage, sans doute comme un précieux souvejiir du dernier empereur païen.
Il est facile, à présent, de concevoir comment les chrétiens en vinrent à adopter cette ère païenne. Son usage civil, qui ne s'était jamais maintenu que chez les païens, dut disparaître nécessairement avec les derniers vestiges du paganisme effacés à l'hilse par Justinien. Les indictions la remplacèrent tant que l'Egypte chrétienne resta soumise aux empereurs. Lorsque le pays eut passé sous la domination des khalifes, tout lien politique avec Constantinople étant rompu, l'usage de nommer les empereurs dans les actes ne pouvait plus subsister; d'une autre part, le cycle des indictions ne pouvait être employé seul, parce que cette période de quinze années doit nécessairement être accompagnée d'une autre indication qui donne un point fixe et déterminé. Que l'on conservât les indictions, cela se conçoit ; c'était un souvenir de la domination chrétienne, et d'ailleurs ce cycle était employé dans les livres qu'on révérait; mais il fallait le rattacher à une ère quelconque pour pouvoir se reconnaître.
Ces considérations de Letronne étaient restées vraies jusqu'aux premières années du xx" siècle. En publiant, en 1907, le Recueil des inscriplions grrcquesctiréliennes de l'ÉgijpIc '", M.Gustave Lefebvre com])tail sur trente-huit inscriptions datées, trente et une portant l'année <le l'ère des Martyrs ou ère de Dioclétien et il rappelait que, d'après Letronne, cette ère n'aurait été employée par les chrétiens d'Egypte que postérieurement à la conquête arabe, soit après 640 ". Cette théorie a été reprise par E. Révillout ". Si on
p. 101-110. — ' BurcUliardt. Travels in Nuhia, p. 122. — ' Vidua, Inscript, aidiqua', pi. xi.\, n. 2. — • Chirac, Musée de sculpture. Inscript., pi. lix. — '°G. Lcti,'b\TC, liecucil, in-fol.. Le Caire, 1907, p. xxiv- xxv. — "J.-A. Letronne, Keciieildes inscrip. grecques et latines de l'Êgupte, In-S", Tmis, 1848, l. u, p. 223. — " K. Ki-villoiit, dans Iteu.éggiitol.. 18S7. t. iv, p. 17 ; Mélangesd'archéol.cguiiliinneetussyrinmr, 1. 1, p. 177, noie.
ERE
écarte les inscriptions n. 43 et 664 du Recueil, dont la date est loin d'être sûre et qui ne peuvent pas être un argument contre !a théorie de Letronne, on rencontre le n. 143, publié d'abord en 1903 ' et pour lequel l'éditeur proposait de lire l'année 239 des Martyrs (novembre 52'J). Depuis lors, la découverte des douze inscriptions d'El Doukheilcli, n. 1-12 du Recueil ", qui sont du vi' siècle, la ))Uis aiicicnnede524, la ])lus récente de 590, a fait disparaître toute espèce de doute et rendu certain pour tous que l'ère diocléticnne était d'un usage répandu parmi les chrétiens d'Egypte, plus d'un siècle avant que le pays fût envahi par les troupes du khalife Omar. Il existe donc actuellement (1907) treize inscriptions datées de l'ère des Martyrs, antérieures à 640 et seize qui sont postérieures à cette date.
L'ère de Dioclétien, qui servait non seulement dans le calcul pascal mais encore dans le calcul civil, continua donc d'être employée sous les khalifes, parce que l'habitude était prise. Que les païens s'en soient servis sous le nom d'ère de Dioclétien pour esquiver une dénomination à saveur chrétienne et que les chrétiens en aient fait usage sous le nom d'ère des MarljTs pour effacer son origine païenne, nous n'en avons pas l'ombre d'une preuve, ni même d'une vraisemblance; au reste, ce vocable d'ère des MartjTS était un non-sens, puisque l'ère est de 284 et la persécution lui est postérieure de dix-neuf années. Ce n'est donc pas au 29 août 284, mais au 29 août 302, que l'ère des Martyrs mériterait son nom. Il paraît tout a fait probable que l'ère de Dioclétien portait ce vocable depuis longtemps, quand on s'avisa qu'il rappelait un prince dont les chrétiens n'avaient pas eu à se louer et, sans songer ou peut-être sans savoir que l'avènement de Dioclétien ne coïncidait nullement avec l'édit de persécution, on se sera avisé de remplacer un nom fâcheux par un souvenir glorieux. Cette nouvelle dénomination ne devait pas effacer l'ancienne. Ainsi l'on peut être assuré que, de très bonne heure, les chrétiens d'Egypte avaient eu une tendance à ne pas faire la distinction chronologique; pour eux, qui disait : Dioclétien, disait : persécution. Peut-être s'en trouvait-il parmi eux qui faisaient la distinction, mais il resterait à savoir si ceu.x-ci ne croyaient point que l'année de la persécution était la première de Dioclétien ou bien que le point initial de l'ère était la dixneuvième année du règne. Il est en ellet à remarquer que la première erreur a été commise par Abou'lfaradge ', et la seconde par Ignace, patriarche d'Antioche, dans sa lettre à Scaliger '.
A propos de l'ère de Dioclétien, nous devons mentionner une conjecture très ingénieuse dans les termes où elle a été présentée ". Il s'agit de deux inscriptions de Philœ.
' G. Lefeb\Te dans Bull, de corresponclanee hellénique, l'.ins, t. xx\Ti, p. 376, inscription de Tehneh, de 522 et iKin 527; Ch. Clermont-G anneau, dans Joiirnaf des savants, 1904, p. 675, note, avait élevé quelques doutes sur l:i possibilité de la date proposée. — 'G. LefebvTe, fyi- 'ftjthes de moines alexandrins, dans Bulletin de la Société .iiehéol. d'Alexandrie, 1905, t. vm, p. 11-19. — • Ideler llandbudi, t- i, p. 2G2. — • Scaliger, De emendatione tempori:m, p. 496. Sur l'ère de Dioclétien, cf. C. Cavcdoni, L'era dei martiri o sia di Diocleziano illustrata col riscontro delta antiche iscrizioni grece delT Egitto, con un appendice, dîtns Mcmnrie di religione, di morale e di lilteratura, Modena, 3' série, t. vn, p. 257-301; G. Cascioli, La perseciizione di Diocleziano e l'era dei martiri, in-12, Roma, l'.'OS. — 'H. Grégoire, Le recueil des inscriptions grecques ' lirétiennes d'Egypte, <iai\s lievue de l'inslruclion publique en hilgique, 1908, t. Li, p. 202-205. — * G. Lcfeb\Te, Recueil • Us inscriptions grecques-clirétiennes d'Éggpte, 1907, p. 111. ni. 506. — ' Ed. Scliwartz, dans Gôtting. ^'aell^., 1906,
Voici la première *.
èx TtjSoaTa^Etoç Tr,!; ê^ouctaç ToO xuptou (Jto'j Toû [jizya\o^^(fKta':â':ou) y.y.l èv8oÇ(oTâTou) y.ô|;.(iT0i;) *X(aou(ou)'A|X[/.(ovîvj 'AoxXrjTriàS/; CTro'jSyj xal èxi- 5 Eizeîa xal àvaXojfJuiTwv
7iap£/o(jtév£.jv Ttapà ©EoSouto'j
Toû aTtè 7rpai(7;ootTtov) àvotxoôo^ïj-
Gt, toOto Ta (jtépoç toû ret/ouç
10 IvStx (Ttûvoç)
Le dernier éditeur, M. C. Lefebvre, écrivait : date, 795 (ç:?, de l'ère des martyrs). « Ainsi donc, répond M. H. Grégoire, un siècle et demi après la prise d'Alexandrie, la hiérarchie de laByzancedesV et vn« siècles, et l'épigraphie si caractéristique de l'époque (le prénom I-'Iavius, les abréviations y.c-{où^aTtpeTt', êvSo^', xofji', etc.), se seraient miraculeusement conservées àPhila-! Ce prodige laissera tout le monde incrédule. D'ailleurs, l'an 796 ne concorde pas avecla xn" indiction, il se partage entre la iv« et la v^.
« Mais alors, de quelle ère est-il fait usage ici? L'hypothèse d'une ère locale est celle qui se présente la première à l'esprit. Seulement, sur aucune des nombreuses inscriptions païennes de Philce que nous connaissons, on ne trouve la trace d'une pareille ère. J'ose donc proposer de voir ici une ère chrétienne. Aucune explication ne sera, je le crains, plus mal accueillie que celle-là. M. Ed. Schwartz vient encore de se prononcer catégoriquement contre toute théorie chronologique de l'espèce '. Il faut avouer que les précédents lui donnent raison. Combien de fois a-t-on ciu tenir un exemple épigraphique certain de l'ère de l'incarnation! Kirchholl ' avait pensé retrouver celte chronologie dans une série d'Inscriptions syriennes, et il a fallu abandonner l'un après l'autre tous ces cas prétendument démontrés'. L'ère de Boslra, ou celle de Gérasa, ont repris leurs droits sur toutes ces inscriptions.
" Cependant, il est indiscutable que, dès le M' siècle. dès le V* même, les chronographes alexandrins connaissaient une ère de l'incarnation; non point celle dont nous nous servons aujourd'hui, mais une ère en retard de sept (ou huit ans) sur la nôtre. Cette ère concorde toujours avec l'an du monde alexandrin " pour les dizaines et les unités. C'est elle qui fixe régulièrement dans les synchronisraes de Théophane; et Cyrille de Scythopolis, dès le milieu du \T siècle, en fait usage '•, exceptionnellement, il est vrai, dans ce curieux passage où il se réclame des travaux chronologiques « d'Hippolyte, d'Épiphane de Chypre, et d'Héron, philosophe et confesseur. >
■ Voyons comment ce comput s'accorde avec les données de l'inscription. D'après Théophane '-, l'année
p. 390, n. 2 . Es ist Icidcr auch immer noch nôlhig daran zuerinnem, dass im Orient nie nach Jahren ChrL^ti datiert isl: wenn ein frommer Mann einmal den Abstand eines Datums von der i-irjv.i.Mj.c berecbnel,so ist das noch lange keineDntierung. — • Ausgcm. Inschr. de Wetzstein.extr. daAbhandl. d. k. Akad. d. Wissensch. za Berlin, 1861, p. 260-261. — • Même l'inscription 181 de Wetzstein (Deir-Eyoub). Waddlngton. inscr. Syrie, p. 552, n. 2413 a,a bien montré que la formule ïtov: -evti/.'j'j'.oit-o j Tpia/.OT-'<C £v.toj ï.(jpi'')- 'Kr/T',)., \(c.'7-'.)j (iac'./eJ'jvTo:, gravée au moment de la conquête arabe, n'est qu'une protestation contre l'invasion musulmane, ou plutôt une façon d'exprimer « l'interrègne >. L'ère est celle de Bostra. — '" L'ère d'Annianos; cf. D. Serruys, De quelques ères usitées chez 1rs chroniqueurs byzantins, dans Revue de philologie, 1907, t. XXXI, p. 151-189. — " Nous allons voir un peu plus loin que son comput présente toutefois une dilTérence d'ua an avec celui de '1 héophone. — " Chronographia. édil. de Boor, Leipzig ISS.'i, t. i, p. 160.
ERE
512 du Clirist (tt,; Oîîaç ciapxaxjïcdi; cty] çt^') = l'an 6012 du monde (î<6it(jio'j ev^ i?'?)- Or l'an 6012 de Théophane = la 2« année de Justin = 519-520 de notre ère (dionysienne). La douzième indiction va du 1" septembre 518 au l"septembre 5ISK D'après Théophane, dont l'ère est « une ère de 5492 », l'année 512 de l'incarnation se partagerait entre la xm« et la xiv indiclion. et non point entre la xn" et la xni«. Mais si l'on admet sans correc'ion le texte, cité plus haut, de C\Tille de Scythopolis, qui fait tomber le 5 décembre 524 dans la x" indiction, il faut reconnaître que cette année 524 commençait pour lui au 25 décembre 530 et non au 25 décembre 531; en d'autres termes, Cyrille emploie « une ère de 5491 ». Selon ce coniput, l'an 512 commence au 25 décembre 518, et correspond effectivement à la Douzième indiclion et les synchronismes de Philœ sont exacts. « L'inscription suivante est datée de la même manière ' :
c-ouS^ xal tizif.y.zix Toû àÇioXoyoTaTO'j AouxtXXiavoO è7râp"/(o'j) >.sy(£âivo!;) <E>t).ôJv xal TLa/o>~ 5 7rpi"c(xi7ioç?) àvxvîciSr, (sic) tô |J.époç TOÛ -sixo\)c, à-no 6s- [i.£At<ov ctt' âYa6(p èzd (l. é-si) ça' tt,; véxç r, lvS('.XTt6voç)
« M. Lefebvre, malgré la mention du préfel de la Icf/ion de Philœ. a cru pouvoir assigner à cette inscription la date de 785 après notre ère. Mais, si bien réparée qu'ait été la place de Philre, il est peu vraisemblable que la kgio prima, dont il semble être ici question ', y ait bravé pendant cent cinquante ans le flot islamique. La date de l'inscription pourrait s'expliquer, comme dans la précédente, par l'ère chrétienne alexandrine. Théophane identifie l'an 501 t?,; Oîtaç caçxcocrcwç à l'an 6001 du monde (dix-huitième du règne d'Anastase) : c'est-à-dire 508-509 de notre ère (selon Cyrille. 507-508). La première indiction court du 1" septembre 507 au l»'^ septembre 508. Il va sans dire qu'il faut corriger, à la ligne 8, r?,; véaç ï) Lv3{ ixTiôvo;), ce qui ne présente aucun sens, en TÎjç véa: tvS(i.XTiovoç). La nouvelle indiction, c'est la première et non la huitième.
« Conclurons-nous tle tout ceci que l'emploi d'un romput chrétien de l'incarnation à Philœ au vi' siècle est chose démontrée? Non; car, malgré tout, l'hypothèse d'une ère locale ne saurait être absolument écartée. Une inscription chrétienne mentionnant l'empereur Zenon ' cl datée de l'an ç' ^' est le seul témoin épigraphique de l'ère de C.hcrson.
« Il reste acquis, pour des raisons intrinsèques, que nos inscriptions sont au plus tôt de la tin du v siècle et au plus tard des premières années du vn*. Et le point de départ de l'ère employée, s'il ne co'incide pas avec l'an 7 de notre ère, tombe en 23, en 8 avant Jésus- Christ, en 22, en 37, en 52, en 67... de notre ère. »
XL ÈRE d'Élkuthéropolis. — Voici d'abord un lot d'inscriptions sur lesquelles on lit la mention de cette ère.
' G. Lefcb\Te, Recueil, p. 1 11. n. 507. — ' Xnliiia diyiiit'iiiim, édil. Secck, p. 04 (Or., .x.\xi, 37) : Lcgio prima Maximtana, Filas. — • Cftrpiis in&cr. grœcorum, t. vi. n.862) ; Latysev. Sbornik grec. chrisl.n'idi>.,n.'. — *H. Vincent, Encore l'ère d'ÊleiitMnipnlis. dans Reuiie biblique, 1903, t. xn, p. 274-275; cf. S. Vailhé, L'ère d' l'CleullUropolis el les inscriptions de Brrsabèe. clans Ëchus d'Orient, 11(03, p. 311. — * M. Aboi. Suuuelles inscriptions greci/ues de Bersabce. dans Reuue biblique, 1111)4, 2' série, t. i, p. '20', n. 2. La onzième indiction, exigée par l'ère, partiint du 1*^' septembre 547pouraUer jusqu'au 31 août 54H. demande que le 20 hypn-ber-ctiieus des .\ridjes ^7 octobre) se pince
1° Grande dalle de marbre blanc veiné de noir, trouvée à Bersabée, conservée au musée municipal de Jérusalem * :
+ eNGAAE KeiTC OMAKAPIO CK&IOVMOCAI AHCiOCANCnA
eMAeCIOV^SI NASSeTOVCKAT AGAeVOePCOnOAITAC AMT -I-
t Ici repose le bienheureux Kaioumos Ailesios. Il mourut le 16 du mois de Da'isios. en la 6" indiction, l'an 344 selon [le comput] des Eleuthéropolitains • (5 juin 543).
2° Dalle de marbre gris, haute de 0 m. 49, large de Om. 31, haut, des lettresOm.026: conservée au patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem • :
+ ANenACHMA KAPIAOlAAAHA
<f I A ei CO N e I
KOCieNMHNI
5 YneRBepeie
OY K KATAAPA BAC I N A I A ETOYC THC e
ACYoepono
10 Al TON TIVrH t 'Ave— ârj (f,) liaxxpix $tXaScXçîa Itùv e'.xooi èv \ir,\il 'TTCEpPsperaîo'j x' xarà "Apa^aç lvS(ixTiûvo^;l
la' ETO'JÇ TT.Ç 'E>.ï'j9ïp0-0).tT((ô)v T[iï).
« La bienheureuse Philadelphie est morte à vingt ans, le 20 du mois d'Hyperbérétaeos selon les Arabes, en la onzième indiction, l'an 348 des Eleuthéropolitains. « (7 octobre 547.)
3° Dalle de marbre gris, large de 0 m. 63, haute de Om.55, haut, des lettres 0m.035; conservée au patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem ' :
+ 'Av£-âr, ô aaxâp'.oç
'IcoâvvT,!; 'E'jXoyîo'j h/
ja./)(vl) A(ai.)aiou S' biS 1.3' sro'j; xarà 'EXs'JÔspoTToX^t
Taç t5 e' xal àvETrâï] 6 [xa
xàpioç 'HXiaç ô uioç a'!i(To3)
èv (JLYJVI 'ApTÎ(X(i.)<J'-
(ou... Iv)S(ixTiùvoç) Y' CTOUç Toa' -I- ('Avâ9[ji)a Se ècttiv exaa [toç ôç toût|ov xàv xâcpov [àvoiYEÎ £r:£]l y*P T^!J-(eV- xal oùx £Ti X"?^^l ocXXov Tiva +
« Feu Jean (fils) d'Euloge est mort le 4 du mois de Daïsios, en l'indiction douzième, l'an des lïleuthéropolitains 365. 1-t feu Élie, son (ils. le... du mois d'.\rtémisios, eu l'indiction troisième, l'an 371. Est anathème quiconque ouvre ce tombeau, car il est plein et n'a plus de place pour un autre. • (24 mai 564 et le ... avril-mai 570.)
4° Dalle de marbre blanc, haute de 0 m. 84, large de 0 m. 48, hauteur des lettres o m. 035; conservée au patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem ' (fig. 4151) :
av.nnt août 54.S et après septcmliri' 547, c'esl-à-dirc le 7 octobre 547. — * Ibid.. p. 2fiS. n. H. ]'.i\ adoptant pour cette double èpitaphe le cnlcndrier nrabi', bien qu'Ici 11 ne soit pas explicitement mentionné, Jean sua mort le 24 mai de l'an 564, puisque la douzième indictinri va de septembre 563 à Un aoOt 5ti4. Quant ù lïlie, il est mort en avril-mui 570, car la 3" indiction exigée par l'ère, allant du !•' septembre 5til) au 31 août 570, llxe l'année. — ' Ibid., p. 26tj- 267, n. 1. Noter l'équivalence du 23 avril et du 3 artumlsloK. L'indiction 6" appliquée A l'ère d'I'Ucullièropolls fixe h' 23 avril 5S8; c'était im \'endrc<li, puisque PAqtio» tomli.i le dimanche IS avril.
+ 'EvOiSî y.zX-ix'. 6 jj.a 11 xâjstoç 0s68wpoç 'l Tepixàvou àvarraeiç || (x-IC^l) 'ATtpiXXtou xy' Il za-à SE "Apafiaç "AsTE II [iiaio'j Y' ■'îi'i^pfqt)';' <!opav p' || îvS(r/'.Tt(ôvoi;)q ' ETO'jç zarà \\ 'EAEu6sp(07TC//iTaç) Otit' ^'qaT./; \\ 'éx-q e' liï.va; Ç' àvàGc |: (ia 8È ëaro àro toO || n(aT;p(6)(; y.(a"0 Toû "TtoO x(al) -ou || àytou nv(£'j[xa-roX Tiàç âv(oî)Y"v TÔ jxv/i(xa toû 1| to ÈTtEiSr; y£[X£i,. +
• Ci-gît le bienheureux Théodore (fils) de Germain, mort le 23 avril, selon les Arabes, le 3 d'Artemisios, le vendredi à 2 heures, en la G= indiction, l'an 389 des Éleuthéropolitains, âgé de 5 ans et 7 mois. Anathèmc soit du Père et du Fils et du Saint-Esprit quiconque ouvre ce tombeau, car il est plein ■ (23 avril 588).
5° Fragment brisé sur tous les côtés, lettres moyennes de 0m.032, le second fragment porte une
çiCM-^npi^Ar^Kr i
^K^^T^-A. €4P<fi^ G^ PTe
6X€ré£FâTTX,ZHC^C
MièAeeCTÎù-^TTôT^ nP.CKT'dYio''I<Ty -§0 r ffNCTT^- c ^ N Y
4151. — IiibLription à lîcriabce.
D'après Revue biblique, 1904, t. i, p. 2G7, n. 1.
date : t ; s'. Suivant l'ère d'Éleuthéropolis et le calendrier gréco-arabe, on peut avoir, ici, avril-mai 565 ■. 6» Fragment trouvé à Jérusalem, près de la grande mosaïque des Oiseaux , originaire de Bersabée -.
M KAP ICOANNOV IV1IAN0IK A INAS E ET KATA EAEYGE PO n YM H Ji^-^"" t ...du bienheureux Jean. Au mois de Xanthikos, 1" (jour), indiction 5; année 448 d'Éleuthéropolis ^ » (22 mars 647.)
On sait par la numismatique l'existence d'une ère propre à cette ville, ère dont l'époque se placerait sous le règne de Septime-Sévère. De Saulcy était
' M. Aboi, Nouvelles inscriptions grecques de Bersabée, dans Revue biblique. 1904, 2' série, t. i, p. 269, n. 6. — ' H. Vincent, L'ère d'Ëleuthéropolis, dans Revue biblique, U«i2. t. XI, p. 437-439; Zeitschrift d. Palasl. Vereins, t. XXIV, p. l.")7 sq., 165 sq. — ' Revue biblique, 1904, p. 270. — ' L. de Saulcy, iS'umismaliquc de lu 'J'erre Suinte. Des-
arrivé à en fixer le début entre 202 et 208 de Jésus- Christ *. Depuis le classement des monnaies connues jusqu'à la découverte de cette inscriplion, aucun monument n'est venu préciser cette ère. On a conjecturé, d'après des textes moins sûrs, que l'ère d'Éleuthéropolis daterait des immunités accordées à la ville par Septime-Sévère, lors de son voyage en Palestine après la pacification de la Syrie, voyage qui fut marqué par un retour de rigueur contre les juifs et contre les chrétiens '. Ce voyage est de l'année 202, au dire des uns, ou bien de l'année 200, d'après notre inscription. L'année 448 de cette ère spéciale, calculée a priori' d'après l'an 200, équivaut à l'an 648 de l'ère chrétienne. Or, en 648, de janvier à octobre, on était encore dans l'indiction 5', commencée en octobre 647. Lt 1" jour de Xanthikos, suivant l'usage du calendrier syro-macédonien, doit correspondre au 22 mars.
Toutes ces inscriptions s'accommodent de l'an 200 comme point de départ de l'ère, si l'on fait aller la première indiction de septembre 312 à la fin d'août 313, selon l'opinion généralement adoptée. Pour calculer les concordances des ères après Jésus-Christ, il suffit d'ajouter au millésime de l'ère donnée le millésime de l'ère chrétienne moins une unité; par conséquent:
L'ère 344, 6' indiction = 344 -f 199, 5 juin 543.
L'ère 348, 11« indiction = 348 -f 199, 7 octobre 547.
L'ère 365, 11= indiction = 365 -f 199, 24 mai 564.
L'ère 389, 6" indiction = 389 + 199, 23 avril 588.
L'ère 448, 5= indiction = 448 -|- 199, 22 mars 647.
« Ces chiffres prouvent en même temps que l'ère n'a pu commencer avant le 7 octobre 199, c'est-à-dire à l'automne de 199, ni après le 9 mars 200; cest-à-dire au printemps de 200 « ».
11 reste donc constant que l'ère d'Éleuthéropolis employée à Bersabée et à Jérusalem ' commençait en l'an 199-200 après Jésus-Christ. L'année d'Éleuthéropolis, telle qu'elle nous était connue par quatre inscriptions parfaitement datées de Bersabée, comprenait au moins les mois de Dystros-Daïsios de l'an 200. c'est-à-dire qu'elle embrassait au moins la période de temps comprise entre le 15 février et le 19 juin de l'an 200. Dès lors le commencement de l'ère d'Éleuthéropolis devait se placer entre le 29 juin 199 et le 15 février de l'an 200, en supposant, bien entendu, qu'on se servait à Bersabée du calendrier gréco-arabe en même temps que de l'ère d'Éleuthéropolis. Cette hypothèse présentée par M. S. Vailhé ', a été confirmée peu après par une heureuse trouvaille. Il s'agit de cette inscription de Bersabée qui commémore le jeune Théodore, mort à l'âge de 5 ans et 7 mois. L'indiction 6«, allant avec l'an 389 de l'ère d'Éleuthéropolis, nous reporte à l'an 588 de notre ère. D'autre part, le 3 d'Artemisios du calendrier des Arabes nous donne le 23 avril, puisque .^rténiisios commence le- 21 avril. Donc Théodore est mort le 23 avril 588, un vendredi de la semaine de Pâques.
Donc l'année 1 d'Éleuthéropolis, telle qu'elle nous est connue à présent, renfermait au moins la période de temps comprise entre ie 11 mars et le 7 octobre de l'année 200. Et comme le 11 mars 200 correspond au 25 du mois de Dystros, qui avait commencé le 15 février; comme, de plus, le 7 octobre 200 correspond au 20 du mois d'Hyperberetaeos, qui se terminait le 17 octobre, il s'ensuit que l'année 1 d'Éleuthéropolis a sûrement embrassé la période de temps comprise entre les mois de Dystros-Hyperberetaeos, c'est-àdire entre le 15 février et le 17 octobre de l'an 200.
criptinn des monnaies autonomes et impériales de la Palestine et del'Arabie Pétrée, in-S", Paris, 1S74. — 'Sparlion, Scvrus, c. xvii; voir Dictionn., au mot Egypte, 5 II. — ' -M. Abel. dans Revue biblique, 1004, p. 270. — ' S. Vailhè, L'ère d'ï'^leuthéropolis et les inscriptions de Bersabée, dans Échos d'Orient. 1903, t. vi, p. 131. — ' Ibid., p. 311.
ERE
Elle n'a donc pu commencer qu'entre le 10 octobre 199 -et le 15 février 200 '.
XII. Ère d'Espagne.— L'origine de l'ère d'Espagne n'a pas été dé-terniinée avec certitude, mais il parait vraisemblable qu'on doit la chercher dans un cycle pascal de quatre-vingt-quinze ans qui coïnciderait avec l'an 38 de l'ère chrétienne. Les auteurs, comme Prosper, mentionnent tel cycle commençant avec l'an 46 de l'ère chrétienne; il semble qu'en Espagne le choix n'ait eu d'autre raison de se porter sur un cjxle commençant en l'an 38 que le désir d'approcher le plus près possible de la date de naissance du Christ •.
Quelques inscriptions d'Espagne comptant parmi les plus anciennes et provenant des Asturies et de la Biscaje ' nous donnent d'utiles indications que voici :
anno. . CCLI
consulalu C CXVI..
• » CCCXXIIX . .
» » CCCXXXIIX..
^ra consuhim . CCC\-X\\\ . .
consulalu CC C C...
ara. CCCCLXXiV.
consulalu. .... CCCCXXCII.