II.Les formulaires. On est habitué, a écrit M. de
Rozières a considéi er les ' ormules connue des 1 les
d'actes juridiques, rédigés pardespral iciens pour servir de guide aux parties contractantes-. C'est, en effet, le caractère que présentent la plupart des Formulaires où nous cherchons dans la pratique journalière des affaires un commentaire vivant et anime des lois, et les premiers germes de l'organisation féodale. Outre les modèles de contrats, les actes de procédure et de jugement, nous trouvons dans les Formulaires des modèles de lettres officielles ou familières échangées entre des souverains, des comtes, des évêqueS des abbés ou de simples particuliers. Ce mélange apparaît pour la première fois dans le second livre de Mareulf et il a été souvent adopté dans des collections postérieures. Cette disparité n'a rien de fort surprenant dès l'instant qu'on se rappelle le but auquel tendaient les collecteurs de Formules. C'étaient, en gênerai, des religieux charges de la direction des écoles épiscopales ou monastiques. Us écrivaient pour leurs élèves; et les compilations qu'ils ont rédigées pour servir de thème à leurs leçons, nous permettent de juger la méthode et les procédés de leur enseignement. Ces écoles monastiques entretinrent pendant plusieurs siècles l'estime et la tradition des éludes littéraires. Personne ne songe à contester, aujourd'hui, a ces moines d'un passé lointain les services rendus; on apporte même une sorte de coquetterie à les proclamer, comme pour se mieux dispenser d'en garder une ombre de reconnaissance. On les paie en bloc, sans s'inquiéter, le moins du monde, de ce que représente la dette contractée envers ces laborieux, et on estime avoir tout dit en répétant qu'ils ont sauve les lettres antiques. Us en ont sauve le texte et l'intelligence et on oublie, que c'est a un sens très aiguisé du beau et à un souci très réaliste de l'utile, que nous leur devons d'avoir pourvu à tous les besoins de la société. Loin de se confiner dans une science unique, de s'hj p notiser sur la théologie ou sur la liturgie ou sur une branche quelconque plus ou moins desséchée de la connaissance générale; loin de se spécialiser, ce qui
n'est qu'une façon de se stériliser, ces savants hommes étendaient leur curiosité a toutes choses et s'employaient à satisfaire a tous les besoins. Il ne leur sullisail pas de répandre la connaissance des livres saints. d'instruire leurs élèves dans la science de la lltu ou de sauver les débris de la littérature classique, eu les faisant transcrire par d'infatigables eu,
ils devaient encore former les esprits pour le gouvernement de l'Église et de l'État, el pour la pratique des affaires, c'était en effet, des monastères que sortaient la plupart des éVêques et des hauts fonctionnaires de la vie civile; c'était le plus souvent la plume d'un moine qui rédigeait les conventions des particuliers. Dans la société laïque, il ne restait a peu près aucune trace de cuit nie; les plus riches, h
élevés en dignité liaient plongés dans l'ignoi Aussi tous les personnages considérables avaient ils auprès d'eux un clerc qui tenait la plume en leur nom, Ce talent de la rédaction conduisait a peu près Infail-,
Urkunden der KoroUnger, 1. 1. p. 16.- ' Jonas, Vlta < boni, c. Ci. 14, dans Mabillon, Aela sanctorum O. S, li. Note sur le formulaire de Murait/.
dans Revue historique, I. 1 . p. 63.
FORMULES
liblement à occuper une position importante: et tout religieux qui était en état de libeller un diplôme ou de suivre une correspondance d'aflaires, pouvait aspirer à un évêché, à moins qu'il ne préférât faire carrière, sans s'éloigner de la personne du prince, en qualité de référendaire, de notaire ou de chancelier.
L'art du style et de la composition, dans son acception la plus large, formait donc une des parties essentielles de l'enseignement dans les écoles monastiques. On l'exprimait par le mot dietare qui signifiait dans l'origine: dicter, répéter à un autre; mais comme les anciens dictaient le plus souvent leurs ouvrages, on en vint bientôt à employer l'expression dietare, pour désigner d'une manière générale la composition d'un écrit quelconque et, de proche en proche, la signification primitive se perdit ou bien elle finit par être entièrement oubliée. On opposa même le mot scribere au mot dietare, c'est-à-dire l'exécution manuelle au travail de l'esprit. Le biographe de Gérard, évèque de Csanad. dit en parlant de ce saint homme : Diclabal libros, quos propria manu scribebat '. C'est dans le même sens qu'il faut entendre le moine de Saint-Gall, quand il raconte que Charlemagne admit dans sa chapelle, c'est-à-dire dans sa chancellerie, un jeune homme pauvre, optimum diclalorem et scriptorem -. En général, on entendait par dictamina des recueils de composition en prose, et spécialement de lettres, en donnant à cette dernière expression son sens le plus étendu. Tous les documents qui affectaient la forme épistolaire. tels que les diplômes des princes, les contrats des particuliers, quelquefois même les sentences des tribunaux, étaient en effet, compris sous ce titre. Marculf nous offre une application très ancienne du mot dietare aux collections de cette nature, lorsque, dans sa préface, il se compare aux prudentissimos viros et eloquentissimos ac rhetores et ad dietandum peritos; et nous en pouvons citer un exemple plus ancien encore dans la collection des Formulée Andegavenses qui porte pour rubrique : Incipiunt dietati.
Marculf et les auteurs de compilations de formules ont travaillé afin de simplifier la besogne des élèves qu'ils étaient chargés de diriger. L'usage de composer des recueils de lettres n'avait pas seulement pour but de satisfaire une vanité et d'étendre une réputation; dans ces epislolœ jamiliares, qu'elles fussent de Cicéron ou de Pline le Jeune, on cherchait des modèles à imiter, des passages à extraire. Au vc siècle finissant, on avait vu Cassiodore réunir et éditer, sous le nom de Yariœ, les correspondances officielles qu'il avait entretenues au nom du roi des Goths, en qualité de questeur ou de préfet du prétoire. C'était des modèles qu'il vulgarisait à l'usage de quiconque s'en arrangerait. Dicta mea, dit-il dans sa préface, quse in honoribus saepe positus pro explicanda negotiorum qualilate profuderam, in unum corpus redigere suadebant, ut venlura posteritas et laborum meorum molestias, quas pro generalitalis commodo suslinebam et sincera- eonscienliir inemplam dignoseeret acliunem. Et, plus loin, il ajoute Cunrlarum itaqve dignitatum sexto et se]>limo libris formulas comprehendi, ut et mihi, quamvis sera prospicerem, et sequentibus in augusto tempore subvenirrni. Voilà bien le but que s'est proposé Marculf qui s'en explique ainsi : Ad exercenda initia puerorum, ut polui, aperte et simpliciter scripsi, ut. eut libucrit, is exinde aliqua exemplando facial. C'est aussi ce que fera au ixc siècle, le moine Ison. chargé de diriger, tour à tour, les écoles de Saint-Gall et de Grandfel et qui composa, pour l'usage de ses élèves, une collcc-
'ScriploresrerumHungaricarum,p. 2\ I.— : D. lîouquet, Recueil des historiens de la Gaule, t. v.p. 107. ' I). Rivet, Histoire littéraire de la France, t. v, p. 399. ' Mabillon, Vetera unatecia, édit. in-Iol.. p. 398. L. de Rozière,
tion de formules, dont il ne nous reste que des fragments 3.
Mais si les auteurs de formulaires écrivaient tousdans le même but, leur procédé de rédaction différait notablement. Les uns. véritables maîtres dans l'art d'écrire, dressaient, d'après leurs connaissances, acquises et par le propre effort de leur réflexion, les modèles variés qu'ils voulaient faire entrer dans leurs collections. C'est ainsi que Marculf parait avoir opéré dans la plus grande partie de son ouvrage, lorsqu'il écrit ces mots : Ego vero hsec quas apud majores meos, juxta consuetudinem loci quo degimus, didici, vel ex sensu proprio cogilavi, ut polui; coacervare in unum curavi. Il y a eu comme lui des compilateurs qui sonU à l'occasion, devenus auteurs de formules; ils avaient prévu les divers cas auxquels le modèle pourrait servir, et ils ont voulu en faciliter l'application. D'autres, au contraire, ont borné leur effort à une transcription de chartes ou de lettres véritables, d'où ils ont retranché les noms propres, les dates et les circonstances particulières. Parmi les épistoliers qui fournissaient les compilateurs de Formulaires, Alcuin était particulièrement exploité. Mabillon avait jadis rencontré dans un manuscrit de Saint-EmmerandeRatisbonne, sous le titre de Epistolie ex quorumdam novorum doctorum libris excerplœ, quarante-deux lettres d' Alcuin, transformées en formules par la suppression des noms propres et des dates 4. E. de Rozière, à son tour. trouva dans un manuscrit de l'abbaye de Benedictbeuren (aujourd'hui Munich, ms. lat. 4650) un Formularius epistolarum. Liber breviarius unius cujusque rei comprenant cent trente-deux formules ou pièces analogues, parmi lesquelles dix-neuf lettres d' Alcuin ou de ses correspondants sont transformées en formules 5.
L'importance des Formulaires pour l'histoire du, droit sous les deux premières races a été reconnue de bonne' heure. Les premiers éditeurs, Bignon et Lindenbruch, ont adopté, dans leurs publications, deux systèmes très différents; après eux les éditeurs successifs des Formules et les deux plus récents, E. de Rozière et K. Zeumer, n'ont pu que suivre l'une ou l'autre méthode. Tandis que Bignon-Zeumer reproduisent les formulaires tels qu'ils se trouvent dans les manuscrits. Lindenbruch-de Rozière disposent les formules suivant un ordre logique. Les deux méthodes ont leur utilité. L'édition la plus récente et la plus maniable. celle de Zeumer nous offre donc chacun des formulaires sous son aspect primitif.
A. formules 2'AiïGEHS. — Les formules d'Angers, Formula- Andecavenses, ont reçu ce vocable de Mabillon, leur premier éditeur. Elles sont conservées dans un unique manuscrit du début du vrne siècle, jadis à l'abbaye de Weingarten, aujourd'hui à la bibliothèque publique de Fulda, in-4°. 184 feuillets; les formules au nombre de cinquante-neuf (Mabillon), soixante (Zeumer), se trouvent aux feuillets 136-184. I.a mention fréquente d'Angers dans ces formules leur a valu le nom qu'elles portent. Ces formules concernent presque toutes les affaires des laïques et des particuliers à l'occasion de ventes, donations, contrats de tous genres; on n'y rencontre qu'un petit nombre de formules pouvant servir en matière de biens et d'affaires ecclésiastiques. Les formules d'Angers remontent à trois époques différentes. Les formules 1-36 seraient, d'après Zeumer, de l'année 514 ou 515; les formules 37-57 seraient postérieures à 578; quant aux trois dernières (58-60), elles ne pourraient être
Formules inédites publiées d'après deux manascrits des bibliothèques royales de Munich et de Copenhague, dans Revue historique du droit /rainais et étranger, 1859, t. vi, p. 2-12.
IORMI 1.1. S
placées avant 676. Ces dates sont à peu prés celles que l'on assigne d'onlinaire aux formules d'Angers; il n'y a de divergence qu'a l'égard des trente-six premières formules que l'on place entre 530 et 537 '. tandis que Zeumer les fait remonter jusqu'en 514 ou 515. Les formules 1 et 34 font mention de la quatrième année du règne de childebert; ce qui ne peut s'entendre que de Childebert I", le seul des princes de ce nom qui ait eu Angers sous sa puissance. .Mais on ne s'accorde pas sur la façon de calculer les années du règne de ce prince. La plupart des historiens les comptent de la mort de Chlodomir et du partage de ses États entre sis frères, parce que la ville d'Angers aurait appartenu jusque-là au royaume de Chlodomir. Zeumer pense au contraire qu'Angers avait toujours fait partie du royaume de Childebert Fr, et qu'il fait par suite compter les années du règne de l'avènement de ce prince, ce qui nous reporte à 514 ou 515. Cette dernière manière de voir parait préférable. Ad. Tardif et E. Beaudouin l'adoptent également. A supposer que la ville d'Angers ne soit échue à Childebert, qu'après la mort de Chlodomir, rien ne prouve que l'on y ait calculé les années du règne de Childebert à dater seulement de cette époque.
Mabillon, Vetera analecta, 1085, t. iv, p. 232 sq.; in-fol. 1723. p. 388 sq.; De rc diplomatica, Supplementum, 1704, p. 77 sq.; Canciani, Leges barbarurum. t. m, p. 40.x sq. ; Bouquet, Recueil des hist. de la Gaule, <• rv, p. 363-378 ; Walter, Corpus juris Germanici, t. m, p. 497 sq. ; F. L., t. lxxxvii, col. 837 sq. (d'après Bouquet) ; K. de Roziére, Formulée Andegaoenses publiées d'après le manuscrit de Weingarten. actuellement à Fulda, ln-8, Paris, 1844; C. Giraud, Essai sur l'histoire du droit français au moyen âge, in-8°, Paris, 1846, t. ii, p. 123 sq.; E. de Rozière, Recueil généra formules, 1859; Stobbe, Geschichle d. deutsch. ! quell., t. i, p. 210 ; (,. d'Espinay, Les formules Angevines, dans Mémoires de la Société impériale d'agriculture, sciences et arts d'Angers, 1858, t. xv. p. 133, 200; K. Zeumer, Formula: merovingici et karolini œvi, 1882, p. 1-33; Ad. Tardif, dans Bibliothèque de l'École des Chartes, 1883. t. xi.iv. p. 353, II. Brunncr. I lie Frbpacht der Formelsammlungen von Angers und Tours unddie spûlrômische Verpachtung der Germeindegùter, dans Zeischrifl fùrSavigny Stiftung, German. AbtheiL, 1884, t. v, p. 09-93 ; K. Zeumer, dans Neues Archiv., 1880, t. vi, p. 91-95;1885, t. xi, p. 315-3.il. jE. Beaudouin, Les grands domaines dans l'empire romain, d'après des travaux récents, dans Xouvelle revue du droit français et étranger, 1898, t. xxn, p. 705 sq.; De formularum Andecavi u ium UUinitaledispulatioSpecimen lilterarium inaugurale quod... submittet, Ezech. Slijper, In 8, Amstaelodami, 1906.
B. FORMULES b' AUVEROKB. — Les Formules d'Auvergne ou Formulée Aroernenses sont conservées dans lat. 1691 de la Bibliothèque Nationale, (olim Rcg., 5042, 5. B.) qui comprend cinquante-quatre feuillets dont les quarante-six premiers sont occupés par un autre document. L'opinion commune regarde les expressions per hoslilitalem Francorum de la formule 1 comme se référant à l'invasion de l'Auvergne par Tbierri 1". formulaire a donc été
rédigé quelques années après cel événement. La langue de ces formules est tout aussi barbare que celle des formules d'Angers.
F. Baluze, Miscellanea, Parisiis, 1713, 1. VI, p. 540; an], Leges barbarorum, t. m, p. 133, 164, sq.; Seidensticker, Commentutio de Marculflnis similibusque formulis, t. i. p. 10; Ue Savlgny, Geschichle desrôm. Reclus, t. n. p. 126 sq.; Eichhorn, /'. Staats und Rechlsgeschichte, t. i, n, 156; Stobbe, Geschichle il. deutsch. Rechlsquell., t. i. p, 251 : w alti r, Corp. jur. Germon., t. in, p. 488 ; De H cuetl, t.i,p. 191,
note a; Neues Archiv., t. vi, p. 65 sq . ; K. Zeumer, Formula-, p. 20-31; F. Renaud, Les formules arverniennes, dans Mémoires de l'Acad. des se, bell.-lett. et arts de Clermont-Ferrand, 1875, t. xi.vin, p. 082; 1878. t. ri, p. 56 l.
c. formules m: uajicvlf. l.cs Formules de Marculf sont les seules qui soient désignées par le nom de leur compilateur. C'est un recueil de quatrevingt-douze formules classées en deux livres : dans le premier livre, quarante caria1 regales; dans le deuxième' cinquante-deux rart.r pagenses. Le premier livre a plus d'importance, parce qu'il nous a conserve des modèles qui eussent, pour la plupart, sans Marculf, été perdus. Le livre de Marculf, s'est conservé dans plusieurs manuscrits : Leyde, Bibl. publique, n. 114, du ixe siècle, (B* dans Rozière, A1 dans Zeumer) (olim S. Rémi de Reims, i.xvni; ensuite Bibl. Petau); les formulis se trouvent du fol. 98 au fol. 166;— Paris, Bibl. Nat.. ix« siècle, (A7, Rozière; A1, Zeumer), fol. 59v°-125;— l'aris, Bibl. Nat., 10756, iv« siècle (C. Rozière : A . Zeumer); — Faris, Bibl. Nat., 2123, IXe siècle (olim : De Thou, Pithou, Colbert, 165$, Reg. 4240.7.) fol. 105 153; — Leyde. bibl. publ., n. S6, x« siècle (A. Rozière, C\ Zeumer) : Munich. 4650 (olim Benedietbeuren), ix« siècle (A. Rozière; C: Zeumer).
J. Bignon, Marculft monachi formularum libri duo, (diis subjectis, in-8, Parisiis, 1613 (Argentorati, 1655 in-.S° et 1050, in-4"; cf. Neues Archiv, t. vi, p. 111); in- 1°, Parisiis, 1005, par H. Bignon. el quelques exem plaires portent 1600; Lindenbrogius, Codex legum antiquarum, in-fol., Francofurti, 1013, p. 1205 sq.; Ba luze, Capilularia regum francorum, in-fol., Parisiis, 1687, t. n, col. 309 sq.; Venetiis, 1773. Farisis, 1780; Walter, Corpus juris Germanici, Berolini, 1824, p. 283 sq.; Canciani, Leges barbarorum. Venetiis, 1783, t. Il, p. 170 sq.; Boni Bouquet, Recueil des historiens delà Gaule, Paris, 1741, t. iv, p. 465 sq. (/'. L.), t. i.xxxvn.col.093 sq.). Lindenbrug litparaître un supplément, d'après un manuscrit aujourd'hui perdu. Pardessus, Note sur les manuscrits de formules relatives au droit observé dans l'empire des Francs, dans Bibliothèque de l'École des Charles, 1842, t. îv, p. 1-22 en donna plusieurs d*après les ms. Paris, 10756 ; elles ont été reproduites par Warnkônig, Fran- . zbsische Staats und Rechlsgeschichte, t. i, p. 4; (P.L., t. lxxxvii, col. 895.). E. de Rozière. Recueil géni rai. Faris, 1859; K. Zeumer. l'urmulœ, p. 32-112. Cf. IL Bresslau, Handb. I rkundenlehre, 1889, t. i. p. 611-615; Rivet. Hist. liltér. de la France, 1735, t. m, p. 565-570, t. xi, p. ix. note 10); H. O. Lange, £/i Codex redivivus uf de Marculfinske Formler dans Opus cula philologicu Mindre afhundlinger udgivne philo logisk-hisloriske samfund, Copenhague, 1887, p. 3! Lelong, Bibl. de lu France,1769, t.n.n. 27596,27610; t. iv, n. 45930; Ch. l'Iisler. Note sur h- Formulaire de Marculf, dans Revue, historique, 1892, t. i.., p. 43-03; J. Seidensticker, Dissertatio de Marculflnis similibusque formulis (c. notit. biograph. auct. C. F. Eber et F. S. Pauli), in-4", Jenae, 1815-1816; Commeniatio de Marculflnis, aliisque similibus formulis liber singularis, in 1°, Gottinga», 1818; O. Stobbe, G
ch. Rechlsquell., 1860, t. i, p. 248-250; A ludes sur la doie du Formulaire de Marculf, dans Nouvelle revue historique du droit français et étranger.. 1884, t. vin. n. 55' 565; Nouvelles observations sur la date du formulaire de Marculf, dans même
I haïtes, 1883, t. XLrv, p. ;:.'.:!-.:.'.."); K. Zeumer, dans Neues Archiv. GeselL ait. deuts. Geschichle, 1880 1885, t. vi, p. 13 il: t. x. p. 383-388; t. xi.
tuetl [i> o, roi des formule
unie 6,
FORMULES
p. 338-358; P. Gubian, Le formulaire de Marcul/ est-il lorrain ?.in-8°. Nancy. 1906.
Voici la courte préface que Marculf plaça en tête de son livre :
Domino sancto, merilis becitissimo et apostolico semper honore suseipiendo omnique preconio laude celebrando domino ac rei'erenlissimo pape Landerico Murculfus, ultimus ac vilissimus omnium munachorum.
Ulinam, sancte pater, jussionem veslram lum efjicaeiter quam spontanée obtemperare voluisscm, quia jam supra vires mese possibilitalis conalus sum injunctam a vobis subire negotium, cum /ère septuaninla aul amplius annos expleam vivendi, cl net jam Irenvila ad scribendum manus est apta, nec ad videndum milii oculi sufficiunt cali gantes, ncr ad cogitandum sensus suljicit ebitudo. quia juxta diclum vobis cujusdam prudenlissimi viri in pueris crescit sensus, in juvenibus viget, in senibus minuetur. Propterea eliganler facere non potui, ut volai, feci lumen ordinalus, ut polui,non solum ca quai jussistis, verum etictm multa alia. In hanc scedola tam prœcepliones regales quam cartas pagenses juxta simplicilate et ruslicitatis meœ nalura intimare curavi. Scio enim. multos fore, et vos et alios prudenlissimos viras, et eloquentissimus ar rhetores et u,i diclandum peritos,qui isla, si legerinl, pro minimu et velud deliramenta, eorum comparala sapientise, reputabunl, vel eerle légère dedignabunt. Sed ego non pro talibus viris, sed ad exercenda initia puerorum, ut potui, aperte et simpliciter scripsi. Cuilibet exinde aliqua exemplando facial: enim si vero displicet, nemo cogil invitum; nec prejudicat mca rusticitas eruditorum et rlielorum flores verborum et eloquentia facundiœ. Sunt prelerea nonnulla negotia hominum, tam in palatio quam in pago, quod scribere non queunt, antequam invi- ( cm cnnferunlur, et juxta proposiciones vel responsiones eloquia eorum tune scribanlur et gesta.Fgo vero hanc, quod apud maiores meos juxta consuetudinem loci, quo degimus, didici, vel ex sensu proprio cogitavi, ut potui, coacervare in unum curavi, et capitula prenolavi, ut facilius quod volueril a querenti in anlea scripto reperiantur.
D. FORMULES D'ÉPOQUE CAROL/.X 01 E.X.YF. — Ces
formules, en partie empruntée à Marculf et designées sous le nom de Formulas marculftnœ sévi karolini, se trouvent dans les manuscrits de Leyde, Vossianus. in-8. n. 86, du xe siècle et de Munich 4650 (olim Benedictbeuren). C'est une collection ainsi composée: n. 1-12, lettres de clercs, de personnages officiels et particuliers; n. 13-20, lettres adressées au souverain ou par le souverain ; n. 22-31, diplômes royaux. Le pays d'origine de ce recueil demeure incertain.
Rockinger, Salzburger Formelbuch, dans Quellen :ur bayerischen and deutschen Geschichte, 1858, t. vu. p. 90 sq.; E. de Rozière, Formules inédites publiées d'après deux manuscrits de Munich et de Copenhague, dans .Revue historique du droit français et étranger, 1859, t. v. p. 17 sq.; Recueil: K. Zeumer, Formula, p. 113-
E. FORMV LES DE TOURS. — Ces formules sont célèbres; elles ont été souvent copiées. Cujas, dans son commentaire à la Novelle CXVIII, a donné la formule 22 presque en entier sous le nom de Marculf; François Pithou cite quelques mots de la formule 30, dans son étude du titre 59", de la Loi salique; enfin, le P. Sirmond les a copiées el. Bignon Ks a publiées. Il n'y a pas lieu d'hésiter sur le lieu d'origine; elles viennent de Tours, ainsi que Canciani l'a dit et fait voir. La date fait toutefois matière à discussion. Zeumer place la composition de la partie ancienne (1-33) dans les dernières années de la période mérovingienne, tandis que Rozière et la plupart des auicurs Ks font remonter à la lin du vi" siècle. Les formules -~ e1 28 font allusion à des dévastations qu'aurait subies la Touraine
et qui. selon l'opinion la plus répandue, auraient eu lieu pendant la lutte de Chilpéric, roi de Xeustrie, contre son frère Sigebert, roi d'Austrasie. La formule 27 doit d'abord être écartée du débat, parce qu'elle paraît ne pas dériver d'un acte original, mais contenir une énumération détaillée des chances de destruction qui peuvent atteindre des titres. Quant à ces mots de la formule 28 ; per timorem illius qui Turonus civitatem anno présente hoslililer oenil, Zeumer pense, non sans raison, qu'ils se réfèrent à l'invasion des Sarrasins conduits par Abderrhaman : il fait remarquer que l'expression Turonus civitas désigne le territoire entier de Tours; en lin on s'explique qu'à l'approche des Sarrasins les habitants se, soient enfuis après avoir enfoui tout ce qu'ils avaient de précieux, tandis qu'il est plus difficile de comprendre un pareil effroi à propos des incursions de Chilpéric. De plus, les formules de Tours sont certainement postérieures au recueil de Marculf, puisque plusieurs d'entre elles sont la reproduction de pièces de ce recueil (Tur. 27, 33 = Marc. î, 33, 37). La rubrique de la formule 27 mentionne à côté du roi le princeps. ce qui njus reporte à la fin de la période mérovingienne. D'autre part, le titre donné au roi dans une de ces formules, rex ille vir intuster ne permet pas de dépasser le règne de Pépin le Bref. Si l'on remarque en outre que le testimonium du cornes palatii manque dans un judicium et que le recueil des formules de Tours se trouve, dans les deux meilleurs manuscrits, réuni à la loi salique en quatre-vingt-dixneuf titres, qui paraît remonter au temps de Pépin, on sera porté à admettre comme fort probable la date assignée aux formules de Tours par Zeumer et à les placer avec lui entre 740 et 760.
Les principaux manuscrits sont « Bibliothèque centrale » à Varsovie, du IXe siècle, in-4°, de 269 feuillets (olim Claromontanus 617 : Jean Meermann, Fred-L. Keller). (Cod. Keller, Rozière; A1 Zeumer);. — Paris, hd. 4409 ix> siècle, (Par. D*, Rozière: A2 Zeumer); — Vatican, Regin., *52, du xe siècle, (A- Zeumer); — Paris, lai. 10756(Pur. C. Rozière; A3, Zeumer); — Paris, lai. 2123, 4405 (B. et C, Zeumer). Les formules de Tours n'ont jamais été séparées des formules de Marculf dans les éditions de Marculf. Bignon leur avait imposé le titre de Formula: secundum legem Romanam. Baluze, a préféré et fait prévaloir le vocable de Formula' Sirmondicœ ; cf. Pardessus, dans Bibliothèque de l'École des Chartes, série I. t. iv, p. 5-6, n. 5, p. 17; Warnkônig, Franzosische Staals und Rechtsgeschichte, 1. 1, n. 5, p. 3, (P. L., t. lxxxvii, col. 895); R. de Hubé, O formulach S irmondskich, Oddruk 3, Bibl. Warz, 3», m. Wrzesesien, 1863; Zeumer, Formulée, p. 128-165; Ad. Tardif, dans Bibliothèque de l'École des Chartes, 1883, t. xliv, p. 355-356; A. Legallais, Études d'histoire et de jurisprudence sur les formules de Sirmond usitées dans la Touraine au Vlll" siècle, dans Mémoires de la Société archéologique de Touraine, 1855, t. VI, p. 25, . 101, 213; t. vu. p. 11, 50, 71.
/•". formules de Bourges. — Les Formules de Bourges, formulée Biluricenses, se divisent en trois groupes. Les formules 1-6 seraient postérieures à la quatorzième année du règne d'un prince qui parait être Pépin le Bref. L'emploi de ce mode de date reporte en effet a une époque où Bourges était placée sous la domination des Francs; or, Bourges fut conquis par Pépin le Bref en 761. — La formule 7 est plus ancienne parce qu'elle fait mention de la preuve des actes perdus suivant les modes romains. — Les formules 8-19 sont du commencement du ix" siècle. La formule 11 est postérieure a l'avènement de Louis le Pieux, comme mi d'Aquitaine (781); les formules 14 et 15 se placent entre 800 et 814, et enfin les formules 16 et 1 7 paraissent dériver de lettre écrites à l'occasion d'une expédition de Charlemagne en Espagne (778). Les
FORMULES
manuscrits utilisés pour l'édition de ces formules sont : Paris, lat. 10756, 4629 (ne contient qu'une seule formule, la 7«); Leyde, blbl. publ., 1U: Pardessus, Salue sur les manuscrits de formules relatives au droit observé dans l'empire des Francs', suivie de quatorze formules inédites, dans Bibliothèque de VÉcol Chartes, 1842 13, t. rv, p. 1-22; Warnkônig, Franzôs. Staats u. Rechtsg., i. p. I. (/'. /... t. i.xxxvn. col. i . de Rozière, Formula Andegavenses, 1844; append.; Recueil général, t. n, p. 1005, note a., p. 1016, . K. Zeumer, Formulœ,p. 168 181 ; A Tardif, dans Bibliothèque de F École des Chartes, 1883, i. xxsv, p
G. F0SUULB8DE SBjts. - Les Formules de Ser . formulée Senonenses comportent quatre séries de pièces : cinquante et une formules connues sous le nom de Cariée Senieee; des formules plus anciennes, désignées sous le titre de Cartarum Senonicarum appendix : d'autres, plus récentes, ou formulai Senonenses recentiores, et cinq formules rythmées. Zeumer place la rédaction des CarlœSenicx entre TGSet 775 ; V appendix est plus ancien, il date de l'époque mérovingienne.
Les formulée Senonenses recenliores sont postérieures à 817, puisque l'une d'elle in. H), se réfère a un capitulaire de Louis le Pieux, date de cette année. En ci qui concerne les formules de l-'rodehcrt et Importunus, nous en parlons dans un travail séparé (voir Frode-
Manuscrit de Paris, 4627, du iv siècle. Fr. Pithou, ihl Legem Salicam Glossar., cap. 43-61. Bignon, Baluze, Lindenbruch, Pardessus, Canciani, Bouquet, Walter, Mign i, etc. (voiries éditions de Marculf); Zeumer Formula-, p. 182 226.
//. r : >, . ( m appelle Formulée
Satine Bignonianss vingt-six formules publiées pour
la première fois par Bignon, à la suite de son édition de Marculf sous la rubrique : Formulai queedam variée et incerti aucloris. Il est assez difficile d'en déterminer la provenance; elles appartiennent au groupe des formules saliques. Zeumer et Ad. Tardif placent la rédaction de ce formulaire entre 769 et 77Ô. D'une part, les formules 6 et 13, se réfèrent a des plaids présidés par un vicarius. comme cela a lieu a l'époque caro Hngienne; la formule 7 fait même mention de scabini, ce qui ne permet pas d'en placer la composition avant le règne de Charlemagne. Du reste, la formule 22 est
la reproduction d'un acte original donne la quinzième
année du règne d'un prince qui ne peut être que Pépin le Bref; on sail que la quinzièmi I Pépin cor-
ind aux années 7 1 1 r> et 766 : le recueil entier est
donc i i 'it postérieur a 766 et probabli
a l'avènement de Charlemagne, c'est à-dire a 768. D'autre part, dans la formule 1. le roi est qualifié vir inlusler, expression qui a cessé d'être en usa] 775. il est vrai que la formule 16 est une tracluria accordée à un pèlerin par un maire du palais de l'époque mérovingie l'insertion de ce document n'est
pas un motif d'attribuer au recueil une dati
a ce qu'il est foi i pi obable qu'il a été ajout coup. C'est, en effet, le seul acte ayanl un cai politique, tandis que le reste du formulaire ne contient que des modèles d'actes privi s. Le manuscrit a
sivement appartenu a P. Daniel, a Bongars, a Ch.
J est aujourd'hui a la liil.l. \at..M. 13686
(olim S. Germain, lat. 1596; Coislin). La collection esl
intitulée : Incipiunt cartas reg jensaUts.
La plupart île ces formules furent introduites dans son
édition par Lindenbrug; Bignon n'écarta de la sienne
que la première. I r. Pithou avait donne la 27e ; Par
dessus, dans Bibl. de r École des Chartes, 1842, 1843,
t. iv, p. 6. De Rozière les a toutes données dans son
téral, et aussi k. Zeumer, Formulée, p, 227
Vd. Tardif, dans Bibliothèque de l'Êi >le des
Cnort s. iv, p
.7. FORliVLBS DE RUZIÈRB-UERKEL. — Sous le titre de Formulai Salicse Merkelianm, on compi soixante-six formules découvertes par E. de Ri
à la Vaticane et dont on a juge bon de faire honneur à un nomme Merkcl. qui n'eut que la peine de couvrir une deuxième lois. Elles se I it en
trois groupes 1res diffi rents : 1° un recueil de formules d'actes privés (1-31); 2" un appendice qui contient des formules d'actes royaux (32-46); 3' une coll. ■ de modèles de lettres (17 e
Le premier groupe esl du commencement de que carolingienne; il est. en effet, question d'un mis SUS, dans la formule 27. Le second groupe dm formulée Bignonianœ, Zeumer place la rédaction de cette seconde partie dans les années 77 1 et 775. las formules 40 et 41 débutent en effet par les mots ; Ille gratia Dei rea Francorum et Langobardorum vir inlustris; la reunion dans un même aide de la mule vir inlustris disparue sers 775. et du tille de rex Francorum cl Langobardorum, qui commence à être en usage à cette époque, parait confirmer cette conjecture. Quant à la collection de lettres, elle est certainement antérieure à l'an 800, puisqu'on y trouve encore le tilre de rc.r (61,63). De plus, il y est fait allusion a des événements qui paraissent se rapporter aux premières années du règne de Charlemagne.
Manuscrit du Vatican, Regina 612, du ix'-x» siècle. Dès 1602, Fr. Pithou, dans son Commentaire a la Loi salique (ch. 48) avait cite la chap. 21; depuis lors, le manuscrit fut délaissé et oublie jusqu'en 1861, ou il fut utilise par E. de l'.ozicrc pour son Recueil général et par .1. Merkcl. dan- Zeilschrifl fur Rechsgeschichte, t. i, p. 194 sq.; Bethmann, dans Archiv, t. xu. p. 298 sq.;K. Zeumer, Formulée, p. 239 264;Ad. Tardif. dans Bibliothèque de V Ecole des Chartes. 1883, t. XL1V, p. :c>7-.S; Waitz, Deutscher Verfassungsgeschichte, t. m, p. 227.
K. FORMULES DE LISDBNBl Le demii
cueil de formules saliques est celui des Formulée saline Lindenbrogianee. Zeumer a établi que la rédaction primitive de ces formules est antérieure a l'an puisqu'on les trouve reproduites a cette époque dans des actes bavarois; elles ont ensuite été insérée le formulaire de Salzbourg, en subissant des transformations destinées a les mettre eu harmonie avec la coutume des Bavarois. Cependant, les formulée Lindenbrogianee n'ont pas été rédigi i enB ivière; elles cm tiennent beaucoup d'expressions flanques, telles que
adfatimus, leudem, fectivus, wadriscapis; de plu-, la formule 1 ne dérivi pas d'un acte de l'église de Sal2
bourg, puisque l'église mentionnée dans le formulaire estdédiéeà saint Pierre cl .. saint Paul, cl que l'église
de Salzbourg était sous vocable de saint Pierre et de saint Rupert. Les formulée Lindenbrogianx auraient 1 1 composées en France.
Manuscrits de Copenhague, a. /'</; (olim Lii brogil), toi. 70-82; Munich, 4666 (olim Ben beuren);E. de Rozière, dans Revue 'In droit français d étranger, 1859, t. v. p. 17 sq.; P. Ri t Quellen
.-,,, i. ,, and deulschen Geschichte, 1858,