ix« siècle
vers 845 .. . ix° siècle . . 72431-72530
ne sont pas anciennes, précisément parce qu'elles ne sont pas écrites dans le latin barbare du temps. A l'inverse, la latinité des éditions de ces formules a fourni des arguments contre la sincérité des documents de la première race. Dans la discussion survenue entre le jésuite Germon et dom Mabillon, Germon se fondait sans cesse sur la barbarie du style des chartes, pour conclure qu'elles n'étaient pas des vie, vne, vin» siècles et qu'elles avaient été fabriquées à une époque postérieure où l'ignorance était beaucoup plus grande -, et lorsque Mabillon, avec les critiques les plus éclairés répondait en alléguant la corruption de la latinité sous la première race 3, Germon les renvoyait aux formules qui n'offraient pas de telles incorrections. Cela était vrai, si on en jugeait d'après les éditions, cela était dénué de tout fondement si on consultait les manuscrits 4. »
Les formulaires contenaient un peu de tout : contrats de vente, d'achat, de mutation et de donation de biens, procurations, testaments, sentences judiciaires, dotation, etc., etc., de plus, leur contenu était destiné à servir aux pièces officielles et c'est ce qui donne à leur langue une importance particulière. Que des particuliers, dans une correspondance privée, qu'un copiste ignare, écrivant pour sa satisfaction, se permissent toutes" les licences, on ne pouvait en être surpris; mais les formules devaient, à cause de leur destination, imposer un soin plus grand, une correction sinon parfaite, et des copistes à peu près attentifs. Et, cependant, ces formules ont tout subi, tout souffert; si donc, « elles sont libellées en un style tellement corrompu qu'elles en deviennent parfois inintelligibles, c'est que la culture intellectuelle de ces temps barbares n'exigeait pas davantage B. » Quant à Marculf, il faisait de son mieux, mais il savait bien que ce mieux valait peu de chose, et il ne s'embarrassait guère de formes élégantes; il voulait être entendu de ses lecteurs et ne visait pas au delà. M. J. Pirson fait remarquer que « les formulaires ne sont pas tous incorrects au même degré; il s'en faut même de beaucoup. Au point de vue de la forme, il importe de distinguer les plus anciens des plus récents. Les uns, composés en pleine période mérovingienne, fourmillent littéralement de fautes; ils semblent avoir été rédigés au mépris de toute règle. Au vnie siècle, la langue s'améliore sensiblement, la discipline grammaticale reprend peu à peu le dessus, les copistes commencent à corriger les manuscrits de l'époque antérieure, cl le latin de plusieurs recueils du ixe siècle, non coulent d'observer les préceptes de la grammaire, affecte même, à l'exemple de la langue ecclésiastique des derniers temps, une certaine préciosité dans l'expression de la pensée. A lire ces textes, dans l'ordre chronologique, o'n s'aperçoit clairement que
./es Charles, 1842-43, t. tv, p. 11-13. — s J. Pirson, Le lutin rmules mérovingiennes et carolingiennes, dans Roniunische Forschungcn, 1909, 1. xxvi, p. 837-944, cf. Ezech. SlijpiT. Dr formularum Andecauensium latinilate dispulatio, in-N\ Amstelodami. l'JOti.
FORMULES
la réforme inaugurée par Charlemagne, n'a pas tardé à porter s,-s fruits. La vulgarité devient un indice d'ancienneté. En matière de langue les formulaires mérovingiens sont évidemment les plus précieux. Ceux des temps carolingiens n'offrent plus au point de vue roman le même intérêt. Tous les vulgarismes qu'ils renferment, étant encore contemporains des plus antextes français, valent certainement la peine qu'on les enregistre. »
'. — Les formules offrent une série de fautes dues à la confusion de lettres qui offrent entre elles une certaine ressemblance. Parfois des caractères de forme différente sont employés abusivement l'un pour l'autre sous ['influence d'une voyelle OU d'une consonne environnante '.
a et ii permutent entre eux : inprimelas pour imprimilus, 12"; caria pour curiu, 1364'; acolabas pour acolabus, 'Jo i «; près talent is pour prestulantes, 105 so. Cet échange donne lieu parfois, mais à tort, de croire à un changement de genre, là où il n'y a qu'une négligence de copiste: extra tuum volunlatem, 1 18**; adversus eam pour ,-nnt. i~>\ -»; comolam, 105*; cummolam, 105 2>; commulam, 105 :"-:7.
a et o permutent, surtout au contact de r : jun, pour /urn, 221 '°; iugenuas pour ingenuos,3'Sl ": quant à nata au lieu de nota, 102 *° et ailleurs, il y a lieu d'admettre un échange d'idées plutôt qu'un échange de
: de même ergo pour erga, 502 " et inversement. • ." /unit pour ferril, 101" et encore furrit, 101", de même qu'on trouve fsecere, 276 '*.
u et e : quoslu pour qùœslu, V> t et 23 '5; haut. 21 •'": signalulis, 2S'°; prin-
tipium. 29"; le t et le c sont parfois rapproches, le second corrigeant le premier: santcilum, i r et s: salater pour salutes, 335"; roburtior, 1G5 ". r et * : plurimalum, 30 3'; selenantis pour serenanlis
et n : grananle, 197 10 (graciante pour gralanti,
On peut citer encore : r et n; / et c/.- c et s; S et / : .s el /,• / 1 1 /. / et /.,- / et n;
.les et les consonnes se substituent i ;auxautres:cet j; cet o; cet a/cet e;s et e, La juxtaposition de lettres formées de traits d'égale hauteur a (ouvert) u, i, n, m, a induit les copistes en
de nombreuses erreurs ; faute d'avoir compté le nom- : jambages et de les avoir répartis à chaque lettre dans la mesure nécessaire. On lit donc ingenuum 251 : annis pour annuis, .'loi "; péril perpeluis, 160*'; ininxit pour injunxit, U pour fussiï, 349 l0. Des fautes analogues se produisent, quoique plus rarement, lorsque les r, c, l s,' trouvent en contact avec f, n, n, parexempli iour uirium, 375 ';inteniuso
en inleriius quand il fallait inlcr nos pour oraturum, 3 .
un rencontre très souvent la permutation de is et us ■ is : cognominus pour cognominis, 412*. Enfin, dans les mss. de formules, comme dan tanuscrits, on rencontre le redoublement ou la suppression île s\ Uabl
t'"j j. i.',, toniqu mplacé
par i - de i"i m s : adipei .
concan
Le p il' le plus marquant, c'çsl .i 'in i <
transcription de l'e toniqui esl aussi le plus
foi mules, il se présente exactement
dans les in. ne ,, que clans les texl
ips : minsut, 1 -; cinso, 7 "; paginsis,G0*;dibeas,
L'y grecs a été assimilé a l'e : monaslirio,
. -': monastyrio, ninis, 121
Le iotacisme a atteint la préposition c;.; dans èreniscona pour s!pï)vr) ctç octûva, .57 1 ".
La substitution de l'i .i l'e se produit surtout dans la conjugaison et les exemples sont en grand nonil n est générale du vr- et au vu" siècle; encore fréquente au vrii*, plus rare au ix«, surtout dans les formulaires rédigés à la chancellerie impériale ou au monastère de Saint-Gall, c'est-à-dire dans des centres où la reforme grammaticale, inaugurée s. mis Charlemagne. pouvait le plus facilement exercer son influence. Taudis que les manuscrits des formules de Marcull (à l'i icception toutefois de .V) transforment vende en vinde dan un passage emprunté a l'évangile de saint Matthieu.
19 ",1e manuscrit des formulas Senonicœ, du vue siècle. corrige toute une série de graphies en i : 1 ; • 1 -': 195 '-17; 197 *-'-" : IS.") » ; 211 » : 213 " : 21 1 ». Issue de la langue vulgairequi avait fusionné l'e et l'i, l'orthographe
nouvelle a dû pendant un certain temps êl iformc
a la prononciation courante. Si l'on s'en rapporte au roman, on a dû entendre un i dans des parfaits tels que fu-i, Vini, prisi, Uni, et leurs temps dérivés, dans les infinitifs tcnire, retenirc, implire, ainsi que dans les formes verbales inchoatives. A partir d'une certaine époque, l'écriture s'est figée, alors que la langue parlée continuait à évoluer. L'è el /'/ se diphtonguaient, mais les scribes, fidèles à la tradition, conservaient l'i des siècles précédents, retendaient par analogie a u\\f
foule de formes nouvelles et l'employaient arbitrairement a cêite de e: habitur el habetur, 17 "-', deb.irit et deberil, 12 ,0; accipisseetacepi, 17': accepisse et accipi, 2â 10. 11 appartient en propre a la langue savante d'alors et c'est ce qui explique qu'on rencontre encore au vu0 et au vnr siècle, dans le nord de la Gaule, des désinences telles que -/fur, -iinnr, -imus, -ilis. A partir du vu*" et du vmc siècles, 1'/ est devenu dans la grande majorité des cas un signe purement conventionnel, qui s'est encore conserve dans les formes bien connues
i erments de Strasbourg . savir, podir, quid, mi, dift.
i parfois, devint a, devant uni' nasale: amandolas,
i". ' lt amnadolas, 19 ', pour amydalas qui n'est donné que pai un seul manuscrit. L'accord des autres autorise à faire remonter la variante amandolas ;i la première moitié du vin*- siècle. Appannem pour appennem se trouve dans un manuscrit du iv s. des formules de
Tours : ainsi, a cette date, l'e devant une nasal.' entravée avait la tendance a passer a a.
c ouvert a île rendu par i, mais moins souvent qu'on
ne serait tenir de le croire n faul en induire que la prononciation des lettrés et d : distinguait
à la Ionique les deux C.
mm.. n de l'i el u. l'i dans la prononciation fami-
itraina à remploi de i pour e et de e poui i; mais
lier mode el beaui oup plus rare que l'autre :
i . mcnirae,10 ", '": hnn.
peneliat, 173 '. Les copistes devaient être surtout lentes d'introduire l'e dans les mots qui renfermaient déjà celle voyelle primitive ou secondaire . resbelerum, 170 "; archepresbeteriw, 170"; archeepescopo, 17ii ": homenebus, il ".
/ long reste % al n( intact, i on si
liblit en se devantles voyelles etc., etc. ; ci devant les cou onm l
< m rencontre même ' pour ;e ti I ice de
si m i oui ii*-\ antlesmol f par une dentale.
0 est remplacé pai u
rium,7", 72 T; terralurio,U ' . 16 M, etc., etc. Le inanusi .:*, 2 du recueil de "> uni I lenis donne papulus pour populu uce que le scril - i fondu
/iô/ii.'/us et pOpulus, peupli
1 Dans tout ce qui va suivre, on résumera *u on constamment le tTAvail Indiqué de M. ■). Plreon.
FORMULES
Le changement de t en o dans Lugdono de Lugdunum, devenu Lyon, constitue un cas spécial dans le traitement de Vf en Gaule. Il est probable qu'il a eu lieu sous l'influence du celtique.
VOYELLES atoxes. — L'o atone, avant et après l'accent, est diversement traité. Le changement le plus caractéristique est l'affaiblissement en e, d'ailleurs assez naturel dans des documents rédigés pour la plupart en Gaule, du vne au ixe siècle.
L'e atone, libre ou entravé, est rendu par i à n'importe quelle place dans le mot.
Le changement de l'i en e affecte surtout l'i atone, principalement à la syllabe postonique et à la protonique non initiale, c'est-à-dire là où la voyelle atone, placée entre deux accents, devait être plus sujette à s'affaiblir. Les exemples sont si nombreux, et le phénomène en question si banal, à l'époque mérovingienne qu'il est inutile de les signaler tous.
L'u bref atone, et parfois même tonique, a conservé sa valeur de son mixte. Sous l'action d'une consonne, palatale ou d'un i, il se change en t. Conformément à l'usage post classique, l'u grec, tonique ou atone, est souvent transcrit par la voyelle i avec laquelle il s'était identifié dans la prononciation des derniers temps.
L'o atone libre est transcrit par u, surtout à la syllabe finale, car c'est là qu'on la rencontre le plus fréquemment.
sr.xcoPE de la votelle atoxe. — L'orthographe des formules supprime assez fréquemment la voyelle de la syllabe atone. Parmi les voyelles inaccentuées, c'est la post tonique qui est le plus souvent sacrifiée, notamment IV et Vi brefs. L'o et l'a tombent beaucoup plus rarement. La voyelle protonique non initiale est également éliminée, de préférence dans les groupes de consonnes qui renferment une liquide. Somme toute, les formes syncopées sont relativement rares et il y a lieu de s'en étonner, puisque ces documents ont été en grande partie rédigés et composés dans le nord de la Gaule, c'est-à-dire dans une région dont la langue vulgaire se distinguait précisément de celle des autres provinces par la suppression de la voyelle atone et qu'ils datent d'une époque où le roman de ce territoire était fixé dans ses grandes lignes. Seules des graphies telles que oceurre, dricto, subtis, conculcet, signa, sin, reflètent jusqu'à un certain point la langue parlée du vne au vme siècle. C'est que, en ce point comme en tant d'autres, les notaires des chancelleries impériales, municipales et monastiques subissaient l'ascendant du latin littéraire.
DIPHTOSQUES. — A partir du ive siècle, l'emploi de se pour e et de e pour œ a gagné tous les textes vulgaires. Les grammairiens avertissent inutilement et, finalement, se laissent entraîner à des formes que consacre deux graphies différentes du même mot. Bédé et Alcuin se règlent sur leurs prédécesseurs et bien que le De orthographia de ce dernier ait servi de modèle aux scribes, les formules du vme siècle n'en fourmillent pas moins de fautes. Il semble, qu'en ce point, la reforme orthographique n'ait commencé à agir qu'au ixe siècle. L'a> réduit à une voyelle simple, fut aux débuts assimilé de préférence à l'e bref ou e ouvert, mais en bas latin on ne se préoccupe plus ni de la quantité ni de la qualité de l'e, qu'on transcrit au moyen de œ.
L'ancienne diphtongue prend dans la syllabe accentuée la place de e ouvert : œi, 4 12. 24 *\ msea, 23 30, mœœ. 36 ", iniœgrum, <S7 ;7. A l'atone, l'échange est encore beaucoup plus fréquent, mais n'offre plus d'intérêt a l'époque mérovingienne. Le signe œ est surtout
1 Publiées, en IliST. par Claude I.epi'llctiiT. à la suite <lu Codex canonum de Pithou, reproduite par Eccard, en 1720, dans les Leges Francorum rt Rlpuariorum el par Schœpflin, Alsalia illustrât», 1751. - ' Goldast, Ktrum alamanicarum
usité à l'infinitif actif: eomponene. 67"; dinumerarse, 175 "; suscilarse. 175 a. Ces infinitifs en ree proviennent en majeure partie des formules de Bourges. Die a été exceptionnellement orthographié diaei dans les documents de l'Anjou (a disei présente, 11 s) qui écrivent correctement quelques lignes plus haut : a die présente, 11 '.
JE et œ s'échangent assez souvent dans les textes bas latin. Bède et Alcuin recommandent d'écrire jedus (= jeedus) quand il signifie de/ormis el fœdus dans le sens de paetum. Les manuscrits des formules s'en tiennent à la tradition vulgaire et orthographient indifféremment : feditate, /œditale et f&ditate.
Oi, diphtongue grecque, devient régulièrement œ en latin et peut être exceptionnellement réduite à o, comme dans 8to£x7)tuç et -apoixîa. Dans les formules, on rencontre: parrœchia, 396 ', 13, 399 '": parreechiis, 420 ": parreeehiam, 566 20, 520 ", parocia, 14 8 parrochia (onze fois), paroehia, 260 !0, parachia. 260 ;*. Quant à dioicesis, on n'a relevé que des graphies en o : diocesis (onze fois ) diocèse, 219 ".
Au atone est dissimilê en a, lorsque la syllabe suivante renferme une voyelle vélaire.un u ou uno; agustissimo, 173 s: aguslo. 174 5. La réduction des au à a est surtout fréquente dans auetor et ses dérivés. La diphtongue ou est traitée de même devant u final et aussi devant a, e, ou ;', nafragiis, 15 ", agmentum, 335 ". Même les monosyllabes aut, ad et at permutent entre eux. Ad tient lieu de aut et aut de al ou ad. Au se substitue à o dans audire, 103 " pour adiré, dans instaurel pour instaret, 370 43. Causam sert de variante à easu, 76 « et à casa, 328 s, 17 «.
Les formules confondent à tout instant aut et ut; dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'être surpris de rencontrer udire pour audire, dans le recueil de Saint-Gall. Par contre, les formules, même les plus vulgaires, présentent peu d'exemplesde la simplification de au en o. propre au latin populaire. Les monophtongaison de au en o provoque cependant des graphies inverses : oflerendi, 72 18 dans le sens de au/erendi, 72 M. Le copiste des formulée andeeewenses écrit saulsaditus, 9 IS; austes anticus, 15 "; austililer, 16 31 en même temps que solsadia, 9"; ostibus, 15"; ostias, 15"
On admet généralement que la diphtongue eu des mots grecs se prononçait en latin en deux syllabes. Ainsi s'expliquent les graphies qui remplacent eu par eo, fréquemment attestées dans les textes de l'empire et du moyen âge: eologias,6 3, 70 10; eoglogias, 108 S1: Eoropa, 529 '. En hiatus l'u de eu a été transformé en consonne bilabiale, et pour transcrire le son nouveau on s'est servi du signe w qui se rencontre au vme et au ixe siècle : euuangelicum. 260 10, 429"; euuangelistarum, 203 u. Le graphie eo a même pénétré par analogie orthographique dans la conjonction seu, bien que l'u dans ce cas ne fût pas syllabique seo ( = seu) devant une voyelle, 44 ">, 53 5, 57 13, 196 23-30 etc., seo devant une consonne, 43 », 47 ", 89 •>, 91 ■', 143 32. De même que au, eu pouvait perdre l'élément bilabial, on trouve ainsi Eptaticum dans formules de Beichenau, 372 *.
V. Les éditions. — Il n'est pas question ici d'autres actes que ceux qui concernent la jurisprudence, c'est-à-dire des protocoles ou modèles, sans mélange de pièces relatives à la discipline et à la liturgie. Cette distinction s'impose pareequ'on a donne, un peu abusivement, le nom de formules, à des diplômes ou chartes tels que ceux qu'on trouve rassemblés sous le nom de Formulée alsalicse \ Formula: alaman Formula- promotionum seu eleclionum episcopalium 3,
Scriptores, t. n, part. 1. — ' Sirmond, Concil. Gattiœ, t. u. appendlx; Hincmar, Opéra, édit. Cordes; Grégoire de Tours, Opéra, édit. Ruinart, appendix. S. Léon le Grand, Opéra, édit. Ballerini.
FORMULES
Formula? exorcismorum el excommuniccdwnum '. Les
érudits du début du xvm* siècle, gens lieureux qui n'avaient qu'à choisir entre les textes inédits les plus importants, se contentaienl de déflorer une collection, de l'indiquer au passage. C'est ainsi que Cujas cita la formule 2" du livre I" de Marculf. dans son commentaire de la constitution 52" du ('.ode Justinien et la formule 12* du livrell" dans ses Observatiunes. I. VIII, n. 1 I. I.e président Brisson en a cite également dans srni lie Formulis et sullemnibus Populi Romani verbis libri VIII. Opus.. nunc récognition el »... mendis purgatum, in- 1. l-'rancofurti, 1592. l'ierre et François Pithou en ont cité un plus grand nombre. 1'. Pithou a inséré la formule 2e du livre l" de .Marculf dans le Premier livre des Mémoires des comtes héréditaires de Champagne et de Brie... in-l, Paris, 1572: 1581; Fr. Pithou en a transcrit, en totalité ou par extrait un i;rand nombre dans son glossaire de la loi salique, imprimé en 1602. Le manuscrit que lui avait communique le président Savaron sera décrit et étudie plus loin.
La première collection fut donnée par Jérôme Bignon, qui, en 1613, publia le volume intitulé : Marculfl monachi formularum libri duo, item veleres formulœincerti auctoris ex bibliotheca regia;accesserunt et veteres alite incertorum auctorum formate ex velustissimo codiee. Il y joignit, ajoute Pardessus, un savant commentaire qu'on ne peut trop consulter. Quoique Bignon ne donne ni la description ni l'indication des manuscrits auxquels il a eu recours, Pardessus a montre que, pour les formules de Marculf et les formulée veleres incerti auctoris (appelées plus communément Appendix ad Marculfum). Bignon a exclusivement employé le ms. Paris, Bibl. nat., -1627 (olim 5189). Les formules vont du fol. 59 v°aux premières lignes du loi. 125 -°. Les formules de V Appendix sont dispersées dans le manuscrit : sept aux fol. 127-132; huit à douze incl., aux fol. 131 r°-Ul v°; treize à cinquante-huit aux fol. 2 r°-31 v". Le nombre des formules contenues du fol. 2 au fol. 31, est de soixante-cinq, dont Bignon .i écarté dix-neuf 2.
L'année même où Bignon publiait ce recueil, Lindeubrug publiait le sien à Francfort dans un volume intitule : Codex legum anliquarum... quibus accédant formulée solemnes prisées publicorum privatorumque negoliorum. Le titre annonce de l'inédit nunc primum édites ix bibliotheca Fr. Lindebrogii. A la distance de Francfort à Paris, la publication de Bignon pouvait lui être inconnue. La collection et la présentation diffèrent considérablement, l.indellbrug nous apprend <jue formulas ex bibliotheca christianissimi Galliarurn régis habm, quod exemplar, etiamsi a mco manuscripto codiee discrepabal, profuit lumen quod alicrum ex aller» lacis aliquam mullis emendari potuit. Le manuscrit appartenant a Lindenbrug n'a pas été retrouve si, toutefois, Lindenbrug a eu en sa possession un manuscrit contenant l'ensemble des formules publiées par lui II est douteux qu'il ait trouvé toutes
mules dans un seul manuscrit : l'ordre suivi dans
lection, ou les formules relatives au même objet
sont rapprochées, annonce un choix ou un classement d'après plusieurs manuscrits. Les formules de Lin-.
'2 sont au nombre de cent qualrc-vingt-cMi<| '.
Apres ces deux publications. Baluze entreprit une
nouvelle édition qu'il donna en H.77. dans sa NoDO
' Publiée! par Bouquet, Baluze, Canclanl; et. Seldens-
ticker, CommtntaUa de Marculflnls, lente, 1818, i > . : J 1 sq.
iv« aussi parfois mentionnées des Formula '.••/
dtuUruv, ((m n'onl rien de i uin avec uns formules
Juridiques; cf. G. Honod,dans Bevut critique, 1879, i
trdestus, Notice sur lei manu rmules rela-
i i droit obstroi dont l'empire des 1 rmus tutoie 'le
qualorzt formula Inédites, dans Btbltolliiqm de l'Êi
rollectio formularum, ex veterib. codicib. mss. eruil in unum collegit, nunc primum edidit dans Capitularia regum Francorum, t. n, p. 557-580. Ce recueil était encadré des séries que voici : Marculfi libri duo Formu- /(irum/ed.alt. P.deChiniac. t. n. p Appendix
Marculfi, éd. ait., t. n, p. 133-468; Formulée S irmondicee sec. leg. rom., edit. ail., t. n, p. 467 19 l : Formulât Bignonianee,t.u,p. 195-508. Formules Lindenbrogianœ,ta\, ait., t. ii, p. 509-556; Nova collectio Formujarum, édit. ait., t. n, p. 557-580; Formules promotionum episcopalium, édit. ait., t.n.p. 591-638 : Formules exorcismorum et ezeommunicationum, édit. ait., t. n. p. 639-680.
Outre le manuscrit dont Bignon s'était servi, Baluze fit usage d'un manuscrit qui appartint successivement à Pithou, de Thou, Colbert jusqu'à son entrée à la bibliothèque royale et qui est aujourd'hui à Paris, lat. 212?,. k-quel contient les quarante formules du livre 1« de Marculf et vingt-sept seulement du livre II". Le prologue diffère à peine de celui du lat. 4627, sauf le nom de Glidulfus ou -Eglidulfus. Le nombre des formules est, d'après l'index de cent dix-sept, niais les cinq premiers numéros ne pouvant être considères comme des formules (ce sont : Epislola Ilclenœ ad Constantinum imperatorem; epislola Constantin! ad Helenam malrem; epislola Conslanlini ml Athanasium episcopum: epislola Julii episcopi [roman i\ ml Atexandrinos; de episcopo eligendo, Yalentinianus imperator ad episcopos),ce nombre doit être réduit à cent douze. Parmi ces cent douze formules, il y en a huit qu'on ne connaît que par l'index, le copiste les ayant omises dans le texte (ce sont les n. 90, 95, 97, 105, 106, 107, 108, 109); mais les formules 911. 95, 108 et 109 sont dans Marculf, et les n. 105, loi., 107 dans le manuscrit qu'à fait connaître Pardessus, la 97e seulement, serait à chercher, elle est indiquée par les mots Prologo de venditionc, qui ne permet pas une identification certaine avec une pièce contenue dans un autre recueil.
Bignon avait groupe une série de formules sous le titre de Formules veleres ail legem rumanam. Baluze leur a impose le titre de l-'ormulœ Sirmondieie qu'elles ont gardé. Elles sont au nombre de quarante-six, Bignon avait eu a sa disposition une copie du P. Sirmond, Baluze nous apprend que le savant Jésuite avait extrait ces formules d'un manuscrit de l'Église de Langres, codex lingonensis, passe depuis au collège de Clermont et de la a Cheltenham. La quatrième collection de formules que publia Bignon était tirée du ms. Paris. lut. 136S6 (olim Sangerm. lai. 1S96) qui porte le titre inexact de Marculfi formulée ttliquot ; manuscrit incomplet, consistant en cinquante-cinq pages et où Bignon a fait un choix. Il a omis la première formule qui concerne un alïranchi.sscment pair le denier, presque semblable à .Marculf I. 22; il a accueilli les vingtcinq suivantes el. pour vingt sixième il a publié une formule que Fr. Pithou avait insérée dans sa note 1", au litre i.x de la loi salique. sans indiquer la provenante.
A la suite des quatre collections de Bignon.Baluze donna son propre recueil de formules, la plupart inédites, .Sa moisson comptait quarante-neuf pièces el
les n. il, 15,46, 17. ei in avaient él l' ouvrage
composé par Ison, moine de Saint (.ail. vers l'ai. pour instruire ses disciples. Les formules .'i a 15 incluse emenl (saut 7), sont tirées du ms. /'..'.". néglige par Bignon. La 10 se trouve dans le lus. U09. fol. 120.
. 1842-1843, t. iv, p. 3-4. — ' lbul.. p. S. La plus grande partie se trouve dans lea recueils de Bignon et de
Baluze; les seules qu'on n'j trouve pus s. .ni les i , 12 , 17 , ix . 19 , 20' , 2.". . 26 . 38 . 10 .
■ . S2 . 88 . '"■ .1." . i".. . l"s . 121 . 127. 152 . 158 . n. s . 169 , 171 , in:; . im . mais, sur ces trente quatre formules, cinq : i . 12 ,25 ,26 ,151 , sont contenuei Ii i-..i is., lat. 112J, et une. la in.; , dans l( I il •
FORMULES
on elle fait suite au Code Théodosien, les n. 17 à 30 inclus, 33, 36, 37 et 38 sont dans le manuscrit 2143; le n. 39 se trouve dans le commentaire de Pithou, adJulianum anlecessorem,\e 31 dans Du Chesne, Scriptores, t. n, p. 228.
Baluze donna sous le titre de Miscellanse, au tome vi une série de formules, au nombre de treize, tirées de deux manuscrits (olim Colbert, 4833 et 5034), devenus Paris, kit. 46V7 et 2777. Canciani, qui les a réunies ei en a fait une collection unique, a eu tort : ce sont bien deux collections. Mabillon publia les Formula' ondecavenscs dans ses Analecta, lre édit., t. iv, p. 234; 2e édit., p. 388-398; ensuite, dans De re diplomatica, 1704, Supplem., et 3e édit., t. n, p. 77-S7. Elles sont au nombre de cinquante-neuf.
Pardessus donna, en 1842-1S43. dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, t. iv, p. 1-22, une étude sur les publications anciennes et ajouta quatorze formules inédites : une du ins. Paris, kit. 4005 (ses lncipiunt relali): quatre du ras. Paris, la!. 4627 (ses n. i-iv inclus) et neuf d'après le manuscrit Paris, kit. 10756, alors entre les mains de M. Michel, à Nancy, et qui a été la propriété de P. Pithou. La première parlie contient, en quarante-cinq feuillets, les deux livres de Marculf, fort détériorés. Pardessus l'a décrit avec précision, loc. cit., et fait connaître. Pardessus avait déjà fait connaître une Formule' inédite, dans Bibliothèque de V École des Chartes, 1839-1840, t. I, p. 217-224.
A partir de cette époque et grâce à l'impulsion de Pardessus et aux efforts soutenus de E. de Rozière (son gendre ), les publications de formulaires se succédèrent nombreuses :
1844 : Formukv Andegavenses, publiées d'après le manuscrit de Weingarlen, actuellement à Fuhlc, pse Eug. de Rozière, in-8, Paris (ainsi que les suivants).
1851 : Formules inédites publiées d'après un manuscrit de la bibliothèque île Strasbourg, dans Bibliothèque de l'École des Charles, 1851, IIIe série, t. Il, p. 504-526.
1853 : Formules inédites publiées d'après un manusi rit de la bibliothèque de Saint- Gall, dans même revue 1853, série III, t. iv. p. 464-483 ; cf. Ad. Tardif, même revue, 1854, série III, t. v, p. 94-96.
1854 : Formules wisigothiques inédites, publiées d'après un manuscrit de la bibliothèque île Madrid, in-8°, Paris. 1854; cf. J. G., 0. Bredenweg, Commentatio ad formulas Visigothicas novissime repertas, in-8°, Berolini, 1S57 ; Ad. Tardif, dans revue citée, p. 553-554.
1858 : Formules inédites publiées d'après un manuscrit de la bibliothèque royale de Munich, dans Revue historique du droit français et étranger, 1858, t. iv, p. 74-84.
L. Rockinger, hrci formelsammlungen ans der '/.cil der Karolinger ans Munchncr llundschriften milgetheill.Aa.ns Qucllcn zur bayer. Geschichte, 1858. t. vu. p. 1-312.
1859 : Formules inédiles publiées d'après deux manuscrits des bibliothèques royales de Munich cl de Copenhague, dans Revue historique de droit français et étranger. 1859, t. v. p. 1-65.
1859 : Rcrui il général des Formules usitées dans l'empire des Francs du i' au xe siècle ; cette publication comprit trois volumes parus en 1859, 1861 et 1871.
1863 : L. Rockinger. Briefsteller und Formelbùcher des eilflen bis vierzehnlen Jahrhund. bearbeiteit, dans Quellen zur bay. Gesch., 1863-1864, t. in.
1882 : Formula merovingici cl karolini sévi, par K. Zeumer dans Monumenla Germanise hislorica; Leges, 1882-1886, t. v.
Avec cette édition, excellente à beaucoup d'égards, on possède pour longtemps le corpus integrum des Formules. La découverte cl la publication des poussières de textes contenues dans !<■ ms. 379 ie la collection Baluze apporte peu de chose .< ajouter a ce que
nous savions déjà, Pithou et Baluze n'avaient pas impunément défloré cette collection. Depuis 1882, un choix de formules a été publié en :
1887 : Textes relatifs aux institutions privées et publiques, aux époques mérovingienne et carolingienne, publiés par .Marcel Thevenin, Institutions privées, dans Collection de textes pour servir à l'élude et ci l'enseignement de l'histoire. « J'estime, écrit l'auteur, que les formulaires d'actes publics ou privés sont les sources les plus importantes du droit des deux premières races. »
VI. Le contenu des formulaires. — On ne peut songer à analyser les formules : c'est l'histoire entière de nos anciennes institutions qu'on se trouverait amène a exposer. Après avoir décrit les différents recueils, d'après les manuscrits qui les contiennent, nous allons entreprendre d'en inventorier rapidement le contenu, suivant l'ordre adopté par E. de Rozière et qui semble définitif, sauf les additions qui seront indiquées s'il y a lieu. Afin de rendre le maniement plus rapide, nous ferons suivre chaque chapitre de la mention des formules qui s'y rapportent.
Voici la série des abréviations adoptées :
And. = Formula; Andegavenses.
Arg. = Formula; Ar^entincnses.
Arv. = Formula; Arvernenses.
Aug. = Formula; Augienses.
Big. = Form. Salic-Bignoniana>.
Bit. = Formulœ Bituricenses.
Dion. = Collectio S. Dionysii.
Emm. = Fragm. cord. S. Emmerani.
Extr. = Formula; Extravagantes.
Flav. = Collectio Flaviniacensis.
Form. = Form. epist. coll. minores.
Imp. = Formulai Impériales.
Laud. = Form. codic. Laudunensis.
Lind. = Form. salie. Lindenbrogianœ.
Marc. = Marculfi Formula;.
M. Kar. = Form. Marc. a>vi Karolini.
Ro.Mer. = Form. Sal. Roziére-Merkel.
Morb. = Formula; Morbacenses.
Par. = Formula3 Parisienses.
Pat, Collectio Pataviensis.
l'ilh. = Fragm. form. Pithœi.
Salz. = Formula' Salzburgenses.
Sang. = Form. Sangall. miscellan.