‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 166 sur 423 · partie · texte numérisé non relu

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Journal t. n, pi. 27, i

p. 289. ' i.uhl-K i

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ninskl rev, el ann. par O. Riemnnn, 1885, t. n, Plranesi, IntlchlU dt Borna, l. i. pi. s. n. j. urbls do Lanclanl donne ces tours avec leurs escaliers,

elles I

FORTIFICATIONS

sous Honorius (403), le géomètre Ammon en public une courte description officielle. Nous la possédons dans le célèbre, manuscrit d'Einsicdeln, niais avilies remaniements apportés au texte dans le vme siècle vers l'époque d'Hadrien Ier, pour le mettre en rapport avec l'état actuel. Ammon, qui entre jusque dans les détails, nous apprend que l'antique muraille possédait 7020 créneaux (propugnacula), que, outre les meurtrières pour les archers, il s'y ouvrait 2.066 embrasures (fenestrœ majores) qu'elle avait cinq poternes (poslernœ), en plus des portes sus-indiquées et 126 nceessarias ou latrines qui taisaient saillie en dehors 1.

Les poternes, pour quelques commodités qu'elles offraient, étaient une source de dangers pour la ville. Avant les travaux de restauration d'Honorius, elles étaient en bien plus grand nombre; elles avaient été percées primitivement par l'obligation de respecter des droits privés et pour laisser une issue à des chemins privés, protégés par les lois, qui traversaient la ligne des remparts. Honorius ne laissa subsister que les cinq signalées par Ammon qui toutes se trouvaient sur le Tibre et offraient par là même une surveillance plus facile. Il fit fermer les autres — on peut encore s'en rendre compte aujourd'hui, par de massives cloisons 2.

Pour mieux garantir la muraille, on creusa le sol à l'extérieur et on le débarrassa des gravois qui s'y étaient accumulés. Les parties endommagées de la muraille furent réparées, les tours remises en étal ; les portes furent l'objet de soins particuliers.

La plupart des portes, avec les tours semi-circulaires qui les flanquent, avec leur rangée régulière de fenêtres cintrées au-dessus du passage, montrent une unité de type qui permet de le faire remonter dans l'ensemble, en leur état actuel, à l'époque d'Honorius. C'était un noble et solide travail, fait pour braver les siècles et qui les a bravés. Une des inscriptions existe encore à sa place primitive, au-dessus de la porte TiBurtine, à l'extérieur; une autre subsiste près de son ancien emplacement, au-dessusde la porte Prénestine. L'esquisse donnée ici de la porte Tiburtine offre cette particularité d'enclaver un arc d'une porte plus ancienne d'Auguste, en partie enterré (fig. 4564). Les statues d'Honorius et de son frère Arcadius ont disparu de leurs piédestaux, mais l'inscription célébrait le soin qu'avaient pris les empereurs de fortifier la ville « éternelle ». L'inscription mentionnait primitivement que cette sécurité avait été donnée sur les avis de Stilicon, aujourd'hui ce passage n'est plus lisible3: S. P. Q R. impp. Cœss. dd. un. inviclissimis principib.

Arcadio et Honorio viclorib. ac (riumlatorib. semper Augg. || ob instaurâtes urbi seternœ muros portas ac tunes egeslis (immensis I ruderib. (ex suggestione u. c. || et inlustris corn, et mag. utriusq. mililise Slilichonis) ml perpeluilatem nominis eorum simulacra constitua II /curante FI. Macrobi<i Lomiiniano), v. c. pra-f urbi d. n. m. ./. eorum.

Les tours de la porte Appienne ont été remaniéi plus tard. Cette porte et ses tours ont encore dans leurs parties liasses un magnifique revêtement de marbre. Il est vraisemblable que les architectes d'Honorius ont pris à cet usage les blocs de marbre du temple de Mars, qui se trouvait hors de la porte, ;i gauche, sur le clivus M<irlis. Si le temple n'était pas déjà en ruines, il tut exceptionnellement sacrifié,

1 Le texte U'Animon se trouve dans H. Jordan, Topograpliic, l. u, p. 578, cl. p. 155; il avait déjà été publié par Mabillon, Analecta, 1685, l. iv; par Hànel, dans Archio /or Philologie und Pddagogtk,l&3~ , t. v -.parUrHchs, Codex urbis

liiun.c t'ipiu/nipiucus, i.Hïl ; cf. U. Lanciani, op. cit., p. loi, note 2; pour le nombre des tours, p. 8'.); Jordan, op. ci t., t. u.

parce que sa position pouvait fournir un point d'appui aux assaillants \

La partie des murailles qui semble avoir subi le moins de modifications, sous Honorius, et dans les siècles postérieurs, est celle qui se trouve comprise entre les portes Salaricnne et Pincienne (fig. 4565). C'est la partie de la muraille qui représente le plus fidèlement aux yeux du spectateur avec celles qui avoisinent le Latran et le Monte teslaccio, le travail gigantesque d'Aurélien et de Probus 5.

VII. Gaule romaine. — Ce n'est que depuis peu d'années qu'on s'est attaché à l'étude des enceintes primitives des villes de la Gaule à l'époque romaine que, comme tant d'autres sujets archéologiques, on négligeait systématiquement. En 1807, écrit M. A. Blanchet, Millin passa près des murs antiques de Sens, presque intacts alors ; mais il ne les vit pas. Depuis un siècle les enceintes des villes sont tombées en grand nombre sous la pression, quelquefois de la nécessité, le plus souvent de la spéculation et on n'a guère pris le soin de décrire, de mensurer et de dessiner ces murailles prêtes à disparaître, M. Blanchet a tenté de réunir toutes les remarques relatives aux premiers remparts de nos vieilles cités et il a pu dresser le tableau suivant ;

Autun (Augustodunum). Enceinte de l'époque d'Auguste, 5 922 mètres de périmètre.

Autun » Enceinte réduite à la fin du

m'' se, 1 300 mètres env.

Nîmes C Nemausus). Enceinte de l'époque d'Auguste,

6 200 m. env.

Nîmes » Enceinte réduite, fin du nie se.

2 300 m. environ.

Trêves (Augusta Trci'crorum). Enceinte du 1er se,

Augst (Augusta Rauracorum). Enceinte du 1er se,

Fréjus ( Forum Julii ). Enceinte du i" se, 4 000 .i

4 100 mètres.

Avenches (Avcnlicum). Enceinte du Ier se, 4 000 ni.

env.

Cologne (Colonia Agrippina). Enceinte du 1er se,

Heddernheim (Civ. Taunensium). Enceinte du nc se ,

Poitiers (Limonum). Enceintedum0 se, Sens (Agedincum). »

Bordeaux (Burdigala), »

Bourges (Avaricum). »

Chartres (Autricum ). »

Strasbourg (Argenloratum).n

Nantes (Condivicnum).

Paris (Lulelia).

Bouen (Rolomagus). »

Dijon (Dibio). »

Chalon-s.-S. (Cabillonum). > Dax (Aquœ Tarbcllic»- 1 .

Boulogne-sur-mer (Gesoriacus).

Le Mans (Suindinum). »

Soissons (Augusta Sucssiorum) .

Nevers (Nevirnum). »

Beauvais (Cœsaromagus). »

Angers (Juliomagus). »

Bennes (Condate). »

Grenoble (Cularo). »

Tours (Cœsarodunum). »

Évreux (Mcdiolanum). »

1 600 m. env.

1 500 m. env.

1 500 m. env.

1 440 m. env.

1 400 m. env.

1 375 m. env.

1 200 ou 1600 1 200 m. env.

1 160 m. env.' 1 155 m. env.

p. 157 sq. ;Homo, op. cil., p. 289. - 'Lançiani,op.ci(.,p. lui ; Le plan de Rome de Nolli (1748), marque toutes les posternie ou posterulœ. - - ■• Corp. inscr. lui., t. vi, n.H88sq.; les mots entre parenthèses manquent aujourd'hui. — ■ Lanciani, op. cil,, p. 103. — » Au-dessous de cette partie du mur, s'étendait lu villa Ludovisi, II. Grisar.op.ci/., t.i.p. 134-136.

FOrU'll'K'.ATlHN-

Orléans <Cessabumj. Enceinte du m* se, 1 îou m. Bayonne (Lapurdum). • • 1 100 à 1.125

Auxerre fAutcssiodurum). • » 1080 m.

Melun (Metiosedum). ■ 1 000 m. env.

Meaux (Fixtuinum). » 1 000 m. tnv.

Pèrigueux i VesunnaJ. » 955 m.

Saintes (Mediolanum). » » 935 m. env.

ilenz (Confluentes). » » 920 ni. env.

Andernacb i Anlurmacum/. > 910 m.

Sentis ' Augustomagus). ■ » 840 ni.

Saint-Dizier (Auslria). • 740 m.

Noyon i Xoviomagus ) . • • 599 m. env.

Antibes (Antipolis). • 590 m.

Ces villes ne sont pas les seules dont les enceintes romaines ont été reconnues, mais celles dont l'étude

faite assez soigneusement pour qu'il soit permis d'évaluer le périmètre des murailles. Assurément, l'étude des enceintes est difficile, car les murs antiques sont bien souvent dissimules par des constructions

rieures; en outre, de nombreuses parties ont été démolies ou modifiées au cours des siècles. De sorte qu'il est généralement impossible de vérifier

titude des auteurs qui ont décrit, a diverses époques, les murailles des cités de la Gaule. Les enceintes forment deux groupes et les murailles, élevées sous Auguste et ses successeurs immédiats, ont un périmètre plus développé. De ce nombre sont les premiers murs d'Autun et de Nimes. ceux de Fréjus, d'Avenches et de Trêves; ils sont aussi beaucoup moins épais que ceux de la seconde catégorie. A la lin du nr siècle de notre ère, lorsque la ligne de défense du Rhin n'était plus une garantie suffisante contre les invasions, les populations décimées élevèrent, sans doute avec l'aide des Kgions. des murailles 1res puissantes dont le périmètre ne dépasse pas

mètres. Quand il s'agit de cités qui curent des enceintes successives, il est facile d'évaluer la réduction. Ainsi, au commencement du rve siècle, Autun n'était plus que la vingtième partie de la ville bâtie par Auguste; N'inies était réduite au septième de sa superficie. Il est probable que la réduction fut différente, suivant les cites. En gênerai, on peut dire que le nord de la Gaule eut beaucoup à soufirir des invasions du m< siècle '.

VIII. GAUl i: 1 RANQUE, — A l'époque fr'anque, nous trouvons dans les récits de Grégoire de Tours des oppida (il écrit ordinairement opida) qui SOI

fortes déjà considérables puisqu'il applique ces terme a onze ciiiltitcs qui sont Auxerre, Bordeaux Maçon, Nimes, Orléans, Paris. Pèrigueux, Reims, Saint-Quentin, Tongrcs et Ziilpich, et à un seul castrum qui est Birten (Berlunum) au diocèse de Cologne. Il importe toutefois de remarquer que oppidum n'emportera pas longtemps le sens de place forte, car deux chartes du vu* siècle entendent ce mot au sens de !■• territoire :. Déjà ce sens se rencontre, une

i moins au s i siècle chez Grégoire de 'fours qui

prien abbas Petrocorii opidi*, ce qui

ne peut s'entendre d'une place forte, puisque le

monastère en questii te-cinq

kilomèf i es de la I erritoire '.

Irum ou castellum (les deux expn '■'•ut sw ymes) sert a d enceintes forli-

de moindre impoi ['oppidum.

le I "iirs et les auteurs mérovingiens

v i i un ii- 1. v lues de la Gaule romatneauz l" ci /r» siècles •t. notre ère, dont Compti riptiont

\ i iouget, Des fortification dam r ancien Bas-Poitou i l'époque romaine.

Bulletin de in Socti !■■ ilf ttatlstiqui , arts du

I ment des Deux-Sèoret. 1864-1865, t n, p. 2>.. -

: \lf. Jacobt, Géographie de Grégoire de rourj, ln-8», Paris,

1800, S -lit., p.: Ire de 1 urs, De glorta eon-

m es! d'un emploi plus fréquent que castellum. qui n'est appliqm quatre local

Blaye, Châteaudun, Neuss et Vendôme. Dans deux de ces cas (Châteaudun et Vendôme), il reproduit textuellement le traité d'Andelot; ailleurs, il donne à

iiidun le nom de castrum. Voici la liste des vingt-

Blaoicum, Blayi on; Capraria, Cabriè-

' aput Arietis, Cabaret; Confluais, Coblentz;

Dit ' \pargum, ?: Dunum, Châteaudun:

ium, Ivoy (aujourd'hui Carignan); Gredonense

castrum. Grèzes-le-Château; Looolanlrum, Vollore ;

Mediolanum, ( bâteaumeillanl ;

. Chastel-Marlhac; Miglidunum, Melun; Nioi-

sium, Neuss; Sellus, Chanteauceaux; Tauredunum,

Tonnerre; Thigernum, Thied; Trinorcium, Tournus;

Ugernum, Beaucaire; Vabrense castrum,; Viclo-

riacus, Vitry-le-Brûlé ; Vindocinum, Vendôme. C'était

là on le voit de fort minces localités puisque nous

V rencontrons deux places de notre liste précé-

dente. Coblentz dont l'enceinte avait 920 mètres;

Melun. 1 min nu-ires et Dijon qui avec ses 1 500 mètres

d'enceinte, ses quatre portes, ses trente trois tours

(voir Dijon), paraissait à Grégoire si supérieur aux1

autres castra qu'il s'étonnait qu'on n'en eût pas fait

une civitas. Le reste était infime et dans ce nombre

liinum disparut, dès 563, dans un tremblement

de terre suivi d'un eboulement, castrum Vabrense

cessa d'exister dès le VIe siècle. Cabaret, Cabrières et

Dio sont descendus au rang de simples villages.

Pour modestes que fussent ces bicoques, ce n'en étaient pas moins des obstacles avec lesquels il fallait compter, c'est ainsi que le castrum Caino, teau-Cliinon, conservait au temps de Grégoire de Tours, le souvenir du siège qu'il avait subi vers l'an •îfi5. Castrum De r. au territoire de 1 léziers, fut conquis par Théodebert en 533; Capui Arielis fait l'obji I île discussions topographiques. Grégoire de Tours dit qu'après l'invasion de la Septimanie et l'occupa tion de Carcassonne par les Francs, en 585,Reci passa la frontière, s'empara des ehâieaux de Capui Arielis, dévasta la plus grande parlie du Toulousain et emmena ses habitants en captivil. "-. Jean de Biclar mentionne celte expédition mais ne donne pas les noms des duo castra '. Les érudits du xvii* siècle placèrent Capui Arielis à Castelnaudary, toul simplement a cause de ce ary final, comme d'ailleurs cette ville était la clef du Toulousain tout sembla clair; au xix' siècle, Fauriel acceptait encore celte explical Dom Ruinarl cependant suggéra le village de I

ret (sic) > et Dom Vaissète établit l'identité des castra de Caput arietis avec les forteresses de Cabaret qui a donni li e le Cafar-

dés '. connue ifs le règne de i harles le i hauve, sous le nom de Cob non, satis-

fait à toutes les'conditions requises: son nom a. dans la langue du midi de la ! ranee. pie que Caput irielis : l'un et l'autre se traduisant par

lier et l'on a dit que la forme du . • m mo qui domin i pou-

[ustiflei ci liai ion '". 1 .e

.lui lévaudau au m" siècle, et la bute position au moins autant que les murailles ont lieu son Import

- la destruction de la Mil.

-. e. i . /'. /... t. i \\n. col. Il \ I "iiniiim,

1 Historia Francorum,]. VIII, c. xxx.

gint raie .lu i

FORTIFICATIONS

— Lovolantrum joue un rôle dans la guerre d'Auvergne de 531 et l'armée de Théodoric ne s'en empara que par trahison. Les défenses furent détruites et la population dispersée. — A l'abri du Mediolanense caslrum, les habitants de Bourges livrèrent une bataille en 583, aux généraux de Chilpéric; dans cette même guerre, on voit figurer le Miglidunen.se easlrum. Plus important encore au point de vue militaire, est le rôle du Sellense easlrum '. Vicloriacus servira de refuge à un

ceux qui habitent dans cette enceinte cultivent les terres et recueillent des fruits en abondance 2. »

IX. Carcassonne. — La conquête du sud de la Gaule par les Wisigoths nous a valu d'intéressantes fortifications à Toulouse, qu'ils occupèrent quatrevingt-neuf ans et dans quelques villes de la Septimanie qui furent fortifiées avec soin : Narbonne, Béziers, Agde, Carcassonne, Toulouse furent fortifiées d'après les traditions romaines du bas temps; si l'on en juge

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