LÉGENDE
Enceinte du XIII" siècle.
1. Barbacane de la porte Narbonnaise. — 2. Tour de Bérard (ou de St-Bernard). — S. Tour de Bénazet. — 4. Tour de N.-D. (ou de Rigal). — 5. Tour de Mouretis. 6. Tour de la Glacière.- — 7. Tour de la Porte-Bouge.
— 8. Grande barbacane (détruite) 9. A van t -
porte de l'Aude. — 10, Tour du petit Canizou. — 11. Tourdel'évêque, appartenant aux deux enceintes. — 12. Tour du grand Canhou.
— 13. Tour du grand Brûlas. — 14. Tour d'Ourliac— 15. Tour Cremade. — 16. Tour Cautières. — 17. Tour Poulets. — 13. Tour de la "Vade (ou du Papegay). — 19. Tour de la Pevre.
Enceinte wisigothe, VIc-VIII* siècles.
20. Tours et porte Narbonnaise. — 21. Tour .lu Trèsau (Treshaut, Trésor). — 22. Tour de moulin du Connétable. — 23. Tour du Yioulas.
— 24. Tour de la Marquière. — 25. Tour du Sanson. — 26. Tour du moulin d'Avar. — 27. Tour de la Charpentière. — 28 à S6 (voir Château). — 37. Tour de Justice.— 38. Tour Wisigothe — 39. Tour de l'Inquisition. — 39 à 44, une ligne plus grêle passant près de Saint-Nazaire, marque l'enceinte primitive qui fut reportée suivant la ligne tracée par la Tour do l'Évêque. — 40. Tour de Cahuzac. — 41. Tour du Coin (de Prade, Mipadre).
— 42. Tour du Moulin. • — 45. Tour et poterne de Saint-Nazaire. — 44. Tour Saint- Martin. — 45. Tour des prisons. — 46. Tour de Castera. — 47. Tour du P1Ô. — 48. Tour de Baltbazar. — 49. Tour de Darejean (Dareja).- — 50. Tour de Saint-Laurent. — 51. Escalier descendant à la poterne de la Tour de la Peyre- — 52. Tour du Trauquet. — 53. Tour de Saint-Sernin.
Château.
28. Tour de la Chapelle. — 29. Tour de la Poudre. — 30. Avant-porte du château. 31. Tour peinte, la Guette. — 32. Tour Saint. Paul. — 33. Porte du château. — 34. Tour des Casernes. — 35. Tour du Major. — 36. Tour du Degré.
5G66. — ■ Plan de Carcassonne.
D'après Viollet-le-Duc, Lu cité de Carcassonne, p. 85, fig. 10.
prétendant à la royauté; mais le moins glorieux de cis castra est le Meroliacen.se, dont les habitants se rendirent honteusement au roi Théodoric malgré que la nature leur eût donné des secours précieux. Le castrum, dit Grégoire, « est entouré non pur des murs, mais par un rocher taillé de cent pieds de hauteur ou davantage. Au milieu est un étang d'une eau fort agréable à boire: dans une autre partie, se trouvent des sources si abondantes que l'eau vive coule par la porte de la forteresse en formant un rui fin, ce
castrum comprend un espaci tellem lu, que
1 Lonv'non. op. cî(., p. 574 scj. Fft'sl. ' rncor, I. III.
r. mil E, 'i I Ufications [n unes] de
par les portions importantes d'enceintes qui entourent la cité de Carcassonne. Le château Narbonnais de Toulouse parait avoir été construit d'après les données antiques. Il se composait, nous dit-on, « de deux grosses tours : l'une au midi, l'autre au septentrion, I .nus de terre cuite et de cailloux avec de la chaux, le tout entouré de grandes pierres sans mortier, mais cramponnées avec des lames de fer scellées de plomb. Le château était élevé sur terre de plus de trente brasses, ayant vers le midi deux portails de suite, deux voùlcs de pierre de taille jusqu'au sommet; il y en
la !><illéc île Beulon-Campel, dans Bulletin et mémoires de lu archéologique dIlle-el-Vilaine,18&7, t. xi, p. 137.
I ni; TIFICATIONS
avait deux autres de suite au septentrion et sur la place du Salin. Par le dernier de ces portails, on entrait dans la ville dont le terrain a été haussé de plus de douze pieds... On voyait une tour carrée entre 1 1 deux tours ou plates-formes de défense car elles étaient terrassées et remplies de terre, suivant Guillaume de Puilaurens. puisque Simon de Montfort en lit enlever toutes les terres qui s'élevaient jusqu'au comble '.
Les Romains avaient inculqué que pour la fondation d'une ville, on choisissait le site de préférence au bord d'une rivière et en pente inclinée : si l'inclinaison se terminait par un escarpement un peu marqué tout était pour le mieux. Le point le plus élevé de l'escarpement devenait celui où s'établissait le château, servant à la fois de vigie et de réduit qui
4567. — l/nc des tours de Carcassonne, D après Yiollet-lc-Duc, La cité de Carcassonne, fig. 1.
commandait les murailles et la ville elle-même, de façon, le cas échéant, à annuler l'avantage qu'un ennemi pourrait tirer de l'occupation. Le château prit aussi le nom de donjon. Les parties les plus faillies de l'enceinte étaient les courtines entre les deux tours.
L'enceinte wislgothe de la cité île Carcassonne conitions rappelant celles décrit.
Végècc. Carcassonne reste un monument trop peu signalé et digne d'attention. Jusqu'au iv siècle, la ville jouit, comme le reste de la Gaule, d'une paix pro- : après les désastres de l'Empire, elle m- lut plus considérée que comme un castellum. I
». -/.• Toulouse, Paria, 1771, t. i. p. 436. Duc, Dictionnaire raisonné •/. l'architecture française du XI- un XIV siècle, i 1865, t. i.
p. 333- rcassonne i I .s. d.,
p. 2; I*. E. Delalr, Essai mit la fortifications anciennes nu Introduction à l'histoire ni néraledela forli fi
s'en emparèrent : peu de temps après, les Humains en redevinrent maîtres. En 407, les Goths péni iraient dans la Xarbonnaisc première, d'où ils passèrent en Espagne :ei. en i oric,roi des Wisigoths, s'em-
para de Carcassonne. Le traité de paix conclu avec l'Empire, en 439, l'établit possesseur de Carcassonne et de tout le territoire de la Novempopulanie, située a l'ouest de Toulouse. ts que fut bâtie l'en-
ceinte intérieure de la cité, sur les débris des fortifications romaines. En effet, la plupart des tours wisigothes, encore debout, sont assises sur des substructions romaines qui semblent avoir été élevées hâtivement, probablement au moment des invasions franques. Les bases des tours wisigothes sont carrées et ont été grossièrement arrondies pour recevoir les défenses du v" siècle. Du côté méridional de l'enceinte on remarque des soubassements de tours.
moyen de blocs énormes, posés à joints vifs et qui appartiennent certainement à l'époque de la décadence de l'empire. Quoiqu'il en soit, ainsi que le dit Viollet-le-Duc, il est encore facile aujourd'hui de suivre toute l'enceinte des Wisigoths (fig. 4566). Les fouilles ont permis de reconnaître les fondations de cette enceinte sur les points où elle a été suppi la fin du XIIIe siècle, pour augmenter le périmètre de la cite. Cette enceinte primitive affectait une forme ovale, avec une légère dépression sur la façade occidentale, suivant la configuration du plateau sur lequel elle est bâtie. Les tours, espacées entre elles de 25 à 30 mètres environ, sont cylindriques à l'extérieur, terminées carrément du côté de la ville et réunies entre elles par de hautes courtines (fig. 4567). Le sol de la ville est beaucoup plus élevé que celui du dehors et presque au niveau des chemins de ronde. Les courtines, fort épaisses, sont composées de deux parements de petit appareil cubique, le milieu est rempli non de terre, mais de blocage maçonné à la chaux. Les tours s'élevaient au-dessus des courtines et leur communication avec celles-ci pouvait être coupée, de manière à faire de chaque tour un petit fort indépendant (fig. 4568). Cette figure fait voir la tour et ses deux courtines du côté de la ville, les ponts de communication sont supposés enlevés. L'étage supérieur créuelé est couvert par un comble et ouvert du côté de la ville afin de permettre aux défenseurs de la tour de voir ce qui s'y passe et aussi pour permi I onter des pierres et autres pro-
au moyen de poulies. La tour figurée sur base cubique regarde la campagne, on a figuré à côti poterne assez élevée au-dessus du qu'on
ne put y accéder sans échelle. Les poternes même ainsi sauvegardé! en outre défendue par une
nie :.
Toute la construction wislgothe est élevée par assises de petits moellons de 0 m. 10 à 0. m 12 de hauteur environ, avec rangs de ■ nées.
I »e largi s baies en plein cintre sont ouvei
cylindrique di ces tours du côte de la cam-
taient «amies de volets d<
zontaux et tenaient lieu de meurtrier. iime-
inent de ces tours consistait en un crénela;
lies chemins de ronde, des courtines, on communiquait aux tours par des portes dont les li arcs surbaisses étaient soulagés par un arc en brique. Un escalier de bois mettait a l'il lérleur inférieur en communication avi
p. 132-134, .i. i li , la Soi tilé des m propos de lu
Mémoires ■>•■ la Sociéti des aris et d tonne, 1808, t. ix, p. ■'■■: M. Bouffi
FORTIFICATIONS
supérieur qui était ouvert du côté de la ville par une arcade percée dans le pignon.
Malgré les modifications apportées au système de défense de ces tours, pendant les xne et xme siècles, on retrouve toutes les traces des constructions des Wisigoths. Jusqu'au niveau du sol des chemins de ronde des courtines, ces tours sont entièrement pleines et présentent ainsi un massif puissant propre à résister à la sape et aux béliers.
En avant des tours et de la courtine courait un fossé. Les fossés des villes gallo-romaines au moment de l'invasion des barbares, tels que ceux de Sens, de Bourges, deBeauvais, étaient larges et autant que pos-
vallée qui conduise de la Méditerranée à l'Océan et à l'entrée des défilés qui pénètrent en Espagne par Limoux. Alct, Quillan, Mont-Louis, Puycerda ou Campredon. L'assiette était donc parfaitement choisie et elle avait été déjà prise par les Romains qui, avant les Wisigoths, voulaient se ménager tous les passages de la Narbonnaise en Espagne. Mais les Romains trouvaient par Narbonne une route plus courte et plus facile pour entrer en Espagne, et ils n'avaient fait de Carcassonne qu'une citadelle, qu'un caslellum, tandis que les Wisigoths, s'établissant dans le pays après de longs efforts, durent préférer un lieu défendu déjà par la nature, situé au centre de leurs possessions de ce
4568. — Enceinte et lour de Carcassonne, D'après Viollet-le-Duc, Dict. d'Architecture, p. 332. fis. 6 et u bis.
sible remplis d'eau : les fossés de Sens étaient inondi S el d'une largeur de 20 mètres environ.
Les Wisigoths, entre tous les peuples barbares, qui envahirent l'Occident, furent ceux qui s' approprièrent le plus promptement les restes des arts romains, au moins en ce qui regarde les constructions militaires et, en effet, ces défenses de Carcassonne nediffèrenl pas de celles appliquées à la fin de l'Empire. en Italie e1 dans les Gaules. Ils comprirent l'importance de la situation de Carcassonne. et ils en firent le centre de
leurs possessions dans la N'arl
Le plateau sur lequel esl assise la cité de Car cassonne commande la vallée de l'Aude, qui coule au pied de ce plateau, et par conséquent la rouir naturelle de Narbonne à Toulouse. D s'élève entre la mo Noire et les versants des Pyrénéei lent au
soinini-l de l'angle que forme la rivière de l' Vude en quittant ces versant, mrner vers
l'est. Carcassonne se trouve ainsi ,i cheval sur la seule
coté-ci des Pyrénées, à une ville comme Narbonne, assise en pays plat, difficile à défendre et à garder. Les événements prouvèrent qu'ils ne s'étaient point trompés; en effet, Carcassonne fut leur dernier refuge, lorsqu'à leur tour ils furent en guerre avec les Francs et les Bourguignons. En 508, Clovis mit le siège devant Carcassonne et fut obligé de lever son camp avant d'avoir pu s'emparer d'e la ville. En 588, la cité ouvrit ses portes à Austrovalde, duc de Toulouse, pour le roi Gonlran; mais peu après, l'armée franque ayant été défaite par Claude, duc de Lusitanie, Carcassonne rentra au pouvoir de Reccarède, roi des Wisigoths. Ce fut en 713 que finit ce royaume; les Maures d'Espagne, sous le commandement de Moussa ben-Nocaïr, devinrent alors possesseurs de la Septimanie. On ne peut se livrer qu'à de vagues conjectures sur ce qu'il advint de < pendant quatre siècles; entre
la domination des Wisigoths et le commencement du xne siècle, on ne trouve pas de traces appréciables de
FOR riFIC \'l IONS
constructions dans la cité, non plus sur les remparts '. ■ X. Afrique romaine. — L'occupation de l'Afrique du Nord pur les Romains imposa à ceux-ci l'adoption d'un vaste système défensif. Au début du m« siècle, la ligne de leurs postes longeait la lisière méridionale de l'Aurès, enfermait la région des Zihan, au sudouest de Biskra. se repliait vers le nord-ouest, protégeait le HodnadU côté de l'Occident, arrivait à neuf au sud d'Aumale et, dés lors, couvrait le Tell algérien et oranais, en passant par Bogliar, Tiarei, Tlemcem, I.alla Marnia.
11 ne pouvait être question d'élever une sorte de muraille de Chine pour protéger cet immense territoire, la défense fut conçue d'autre façon, par la présence d'une légion et de corps auxiliaires. La légion, III' Augusta, eut à Theveste (Tebessa) un camp permanent qui n'a pas été trouve; au début du ii' siècle, elle s'établit à Lambèse (voir ce mot), et y tint ion pendant deux siècles. On J a trouvé les restes d'une enceinte carrée, aux angles arrondis, de utre-. de côté avec des murs épais de 0 m. 60, construits en moellons: ce fut probablement le premier camp de la légion :. Une autre enceinte a laissé des traces plus n.t tes ; elle a délimite jadis le camp permanent delà IIP légion. Il mesure 500 mètres de long sur 420 de large: le rempart ne se distingue plus aujourd'hui que par des talus de terre. Il était construit en pierres de taille et offrait, à l'intérieur, de distance en distance, des plates-formes destinées probablement à placer des machines de guerre.
Sur la frontière militaire furent construits des camps permanents, sur le modèle de celui de la légion, mais de dimensions réduites. Le camp de Bénian (Ala Miliaria) (voir Diclionn., t. iv, fig. 38G5) était occupé par un corps de cavalerie. C'est un carré de 2 10 m. de côte, gé sur deux de ses faces par le lit d'une rivière. Le rempart est partout marqué par un fort talus; formé de deux murs accolés : un mur extérieur en pierres de taille, et un autre, par derrière, en moellons. Sur les fronts de l'ouest et du sud, on reconnaît les emplacements de deux portes défendues par des tours rondes de 5 mètres de diamètre1. Autre camp,
uni (Ad Majores i a 1 1") kilomètres au sud-ouest de Tébcssa. dominant la plaine d'une cinquantaine de mètres et possédant une enceinte, en pierres de taille, de 1 Té> m. sur 100 m. Qanqui i i ■ liaque angle d'une tour carrée saillant à l'extérieur. Sur chaqui s'ouvrait une porte : celle de l'est, qui subsiste encore, est une longue voûte en pierres énoi i pieds-
t 3 m. 50 de hauteur '. — Au tu sur la Frontière de Maurétanie, à peu de distance à l'est de Bénian, à Tagremaret : c'était, d'après le nom
1 Y. ■ orme, guide du visiteur,
résumé historique, monog monuments
d'après les document* tirés ites ouït. Wayrevtçilh
et VtoUet-le-DuC, ln-8>, Paris, 1XNI ; .1. de V emeilh, i: sur lu Visite a I" ' ' . dans Coïl
</.■ France, I t. xxxv, i>. 119-132; i \ li
Doc, La cité de Careassonne (Aude), In 8°, Paris, s. d Poncln, /." ciù onne du P1 au VIII* siècle,
dans Annuité :ir lu Faculté des Lettres •/. Bordeaux, 1879. t d< Neufchateau, La < :(té nue et les rebâtis-
Carca sonne, 1912, assure que les archltei tes de Philippe le Hardi, seraient bien en peine aujourd'hui de se reconnaître dans la Cité Vlollet-le-Duc. L'auteur jouit sans doute des confidence»
de Philippe le Hardi is. qui n'avons
intage, nous oous contenterons de rendre justice
A et de dire avec M. SaJomon Relnach: On
est parfois bien Ingrat pour ce grand bomme-la. il . 1912, p. 190.
n i lentlf.etlltt.,1850, 1. 1, \ B.t.n, p. 172;
f lfrlque,p.
ei Héron de Vlllefosse, dans iiuii. archiol. 'lu I p. i in ; i v \ i-i xcvm : s. Gsell, Les monuments antiques de
de ses occupants. Cohors Breucorum; il mesure 1 là m. sur'."' m. et présente une tour ronde à chaque angle *.
Ces camps permanents, ou plutôt ces citadell la frontière, étaient reliés par des Fortins, des tours, des postes-vigies d'où l'on faisait, en cas de besoin, des signaux télégraphiques, l.c choix était inspire par la nécessité de surveiller de larges étendui dont
la soumission était douteuse. M. Gsell signale à KsarShébi (Gadiaufala), au sud-est de Coi dans une belle position militaire, dominant l'immense plaine des Harakta, et à l'entrée d'un étroit, passage qui donne accès à un pays montagneux, parcouru par l'oued Chcrf et ses affluents. Il y avait là un nœud important de routes, que la forteresse surveillait. Élevée sur une croupe rocheuse, à 12 < > ' * mètres a l'est du col, elle mesure 66 m. 40 de long sur 58 m. de large. n des angles offre une tour carne saillante, de lu mètres de côté. On distingue les travaux d'une autre tour, au milieu des faces ouest et est, et de deux sur la face sud; la face nord, entièrement détruite. devait présenter la même disposition. La construction est excellente et indique une haute époque. Les pierres presque toutes à bossage, ont jusqu'à 1 m. 50 de longueur et forment des assises de 0 m. 35 à 0 m. 60, d'une très grande régularité. Malheureusement, cette citadelle a servi de carrière aux Byzantins, lorsque, sous Justinien, ils établirent une forteresse, dans l même, de manière à barrer complètement le passage •. Outre les constructions élevées par l'État, il y eut des murailles dressées sur l'initiative des villes reuses de se protéger. « Les archéologues qui ont parle de ces enceintes ne se sont pas attachés, d'ordinaire. à reconnaître leur date, à distinguer les murailles indigènes et byzantines des murailles romaines; du reste, cette distinction est souvent difficile à faire. D'une manière générale, on peut dire, que presque toutes les villes de la Maurétanie furent fortifiées a l'époque romaine; au contraire, en Numidie. où les révoltes et les incursions des barbares étaient moins à craindre, la plupart des villes restèrent ouvertes. Les murailles ont été construites de diverses manières. Ainsi, celles de Rapidum, dont nous allons parler, et d'autres cités de la même région, sont en pierre de taille. Sur le littoral de la Maurétanie, les enceintes sont presque partout en moellons, très fortement cimentés, avec deux parements en pierre de petit appareil. Dans le Tell oranais, on n'a souvent employé que des moellons bruts liés simplement avec de la loi,, ou un détestable mortier '. »
Les fortifications de Rapidum (aujourd'hui Smir Djouab), à vingt-sept kilomètres d'Aumale comptent parmi les plus intéressantes '. La ville, écrit M. S. Gsell,
. 1901 . 1. 1. p. 7i'.. 'Dut Iraj de la Blai
dans Arch. ihs Miss, scient., III» série, t. \, p. 66-67, pi. v; fnat, op. cit., p. 649; S. Gsell, Fquill an (Ala
Miliaria), publlcat.de l'Assoc. bist. de l'Afrique du p. 8-9; Les mnnum. antiq. de V A Igérle, 1. 1. p.: B7-88.- 'Baudot.dansRecueildelaSoc.archéol.delaprov.di I onst 1875, t. svn, p. 122-126, pi. w ; i agnat, op. cit., p. 56 s. i Isell, Les monum. antiq. de l'Algi rie. t . i. p. se, 87 ; ( or/.. .,(.. t. vm,n. 2478, 2479 179 La Blan-
chère, «/>.(• il.. p. 69-70, pi. vn, Bg.li i ■ 650; S. Gsell, op. cit., p. 88, noti laproo.deConstantine, I898,t.xxxn,p.26' antiq., p. 89-90. - : s. Gsell, '•■ i monum. antiq. A. i. p. 90-91 — 'Dc( aussade, dans I
1851, t. i. p. 249-250; A. Berbrugger, dani africaine, 1859-1860, t.iv, p. 17
. la Soc. arch. de Constanline, 1893, t. xxvm, ] Chabanlère, dans fleoui africaine, 1869, t. *m
.- Masqucray, dans Bulletin île corresp. afr 1882-1883, t. i. p. 1884, t. u. i Bull. •/<■
.,r../'nrin. 1890, p, loi. pi, . « I
, il. .M. .n. antiq. ■!■ l'Algérie, t . i. p 91
FORTIFICATIONS
couvraiL environ 15 hectares; elle s'élevait au milieu d'une plaine sur un dos de terrain incliné vers le midi et bordé, au sud et au nord, par deux ruisseaux, fossés naturels, utiles à la défense (fig. 4569). Rapidum qui se trouvait sur la grande route militaire reliant Au:ia (Aumale)à la vallée du Chélif, fut, au Ier et aune siècles une des portes de la plus ancienne frontière de la Maurétanie. Il y avait là une garnison formée, comme l'indiquent plusieurs épitaphes, de soldats de la deuxième coliorte des Sardes, peut-être aussi de cavaliers d'une aile de Tliraces. Des vétérans s'établirent auprès du camp. Une tribu maure était aussi fixée en ce lieu. Deux inscriptions, recueillies aux portes occidentale et orientale de l'enceinte nous apprennent que les vétérans et les indigènes africains habitant
-1j6!>. — Fortifications de Sour-Djouab.
D'après Gsell, Monuments antiques de l'Algérie,
t. I, p. 92, fig. 27.
Rapidum élevèrent à leurs frais, mais pourtant avec le concours du gouverneur de la province, un mur en pierres de taille, des! iné à protéger leurs demeures ' :
■ ••VETERANI ET PACANI CONSISTENTES APVT RAPIDVM
[MVRVM A ïVndamentis lapi
DE QVADRA/0 EXSTRVXERVNT PECVNIA ET SVMTV OMNI
[SVO ID EST VETERANORVm et paganoram
INTRA EVNDr/n EVNDEM MVRVM INHABITANTIVM
Ce fait se passa en l'année 1(>7 de notre ère sous Marc-Aurèle et Lucius Verus. Le centre urbain de Rapidum fui ainsi définitivement constitué. Rapidum devint plus lard un municipe romain, sans doute dans la première moitié du mL' siècle, après que la frontière militaire eût été poil ce plus au sud. Des rebelles la prirent et la dévastèrent, probablement lors de la grande insurrection qui troubla cette partie de la Maurétanie entre 253 et 260. Dioclétien et .Maximien. dit une inscription découverte à la porte orientale, la firent réédifier depuis ses fondations, et lui rendirent son ancien aspect '-' :
MVNICIPIVM RAPIDENSE ANTE PLVRIMA TEMPORA REBEL
[LIVM INCVRSIONE CAPTVM AC OIRVTVM AT PRISTINVM STATVM A FVNDAMENTISRESTITVERVNT
C'est à peu près tout ce que l'on sait sur l'histoire de cette ville.
L'enceinte, de forme irrégulière est assez bien conservée, surtout au nord et à l'est : à certains endroits, elle s'élève encore à 4 m. 50 au-dessus du sol actuel. Elle est construite en grandes pierres de taille, disposées par assises régulières, de 0 m. 50 à 0 m. 75 de hauteur ; l'épaisseur du mur est de 0 m. 50 à 0 m. 70. 11 est probable que ce rempart est celui qui fut bâti au temps de Marc-Aurèle. Les travaux exécutés sous Dioclétien durent le remettre en état; on y trouve un grand nombre de pierres qui attestent d'importantes restaurations, faites avec des matériaux de démolition : morceaux d'architecture, pierres à bossage, débris de pressoirs et de portes. En arrière du mur, il y avait, semble-t-il, une terrasse large de 3 m. 50, qui formait le chemin de ronde : cette disposition se reconnaît encore assez nettement sur plusieurs points, particulièrement au nord. Les abords de la ville étaient surtout accessibles du côté de l'est. Aussi, pour renforcer la défense, avait-on établi sur cette face plusieurs tours
-1570. — Porte ouest de Sour-Djouab.
D'après Gsell, Monuments antiques de l'Algérie, t.i, fi^. 2S.
rectangulaires, faisant saillie en avant du mur. Les deux portes qui s'ouvraient à l'ouest et à l'est ont été dégagées en 1882-1883; peut-être y avait-il une autre porte au sud, celle-ci n'a pas laissé de traces bien distinctes. La porte de l'ouest (fig. 4570) se compose d'un hémicycle de 6 m. 90 de diamètre et, en arrière, d'un passage rectangulaire, large de 4 m. 60. Deux pilastres à base moulurée se dressaient à l'entrée de la partie rectangulaire et devaient porter une arcade. Il y avait sans doute, une autre arcade à l'extrémité opposée de ce court passage, qui devait être surmonté d'une toiture. L'hémicycle était au contraire, à ciel ouvert. Par derrière ces pilastres, on voit les trous dans lesquels s'enfonçaient les gonds des vantaux de fermeture. La porte orientale (fig. 4571) est d'une architecture plus simple. C'est un couloir rectangulaire, de (i nulles de long sur 4 m. 70 de large, rétréci à chacune de ses extrémités par deux pieds-droits qui encadraient jadis une baie cintrée. Ceux de la première baie ont des bases à moulures, derrière lesquelles sont creuses Us trous pour les gonds des vantaux. Rien n'indique que celle porte ait été flanquée de tours. Intérieurement, la ville était divisée en trois quartiers, sépares par des murailles qui paraissent
1 Ephemeris epigraphica, t. v, n. 955, 1302; Corp. inscr. lai., t. vui, n. 2os:i i. — : Ephemeris epigraphica, t. v.n.yji; Corp. inscr. lui., I. vm,n. 20836.