‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 169 sur 423 · lï Bonn, i 209. ' Ibid · texte numérisé non relu

lï Bonn, i 209. ' Ibid

paraître notre récit fabuleux et incroyable V E bien i l'impression que produit, aujourd'hui encore, la vue des innombrables forteresses byzantines dont les ruines couvrent le sol de l'Afrique : partout, sur les rivages de la mer. dans les solitudes au milieu des plaines désertes du haut plateau numide. dans les steppes de la Tunisie, les restes de puis citadelles, attestent la merveilleuse activité que déploya le grand empereur; et en face des rescrits qui organisèrent la défense des frontières africaines, les monuments viennent, par un vivant commentaire, prouver le soin qu'on apporta à exécuter les instructions de Justinien. Ici comme sur l'Euphrate, comme aux monts d'Arménie, comme aux rives du Danube, quelques années ont suffi à réaliser une œuvre prodigieuse, à reconstituer en le fortifiant l'admirable sysdéfensif jadis créé par Rome, à couvrir la province entière d'un réseau de places fortes, dont les savantes dispositions et la construction rapide fonl également honneur aux talents stratégiques et a l'énergique volonté des généraux byzantins \

Avant le vi« siècle, les Maurétanies avaient connu un système d'occupation très différent de celui de la Numidie. Pour se tenir en garde contre une population mal soumise, il avait fallu multiplier les postes militaires et cerner chaque massif montagneux d'une chaîne serrée de forteresses 8. A côté des fortifications permanentes, occupées par les garnisons, on avait multiplié les refuges fortifiés (voir Ciiateai). Mais ce ne fut pas seulement en Afrique qu'on procéda à la construction de ces lienes successives de fortifi-

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4572. — Porte entre leb quartiers nord ou sud, à Sour-Djouab, Ibid., fig. 30.

cation. Voulant, écrit Procope, couvrir la frontière du Danube, Justinien borda le fleuve de nombreuses forteresses et installa, tout le long du rivage, des postes, pour empêcher les barbares de tenter le passage. Mais auies la construction de ces ouvrages,

int toute la fragilité des espérances humain fit réflexion que, si les ennemis réussissaient à franchir slacle, ils trouveraient des populations absolument sans défense, et qu'ils pourraient sans peine réduire les personnes en esclavage e1 piller les propriétés. Il ne se contenta donc point de leur assurer, au moyen des citadelles du lieu urité géné-

rale; mais il multiplia dans tout le pays plat les fortifications, de telle sorte que chaque propriété agricole se trouva transformée en un château fort OU voisine d'un poste fortifie '.

Ceci entraine un système de places fortes où le nombre devient une des conditions de la i au nombre s'ajoute la variété presque inflnii

ici une enceinte continue de remparts comme

n'souU ; la. une

ceinture de forl s comme à Sufès, a Thclepte; ailleurs

une simple forteresse suppléant a toul aniuc

a llaulra, a Timgad, a Mdaourouch, a Tobna taines enceintes oui été calculées très largement de permettre a la population di

p. 277. - 'Ch. l'ielil, L'Afrique byzantine. Il '

■u,,n byzantine en Afrique | 1896, p. 138 139. '. L'Armii r

FORTIFICATIONS

réfugier ', comme à Bordy-Hallal, à Zana. Ensuite, c'est un dédale de fortins, de redoutes, de tours isolées, de murs continus, tout cela répondant à une double préoccupation : recueillir et abriter les colons, contenir et refouler les agresseurs.

Une place forte byzantine comporte ordinairement une triple série de défenses : : d'abord le mur d'enceinte tzïjoz, -epi6oXoç, ayant deux étages de hauteur; à l'étage inférieur, des meurtrières; au premier étage, élevé parfois de neuf mètres, un chemin de ronde couvert et solidement voûtée sur tout le pourtour de la place 3. Au sommet, une terrasse crénelée. Tout le long des remparts, de fortes tours carrées, à trois étages, et garnies de créneaux, certaines disposées de façon à pouvoir être isolées, afin de continuer la défense, même après la prise de la courtine. En avant du mur d'enceinte, à une distance équivalant au quart de la hauteur du rempart, court l'avant-mur, ■Kçio-ûyj.csy.z, à l'abri duquel peuvent se placer les gens de la campagne qui avec leurs bestiaux et leurs ustensiles occuperont le glacis. Devant cette première muraille, un fossé, Toccppo;, très large, très profond, rempli d'eau et s'enfonçant en terre plus profondément que les fondations de la muraille, afin que les mineurs ne puissent l'atteindre et la miner.

saire de bâtir solidement, en pierres de taille soigneusement appareillées, d'après un plan bien étudié. De plus, il faut que le pays environnant soit fertile, ayant de l\eau en abondance dans la place ou à proximité, et des matériaux de construction.

En général ", le mur byzantin est formé d'un double revêtement de pierres de taille, l'intervalle entre les deux parements étant comblé par une maçonnerie en blocage '. Cette muraille doit être à la fois très haute et très épaisse : très haute pour protéger la place contre toute escalade, très épaisse pour amortir le choc des machines destinées à faire brèche. Le traité anonyme de la Tactique demande que le rempart ait au moins cinq coudées, soit 2 m. 31 d'épaisseur, vingt coudées, soit 9 m. 24 de hauteur 8; et, dans la pratique, il n'est pas rare que ces dimensions soient dépassées. Au rapport de Procope, les murailles de Martyropolis, en Arménie, mesuraient douze pieds (3 m. 70 d'épaisseur) et quarante pieds (12 m. 32) de hauteur»; celles de Dara atteignaient 18 m. 50 10. En Afrique, l'épaisseur habituelle de la courtine varie entre 2 m. 30 et 2 m. 70; la hauteur dans les rares citadelles où le mur s'est conservé intact jusqu'à son couronnement, atteint 8 m. 05 à 10 mètres, par exemple à Lemsa, à Tebessa. La parlie inférieure du

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