Fibules iconiques
D'après Rec. des méni. du centenaire de la Soc. nat. des Ant. de France, 1904, p. 27-31, fig. 1-
DVS FICIT et à Sery-les-Mézières (Aisne) fut découverte une fibule entrée depuis au Cabinet des médailles. Autour d'un buste tourné à droite et qui rappelle les triens francs les plus barbares, on distingue une série de lettres qui, paraissant jetées au hasard, ne présentent pas un sens appréciable; il me semble apercevoir un groupe de lettres qui donne LVDIACO. puis les caractères avant et après qui font penser au mot FICIT.
Bibl. — A. de Barthélémy, Noie sur quelques fibules /ranques, dans Société nationale des antiquaires de France. Centenaire, l$04-190i. Recueil de mémoires, in-8°, Paris, 1904, p. 25-31.
XXVII. Fibules bractéates. — Alasériede fibules que nous \enons de décrire se rattachent les bractéates. On désigne sous ce nom des bijoux originaires des pays septentrionaux, le Danemark et la Scandinavie, formés d'un disque en bronze portant au revers une épingle d'attache et, sur la face, une feuille 4'or ou d'argent fort mince, ornée au repoussé d'un sujet barbare, le plus souvent d'une imitation de monnaie contemporaine '. M. van Bastelaer les considère comme des marques honorifiques employées
1 A. Béquet, .Vos fouilles en 1SS8, p. 4. — * D. van Bastelaer, Le cimetière franc de Fontainc-Valmonl , IS'15, p. 31 ; Flmplacement d'un oppidum bclqo~gaulois, devenu ensuite tastrum romain, puis enceinte franque à Gaugnies, Mons,
avoir été apportés par le courant salien. Il est à remarquer en effet qu'aucun de ces bijoux ne s'est rencontré dans les riches cimetières de la rive droite de la
rouvées à Gougnies et à Thuillies.
11 11. — Bractéates, t
D'après Barrière-h'lavy, Arts i___ des peuples barbares de la Gaule, t. I, p. 217, fig. S0
D'après Barrière-Flavy, Arts industriels
-Meuse, comme ceux de Samson, de Spontin et de Furfooz, dont le mobilier empreint d'une influence
1S86. — ' L. Lindenschmidt, Handbuch der deulsehen Altertumskunde, p. 392. — • Ibid., p. 392-393; C. Karrière- Flavy, Arts industriels des peuples barbares de la Haute, t. \, p. ■lift.
FIBULE
romaine dénotait plutôt un courant de l'Europe centrale '.
I.e musée de Namur avait formé une collection exceptionnellement riche et intéressante de bractéates et dans le nombre une broche plaquée or. où on voit l'imitation d'une monnaie byzantine, et qui a été trouvée au cimetière du Tombeau a Franckimont '. A Jamiolle, une bractéate oITre la représentation d'un personnage qui semble tenir une arme; cette broche a été recueillie dans une tombe de femme 3. A Wancennes, deux bractéates d'or, dont le sujet est indéfinissable, ont été trouvées sur les restes d'une femme. A Saint-Gérard, dans les sépultures aux Masis, on a rencontré plusieurs belles broches dont la feuille d'or qui les décorait ne portait qu'un encadrement finement orné. Le centre restait ville '. D'autres bracont été trouvées à Gougnies et a Thuillies, (broche et pendeloque) (fig. -1111) offrant une siêre imitation de médaille romaine s.
Un peut encore signaler les bractéates de Dotzheim,
Une belle bractéate trouvée a Dotzheim, près Wiesbaden porte cette légende :
INVICTA ROMA VTERE FELIX
XXVIII. Fibules a umbo. — Fibules provenant d'un tombeau de femme isole, découvert a Baslieux (Meurthe-et-Moselle) et entrées au musée de Saint- Germain-en-Laye en 1892. Se composent de deux disques minces, l'un en bronze, l'autre en or, réunis par des rivets d'argent '. Ces petits monuments ont fait l'objet d'une description qui ne peut qu'être citée intégralement (lig. 4442).
Dans la plus grande des deux fibules (0 m. 06 de diamètre) les têtes des rivets, assez petites el noircies par le temps, semblent serlics dans un anneau de filigrane d'or. Dans la seconde, les tries sont plus larges, paraissent écrasées (l'une d'elles même est fendue) et mordent sur la natte de Gligrane qui décore le tour de la fibule; le travail est inoins soigné. La partie centrale, limitée dans les deux cas par un cercle
4 112. — Fibules à umbo, trouvées a Baslieux. D'après Revue archéologique, 1899, pi. 10-11.
d'Engers, de Virnheim avec figurations humaines; celles de Frielaubersheim, d'Abenheim, d'Obrigheim,
de Sinsheini, d'Andernach, avec animaux fantastiques et de plus petits disques ou triangles décorés de dessins quelconques, souvent filigranes, pourvus de bélièrcs et rencontrés à Wurmlingen, a Charnay, à Bassccourl, etc.
Les bractéates de tontes dimensions se rencontrent aussi dans les sépultures alamannlques. Il faut signaler les belles pièces provenant de Nordendorf, deux de Keichenhall. Leur épaisseur est celle d'une feuille de papier, mesurant U m. 02 de diamètre, elles offrent une grossière imitation de médailles romaines d'Anastase ou de Justinien au type de la Victoire *. I alors le modèle le plus répandu dans toute la Gauli barbare.
1 A. Béquet, Xoi fouilles en 1888,p.î>. — ■ A. Béquet, No« fouilles en ISSO.p.lb. — ' A. Btqutt,N oa fouilles en /s si- 1884, p. 31-32. — 'A. Béquet, No» fouilles en 1888, Saint-Girard, p. 5. — ' D. van LJastelaer, I.e cimetière franc dr l-'ontainr- Valmont, p. 31 s<(.; Phuieun cimetière* fronce u Thuilltes, Matines, 1894, p. 01-58. — • M. von Chllngenspers. Berg, lins Graberfdd pon RelchenhaD in oberbagern. In B1 . I i«ichmhati, Dans quelques cas, loi deux plaques sont unies par nu mastic; cf. I Labarte, lh>i>>ir, de» arù Indu 1. 1, p. 197; A. Baudot, Mémotrt sur Ici arbores
dicouoerta en Bourgogne el particulièrement a cimmag,
de filigrane, qui est double dans la grande libule, forme un cône très évasé. Elles ont l'aspect d'un bouclier muni de son umbo. Un gros fil d'or fileté borde la circonférence des deux fibules. Des motifs en filigrane, soudés sur la surface d'or en décorent le champ. Le filigrane dont s'est servi l'orfèvre n'est pas formé
comme celui qu'emploie la bijouterie i lerne de
deux fils métalliques tordus ensemble '. (Test un lit simple, fileté: bien que le travail soit très fil pect des parties où il est moins uniforme, ne laisse aucun doute sur sa nature. Il y a mieux encore. Dans une fibule du musée de Saint-Germain (34224) provenant des Antennes, le filigrane est remplacé par une étroite bande d'or grossièrement estampée ' . 1 • Oboles de Charnay présentent une autn filigrane : c'est un ruban d'or laminé et tordu enspl-
ln-l°. Dijon, 1860, p. !.">; I. indensrluni.lt. AllerhOmer, t. I, fnsc. 1, pi. vm. n. I. 1 lans une des M, nies ,|e ( hnriuiy
(Baudot, op. < il., p. 1 1. pi. x m, 3; Saint Germain, n
la plaque de bronze est retenue par les i>"r<is rabattui
.le la feuille supérieure. Ailleurs le rebord de la plaque
intérieure encadre la plaque supérieure ' I i ■ .pieinnient
employé dans l'antiquité; \ ..ir au musée de Salnt-Gennaln (22246) une plaque d'or provenant de Chypre, di <lc rinceaux en liliurnii. I 'antiquité a
procédé expéditlf. N">r < h. de I mas, Orlglni merle cloisonnée, t. I, p. 364.
FIBULE
raie, assez irrégulièrement d'ailleurs ', mais la plus grande partie des fils sont semblables au filigrane de Baslieux 2. Sur le champ ainsi rempli se détachent en relief des cabochons de verre bleu foncé, des pâtes verdàtres et des tablettes de verre rouge serties dans des bâtes assez minces. Les lames de verre rouge 3 apparaissent quadrillées par transparence. Elles doivent cet aspect au paillon d'argent sur lequel elles reposent. Cette mince feuille de métal quelquefois unie, mais généralement striée ou gaufrée *, se trouve dans presque tous les bijoux mérovingiens à incrustation de verroterie; elle rehaussait l'éclat du verre et lui donnait un aspect chatoyant. Le paillon était placé sur une sorte de mastic s d'un blanc sale qu'a laissé à découvert la chute de quelques plaquettes.
La plus petite des deux fibules (0 m. 05 de diamètre) est aussi la plus simple. Au milieu un cabochon de verre bleu, cerclé de filigrane, forme le sommet de i'umbo; quatre lobes de mastic et de verre blanc, disposés en croix et quatre rangées plus ou moins régulières de petits anneaux complètent la décoration du cône central. Le reste delà fibule a deux registres concentriques limités par un filigrane. Dans le
dans le prolongement des branches de la croix centrale. La plaque de bronze présente trois lignes de points et deux lignes de croix centriques.
L'ornementation de la grande fibule est beaucoup plus compliquée. Le centre est occupé par une croix de pâtes vertes, cloisonnées. Les bras très courts decette croix sont prolongés par des arcs de filigranes, adossés à des croissants de verroterie. Entre ces bras rayonnent quatre triangles de verre rouge dont la pointe s'appuie sur d'autres arcs de filigrane. L'unique registre du pourtour est décoré d'abord par trois oiseaux en verre rouge cloisonné, qui alternent avec trois cabochons de verre bleu, flanqués d'une rondelle de verroterie rouge e. Ces six figures sont séparées les unes des autres par six motifs en filigrane, qui alternent deux à deux. Les plus notables sont des swastikas ; les autres sont, deux à deux, un arc et un arc aux pointes enroulées dont l'intérieur est rempli de filigranes.
Bibl. — H. Hubert, Fibules de Baslieux, dans Revue archéologique, 1899, III» série, t. xxxiv, p. 363-366, pi. x, XI.
Fibule de Charnay, du type appelé fibule à umbo
4443. — Fibule de Charnay. 4444. — Fibule d'Alsheim.
D'après Revue archéologique, 1899, p. 370, fig. 5, p. 369, fig. 4.
registre intérieur, des S séparés par des anneaux rayonnent autour du centre. Le registre extérieur est décoré par une natte, assez grossière et assez lâche, de fils d'or, qu'interrompent alternativement quatre croissants, dont l'un contient encore une lamelle de verre blanchâtre et quatre triangles de verroterie rouge. Ces figures sont placées aux extrémités de diamètres perpendiculaires, mais elles ne sont pas
'Baudot, Charnay, p. 40; Musée de Saint-Germain, 34700 <Baudot, pi. xu. 2) ; 34706 (pi. xn, 9) ; 34715 (pi. xin, 4) ;34719 (pi. xm, 6) ; 34721 (pi. xm, 7). — ■ Les deux sortes de filigranes sont employés simultanément sur la fibule 34700. Le cercle en filigrane qui borde la fibule 34713 (Baudot, pi. xm, 3) est formé de deux fils tordus. — ■ Lasteyrie, Trésor de Guarrazar, p. 28. Dans cette bijouterie, selon M. de Lasteyrie, les tablettes cloisonnées sont en verre rouge et non en grenats; il eût ûtê difficile d'obtenir par la taille du grenat la parfaite égalité des plaquettes. Le grenat serait exceptionnel. Cf. Revue archéologique, 1874, t. il, p. 76. Pourtant Baudot, op. cit., p. 40, prétend qu'une partie des incrustations de Charnay sont en grenat taillé à la meule. M. Pilloy, Études sur d'anciens lieux de sépulture dans l'Aisne, t. m, p. 51, n. 1, soutient que les lamelles rouges ne peuvent être que du grenat. 11 se réfère aux analyses que M. Fr. Moreau a fait faire de quelques incrustations des bijoux de la collection Caranda; voir Rcv. arehéol., 1882, t. il, lettre de M. Damour ù M. Bertrand. Nous nous rallions, sans ejcclure toutefois a priori l'opinion contraire, à l'avis de M. de Lasteyrie;sur cette question, voir surtout Linas, Orfèvrerie mérovingienne, p. 17 sq., 91 sq. Ajoutons que le D' Jolyl.qui a analysé quelques plaquettes de Norden-
(fig. 4443). Ces fibules sont peu nombreuses en Allemagne; celle d'Alsheim ' n'est cependant pas isolée puisqu'on doit en rapprocher celles de Lupfen e, de Rosenheim ', de Hahnheim 10, et aussiune fibule d'or trouvée dans le cimetière de Balingen (Wurtemberg) et entrée au musée de Stuttgart; celle-ci porte une inscription runique ll, et sur le pourtour quatre swastikas. Ces fibules de la vallée du Rhin sont décorées
dorf, y a reconnu non des grenats, mais des zirkonites (hyacinthes); cf. Jalirbiicher des Vereins v. Alterthums/r. im Rheinlande, t. lxxii, p. 186. — * Labarte, p. 451,478; Lindenschmit, llandbuch, p. 442; Cochet, Normandie souterraine, p. 400; Baudot, Charnay, p. 40. Voir particulièrement Baudot, pi. xm, 6 (Saint-Germain, 31719), où l'on voit dans quelques cases le paillon et le mastic sur lequel il repose. — 5 Labarte, op. cit., t. I, p. 478. Cf. une fibule de Saint-Germain (4160) en verroterie dont la garniture métallique a disparu. — 6 Une juxtaposition analogue se remarque sur une fibule du musée de Mayence trouvée aux environs de Bonn; cf. Lindenschmidt, Alterthiimer, t. n, fasc. 2, pi. vi, n. 7; fibule d'Engers (Lindenschmidt, Central Muséum, pi. n,n- 15; Saint-Germain, 29908; Charnay, 34703; Baudot, op. cit., pi. xn, 5. ■ — 'Lindenschmidt, Altherthumer. t. n, fasc. x, pi. vi, n. 4. — 8 Lindenschmidt, op. cit., 1. 1, fasc. I, pi. vin, n. 9. — 9 Lindenschmidt, op. cit., t. i, fasc. I, pi. vin, n. 10. — ■ 10 Westdeutsch. 7eilschrijl, 1S95, pi. XX, n. 9.- — ' ' Ludwig Mayer, Beschreibung d. Katalog. d. kgl. Staatssammlung vat. erl. Kunst und Alterlhuni. t. i, n. 657; Sven Soderberg, Eine ncuenldccket allcmanische Runensinschrift, dans Prdhisior. Ulaltcr, 1S90, p. 33 sq., fig. 1, 2.
FIBULE
principalement de perles de verre bleues, vertes ou blanches; les cabochons l'emportant sur les lamelles cloisonnées. Parmi ces fibules rhénanes, celle de Balinghen est la seule qui offre le swastika.
Quant aux fibules en or, le métal étant trop précieux pour être recouvert par des cabochons ou des émaux, on les décore de motifs qui rappellent les filigranes des fibules de Baslieux, ce sont aussi des fdets, des torsades, des enroulements par exemple sur les fibules de Freilaubcrsheim ' de Bendrof !, d'Alsheùn ' (fig. llii), de Balingen et de Hahnheim,
Les fibules burgondes offrent en assez grand nombre le tvpe de Vumbo (n. 34700, 34701, 34703, 34704, 34711, 34713; 34739*). Dans deux fibules (34700 et 34701) ' la base du cône de Vumbo est enfermée dans un cercle de verroterie cloisonnée. Ces fibules burgondes font un fréquent usage du grenat et du verre taillé en perles. De plus, on rencontre le croissant de verre rouge s, la croix a branches courtes *. le swastika de filigrane ', enfin l'oiseau *. A ces fibules burgondes se rattache une fibule de l'Yonne (mus. de Saint-Germain, n. 3411G) dont le centre est surmonté d'une perle de verre bleu; des arcs de filigrane l'entourent et huit triangles de verre rouge ou tables décorent les disques. Ajoutons encore une fibule trouvée à Romans (Drome) (mus. de St-Germ., n. 32814) dont le pourtour porte deux triangles de verre rouge et deux croissants remplis de verre rouge et de verre blanc qui alternent avec quatre tablettes, deux rondes et deux carrées de verroterie blanche ei verte. Même les fibules carrées burgondes conservent le renflement typique de l'umfto, lequel est remplacé en Allemagne par un énorme cabochon central. Comparer les fibules de Besançon *, de Barleux ", de Liverdun " et celles de Freilaubersheim " et de Bendorf IJ.
En Belgique aussi on rencontre des exemplaires :
Fibule d'or trouvée à Franchimont (prov. de I.iége) présente un umbo limité par un filet de filigrane, garni de quatre triangles de verroterie rouge disposés «ri croix, entre lesquels s'alignent trois rangées d'annelets. Tout autour se suivent des carrés de nacre " et des triangles de verre rouge.
Fibule de bronze trouvée à Franchimont, les cloisonnements d'or des incrustations étaient grossièrement reproduits, les annelets étaient gravés sur la surface du métal et des bandes striées de petites lignes transversales figuraient le filigrane '*.
IiiBi,. — Béquet, dans Annales de la Société archéologique de Xamur, 1882, p. 298, 299 fig.
Des fibules analogues ont été trouvées dans les tombes du Boulonnais. Telles sont les trois fibules de l'incthun " l'une circulaire et deux octogonales; les plus remarquables sont les fibules d'1 lardent hun et d'L'zclot ". L'une d'elles " porte le swastika comme les libules de Baslieux et de Charnay. Les ligules du Boulonnais ont cependant quelques particularités : par exemple, dans quatre de ces fibules les triangles
1 Undenschmldt, op. cit., t. m, fasc rv, pi. m. a. 6. — ' Lindenschmldt, Outrai Muséum, pi. n, n. 11. — 'H. Baudot, oj , p. xn, n. 2, 3, 5, 6; pl. xm, a. 2, 3, 5. — •H. Baudot, op. cit., pi. xn, n. 2, 3. — 'H. Baudot, .p. cil., pl. xm,n.3. — * 11. Baudot, op. cit., pi. xn.n. S; pi. xm, n. 9.
— ' H. Baudot, op. cfl.,pl.xn,n. 6; pl. xn.n. 2.- -'H.Baudot.op. cit.. pL xm, flg. 6. — 'Musée Saint-Gcrmoin.n. 1937 I.
— '• Rrvue archéologique, 1886, 1. 1. pl. iv, flg. G. — " Cour- DAult, Sépulture du cimetière mérovingien </<■ Ltoerdun i MeurOu . dans Menu de la Soc. d'arehéoh lorraine, pl. i, n. .">. — ,: Lindenschmldt, AWiertûmer, t. ni, fasc. rv, pl. n, n. G. — " Lindcnsclimidt, Central Muséum, pl. n. n. 11. —
quet, "/'■ clL, 1882, p. 298, ce lerall la première Obulc sur laquelle on aurait trouvé la nacre employée dans la décoration. E. Barrière-Flavy tlgnale l'emploi do la nacre, sur la fibule de Bassecourt, Revue archéol..
décoratifs sont divisés en compartiments cloisonnés " et dans la décoration en filigrane surabonde l'arc aux extrémités enroulées.
Fibule trouvée en 1910, dans une sépulture découverte aux environs de Yittel, entre They-sous-Montfort et Domjulien (Vosges). File est formée de deux disques superposes, l'un d'or, l'autre de bronze I Bg. 4145. 1). La feuille d'or, de colorai ion pâle, mesure 0 m. 05, et semble fixée sur celle de bronze au moyen d'un mastic. Files adhèrent ensemble au moyen de huit rivets d'argent à tête arrondie en forme de demiperles, larges de 0 m, vu2. La plaque de bronze, recouverte d'une belle patine vert sombre, est épaisse de n m. 0005; comme elle mesure seulement U m. 0457 de diamètre, l'orfèvre a rabattu tout autour les bords de la feuille d'or, de façon à dissimuler, sur la tranche,
1445.— Fibules à uniho. — 1. d'après Bull. arch. du Comité, 1911, pl. ix. — 2. d'après Revue Cliarlrmagne, 1911, pl. vi, n. 2. — 3. d'après Revue archéolog., 1899. p. 371, fig. 7, 8.
bronze et mastic. Une bande de renforcement, également de bronze, large de 0 m. 04, épaisse de ii m. 01105, garnissait tout le pourtour du disque de bronze : les rivets, dont les extrémités sont de ce côté fortement usés, passent au travers, Une épingle de fer :ivcc ressort de même métal serval) à fixer l'objet au ■ tement. La partie centrale du bijou est en relief : elle fonne une sorte i'umbo, en saillie de 0 m. 004, donl le centre devait être orné d'un cabochon. Cet
189S, p. 9. — » Sur les fibules di el de Wan-
(Annal. •/'■ lo Soc. archéol. de Namur, 1888, p :-.si i la platpie d'or est chargée de triangles rouges et de perles bleues, el cernée d'une torsade de bronze Bbule en argent doré, du musée de Rouen (musée •!•■ Salnt- Germaln.n. 19804), a sa surlace couverte des mêmes i gravés que les Obulesde bronze. La 11 l'd l'entoure
appartient a la même technique. - - " Halgneré, êrovingtem du Boulonnais, ln-8*, Boi 1868, pl. n, n. 3, l, 6. La fibule :'.. avec ses quatre i
dupent l'iunAo rappelle la fluoré de Balingen. Même que pour la fibule 2 de la pl. x. — "Il cft., p. x. 6 fibules. — >' Ibld., pl. x. Dg. 3. — " Cl de WalbUngen, au musée de Stuttgart, i In Altertnùmer àer dtutschen lltertkumskunde, t. i, i pL s, n. 3.
FIBULE
umbo est partagé en quatre sections au moyen de deux petites bandes d'or appliquées sur le fond, et repoussées de façon à donner l'aspect d'une torsade. Un morceau de verroterie, enchâssé dans un triangle isocèle de 0 m. 004 sur 0 m. 0035 de base, garnissait le milieu dechaquecomparliment,deux de ces triangles ont disparu. De petits cercles, faits d'un fil orné d'un très fin grènetis, sont appliqués en ligne sur la feuille d'or, garnissent l'espace vide compris entre les divisions des secteurs et les triangles. Ces anneaux mesurent 0 m. 001 de diamètre. La partie plate, comprise entre la base de Viimbo et le bord de la fibule, est délimitée par un fil d'or, analogue au précédent et qui d'ailleurs est le même partout. Ici, la circonférence est divisée en huit compartiments par un même nombre de rayons formés chacun d'une baguette en forme de torsade, du modèle de celle qui décore l'umbo, avec cette différence qu'elle est cernée de chaque côté par un fil. Ces baguettes viennent aboutir respectivement à l'un des rivets d'argent servant au sertissage des plaques. Les compartiments sont quelque peu irréguliers, semés ça et là sans ordre, de petits anneaux semblables à ceux qui décorent Yumbo, de façon à garnir la partie plate comprise entre les baguettes
Bibl. — Ph. Rollier, Le cimetière d'Areusc (Suisse), dans Revue Charlemagne, 1911, 1. 1, p. 21, pi. vi, n. 2.
Le type de la fibule à umbo, qu'on retrouve sur la fibule de Bassecourt ' et sur les fibules de Baslieux marque, pour ainsi dire, un intermédiaire entre le style représenté par les fibules germaniques et le style burgonde de Charnay. On en peut rapprocher la fibule trouvée à Totainville (Vosges); elle se compose d'un cône d'or entouré d'une ceinture plate, ornée de huit triangles de verroterie rouge et d'annelets de filigrane (fig. 4445.3) (musée de St-Germain, n. 27914) '. Une fibule provenant des Ardennes et d'un travail plus grossier peut en être rapprochée utilement. Au centre une perle d'un bleu sombre. Les triangles et les carrés opposés contiennent des lamelles vertes et rouges. Le disque supérieur de la fibule est encadré par le rebord de bronze du disque inférieur. Enfin, une fibule trouvée dans l'Aisne à Fontaine-Uterle ornée de quatre triangles de verroterie rouge et de huit arcs de filigrane se rattache d'un peu loin a la même série 3.
Les collections mérovingiennes présentent un grand nombre de fibules en forme d'oiseaux et quelques poissons, notamment sur une fibule de Jouy-le-Comte
4446. — Fibules provenant d'Ostropataka et de la Marne. D'après Revue archéologique, 1899, p. 375-376, fig. 12-13.
séparatives et le motif central de chacun d'eux. Ce motif d'ornementation consiste, dans quatre de ceuxci en un croissant de 0 m. 001 de relief, long de 0 m. 001, large de 0 m. 004 à la partie centrale. Des plaques de verre rouge garnissent les extrémités du croissant et une pierre verte, opaque, difficilement déferminable, en marque le centre. Les quatre autres compartiments sont ornés chacun d'un cercle dans lequel était enchâssé un cabochon de verre.
Bibl. — J. Beaupré, Note sur une fibule d'or trouvée aux environs de Villel, dans Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 1911, p. 39-41, pi. ix, (dont nous avons transcrit la description).
Fibule de bronze trouvée à Areuse, (canton de Neuchàtel, Suisse). Elle se compose d'une monture en bronze mesurant 0 m. 035 de diamètre et 0 m. 005 de hauteur, recouverte d'une mince feuille d'argent avec dessin en relief (fig. 4445. 2). L'umbo n'est pas indiqué, mais la décoration est apparentée à celle des fibules qu'on vient de décrire. Le dessin est assez compliqué, il est formé de -)-, de 8, de S et de V entremêlés et d'un effet assez réussi. A la partie inférieure de la broche adhère un fragment de tissu grossier. Cette libulesedistinguedesautres parl'absence de verroteries.
' E. Barrière-Flavy, dans Revue archéologique, 1898, p. 9. — ! Max-YVerly, Fibule et collier en or trouvés à Totainville (Vosges), dans Mém. de la Soc. des antiq., 1884, t. xlv, p. 58, fig. 1. — \J . l'illoy, Étude sur d'anciens lieux de sépulture dans l'Aisne, t. l, p. 19, fis. 6. — 'A. Bertrand, dans Revue archéologique, 1879, t. Il, p. 193. — l Koehl,
(Seine-et-Oise) '. Ces bijoux peuvent appartenir à peu près au vne siècle; à cette époque le symbole du poisson était une survivance qui ne devait plus guère être comprise de personne. L'île remarque ingénieuse a été faite et les fibules du musée de Saint-Germainen-Laye en confirment l'exactitude, c'est que dans les plus anciennes fibules, la plaque d'arrêt paraît tournée vers la gauche, lorsque, en retournant la fibule, on dirige vers soi la pointe de la broche; dans les fibules carolingiennes, et déjà dans un certain nombre de fibules mérovingiennes, elle est tournée vers la droite. Les fibules de Baslieux et les diverses fibules à umbo qu'on en a rapprochées montrent la lame de bronze qui protège la pointe de l'aiguille courbée vers la gauche; elles appartiendraient dès lors, de façon assez vraisemblable à la deuxième moitié du VI" siècle ou au commencement du siècle suivant s.
L'art qui produisait ces fibules ne s'affranchissait pas tout à fait des œuvres romaines ou byzantines. Nous voyons par quelques objets trouvés en Hongrie, dans les tombes de l'époque des invasions que l'art germanique utilisait les éléments de la décoration classique 6.
M. Hubert observe avec une grande justesse à ce pro-
Vebcr einige scllene formen fraenkischer Gewandnadeln und deren genauere Zeitstellung, dans Korrespondcnzl'lalt d. wesld. Zeilscnrift fur Geschichte und Kunsl, 1892, p. 213 sq. — * Hanipcl. Der Goldfund von Nagy-Szent-Mildos,p. 173, 175, 182, n. 7,8, 9,10); Clemen; lUerovingische und Karolingische rtastik, p. 23
FIBl II.
pos que > l'art barbare qui s'est développé sur les fron- I iires de l'empire romain et des deux cédés de la frontière ne doit pas être considéré comme absolument étranger à l'art des provinces limitrophes. Il est remarquable qu'aux deux extrémités de l'empire. là ou a prévalu, à l'époque des invasions, le goût de la verroterie cloisonnée, on fabriquait aux siècles précédents des fibules entaillées que l'on ne rci rouve, pour ainsi dire, nulle part ailleurs (deux au muséi de Vérone trouvées dans l'Adige; une au musée de Padoue, de provenance locale). Les Bbnles digitées,
■ les ou ornithomorphes, qui caractérisent l'art germanique ne sont pas les produits d'une sorte de génération spontanée. Il y a continuité entre les styles qui se remplacent : la libule longue, anséc et digitée, paratl être, comme la fibule romaine, un dérivé de la libule de La Tène. Verni des formes de transition qui se rencontrent dans les tombes hongroises (objets provenant des fouilles d'Ostropataka)( (ig. 1 146). Citons ment une fibule gallo-romaine du musée de Saint-Germain, dont la tète terminée par un demicercle annonce déjà les fibules barbares (n. 11676). Les pénétrations réciproques des techniques romaine et septentrionale dans la fabrication des fibules ont été mises en pleine lumière par O. Almgren l. Succédant ;i des types schéma! iques généralement répandus, la fibule digitée. quels qu'aient été ses premiers inventeurs, se rencontre dans toute l'étendue des pays occupés par les Cicnnains. Il n'en est pas absolument de même de la libule ronde. Elle avait également ses prototypes suis doute. Une fibule de Hallstadt a la forme d'un disque bombé !. Des types semblables se rencontrent dans les tumulus de l'Allemagne du Sud '. Le musée de Saint-Germain possède une fibule ronde qui provient des tombes de la Marne (n. 18070) i li^. Il 16). C'esl une plaque de fer revêtue d'une mince lame de bronze dont une partie est couverte par une fouille d'or gaufrée et garnie de neuf perles de corail. La fibule de Wargemoulin est un disque de bronze revêtu d'une plaque dur: il porte deux rari ées de perles de corail '. Mais le type de la fibule en disque est infiniment moins naturel que celui de la fibule en arc et par suit. m moins répandu. Il est
représi . poque romaine par des fibules en
bronze émaillé, trouvées en assez grande quantité
le nord et le nord-est de l'ancienne G Des fibules de la même espèce en moindre nombre. mais d'un travail plus parfait peut-être on vertes dans la Russie méridionale 6. Les anciennes fibules émaillées furent recherchées par les ™> ahisseurs. On en trouve assez souvent dans les tombeaux de l'époque des Invasions '. Or il semble bien «pie. du moins dans l'Europe occidentale, l'usage des fibules
i). Almgren, Studien uber nordeuropâlsche l ibel/ormender entai nachchrlstltchen .lulirhunderlemil Beriicksiehligungder provlnztalrômischen und sud-russischen Formai, in-8", Stockholm, 1897. — ' Ed. von Sacken, Dos Grabfet liai [ait, pi. xrv, fig. 11,13,18. - ■ ' Lindenschmldt, Handbucli der deutsehen Alterihumskunde, p. 437. ' Morél, igné souterraine, p. 36, ftg. 6 et 7. — '■ Pllloy, lilterlt au n el au m siècle, dans Bull. arcnéoL du Comité. 1805, p. 232; Tischler, Ueber oorrômischen und lien Email, dans Archio /or Anthropologie, t. xvn, p. 12s. ' Kondakoff, Les émaux byzantins, fibule d'( tibia, p. 25; QJbulea de Kamounta, p, 45, 46; voir Matériaux pour l'archéologie du Caucase (en russe i. t. I, pi. win. n. 3; O. Almgren, op. cit., p. 104. 'Pilloy, Elu d'anciens lieux </•■ sépulture <i<m: l'Aisne, t. n, p. 20;Béquet, dans Armai, gique de Namur, 1882,
p. 300 (Franchlmont) ; l'r. Moreau, Album Caranda, t. i, pi. x vu, n. 7 ; t. il, pi. iv, n. 6, etc. — ' E. Barrière-] lavy, Éludi sur 1rs sépultures barbares 'lu midi et de l'Ouï la France, p. 54. — ' O. Ahngren, op. ci(., p. 100 sq., pi. x. De la Qbule conique germanique i h^. 2211 il tout rappro-
discoïdes ne fût général, à l'époque mérovingienne, que dans les pays où l'on fabriquait précédemment des fibules rondes émaillées. Hares dans les possessions des Wisigoths du midi de la France *; rares en Hongrie, elles abondent dans le nord de la France et dans la vallée du Rhin. La région de l'Elbe paraît être la limite orientale du domaine de la fibule ronde ou de ses dérivés, pendant et après l'empire romain '. On n'a trouvé a l'est de ce domaine que trois fibules: deux dans la Prusse orientale et une à Bornholm 10. Quelques détails même de la forme des fibules galloromaines semblent avoir survécu. Une libule de Charnay, par exemple (n. 34727) ", est surmontée d'une sorte de bouton comme les fibules rondes de Compiègne ou de Vaison (n. 14503, 13-157) '». Il est remarquable encore que les plus anciennes " des fibules en
DICT. D'ARl 11 I m-.l i
1117. — Fibule de Melon.
D'après Bull, archéol. du Comité, 1911, pi. mu. fig. 1.
disque de l'art germanique soient des fibules dont la surface entière soit garnie de cloisonné M. »
XXIX. Fibules carrées. - Fibule trouvée, en 1881, à Melun, dans une tombe faisant partie d'un cimetière situé ;i l'intersection de la roule de Damn< .i ie -les- Lis et de la route de Fontainebleau (fig. 14-17). Sur les os du bassin fut trouvée une plaque de ceinturon en bronze, primitivement dorée, mais l'usage
cher deux fibules coniques de le forêt de Complègne (Salnt-
Germaln, n. 14734, 14735) el une de la collection Febvre
musée, n. 17684). - " O. Umgren, op. cit., Ilg. 226.
Tandis que les fibules rondes anglo-saxonnes dont la sur-
t richement Incrustée dérivent directement des
fibules émaillées gallo-romaines, les fibules rondes Scandinaves (Montelius, Vemps préhistoriques en Suéde, i 16, iot b} surélevées et <ie formes tourmi semblent provenir de types purement " H. Baudot, op. cit., 1860, pl.xrv, fl| M E. Ba
Flavy, op. cit., pi. n, a. 8; Koehl, Karr. spondi nsblatt, 1802, p. 211. ' Pilloy, Éludes, t.i, p. 219; Cn. de Llnas, l'art ,i l'Industrie d'autrefois dans 1rs régions </»■ Fa Meuse belgt venir deVi xposttton 1881, Arras, 1892,
1 Lindenschmldt, Alterthûmer, t. a, fasc m. pi. i>-2; t. m. f.isr. i\, pi. ii. n. 3; t. n. sunplém. au t.i*r. B; /■■ logique, 1886, pi. iv, n. 9 et 12; Mém. de la ! antlq., 1887, pi. mi. n. 163; Kondako! !
de lu Russie n ■ p, 197, Bg. i
If. Hubert, Fibules d< Baslleux, dans Reo >ji<iuc,
FIBULE
a fini par user cette feuille d'or dont il ne reste quelque trace que vers la boucle. Cette fibule mesure 0 m. 116 de long, boucle comprise: le poids est de 130 grammes.
4448. — Fibule d'Yverdon.
D'après Revue Charlemagne, 1911, pi. xvn.
La plaque rectangulaire, de 0 m. 071 de long sur 0 m 056 de large, est épaisse de 0 m. 008, y compris la platine de bronze qui est de 0 m. 002. Elle est entièrement couverte de grenats et d'émaux verts d'un
cularité qu'on signale également dans la variété A. Enfin, la variété (C) n'est représentée que par un échantillon qui ne diiïère de (B) que parla décoration. 11 faut encore, dans la variété (B), faire mention du type (Ba) où l'ornement du cadre, au point d'attache avec la boucle se rapproche du centre ; et du type (Bb) où l'extrémité opposée à la boucle montre deux tètes d'oiseaux de proie, tournées l'une vers l'autre. — En Russie, on rencontre deux variétés : un type (A) semblable au type (A) italien précédemment décrit, et un type (B) analogue au type (Bb) italien, sauf que la tète d'oiseau est unique et plus grande. — En France, on rencontre quatre variétés : un type (A) presque identique au type (A) italien; un type (B) pareil au type (B) italien sans les tètes d'oiseaux; un type (C) rappelant le type (A), mais décoré sur toute sa surface de verroterie cloisonnée; un type (D), conforme au précédent, mais légèrement bombé à la partie centrale de la plaque. — En Allemagne, on n'a rencontré jusqu'ici qu'une seule fibule gothique, elle est à peu près du type (C) français.
Cette classification ressemble aux barreaux d'une cage, rigides et alignés, mais suffisamment espacés pour faire passer tout ce qu'on voudra par le travers. Après avoir eu le mérite d'être imaginée en Allemagne, il ne lui reste plus que celui d'être purement arbi-
4449. — Fibules ansées. D'après II. Baudot, op
dessin varié, de forme trapézoïdale pour quelquesuns, en demi-disque pour d'autres. Grenats et émaux ont été cloisonnés, comme dans une trame métallique, de fines feuilles de bronze, appliquées sur un mastic aris, couvrant une patine de bronze. La disposition des émaux, dont quelques-uns manquent, sur cette large plaque, forme un autre rectangle un peu moins grand que le premier et orné lui-même, au milieu du champ, d'un grenat rectangulaire taillé en table et cloisonné dans une bâte surélevée. Aux angles du petit rectangle, il reste les traces de petits clous ou rivets qui, primitivement, devaient fixer quelques perles de métal ou d'émail. On ne voit aucun paillon d'or ou d'argent à travers les grenats. Sous la platine, quatre tenons de bronze, qui servaient à fixer la plaque-boucle à la ceinture de cuir. La boucle, très ouverte et de la même largeur que la plaque, ne porte ainsi que l'ardillon aucune ornementation.
Cette plaque est du nombre de celles qui se rencontrent surtout dans les pays habités par les Goths, et que, pour cette raison on nomme « gothiques » — la désignation en vaut une autre — elle appartient à la variété franque, et diffère notablement des plaques trouvées en Bussie ou en Italie. Ces fibules gothiques forment en effet plusieurs séries. En Italie, on rencontre trois variétés. Une première (A) offre le type fondamental : l'endroit et l'envers sont formés par deux feuilles rectangulaires de métal, assez minces, à surface plane, reliées ensemble par quatre rivets à grosse tête semi-cylindrique. Dans une deuxième variété (B), la plaque reste mince, mais enchâssée dans un cadre très solide; au centre et aux quatre angles, sont enchâssés cinq morceaux de verre, parti-
traire; mais l'archéologie est une science si grave qu'il doit être sans doute permis d'y jeter parfois un peu de fantaisie. Si on s'en tient à ce qu'on voit et à ce qu'on sait, il est plus simple de dire que la fibule de Melun remet en mémoire celle de Montceau-le-Neuf. (J. Pilloy, L'orfèvrerie lapidaire et l'émaillerie au ve siècle. La plaque de Montceau-le-Neuf, dans Bull, arch. du Comité, 1901, p. 3, pi. l; cf. Boulanger, Le mobilier funéraire gallo-romain et franc en Picardie et en Artois, pi. 25, fig. 1); celle de Herpès (Charente) (A. Gôtze, Gothische Schnallen, in-4°, Berlin, s. d., pi. xin, n. 2); celles de Tressan (Hérault), de Leuc (Aude) (A. Gôtze, op. cit., n. 46, 47); celles de Figaret- Gurzargues (Hérault), de Montagne-Saint-Mamet (Hérault), de Saint-Martin (Hérault), de Salnt-Jean- Ie-Pouget (Hérault) (C. Barrière-Flavy, Les arts industriels des peuples barbares de la Gaule, t. m, pi. A1; 1, 3, 4, 5; pi. A5 xxiv-xxvn); celle d'Yverdon (canton de Yaud) conservée au musée de Lausanne (Revue Charlemagne, 1911, pi. xvn) (fig. 4448).
Bibl. — F. Poulaine, Sépultures mérovingiennes trouvées à Melun, dans Bull, archéol. du Comité, 1911, p. 36-37, pi. vin, n. 1 ; M. B(esson), Une agrafe en émail cloisonné trouvée à Melun (Seine-et-Marne), dans Revue Charlemagne, 1912, p. 61-62.
XXX. Fibules ansées a crochet de sûreté. — Voici un type très simple, d'une décoration non moins simple et qui a été à la portée de presque tous pendant la période mérovingienne. A plus forte raison, si la mode et l'usage voulaient qu'on possédât deux fibules semblables lorsqu'elles étaient de grand prix, devait-on tenir à avoir la paire de ces modestes fibules. C'est ainsi qu'on les rencontre le plus souvent, par
FIBULE
couple, et reliées par une chaînette (à Charnay, i et-Loire; à Peseux, Doubs; à Quévreville-la-Poterie,
Seine- Inférieure). Cette chaînette retenait les deux parties de l'agrafe et l'empêchait de se perdre ou de se dépareiller si une des deux se détachait. Voici comment H. Baudot les décrit :
Une [orme de fibule que je n'ai jamais rencontrée en d'autre matière qu'en bronze, est celle qui présente un milieu étroit et fortement recourbé, et dont les deux extrémités plates et élargies, sont simplement arrondies ou tréfilées et toujours exactement semblables (fig. 1449). On ne distingue la partie supérieure que par la manière dont l'épingle est ajustée derrière la libule. L'ornementation se borne à trois ou quatre petits anneaux pointés au centre et tracés en creux sur les parties plates des deux extrémités. Cette fibule, assez commune a Charnay, n'annonçait pas une sépulture opulente. 1111e s'est rencontrée plusieurs fois attachée a une petite chaînette en fil de bronze qui portait a l'extrémité opposée un double crochet dont les pointes, recourbées en sens inverse, étaient sans doute fixées dans l'étoffe d'un vêtement plus ou moins commun. Ces chaînettes, dont les
à la rapporter aux premiers temps de l'invasion les); J, l'illov la reporte aux \ m- i Des crochets de sûreté ont été trouvés a Caranda ': la grandeur de cette pièce est généralement minime, tantôt en long rectangle, tantôt en fuseau et les deux crochets des extrémités, plutôt courts et replient suivant un plan perpendiculaire a celui de la partie médiane de la pièce ou s'adapte la chaîne qui la supporte5. Puis encore a Herpès (Charenti Fontaine-TJterte, a Séraucourt-le-Grand, a Charnay, à Castelnaudary (Aude), a Uzelle (Doubs). à Molesmes (Côte-d'Or), a Fargcs les-Mâcon, a Dulphey (Saoneet-I.oirc), a Jublains ), a Gury (Oise), au
Grand-Andcly (Pure). Il s'agit bien dans ton cas d'agrafes primitives. Nous avons choisi ce mot avec intention, écrit D. van Liastelaer ", parce que nous croj uns pouvoir en indiquer la libation naturelle vers notre attache de toilette qui porte ce nom... Voici en deux mots l'historique de la libation... Prendre un bout de tige métallique courbé de chaqui crochet, y accrocher les deux côtés d'un vêtement, c'est une idée toute primitive... L'ornementation vien! d'elle-même et la longueur dépend de l'emploi
1450. — Fibule ansée.
D'après II. Baudot, op. cit., pi. xiv,
lig. :î.
anneaux doubles, tordus en forme de 8 s'ajustent l'un dans l'autre sans aucune espèce de soudure, étaient plutôt un modeste ornement qu'une solide attache, l.cur fragilité lait que l'on en trouve très rarement : je n'en ai mi qu'à Charnay. Cela tient sans doute aux soins minutieux avec, lesquels ces fouilles ont été pratiq 1 rencontré une seule fibule de même
forme et de même matière que les précédentes, mais d'un volume plus que double, très ornée et enrichie de pierrerii iO). (Elle parait être, jusqu'à ce
jour, unique en Gaule.) Sa surface est entièrement dorée, ou plutôt plaquée d'or; ses extrémités •• nales sont chargées d'ornements contournés, parmi dislingue qualre tètes de terpent ou animal fantastique que nous voyons sur plusieurs agrafes. Huit grenats forment chacun des yeux de ces têtes imaginaires; un neuvième grenat est placé au centre et en saillie sur la courbure, ornée elle-même de plusieurs rangée de perles et de losanges très délicats '. > Des ûbuli es sur la poitrine du sque-
lette a 1 ,ondini{ res, ■'■ t Inver-
meu, a Quévreville-la-Poterie (Seine- Inférieure) a Breny (Aisne); d'autres a tube creux ont été trouvées a ColleviUe (S.-Inf.), » Laperrière et a Cestre (Côte-