‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 200 sur 423 · II · texte numérisé non relu

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4604 et 4604 &'s. — Bas-relief des piédestaux des colonnes de l'arc de triomphe de Constantin.

D'après une photographie.

les deux apôtres, les deux geôliers et les quarante-sept détenus. Une fois en veine d'invraisemblances, ce rédacteur imagine de faire, au commandement de saint Pierre, jaillir une source du rocher pour le baptême des convertis. Après les apôtres, on y faisait passer beaucoup de martyrs, ce qui est, somme toute, possible. L'Itinéraire d'Einsiedeln, au vne siècle mentionne une source et une prison de saint Pierre au même endroit : Fon.s S. Pétri ubi est carter ejus '. Dans le texte de l'Itinéraire, on trouve ce renseignement proche de la porte Aurélienne, ce qui a fait imaginer que l'apôtre avait été martyrisé sur le Janicule', hypothèse insoutenable. Si l'Itinéraire était à l'abri

1 Martyrium beati Pelri aposloli a Lino episcopo conscriplum, eh. v, éilit. Lipsius, Acta Pétri; 1891, p. 6; et pref. p. xvi ; Lipsius, Die apokryphen Apostelgeschichten, 1SS7, t. n. part. 1, p. 110. — - .Irln sanct., juillet t. i. I>. :»nit; Cancellieri, op. cit., Roma, 1N.~,.~>. p. (i'.t sq-.

mincis, un certain Doryphorianus y fut enfermé, et le lieu gardait alors son nom de carcer lullianus' : Doryphorianum pronunliutum canitis reum trusumque carcere lulliano. Cette réputation détournait d'y établir le culte, à supposer qu'à cette époque le souvenir de saint Pierre fut déià associé à celui du Tullianum qui garda, vraisemblablement sa destination jusqu'au vie siècle. Au ve siècle, c'est encore la custodia Tulliana, dans les actes de Chrysante et Darie qui font même allusion aux antiques "anaux 6 : èv ty) toû TouXXavo'j çuXocxj). ta y.avàXta èxù6ïv StTjp/ovTO ; les Mirabilia~, citent les loca qute inveniunlur in passionibus sanctoriim sous le Capitole. Plus tard, les actes

3 Urlichs, Codex nrbis Roma' topograpliictts, p. 72. —

4 Lugari, Le lieu du crucifiement de saint Pierre, 1S0S, p. 74 sq. — ^ Animim Marcellin, liist., 1. XXVIII, c. I. — 6 Acta srmefor., 2."> oct.. t. xi, p. 482. — T Ëdit. Jordan,

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de Calepodius, de Sixte, d'Etienne et pseudo-Linus emploient le nom de Custodia Mamertini ou privala

Mamertini, désignation dont l'origine n'est pas connue. Dans tout ceci, il n'est question de saint l'icrre que chez le pseudo-Linus et dans les actes de Procès et Martinicn. A cette époque, s'ouvre la période byzantine de l'histoire romaine. C'est alors que la justice criminelle et le petit commerce abandonnent l'antique Forum et ses abords pour se transporter de l'autre cite du Capitule à l'ancien Forum olilorium, actuellement place Montanara. Le préfet J avait son tribunal; l.i se trouvait la prison publique dont l'emplacement est inarqué par Saint-Nicolas in carceie. Certains documents disent carcere Tulliano, t'était leTullianum translere à l'autre bout du Capitule. Le vrai Tullianum, débarrassé de sa clientèle, fut visité; l'imagination y découvrit des martyrs connue en d'autres temps elle inventa des victimes de la Bastille.

XVI 1 1. Ane de triomphe de Constantin. — Parmi tant de monuments illustres qui encombraient le Forum, au moins autant qu'ils l'ornaient, une place éminente appartient à l'arc de Constantin, érigé par le Sénat, proche de la Via Sacra. L'édifice se compose d'une arcade triomphale et de deux plus petites, séparées de la grande par des colonnes (fig. i<>03; ; il porte un attique où se trouve l'inscription.

Les piédestaux, élevés sur une double plinthe, sont ornés de victoires d'un style grossier; sur les retours, ils portent des représentations de captifs conduits par des soldats, et ils sont couronnés par une cymaise lourdement copiée sur celles déjà si lourdes de base de Septime-Sévère. Le monument a été construit avec des débris de l'arc de Trajan; ce faisant, Constantin suivait une tradition romaine. Sylla avait enlevé d'Athènes les colonnes du temple de Jupiter ( llvmpien pour en orner le Capitole. Constantin s'appropria des statues de prisonniers daces qui couronnèrent son arc de triomphe où, au xvi- siècle, un fou malfaisant, Lorenzino. le bizarre assassin d'Alexandre de Médicis, les décapita. Les bases des colonnes opposent l'élégance de leurs profils a la lourdeur des piédestaux. Les colonnes, excepté une en marbre blanc, sont toutes de jaune antique, finement cannelées et ne diminuent que depuis le premier tiers de leur hauteur au point où les cannelures sont complètement evidées. Les chapiteaux corinthiens à feuilles d'olives sont aussi contemporains de Trajan : mais la plupart sont mutiles et les angles des tailloirs manquent presque partout: ailles vigoureusement détachées laissent voir en beaucoup de parties le galbe nu de la corbeille. I .'architrave, composée d'un talon sans ornement et de trois faces légèrement inclinées est du iv* siècle.* La frise, aujourd'hui tout à fait brute, a dû recevoir jadis un re\ ■ t emi ni de marbre, le i ang de perles qui ter-

Jchi par en bas est de deux cent imèl avant sur le fond et laisse ainsi précisément la place de minces dalles de marbre, dont les anciens, au temps de la décadence, révélaient leurs monuments, lie nombreux trous attestent l'emploi les retenaient. Ces marbres ont parti iru. La

corniche est un des plus beaux restes de l'antiquité; elle ressaute au droit des colonnes; ces ressauts et une longueur en retour d'un mètre sont des raccords avec les fragments plus anciens; les ornements grossiers, empâtés comme de simples épanelages, rendent sensible la différence avec les sculptures voisines où le modèle des feuilles se perd dans la gradation des pi nombres jusqu'à l'ombre énergique des profonds

refoullleinents : Ici l'ove, qui rappelle exactement la forme de l'œuf, est presque détachée de la gorge à Je elle tient a peine et elle ressort vivement dans l'encadrement noir qui l'entoure. Les sculpturi

pitoyables, pauvres copies d'ouvrages excellents. Telle

victoire, qui écrit sur un bouclier leshauts faits du héros, rappelle l'admirable statue de bronze de l'.rescia, l'une des merveilles de la statuaire antique, sauf, comme remarque Ampère, la différence qui existe entre un chef-d'œuvre et une monstruosité. Il est curieux de voir la même donnée reproduite par l'art dans sa perfection et dans sa décadence (fig. 160 I et 160 I bis). Le pied d'une victoire couvre toute la jambe d'un soldat barbare.

Passons aux arcs et à leurs bas-reliefs.

La qrande arcade s'élève jusqu'à l'entablement dont la clef touche presque le dessous de l'architrave. L'archivolte porte deux moulures ornées de raies-decœur grossiers. Les tympans sont occupés par des victoires ailées qui portent dis enseignes ; ces ligures ont de loin un grand effet et un style accentué que l'incorrection du dessin semble effacer à mesure qu'on s'en rapproche. Sous les pieds de ces victoires, une figurine debout, sertà. remplir le vide jusqu'à l'imposte.

La corniche d'imposte, avec plus d'exagération que celle de l'entablement, pèche également par un excès de richesse. Les détails y surabondent; de petits aiglesdéploient leurs ailes contre les volutes des modulons: les denticules sont enrichies de petites tables rentrantes, et chaque membre du pro fil est orné avec un luxe qui jette un peu de confusion dans l'ensemble. Au-dessous de l'imposte, les piédroits de l'arc, actuellement dépouillés de leurs ornements, portaient autrefois des enseignes ou des trophées, ornements en bronze également appliqués sous la voûte, comme des trous existants invitent à le croire. Les murs des deux côtés de la grande arcade sont décorés par de grands bas-reliefs de l'époque île Trajan. D'un côte on lit :

LIBERATORI VRBIS

surmontant une scène qui représente un combat, dans lequel le vainqueur pousse ses soldats sur l'ennemi en fuite. De l'autre, les mots :

FVNDATORI QVIETIS

et on voit une Victoire descendre du ciel, poser une couronne de lauriers sur le front de l'empereur.

Chacun des petits arcs est moins richement orne : quatre niches carrées avec des bustes en bas reliefs grossiers, en forment toute la décoration. L'œil est choqué du profil confus des impostes; les ligures des

tympans sont barbares et grotesques à force d'ignorance

du dessin. La vue se repose sur les médaillons entre' l'en tablement et les petits arcs, on en compte quatre sur chacune des façades principales el deux sur les murs latéraux, aussi exquis par leur rare conservation que par leur admirable' facture (Voir Diclionn., I. I, lig. 1000, 1061); un médaillon placé sur la façade orientale représente le lever élu jour, et sur la face du couchant on voit la lumière précipite] son char dans li s

Ilots; les huit autres ont liait a .les chasses « • il des sacrifices. L'entourage' de' ces médaillons est frusteet en retrait de trejis centimètres sur l'affleurement du mur. La présence d'un pet il fragment de' porphj re entre les deux médaillons de gauche, sur la façade septentrionale ne laisse' aucun doute sur le lait de la présence d'un revêtement de marbre. Au-dCSSUS de ces

médaillons on lit, sur la face méridionale :

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