‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 216 sur 423 · QVI VIX · texte numérisé non relu

QVI VIX

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Sur le cartouche du couvercle d'un sarcophage de marbre au Vatican, on lit que ce sarcophage fut acheté au prix de neuf sous d'or : AVREIS IX7.

Saint Grégoire le Grand voulut abolir dans l'Église romaine le trafic des tombes s, mais il n'en put venir à bout et Yanliqua consuetudo se retrouve en pleine vigueur sur une inscription de l'an 619 qui mentionne l'achat d'un locus pour six sous d'or, achat conclu entre Théodore vir clarissimus grœcus Vizanleus a viro venerabili Victore archipresbytero liluli sanela: Cecilix ».

Sur deux épitaphes bien connues de la basilique Vaticane, on lit : Locum concessum a papa Hormisda et Transmundo prœposito basilics? beali Pétri (en 536) et locum concessum sibi (Marcellus sous-diacre de la VIe région) et posleris ejus a beatissimo papa Joanne (en 563) 10. Ces deux exemples presque contemporains et appartenant à la basilique Vaticane invitent à croire, qu'au vie siècle, la concession du privilège des sépultures dans cette basilique était réservée au chef de l'Église romaine, du moins dans les principales basiliques de la ville. Dans la basilique de saint Pancrace on trouve, en 537, la mention d'une sépulture faite beatissimo papa Vigilio concedenle " ; une autre pierre qui se trouve dans le pavement de Saint-Martindes-Monts, et dont l'origine n'est pas connue, fait mention d'une tombe, quem donavit dominus papa Hormisda, et au-dessous: possedatur locus, eum nequis unquam rcmob(e)at (en 522) 1!. Il semble que vers le temps du pontificat Hormisdas, par qui commence la série des inscriptions citées, ou peu de temps après, le pape se soit réservé la concession des sépultures à l'intérieur des basiliques.

Un document très curieux au sujet de ce privilège est un papyrus de Ravenne, mentionnant une donation faite en 491, qui fut enregistrée par les magistrats municipaux et les defensores sanclœ ecclesix catholicaj ciuitatis Ravennatis. On y lit ceci : Domino sancto ac bndissimo papa Joanne (sic) Maria spectabilis femina (et.... vir meus simijliter fusis precibus supplicavimus, ut intra basilicam sancti Laurcnli... locum nobis ubi corpuscula nostra requiescerenl non dcnegasse(l). In cujus conlali beneficii vicissiludincm, etc. I3, suit la dotation faite à l'Église de Ravenne d'une maison, dont la donatrice se réserve l'usufruit sa vie durant. L'archive de le basilique Vaticane devait renfermer des monuments analogues.

H. Leclercq.

FOUDRE. — Il suffit de parcourir les Annales, les Chroniques et les autres arides nomenclatures de petits faits qui remplissaient pour les anciens la place de l'Histoire, afin de prendre une idée des désastres produits par la foudre. Il n'est que peu d'églises qui lui aient échappé. La tour élevée attirait le fluide et

n. 534 ; Fabretti, Inscr. domest.,p. 739, n. 435; Inscr. christ., n. 1178; Muratori, Ï7ies.,p. 1915, n. 8. — ' De Rossi, Borna sott., t. in, p. 550. — ■ Fabretti, op. cit., p. 160, n. 289. — ' S. Grégoire, Epist., 1. VIII, n. 3, 1. IX, n. 3. — 9 Lupi, Ad S. Sevenrepitaphium, p. 25. — 10 De Rossi, Inscript, christ., 1. 1, n. 989, 1096.— ' ' Ibid., t.i, n. 1057. — 12 Ibid., 1. 1, n. 980. — '* Marini, I Papiri diplomatici, p. 150-155; cf. p. 283.

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comme elle était construite en bois et communiquait avec le reste de l'édifice, celui-ci était en peu de temps la proie des flammes. On ne peut donc pas être surpris de voir la foudre parmi les préoccupations des anciens, seulement tout leur efloit au lieu de se porter à en combattre les ellets et à en réduire les périls se bornait à disserter sur la signification que pouvait avoir cette intervention mystérieuse. C'était à cela que se bornait, ou a peu près, l'utilité des haruspices, Ceux-ci étaient d'aimables farceurs qu'on prenait au grand sérieux ; ils savaient diversifier avec art leurs prédictions, découvrir un sens sinistre ou un augure favosuivant leur intérêt et la sottise de leurs consultants. Vers la fin du nr siècle, la Foudre tombant à Interamna. pulvérisa les statues de l'empereur Tacite (275-276) et de son frère l'empereur Florien (276) Les haruspices, gens de ressources, ne turentpas embarpour si peu. Ils annoncèrent que ce coup de foudre signifiait que de la famille de ces empereurs sortirait un souverain qui dicterait des lois aux Perses el aux Parthes, soumettrait les Francs et les . Mamans et chasserait d'Afrique tous les barbares. Il est s rai que toutes ces merveilles ne devaient s'accomplir qu'au bout de mille ans '.Vers la même époque, près de Vienne, la foudre tomba sur une statue de Probus

Î2) el changea la couleur d n vêtement. Les

haruspices trouvèrent dans ce fait le présage d'une élévation merveilleuse pour la famille de Probus qui arriverait aux plus grands honneurs :.

On s'étonne que ces interprètes dont la perspicacité ne se pouvait mettre en défaut, aient été assez maladroits pour se brouiller avec le pouvoir. Quoiqu'il en soit, en 319, on rencontre deux édits successifs de Constantin 3 interdisant aux haruspices de rendre visite à leurs compatriotes, même à leurs amis, avec intention d'exercer leur art, sous peine d'être brûlés vifs. Probablement une prédiction peu mesurée leur avait attire ce déboire, mais la pénalité était trop grave pour être longtemps applicable et les haruspices attendaient le premier coup de foudre pour découvrir et propager quelque belle explication qui leur rendrait la faveur impériale. La foudre c'était le feu du ciel, quelque chose comme le doigt de Dieu, un présage d'une qualité éminente qui mettait à néant tous les autres présages : Q:idquid exta, quidquid uns minubunliir. secundo /ulminr abolebitur '. Le coup de foudre survint à point nommé: il ne choisit pas son point de chute, mais les haruspices étaient décides a n'être embarrassés par aucun présage. La foudre tomba donc, en 320, sur l'amphithéâtre Flavien, le > qu'il n'endommagea guère puisque pas un seul historien n'a daigné s'en souvenir. Peu importait, la signification n'en était pas moins éclatante. Le i était un monument public, donc le coup de foudre était un de ces fulmina publicu qui concernaient l'État et l'empereur. Restait a savoir si ce serait un fulmrn Isetum ou un /ulmrri adversum. Et voici où l'empe reur allait recourir à ces haruspices qu'il malmenai! l'année précédente ; il n'y manqua pas, connue nOUi II us par la constitution suivante que Constantin

17 décembre 320 au préfet de R< ■

Maxime ' :

Jmfi. Coiutanlinus a. ad Maximum.

Si '/""' de palatio nostro aul céleris operibus publicis degusiniiim fulgore esse constiteril, relente mure veteris obseroantise qutd portendat, nb haruspicibus requiratur et diligrnlixsime scribturu collecta ad nostram scientiam

i Scrtploret AI forfa lugustœ. Tacite, c. xn "Promu, e. \mn. — \dostai, I. IX. Ut. su, I. l, 2,

i. natur.. Il, 34. — - loslen,

l. \\ l.tii.x, 1.1. — ' Hominien, Chrontea minora, t. i, p. 87.- ' Codé TModoslen, I. I, tlt.i, I 6 (du 20 décembre

referatur. céleris elium usurpandse hujus consuetudinis licentia tribuenda, dummodo sacriftciis domesticis ubstineanl, quie specialiter prohibita sunt.

Eam aulem denuntintionem adque inlerprelatiunem, quse de tactu amphitheatri scribla est, de qua ad Ilcracliunum tribunum et magfistrum) of/iciorum scribseras, ad nos esse scias perlutam.

Dat. Xil kal. ian. Serdicie; acc(epta) TJI1 id. mar. Crispo II et Constantino II CC Conss.

« L'empereur Constantin Auguste à Maxime — S'il arrive que quelque partie de notre palais ou des autres monuments publics soit frappée de la foudre, on demandera aux haruspices, en se conformant à l'ancienne observance, ce que cela présage, et un rapport rédige avec le plus grand soin, sera adn Xotrc Science. I >u doit aussi accorder aux autres l'auto risation d'user de cette pratique, pourvu qu'ils s'abstiennent des sacrifices domestiques, qui ont été expressément, prohibés. Quant â l'interprétation du coup de

fi nulle quia frappe l'amphithéâtre, à propos de laquelle tu as écrit a I U ■raclianus. tribun et maître des offices, sache qu'elle nous a été transmise. Donnée le

17 décembre à Sardique; reçue le 8 mars. Les Césars

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4615. — - Épitaphe de Justos le foulon. D'apre- Revue biblique, 1903, t. \u. p. 1312.

Crispus et Constantin étant tous les deux consuls pour la deuxième fois.

Le titre de Maxime n'est pas donne, mais le Chrono-

graphe de 3& i nous apprend que le préfet de Rome du 1er septembre 319 au 13 septembre 323 fut Maxime '. Il est possible que' le texte de la Constitution soit ecourte puisque les commissaires chargés par Théodore Il de la rédaction du ( ivaient l'autorisation d'abréger et de modifier le texte :. a sa date, comme les Césars. Crispus et Constantin reçurent le consulat pour la seconde fois le 1er janvier 321, c'est probablement le 17 décembi que la Constitution a éti i Sardique.

Que racontèrent les haruspices, un ne le sait p

cela importe peu. puisque nous voyons qu'ils s'étaient empresses de transmettre par la voie hiérarchique une belle interprétation qui les remit bien en cour et que. désormais on devait, comme par le passe, recourir a leurs services, ils ne souhaitaient rien de plu! ' (Voir

Divination, t. iv, col. 1 r

FOULON . Cette profession est mentionnée sou

vent parmi les documents anciens. Nous voyons un foulon donner le coup de grâce à saint Jacques de Jérusalem*. Il existait des collegia /uf/onum, mais l'épi-

Kruger, Histoire des ■>>>urcr* du itrnit romain, trad. Brissaud, Paris, 1894, p. :ixi-:i.x:,. - • m. a. Ku

ntln et Vart fulgural <irs haruspices, dan V Instruction publique en Belgique, 1913, t. lvi, i ■Busèbe, Hlsl.eccl.,\ II, c. vvm. /'. C, t. w, ool. 201.

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