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des tombes est de 6 pieds vaudois sur 2 ( = 1 m. 98 sur 0 m. 66) et leur orientation est du nord-ouest au sud-est '. La nature du sol et la disposition de ces tombeaux en plusieurs couches apportent quelque variété dans la construction; déplus, • la décomposition augmente en raison directe de la profondeur de l'inhumation, au point qu'il ne reste que quelques traces insai-
rité de grandes pierres brutes, plates et schisteuses, posées de champ, deux ou trois composent le couvercle; quelquefois, le fond est plaqué, et toujours la terre a comblé le vide. Parfois des murs sans ciment ou des pierres informes remplacent les dalles: trentequatre ont été taillés dans un banc de roc recouvert à peine d'un pied de terre. Les autres ne présentent
IH2".. • ■ Objets divera trouvés dans les tombeaux de Bel-Air. D'après Fr. Troyon, dans MlUhellungen der anttquarlsehen GaeUschafl in /.ùricli, 1841, 1. i, pi. n, m.
Mes des squelettes delà couche la plus inférieure; en outre, la superposition des couches est loin d'être parlai
de i,i couche supérieure, situés à deux ou troi ;m dessous de la surface du sol sont (ormes en majo-
1 Fr. Troyon, Description </<••. tombeaux tir Bel-Air prit Chéteaux-tar-Lamanne, dmnt AftUhetlungen der antlqua- • Il in Zurich, 1841, l. i. p. 1 . dans Monument! de ranttqulU dora VI rufol d'une ttatUUqu* dis anttqulUi ./. i„ occidentale et d'une notice des antiquités du canton d.
qu'un squelette couché a terre libre. Dans les deux couches Inférieures, qui ne dépa
i.ur. jamais dalles ni pierres n'ont entouré le cadavre qui, couché mu- le dus. les bras long du corps, les pieds tournés mis l'Orient, ■
dure de I" .suis., romande, 1868, t. jcxv, p
Débris non romains des preml
Jusqu'à Charlemagne; enfin, Fr. Troyon, I
Bel-Air, prié Lausanne, dans Bei
FRANCE
guère d'autres positions. Une seule fois les bras sont croisés sur la poitrine, quelquefois les mains sont rapprochées ; les guerriers posent la main sur la poignée de leur arme. Les débris osseux sont tellement friables que les crânes eux-mêmes tombent en poussière, parfois quelques traces révèlent seules la présence d'un squelette. Beaucoup de sarcophages ont été ouverts à différentes reprises. C'était un capital en réserve qu'un sarcophage et lorsqu'un temps jugé suffisant s'était écoulé, on y revenait, on balayait les ossements desséchés dans un coin pour faire place à un nouveau cadavre, quelquefois on refoulait dans une niche couverte d'une pierre plate les débris humains, ou bien on se contentait d'étendre le nouvel occupant sur ce qui restait de son prédécesseur. Et cette pratique toute seule suffit à montrer le chemin parcouru depuis l'époque où les fidèles imposaient une amende a celui qui poserait un cadavre par-dessus le leur.
Environ la moitié des tombeaux renfermaient des armes, des agrafes, des boucles, des anneaux, des colliers, des vases et d'autres ornements en métal, en terre cuite ou en verre.
Les armes sont des coutelas en fer, larges, forts, pointus et tranchants d'un côté. Ils reposent ordinai-
fants, ils ne se rencontrent pas avec les armes; ils consistent en grains de terre cuite, d'émail, de verre de couleur. Vers les pieds du défunt se trouve le vase sépulcral fait d'argile grise et jaunâtre, évasé au sommet, quelquefois pourvu d'une anse et d'un goulot ; les vases en pierre ollaire, faits au tour figurent un cône tronqué renversé; deux vases, en verre, ont la forme d'une petite bouteille et d'une coupe arrondie à sa base. Enfin, on a trouvé des épingles à cheveux, une fibule, des ornements de fourreaux, une petite mosaïque sur bronze, des clefs en fer, des peignes en os, des ciseaux à ressort, un croissant en argent, des verroteries, des silex informes et un fragment de quartz (fig. 4625).
Ce qui est plus important à constater, c'est que l'art, le nombre et la richesse des mobiliers funéraires témoignent d'un développement de civilisation. Dans la couche inférieure ce sont les boucles qui prédominent. Le bronze s'y rencontre plus souvent que le fer; les coutelas et les grains de colliers sont moins nombreux et moins bien travaillés que dans la couche supérieure. On y a découvert seulement deux agrafes en cuivre. La couche moyenne offre déjà la preuve d'un perfectionnement sensible. Les boucles commen-
4626. — Pierres provenant de Charnay.
D'après Baudot, op. cit., p. 217
rement le long du fémur droit, par-dessus une lame beaucoup plus petite et conservent les traces de poignées de bois. Un fer de pique, une pointe de flèche en fer, deux en silex et une en os, appartiennent encore aux armes offensives.
Les agrafes, placées sur le côté droit du bassin sont composées d'une plaque, d'une boucle et d'un ardillon qui unit ces trois pièces. La plaque est, le plus souvent, carrée, ronde ou triangulaire, et ornée de rosettes ou têtes de clous, au nombre de trois, quatre ou neuf, qui présentent en dessous de forts tenons destinés à entrer dans le cuir de la ceinture. L'ardillon est massif, et la boucle à peu près ovale. Des ciselures recouvrent les agrafes en cuivre, dont deux rappellent par leur étamage la métallurgie gauloise. Celles de fer offrent parfois des incrustations de lamelles d'argent ou de filets d'une finesse extrême formant des entrelacs divers et disposés pour les encadrements en lignes droites, parallèles, obliques, brisées. Plusieurs plaques du même travail ornaient souvent le même ceinturon.
Bien des tombes ne contenaient autre chose que des boucles, généralement ovales cl munies d'un gros ardillon. Quelques-unes ont été coulées, d'autres portent des rayures et des disques. Les pendants d'oreilles sont grands et ronds et les bagues en argent ou en cuivre sont, pour la plupart, munies d'un chaton '. Les colliers semblent réservés aux femmes et aux cn-
cent à recevoir une ornementation; on rencontre les agrafes en fer, mais sans incrustation de filets d'argent. Sur une plaque de cuivre est gravé un quadrupède ailé à tête d'épervier. Deux médailles en bronze, malheureusement frustes, sont romaines. Les coutelas, les lames, les grains de collier, les silex, les débris divers et la pointe en os mentionnée, appartiennent encore à cette classe de tombeaux.
C'est dans la couche supérieure qu'on rencontre les pièces les plus remarquables. Les coutelas forts et acérés, accompagnés de petites lames et de débris de fourreaux, les agrafes de bronze, ou de fer uni, les agrafes et les boucles de ceinturon avec damasquinure. Dans cette couche, seulement on rencontre des vases.
Parmi ces guerriers, une mère fut ensevelie avec son enfant couché sur son sein. Quelques tombes d'enfants montrent les souvenirs ensevelis avec eux, perles de verre, bague, fibule de bronze, clefs. Dans la tombe d'une toute jeune fille, un collier de quatre-vingt-dix perles. Dans la coiffure des femmes, on plantait des losanges d'argent avec des verres enchâssés. Dans un sarcophage de guerrier, on trouva un coutre de charrue, un éperon de fer sans molcltc, une agrafe, un
1 M. Deloche, Étude sur quelques cachets et anneaux de l'époque mérovingienne, dans Revue archéologique, 1889, p. 309, n. 72.
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peigne en os, «les ciseaux a ressort, un poignard, un coutelas.
3. Charriai/ — Voici un cimetière caractérisé et qui s'offre à l'étude dans des conditions particulièrement favorables. En 1829, H. Baudot vit à Charnay (arr. de Verdun. Saùnc-et-Loire), chez un paysan, un vase en terre noire différent des produits ordinaires de la poterie romaine. Bien d'autres vases avaient été trouvés au même lieu, ainsi que des ossements, des armes en fer, des bijoux, tout cela avait été ou brisé ou fondu ou détruit : un lame de sabre cependant, d'un fer plus pur et par. conséquent moins oxydé que le reste, avait été transformée en instrument à l'usage du ferrement des chevaux: on en avait fait un curepied. Dès 1832, H. Baudot commença l'exploration et la commission archéologique de la Côte-d' Or attira l'attention sur les premiers résultats obtenus. On a raconte tant de fois qu'un passage de Chateaubriand avait éveillé la vocation historique d'Augustin Thierry ; on a si justement fait honneur à ce dernier d'avoir ressuscité l'histoire de nos origines nationales, qu'il serait injuste de ne pas rendre aux archéologues laborieux et modestes la très grande part qui leur revient
morial pour servir a la réparation des parois des habitations. Au cours de cette exploitation, on rencontrait des vases de terre, parfois un vase d'argent. C'est moins un cimetière avec des sépultures alignées, qu'un champ d'inhumation où des défunts ont été enterrés isolément ou par groupes, tous dans le sol, sans sarcophage ni cercueil et plus ou moins profondément. Quelquefois, plusieurs corps sont rapprochés dans la même fosse, d'autres fois des membres épars sont enterrés isolément. Est-ce l'indice d'un champ de bataille ou bien, plus prosaïquement, est-ce le résultat d'un bouleversement de la couche supérieure de sable et de perturbations produites par d'antiques inondations. Plusieurs fosses creusées de quelques décimètres dans la couche inférieure de terre glaise, étaient plus régulièrement disposées.
La tête de certains squelettes reposait sur une pierre ou en était quelquefois entourée, comme pour la préserver du contact des terres qui devaient la recouvrir. L'une de ces pierres est creusée en gueule de four les autres, de formes très irrégulières, sont toutes striées et semblent avoir appartenu à d'anciennes tombes (fig. 4626). Les corps étaient générale-
4627. — Fourreau de scramasax provenant de Charnay. D'après Baudot, Mémoires sur les sépultures barbares, p. 17.
dans l'intérêt attaché depuis à des études que leurs découvertes, leurs rapprochements et leurs commentaires ont permis d'élever au niveau d'une science. Tout l'art et toute l'adresse des historiens se fussent rapide ment épuisé en récits éclatants et vagues, si l'érudition n'avait soumis à une critique rigoureuse les textes dont elle lit sortir a peu prés tout ce qui s'y trouvait caché et les monuments dont elle interrogea le mystère et confronta le témoignage pour y apprendre de quelle manière nos ancêtres avaient coutume de se vêtir, de combattre, de vivre. Avant l'abbé Cochet, et ses successeurs, H. Baudot avait entrevu la question et l'avait souli ■ lant plus de vingt années, il ne
cessa d'explorer la nécropole, dirigeant les fouilles, observant, comparant, étudiant. « Mes observations, pouvait-il écrire, n'ont pas été faites à la hâte, en courant, j'ai tout vu, tout fait par moi-même, n'épargnant ni l'argent, ni le temps, ni la peine. • Néanmoins les exigences en matière archéologique n'étaient pas, au milieu du xix" siècle, ce qu'elles sont devi depuis et les objets exhumés se présentent à nous, dans un mémoire excellent, mais qui n'est pas exempl de confusion,'. Cependant, nous a l cimetière
barbare dans lequel sont ensevelis Frani i l Burgondes, un des plus intéressants à décrire pour l'étude «lu passé de notre nation.
Parmi une Immense quantité de briques et de tuiles
romaine-, eparses, se trouve le village de Charnay, et, à 200 pas du village, sur la droite d'un ancien chemin liant de la Sadne au Doubs, on voit une langue de terrain vague, espèce de pâti . longeant le chemin, qu'on nomme Champ-de-la-Velle. Le sol en est composé d'une couche de sable d'un nuire environ d ■ reposant sur un fond de terre jaunâtre, argileuse, très grasse, exploitée de temps intime-
ment étendus, quelques-uns semblaient avoir été déposés assis, les os friables à ce point qu'il était impossible de différencier les squelettes masculins des squelettes féminins; aucun enfant.
Armes. — Les armes offrent en général, peu d'originalité. Baudot a recueilli vingt et un umbos de boucliers dont un seul avait conserve les branches servant d'armature. Plusieurs de ces umbos ont été trouvés par couples.
Sabres el coutelas. C'est l'arme la plus commune, le scramasax; plus fort et plus long dans les tombes riches. Lame droite a un seul tranchant, pointe effilée, soie longue qui montre l'existence d'une poignée forte. Les fouilles ont donné plus de deux cents coutelas. Le fourreau de l'arme se composait de deux plaques de bois minées rapprochées et maintenues par une bande de fer ou de bronze rabattue de charpie
cote ei fixée par de petits clous. Voici un exemple d'un rie ces fourreaux restitué a l'aide ries débris ramassés dans trois tombes différente ; il est orné d'une garniture en bronze (flg, 1627).
Épi i t. I ,'épée à [Uns rare que le coutelas, Baudot en a rencontré une quinzaine à peine, di el six lames seule-
ment étaient entières, deux étaient munies de leur poignée terminée par un pommeau de forme triangulaire surbaissée! flg. 4628), la garde tonne un ovale en ter. ii n'avait pas plus deO m. 095 pour se loger entre la garde et le pommeau. La longueur totale d< est de 0 m. mi a 0 m. 90cenl ui de 0 m,
m ni. 055. bourreau analogue à celui dcsseiain
1 II. Baudot, Mémoire lut les sépultures des Barbe Vipoçue mitouingtenne d\ wticu-
Uérement i Charnay, in-s, Paris, 1860.
en bois ou en cuir. Toutes ces épées étaient suspendues à l'aide d'un baudrier ou d'un ceinturon fermé par une agrafe en bronze doré, argenté ou le plus souvent étamé; elles étaient placées le long de la jambe gauche. Lances ou f ramées. — On n'en a trouvé que quarante
FRANCE. — II Angons.
— Quatre exemplaires ; mesurant 1 m. 145, 1 m. 11; 0 m. 92; 0 m. 72.
Coutelas à douille. — Déjà décrit et figuré (voir col. 2211).
Fers de flèche. — Dix-neuf exemplaires; plusieurs
462S. — Armes provenant de Charnay.
D'après Baudot, Mémoires sur les sépultures barbares, pi. n et m.
à Charnay, et on peut considérer qu'elles désignent des tombes franques; pas deux fers de lances n'étaient exactement semblables. Si la forme est la même, la longueur est différente d'un exemplaire à l'autre;
étaient réunis par groupes de deux, quatre, cinq, agglutinés par l'oxyde de fer. Leur forme est celle de lances losangées; deux sont barbelés, tous ont une petite douille, quelquefois ouverte, le plus souvent
4629. — Plaque de ceinturon ou de baudrier. D'après Baudot, op. cil., pi. v, n. 1.
le plus petit mesure 0 m. 22, le plus grand 0 m. 7C. Tous sont munis d'une douille percée d'un œillet où s'engageait le rivet traversant la hampe, parfois le rivet porte une tète de cuivre, ronde et saillante. Un des plus petits fers de lance est orné de plusieurs Blets circulaires placés au-dessus de la douille (fig. 4026).
fermée dans laquelle s'engageait le bois de la flèche. Les dimensions varient de 0 m. 065 à 0 m. 13.
Haches ou francisques. — Une vingtaine seulement : la plus légère ne pèse pas plus de 500 grammes, la plus massive atteint au poids de 1 500 grammes. La forme la plus commune à Charnay est celle dont le