Nous ne disons rien des méd
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Comptes rendus el Mèmoiret, 1905, t. mu.
FRANCE. — II
Le cimetière de Charnay nous révèle ou nous confirme la connaissance de certains usages. Un des plus significatifs est l'emploi du symbole de la croix sous des formes très variées (fig. 2728).
IX. L'archéologie barbare et franque. — Les peuples barbares et, plus que tous les autres, les Francs, trouvèrent dans le nord de la Gaule, une société assez ébranlée pour qu'il leur fut aisé d'achever sa destruction, ce qu'ils firent ; mais ils ne se bornèrent pas à détruire et ils ne détruisirent pas tout. Outre qu'ils respectèrent et adoptèrent dans beaucoup de cas l'organisation politique qu'ils trouvaient établie, ils conservèrent les usages adoptés, mais ils y mirent leur empreinte. A un art en pleine décadence, ils imposèrent le voisinage d'un art tout diffèrent comme goût, comme technique et parfois comme application. A l'art architectural, ils n'avaient rien à opposer: la peinture et la sculpture leur étaient également étrangères, mais ce fut dans ce qui était journalier, individuel et pour ainsi parler, portatif, que les Francs substituèrent à un art mièvre et décadent des ouvrages parfois rudes et encore frustes, mais parfois d'une perfection achevée. Armes, bijoux, objets usuels, ornements de toilette, vêtement, mobilier devinrent les branches authentiques du nouvel art national, qui, à en juger par le nombre, la variété et la valeur de ses produits dut être vraiment populaire au meilleur sens de ce mot, c'est-à-dire que ses produits furent accessibles aux plus riches aussi bien qu'aux plus pauvres. Il a fallu d'innombrables fouilles, des milliers de pièces et des trouvailles inespérées pour convaincre tous ceux qui refusèrent jusqu'à l'évidence et même après l'évidence acquise, d'admettre la distinction éclatante entre un art gaulois, gallo-romain et franc. Cette notion même d'un art franc paraissait à la plupart une gageure ou une facétie en un temps où il était entendu que le nom d'art ne pouvait être accolé qu'aux ouvrages de la Grèce et de Rome.
De même que l'archéologie chrétienne repose, peuton dire, tout entière dans les catacombes qui l'ont gardée à peu près intacte pendant une longue période de siècles, de même l'archéologie franque gît dans la première couche du sol. Tandis que les tombes des martyrs et des premiers fidèles ont eu beaucoup à souffrir de la dévotion indiscrète des uns et l'avidité ignorante des autres, des tombes franques ont également rencontré deux ennemis : les violateurs, qui, à une date rapprochée de l'inhumation détroussaient le cadavre; les ouvriers qui, de nos jours, saccageaient les tombes avec une sorte de joie stupide. On ignorera toujours le chiffre des tombes détruites, dépouillées pendant les siècles du moyen âge et depuis la renaissance jusqu'à nos jours. La découverte d'une tombe devient trop souvent une sorte de partie de plaisir macabre. On tâte, on tripote, on joue, on brise sans souci du respect dû à ces vieux morts. L'hommage de respect que tout homme civilisé rend à un cadavre qu'on porte au cimetière, il s'en croit dispensé à l'égard du squelette, extrait de ce même cimetière. C'est à qui s'emparera d'un ossemcnt, d'un vase, d'une monnaie, d'un débris quelconque. Benjamin Fillon a raconté comment fut « disputée » la dépouille d'une morte retrouvée intacte après plus de quinze siècles (voir Fontenay-ie-Comte). La même scandaleuse exploitation avait signalé la découverte la plus fameuse de l'archéologie barbare, celle du tombeau de Childéric Ier, à Tournai, en 1653.
Cette découverte de Tournai a vraiment inauguré l'archéologie franque par le livre de Chifïlet (voir ce mot) paru à Anvers en 1655, qui révélait la précieuse trouvaille. Après cela, l'archéologie barbare retombe dans l'oubli. Mabillon et les bénédictins avec leurs illustres émules, Ou Cange, Baluze et quelques autres n'ont d'attention et d'estime que pour les mo- |
numents paléographiques, diplômes, chartes et manuscrits, les monuments figurés semblent inexistants à leurs yeux. Montfaucon se borne à faire reproduire les planches de Chifïlet et à traduire ou à faire traduire son texte sans se reporter aux monuments originaux qu'il avait à sa portée. Caylus n'a d'yeux que pour la Grèce, Rome et l'Egypte. En 1740 cependant, Oberlin fait connaître le trésor trouvé près de Verdun et, en 1773, publie le Musée Schœpfllin de Strasbourg. Ce n'est qu'en 1793, que J. Douglas publie à Londres un ouvrage qui n'est plus simplement descriptif, mais dans lequel on trouve un effort critique: ce sont les Nenia Britannica, or a sépulcral history of Greal Brilain, c'est vers le même temps que le Rev. Bryan Faussett explorait les cimetières saxons du comté de Kent et rédigeait un journal de fouilles qui, pour n'avoir été publié que beaucoup plus tard, n'en marque pas moins une date à retenir.
Le silence se fait de nouveau, jusqu'en 1839. A cette date, Houben rapporte des découvertes faites à Xanten, dans le grand-duché de Luxembourg, avec une surabondance de détails qui provoque parfois le soupçon. Cet antiquaire trop ingénieux se fit mystifier d'une façon plaisante (voir Seaux) et son ouvrage peut à peine être pris au sérieux. Mais désormais l'essor est donné. En 1841, Frédéric Troyon fait connaître les tombeaux de Bel-Air, près Chéseaux-sur-Lausanne, en 1844 et 1846, von Kaiser décrit les sépultures de Nordendorf, en Bavière, et Ch. Roach Smith publie le journal de fouilles de Bryan Faussett, intitulé Inventorium sepulchrale (1847). Ce furent alors coup sur coup, en 1847, la description des tombes fouillées au mont Lupfen, près Oberflacht (Bavière), par von Dûrrich et l'étude de la nécropole de Fridolfmg, sur la Salza (Basse Bavière), par W. Menzel, puis l'année suivante, un travail solide qui fit connaître les frères L. et X. Lindenschmidt, dont les fouilles à Selzen (Hesse Rhénane) révélaient des tombes germaniques dont on ne saurait exagérer l'importance.
A partir de 1850, les travaux se succèdent et tendent à débrouiller, fil à fil, l'échcveau emmêlé de l'archéologie barbare. La progression suivie ne peut être mieux décrite que par rémunération des ouvrages principaux. Le Dr Rigollot d'Amiens, ouvre la série par des Recherches historiques sur les peuples de la race teutonique qui envahirent la Gaule ci; v siècle (1850). Le mouvement archéologique prend aussitôt une grande activité en Angleterre. J. Yonge Akermann fait sucessivement paraître : Remarks on some of the weapons of the Celtic and Teulonic races, 1852; On accounl of excavations in an anglo-saxon Burial ground at Harnhain-Hill near Salisburu, 1854; Remains of pagan Saxondom, 1855; R. C. Neville publiait les intéressantes découvertes, trop brièvement commentées, du cimetière saxon de Wilbraham, dans le Cambridgeshire (1852). W. M. Wylie faisait connaître le cimetière de Fairford dans le comté de Gloucester (1852); la même aimée Th. Wright, donnait son livre : The Celi, the Roman and the Saxon et l'année suivante Ch. Roach Smith commençait la publication de ses Colleclanea antiqua. En Suisse, Fr. Troyon étudiait bracelets et agrafes antiques (1852) pendant que H. J. Gosse et le Dr Gosse révélaient d'anciens cimetières trouvés soit en Savoie, soit dans le canton de Genève (dans Publications de la Société d'histoire et d'archcoloqie de Genève, 27 janvier 1853; 27 septembre 1855), et adoptaient une désignation particulière pour les sépultures barbares d'une région délimitée. De même qu'il y avait dès lors une archéologie saxonne, il y eut une archéologie burgonde.
En Belgique, on vit paraître des études sur les cimetières barbares auxquels s'appliqua le nom de franc; cimetières des environs de Namur : au Tombois, aux
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Minières, à Samson; des environs de Liège : à Scraing, à Spontin, dans le grand-duché du I.uxembourg(1852- 1856). Puis il n'en est plus question.
En France, l'abbé Cochet (voir ce nom) fonde cette branche nouvelle de la science qu'est l'archéologie Iranque, explore de nombreux cimetières, écrit des articles, des brochures, des livres, parle, convainc, entraîne et laisse après lui mieux que des fouilles, que des collections, que des catalogues, que des livres; il laisse une doctrine comme un Champollion, un De Rossi dans d'autres domaines archéologiques. La première édition de La Xormandie souterraine est de 1 S5 I : dès lors, pendant seize années, l'infatigable archéologue, fouille, compare, expose, complète ses premières études, précise ses précédentes trouvailles dans les Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes (1857), le Tombeau de Chili léi ie I" (1859), une deuxième édition de La Normandie souterraine (1864) et La Seine-lnjérieure historique et archéologique(1866). I n nouveau progrès est accompli: on abandonne à peu prés généralement l'épithète mérovingien, pour ac'opter le vocable franc, lorsqu'il s'agit de désigner l'archéologie dont les monuments commencent à se classer d'une manière scientifique. A l'exemple, et parfois, sur l'impulsion de l'abbé Cochet, des publications isolées paraissent, dont quelques-unes ont un mérite durable : Dufresne fait connaître les sépultures gallo-franques trouvées en 1854 a Fareberswiller (Moselle); Danjou décrit les collections de Rue-Saint-Pierre entrées au musée de Beauvais (1856); Peigné-Delacour étudie le trésor de Pouan (1858); Morlet les cimetières des environs de Strasbourg(1864); II. Baudot fait paraître, en 1860, un Mémoire dont nous avons parlé sur les sépultures des barbares de l'époque mérovingienne découvertes en Bourgogne et particulièrement à Charnay, et l'abbé Ilaigneré laisse un travail consciencieux sur Quatre cimetières mérovingiens (encore) du Boulonnais, 1866. Un nouveau progrès indiqué, fut la délimitation d'une branche wisigothique dans l'archéologie barbare, proposée par Br. Dusan, en 1862; on n'y prit garde, et ce n'est que de longues années après qu'un y revint, grâce à AI. J. de Baye et M. C. Barrière-Flavy, mais le nom du moins, avait été prononce. Pendant ces années on vit paraître, hors de France : De Bonstetten, Recueil à" antiquités suisses (1855), et Supplément (18W) ; Hassl i . lins aUunannlsche Todtenfeld bei Ulm, 1860 ; Schaaffausen, Ueben germanisehe Grabslallen am Rheim,
La renaissance des études, qui marque en France l'année 1866, va s'étendre à l'archéologie franque. tmencent les touilles dirigées par l-'r. Moreau dans l'Aisne, qui feront de Curanda une bourgade presque célèbre, La Picardie souterraine inspire les travaux de Ed. Fleury : An! I monuments
de r Aisne, 2 vol. et de J. Pilloy, Eludes sur d'anciens Inux de sépultures de l'Aisne, 3 vol., un des savants 1rs plus compétents, les plus avertis et les plus ingénieux. Th. Eck a <Iassé le musée Lccuycr à Saint- Quentin et publié quelques excellentes monographies sur les cimetières de cette région. Non loin de la Picardie, un autre archéologue J. de Baye a donné des Études archéologiques remarquables sur \' Époque des invasions barbares. I. industrie longnbarde (1888). II. Industrii >onne (18S'i). Des monographies
se succèdent depuis 1ms dont plusieurs présentent un
intérêt, notamment celles de .M. Ph. Delamain, sur le cimetière d'I ierpes (Charente), le M. J, Martin, sur les sépultures barbares, sous dalles brutes, tes environs de Tournas ; de plusieurs autri Bulle tin archéologique du Comité des travaux historiques, et
plus que tous autres, la vaste, précise et prudente
enquête entreprise pai C. Barrière-Flavy dont i
sultats sont consignés dans les trois volumes intitulés : Les arts industriels de la Gaule du v au F//« siècle, t. i, Étude archéologique, historique et géographique, t. n, Répertoire général des stations barbares de la Gaule, t. m, Alium(de81 planches et une carte de la Gaule du v« au vu» siècle), in-4°, Paris, 1901.
Parallèlement à ces découvertes et a ces travaux, il faut encore nommer :
En Suisse, le travail de MM. Le Roux et Cli. Marteaux, sur Les sépultures burqondes delà Savoie (1899) ; de Ed. de Fellenberg, sur le cimetière d'Elisried; de J. P. Kirsch, sur le cimetière de Fetigny (voir ce mot) ; de M. Besson, sur L'art barbare dans l'ancien diocèse de Lausanne, 1909, et les deux seules années parues de la Revue Charlemagne, 1911, 1912.
En Italie; Ed. Calandra, l)i i.nu necropoli barbariea scoperta a Testona, 1880, et L. Campi, Le ïambe barbariche di Civezzano, 1886: T. von Wieser, Dos Langobardische /urstengrab und reihengrabcrfeld von Civezzano,
En Hongrie, J. von Pulszky. Die Goldfunde von Szilagy-Somlyo, 1890; W. Lipp, Die druberfelder von Keszthelu, 1885.
En Allemagne; quelques études assez médiocres sur des cimetières de moindre importance trouves a Andernach, Meckenheim, Reidenhall.
C'est principalement en Belgique que l'archéologie franque a fait l'objet d'études assidues et pénétrantes.
En 1877, D. van Bastelaer, fondateur du musée de Charleroi, entama une série de travaux archéologiques avec son étude sur Le cimetière belgo-romanofranc de Slrée/m-H", Mons.qwe suivirent un grand nombre de mémoires : L'époque franque, au point de vue des archéologues n'est pas la mime en France cl en Belgique, 1882; Les cimetières francs dans V arrondissement de Charlerou, 1888; Les vases déforme purement franque et leurs ornements à la roulette, Liège, 1881-1882; La question franque au congrès de Charleroi, 1889 ; Le cimetière franc de La Buissière, 1890; Le cimetière franc de Thirimont, 1890 ; Les petites fouilles de la Société archéologique de Charleroi, 1893; Plusieurs cimetières francs à Thuillies, 1894: Le cimetière franc de Fontaine-Valmont, 1895. De son côté, A. Béquet, directeur du musée de N'amur publiait une série de mémoires sur les fouilles de 1880 à 1884, sur les cimetières de Resteigne, de Furfooz, de Wancennes, d'Eprave, de Pry, dans les Annales de la Société arehéqlogique de Xamur, t. xv à xxn, et résumait ses conclusions en 1888, dans La Belgique avant cl pendant les invasions des Francs. Une partie de ces travaux tend a éclairer sinon à résoudre la question de la distinction a établir entre Francs Saliens et Francs Ripuaires, qui est bien « une des plus importantes étapes dans la mania- ascendante des études archéologiques du haut moyen âge. Nous sommes, écrit M. c. Barrière-Flavy, parfaitement convaincu qu'il existe une différence dans l'art industriel non seulement des principaux peuples barbares dont l'histoire a conserve les noms : Wisigoths ou Goths, Burgondes, etc., mais encore entre les diverses fractions de cette collectivité qui fut la nation franque. » Un troisième érudit, M. A. de Loë, a étudie les antiquités tranques découvertes a Harmignies, 1884,
1886, porte de préférence ses études sur le lii'abaiit,
le Limbourg, les Flandres, dressé la Liste des localités ou des sépultures f ranques ont été découvertes jusqu'ici en Belgique. 1888 et la carte historique et protohistorique des environs de Mons, 1890, suivis d'un mémoire sur les Francs Saliens dans la province de Bravant, 1891 . A ces indications bibliographiques, il faut joindre uni- autre Série d'informations, les collections publiques et privées renfermant d'innombrables et précieux monuments. Parmi les musées formés par les
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sociétés archéologiques, nous mentionnerons principalement1: les 'musées de Saint-Germain-en-Laye, d'Abbeville, d'Amiens et de Péronne (Somme); de Laon. de Saint-Quentin et de Soissons (Aisne); d'Arras, de Boulogne-sur-Mer et de Saint-Omer (Pas-de- Calais); d'Avesnes, de Cambrai, de Douai, de Lille (Nord); de Bar-le-Duc, de Verdun (Meuse); d'Auxerre et de Sens (Yonne); de Langres et de Saint- Dizier (Haute-Marne); de Mézières et de Sedan (Ardennes); de Nancy (Meurthe-et-Moselle); de Troyes (Aube); de Vesoul (Haute-Saône); d'Autun. de Chalon-sur-Saône, de Mâcon et de Tournus (Saône-et- Loire); de Belfort, de Beaune (musée municipal et musée de la Soc. archéol.), de Châtillon-sur-Seine, de Dijon et de Semur-en-Auxois (Côte-d'Or); de Besançon et de Montbéliard (Doubs); de Lons-le-Saunier et de Poligny (Jura); le musée archéol. de Lyon; les musées d'Annecy (Haute-Savoie); de Chambéry (Savoie); de Melun (Seine-et-Marne); de Beauvais et de Senlis (Oise); de Caen et de Lisieux (Calvados); des Andelys, d'Évreux, de Gisors, de Louviers et de Pont- Audemer (Eure); de Dieppe, de Fécamp, du Havre, de Neufchâtel-en-Bray. de Bouen (Seine- Inférieure) ; d'Angers (Maine-et-Loire); de Laval (Mayenne); du Mans (Sarthe); d'Orléans (musée historique et musée de Jeanne d'Arc) (Loiret); de Tours (Indre-et-Loire): de Vendôme (Loir-et-Cher) ; de Chartres (Eure-et-Loir) de Poitiers, musée de la Soc. des antiquaires de l'Ouest (Vienne); de Niort (Deux-Sèvres); d'Angoulème (Charente) ; de Saintes (Charente-Inférieure) ; de Périgueux (Dordogne); d'Agen (Lot-et-Garonne); de Montauban (Tarn-et-Garonne); de Toulouse (Musée Saint-Baymond); de Bodez (Aveyron); de Narbonne (Aude); de Montpellier (collect. de la Soc. archéol.) (Hérault); de Foix (Ariége); de Grenoble (Isère); de Colmar, de Mulhouse, de Metz, de Strasbourg.
En Belgique, les musées d'Arlon, de Bruxelles, de Charleroi, de Liège, de Namur, de Saint-Nicolas; en Suisse : les musées de Bàle, de Berne, de Bienne, de Constance, de Délémont, de Fribourg, de Genève, de Lausanne, de Neuchâtel, de Schaffouse, de Soleure, d'Yverdon, de Zurich; en Allemagne, ceux d'Augsbourg, de Berlin, (Muséum fur vaterlandische Alterthùmer) de Bonn, Darmstadt, Francfort-sur-le-Mein, Guben, Karlsruhe, Mannheim, Mayence, Munich, Nuremberg. Sigmaringen, Stuttgart, Spire, Strasbourg, Trêves, Ulm, Wiesbaden, Worms.
Il faudrait citer aussi des cabinets d'antiquaires, mais ceux-ci après quelques années se dispersent et nous ignorons le sort qu'ont pu avoir les riches collections formées à Baye, à Péronne, à Saint-Quentin, à Abbeville, et ailleurs, pendant les bouleversements de la guerre de 1914 à 1918. Et malgré tout le zèle des collectionneurs, des milliers de tombes ont péri, spo-
1 Nous donnons cette liste de musées d'après C. Barrière- Flavy, op. cil., 1. 1, p. xix. — a C. Barrière-Flavy, op. cit., 1. 1, pi. 15; A. de Caumont, Abécédaire ou rudiment d'archéologie. Architecture religieuse, p. 64. — 3 J. Marion, Rapport sur les fouilles exécutées dans le lit de la Moselle a Metz (une fibule), dans Revue des Sociétés savantes des départements. 1870, V1' série, t. I, p. 156; C. Barrière- Flavy, L'archéologie barbare dans le département de Saôncet'Loire pendant la période burgondc, dans Congres archéologique ^ie fronce, 1899, t. lxvi, p. 209; et dans Annales de l'Académie de Maçon. 1900, t. xxxn, p. 122; L. Gontil, Le mobilier funéraire mérovingien et carolingien de la Normandie, dans Bull, archéol. du (lunule, 1910, t. xxvm, p. i.xix; Cochet, Sépultures romaines et mérovingiennes, dans Bulletin monumental, L853, t. xix. 1856, t. xxu, p. 329; A. de Roumejoux, L'ornementation aux époques mérovingienne et carlovingicnne, dans Congrès archéologique de France, 1894, t. i.xi. p. 317, 6 pi.; Ch. Dangibaud; L'orfèvrerie <hi< mérovingienne dans le bassin de la Charente, dans Recueil de la Commission des arts et monu-
liées, dévastées, exploitées: des milliers d'autres ne seront sans doute jamais explorées, car < on pourrait presque aller j usqu'à poser en règle générale que toutes les églises et les chapelles antiques qui n'ont point été détruites ni rasées de fond en comble, possèdent, sous leurs dalles ou sous leur pavement, des sépultures franques faisant partie d'un cimetière qui s'étend parfois sur un vaste rayon autour de l'édifice et de ses ruines. A. de Caumont, cite un des capitulaires de Théodulphe, évêque d'Orléans, lequel défend d'abord d'enterrer désormais, dans les églises, si ce n'est les prêtres et autres personnages, et ordonne ensuite de recouvrir d'un pavement les sépultures qui s'y trouvent déjà, mais auxquelles on ne touchera pas s. »
Il n'est pas douteux que dans beaucoup d'églises où le sol a été relevé considérablement il doit exister à une profondeur variable des inhumations, non seulement franques, mais gallo-romaines, qui feront peutêtre, quelques-unes du moins, l'émerveillement des archéologues de l'avenir3.
X. Le vêtement et l'armement des Francs. — L'absence complète ou la rusticité grossière des monuments figurés, comme le mutisme ou l'énigmatique brièveté des textes littéraires, nous eussent laissé ignorer presque tout du costume et des armes barbares, si les tombes n'avaient révélé ce que les manuscrits, les inscriptions, les bas-reliefs ne pouvaient nous apprendre. « Ce que je désire recueillir, avec ardeur, c'est moins un vase ou urne médaille, qu'une ligne du passé, écrite dans la poussière des temps, écrivait l'abbé Cochet *. » Il semble qu'une certaine uniformité régnait dans les vêtements et l'armement de tous ces barbares. Burgondes, Wisigoths ou Francs. Mais uniformité n'est pas identité. Nous sommes moins renseignés en ce qui regarde les Wisigoths, parce que les cimetières moins nombreux au sud de la Loire, ont été fouilles, sauf deux ou trois, avec peu d'attention et bouleverses plutôt que fouillés. Dans les nécropoles franques on peut arriver à un résultat plus positif et à des précisions d'une certaine rigueur. La reconstitution proposée par J. Quicherat est vague et contestable s. B. van Bastelaer a serré de plus près la vérité dans ses recherches sur l'armement et le costume du guerrier franc de la Gaule belgique 6; A. G. Schayes avait tenté une reconstitution du costume germano-belge, qui ne devait pas sensiblement différer de celui du franc '. Dans ce costume, les armes tenaient une place prépondérante, et il est certain que leur fabrication devait occuper une partie considérable de la population. Leur quantité dépasse tout essai de statistique et, pour un grand nombre, leur qualité est tellement excellente, qu'il arrive que des haches, exhumées après quatorze ou quinze siècles de séjour dans la terre, peuvent encore faire un utile service 8. Ces armes
ments historiques de la Charente-Inférieure et Société d'archéologie de Saintes, 1893-1S94, t. xn, p. 232; M. Ardant, S. Eloi, orfèvre, émailleur, dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1863, t. xm, p. 229; J. de Baye, Industrie de l'époque barbare en France, dans Bulletin de la Soc. nal. des antiq. de France, 1892, t. xxx\ i, p. 162: J. de Haye, Antiquités frankes trouvées en Bohême, dans Bulletin monumental, 1894, t. lix, p. 252-273, 7 pi.: Antiquités franques trouvées en Bohême, dans Bulletin monumental, 1907, t. i.xxi. p. 5-31. — ' Cochet, La Normandie souterraine, p. 3. — s J. Quicherat, Histoire du costume en Fiance, in-8, Paris, 1875, p. 45. — 6 B. van Bastelaer, Essai de reconstitution de l'armement et du costume des Francs de la Sombre, in-s-, Bruxelles, 1889. P. Cicmen, dans Zeilschrift der Aachen Ceschichtsiereins, 1889, t. xi, p. 235-236. — ' A. G. B. Schayes, La Belgique et les Pays- Bas pendant la domination romaine, in-8°, Bruxelles, 1877, t. i, p. 167. — " C. Barrière-Flavy, Les arts industriels des peuples barbares île /./ Houle, in-4°, Faris, 1901. t. 1, p. 71.
III VNCE. Il
ont ctu, semble-t-il, fabriquées dans les vallées de la
Belgique, ou du moins le fer qui est entré dans leur fabrication provenait de Belgique. L'affirmation ne s'appuie, ajoutons-le, sur aucune preuve '.
Pour le vêlement proprement dit, on cite complaisamment une description de Sidoine Apollinaire, laquelle s'applique à un jeune prince, paré d'un manteau de couleur rouge écarlate et vêtu d'une tunique de soie blanche, brodée d'or, mais il est superflu d'ajouter que ce pimpant attirail no devait pas être fort commun. Les pieds étaient enveloppés de bandes de cuir, les genoux, les jambes et les mollets étaient nus. l'n justaucorps de plusieurs couleurs, haut et serré, idait a peine à la hauteur du jarret. Les manches couvraient la partie supérieure des bras et l'étoffe était verte, rayée de rouge. Une ceinture ornée de têtes de clous autour des reins, un glaive suspendu à l'épaule par une courroie : penduli ex liumero gladii balleis supercurrenlibus.. .
Les détails donnes par Pomponius Mêla et par Strabon sont moins facilement applicables aux Francs parce que ces deux auteurs, et le second surtout, ont iéré principalement des Belges qui, à cette époque, ressemblaient beaucoup moins à des Francs, qu'à des Gallo-Romains.
Le Franc devait être revêtu d'un justaucorps de toile, dont les fragments sont visibles parfois sur des pièces de métal, grâce à l'oxydation ', A la taille, une ceinture de cuir de longueur et de largeur variable, ornée d'une boucle, d'une agrafe, d'une plaque. A cette ceinture étaient suspendus l'épéc ou le scramasax, la bourse, le couteau, la trousse des objets usuels, tous rattachés par de petites boucles ou plaques arrondies et ajourées. Le fourreau de cuir ou de bois qui proté geait l'épée ou le grand couteau ou le sabre portait de même une décoration, parfois l'extrémité se nuit d'un disque de métal. La hache francisque, la lance [ramée et le bouclier complétaient l'armement, l'angon est rare, le casque est encore plus rare.
I.a femme franque portait une ample robe dont l'étoile ne s'est nulle part conservée. Le cou et la gorge
■ talent emprisonnés dans une sorte de fichu croisé et maintenu droit par une longue épingle ou par une broche ou fibule, plus simplement par une épine. Les
il nus probablement. Une fibule habituellement ronde, placée sur la poitrine, était pourvue d'une chatnette terminée par un crochet, au moyen duquel on pinçait vers le bas une partie de la robe traînante. A la taille, une ceinture peu différente de celle des hommes, a laquelle s'attachait la bourse, la rouelle de bronze ajourée d'où s'échappaient quelques chainettes, trois ou quatre, de même métal, retenant chacune un ou plusieurs objets de toilette ou de néce ité, tels que pi-igne, briquet, perçoir, cure-oreilles, clefs, Ciseaux, etc. La chaussure , t ait plu j délicate, composé, de lanières plus étroites de cuir ou de toile soutenant s lier et s'enroulant parfois autour de la j
1 v. Talion, Les armes franques et leur fabrication en Belgique, dans Revue universelle det minet, 1890, 111» série, t. xn. ihmidt, Dos germanische Todtenlager bel Sebxn, in-N', Main/, ISIS, p. I. — > .1. M. Thaurin, Sur un casque en broiut "r, | d'ordu l l'n '
rt'AmîrevIlle), dans Bulletin ■'■ /" Société des antiquaires de Normandie, 1860, t. i, ] re-Flavy, Le
et la cotffur tri àVépoqw mérovingienne,
■ ta n s Bulletin île la Soi létéarchéologlque du M finir la France, is'.ih, i. \i.i>. 115sq.; L. Blancard, I francs «tria monnaies mérovingiennes, dans Mémoire mledes
cieno tu is</.- Marseille, 1803-1806, l. \\\.
n. 1S7 s.|.; i,. Coutil, Casques antiques, ln-12, Le Mans, 1015, [vols, Histoire légendaire des Iran
Burgondes aux ni- et IV» ttécles,u\-%, Paris, 1867, \>. 80, t ts, 201 : l.a Saga di
lbld.,La Stiya de Thldrlek de Bern.a. 13-20. --• Ibld.,
ces ba,ndes se fixaient ù l'aide de petites boucli plaques de métal de même style (pie les agrafes de la ceinture. Au cou, elles portaient un collier composé de grains d'ambre taillé, de perles, de verre soufflé, de terre céramique, de pâte de verre avec incrustations multicolores. Les pendants d'oreilles se composaient d'un grand anneau fait d'un léger fil de bronze ou de fer argenté ou dore, parfois même de laiton avec une pendeloque formée d'une perle de verre, d'un morceau d'ambre, ou d'un bouton polyédrique en métal in crusté de grenats. Les bracelets et les bagues sont généralement simples, en verre ou en bronze rehaussés d'un chaton ou ornés d'un monogramme.
XI. Le casque et la coiffure. — Les (iaulois et les Romains protégeaient leur télé a l'aide d'un casque de métal'; les barbares en devaient donc porter aussi et l'axiome fut admis que les Francs étaient coiffés du casque. La légende ne laissait d'ailleurs aucun doute. Gannar, chef des Burgondes, parle de son casque venant des salles de Kiâz4; Vidga, fils de Vêlent réclame, pour combattre, un heaume solide 6; Sigurd, partant à la conquête de Grimhilde, au pays des Burgondes, équipe onze cavaliers bien armes cl coiffés de heaumes 6; Walthari, chef des Huns, porte un casque à crinière rouge '. Cependant, malgré la légende, les fouilles ne révélaient pour ainsi dire jamais la présence de casques. On avait mieux que cela; on avait des couronnes. Un jésuite, le 1'. Vignier (t 1670), ayant trouvé aux Riceys, près Bar-sur-Seine, une tombe barbare contenant deux adultes, deux enfants el deux seaux, coifTa les adultes de la monture en bronze des seaux et déclara gravement que les défunts portaient un diadème ou couronne radiée8; le liev. l'ère en conclut qu'il avait découvert la tombe de Divico, fondateur des Riceys, 58 ans avant Jésus- Christ. En 17-10, découverte analogue près de Verdun, une couronne de bronze dore fermée par une anse de cuivre, avec à l'intérieur des débris de cuir '. Même facétie en 1838, près de Xanten (grand-duché de Luxembourg), découverte de la sépulture d'un chef franc dont la tète était coiffée d'une'couronne de cuivre 10. Il s'agissait toujours d'une garniture de seau dont on faisait un couvre-chef. L'abbé Cochet lui-même fut trompe un instant et aussi il pensa voir un casque dans Vumbo des boucliers, mais l'exiguïté de la pièce le convainquit de son erreur ".
Un antiquaire français pensait que les Francs portaient un simple bonnet de fer prenant la fou la tête, laissant le visage à découvert et arrondi au sommet, qui était quelquefois surmonte d'une pointe aiguë1 C'est a liés peu près, disait-il, la coiffure de guerre actuelle de certaines peuplades du Caucase et des cavaliers persans ». J. Quichcrat parle du casque à cimier des barbares u, ce qui n'est prouve ni par un monument, ni par un texte; R. van Bastelaer, mieux instruit, ne donne pas le casque aux gui francs du v» siècle '5.
Les Nlebelungs,n. 3. — : Ibid., Poème de Walthari du moine Gérald, p. 437, n. ir>7. — 'Cochet, Sépultures gauloises, romaines. 1S.~>7, p. 279. — ■ J. J. Oberllii, Musaum Schôpfltnl. Thésaurus sepulchralis Vlrodunensts i~i", in-l, Argentorati, 177::. Ce ouïr était du bols. " P. Houben, hes Antlquartum, Xanten, 1839. ■ ochet, La JVormandle souterraine, 1854 "Rlgollot, Recher-
\r lr^ peuples de la race teutontquc gui envahirent les . dans Mrm. de I" Sur. des antlq, de Picardie, ls;,o. i. \. p. ui s,|. - u (.ii. N. A-llou, Eludes .sur
nies 'In moyen aoe,.dans Mém, de lu .Sue. nat. des <i"llq. ■/< France, 1834, t. \. p, " I. Qulcberat,
Histoire 'In costume, p- 88; Cf. B. Lambert, Noie sur les
monl iVBralnes ■ dans Bulletin monumental, is:t7.t. m. p. 203. - '• II. van
"■r, Essai »/< recorufflulfon archéologique de l'nrnument et du costume des Francs d* laSambre, Bruxelles, issu.
FR-ANCE. — II
Nous verrons dans un instant que le casque a été employé par quelques chefs barbares, mais non par tous. Grégoire de Tours rapporte que Clovis, à la bataille de Vouillé, cum fugalis Gothis Alaricum regem inter/ecissel, duo ex adverso subito advenienles, cum conlis ulraque ei latera feriunt. Sed auxilio lam loricœ quant velocis equi, ne perirel exemptus est *, sa cuirasse et son cheval le sauvent, il n'est pas question du casque. Les Francs portaient une chevelure épaisse qui, relevée et nattée, pouvait leur servir de protection 2. La partie postérieure du crâne était rasée, sauf, au dire d'Agathias et de Grégoire de Tours, pour les rois francs, par un privilège qui les distinguait du reste des guerriers 3, privilège étendu peut-être à quelques chefs *. Sur les sceaux de Childéric Ier, de Dagobert II, on voit la tète encadrée d'une abondante chevelure; sur le sceau de Childéric, les cheveux sont tordus en tresse à la hauteur des yeux et ensuite noués au-dessus des épaules. Cette coiffure se retrouve exactement sur une plaque de ceinturon wisigothique 5 trouvée à Saint-Léon (Haute-Garonne), ce qui confirme le renseignement donné par Sidoine Apollinaire : Au-
4634. — Casque trouvé dans un bras de la Seine. D'après Revue archéologique, 1S62, pi. v.
rium legulœ, sicut mos gentis est, crinium superjacentium flagellis operiunlur.
Lindenschmidt doute que les Francs et les autres peuples barbares eussent la chevelure longue et flottante, l'opinion qu'il exprime paraît reposer sur une confusion et d'ailleurs cet archéologue a souvent rapproché indûment des pièces de natures diverses attribuables aux premières et aux dernières époques des invasions barbares et jusqu'à la période carolingienne.
Ajoutons encore que certaines peuplades germaines, que les Francs ont pu imiter, avaient coutume de se teindre les cheveux, particulièrement les hommes, au dire de Pline e, d'une couleur rouge ce qui devait leur donner un aspect féroce 7. Au dire d'Isidore de Sé- Ville, les Goths faisaient usage de la sanguine.
L'emploi du casque ayant été exceptionnel, il y a donc lieu d'énumérer les exemplaires connus :
1. Vers 1862, un casque trouvé dans un ancien lit comblé d'un des bras de la Seine, au bas de la
1 Grégoire de Tours, Hist.Francor., 1. II, c. xxxvn. — — * L. Linrlenschmklt, Handbuch der deutschen Allerthumskunde, part. 1, p. 250; A. Terninck, L'Artois souterrain, Arras, 1881, t. iv, p. 149. — * Grégoire de Tours, Hist. Francor., 1. VI, c. xxiv. llic (Gundovaldus) cum natus esset in GaUiis, et diligenii cura nulritus, ut rcgum istorum mos est, crinium flagellis pet terga dcmissis. — * C. Barricrc- Flavy, >)]>. cit., t. i, p. 70. — 5 C Barrière-Flavy, Xole sur six stations barbares de l'époque mérovingienne, récemment découvertes dans le Sud-Ouest, 1894, p. 14. — ° Pline,
côte des Deux-Amants (fig. 4634). Cet objet se compose d'une première calotte en cuivre battu d'un seul morceau, destinée à envelopper le crâne au-dessus des oreilles et possédant un couvre-nuque. Sur cette première calotte est plaquée une bande de fer, puis une bande de cuivre repoussé, puis au sommet, une partie conique également en fer et qui se terminait par un tube, portant très probablement une aigrette. Le couvre-nuque est également revêtu d'une lame de fer. La bande inférieure, le couvre-nuque et le côté supérieur sont couverts d'émaux rouges et blancs séparés par des cloisons en fer d'une extrême délicatesse. Des rosettes d'or sont incrustées au milieu de petits disques d'émail rouge, sur la zone supérieure de la bande inférieure et sur la zone inférieure du cône qui termine le casque. Quant à la zone intermédiaire, en cuivre repoussé, elle présente des postes en forme de palmes contournées. Des rangs de perles très délicates et des rinceaux peu saillants et fins complètent l'ornementation de cette zone. Cette bande intermédiaire est de plus couverte d'une feuille d'or extrêmement mince et appliquée au brunissoir, sans soudure ni apprêt quelconque. Deux jugulaires, dont on voit encore les larges attaches, étaient émaillées sur le fer cloisonné. De l'extrémité du couvre-nuque au frontal, le casque porte 0 m. 23 et la zone intermédiaire, couverte d'or, a 0 m. 10 de largeur.
Il n'est pas possible d'admettre que ce casque soit de fabrication romaine, c'est une œuvre barbare 8.
Bibl. ■ — E. Viollet-le-Duc, Casque antique trouvé dans un bras de la Seine, dans Revue archéologique, 1802, p. 225-227, pi. v.
2. Casque de Vézeronce (frank ou burgonde) découvert en 1871, sur le lieu de la bataille de 524. (Voir Dictionn., t. n, au mot Casque, col. 2332, fig. 2169), rappelle par sa forme le heaume du xie siècle.
Bibl. — J. Quicherat, dans Bull, de la Soc. nal. des antiq. de France, 1878, p. 126; Inventaire général des richesse de la France, t. vi, p. 179; J. Guillemaud, Le tombeau du roi Clodomir à Vézeronce, dans Revue archéologique, 1872, nouv. série, t. xxxm, p. 105; Barrière-Flavy, Les arts industriels des peuples barbares de la Gaule du ve au vine siècle, in-4°, Paris, 1901, t. i, p. 330; Boulanger, Le mobilier funéraire galloromain et frank en Picardie et en Artois, in-fol., Paris. 1902-1903, p. 195; De Beylié, Le musée de Grenoble. in-8, Paris, 1908, pi. 185; De Baye, Les casques de l'époque barbare et leur répartition géographique en Europe dans Mém. de la Soc. nat. des antiq., 1909, p. 184-185.
3. Casque (goth) trouvé en 1896, dans une propriété de l'orphelinat de Giulianova, sur la commune de Montepagano, près d'Ancône, conservé au musée de Berlin.
Bibl. — Notizie degli Scavi, 1897, p. 413-414, fig. 2; Ubisch und Wulff, Fin langobardischer Helm in Kôniglichen Zeughause zu Berlin, dans Jahrbuch der K. preussischen Kunstsammlungen, t. xxiv, p. 208; De Baye, op. cit., p. 186, n. 3.
4. Casque trouvé en 1901, à Giiltlingen (Wurtemberg), conservé au musée de Stuttgart.
Bibl. ■ — Sixt, Fundberichte aus Schwaben, t. ix.
Historia naturalis, 1. XXVIII, c. i. — ' Lindenschmidt,
Handbuch der deutschen Alterthumskunde, p. 322-323.— 6 E. Viollct-Le-Duc, Casque antique trouvé dans un ancien bras de la Seine, dans Revue archéologique, 1862, p. 225-227, pi. v; cl. C.-X. Allou, Casques du moyen âge, extrait d'un ouvrage inédit sur les armes et les armures du mogen âge, dans Mémoires et dissertations sur les antiquiti n nationales ri étrangères publiées par la Soc. roy. des Antiquaires île France, 1834, t. x. p. 2S7-357; 1835, t. xi, p. 157- 234, t. xui, p. 285-315; t. xjv, p. 270-339.
FRANCE. — II
p. 38, Lindenschmidt, Die Allerltuïmer unserer heidnischen Yorzeit, t. v, part. 2, pi. n, xu, p. 45; J. M. Grôbbels. Der Reihengruber/und von Gammerlingen, p. 19; De Baye, op. cit., p. 186, n. 4.
5-6. — Deux casques exhumés en 1901 et 1902, près de Vid (Dalmatie), conservés au musée de Vienne.
Bibl. — C. List, Die Sprangenhelrne von Vid, dans Jahrbuch der k. k. zenlral-Kommission fur kùnsl und historiche Denkmale, t. i (1903), p. 251-272; cet auteur attribue les casques de Vid au vi* siècle, environ; de Baye, op. cit., p. 186, n. 7.
7. — Casque découvert en 1902, à Baldenheim (Alsace), conservé au musée de Strasbourg.
Bibl. — Henning, dans Miltheilungen der Gesellschajt fur die Erhaltung der gescluchtlichen Denkmùler in Elsass, 1906, t. xxi, p. 267; Le même, Der Helm von Baldenheim und die verwandter Helme des frùhen Mittelaltermit 10 Tafeln und 36 Abbildungen im Texl, in-8°, Strassburg, 1907; J. W. con Grôbbels, Der Reihengrùberjund von Gammerlingen, in-4°, Miinchen, 1905, p. 26; De Baye, op. cit., p. 186, n. 7.