Casque (alaman?) trouvé, en 1902, à Gammertln
4635. — Casque de Trivieres.
D'après Ment, de la Soc. des antiquaires, 1909, p. 175.
gen, près Sigmaringcn, conservé au musée de M. Hohenzollern-Sigmaringen.
Bibl. — .J. W. i.rôbcls, op. cit., p. 19; De Baye, op. cit., p. 187, n. 8.
9. Casque découvert, en 1903, à Chalon-sur-Saône, conservé à l'arsenal de Berlin.
Bibl. - J. W. Grobels, op. cit., p. 28; De Baye, op. cit., p. 187, n. 9.
10. Casque découvert, en 1908, dans la nécropole franquede Trivieres (Hainaut), conservéau musée du Cinquantenaire à Bruxelles. Ce casque fut trouve dans une tombe, sans aucune trace de cen ueil, il était plai é à côté de la tête du défont qui avait été enterré avec une èpée, un angon, une tramée et une francisque, ainsi qu'un couteau de petite dimension; on a trouve en outre une boucle de ceinturon d'une extrême simplicité, en bronze ou en potin, et un petit vase en terre.
Jusqu'à eelte date récente, on n'avait jamai
contri île casque dans les Innombrables sépultures flanques exploré! que(flg. b :;".). Surcccasque
on ne voit aucune ornementation, il se distingue en
ceci des neuf exemplaires qui précédent. La calotte est, en quelque sorte calquée, sur la forme du crâne,
ithlu,Afyrin<ui AMorlarum, 1. II, e. v, dan- Corp. ICTlpt. Iiisl. byzant., Bonn, p. 73-74, — ' Proeope, De bello
les trous peuvent avoir servi à adapter la jugulaire.
Bibl. — De Baye, op. cit., p. 173-175.
11-13. — Trois casques provenant de la Russie mériodionalc et conservés au musée de Berlin : calotte composée de quatre plaques de forme triangulaire, avec des jugulaires, le tout en fer, parfois avec une bande.
Bibl. — M. Ebert, Die frùhmittelallerlichen Spangenhelme von Baldenheinser Typus, dans Prœhistorische Zeilschrift, 1909, p. 65-79; Le même, EinSpangenhelm ans yE</i/pteri, dans même revue, 1909, p. 163- 170, pi. xvn, A. Gôtze, Ostgolliischc Helme und symbolische Zeichen, dans Mannus, 1909, p. 121-123: De Haye, Les casques de l'époque barbare, second mémoire, dans Mém. de la Soc. nat. des antiquaires, 1910, p. 109-110.
14. Casque ayant fait partie du cabinet d'Anastasy, trouvé en Egypte sur la tète d'une momie, entre, en 1828, au musée de Leyde. Une calotte en cuir se trouve à l'intérieur de cette coiffure.
Bibl. — M. Ebert, Ein Spangenhelm aus JEgyplen. dans Prœhislorische Zeilschrift, 1909, p. 163-170, pi. xvu; De Baye, Second mémoire, p. 110-111, fig.
De cet ensemble, il résulte qu'on ne doit plus écarter le casque de l'armement défensif des barbares qui se partagèrent l'empire romain. Ces casques appartiennent à l'époque des invasions; ils offrent entre eux des analogies et des diversités qui sont également dignes d'attention. Néanmoins, le nombre des casques par rapport aux milliers de tombes barbares explorées reste tellement infime, qu'on est en droit de conclure que cette coiffure était exceptionnelle et réservée à des chefs d'un rang élevé, et que ces chefs appartenaient à différentes peuplades barbares. Le casque de Trivieres aurait appartenu à un Franc, celui de Vézeronze à un Burgonde, celui de Giulianova à un Gothou à un Longobard, ceux de Wurzbourg et de Gammei tingen à des Alamans.
Un texte intéressant confirme le fait que les Francs n'usaient pas du casque. L'historien Agathias décrit ainsi l'aspect d'une armée franque qui ravagea l'Italie en 553 : « L'armement de cette nation est fort simple. Il est tel qu'il n'exige point d'artisans spéciaux de divers genres. Ceux qui s'en servent peuvent aisément faire eux-mêmes les réparations nécessaires. Ils paraissent ne connaître ni cuirasses ni cnémides. La plupart d'entre eux ont la tète découverte. Il en est pourtant, en petit nombre, qui combattent < de casques, ils ont la poitrine cl le dos nus jusqu'aux reins, d'où des braies, de toile pour les uns. de cuir pour d'autres, les enveloppent jusqu'au bas des jambes. Excepté un très petit nombre, ils ne se servent pas de chevaux, car combattre a pied est pour eux une tradition nationale dans laquelle ils ont i I VéS et exerces avec soins. Ils portent une epee te long de la cuisse et un bouclier au coté gauche. Us n'emploient ni arcs, ni frondes, ni aucune espèce de traits propres à être lancés de loin, mais des haches a double tranchai] I el ■ !> au
Proeope parlant de l'armée de Théodebert dit .simplement que « des cavaliers, en petit nombre, I talent le roi. Seuls, ils étaient armes de lances. Tous les autres étaient fan? ni ares, ni
lances; chacun d'eux portail une ij< lUdier
et une lnu lie dont le fer très torl étail a double Iran chant lient affilé *. »
Sidoine Apollinaire décrit le costume et l'armement d'un jeune prince barl are nommé Sigismer et di escorte*, Ils sont vêtus de longues tuniqw
leurs \ laissant les jal :
golhieo.l. II, c. kxv, dans Corp. B|/z., p. 274-248.
Apollinaire, Epf*(.,l, IV, n. J", f. 1 ., i.ivui, .-.
FRANCE
découvert et munies de manches courtes ne couvrant que le haut des bras. Ils portent des souliers ne chaussant le pied que jusqu'au talon et gardent les jambes nues jusque au-dessus des genoux. Ils ont une épée suspendue à un baudrier passé sur l'épaule, avec des pelleteries ornées de têtes de clous. Un manteau de couleur complète leur ajustement. Ils sont armés de lances à crochets et de haches de jet qu'ils tiennent de la main droite et sont protégés par un bouclier fixé au bras gauche; les parties courbes de ce bouclier ont un reflet semblable à celui de la neige; l'ambo est de couleur fauve. Nulle mention du casque dans cette description de soldats sous les armes, car Sidoine prend soin de nous en avertir.
Les casques que nous avons décrits présentent des analogies pour le type, et pour la décoration, elle montre chez les artisans sinon des modèles identiques, du moins une méthode commune de travail, l'emploi de procédés identiques et du même goût en matière ornementale. « Ils sont de la même époque » pourrait-on dire l.
Parmi les motifs décoratifs exécutés au repoussé, on remarque des oiseaux, probablement des colombes, becquetant des grappes de raisin, des ceps de vigne avec leurs fruits, des croix. Voici, par exemple, le casque de VOzeronce (voir fig. 2169) celui de Gammertingen. celui de Gutlingen, et celui de Vid qui reprennent ce même sujet en le variant chacun à sa manière, et il est difficile de n'y pas reconnaître l'influence des monuments du plus ancien art chrétien.
i D'autre part, certaines parties des calottes de casques ornées comme celle de Giulianova et de Gammertingen, présentent des figurations évoquant un souvenir vague, défiguré et atténué, mais qui n'en existe pas moins, d'une époque très antérieure. Ces figurations consistent en cervidés menacés par des oiseaux de proie à l'énorme bec crochu. Il s'agit de ces mêmes oiseaux rapaces, dont la présence est si fréquente sur les fibules barbares. Si l'on compare ces oiseaux au fort bec recourbé avec les volatiles (paraissant être des colombes), qui existent sur les bandeaux formant la base des casques, on remarque un contraste saillant entre les deux motifs de décoration. Ce contraste n'a du reste, rien de choquant; il ne nuit pas à l'effet d'ensemble des casques. Sur la bombe, c'est une scène d'un cachet sauvage, des oiseaux de proie si préparent à attaquer des cervidés; plus bas, sur le bandeau, la note est toute différente et empreinte d'une allure gracieuse; des colombes s'apprêtent à becqueter les grappes de ceps de vigne disposés en volutes parmi lesquels elles errent. Dans le premier cas. on discerne nettement le reflet d'un art de style oriental, l'art scythique, j'ose dire. Et cet art, il semble bien que ceux qui continuaient à en tirer parti n'en avaient plus la compréhension et ne le perpétuaient que par routine. Dans le second cas on est en présence de motifs d'ornementation d'un caractère franchement occidental, celui de l'art primitif des chrétiens. C'est cette dernière particularité qui permet de dater, du leste approximativement, l'époque à laquelle ces casques furent en usage et, peut-être aussi, de déterminer le rayon de leur fabrication !. » Pour la coiffure des femmes franques, il va sans
1 De Baye, Casques de l'époque barbare, 1909, p. 192; la plupart offrent le symbole de la colombe, becquetant du raisin; cf. Sorlin-Dorigny, Origine orientale des représentations de la colombe becquetant du raisin, dans Bull, de la Soc. des aniiq. de France, 1883, t. xxvn, p. 115. — • De Baye, op. cil., p. 192-193. — » A. G. Schayes, La Belgique et les Pays-Bas avant et pendant la domination romaine, 1. 1, p. 172. — *.J. Pilloy, Études sur d'anciens lieux ■ I,- sépulture de l'Aisne, 1880, t.i, p. 50,86,88, 90, 112, t. il, p. 23-251. — ■ SF. Moreau, Album Caranda, nouv. série,
dire qu'il n'est pas question de casques. La chevelure des jeunes filles était probablement flottante, celle des femmes mariées relevée et tordue sur le sommet de la tête '. Près de la tête ou sur la poitrine, on a rencontré fréquemment une épingle de bronze, argentée ou dorée, terminée par une tête ornée. A Envermeu (voir ce mot) l'épingle était recueillie sous le crâne du sujet; à La Balme, l'oxydation avait collé quelques cheveux à l'épingle; à Seraucourt-le-Grand, l'épingle se trouvait invariablement sous la poitrine ou sous le menton ; à Montigny-en Arrouaise, sous la tête des femmes; au Jardin-Dieu de Cugny, une épingle en argent doré, à tête conique ornée de filigranes, reposait sous le crâne de la défunte *. Dans une tombe de la villa d'Ancy, on rencontra soixante-quinze épingles 5. Dans les cimetières fouillés par l'abbé Haigneré, dans le Boulonnais, l'épingle était toujours posée en travers de la poitrine, au-dessous du cou 6, probablement pour retenir un fichu.
XII. Epée. — ■ On a trouvé dans les tombes' franques un nombre considérable d'épées; cette arme ne présente guère de particularités remarquables. La largeur de la lame est habituellement de 0 m. 05, elle est fixée à la poignée à l'aide d'une soie mince et courte. Le pommeau, de forme triangulaire, très aplati, est rivé à l'extrémité de la soie. Les épées des grands chefs sont d'une grande richesse, comme on le voit pour celle de Childéric Ier, celles de Pouan, de Rue-Saint-Pierre, d'Arcy-Sainte-Restitute et quelques autres; on emploie l'or et l'argent sur la poignée, à Boussières (Doubs), à Harmignies (Belgique), à Vendersheim (Allemagne), le pommeau est damasquiné, quelquefois il était de bois ou d'os, enveloppé de fils d'or,
La longueur diffère : en Normandie 0 m. 89; dans l'Artois, 0 m. 75; dans l'Oise, 0 m. 58 et 0 m. 65 et 0 m. 45 à Hermès ; en Champagne 0 m. 78, dans l'Aisne. la Moselle, le Rhin, 0 m. 89, et 0 m. 90, et 0 m. 95 ; à Belleray, Meuse, 0 m. 98; en Belgique 0 m. 69; n m. 72; 0 m. 80; 0 m.90. En Bourgogne ont été rencontrées les épées les plus grandes et les plus massives variant entre 0 m. 86 et 0 m. 92. Cochet a toujours rencontré l'épée au côté gauche des morts ; D. van Bastelaer aussi, dans les sépultures de Thuillies, mais la pointe en l'air et la poignée à la main du guerrier. Lorsque l'épée et le scramasax sont déposés dans la tombe, on les a souvent croisés sur la poitrine du défunt, comme à Mondorf 7. Dans la nécropole d'Oyes (Marne), qui compte 2 000 sépultures, on n'a rencontré que trois épées, ce qui montre une fois de plus que l'épée n'était pas une arme commune et cela confirme les mots de Tacite parlant des Germains : Rari gladiis ulunlur. A Oyes les épées ne se distinguent en rien de ce qu'elles sont ailleurs, une d'elles est accompagnée d'une hache et d'une lance à crochets; à Joches (Marne) une très belle épée était placée à la droite du défunt 8.
De même qu'on fêlait intentionnellement différents objets déposés dans la tombe afin d'empêcher leur utilisation future par les violateurs, on ébréchait souvent une épée, ou bien on la ployait au feu. Ce fait a été constaté dans le cimetière d'Harmignies * et dans plusieurs cimetières francs de la Normandie fouillés par l'abbé Cochet, notamment à Envermeu 10, de
pl. lxxv. — 6 Haigneré, Quatre cimetières mérovingiens du Boulonnais, 1860, p. 24. — " Namur, Notice sur les tombes gallo-lranqucs du grand-duché du Luxembourg, p. 45; cf. P. de Goy , Épée gauloise de fer trouvée à Lachaisc, commune de Virnay (Cher) dans Bull, de la Soc. nat. des antiq., 18S3, t. xxvn, p. 78. — * De Baye. Sépultures franques de Joches dans Revue archéologique, 1880, pl. xx. - — 'A. de Loé. Notice sur les antiquités franques d'Harmignies, Mons, 1884. — "> Cochet, Sépultures gauloises, 1857, p. 18, 19, 148, 405, 410.
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