SIM
même C. Barrière-Flavy a fait cette constatation en Bourgogne '. et Ch. Aubertin l'avait faite déjà a Beaune 3. Il est incontestable que la brisure des lames est trop nette pour n'être pas intentionnelle. Le fait avait été constaté en 1839, par l'abbé Durand, dans le cimetière de BénouviUe (Calvados)3.
En 1859, l'abbé Cochet écrivait ceci : Il in a été trou\ are dans les fouillis de tous les pays
et de toutes les époques. Nous axons rencontré beaucoup d'armes rompues ou entaillées dans les i francs d'Envermeu.de Londinières, d'Ouville, dans les
sépultures gallo-romaines d'Eslettes, de li
du château de Bobert le Dialde... L'épée de Childéric II fut trouvée rompue... Une cinquantaine d' ployéesont été vues a Tiéfenau, eu Suisse, lors de la
[verte qui s'y lit. en 1851, d'armes et de chariots • le guerre. M. de Bonstetten dit que l'usagi
au feu dans le tombeau desguerriers était i mmune chez 1rs anciens habitants du
mark et chez les Vendes*. Et l'abbé Cochel conclut que cette mesure était une précaution prise contre les violateurs de sépultures. C. Barrière-b lavy et plusieurs archéologues sont d'un avis différent. .1. J. A. Vorsae considère ces laits, constatés en Sleswig, en Juttland, en Pionie et à Bornholm, comme « fondés sur d'antiques coutumes religieuses datant de l'âge de bronze, comme l'oflrande aux dieux du butin de la victoire : les ex-voto étaient en général tordus, brisés, martelés, de façon à être mis hors d'usage5. I >rs épées ployées recueillies dans les sépultures de Herrlisheim ont suggéré une explication analogue "et D. von Bastelaer, au sujet d'armes tordues et brisées rencontrées à Strée, dit que c'était là un signe de deuil pratique fréquemment en Germanie et assez souvent n (, aule7. Haches, lances et couteaux ne souffraient pas ce traitement d'abord parce que leur valeur vénale était bien inférieure à celle d'une épée, mais la
lice de bijoux précieux dans les tombes où on ébréchait une épée était un contre-sens puisque les violateurs étaient assurés de ne pas perdre leur peine. Ce qui est plus vraisemblable, c'est que différentes inspirations décidaient de cette pratique. Tantôt on voulait marquer que l'épée du guerrier lui était devenue inutile, tantôt on voulait détourner les voleurs de s'emparer d'un objet dont ils ne pouvaient tirer beaucoup d'argent '.
XIII. Fourhf.au de i'i . i i . — L'épée était protégée par un fourreau de bois recouvert de cuir qui s'est gi néralement pourri et dont il ne subsiste que la
bouterolle et les ornements en bronze ciselé, ou plus rarement en argent. Quelquefois, sur le plat du fourreau, on remarque de petits ronds de bronze assez semblables à des monnaies frustes ou à des boutons. Uans quelques cas extrêmement rares, l'extrémité du fourreau est renforcée d'une- pièce de métal en forme
■ le demi-lune, pur exemple à Envermeu.
V Oberflacht, laives étaient dans les four-
reaux ; les plus simples fabriqués en écorce de bouleau,
'.h. Aubertin, Observations sur quelques armes del'èpoque
Memb. >i>- lu Société des Antlq,de Normandie, t. \u. p. 2'^s. ' Cochet, / t tombeau <!•■ Childi rlc I '. ni -s . Pari! i'. 77. ' J, .1. a.Wui Ionisation de lu Ru
■ (n Nord tcandlnave, Uans Mémoires •!•• lu Société royale des Antiquaires du Nord, 1872-1877, p. 155-156.
Rapport ur 1rs anttqutt aux environs </'■ Colmar,
Bulleitn de lu Société pour la conservation des monjj- •nenls Ali toriq ut» d'Alsace, Il sérle,t.vi,1 'i7.
i. /.'■ cimetière belgo-romano-franc </<• .n s . \b„,.. isT7, p. 2ss. ■ Mongez, .s
■ ur les procédés om les ancli n noerttr le 1er en acier, dont M VJnslil. nal.
Irts. Lltter. et Beaux-Arts, 1804, i. v . p, 517.
DU l. n' Mo II ( 1IRÉ1
d'autres r, nforcés de cuir et quelques-uns ayant une garniture d'argent au bas. à la tête et sur I cotés '. A Fareberswiller (Moselle), «le fourreau de i sislait en deux planchettes de bois, reecuvertes de cuir, le tout ajuste entre des tringles de cuivre l0; » à Seraing, près Liège, on reconnaissait sur les lames ■ les vestiges d'un fourreau de lois qui fui probablement recouvert decuir" ; à Envermeu. une Inmcd'é- . c sur toute sa longueur trace d'un fourreau di ouvert de cuir. Vers le sommet, deux tringles de cuivre rayées, étamées ou argentées, décoraient le fourreau dont la pointe arrondie était garnie a. la base d'une feuille d'argent longue de 0 ni. 10 et munie également de deux tringles argentées ou d'argent pur: cet ornement, du reste, ne se rencontre que d'un cote, celui par où l'épée ne louchait pas aux vêtements du guerrier 12. »
D'après M. Van Bastelaer, le cuir était plus spécialement employé pour le fourreau des épées; le bois recouvert de cuir pour ies scramasax '*. Lorsque le cuir est uni, les ornements métalliques abondent : boutons, anneaux, plaquettes de bronze. Le cuir était retenu, le long de la lame, par une tige creuse de cuivre, ou par une série de rivets. Lorsque le cuir était gaufré, il représentait d'ordinaire un système de tresses, par exemple ù Haulcs-Wihcrics et à Fontaine-Vaimont ".
Le dard ou bouterolle avait une forme spéciale en gouttière; elle enveloppait le double de cuir à l'extrémité et se prolongeait le long d'un des côtés du fourreau plus ou moins haut vers l'ouverture '-. Le fourreau était aussi pourvu à l'entrée d'un anneau ou bracelet auquel était joint une béliére qui servait a le rattacher au ceinturon. Cet ti jt ordinairement
ciselée, quelquefois même ornée de verroteries '". On a trouvé des fourreaux d'épées ornés à Envermeu, a Fareberswiller, à Seraing, à Bel-Air.
XIV. l.i: scramasax. — On a dit: c'est l'arme des Saxons, puisque sax en la langue de ces barbares signifie combattre. Étymologie empirique que les faits contredisent, car c'est dans les tombes anglosaxonnes que cette arme se rencontre le plus rarement. Sur 794 tombes fouillées dans le Kent, on n'a rencontre que neuf scramasax 1?. Le scramasax semble correspondre aussi bien aux brèves gladii que Tacite donne aux Germains du nord, qu'aux mtti qu'Ammien Marcellin assigne aux Quades et aux Got lis. enfin au culler validas nommé par Grégoire de Tours. au scrama de la loi wisigothe, au demi-spatha de la loi burgonde (semis pat ium dans un capitulaire de Pé pin), au cultellus de la loi salique . Le scramasax
n'excluait pas l'épée, les guerriers s'armaient des deux instruments, ainsi qu'on le voit dans les poèmes qui n'ont subi aucune retouche postérieure ".
On est porté à croire qu'on maniait cette arme des deux mains, i e qui expliquerait li i u ment
considérable de la soie. La poignée atteint uni
gueur de u m. 18 à n m. 2tiâ et souvent elle u
presque le tiers de la longueur totale de l'arme".
9 1". von Durrich und W. Menzel, Die Heldengr&ber am Lup- Ober /lacnl, 1847, p. 111. '' I lufrcsne, Notice sur les sépultures gallo-franques à Farebersujiller Metz,
ix.v,, p. r,. — u Hagcmans, Rapport tur !" découverte cV un cimetière franc-mérovtngten u Seraing, 1856, p. lil-uâ. —
i. Sépultures gauloises, romaines, franques «/ iu>r mandes, is.",7. p. 162, t I acr, Le c/mi
Hère franc de Fontaine-Vaimont, Bruxclli , 164,
'/Mi/., p. 164-H hmldt, Handbucli
,/, r deutschen Alterlhumskunde, p. "Cochet,
Sépultures, p. 201 sq. Vc
-. un Port ■ Huit,
tir tu Soc. nul. des anliq. de France, 1860, t. n, p. ni i: Llndemtchmidt, flandbuch der deutschen Alterthumiknndc, p. 210-211. lbtd.,p. 212. ■' Ibtd . , -
FRANCK
Cette soie était, le plus souvent, introduite dans un morceau de bois ou d'os, et rivée à l'extrémité opposée. La poignée d'os était composée d'anneaux séparés par une bague de métal (par exemple à Bel-Air, Suisse); elle était revêtue de cuir uni, ou dans les armes riches de feuilles d'or et incrustée de verroteries. Point de garde, la poignée n'est séparée de la lame que par une plaque de fer à peine débordante. Le fourreau consistait généralement en deux planchettes reliées par une ferrure de bronze et recouvertes de cuir. L'extrémité était le plus souvent arrondie et munie d'un dard de bronze. Tour à tour le scramasax servait d'arme et d'ustensile, un peu à la façon de l'ancien sabre
4636. — Scramasax trouvé à Blandy.
D'après Revue des Sociétés savantes des Départements,
V« série, t. m, 1872, p. 439-460.
baïonnette, il y a un siècle; son usage était journalier, il servait à combattre un ennemi, à tuer un porc, à couper des branches, à creuser un trou en terre.
La lame portait des sillons dans le sens de la longueur ' et on a conclu du rapprochement des textes que cette rainure contenait du poison. Mais ces textes semblent plutôt porter à faire croire que le cas était exceptionnel. D'après le récit de Grégoire de Tours, on peut soutenir que c'était là un raffinement de cruauté. Pour l'assassinat de Prétextât, évêque de Rouen,
1 Cochet, Sépultures gauloises, p. 209. signale : un scramasax à double rainure, à CollevUle, près Fécamp, en 1856; deux scramasaxes énormes à deux rainures, à Sigy, 1856 i trnlsseramasazesa dmililc raiii un ;> <)m i lie ;(!<■ même encore à Fareberswiller, eu Lorraine.:! MannevIlle(Calvados). — 3Gré[îoirede Tours, Hist. Francor.,1. IV,ch. xi.vi. — :i Ibid. 1. VIII, ch. xxix. — ' D. van Bastelaer, Le cimetière franc de Foniaine-Valmont, 1895, p. 114. — '- Conservé au musée
Frédégonde fait empoisonner la lame du scramasax : Cum validis cuiiris quos vulgo scramasaxos voeanl, infeetis veneno, utraque lalera ei feriunt 2; pour l'assassinat de Sigebert duos cullros ferreos fieri prœcepil t,uos eliam caraxari profondius cl veneno inftci jusserat 3. De plus, l'immense majorité des scramasaxes recueillis dans les cimetières ne porte pas de rainure, ou bien cette rainure n'est qu'un filet si mince qu'il n'eût guère pu recevoir du poison, et il se termine trop loin de la pointe pour avoir pu communiquer aisément le poison à la plaie.
Il y a eu trois formes de scramasax chez les Francs établis en Belgique, en France et en Allemagne. « Chez les uns, le tranchant et le dos de la lame s'inclinent également vers la pointe, où ils se réunissent sous une courbure égale de chaque côté. Cette courbure est parfois fort peu prononcée, et le tranchant et le dos sont presque en ligne droite. Pour d'autres, le tranchant est droit et le dos seul se courbe vers la pointe. Dans les derniers, en lin, c'est le dos qui est droit et le tranchant se courbe vers la pointe. Il arrive aussi que le dos n'est ni courbé ni arqué, mais droit et coupé au bout en biseau net, ou un peu creusé à la façon de la pointe de certains cimeterres de Turquie 4. »
Le scramasax se retrouve dans la généralité des cimetières burgondes. Tandis qu'à Herpès (Charente) les scramasaxes varient entre 0 m. 26 et 0 m. 40 de longueur, à Charnay, ils ont 0 m. 50 à 0 m. 70 et même, à Yertamboz (Jura,) on signale un scramasax qui mesure 0 m. 785 5, ceci explique pourquoi il porte dans le code des Burgondes le nom de semi-spalha l. Chez les Burgondes, l'arme présente plusieurs variétés. Tantôt le des est droit, et le tranchant, à partir des deux tiers de la longueur, se relève insensiblement vers la pointe, tantôt le dos et le tranchant se courbent simultanément, soit d'une manière insensible, soit brusquement vers l'extrémité. D'une façon générale, le scramasax burgonde s'éloigne de la technique du scramasax franc '.
Voici quelques dimensions pour des scramasax recueillis en Belgique, Picardie, Ile-de-France, Artois, Champagne : 0 m. 30, 0 m. 33, 0 m.35, 0 m. 40, 0 m. 42, 0 m. 44, 0 m. 47, 0 m. 50, 0 m. 55, 0 m. 60 et 0 m. 65. Dans la Bourgogne cisjurane : 0 m. 52, 0 m. 60, 0 m. 67, 0 m. 70, 0 m. 72, 0 m. 785; dans la Bourgogne transjurane ou Suisse: 0 m. 55, 0 m. 59, 0 m. 62, 0 m. 64, 0 m. 65, 0 m. 67, 0 m. 70, 0 m. 72, 0 m. 76, 0 m. 77, 0 m. 83. Le scramasax est très fréquent chez les Francs Neustriens et devient plus nombreux encore à mesure qu'on se dirige vers l'Est. Dans la Rhénanie, l'abondance devient profusion; sur deux cents sépultures d'une même époque, dont les mobilier funéraires sont conservés au musée de Mayence, on compte vingt-trois grands couteaux ou langsax et quarante-sept scramasax 8.
Il est trop rare de pouvoir rencontrer et citer une arme barbare ornée d'un symbole chrétien pour ne pas accorder quelques lignes de description à un scramasax franc orné d'une croix.
Des terrassements faits à Blandy (canton du Châtelet, Seine-et-Marne), au mois de décembre 1869, mirent au jour une dizaine de cercueils de plâtre renfermant des squelettes et non pourvus de couvercles. Ces cercueils ne portaient aucune marque décorative, croix, stries, etc.; chacun d'eux renfermait un squelette.
deBesançon. — 6 Lex Burnundionum, tit. xxxvn.De educto gladio: Quicumque spatham tint semispatham eduxerit ad percutiendum aller am et non perçussent, inférai mulctœ nomine sol. XII; si fiercusscrit inférât similiter sol. Xil cl de inflicto vaincre judicelur. — ' C. Barrière-Flavy, Les arts industriels, t. i, p. 357-358. Des scramasaxes burgondes ont été trouvés dans plus de cinq cents localités. — s Lindcnschmiùt, Handbuchdei deutschen Alterthumskunde,p.211-212.
Au cote droit de l'un des morts se trouvait une épée ou long couteau, probablement un scramasax qui fut trouvé intact et mis en pièces par les curieux et les enfants. D'après les débris recueillis, cette arme pouvait mesurer 80 à 90 centimètres. Le fourreau en métal se terminait en pointe. 11 était droit, sans renflement, quoique l'adhérence de plâtre, d'autres matières étrangères et l'oxyde lui donnent aujourd'hui une forme renflée vers le milieu de la longueur. Sa partie supérieure, à l'endroit joignant le manche, est ornée de clous à tête cylindrique, en cuivre jadis doré, au nombre de quatre et d'incrustations en argent offrant la forme d'une croix et de lettres qui semblent pouvoir être ramenés a ceci :
Des traces de lilets incrustes en argent se distinguent sur les bords. Le manche est également en métal, sans garde, légèrement recourbé d'un côté, et portant, pour seul ornement, — dans son état de dégradation actuelle — deux clous en cuivre plus gros que ceux du fourreau. On y distingue des traces d'un treillis métallique qui devait le recouvrir entièrement. La lame était en fer et tranchante d'un seul côté * (fig 4636).
Dans la tombe du guerrier le scramasax était habituellement dépose a droite du défunt, mais tantôt la pointe en haut, et donnant au squelette l'attitude du port d'arme *; tantôt la pointe en bas et placée contre le fémur'. A gauche du défunt, elle occupe généralement les mêmes positions; mais il est fréquent de rencontrer le scramasax posé obliquement, la pointe vers le genou; au milieu du corps ou entre les jambes, la pointe en bas, en travers sur la poitrine ou sous le corps. A Selzen, le scramasax se trouvait généralement à gauche, placé un peu obliquement entre la poitrine et le bras, la pointe en haut *.
XV. Couteau. — ■ On peut dire que partout où a été inhumé un défunt, on rencontre un couteau. Les femmes aussi bien que les hommes le portent à la ceinture ou suspendu parmi les objets de la trousse. On ne vivait pas et on ne pouvait pas vivre sans un couteau; le vol de cet instrument indispensable est puni par la loi salique d'une amende de quinze sols : Si quis cultcllum alienum furaveril, sexcenlis denariis qui faciunl sol. XV culpab. judic *. Il devait être parfois renfermé dans un étui faisant corps avec le fourreau d'un plus grand couteau ou même du scramasax; car on rencontre les deux lames parallèlement adhérentes par l'oxydation à Charnay, à Bassccourt, à Muids,
XVL Poignard. — On rencontre rarement le poignard dans les tombes. Ses dimensions sont celles d'un grand couteau : la soie est courte et robuste et terminée par un pommeau de fer, quelquefois damasquiné or ou argent, comme celui de Saintc-Catherine-les- Arras (Pas-de-Calais) ', celui de Wabern (Suisse). En France, on a trouve des poignards a Arc-et-Senans, Houssi loubs), Chaussin (Jura), Menoux
(Haute-Savoie), Caranda, Chassemy, Courbes (Aisne), Douvrend, Bnvermeu, Villainviile, Sainte-Margueritesur-Mcr (Seine- Inférieure). Driencourt (musée de Neufchâtel-en-Bray),VIUeferry,Salnt-Euphrône
■ G. Leroy, Sépultures </< l'époque tronque découvertes <i Blandg, canton iln Chùlelet, dans /
parleiro rie, t. m, 1872, p. 459 160. • J. Pllloy,
ur fondent lieux de sépulture de l'Aline, t. i. p. 88,
-'H. Baudot, Mémoires surles tépuitures barbarea
de Bourgogne, 1860, i>. 'Si. ' Lindenichmidt, Dos germa-
nlager bel Selzen, Mainz, 1848, p. 4, pi. xn, xvi,
xvm.i ti . tit. \\i\.;ui. îj, • V.Teminck,
L'Artol louttrraln, in-«',Arras, 1881, t. iv, p. 102. ' Lin-
d'Or). Andresy (Seine-et-Oise), Nabécourt, Délut (Meu
XVII. Axe >x. — Cette arme diffère très peu de celle que l'antiquité grecque et romaine appelait le javelot. Une tige de fer trempé soit carrée, soit circulaire, soit polygonale, se terminant par une pointe losangée, à ailerons aigus, rabattus le long de la tige, m à la manière des barbes d'une flèche. L'extrémité ni' posée accusait un fort ren flement de 0 m. 05 à. 0 m. 10. avec une douille tantôt fermée, tantôt ouverte, et se resserrant au moyen de viroles de fer '. Le manche en bois, assez court, muni d'une corde que retenait le guerrier tandis qu'il lançait le trait dans le bouclier' de l'adversaire; s'il y pénétrait on exerçait une pesée qui obligeait celui dont le bouclier était percé, à se découvrir8. Telle était la destination et la manœuvre. Agathias le Scholastiquc a donné une description célèbre de l'angon des Francs : sial Se oï ^yy^veç 86paxx où X£otv ojjLlxpà, oû|zevoSv à'/.À' OuSè xyy.v uEyâXx, àXX' ôaov àxovriÇeaOxf. te, eïirou Ssrjaoi, xal èç xàç àyxE- (iàyvj; r:>;paTà;£i; 7rp6; :%- èu.ooXàç cçLXveïaOai.
TOÙTCOV Se TÔ ÏT XEtOTOV (XSpOÇ OlSï]?01 TTIXVToOeV TTEpt:
/ETai, <oç ÈXâ/iaTÔv ti Six9xi\Eo6ai xoû ÇùXoïi, xal u,6Xiç oXov tôv aa'jpcûTïjpa- aveu SE à|i.çl to axpov rr,r alyy.ffi xau,roiXai Tivèç àxiSs; èièyyinrj éxxTépiuGev Èï ajTT,ç St]~ou -rftz ÈnSopaTiSoç, &a-Ep à^-xinTpa ûitoyva:r:6u,£va, xai iç tx x&roi vevEÛxaat. Kal o3v àiptrjat
TU^OV ÈV aU|X~X0Xfl TOÙTOV Sï) t6v lÏYYOJVa ^P^YY0?
àvrjp. Kai eî u,èv acou,xTt 7roo èy^pîiJ/eiev, EÎaS'JETai u,sv eÏct(ù, wcF7rEp eIxôç, y) alyu/J), oûre Se aùxàv t6v pXr,0ÊvTa oote àXXov Tivà Èpùaat. pxStcoç èveam tô S6pu. Eipyoua'. yàp aîàxiSE? èvSovÈvEyjîu.Evai Tfl aapxl, xal Jtixporepac ÈTrâyouaat xàç oS'ivaç, &<jte EÎxal u./) xouplav tov RoXé- [uov Tpto6?;vai 5uvevey 8£l7], àXXà TaÙTy) ye SixçOapîjva'.. Sun! vero angones hastœ qusedam neque admodum parvse. ncque admodum magnœ, sed el ad jactu (eriendum sicubi opus fuerit el ubi cominus collato pede confligendum est impelusque faciendus accomodatœ. Hœ pleruque sui parte (errosunlobduclœ, ita ut perparum ligni a laminis ferreis nudum conspicialur, atqueadeo vixtola imœ hastse cuspis; supra vero ad extremilalem spiculi, adunci quidam mucrones utrinque prominent, ex ipso spiculo instar hamulorum reflexi, et deorsum vergentes. In conpiclu ilaque Francus miles hune angonen facit; quodtelumsi corpori inflictum juerit, adigitur quidem intro uti verisimile est, cuspis, neque is qui ictus est neque alius quisquam facile telum evellere potesl; obslant enim acuminati illi hamuli allius carni inharentes, et acerbos cruciatus excitant, adeo ut cliam si hostrm nequaquam létale vulnus accepissc contingat, ex eo lumen iniereat.
Angon vient de hang qui signifie hameçon, et on lit dans le moine Gérald, racontant le combat de Walthar, duc d'Aquitanie • :
Insrrlum triplici geslabat /une tridentem, Quem post terga quidems tantes socii tenuerunt Consttium fuit, dum cuspes missa sederet In clypeo, cuncti pariter traxisse tuderent.
On fui longtemps avant de s'entendre sur le vrai type de l'angon. L'abbé Cochet, lui-même, hi s'égara un mon lent ■". L' archéologue anglais, W.Wylle, eut le mérite de fixer ce i \ pe ' ' qui est l'arme la plus
timldt, Handbuch des deulschen Alterthumskunde pari . J,p.l80. 'A.Thli l. Y i : l .. Fleury, AntlqulU et monuments '/»■ l'A i^nr, t. n,
iti, Ihsiinr, i. gendatri et des Burgondes, p. 141, i>. 171. • "Cochet, La Normandie souterraint . I ise, t. p. 2 17 105 barbed javeltn >>l //
rare qui soit sortie des sépultures barbares. Lindenschmidt a écrit qu'on ne l'avait recueillie que dans les plus riches sépultures et particulièrement dans celles où il y avait des chevaux ensevelis l. Assertion qui est entièrement dépourvue de preuves. Cochet ne dit rien de pareil au sujet des deux angons recueillis en 1854 et 1S55 à Envermeu. Cinq autres ont été trouvés dans la province rhénane et sont entrés dans le musées de Mayence, de Wiesbaden et de Darmstadt, un autre est conservé au musée de Sigmaringen, un au musée national bavarois de Munich, deux dans les musées de Stuttgart et de Constance 2. Lindenschmidt est également mal inspiré ou mal instruit lorsqu'il écrit que l'angon doit être particulièrement regardé comme une arme des Francs Ripuaires3; en réalité, la Belgique et la région principale occupée par les Saliens est le pays qui a fourni le plus d'angons. Les Alamans en firent usage; pour les Bavarois, c'est douteux; pour les Burgondes, il semble qu'ils l'ont toujours ignoré. Ceux qui ont été trouvés à Charnay, faisaient partie de la dépouille de barbares francs *. Actuellement on connaît dans les musées une trentaine d'angons authentiques (fig. 4637). La Belgique «n a donné huit, la Suisse, six; la Saône-et-Loire, quatre ou cinq, ainsi que l'Aisne. Quant à la Somme, la Meuse, la Marne, le Nord, le Pas-de-Calais, i le n'en ont fourni qu'un ou deux. Tous ces angons ont une Ion-
seuls hommes libres :. Chez les Francs, comme chez les Lombards, la puissance royale était conférée par la tradition de la lance. Exceptionnellement, il existe des nécropoles où la lance a été recueillie à de nombreux exemplaires alors que le scramasax y est rare ou manque presque totalement comme à Herpès (Charente).
Peut-être est-on fondé' à introduire une distinction entre la lance et la tramée. Celle-ci serait une arme relativement courte, à flamme plutôt large, losangée, très affilée des deux côtés, massive, qu'on rencontre avec quelques variantes, en Belgique, sur les bords du Rhin, figurant avec le bouclier, l'épée, quelquefois la francisque dans les sépultures des Francs '.
La framea était beaucoup moins répandue que la lancea. Peut-être, vu les proportions de la hampe, était-elle réservée à la cavalerie. La lance était moins en usage chez les Burgondes que chez les Francs et les Saxons 9; quoiqu'on en ait rencontré une quarantaine à Charnay (mais les nationalités y sont mélangées). La majeure partie des lances connues vient de cimetières qui ont renfermé des restes de Francs et d'Alamans, comme à Bassecourt, à Lavigny, à Severy, à Œnsingen 10.
La position occupée par la lance dans les tombes est variable; mais, toutefois, elle est plus constante que pour les autres armes. Elle se trouvait généralement à droite du cadavre, la pointe dirigée vers le haut : Pry,
^fï^.
Angon de Belleray. D'après Barrière-Flavy, Les arts industriels, t. i, p. 36.
gueur moyenne de 0 m. 90, la plupart atteignent un inètre; quelques-uns 1 m. 15, et celui de Selzen, 1 m. 28 6.
En 1910, on trouva sur le bord de la route à Thory, à environ 0 m. 80 de profondeur un angon très bien conservé. Cette arme, longue de 0 m. 40, pèse 550 grammes et n'a qu'une barbelure s'amorçant sur la tige :\ cinq centimètres de la pointe. La longueur de celle-ci est de 0 m. 08, elle s'incurve légèrement à son extrémité, vers le tige. La douille
Mi— — i
463S. — Angon trouvé à Thory.
D'après F. Poulainé, dans Revue archéologique, 1912, p. 159.
largement ouverte est percée de deux trous pour passer les clous qui la fixaient solidement à la hampe, dont il ne reste que des débris tombant de vétusté8.
XVIII. Lance. — La lance, à en juger par les sépultures, était bien loin d'être une arme commune. L'abbé Cochet va jusqu'à écrire qu'elle était réservée aux
il.indenschm\dt,HandbuchdesdeutschenAltcrthumskunde,
p isO. * lbid., p. 180. — 'Die Allerthiuner unserer ger-
manischer heidnischen Vorzeit, 18S1, t. n, part. 9. — « C. Barrière-Flavy, op. cit., 1. 1, p. 320. — ' lbid., t. i, p. 40. Cochet, De l'angon des Francs, dans Bull, nwnum., 1861, t. xxvn, p. 20S-216; C. de Netlani -ourt. Note sur l'angon, arme des Francs, dans l'Investigateur, Journal de l'Institut historique de France, l*7o, l. xi.n, p. 189. — 'F. Poulainé, Angon trouvé à Thory prés Avallon ( Yonne), dans Revue archéologique, 1912, p. 159. — ' Cochet, Sépultures gauloises romaines, tronques, p. 223. — ■ C. Barrière-Flavy, op. cit., album, pi. ix, fi". 2; pi. x. Iig. 2; pi. XI, fis. 2; pi. xv, fig. 2; II. du Iioucher, Note sur une f ramée mérovingienne trouvée à Uza (Landes), dans liull. archéol. et hist. publié sous la direction de la Soc. archéol. du Tarn-ci- Garonne, 1875, t. m, p. 207. — MI. Uaudot, Mémoire sur les sépultures des Barbares de Bourgogne, p. 23, note. 1 —
Harmignies, autres cimetières de Belgique, Hardenthun (Pas-de-Calais); Jardin-Dieu de Cugny et Rouvroy (Aisne), Herpès (Charente) et dans les cimetières de la vallée de l'Eaulne où « quand elle est seule, elle se trouve toujours au côté droit de la tête, la point e tournée vers le haut du corps, la douille dirigée vers le bas u. » Souvent la lance était renversée, la pointe dirigée vers les pieds, la hampe à portée de la main du cadavre. Selzen l2, Pincthun I3, Thuilliers, Harmignies, etc. D'une manière générale, il semble que la lance aurait été placée plutôt la pointe vers le haut, dans le Nord-Est de la France, dans l'Aisne, et, de préférence, la pointe en bas, en Belgique et dans la Rhénanie. Presque invariablement, la position de la lance est modifiée quand elle est accompagnée d'autres armes. Elle figure alors la pointe en bas, sensiblement dirigée obliquement vers les pieds, tandis que la hache est déposée en sens inverse, près du tibia gauche. Alors, dit l'abbé Cochet, et Fobservation ne s'est jamais démentie, la hache et la lance avaientdû être jetées croisées dans la fosse ".
Les dimensions du fer de la lance sont très variables Dans l'Aisne : à Brény 0 m. 24; à Yersigny, 0 m. 45; à Vendhuile, 0 m. 65 ; "dans la Meuse, à Débit, 0 m. 2G ;
i» C. Barrière-Flavy. op. cit., pi. x, fig. 1 : pi. xi, fig. 3; pi. xn, fig. 4; pi. xiii. fig. 6. 8; H. du Boucher, Noie sur une Iramée mérovingienne trouvée à Uzp (Landes), dans Bulletin de la Société du Borda, 1876-1877, t. i, p. 45. — " Cochet, La Normandie souterraine, 1" èdit.,p. 234, 237,292;2« édit. p. 2S1, 368; Le tombeau de Childéric, 1859, p. 125; Sépultures gauloises, romaines, jranques et normandes, 1857, p. 218-224. — '» Lindenschmidt, Das Germanische Todtenlager bei Selzen, Mainz, 1S48, pi. 1, 2, 12, 16, 18, 21 P- 4. — " Haigneré, Quatre cimetières mérovingiens du Boulonnais, 1866. — " Cochet, Normandie souterraine, 1854, p. 204. En France, en Belgique et en Allemagne, la douille de la lance est formée par le simple rapprochement du fer, alors que chez les Longobards, elle est perforée a même la tige de fer. Il y avait des fers de lance miintenus au bois de la hampe, au moyen d'une ou plusieurs viroles de fer ou de bron7e.
1 RANCE
0 m. 33:0 m. 47;àDelleprèsBeh*ort,0m. 27.0 m. 31, 0 m. K); à Eprave (Belgique) o m. 40; à Nackenheim et Flonheim (Rhénanie), 0 m. il. 0 m. 545, 0 m. 62; en Suisse, a Augst-Basel, 0 m. 68, à Benken 0 m. 36; à Bulach, 0 m. 38; a Datwyl, 0 m. 355; a Dubendorf, 0 m. 45; a Fahrwangen 0 m. 195; a Lengen, 0 m. 51. La lance ù crochets ou ailerons, dite lance barbelée est peu commune, mais elle a été fabriquée parfois sur de grandes dimensions. On en a trouve- à Hannignies; une, notamment, dans la tombe d'un vieux guerrier; elle reposait prés du pied droit, la pointe en bas; un scramasax était posé sur le bassin ainsi qu'une bâche; un umbo de bouclier déposé entre les jambes. Les sépultures de Burgondes oui rendu elles aussi, (les lances „ ts, la plupart de dimension moyenne, certaines offrant des proportions considérables (à L'rsins cl a Severy, Suisse; à Chaussin, .hua). Apres avoir entretenu longtemps des doutes à leur sujet, il a fallu reconnaître que cette arme pesante et d'effet douteux, avait fait partie du mobilier funéraire des barbares de l'époque des invasions. La lance à crochets semble
corne ou en fer, aurait dû être déjà retrouvée dans l'une ou l'autre tombe. Peut-être la longueur de l'arc a-t-elle été un obstacle pour lui donner la coi: tion d'un objet de mobilier mortuaire, il cependant, l'on pouvait fort bien le briser à cette lin, connue on le faisait pour d'autres instruments Lindenschmidt a constaté la présence de huit pièces provenant d'arcs à Lupfen, prés d'Oberflacht, mais ces lombes appar tiennent peut-être au ix' ou x1' siècle *.
Ordinairement, la forme des flèches suit celli lances; on en trouve de losangées, de myrtiformes, de barbelées; certaines ressemblent a des harpons ou à des pointes d'angons (à Bassecourt, Sigmaringen, Sprendlingen).
Les flèches étaient généralement j< I ées dans la fosse entre les jambes du défunt, on les a ainsi retrouvées à Selzen, à Charnay, a Thuillies, a Hannignies, a Wancennes, à Rouvroy et dans une multitude de sépultures de la Belgique et du nord de la France.
Procope dit que les Francs ne faisaient pas usage de l'arc s; mais Grégoire de Tours nous dit qu'après
4639. — Francisques trouvées à l'arlondeval, à I.ondiniéres et à Colchester. D'après Archeologla or miscellaneous Tracts o/ aniiquitg, 1832, t. xxxiv, p. 179; t. xxxv, p. 229.
plus répandue en Belgique et dans l'Est que dans tout autre pays occupé par les barbares.
XIX. Fers de flèches. — Les barbares, mais non pas tous, ont fait usage de flèches. D'abord, écartons les Burgondes qui, s'ils en firent usage, les reservaient probablement ■■< lu chasse. A Charnay, en Bourgogne, cimetière mêlé où vinrent reposer, Francs, Alamans et Burgondes, on a trouv t dix neuf fers de flèche, quelques-uns par groupes de deux, quatre ou cinq, colles ensemble par l'oxyde de fer. Leur forme est myrli- -.11 losangi i . dm-., '.oui barbeli s, le plus grand mesure 0 m. 13, le plus petit 0 m. 065 '. Constatation analogue en Normandie, ou L'abbé Cochet en a trouvé à Douvrciid, Londinières, Parfondeval, Envermeu et, dans une tombe de ci re localité, un paquet
de quatre, dont deux losangées et une eu ovale, la
quatrième ressemblait a un dard aux pointes acérées -'.
Le seul cimetière d'ArmentièreS (Aisne) a donne dixneuf flèches, ci lui de Brény, quarante six. Cependant
on n'a jamais rencontre nulle paît des débris d'arc et
«le carquois. • Le carquois ci ait probablement en bois
't en peau, il peut facilement avoir disparu avec h
temps, Huant a l'arc, h- bois peut eu cire complètement détruit; mais l'armature des deux bouts, en
' H. Baudot, Mi moift ;r /. . putturet barbares •!< Bour-
p. 27. "Cochet, La Normandie souterraine, 1854,
p. 284. ■ M), va a Bastelaer, /.■ cimetière franc •!> Fontaine-
Valmonl, Bruxelles, 1895, p. 116.- -' Llndenschmldt.Hand-
burli der deulschen Alterthumskunde,part. I,p.l51. ' Ibtd.,
I irégolrc ■!•■ 'l'ours, a ri. Franeor., I. [I, c. ix.
I l'échec des Francs dans la forêt Charbonnière, i les Francs firent pleuvoir une grêle de traits sonnés : Qui (Franci) con/unctis arborum trunci concidibus superskmtes, velut e fastigiis turrium, sagit tas tormenlorum ritu effudere inlitns herbarum aenenis, ut summœ cuti, neque lelalibus inflicla locis vu h'iutl dubiae mortales sequerenlur '. chez tous les peuples allemands, la flèche est en usage'; niais lundis que l'abbé Cochet j voM > comme un diminutif de la lance, comme une dernière arme agressive '», d'au très archéologues" y voient une arme non de guerre mais réservée à la chasse ou a la pèche. Peut-être
est-il préférable de ne pas apporter d'exclusivisme >tie quesl ion. Il serait à coup sur foi I plaisant de dire (pu- les soldats de la Marne et de Verdun com
iil avec des flèches, cependant le corps de l'aviation a usé de fléchettes avec succès; nous poil
vous croire qu'il y a eu ainsi des corps de barbares qui ont fait usage de flèches sans (pu- les historiens nous en aient rien fait connaître.
I.a loi salique prévoit le cas (les blessures faites avec des flèches : Si secundum digitum, quo sagittalur, exctuserit, sol. XXXV culpabilis judicelur; quis allerum saqitla toxicata perculere volueril,
'Lindenschmidt, op. il., p. 155-156, — 'Coi op. cit., 1854, p. J-i7. — ' .1. de Baye, Industrie
.'•: E. Calandra, Di una nea rt<t a
a, Torlno, 1880; A. Bequet, /■■ cfi Wur-
ceiUll s p. 17 ; YongC Alvcrnuuui.ilaos Archai ■
irrldrc-Flavy, j4rt» industriels, 1. 1, p
FRANCE
LXIl culp. judic. '. La loi des Lombards contient aussi une pénalité pour ce cas; la loi des Wisigoths, mentionne la fronde et les flèches, dans l'armement des guerriers '. Jornandès nous apprend qu'ils excellaient au maniement de l'arc, et d'après Végèce ils s'en servaient à la guerre : Deteclis pecloribus et capitibus, eongressi contra Gothos, milites nostri miiltiludinc sagitlariorum sœpe deleli 3.
XX. Francisque, hache. — L'arme nationale des Francs s'appelait francisque :... quas et Hispani ab usu Francorum per derivationem (ranciscas rocarit, écrit Isidore de Séville *. C'est une hachette dont la lame est dirigée vers le haut. Voici des francisques trouvées à Parfondeval (Seine-Inférieure), à Londinières (Seine- Inférieure) et à Colchester. C'était vraisemblablement une arme de jet. Procope dit, qu'au signal donné, toutes les hachettes volaient dans la direction des boucliers ennemis et s'y plantaient probablement en les fracassant 5 (fig. 4039).
Il y eut des francisque à lame plus étroite, droite ou peu recourbée vers le bas et dont l'axe du tranchant coupe par le milieu le sommet ou tête de l'arme (principalement en Rhénanie) 6. On la rencontre en Bourgogne, dans le nord de la France, en Belgique, mais en Belgique la hache à large tranchant recourbé en arc est plus fréquente'. Cette hache semble un modèle intermédiaire entre la hachette de jet et la hache de combat.
Cette dernière est un robuste engin dont le tranchant se développe en demi-lune en haut et en bas. Cochet l'a signalée à Envermeu (voir Dictionr..,t v, col. 7."). fig. 4101). Cette hache en forme de croissant se rencontre surtout dans les sépultures burgondes, à l'exclusion presque absolue de la francisque. Dans les tombes burgondes, ces haches de grand modèle étaient déposées à l'extrémité inférieure de la tombe, aux pieds et quelquefois sur les tibias des squelettes. Cette arme massive est probablement celle que Sidoine Apollinaire nomme seeuris bipennis. Les plus remarquables spécimens ont été recueillis à Arlay. à Arc-et-Senans, au Châtelet, à Corberon, dans la Bourgogne cisjurane, à Bassecourt, à Avenches, en Suisse. Entre les exemplaires burgondes et ceux qui ont été rencontrés à Caranda, (Aisne), à Herpès (Charente,) à Envermeu (Seine- Inférieure), à Selzen (Rhénanie), il n'y a pas de différence typique, mais une simple question de poids et de dimensions *.
Tandis que la francisque se relève, il existe un autre type de hachette qui se dirige vers le bas, le tranchant forme un demi-croissant tronqué, tantôt coupé horizontalement, en haut, tantôt légèrement évasé et terminé en pointe également vers le haut. On a rencontré ce type à Caranda, à Bendorf, près Andernach. « La forme la plus commune, à Charnay, comme ailleurs est celle dont le fer est légèrement courbé et s'élargit du côté du tranchant. Celle qui vient ensuite est droite, uniforme des deux côtés, évasée légèrement près de la tête, qui pouvait être destinée à frapper, et fortement, du côté du tranchant. Une autre forme, dont Baudot n'a trouvé qu'un seul exemplaire, est remarquable par l'étendue de la partie tranchante qui n'a qu'une pointe en haut, le bas étant coupé horizontalement ". »
L'étude du mobilier funéraire porterait à elle seule
1 Lex Salica, ^lt. xxxn, De debilitatibus, lit. \x, De vulneribus. — ■ "-Lcx Wisigothorum, 1. IX.ch.ix. — ■ Végèce, Dere militari, I. I. c. xx. — * Etymologiœ, 1. XVIII.ch. vi, 1'. /.., t. Lxxxn, col. 645. — 5 Procope, De bello gothico, I. II. — ■ Lindenschmidt, Handbuch der deutschen Alterthumskunde, p.192.— : ffrid., p. 193. — "C.Barrière-Flavy.op. cil., album, pi. xvi, lig. 4-6, pi. x vu, lig. 1 ; pi. xix, fig. 5-6. — ,J 1 1 . Baudot, Mémoire sur les sépultures des Barbares en Bourgogne, p. 28. — >° .1. Pilloy, .Vole sur le cimetière franc de Traveey, dans
un utile enseignement si elle ne faisait que nous montrer la compénétration des usages, des types, des races qui vivaient sur notre sol. Dans cette région où dominaient les Burgondes et d'où la francisque est absente, on rencontre cependant la francisque, par exemple à Clucy, à Chargey-les-Gray, à Vannaire, à Saint-Phal, à Charnay, sans qu'il soit possible d'apporter aucune précision sur la nature des tombes où on les a trouvées. Deux francisques réclament même un moment d'attention. La première provient de Chaffois (Doubs); elle est conservée au musée de Besançon. Le fer, assez dégagé, n'est point perforé à la tète pour percevoir le manche, mais il est ménagé en douille couverte qui va en s'élargissant, et qui devait ensuite être fortement maintenue sur le bois au moyen d'une ou de deux viroles; cette sorte de douille faite seulement de deux appendices, mesure 0 m. 12 de long. La deuxième est d'une élégance remarquable par la courbe qui la relève au sortir de la douille; mais, détail intéressant, la tête est pourvue d'un long appendice de fer mesurant 0 m. 24, lequel se fixant au manche par un clou rivé à son extrémité, en assurait la solidité. Cette espèce rarissime recueillie à Chavannes (canton de Vaud) peut être comparée aux deux haches de Traveey 10 et de Remies (Aisne) ; à d'autres encore trouvées à Caranda (Aisne), à Saint- Jean-du-Vieil-Aître (Meurthe-et-Moselle) mais ces dernières sont bien plus massives.
On a enfin trouvé dans quelques tombes d'enfants des haches ou francisques dont les dimensions font de simples jouets ".
La répartition géographique de la francisque offre de grandes inégalités; d'après Lindjenschmidt 12, en Rhénanie, on la rencontre suivant la proportion de une pour 4 ou 5 sépultures; en Belgique une pour li sépultures, en Normandie, une sur 36 sépultures ; cette progression semble toutefois un peu trop rigide. Ce qui paraît certain, c'est que la francisque est essentiellement l'arme du Franc de la conquête de la Gaule au ve et au vie siècle; elle disparaît au vineI3. En effet, dans les cimetières du Boulonnais fouillés et étudiés par l'abbé Haigneré, la lance et le scramasax sont fréquents, la francisque ne se rencontre qu'à un seul exemplaire, à Uzelot 14. Vers la fin de la période mérovingienne, on abandonne progressivement la hache. Déjà Charlemagne ne la mentionne plus dans son ordonnance sur l'armement complet de l'armée, et, au Xe siècle, la hache de jet n'était plus connue que par les traditions 1S. »
Il existe de nos jours une opinion répandue d'après laquelle la francisque serait une hache à deux tranchants, bipennis: on a pu réunir une demi-douzaine de citations tirées de manuels scolaires, et toutes concordent à mettre entre les mains des Francs la hache à deux tranchants 16.
Ils ne sont pas seuls puisque Agathias et Procope en parlent eux aussi : Pediles erant eœteriomnes(Franci) non arcu, non hasla armali sed ensem clypeumque gestabant singuti ac securim unam, cujus /errum valde crassum et utrimque acutissimum erat, e ligno manubriiim admodum brève''1, et Végèce nous décrit la bipennis qui est seeuris luibens utraque parte lalissimum et acutissimum ferrum. Voilà que Grégoire de Tours nous dit que c'est avec une hache bipennis que Clovis fendit
Bulletin archéologique du Comité, 1S8S, p. 337. — ' ' Lindenschmldt, Handbuch der deutschen Alterthumskunde, p. 196; E. de] Marmol, Fouilles dans un cimetière de V époque franque à Samson, 1860. — "Op. cil., p. 201. — " J. Pilloy, La question franque au congrès de Charleray, dans Bu//, arehèol. du Comité, 1891, p. 16. — "Haigneré, Quatre cimetières mérovingiens du Boulonnais, 1S66, p. 68. — 15 Lindenschmidt. op. ni., p. 203. — '• C. Barrière-Flavy, op. cit., t. i, p. 5">. — " Procope, De bello gothico, 1. II. eh. x\v.
I RANCE. II
le crâne du soldat de SoissoilS : levata manu bipennem cerebro ejus inlisit '; enlin bien plus tard, au ixc siècle, l'évêque de Reims Hincmar parle de la francisai quse vocatur bipennu et au siècle suivant. Flodoard à son tour parle de la /rancisca qute vocatur bipenru . I lr, cette arme a ete représentée comme répondant a un instrument trouve a Parfondeval (Seine-Inférieure) (voir plus haut lig. 4639) par l'abbé Cochet qui le décrit et l'étudié ainsi : - Deux haches de Parfondeval avaient, dans leur forme, quelque chose d'extraordinaire et de bien inusité... L'une est a deux tranchants et rappelle, si même elle ne reproduit pas. la fameuse bipenne des anciens. Chose a noter c'est que les deux côtés sont loin île se ressembler. Ce sont véritablement deux outils différents, juxtaposés et, pour ainsi dire mariés l'un avec l'autre. In coté présente la francisque ordinaire, mais l'autre reproduit la lie du charpentier, espèce d'instrument tranchant fait pour doler le bois plutôt que pour le couper, de sorte qu'un cote abattait l'arbre et que l'autre le préparait.! Heureux de sa découverte. Cochet croyait qu'elle emporterait conviction et déciderait Ch. Koach Smith. Akermann, et le Dr Rigollot à admettre l'existence de la bipennis pour la francisque ;. En réalité, la prétendue francisque de Parfondeval est une herminette à double tailloir à l'usage d'un charpentier ^voir ce mot), <jui fut enterre avec son outil. En fait, la bipennis reste
dans sa plus grande largeur, le dos n'a pas plus de 0 m. 004 a 0 m. 005 d'épaisseur, (.cite arme formidable d'un fer plus pur, d'un grain plus serré que celui des autres armes, est mieux conservée : l'oxyde l'a beaucoup moins rongée; elle pourrait encore servir au besoin. On remarque près du dos une ligne de festons tracés en creux et au milieu de la lame deux croix gravées analogues a celles qui décorent certaines fibules. Cette arme meurtrière, à pointe très aiguë devait servir à deux tins, comme lance en engageant le combat, et comme coutelas dans la mêlée et le corps à corps. La hampe qui les eût gènes pouvait alors être facilement retirée, car aucun rivet ne la lixait a la douille, où nulle trace ne s'en fait remarquer .
XXII. Eauciiard. — Les historiens de l'époque classique parlent de chars armes de faux et il était impossible que la pensée d'utiliser cet ustensile pacifique pour les usages guerriers échappât aux barbares. On l'a donc rencontré en France à Angy (Oise), à Yend'huile, Condé-sur-Suippc, Caranda et Courbes (Aisne), à Marchelepot (Somme), Nesle-Hodcng, Douvrend (Seine-Inférieure), Muids (Eure). Macornay (Jura). La faueharde trouvée à Muids est pourvue de deux crochets dont l'un tient lieu de la béquille dans la faux ordinaire.
XXIII. Fourches. — Dans quelques tombes barbares on a recueilli des fourches a deux et à trois
4640. — ■ Coutelas à douille trouvé a Chamay. D'après H. Baudot, Mémoires sur les sépultures des barbares en Bourgonm, 1860, pi. H, lig. f3.
introuvable dans les tombes franques si par ce mot on entend une arme à deux coupants; nous nous en tiendrons donc à l'application de ce mot à la hache burgondc décrite plus haut.
Dans les tombes, la francisque est toujours placée vers l'extrémité inférieure, sur les tibias ou à côté des pieds3 : Envermeu. Londinières, Selzcn. Quant à la place de la hache vers la partie inférieure du squelette, on peut la considérer comme la règle en cette matière; on l'a observe a Védrin, à Seraing, a Pry, à Wancennes, â Harmignies, ailleurs encore en Belgique; de même a Charnay, a Vend'huile. On signale à Herpès une hache à la hauteur du genou droit ; au Jardin-Dieu de Cugny vers le bassin, à Rouvroy sur l'abdomen.
XXI. Piques. — On a rencontré, mais rarement, des coutelas munis d'une douille servant â les emmancher ce qui les transformait en véritable fer de pique. nu a trouve îles armes de ce yenre a liasse-court (Suisse), à Resteigne (Belgique), a Labeuvrière (Pasde-Calais) «; c'est surtout à Charna\ Loire) que le type (conserve au musée de Saint-Germainen-Layc), est digne d'attention (flg. 1640). La forme est celle d'un coutelas, car 11 n'y a qu'un côté tranchant; mais une douille de forme carrée placée à la ba nonce que l'arme s'ajustait sur une hampe, dont on a trouvé quelques débris librcux dans la douille. Elle mesure 0 m. 68 cent, de longueur totale; 0 m. 075
i .r. i.'oin-ii, Tours. ///M. Francor.A. 1 l.eli. \i . 'Cochet, /.« Normandtetoiiterralne, 1854; cf. Ch. Ftoacb Smith, CoUeclanea anUqua, Londres, 1853, t. a, i>. 224-226; J. ybnge Akermann, Hemarks on some o/ Uu weaporu o/ nie Celtlc unit ois l'he Archaeologia, t. XXXI V ; Rigollot, /;. i herehti historiques sur les peuples deraces Uutonlquu qui envahirait la Uauieau P*iUcte,1850,p.204.— 'Cochet, l, tambtaudéChOétrle !■•, 1869, p 221 ; Sépulture* gaui
dents, très robustes et certainement destinées au combat. Les pointes de quelques-unes de ces pièces sont pourvues de crochet imitant le hameçon. Des fourches ont été trouvées à Marchelepot (Somme), à Bassccourt (Suisse), à Andernach-sur-le-Rhin (tous tridents) et à Moxhe (Belgique) (deux dents).
XX IV. Bouclier. — Les barbares ont fait un usage peu généralisé du bouclier. Les légendes le mentionnent, mais heureusement, les tombes le conservent. Chez les Anglo-Saxons, il était assez répandu pour que, en 996, on signale â Winchester une rue de fabricants de boucliers. ShieU-Wrighfs Street'; parmi les barbares qui envahirent la Gaule, le bouclier est plus raie. Par mi les Francs, le bouclier était une manière de signalement pour les guerriers éprouvés, les hommes les nobles. En temps de paix, même, ils ne s'en raient pas et dans les réunions, ils manifestaient leur approbation aux projets qui leur étaient soumis, ou leur acquiescement à l'élection d'un chef , en fra] sur Vumbo de fer. En temps de guerre, la perte du bouclier imprimait le déshonneur ou a tout le moins, jetait le soupçon sur le guerrier. Les tombes franques dans lesquelles on trouve le bouclier sont donc celles d'individus distingués par leur mérite: aussi on rencontre fréquemment dans la tombe qui contient un bouclier, l'épéc ou la hache bipennis et quelquefois les deux.
1857, p. 206; Normandlesouterratne, 1854, p. 204. • \
Ilinek. L'Artois souterrain. Arras.l.SSl. I.iv. p. 7S; Bulletin de la Cumin, des antiquité* du Paâ-de-Calali, 1870, t. ». 1886, t. vi. -- 'II. Baudot, Mémotrt sur lu tépultiu barbare» <l*' l'époque ni routiujtenne ttècouperuu en Jiuuraogne et particulièrement a Chamay, h) p. 26,
27, pi. n, lin- 13, — • J. Yonge AJkennann, Rema pagan Saxondom, 1N.Y">. p. 20.
FRANCE
La forme du bouclier a pu varier ainsi que ses dimensions, mais nous sommes mal renseignés à son sujet parce que, sauf Y umbo, tout le reste étant confectionné en bois ou en cuir à péri h'umbo et les branches métalliques de la monture sur laquelle posait l'appendice ne nous apprennent rien sur la forme de l'arme. Était-il rond ou ovale? Quel était son diamètre? A Selzen, Lindenschmidt rencontra dans une tombe les vestiges pourris d'un bouclier de cuir de forme ovale '. Ce qui formait le bouclier c'était un assemblage de languettes de bois (de tilleul?) recouvertes de peau. Elles étaient maintenues à la partie centrale appelée umbo par plusieurs rivets à têtes plus ou moins saillantes et ornées. Au revers, une tringle de fer, posée diamétralement ou renforcée à sa partie médiane, permettant de tenir le bouclier à pleine main, celle-ci étant protégée par Y umbo (fig. 4641). Cette armature porte le nom de manipule et se termine à
contré à Vermand (Aisne) s, à Misery (Somme) • et ils n'est pas prouvé qu'ils ne fussent d'origine galloromaine.
En France, une trentaine de nécropoles ont donné au moins deux umbos : Belfort, Crimolois (Côte-d'Or) deux; Hardenthun (P.-de-C.) huit; Chassemy, Caranda, trois; Beny (Aisne) quatre; Saint-Jean-du-Viei! Aître (Meurthe-et-Moselle), huit; Charnay (Saône-et- Loire) vingt-et-un; Chérisy (P.-de-C.) six; Oyes (Marne), quatre. En Belgique, quelques stations en ont restitué abondamment : Eprave, quatre: Wancennes, deux; Lède, quatre; Harmignies, six; Pry, sept; Anderlech, neuf. Quant aux nécropoles qui ont fourni un umbo, la liste en serait fastidieuse.
La place occupée par le bouclier dans la tombe n'a rien de fixe. L'abbé Cochet pense qu'on le mettait habituellement sur le côté droit du guerrier ' et explique les autres places où on l'a rencontré par le-
4641. — Umbos de boucliers.
D'après Baudot, op. cit., pi. I, fig. 1,
droite et à gauche, soit par une verge unique, soit par deux verges munies de rivets, comme à Chasseny (Aisne) 2; quelquefois, le manipule était formé d'un faisceau de trois verges comme à Londinières (Seine- Inférieure) 3.
L'umbo de fer a une forme bien caractérisée. Le cône très aplati, pourvu d'un rebord plat, simule assez bien un casque, et il a été, parfois, pris pour tel. Le .sommet du cône est muni d'un bouton sur tige, souvent argenté ou damasquiné, parfois en bronze ciselé. L'umfco est hémisphérique à Andernach, à Harmignies parfois le bouton d'amortissement manque. Le cône est quelquefois très bas et présente des parois légèrement évasées (Andernach) ou bien s'allonge en pain de sucre (Andernach, Eyellhofen) 4. On a pu signaler quelques umbos terminés par une pointe effilée, mais ils sont excessivement rares et rien ne permet d'affirmer qu'ils fussent de fabrication franque;on en a ren-
1 Lindenschmidt, Dos germanische Toâtenlagcr bei Selzen, Main/., 1848, p. 5. — ' Collection Frédéric Moreau, Album, pi. xxui, fig. 3. — 3 Coclict, La Normandie souterraine, 1854, p. 240, pi. vm. — ' C. Barrière-Flayy, op. cil., album, pl.xxu, fig.l. — * .1. Pilloy, Etudes sur d'anciens lieux de sépulture de l'Aisne, 1895, t. n, p. 38; Th. Eck, Les deux eimetiêres gallo-romains d<- Vermand et de Saint-Quentin,
bouleversement des tombes et le mouvement desterres : Fairford, à hauteur des genoux; Great Driffield,près de la tète; Ozingell, au milieu de la poitrine*; Hardenthun, sur la main et sur le genou gauche; Pry, sur la poitrine; Harmignies, près de la tête '.
Les umbos ont reçu des décorations brillantes Sidoine Apollinaire parle d'un umbo blanc comme neige sur les bords et dont le centre lançait des éclats fauves.
En 1852, fut trouvé dans le cimetière mérovingien de Londinières (Seine-Inférieure), un bouclier en fer dont l'état de conservation complète fait une pièce capitale pour l'archéologie flanque. L'abbé Cochet, qui le fit connaître, remarquait avec raison que s'il ne s'était rencontré que Yumbo seul, l'intérêt de cette découverte, n'eut pas dépassé celui d'un autre umbo découvert à Envermeu, même département, en 1850, et des cimetières barbares de France, d'Allemagne ou
1891 . ]i. 252. pi. n. — • Rigollot, Recherches historiques, 1850, p. 98. — ■ Cochet, La Normandie souterraine, 1854, p. 2 11 . — " Wylie, Fairford graves, Oxford, 1852; J. Yonge Alicrmann. Remains o/ pagan Saxondom, London, 1885, p. 5; Ch. Koach-Smith, Collcctanca antiqua, t. m, p. 1. — - 1 Haigneré, Quatre cimetières du Boulonnais, 1866, p. 54: D.van Bastelaer, Cimetières francs à Thuillies, 1894, p. 42^
FRANC
d'Angleterre avaient île même rendu des umbos, notamment à Sel/en ». a l'airford *, à Ozingcll J, à Charflay (Saùne-et-Loire). à Misery (Somme)'. Dans ce dernier exemplaire. Vumbu et l'appendice étaient revêtus d'une lame d'argent doré, sur laquelle était estampe le nom de l'orfèvre. Un des quatre boucliers d'Ozingell possède encore sa i n y voit le
creux où l'on plaçait la main et les deux clous qui attachaient cette traverse à l'umbo. Cette espèce de manipule parait au complet ; de même pour le bouclier l/.en où on ne remarque qu'un brassard plus ou moins compliqué. Ce qui rend le bouclier de Londinières intéressant, c'est l'armature en fer qui l'accompagne (lig. 1642). Cette armature est complète et si quelques parties ne sont pas entières, celles qui restent peuvent aisément en donner l'idée et les faire suppléer. Cette armature composée tout d'une pièce présente, au centre, une lame de fer. reployée en creux, mais non entièrement fermée. Cette ouverture est ménagée pour la main du guerrier. Car tandis que la paume saisissait le dos de la plaque, les doigts pénétraient dans l'ouverture et s'y tenaient fortement accrochés.
à laquelle se trouvait le bouclier ; a Envermeu, au dire de l'ouvrier fouilleur, Vumbo fut trouvé près de la tète. Les différents ouvrages que nous possédons sur les sépultures des temps mérovingiens nous représentent les boucliers à des places différentes. A Ozingcll, d'après Roach Smith, le squelette avait sa lance au coté droit, son vase au cote gauche, le sabre sur les reins, le couteau à gauche du bassin, et l'umbo du bouclier juste sur la poitrine ', et l'archéologue, sur la foi de l'explorateur, retrace auteur de l'umbo un cercle noir pointillé indiquant la circonférence delà garniture ou corps du bouclier. Cette garniture paraissait aller depuis les yeux jusqu'au bas des côtes, ce qui suppose un diamètre de 0 m. 70. Wylie, qui a f mille lui-même les tombeaux de Fairford reproduit sur sa dernière planche le corps d'un soldat saxon ayant le sabre au niche, le seau de bois sur l'épaule droite et l'umbo de son bouclier entre les deux jambes à la hauteur du genou. Lindenschmidt reproduisant les tombes de Selzen, ligure le bouclier au bras gauche d'un soldat, armé d'un long sabre, de ciseaux et d'un poignard. L'abbé Cochet estime cette place la pins naturelle, et
4642. — Umbos de boucliers.
D'après HulMin du Comité de la langue, de l'histoire et des arts de la France, 18512-1853, t. i, pi. D,
Cette lame de fer était fixée sur les bords de Vumbo au moyen de clous dont les tètes plates sont encore très visibles. Le côté convexe étail en dehors de l'umbo et la partie concave regardait le dedans. Mais à partir des deux clous, le manche de ferse partageait des deux côtes en trois verges plates terminées par un petit rond au milieu duquel passait un clou. Ce faisceau de verges imite assez la foudre, tel qu'on le représente dans les mains de Jupiter ou sous les serres de l'aigle antique. Ce double faisceau servait à soutenir d'un coula planche! te de bois qui formait le corps du bouclier, de l'autre le cuir ou la peau qui recouvrai! le bois. La planche de bois, encore très reconnaissante, nous é juger son épaisseur entre les tètes de clous et le rond placé à l'extrémité des verges. Elle avait juste un centimètre d'épaisseur. Mais quelle était la forme !tc planche, ronde ou ovale'.' Rien ne nous l'indique. L'armature invite a penser que le bouclier avait cette forme elliptique qu'on retrouve plus tard aux écus des chevaliers du moyen âge.
La longueur tutale de l'armature du bouclier de l.ondinieres était de cinquante centimètres. Le diamètre de Vumbo n'était que de dix-sept centimètres; sa hauteur, de onze à douze,
La tombi découverte el fouilli
un ouvrier peu intelligent n'a pas laissé savoir la place
' Undentchmldt, Die germanhehe Todtcnlager bel Selten,
'■bon/. 1848. — 'Wylle, Fafr/ordnrai* .ml. Oxford,
is",-j. - ■ Roach Smith, Collet tant aanliqna, t. m. pari, i ,
pi, 2. — ' RlgoUot, dani Mémoir éUdesantlq.
de Pd ardle, i. \. p. 220, Roach Smith, Coltectanea an-
si le Franc, le Germain, le Saxon ne devaient jamais quitter leur bouclier, sous peine de déshonneur. Il s'ensuivait naturellement que cette arme a dû être inhumée avec eux dans la position où ils la portaient pendant la vie. Rigollot observe que le bouclier est rare dans les Sépultures mérovingiennes. En effet, a Londinières, on n'en a rencontré qu'un seul sur quatre cents squelettes, et a Envermeu. un seul aussi sur un nombre a peu lues égal de défunts. A l'arfondeval. à Lucy, a Neufchâtel, a Douvrend, on n'en a signale aucun. A Charnay, Baudot n'a rencontré que cinq umbos sur plus de deux cents squelettes. Même constatation en Angleterre '.
Dans la nécropole franqui Marne) on a ren-
quatre umbos lien conserves et trois autres en mauvais état. Dans une tombe, l'umbo cl ait pose sur
la poitrine du squelette; son diamètre esl <u- 0 m. 18;
iteur de la base au sommet esl d il esl
surmonté d'un bouto clous, à large tête
aplatie, le fixaient au bouclier, sur lequel ils étaient
rives. Le manipule, très cintré décrit presque un demi-
dont l'are esl de >> m. 48. De semblables clous.
en pareil nombre que ceux de Vu m lui l'assujetissaient au bouclier, qui se trouvai! an .> l.a pol
gnée correspondant a la cavité de Vumbo esl ■ dimension proportioi main qui poux
ligua, l. il. pari. I. p. .'.. ■ Cochet, Note sur an I
U a/ee dans (Setne-Infirleure . eo : Bulletin du <
langue, de Phlstotre el
:iin-2i:t. pi. n.
FRANCE
saisir facilement et la retenir sans fatigue. Le bois du bouclier et le revêtement, dont il pouvait être couvert, atteignaient une épaisseur assez grande; elle est indiquée par la distance qui se trouve entre la tète des clous et la courbure opérée pour les river. Dans une autre tombe, l'umbo gisait au-dessus de la tête, séparé du crâne par une épaisse couebe de terre; ici le manipule est droit et mesure seulement 0 m. 42. Dans un troisième, le diamètre de Vumbo est de 0 m. 18, il est rivé par cinq forts clous de cuivre et le manipule mesure 0 m. 57. Pour le quatrième umbo, la position est particulièrement significative. Une excavation avait été pratiquée à gauche dans la paroi de la fosse pour le placer. Le bouclier tel qu'il se rencontre à Oyes, est le même qu'on retrouve en usage dans d'autres régions, il se rapproche singulièrement de ceux trouvés à Charnay, en Bourgogne. Le manipule rectiligne a été rencontré à Charnay, à Oyes ', à Fère-en-Tardenois; cette forme est plus répandue qu'on le croyait naguère .