‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 240 sur 423 · LA RIO ET DONAT SCR~ ID EST MARCELLI DOMM PRO LVMINARIA · texte numérisé non relu

LA RIO ET DONAT SCR~ ID EST MARCELLI DOMM PRO LVMINARIA

Sanclorum marlyrum reliquix hic sunl Cassiani, Marcelli, Martini, dedicalum anno secundo dedicalum (?) ab Hilario prcsbylero et donat basilicse sanc-

1 Sidoine Apollinaire, Epist. vn, 5; Études d'histoire du moyen âge dédiées à G. Monoil, p. 466-485. — : Tournai, Catalogue du musée de Narbonne, 1864, p. 64; F. P. Thiers, dans le Bulletin de la commission archéologique de Surbonn.-, 1891, p. 389-400; E. Le Blant, Nouveau recueil, p. 446, n. 445. — ■ Bibl. <le Leyde, ms. de Burmann, Q *>. p. 102; f.reuzc de Lesser, Statistique du département de VHérauU, in-4", Montpellier, 1824, p. 235; Bulletin Férussac, t. \. p. 306; Renaud de Vilback, Voyage en Languedoc, p. 464; Bulletin de la Société archéologique de Béliers, 1843, a. 2:>1 : Mazel, Mémoire sur l'inscription de Régimont, dans Bulle-

lorum, id est Salurnini el Marcelli, domum ad caput ponlis pro luminaria sanctorum (voir Éclairage des églises).

Une inscription encastrée dans la muraille de la ferme de Régimont, commune de Montady (arrondissement de Béziers (Hérault), a jadis servi de table aux ouvriers et une partie du texte a disparu. Il avait été heureusement copié par Burmann à une époque où l'extrémité seule des lignes était entamée J (fig. 1047) :

+ OTHIA PRB ■ ANNO XXXIII + PRBTSSVI BASELICAM EX VOTO SVO IN HON SCRM MART-VINCENTI AGNETISET EVLALIAE CONTRET-DDC 5 VALENTINIANO VI ET ANHEM

Othia presbylero anno Irigesimo tertio prcsbyleralus sui basilicam ex volo suo in honore sanctorum marlyrum Vincenli, Agnetis el Eulalise contr. et. ddc (?) Valentiniano VI et Anthemio.

Le nom d'Anthemius oblige à augmenter le chiffre VI de deux unités. Le consulat nous reporterait alors à l'année 455.

L'ne épitaphe trouvée, en 1S69, aux abords de la vieille église de Saint-Pierre-et-Saint-Paul aux Alis-

f 0THIAPRB*ANNO#XXIII-

I ?nrs * sviBASuittMEVor ;acnetihtevi/ïi!

4647. — Inscription de Régimont.

D'après E. Le Blant, Nouveau recueil, t. n, pi. 82, n. 492.

camps (voir ce mot) porte la date 530 par la double mention du post-consulat de Decius et de la huitième indiction 4 :

HIC IN PACE RE QVIESCIT BONE MEMORIAE PE TRVS FILIVS CON 5 DA-ASCLIPI QVI FONDABET HANC BASEL'CA SANC Tl PETRI ET PAV Ll QVI VIXIT PLVS 10 MENVS ANNVS

XL) II ET OBIIT SVB DIE Xllll KAL

FEBROARIAS IN

DICTOINE VIII POS COL 15 DE CITJI VNI°RES V C

Hic in pacc requieseil bonœ mémorise Pelrus ftlius

lin de la Sociité archéologique de Béziers, 1843, p. 259; E. Le Blant, Inscript. .t. n, p. 455, n. 610, pi. SI, n. 492, — ' H. Révoil dans Reuue des Sociétés savantes, 1869, p. 506; Congrès scientifique de France, 39° session, 1S72, t. n, p. 560; De Rossi, Bulletlino di archeologia cristiana, 1S74, p. 1 1 1 ; Corp. insrr. lut., t. xn, n. 936; E. Le Blant, Nouveau p. 189-190,11. 182; Fassin,dans.LeMus<?e,l 873-1874, p. 194; Huard, dans le Bulletin monumental. 1875, p. 12IS, pi. i.xvni; Véran, dans Congrès archéologique, lS7t-. t. XLvni. D.290, note 1; L. Palustre dans Bulletin monumental, 1875, p. 172.

FRANCE

quondam Aselipii qui fundaoU hane basilicam sanrti Pétri et Puuli qui vixit plu* minus annos .XI.1I1 et ubiit sub die xitii kul. Febraarias indictionevm post eonsulatum Deciti junioris viri clarissimi.

L'inscription ae dit pas clairement si c'est Pierre ou Asclepius qui fonda la basilique. Quoiqu'il en soit, la règle de saint Aurétien dit que le monastère fondé par cet évêque d'Arles le fut en la cinquième année après le consulat de Basile le Jeune ainsi (pie l'église consacrée aux saints apôtres. Cette date nous reporte

en 546, tandis que Pierre est mort en ~ÙW après avoir survécu à son père. Sur cette église nous ne reviendrons pas ici. après en avoirparléailleursassezlonguenieni 'ionn., t. i. col. 1213 121 I. Bg. 294).

irier, historien de l'Église de Vienne, a publie

une inscription qui ■ ne se lit. dit-il, que dans les anciens cartulaires ». Jean Du Boys qui l'avait fait

connaître le premier n'indique point le manuscrit dans lequel il l'a retrouvée *. Voici le texte ' :

DOMNINVS PAPA ■ IN NOMINE CHRISTI PAVPER EPISCOPVS • DOMNINVS RES SVAS DEO QVI MENTE DEVOTA OMNICENAM CHRISTO DICNIS VIRTVTIBVS OFFERT MENTE CASTVS ET LECE PIVS FACVNDIA DIVES NESC1VS INIVSTI DOCTVSQVE RESCINDERE CVLPAS INTEMERATA FIDE DIVINA IN SEDE LOCANDVS NIL PROPRIVM CVPIENSREDEM1T Q VOS POSSIDET HOSTIS VESTITVM PASTVM POTVM TECTVMQVE MINISTRAT SOLVS ERIT IVSSV DOMINI DATA MORTE SVPERSTES EX VOTO FLAVIVS LACANIVS VIR CONSVLARIS CVM SVIS FECIT DE PROPRIO BASILICAM SECRETARIA ATQVE PORTICVM

( In place l'épiscopat de saint Domnin vers l'an 534. L'inscription a été composée du vivant de cet évêque.

Chorier dit qu'elle se trouvait dans l'église de Saintl'ierre, sous l'image de Domnin. Elle aura pu être connue d'Adon — ■ qui a connu celles d'Avit et de Namatius — et lui suggérer les éloges qu'il donne à I lomnin 4.

Il n'est pas certain que la dédicace qui accompagne la légende en faisait partie. Quant à Flavius Lucanius, son nom ne se trouve pas dans les fastes *. C'était donc un de ces nombreux consulaires qui ne devaient point leur titre à la possession des faisceaux, mais seulement à une naissance illustre ou à la faveur impériale *.

L'évèque Léonce II de Bordeaux mourut vers l'année 567. Pendant son épiscopat il avait fait remplacer un petit sanctuaire élevé par son prédécesseur Amelius, et élevé sur le même emplacement une basilique consacrée à saint Denis, l.aunoy a pensé, sans raison, que cette église se trouvait à Paris; elle devait s'élever dans le diocèse, sinon dans la ville même de Bordeaux, [.'inscription dédicatoire est encore l'ouvrage de Fortunat ' :

QVI CVPIS ECRECII STRVCTOREM NOSCERE TEMPLI TAM PIA NON PATIAR VOTA LATERE TIBI

LONCIVS HINC OLIM SACRA CVM DELVBRA FVISSENT ET PLEBS OB SPACIVM SAEPE TIMERET ITER

1 Chorier, Recherches sur les antiquités de la ville de Vienne, édit. Cochant. in-x-, Lyon, 1828, p. li'J3. —

t. de Boys, Vtenntt anttquttales dans la Blbllotheca floriarensls, p. 3|. - — ■ J. du Boys, Vicnnœ antiquttates, p. 34; Barthhu, Adoersartorum rommentartorum llbrl /..V.in-fol., hutl.1624, p. 699; .1. Le Ll&vre, HtMtotrt de l'anttf/uitè et sainctett de laeiii de Vienne en la Gaule celtique, ln-8*, Vienne, 1623, p. 1 17 : Chorier. f.n rechercht ^... mit le» antiquiiexde la ville de Vienne, métropole des Allobroges, 1658, K,7.'.. ird, 1828, p. 293 ; C. Charvet, Histoire

de tienne, in-l . I.mhi, lTi'.l . p. 831 ;( '.. du

Inflm. latlnttatls,aamotSecretarlum; P. Z. Collombet, Histoire de la sainte Église de Vienne, depuis les premiers temps du christianisme, ftuqu'à la sup~

on ilu tiige en /s«/. ln-8*, Lyon, ihit. t.i, p. 177;

■ ires de la Société archéologique i/.i mfdl tic la France,

EXICVAM DEDERAT HIC PRAESVL AMELIVS ARCEM

CHRISTICOLAM POPVLVM NEC CAPIENTE LOCO QVO VITAE CLAVDENTE DlEM DEHINC PROLE CRAOVQVE

VENIT AD HAEREDEM HOC OPVS ATQVE LOCVS FVNDAVITQVE PIAM HANC PAPA LEONTIVS AVLAM

OBTVLIT ET DOMINO SPLENDIDA DONA SVO QVAM VENERANDVS HABET PROPRIAM DIONYSIVS AEDEM

NOMINE SVB CVIVS SANCTIFICATA NITET QVI FERVENTE FIDE CHRISTI SOLIDATVS AMORE

VERTICE SVPPOSITO COLLA SECANDA DEDIT MEMBRORVM CONTEMPTOR ERAT CVPIENDO CORONAM

VILE PVTANS QVIDQVID FERRET AMORE DEI VT MORITVRA CARO DONVM IMMORTALE PARARET

VVLNERA DILEXIT SED CARITVRA NECE HOSTILI OCCVRENS CLADIO SE MISIT OLYMPO

VNDE MORI VOLVIT VOTA SALVTIS HABET NEC ANCVSTA PRIVS SVBTRAXIT FANA SACERDOS

HAEC NISI PERFICERET QVAE MODO CVLTA PLACENT ASSIDV/E IN PRISCO PERACENS CERIMONIA TEMPLO

DONEC RITE SEQVENS CONSOLIDASSET OPVS

Cet évêque Léonce était un grand bâtisseur et Fortunat le fournissait de dédicaces métriques. Il bâtit, en un lieu que nous ignorons, une basilique dédiée à Un saint du nom de Xazaire et en voici le titre épigra-

phique 8 :

Culmina conspieui radiant veneranda Nazari

Cuius membra solum sptrUus aslra lenel Semine terrigeno terrenis usibus exsors

Immortale bonum pulvere nalus homo 5 Nil earnale volens sed Christi prmmia poscens

Sanguine de prnpriu t'ietima digna Deo Ilœc libi lempla sacer dévolu Leontius offert

Majoremque suam hinc cupil esse domum Hic prias augusto (abricata est machina giro 10 Quo neque tune poterat plebs veneranda capi Dejeclamque solo rursus fundavit ab imo

Et dédit hsec quœ nunc amplifteata placent.

Cette autre basilique également bâtie par Léonce et pourvue d'une dédicace de Fortunat. était consacrée à saint Vincent; reste à savoiroù s'élevait la basilique. En 585, le prétendant Gondovald s'enfuit de Bordeaux et se réfugia au chef-lieu du pays de Comminges, poursuivi par les troupes de Gonlran qui pas sèrent la Garonne à la nage et arrivèrent prés de la basilique de Saint-Vincent juxla terminum At/ennensis urbis. Si on tient compte du sens du mot juxta dans la légende de saint Vincent, ce mot doit s'interpréter comme in; quant au mot terminus son acception est bien précise (/ans la langue de Grégoire de Tours, il faut donc traduire : « située sur le territoire d'Agen » et non pas, comme on l'a proposé maintes fois : « près des confins de l'Agenais. ■ ('.cl I e basilique, nous dit encore Grégoire de Tours, s'élevait « à l'endroit où le martyr couronna, dit-on, son sacrifice pour le nom du Christ. Les habitants s'y étaient ri avec ce qu'ils possédaient de plus précieux; mais l'armée royale mit le feu aux portes, les brisa à coups

t. n, p. 192; Dictionnaire d'épigruphic chrétienne, t. n. p. 11S1; E. LeBlant. Inseript, t. n, p. 56, n. 405. — ' Ailmi. Chronteon, acta sexta. E. Le niant. Inseript., t. n, p.57. — *G. Marlnl, Alli c monument! de' /ratelll Arvalt, in-l°, itoma, 1795, p. T'ai. — 'Fortunat, Çarmtna, I. I. n. xi. leta sanet., octobre t. iv, p. 923 : J. de Launol, Opéra, t. n, p. 587 el 592; H. de Valois, Dtsccplnti cil ijrwv

vrlml Francorum reges vondlderuni, ln-8°, Parislls, inâT. p. 106; Dtsuptatioi Ucts defcnslo /udtcium, ln-8*.

1660, p. 109; Gallia chri tiana.t. mi. p. 17; Tlllemont, Mémoires /«mr ferait d l'ftl ' tique, m-l .

I IV. p. 717; l.e faillite. .In». fCth n. I

t. i. p. 600, t. n. p. i i : l .. le Blant, Inseript., t. n. i

n. 588. — "Fortunat, Cormina.l. I.n.v: |ulllel

t. vi,p..".l.".; l.e i .mille. .In/i.W. >.1 u.p .13;] Le B it. /».•.-

crlpt., t. n. p. 383, a.

FRANCE. — III

<le hache, envahit l'édifice, passa au fil de l'épée tous ceux qui y étaient renfermés, et enleva les richesses qu'on avait déposées dans la basilique, ainsi que les ornements du culte l. >

Le lieu du martyr de saint Vincent est incertain '; on reconnaît généralement que le saint fut mai'tyrisé In Agennensi terrilorio, Reonemensis ruris, agro Vellano, et non loin d'une rivière, sur une colline où s'élevait un temple païen. Son corps resta enseveli en ce lieu pendant un siècle et demi, ensuite il fut transporté à cinq milles (7.500 mètres) au caslrum Pompeiacam, où s'éleva une basilique qui fut considérée comme le lieu même du martyre.

Fortunat, qui écrivait à Poitiers, intitule la dédicace relative à cette basilique : De basilica ullra (al. apad) Gammnam. Il la situe donc sur la rive gauche de la Garonne et nous dit que l'évèque Léonce donna la toiture d'étain. Au dire de Fortunat, le même Léonce aurait consacré au vrai Dieu et à saint Vincent -le temple païen d'un lieu appelé Vernemelis.

Fortunat nous donne l'explication de ce mot : Nomine Vernemetis volait vocilare veluslas Quod quasi fanum ingens gallica lingua refert.

Le gaélique a gardé les deux mots dont se forme ce vocable. Ver (fear) que Fortunat traduit par ingens signifie en effet : supérieur, excellent, proéminent; nemet (neimherd) qu'il rend par fanum veut dire : bois champ, enceinte, lieu consacré. Ainsi en langue gauloise Vernemetis signifiait « grand temple ». Ce nom était porté par d'autres localités de la Gaule; accentué sur l'antépénultième, il a dû produire en français Vernanles.

Voici l'inscription dédicatoire 3 :

Culloris Domini loto sonus exiit orbe

Nec locus est ubi se gloria eelsa neget Sed eu jus merilum scimus percurrere mundum

Hujus ubique viri surgere templa decet Eece beala nitenl Vinccnli culmina summi

Munere martyrii qui colit aslra poli Promptus amore pio qux papa Leonlius olim

Condidit eximio consolidata loco Nomine Vernemetis voluit vocilare vetustas

Quod quasi fanum ingens gallica lingua refert Auspicii praemissa fides erat anle futura

Ut modo celsa domus staret honore Dei Hic etiam sanctus Domini sufjullus amore

Virtutis summx signa tremenda dédit Sam cum templa Dei prœsul de more dicavil

Murtyris advenlu daemonis ira fugit Redditur incolumis quidam de parle maligna

Cui vidisse pii templa medela fuit Emical aula potens divino plena sereno

Ut merito placeal hic habilare Deo S une specie suadcnle loci ac virtutis honore

1 Grégoire de Tours, Hîstoria Francorum,\. VIT, c. xxxv, De gloria martgrum, c. cv. — ; A. Magen, De quelques difficaîiés géographiques relatives au martyre et à l'inhumation de saint Vincent, flans Recueil des travaux de la Société d'Agen, 1856, 1" série, t. vm,p. 130-151 ; A. Magen, Solution proposée d'une des difficultés géographiques que soulève la lèqendc de saint Vincent, même recueil. 1861, II" série, t.i.p. 2S0-2S8; Boudon de Saint-Amand, Essai sur les antiquités des départements de Lot-et-Garonne, in-S°, 1859, p. 101-125 : Pompejacum Villanum. — 3 Fortunat, Carmina,l. I, n.ix ; Tillemont, <>p. cit., t. iv, p. 547 ; Acta sanct.. juin t. n, p. ItiS; Baronius, Annales, édit. Pagi, t. x, p. 205; Le Cointe, Annales, t.n, p. 11 ; .(. Labrunie, Extraits des essais historiques de d'ArgentgnsurVAgenais,écUt.A. Magen, p.39;Am. Thierry, Histoire des Gaulois, 1811, introd., p. cxxiv; Barrère, Histoire religieuse du diocèse d'Agen, 1. 1, p. 59, 137,138; DeGourgues, Doraogne, .Noms anciens ,le lieux ilu département, in-8°, Bordeaux, lstil , p. is; E. Le Blant, Inscript., t.n. p. 385, n. 592; A. Longnon, Géographie de la Gauleau P/csîècie,in-8°, Paris, 1878, p. 650-851. — 'Fortunat, Carmina, 1. 1, n.vjn; Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, t. iv.

Evocal hinc populos hinc decus inde salus Qui plebem accendit venerandse conditor arcis Talibus offîciis prœmia jusla melit.

Au Caslrum Pompeiacam devenu le Mas-d'Agenais (arrondissement de Marmande, Lot-et-Garonne), une ancienne église collégiale était désignée sous le nom de Saint-Vincent du Mas. En face de cette église, vers la deuxième moitié du xixe siècle, on voyait encore dans un enfoncement formé par deux maisons dont l'une est en recul sur la place, un fragment d'arcade sans caractère, mais qui paraît être le dernier vestige d'une chapelle conservant le nom de Pompéjac, lequel s'applique encore aujourd'hui à l'emplacement dénudé du sanctuaire ainsi qu'à la place, aux dépendances de celle-ci, et aux propriétés qui l'enceignent.

L'église de Pompeiacum était encore destinée à recevoir les libéralités de l'évèque Léonce de Bordeaux qui la fit recouvrir avec des lames d'étain. Fortunat composa cette dédicace * :

Tempore vila brevis meritis fil longior almis

Angustosque dies lendit honore fides Post finem sine fine mancl mens dedi a Chrislo Linqucns turbam hominum stal sociata Deo 5 Hac ope suffultus Vincentius exslat in œvum Gloria martyrii cujus opima viret Vertice succiso rapuil qui ex morte Iriusnphum

El nova de terris proies ad aslra vola t Credidil unde neeem sanclo dédit hostis honorem 10 Percussorque magis morte perenne jacet Vicerat Me miser hune si jugulure nequissel

Nam abslulil unde capul conlulit inde polum Hujus amore novo pia vota Leonlius explens Quo sacra membra jacent stannea lecla dédit 15 El licel cnileal meritis venerabile lemplum Altamen ornatum prœbuit isle suum Prsemia succédant operanli longa salulis Hujus ul obsequiis culmina sancta micent.

L'emplacement du Castrum Pompeiacum et de la basilique est donc certain, aujourd'hui: mais l'autre basilique, élevée sur le lieu même du martyre, par conséquent dans un rayon de 7.500 mètres, n'a pas encore été retrouvée. Dans tous les environs on ne rencontre d'ailleurs aucun nom dérivé de ceux du rus Reonemense, de l'AVer Vellanum ou de Vernemetis. L'église du Mas-d'Agenais fut privée des reliques de saint Vincent, au ix° siècle, lors des invasions normandes; elle furent transportées à Sainte-Foy d'Agen et, de là, dans l'abbaye de Conques au diocèse de Rodez.

A Mayence, les vers de Fortunat ornaient une basilique dédiée à saint Georges 5 :

Martyris egregii pollens micat aula Georgi Cuius in hune mundum spargitur altus honor :

p. 547 ;Actasanct., juin t.n, p. 16S; Le Cointe, Annal, eccles. Francorum. t.n, p. 14 : J. Labrunie, Exlraitsdesessais historiques de d' Argentan sur l'A gênais, édit. A. Magen, p. 38; Barrère, Histoire du diocèse d'Agen, t. I, p. 137; F. Le Blant, Inscript., t. n, p. 3N7. n. 593 ; lioudon de Saint-Amand, Essai sur les antiquités du Lot-et-Garonne, p. 107; A. Magen. Solution proposée d'une des difficultés géographiques que soulève la légende de saint Vincent, dans Recueil des travaux de la Société d'Agen, IV série. 1. 1, p. 281; A. Longnon, Géographie de la Gauleau VI' siècle, in-S°, Paris, 1878, p. 551-552. ■ — 6 Venance Fortunat, Carmina, t. II, n. 12, édit. F. Léo, dans Monumenta Gcrmaniœ historica, Auctorcs antiquissimi, t. iv. part. 1. p. 40-41; Brower. Antiquitates annalium Trevirensium, in-fol.. Colonise, 1628, p. 60. 61 ; éd. Luclii, Brosver, Annales Trevirensium, t. i, p. 318, Acta sanct., avril, t. m. p. 111 ; t. vi, p. 323; G. C. Joannis, Scriptorcs icrum Moguntiacarum, Francofurti ad Moenum, 1722, t. i, p. 67; Marlot, Metropolis Remensis hîstoria, t. i, p. 208; Le Cointe, Annales eccles. Franc, t. I, p. 711, t. n, p. 20; E. Le Blant, Inscript., l.i, n. 341. 342; F. X. Kraus, Die altchristlichen Inschriften der Rheinlande, 1890, n. 45-46.

i i: \.\ci:.

Carcere csede lame vinelis site frigore flammis

Confessw, Christum duxil ad astra capul; Qui oirtute potens oricnlis in axe scpullus

Ecce sub occiduo cardine prœbet opem.

Ergo mémento preces et reddere vota, vialor :

Obtinet hic meritis quod petit aima fides Condidil antistes Sidonius isla deeenler.

Proficiant anima: qua; nova lempla suse.

Le baptistère était également l'objet d'un poème épigraphiquc du même auteur ' :

Ardua sacrati baplismatis aula coruscat, Quo delicta Adie Christus in amne lavai.

Hic paslore Deo puris grex mergilur undis, Ne maculala diu vellera gestet ovis.

S Traxil origo i mine, sed pater orbis

Purgavit medieis crimina morlis aquis.

Ilanr laincn autistes Sidonius txlulil arecm.

Qui Domini cultum lempla novando fovel, Struxit lierlhoara: voto conplente sacerdos. 1 i ) Quse decus ecclesise eordis amore placet. Catholicœ fidei splendor. pielate coruscans, Templorum cullrix, prodiga pauperibus Séminal unde métal fruges. spargendo rccondens : Terrenis opibus non moritura parât.

1") Filiadigna palri te, Theudeberehe, re/ormans, Rexisti palriam qui pielate palris Et comitante fide revocasti ex hoste triumphos;

Sed copti prelio mox rediere tuo.

Ecclesiœ futlor, laus regum, pastor egenlum,

20 Cura sacerdolum, promplus ad omne bonum,

Cuius dulee jugum nullus gemuisse falelur,

Vivis adhuc meritis rex in amore luis.

Il est question dans ces deux poèmes d'un Sidonius, évêque de Mayence, qu'on retrouve dans d'autres écrits de Fortunat ; ce prélat occupa le siège <le Mayence vers le milieu du VI" siècle Théodebert 1'. fils de Théodoric mourut en 518 Fiancé à Wisigarde, il la délaissa pour Deuterie. puis revint à clic, l'épousa, mais elle mourut peu après. Théodebert se remaria, le nom de sa deuxième- femme n'est pas connu; elle fut probablement la mère de Berthoara, qu'on trouve orthographie : Berthradte, Berhtradse et qui, au «lire- du vieil historien Brower, fut religieuse a Mayence : Visilur li ■:■ ris Ccllic monaslerium in urbe,

peranliqua sedes virginum, in qua l>. Ilitliildis (c'est toujours ell mina, / i an»

eliam inlegi nui. Nec hujus monasterii pauca

supersuni aelobscura prisese magnificenlia vestigia.

ci encore une inscription dédicatoire due à Fortunat (1, iv). 1 il s. le (initia christ. ana et le P. Le Cointe inclinent à reconnaître dans le fondateur de la basilique en question l'évêque d'Auch.Faustus, signataire du deuxième concile de Mâcon, c n

Emical aula decens venerando in culmine ducta

Nomine Martini sanctifleata Deo Cui vil:e merito flducia tanin c, rusent

VI pupulis Iribual quvd pia vola rogant

1 C. de La Croix, Monographie <te Vhgpogi i martgrlum de Poitiers, <l. m-, linil, tin '/>• lu Société des antiquaires de l'Out t. le, t. n, p. 7 1-sh; Revue des Sociétés savantes, 1881, Vil série, t. iv, p. 254-2 il., Paris, 1883 ; de

Cclcuneer, dam Revue Poitevine, 1886, I. in, p. 39-40; Controoertei I Contemporain, 1886, Il série, t. vn, p. 142-147; P. X. Krans, dans Reperl. Km na/f, t. i\; t.. r.i-

lustre, dans Bulletin monumental, 1879, \ lirie, t. vn, I>. 346-347; Bine, 1886, p. 219-221; De

dans OsservaUons sur le monument de Mellebaude n P dans Accademla ramona ponttflcta dl archeologta, J"> u \ rier 1886, p. 33; Ramé, Observations sur le monument de Vfel/ebaude, a Poitiers; Revue poitevine, 1886, p. 20, 33-3 de Sim-dt, tbld., p. lu- il; A. ChabouUlet, dans Revue des

r, D'ARI il. CHBBT.

Exlulit liane Faustus devolo corde sacerdos Reddidit et Domino prospéra dona suo.

Nous ne ferons ici que mentionner les inscrip de l'hypogée de Poitiers (voir ce mol), petite crypte de destination funéraire, au fond de laquelle se \ un autel élevé sur deux degrés. Des Inscriptions se lisaient sur les montants de la port;, sur la pierre du seuil, sur une autre pierre dont la position ancienne n'a pu être déterminée, sur une grande marche demeurée en place, sur deux Fragments ornés de gravures, enfin sur un débris sculpte. Plusieurs légendes étaient s en couleur sur les parois. Dans un arcosolium se trouvait une légende murale peinte. La partir rieure recouvrait une légende plus ancienne qui a pu être lue après qu'on eût fait disparaître la légende plus récente. L'inscription, remise au jour par le lavage des lettres qu'on avait superposées, indique deux particularités distinctes : d'abord la dédicace de l'b faite le 3 des kalendes du mois d'août, puis, à une autre date, l'introduction des reliques des saints ' :

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