Entrelacs. Voir ce mot, t. v, col
19. Peinture. — ■ La grossièreté des matériaux employés dans la construction des églises, le disparate que devaient offrir les murailles, — on en peut juger par l'église de d'avant — conduisit les architectes à cacher le mieux possible leur ouvrage, qu'ils couvrirent d'un enduit sur lesquels on étala du stuc et plus souvent encore de la peinture.
Malheureusement, rien de plus fragile que cette décoration et aucun vestige ne s'en est conserve en
4681. Amlioti de Romainmôtier.
D'après R. de Lasteyrie, op. cit., p. 221, lis;. 22:;.
France. Cependant, des textes surs nous apprennent que les églises de Saint-Riquier, de Saint-Gall étaient ornées de sujets très varies. La Basse-Œuvre de Beauvais était probablement peinte.
20. Mosaïques. - Les écoles de mosaïstes axaient disparu, ce n'était plus guère que des artisans qui continuaient tarit bien que mal la pratique, mais non la tradition, du musivum opus. On plaquait des marvec une maladresse et un manque de goût qui [u'ons'étonne que ces gens n'aient pas préféré les murs nus. On appelait cela mosaïque, comme on lit peinture et sculpture des essais informes. A ignj des Prés, l'extérieur de l'église est dénué coration, par contre l'intérieur avait reçu îles mosaïques qui se sont conservées presque com- En 1843, "ii a retrouvé à l'abside une de ces mo lïqi qui montre que la décoration avait contes habitudes de l'antiquité. Tandis que la coucentrale esl de stucs gaufrés, ainsi que l'ébraseinenl des fenêtres de la lanterne et de l'abside tir l'est, on a fait usage pour le cul-de-four de l'abside
orientale d'une frise en stuc portée sur dix armatures que soutiennent des colonnettes à fûts de marbre. Le cul-de-four est orné d'une mosaïque à fond d'or de style byzantin, représentant deux anges en adoration, devant l'arche d'alliance. En 1870, la restauration de l'église a fait découvrir sous les arcades du sanctuaire d'autres mosaïques. Cet exemple est malheureusement isolé; nous ne possédons rien d'analogue en France. Quant à la mosaïque d'Aix-la-Chapelle, voir Dictionn., t. m, col. 694-095.
Les pavements en mosaïques continuaient à être pratiqués; on en conserve un spécimen à Aix-la-Chapelle.
21. Tentures. — « La décoration des églises carolingiennes était complétée par des tentures que l'on suspendait à l'arc triomphal et aux arcades de la nef. C'étaient de riches étoffes de soie, parfois rehaussées de pierreries. On y voyait souvent représentées, à l'aide de broderies ou de peintures, des scènes de la vie du Christ. Le Liber ponlifienlis nous a conservé de précieux renseignements sur les tentures qui ornaient les églises de Rome au ixc siècle. Le manque de documeltts ne nous permet pas d'affirmer que pareil luxe ait été déployé dans les églises des Gaules. Il est à croire cependant que les riches abbayes et les grands cintres de pèlerinage rivalisaient à cet égard avec les églises de Rome, car dans les motifs d'architecture figurés dans les manuscrits carolingiens, nous voyons fréquemment des voiles de couleurs diverses suspendus aux arcades ou relèves autour des colonnes '.
22. Ambons. — (Voir ce mot). Aux exemples que nous avons donné nous pouvons ajouter l'ambon récemment retrouvé de Romainmôtier (fig. 4681).
IV. épigraphie. — I. Utilisation de i.'épighaphie chrétienne. — L'épigraphie chrétienne de la Gaule est une des sources les plus abondantes de la chronologie et de l'archéologie de notre pays. Ces témoignages disperses et ces témoins presque anonymes, car leur nom découvre même à peine une personnalité distincte, nous permettent de reconstituer une partie de l'histoire du christianisme dans les lieux où il a été plus florissant et où il est de meure plus vivace que partout ailleurs. Les fastes épiscopaux, dans leur sèche nomenclature et la brièveté voulue de leurs récits, nous font connaître les pasteurs des Églises, l' épigraphie nous initie a la communauté souvent fervente, souvent malheureuse qui vécut à l'ombre de ces Églises. Interrogée avec obstination et avec prudence, elle permet de ressaisir quelques aspects d'un tableau dont l'érudition peut seulement tracer l'esquisse. Il y a lieu toutefois d'être surpris qu'il n'ait pas encore été entrepris à l'aide des documents si nombreux que l'archéologie met entre les mains de l'historien. Qu'on ajoute à ces indications données par l' épigraphie toutes celles que les diplômes, les monnaies, les fouilles, les bijoux, nous apportent et il n'est pas aventureux de soutenir que l'histoire de France, étudiée à l'aide de ces milliers de textes et de monuments, ressemblerait probablement assez peu a ces vastes et froides machines qui ont contribué à tromper le public depuis Mézeray jusqu'à Henri Martin. Considères isolément, ces documents sont parfois énigmatiques et presque inutilisables, a peine peut-on y voir une indication historique: leur rapprochement les complète, les illustre mutuellement: par eux. nous touchons aux croyances et aux superstitions de nos pères, nous entrevoyons les coutumes qui n'ont pas entièrement disparu de certaines contrées, nous retrouvons leur langage inculte, nous assistons aux alternatives de prospérité et de décadence des Églises. au\ pn Occupations, aux lutti
1 lî. île Lasteyrie, Architecture religieuse, p. 21S.
il; wi.i:
individus, aux déchirements de l'hérésie et au di pement de la foi orthodoxe '.