SANCTA REQVELE DS DEDIT
Nous nous trouvons ici en présence d'une formule otiliséc avec quelque inattention, puisque le graveur a transcrit un mot qui devait être remplacé par un autre. Les désignations Qxes ni' subissaient aucune modification, mais les désignations mobiles telles que noms d'individus, de localités, de chronologie étaient néces- >i i iin. ii t i ie remplies
qui emploj ail la formule en question; a la place on mettait ordinairement le
pronom Me, comme dans ces formulaires : Actum in
1 Le Blant, Inscrtpt., t. n, n. 176, ' I '<■ Rozièrc, '
ancs p. - 10, ' ll'i.l., p. 73, 85. 87,211,241, --Mo. 269, 326, 983,
lien, Autheni. collât., V, Ut. il, Nov. MAIL c. I.
tu ,in il de tout» d'Arles
nntérteuresau Vltl*sliclede l'ère chrèllennt . 17.H7.
B7 ' Le Blant, Inscrtpt., n. 624. ' ""<'■. t l.
illo loco... Ego itaqut i lie, anno lllo illius régis 1 i nim, mense illo, die illa, quod /util ipse mensis, sut comité illo. scripsi et subscripsi féliciter*. Pour les choses qu'il fallait compter, on remplaçait i//e par tantus et l'on écrivait : dies tantos, sultdos tunlos*, etc.
Les Grecs employaient l'équivalent et disaient par exemple ' : BxotXeîaç toûSc toû BetoràTou Aùy xal AÙTOXpaTOpoç ï-.'>->z TOaoC8e. L'ouvrier ciui a grave la pierre de Crussol pouvait sans demie rer le nombre de mois ou d'années écoulés depuis l'avènement de t'.lovis, mais il est plus probable qu'il a commis une simple inadvertance; ayant sous les yeux un modèle à copier, il a copie sou modèle trop fidèlement. L'existence de ces modèles est atl par les marbres païens connue par les marbres élue tiens cl. comme nous n'avons à nous occuper ici que de la Gaule, il suffira de rappelle!' que nous rencon trons deux fois à Arles 5 : filim karissimse et omni tempore uilse suœ desideranlissimse ; deux fois à Aix • : innocuus pia semper mente probalus.
Des légendes à Trêves et à Reims reproduisent de façon presque identique le distique7 :
Scdem victuris gaudens componere membris Corporis hospitium sanclus metator adornat.
Nous lisons à Saint-Jean-de-liournay 8 : Inslituit sobolcm simplicitate pia,
en même temps que cette autre cpitaplie, conservée dans un manuscrit, sans indication de provenance, contient un vers presque semblable :
Calholica sollers caula, moderato, vcnusla
Prompta peregrinis parca modesta sibi.
Moribus ornuta vultu spei losa decoro.
Libéra conloquio casla benigna decens Morigera conjux fido sociata jugaii,
Enutriens sobolem severitate pia.
Moribus lue rivais decessil trmporc fixo.
Undecimam ducens vidit olympiadam.
On retrouve sur la porte de l'église de Mozac, pré ■ Riom*, deux hexamètres qui ornaient la célèbre basilique de Saint-Martin de Tours :
Ingrediens lemplum rejer ad sublimia vultum Inlraluri aillant veneransq. limina xpi.
Le texte de 'Tours portait vénérantes qui a ele changé en veneransq. ou bien en oenerando.
L'idée qui inspira ces vers d'une épitaphe d'Anse "
In qua qdquit habent cunclorum / um.
Conlulerut tribuens omnia pulchra ils
se retrouve dans une autre inscription chrétienne récemment découverte au même lieu" :
IN QVA QVIDQVID ORVM EST CONTVLEn//
CVNCTA DS
nu rencontre par trois (ois. :, liriord cl a \ cel hexamètre ' : ; VTILITAS LAVDANDA NIMIS MIRANDA VOLVNTAS
n. 242, 3 122. On II
Vota borne memoria Mannonts liber »■' sepulaum Augendi oblatus. \.." I note 'J- 'P. Méi ' !l • •
i. Le Blanl I..1.I, p. 31
Lu, n • ■
FRANCE. — IV
et les formules d'un marbre de Vaison se retrouvent sur d'autres monuments funéraires ' :
Ëpitaphe de Vaison
INLVSTRIS TITVLIS
PANTACATVS FRACILEM VITAE CVM LINQVERIT VSVM INVENIES QVOD IVRA DEDIT 1VSTISSIMA-SANXIT ARBITRIIS NAM CVSTOS PATRIAE RECTVRQVE VOCATVS
PARCVS SIBI LARCVS AMICIS ABSTVLIT HVNC REBVS DECIMO MORS INVIDA LVSTRO
Autres épitaphes :
INLVSTRIS TITVLIS2
CONTEMNENS FRACILEM TERRENI CORPORIS VSVM » DESERVIT FRAC1LIS TERRESTREM CORPORIS VSVM ' QVI CVM IVRA DARET COMMISSIS VRBIBVS AMPLIS
ADIVNCTA PIETATE MODIS IVSTISSIMA SANXIT PATRICIVS PRAESVL PATRIAE RECTORQVE VOCATVS5 LARCVS PAVPERIBVS PARCVS SIBI DIVES ECENIS» QVAM CVM POST DECIMVM RAPV1T MORS INVIDA LVSTRVM ■
Sur quatre monuments de Briord, nous lisons : ABSTVTA PASSI1NS DVLCISSEMA APTA s ABSTVTVS ARCVS DVLCISSIMVS APTVS « ABSTVTI PASS1INS DVLCISSIMI APTI >° ABSTVTVS PASSIINS DULC1SSEMVS APTVS"
La première des légendes qui portent ces mots est en prose; les trois autres sont écrites en vers ou composés de lambeaux métriques. Pour ces dernières, l'hexamètre que représente cette série d'épithètes pèche contre toutes les règles prosodiques; pour la troisième, l'adjectif passiins s'accorde mal avec les pluriels qui l'entourent. Ces lourdes erreurs, comme le fait remarquer Edmond Le Blant ont leur prix, car elles, accusent l'imitation d'un modèle commun où figurait un hexamètre que la combinaison des quatre textes semble permettre de restituer ainsi :
Astatiis, largus, paliens, dulcissimus, aptus.
Une inscription funéraire de Briord, faite pour deux époux, mais copiée sur une pièce dédiée à un seul personnage, accuse de même l'imitation. Les mots QVI FVERVNT INSIGNIS MERITIS nous ramènent à l'hémistiche qui fuit insignis merilis, comme la phrase TRANSIERVNT AD VERAM REMEANS E CORPORE VI TA M qui garde du modèle le verbe au singulier, redevient un vers par la simple substitution de transiit à transierunt l-.
Il va sans dire que les poésies épigraphiques étaient copiées et malmenées avec un entrain infatigable. Cette pratique se comprend d'autant mieux que l'on s'offrait le luxe d'une pièce de vers et qu'on pouvait y introduire les plus énormes barbarismes, bousculer le rythme sans la plus légère inquiétude, quel lecteur eut été capable de relever les énormités dont le morceau était parsemé. Et ce procédé fut longtemps en honneur. En 1062, on inscrivait sur l'épitaphe de l'évêque de Sens cet hexamètre gravé sur la tombe de Tetricus 13 :
Summus amorregum populi decus urina parenlum.
Peut-être est-il possible de retrouver la trace des anciens formulaires d'épigraphie. Un formulaire latin
' E. Le Blant, Inscript., t. n. n. 492. — ■ Ibid., m. .">l',2, à Çlermont. - Ibid.,n. ,~>1G, à Arles. — ' Ibid.,n. 23, à Lyon. — '■Ibid., n. 425, à Vienne,— 6 Ibid., t. n, p. 184. — ' Ibid., n. 31. — 8 Ibid., n. 376. — • Ibid., n. 377. — 10 Ibid., n.380. — » IMd., t.n,p.l84. — »Ii>id.,n.380. — " Ibid., n.3.
duixe siècle provenant de l'abbaye de Reichenau, contient, parmi divers modèles, cette légende épigraphique " :
Hane quiquc devoti convenitis ml aulam Poplilibusque flexis prupiatis ad ciram Cernile conspicuum sacris sedibus allas Gerultus quod condidit lamina nitent 5 Virgines quod condecet almo podori Subque volo Maries intulil in aulam Hic agni cruor caroque propinatur ex ara Cujus laclu h^ijus sacrantur lamina axis Hue quicumque cum prece penelralis ad arcem. 10 Dicile rogo aime miserere Gerollo
Titulo qui luti ornât Virginis templum JEthereo fruatur sede felix in tevutn.
Sur les marges d'un glossaire du même siècle, une main contemporaine a tracé des formules et des modèles divers, parmi lesquels figure une épitaphe ls :
Vir pielale probus Verecundi nomine diclus
Insignis clarus diviciisque plenus Quas bene dispensons cœlestis culmina regni.
Mercatus petiit conjuge cum propria 5 Vir februi octonis prsereptus morle kalendis
Decessit sequitur née mora post obitus Nobilis uxoris Gerberga fuit vocitata
Ha'e eliam quinis morte obiit numéro.
Cette réunion à des modèles semble assigner une même destination aux deux pièces qui précèdent : peut-être fait-elle connaître en même temps l'un des usages des anciennes collections d' épitaphes métriques latines, textes le plus souvent médiocres et recueillis sans aucun but historique.
XXIII Inscriptions métriques. — Au premier rang des pièces composées à l'aide de formulaires il faut compter les inscriptions métriques. Ici il faut renoncer aux citations qui nous entraîneraient trop loin, nous verrons cette question en parlant des anthologies d'inscriptions (voir ce mot).
L'n exemple suffira. Beaucoup d'hommes s'intéressaient au moyen âge à ces vieilles épitaphes versifiées, ils en composaient des recueils et même ils y apportaient toute l'attention dont ils étaient capables. Mais en même temps ils avaient grand soin de laisser à l'écart les indications historiques ne recherchant que le texte métrique. L'n manuscrit du xie siècle contient une inscription correctement copiée dont l'original a été retrouvé à Verceil. Le copiste avait pris soin d'omettre cette mention chronologique 1G :
QVI VIXITIN-HOC SECVLO-ANS PL MS LXXDPSSDV-KALIVN PC- MAVVRTI VC -CONSVL
Il en est presque toujours ainsi pour les textes métriques conservés dans les sylloge du moyen âge.
Nous en trouvons un exemple en Gaule.
L'église Saint-Pierre à Vienne en Dauphiné s'élève sur l'emplacement d'une basilique des premiers siècles ; vers le milieu du xixc siècle, elle était encore occupée par un atelier de forge. Incessamment ébranlés par la percussion des machines, les murs de la nef se dépouillèrent de l'enduit qui les recouvrait, et des portions largement dégradées laissèrent voir à l'intérieur de mauvais pilastres de plâtre, les fûts de belles colonnes romaines. A la suite de réparations et de recherches, le pavé donna plusieurs fragments d'épi-
— " Moue. dans Zeitschrift /iir die Geschichie des Oberrheins, t. ni, p. 392, formule 4; E. de Rozière, Recueil général d, \s formules, p. 1143. — "Bibl.nal , ins. lat., 7880, fol. 340. — 16 Gazzera, Délie iscrizioni crisliane del Picmontc, in-4'. Torino, 1849, p. 112-113.
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tapbes de sarcophages et, au niveau du sol antique, une sépulture recouverte de son inscription '.
Parmi les débris un remarque le reste d'une dalle do marbre OÙ se lisent les trois lignes suivantes :
PLACEAT GEMIRE QVOD CELEBRARE • • •
EPOSITIO EST VII IDVS MARSIAS