‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 299 sur 423 · II. ■'! IT r. loi.. I. Ml · texte numérisé non relu

II. ■'! IT r. loi.. I. Ml

[al., 1 mi. n 933. 1 1 ■ Blant, fn rlpl . n

FRANCE

vulgaire de l'adjectif possessif, c'est seus ', créé évidemment par analogie avec l'adjectif de la première personne meus.

Diphtongues. — On retrouve ' 'S diphtongues en Gaule quoiqu'elles aient cessé d'avoir aucune valeur réelle, cette survivance s'explique par l'ordinaire attachement des provinciaux aux traditions du passé. Use tient la place de e simple : precipuœ -, pacse 3 ; et on trouve dans les inscriptions œ pourë, comme dans dans sœpulchris *, brxvis 5, prœsbytcr 6, secclesia 7. Presque aussi souvent se représente un ë, comme dans requiœscit 8, quiœti " et un grand nombre d'autres tels que : fœminis, fxliciler, dise. Dans certains cas se tient lieu de î et aussi de î : sedibus 10 pour idibus et ou signalera enfin le changement de as en a dans pradia ]1 pour prœdia.

ei, est une graphie archaïsante, devenue très rare, comme flammeis 'J.

oi se réduit à n'être plus que ce dans AGROECVS " pour Agrecius, FOEDVLA 14 pour Fedala, fssmina 1S; ai et oi, après s'être simplifiées toutes deux en e ont fini par permuter entre elles. Alors que les langues romanes ne connaissent que la forme cœlum, on trouve dans les inscriptions chrétiennes civlum à côté de cœlum; de même cœcus et ccecus, alors que les langues romanes n'ont conservé que cœcus.

ru (et sa forme secondaire on) se rencontre dans les textes de l'époque mérovingienne, dans les inscriptions chrétiennes, noms propres, soit francs, soit burgondes, enfin dans les documents germaniques eux-mêmes du vi% vu0 et vm" siècles, sous les formes eu, eo, iu, io. On trouve ainsi TEVDERICVS, THEV- DERICVS. THEVDORICVS, TEHEVDORICVS16, etc., etc. Cette graphie était alors d'un usage si fréquent qu'on l'a introduite dans les noms grecs pour représenter le groupera : THEVDOSIVS 17. La prononciation de cette diphtongue est incertaine; on peut toutefois affirmer que la tendance générale était de prononcer eu en deux syllabes. La graphie THEVDO- SIVS "ne s'explique qu'en admettant qu'on a d'abord prononcé Theudosius.

au s'est parfois simplifié en a, comme dans aguslasls: il s'est aussi simplifié en o, dans LORENTIVS 20.

Voyelles atones. — L'a s'affaiblit en i et cet i est rendu tantôt par e tantôt par ù se rapprochant de ou. Onadonc MONICVS ", MONECVS ", MONVCVS B. A atone subit une transformation semblable dans monislirium -'. Dans d'autres documents vulgaires de la décadence 2i, on trouve monesterium, dont on saisit l'importance au point de vue de la phonétique des langues romanes et surtout de l'ancien français. En effet, moulicr, mostiero, mosleiro supposent un pro-

1 Corp. inscr. lat., t. xn, n. 5692. — * Corp. inscr. lai., t. xm, n. 2391. — * Corp. inscr. lai., t. xn, n. 208G, 218S; t. xm, n. 1508. — ' Corp. inscr. lat., t. xm, n. 23S6. — " Corp. inscr. lat., t. xm, n. 2117. — ° Le Blant, Inscript., n. 297. — ' Le Blant, Inscript., n. 209 c. — 8 Corp. inscr. lat., t. xn,n. 5399. — • Corp. inscr. lat., t. xn, n.2398.

— >° Corp. inscr. lat., ti xn, n. 2399. — " Corp. inscr. lat., t. xn, n. 2117. — 1= J. X. Krauss, Die altchristlichen 1nschriftcn dcr Rheinlande, 1S90, n. 294. — 13 Corp. inscr. lat., t. xn, n. 533G. ■ — " Corp. inscr. lat., t. xn, n. 2115.

— " Le Blant, Inscript., n. 420 c. — " Corp. inscr. lat., t. xn, n. 5341 : Le Blant, Recueil, a. 474, 559 a, 566, 570.

— "Corp. inscr. lat., t. xn, n. 5750: t. xm, n. 2354.

— "Corp. inscr. lat.,l. xn, n. 5503. — " Corp. inscr. lat., t. xn. n. 4312, 5353, 5100, 1781, 933, 941, 20S0, 2086. — ■• Le Blant, Nouveau recueil, n. 135. — 2I Corp. inscr. lat., t. xm, n. 2431. — " Allmer et Dissard, Musée de Lyon, Inscriptions antiques, 18NS, p. 475. — :3 Le Blant, Inscript., n. 576 /. — " Le Blant, Inscript., n.91. — " Schuchardt, Des Vokalismus des Vulgarlaleins, 1866, t. i. p. 203. — :û Meyer-Lubke, op. cit., 1. 1, p. 291, n. 344. — ■'■ Corp. inscr. lat., t. xu, n. 2180. — " Corp. inscr. lat., t. xn, n. 2102. — :* Corp. inscr. lat, t. mi, n. 934. — "Le Blant, Inscript.,

totype vulgaire tel que monisterium ou monesterium ".

— L'a en contact avec une consonne palatale tend a devenir e, comme on le voit dans IENVARIAS -7. GENVARIAS :s, GENOARIAS i9. GENARIVS30. Cet c, peut même passer ai, comme GINOARIVS3'. Les formes en e apparaissent si fréquemment à côté de celles en a qu'elles sont, pour ainsi dire, aussi régulières que ces dernières et qu'elles ont été admises par les grammairiens.

On peut remarquer dans le latin vulgaire une tendance à fusionner e bref et e long atones en un mêmeson fermé qui pouvait s'exprimer au moyen de i : didicaoil", riliquiœ^au début du mot ; redimplionem". prœslitiril3", au milieu du mot; paci 30, sempir" à la fin du mot.

L'i protonique ou posttonique du latin littéraire est remplacé par e dans les documents épigraphiques de la Gaule. Les inscriptions chrétiennes en font un si fréquent usage qu'il est devenu pour ainsi dire la voyelle normale de la syllabe atone et qu'il constitue un des traits caractéristiques de la langue latine des v°et vne siècles : menisler", mesericordiœ™,megravit"'; • — ■ dignetatem ". admenislrator *-. disceplina, ", nie Iclas ", temporebus 15, jemena **j — requiescel ", obiet", luxel'". Cette substitution de c à i atone, si répandue à l'époque mérovingienne, n'a pas laissé de modifier dans une large mesure le domaine de la morphologie. Cet e vulgaire correspondant à l'i de la langue littéraire avait évidemment un son fermé.

Pour transcrire l'u grec, qui tenait à la fois de Vu et de 1'/, les inscriptions de la Gaule ont recours aux signes généralement employés à cet effet dans les textes de la décadence : martures 3", marluribus " ; toutefois 1'/ de l'époque classique ne laisse pas d'être employé : murlirio ,j2 ; cet i peut à son tour devenir e, comme dans marlhcru M. Enfin l'y a été employé aussi mais un peu à tort et à travers, les lapicides le substituaient à la voyelle i, surtout dans les mots d'origine grecque, croyant sans doute par là faire preuve d'érudition : BOHETYVS '"', hyc ". L'y dans la langue des derniers siècles avait plutôt une tendance à passer à i, on ne rencontre qu'une seule forme où il ait suppléé l'u latin : mylicres ".

L'o longet l'o bref atones, parallèlement à l'ebref et à l'e long, se sont unifiés dans un-même son fermé représente par u, tantôt dans la syllabe initiale : pusuerunl '*', nubiscum 58, tantôt ù l'intérieur du mot : palruciniis '*, sanctcmuniales 60, tantôt à la syllabe finale : custus ", nepus 63. L'assimilation de l'o et de l'u a modifié considérablement la déclinaison des thèmes en o, qui est presque méconnaissable, septime a, quartu **, unnu'\ Dans les inscriptions chrétiennes, annus est

n. 325. — » Le Blant, Nouveau recueil, n. 162. — " Le Blant, Inscript., n. 257. — "Le Blant, .Yotiueau recueil, n. 1 1"). — " Corp. inscr. lat., t. xn, n. 25S4. — ** Corp. inscr. lat.,t. xn, n. 1499. — " Corp. inscr. lat., t. xn, n. 5400, 2176,2121. — "Le Blant, Inscript.,n. 294. — ''Corp. inscr. lat., t. xn, n. 3361. — "Corp. inscr. lat., t. xn, n. 2185. — "Corp. inscr. lut., t. xn, n. 2193. — "Corp. inscr. lot., t. xn, n. 07 1. — '"- Corp. inscr. lui., t. xn, n. 674. — " Corp. inscr. lat., t. xn, 207 1. — "Corp. inscr. lat., t. xn, n. 20S5. — '' Corp. inscr. lat., t. xn, 2197. — 4,: Corp. inscr. lat., t. xu, 2 122. — " Corp. inscr. lat., t. xn, n. 2062, etc., etc. — "Corp. inscr. lat., t. xu, n. 934. — " Corp. inscr. lat., t. xn, n. 933. — iùCorp. inscr. Ici., t. xu,n.2115. — " Corp. inscr. lat., t. xn, n.2120.— - Corp. inscr. lat., t. xn. n. 1798, t. xm, n. 23S2.

— 63Le Blant, 7Vouoeaurecuei7,n. 215. — '■' Corp. inscr. lat., t. xu, n. 1213. — '■' Le Blant, Inscript., n. 215, — M Corp. inscr. loi., t. xn, n. l.")25. - — " Le Blant, Inscript., n. 247. — 5S Le Blant, Nouveau recueil, n. 251. — E' Corp. inscr. lat., t. xn. n. 2085. — M Corp. insa. lat., t. xn, n. 2188.

— " Corp. inscr. lai. A. xn, n. 1499. — '- Corp. inscr. lat., t. xn, n. 5336. — "Corp. inscr. lat., t. xn, n. 2079.— "Corp. inscr. lat., t. xn, n. 1504. '■ Corp. inscr. lat., t. xu, n. 2087.

I RANl I

pour ainsi dire devenu la forme régulière de l' accusatif pluriel1. Les noms germaniques dont la voyelle atone est indéterminée et transcrite par i, par u ou par e, font alterner sur les inscriptions chrétiennes l'e etl'o atones: THEVDORICI -, THEVDERICVS », THEV- DOBERTI ', THEODEBERTVS '.Quant àl'u du datif : FRONTV *, il est dû à l'influence du celtique qui transcrivait souvent au moyen de u l'o long lai in T. L'it atone devient u à la syllabe initiale : iogalem ', BORDIGALA *; à l'intérieur du mot et, avec une telle fréquence, que dans certains mots cette voyelle est pour ainsi dire devenue normale lumulus, titullXS, /umulus. fournissent d'innombrables exemples avec : lelolis, tetolo, litolo, lilolum, tetolum, — famola, famolus, janxoli, — tumolo,lumolum,tomolum,tomolo,thom la syllabe finale, ce qui conserve la désinence archaïque : tuos " pour luus ; eterom 1S, menas ", bonememoi

Syncope île la voyelle atone. - Nombreux exemples en Gaule. I.e provençal et le fiançais se différencient surtout des autres langues romanes en ce qu'ils ont généralement supprimé toutes les voyelles postoniques ou protoniques non initiales; d'où on peut se demander si une certaine prédilection pour les formes syncopées ne distinguait pas déjà le latin de la t. aille du latin des autres provinces. Les inscriptions et les vulgaires de toute nature de la Gaule sont évidemment appelés a trancher la question, nuis seulement lorsqu'on aura dépouillé tous 1rs documents des autres provinces de l'empire. Alors, il sera possible de les comparer et de constater si, oui ou non, les inscriptions de la Gaule renferment un nombre relativement plus considérable de formes syncopées. 1 (ans l'affirmative, ou se trouvera en présence d'une différence locale certaine : FELICLA ", vinclis '♦, GVNDES- CLVS

Parmi les autres formes syncopées, il en est qui ont été adoptées par toutes les langues romanes, comme Domni, Domnolus, Domninus, Domnula, sans oublier le participe passe postus et le mot fréquent dans l'épigraphie chrétienne deposlio pour deposilio '''; enfin les noms propres : BENDICT VS •'". FILTERIVS -'. SE- GLENO '*. Pour expliquer la graphie deposio a, il faul probablement admettre qu'on prononçait deposilsio et que les deux dernières syllabes se sont fusionnées. I.a syncope peul n'avoir existé que dans l'orthographe lorsque, par exemple. (Ile atteint la voyelle tonique; il ne s'agil probablement que d'une li de la voyelle avec la consonne avoisinante : MAVRO- LNV -', MVMOLNVS J', CRSTI ;"; il n'y a guère que deux formes qui ne puissent s'expliquer par une ligature, cesont: CONATS (coi levthardz ".

Ce som lablement de simples abréviations non surmontées du tlrel ordinaire, comme c'est encore le cas pour KM Al s

'Corp. (ruer, lai., I. \u.ii. (82,926,937,940,1213,2485, !079,2081. I eBlant, iiucripf.,n.536. LeBlant, Ibld., ri. 559. — ' Corp. Inscr. lui-, t. un, 0.1511. — 'Le tilant. Inscript., n. 5 i pérandieu, Épigraphic

romaine du Poitou et ■ /•• lu Sainlonge, ln-8, Paris, 1889, n.:; I. -" Ernault, Mémoires delà Société île linguistique, 1889, i. m. p. 159. — 'Corp. inscr. loi., t. xn, n. 2179. 'Jullian, op. cit.. n.894.— ^Corp. inscr. loi., t. \u, n. 2085, 21 1T. ; l.e niant. Nouveau reçut il. n. cti, 78; l.'- Blant, Inscrip(.,n.235, 281, 291 ; Corp. Inscr. lot., t. xn.n. 2090, 2487, t. xm,n. 23i cripf., n. 183 ; Corp. inscr. lai.,

t. xn, n. 381, 2061, 2070, 2081, 2086, 'JosT, 2088, 2090,

JIM. 2158, 2423, 2584; I. \ i. x:*2.

2412, 2415, 2424, 2425, 2430; LeBlant, Inscript., n. 554, i , 690; Nouveau recueil, n. 2J.1 a. 'Corp. insi r. lui., i. \iu. a. 247 r. lai., t. \u, a.933.

mi., t. x n, n. '.i:,;,. — "LeBlant, /nscrlpl.,n. 611.

. I. vu, n. 12 r. lui.,

t. xn. ; i. — " Corp.

ni., t. mi, n 2660. " Corp. in^r. lui., t. xn.

n. 5402 I . i. mi, n 201 l

I.a voyelle atone s'elidait aussi fréquemmei hiatus, soit devant 'a voyelle tonique, soil devant une rue, qui a laisse de nombreuses traces dans les documents vulgaires a dû se généraliser des l' époque latine, puisqu'il est commun a toutes les langues dérivées du latin requescit*', requiscit ". reqiscil - :, requescel, \ requescet M, requibil

rtlhèse. — - Une voyelle parasite s'introduit par fois pour faciliter la prononciation : lempulo", dômesilicus *', reqisicit .

Proslhèse. — Notamment i devant lis mots "commençant par s- suivi d'une consonne ; Ismaragdus. Ispes, Ispeluncola.

Consonnes. < In signale la confusion fréquente entre b et p ,* parfois le lapicide peul être seul responsable.

mais dans le plus grand nombre des cas. on se trouve devant une prononciation courante. On relève aussi l'altération de /; en 6, principalement dans les inscriptions chrétiennes : mais l'altération la plus significative

est celle de /> en V. Ces deux COnsi es ont été assimilées en un même son bilabial spiranl a partir du ni* siècle de notre ère, aux v cl \r siècles, c'était devenu toul a fait commun, principalement à l'intérieur des mois : oviit1", noveletatt '". liriii", pour liber i. Les deux consonnes permutent beaucoup plus rarement au commencement du mot : bixit, bisit, bolum, bene. I levant H, ". cl parfois aussi devant e, avant et après l'accent, le u bilabial du latin vulgaire disparait : MAVRTI pour Mavurti, OCTAVM pour Oclavum et ce qui prouve que l'emploi du signe V pour VV pou-

v.iii n'être qu'un procédé graphique, c'est qu'on le surmontait parfois de l'apex qui indiquait que le i» de va il ei i • prononcé, par exemple serùmpour >eriwm. Cependant il parait bien établi que la généralité de

ces graphies sans i> représentait la prononciation réelle; phénomène d'autant plus remarquable qu'il esl absolument en contradiction avec les langues

romanes.

Les transformations que subissent le i/ et le t ne lent rien de particulièrement intéressant : quit ''. haut ''. si I ". aput ' '.

L'échange entre i et g est en cou en vigueur dans les inscriptions chrétiennes, peut-être n'est-il qu'une persistance des traditions orl hographiques de l'époque archaïque . luedunensi i:. relu t<

Devant u. les inscriptions, de l'époque, impi expriment la palatale \( laire sans l'adjonction > lément labial ". Seule, une inscription chrétienne du v on du commencement du \t siècle adopte l'orthographe qu en usage a eei le époque parmi les grammaiii convienl toutefois d'ajouter qu'un autre texte chrétien, probablement plus ancien, persiste dans la tradition antique : eppoqu". Enfin u dam cett' ! ion de la lin du

Inscr. lui., t. mi, n. 956. Jullian, op. cit., t. xn. n

i orp. inscr. lai., t. mi. n. |oi>7. ' Jullian, op 0, 'Ml. oi i. ■• h.n,

■'■ Corp. inscr. lui-, t. xnr, n.2418. - Schuei m flgulins, n. 1710. i e Blant, Inscript., n. 204.

'Corp, inscr. Int.. t. xiu, n. 1533. I " In cr.lat.,

t. mi. n. 5346, 1861. ! Corp. insi r. lai., I. mu. n. Le Blant, .Nouveau recueil, n. IT. :ej. IloJ,

\rp. inscr. loi., t. xin, 1503. lai..

t. xiu. 2364. ' orp. In r. lai., I. mi.

7 Le niant, Nouveau r< ■ "■ ''. n. ;s;. i .■ nia ni, fn

Inscr. lai., t. mi. n. 272, inscr. lai., t. xu, n. 2\

n. 248-1 , lat., t. xn, n. 533. — "Corp. inscr.

lai., t. xn, n. 1499. — *' Corp. inscr. loi., t. in, n. 21 •- Corp. lier, tel., t. vin, n. 2417. — " l r. tel .

t. xiii. ri. 533 lai., t. mil

lai., I. mi, n. I i n.. " Bentu, '' rblndung uni V. un l. •

mi, n. •:,

FRANCE. —IV

viie siècle : condam '; il disparaît également devant i et e, dans un grand nombre de cas : reqiescit 2, reqiescct 3, reqescel ', reqisicit s, çis, 6, ç/n?a 7, ci 8, qiqe '. A vrai dire les formes romanes dérivées des mots latins quielus, qui, quserere, n'ont pas conservé cet (liment labial: mais celui-ci. en vertu des lois phonétiques du français n'a pu disparaître en Gaule avant le vuic siècle. La langue de nos incriptions paraît donc bien être une fois de plus en contradiction manifeste avec l'état de choses roman. Est-ce à dire qu'il faille n'attribuer aucune valeur à ces graphies et à d'autres analogues qu'on relève en grand nombre dans les textes de la décadence? Elles se produisent trop fréquemment pour ne pas les prendre en considération. Si la chute de l'a ne s'est généralisée que dans le courant du vm' siècle, elle a très bien pu se préparer et se manifester isolément à une époque plus ancienne. On remarquera d'ailleurs que les exemples mentionnés appartiennent en majeure partii \tes de date récente.

Le groupe x (es) est transcrit de plusieurs manières : linexit '". viexil ' '. indiexione '-': — exsimia ", oxsur 14, indixsionc ' '. Les deux transcriptions peuvent se combiner, comme par exemple : ucxsor, ecxspeclo. Mais, la sifflante a dû. dans la prononciation, prendre le dessus et s'assimiler 1er, car dans les derniers siècles l'r se réduisit a s et passa comme tel en français : bisit "'. visit 1T. supples '*, jusla ".

Assibilalion. — A l'époque mérovingienne, le groupe li est transcrit par si. ce qui montre que ce groupe est en train de s'assibiler : marsias -". tersio n, sepsies ", le groupe ci se substitue à li dans indiccione^3, tercium" braeionem -'■: le groupe sci en hiatus subit une altération analogue dans consiensia 2°.

L'ne des questions les plus controversées, dans l'histoire des sons du latin et des langues romanes, est la date de l'assibilation du c devant c et i :7. Faut-il la reporter à l'époque latine ou bien attendre l'époque du Ve ou du vie siècle? Les graphies de nos inscriptions semblent plutôt appuyer cette dernière opinion; en effet, le i devant e, i. se trouve rendu soit par qu, soit par k; comme dans les mots suivants : quiesquil 2S, requisquit **, quiescuil3'; on peut encore y ajouter celles ou le c et le ch alternent : sumaci31, chingxit". Une seul graphie septrum23, semble à première vue plaider en faveur de l'opinion de ceux qui veulent que l'assibilation se soit produite déjà à l'époque antique: mais il a été démontré que le C figurait réellement dans le texte original de cette inscription M.

On rencontre souvent un i supplémentaire intercalé entre deux voyelles pour combler l'hiatus : coiius, eiius, cuiius. Quelques formes, connues depuis longtemps, prouvent que. dès la période latine, le g suivi de e ou i et le groupe di saisi d'une voyelle s'étaient assimilés au i supplémentaire qu'on pouvait dés lors rendre de plusieurs manières : gejm ah

genoarias *', madias ".

'Corp. inscr. lui., t. xn, n. 936. - - - Corp. inscr. lut., t. xiu, n. 3021. Le Blant, Nouveau recueil, n. 73. —

1 Corp. inscr. lai.. I. mii, n. 226. — - "• Le Blant, Inscript., n.659.— «LeBlant,i6id.,n.354. ■ ' LeBlant, /bid.,n.570. — sCorp. inscr. lat., t. xm,n. 2430. — 9 Corp. inscr. lat., t. xm, n. 2430. — "Corp. inscr. lat., l. xn, n. 1729. — " Corp. inscr. lat., t. xn,n. 20S9 — '-Corp. inscr. lat., t. xn, n. .">72o. — ■ " Corp. inscr. lat., t. xn.n. 2179. — " Le Blant, Inscript., n. 400 n. — ' Corp. inscr. lat., t.xn.n. 1693. — "Corp. inscr. lat.. t. xn. 971. — " Le Blant, Nouveau recueil, n. 66. — ''' Corp. inscr. lat., t. \n,n. 2083. — "Corp. inscr. lat., t. xm. n.2417. — "Corp. inscr. lat., t. xn, n. 1792. ■ — :1 Corp. inscr. (Vil., t. xn.n. 2081.— - Corp. inscr. Int.. I. xu. n. 2086. -' Corp. insc. Iaf.a t. xu. n. 1213. — ;1 Corp. inscr. lat., t. sa, n. .riS17. — "Corp. inscr. lat., t. xm, n. 2391. — -Corp. inscr. Int.. t. xn. n. 2153. — "-'■ (■. Mohl, Introduction à la ■ hronologie du latin vulgaire, 1899, p. 289. — " Corp. inscr.

Nasales. — L'emploi de m devant les consonnes labiales et de n devant les dentales n'a jamais été strictement observé dans les textes vulgaires. Les ins criptions de la Gsule sont restées fidèles aux traditions orthographiques de l'âge archaïque: conpensa33, conplel 40, conplectens ". Par contre, l'm apparaît devant les dentales dans comlemporalis **, volom las **, et, à la syllabe finale, par suite d'un affaiblissement d'articulation, l'a se substitue parfois à l'm, comme dans les mots : lelolum ", Annorun 43. La langue des inscriptions se distingue, en outre, dans l'usage des consonnes nasales, par plusieurs exemples d'assimilation syntactique. L'n prend la place de l'm final devant la consonne dentale initiale du mot suivant can dies '". elian viro, felicen te, tan dulcis, in pacen fedelis'1, cun nobis,a.

Aspiration. — La langue latine ne possédant pas de consonnes aspirées, il fut de règle, pendant l'époque républicaine, d'exprimer les aspirées grecques au moyen des consonnes fortes latines correspondantes. Ce ne fut qu'au temps de Cicéron que la mode s'établit, dans la transcription des mots grecs, d'écrire et de prononcer l'aspiration. Il est peu probable que cet te innovai ion se soit répandue en dehors des cercles lettrés qui l'avaient provoquée, car les inscriptions de l'Empire, réellement populaires, restent en général fidèles à l'orthographe archaïque, et les langues romanes, (l'autre part, attestent que cette aspiration factice n'eut qu'une vogue momentanée.

T TU : Tlieodericus; — C = Ch: Crisli,Crisliana.

Au point de vue roman, c'est la manière de rendre le tp qui olfre le plus d'intérêt. Les inscriptions ont recours, comme la langue littéraire, au signe double ph. Lorsque, au cours du IV siècle, le 9 fut devenu aspirant, on se servit pour rendre le son nouveau.de la consonne / : inofilus 49 et dans un très grand nombre de noms propres : So/ronius, Slefan-is, Epsefanius, Eufemia, etc.. etc.

Le signe de l'aspiration li devient dans l'alphabet îles lapicides une lettre sans aucune valeur réelle : uulhorem ;,°, hopem '. lunluis r-, thomolo M. L'ii de hoclo hoctavo, !. orties n'a probablement pas plus de raison d'être que l'/i des autres formes ci-dessus, qui commencent par une voyelle. La langue vulgaire recourait encore au signe de l'aspiration, de même qu'au i supplémentaire, pour supprimer l'hiatus à l'intérieur d'un mot : diluiconiis'** et parmi les noms propres : Euhodus, Euhelpistus, Hemmanuhel, Dagnihiel (pour Daniel).

Le 11 joue le même rôle dans Euuarislus et dans euorurn; l'n paraît aussi remplir ce rôle dans Dagninil. Il arrivait, par contre, que \'h venant à tomber entre deux voyelles, celles-ci se contractaient, ce qui était encore un moyen d'éviter l'hiatus. Il faut en tm mentionner les noms germaniques qui ont naturellement conservé dans les textes latins leur aspiration originaire : Hludemici, Hlodericus, et dans les inscriptions

lut., t. xn. n. 160. — » Le Blant. Inscript., 11. 670. — "Ailmer, op. 1 if., n. 233. — ■ sl Corp. inscr. lut., t. xu. 11. 933.

Le Blant, Inscript., n. 91. — s3 Le Blant, Inscript., 11.209 e. — " G. Paris, dans Comptes rendus de l'Acud. des Inscriptions., 1S93, p. S3 note. — -; Corp. inscr. lat., t. xu, n. 2193. ■ - Corp. inscr. lut., t. \u, n. 619. — 1: Corp. inscr. loi., t. xu. n. 934. Le Blant, Nouveau recueil, n. 2

Corp. inscr. lut, t. xu, n. 941. — "Le Blant, Inscript.. n- 575. — ,: Corp. inscr. lat., t. xin. n. 97.">. — <- Le Blant, Nouveau recueil, n. 101. — " Corp. inscr. lat., t. xu.n. 2i>.n:..

"Le Blant, Inscr i/o, n. 282.- " Jullian, op. cit., n. 106.

- — ' Corp. inscr. Int., t. xn,n.2104. — " Kraus, Die altchristliehen Inschriften, 1890, n. 193. Kraus.op. cit., n. 279.

— " Corp. inscr. lat., t. xu. n. 5403. -- " Corp. inscr. lat., I. x 11. n. 2058- — " Corp. inscr. lat., t. xn,n. 2085. — '■' Corp. inscr. loi., t. xm. n, 2391. Corp. inscr. Int., t. xm, n 1515. 'Le Blant, Nouveau recueil, n. 251.

FRANCE

de la Gaule, ces mots apparaissent déjà sous la (orme : Chrodoberlus, Chlodoaldus, Chlodobertus, Chlodovecus, Chlotarius, et d'autre pari : Flolarius.

onnes doubles el consonnes simples.- La langue populaire n'obéit pas a des règles fixes; elle redouble ou simplifie un groupe de consonnes sans se préoccuper di"- préceptes de la grammaire et du bon usage; niais le caprice ou l'ignorance du graveur n'expliquent pas toutes le licences prises, un a de bonnes raisons pour croire que, sur ce point, l'orthographe des textes vulgaires, et notamment des inscripl ions, reflétait une particularité de la langue parlée.

La cas le plus fréquent est l'emploi de / au lieu de II, par exemple : solecetus, et II au lieu de /. par exemple : Paulin*. Paullinus, el d'autres plus singuliers, comme p.llio, milles, senillus. Les métriciens-graveurs redoublaient dans le vers la consonne, lorsqu'ils avaient. besoin d'une syllabe longue :

Insignesquc triumphos relligione dicaoil '.

Stemmale censura relligione cluens '-■

Jlic quoque relliquiis micat ille Georgius almi

Même échange pour la lettre s. un rencontre .s s au lieu de s, et s au lieu de ss; n au lieu de nn : m au lieu n; mm au lieu de m. fous ces exemples sont si fréquents, si faciles à rencontrer que nous nous dispenserons d'en apporter ici.

milation. Les textes latins de la décadence

renferment nombre de graphies dans lesquelles le

groupe il s'est réduit a // ou à /. par exemple :

icm, Victoria et. sur uni' inscription de l'année Ô27, le

mot FRVTV'areçuun i Faiblement gravé après coup, comme si le graveur s'était d'abord laisse induire en

erreur par la prononciation frullu.

nd s'est assimilé en un: et mn est devenu un dans oderannus ' pour Auderamnus conformément aux lois phonétiques du roman du Midi de la (.aille, dont cette inscription provient.

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