‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 301 sur 423 · s. — " Corp. fn*cr. lai., t. xn, n · texte numérisé non relu

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FRANCE

Le sens est obscur, mais le mot subleceluvet semble tenir la place de sollicilauit.

Il arrive que la voyelle du mot simple reste intacte dans le composé : consacravit ; le changement de i en e, dans sedece, scdecem, se rattache peut-être à la même cause, ce qui est évident pour les parfaits en dédit au lieu didil : perdedit, reddedit, subdedit, tradedit. Le préfixe ab se réduisait parfois à a; les graveurs ont pense bien faire en rétablissant le b dans abstulus, absluli.

Particularités. — On redouble la voyelle pour en marquer la longueur : exerciluus, lacuus; il était malaisé de doubler Vi parce que n représentait e, alors que les graveurs imaginèrent de tripler la haste m, pour indiquer Vi long.

Les principales particularités que présente la consonatisme se rattachent toutes à l'influence exercée par l'alphabet grec que l'alphabet latin dans le midi de la Gaule, la Narbonnaise et la Lyonnaise. Il a également influencé l'orthographe des inscriptions de Trêves et en général, cle toutes les parties de la Gaule, où la langue, la littérature et la civilisation grecque avaient peintre '. On trouve parfois en tète d'un texte latin des exclamations grecques transcrites aussi en latin, en outre, il arrive fréquemment que les lapicides entremêlent caractères latins et caractères grecs, le Z et le S, le P latin et le P grec sont souvent confondus; le X est transcrit par ch et le c et le k latins également remplacés par ch : charitate, charissimus. Le doublement du i> mettait, dès le ic siècle après Jésus-Christ, sur la voie du va.

Une dittographie mérite d'être signalée à part et rapprochée de ce que nous avons montré à propos de la bonté (voir ce mot) sur la tendresse des parents pour les enfants. Le mot fiftlia -, d'où procède notre diminutif fifille.

Lexigraphie. — Certains vocables à thème consonantique ou vocalique, dont le génitif pluriel est en ium, prennent à l'accusatif pluriel la désinence is au lieu de es. Ce phénomène s'observe encore dans les inscriptions chrétiennes des vr- et vnc siècles : mensis au lieu de menses; on trouve même l'accusatif opis bien que le génitif pluriel soit opes. La terminaison is est surtout d'un usage fréquent dans les adjectifs : aprilis octobris; l'accusatif novembras est très douteux parce qu'il appartient à un texte extrêmement corrompu. Le nominatif antestetis (antistita 3, anlesles ') en regard de la forme classique anlistes, anlislilis, a été refait sur les cas obliques. En donnant au cas sujet le même nombre de syllabes qu'aux cas régimes, plus nombreux et partant d'un usage plus fréquent, la langue populaire simplifiait le système de la déclinaison.

La seconde déclinaison a empiété sur la troisième, au génitif pluriel : misorum pour mensium 5. Orum semble avoir été la désinence préférée de la langue populaire au génitif pluriel; elles avait au moins l'avantage d'être plus précise, plus pleine que um. On observe ce phénomène dès l'époque archaïque, qui substitue pauperus à pauper et on le retrouve dans les inscriptions chrétiennes : pater pauperorum'; in paupero mesoroquœ projasa '; amatas pauperibus ".

Xoms propres. — Ici encore nous trouvons des témoignages de la différence qui existe entre le latin parlé et le latin littéraire. Les noms propres de femmes. pour la plupart (Us classes inférieures de la société et le plus souvent des affranchies ou des esclaves, comprennent ordinairement un nom gentilice et un

1 E. Egger, L'hellénisme en France, 1869, t.i, p. 35-39. — - Corp. inscr. lui., t. xm, a. 672; Jullian, op. cit., n. 211. - 'Robert, Épigraphie gallo-romaine delà Moselle, 1873, p. 89. — *Corp. inscr. loi., t. xn, n. 75S. — ; Le Blant, Inscript., n. 34. — 'Corp. inscr. loi., t. xn, n. 2150. — 7 Le Blant, Inscript., n. 7ns. - Cnrp. inscr. lal.,t. xn, n. 2102"

surnom. Le gentilice, d'origine latine ou étrangère, se termine toujours en ia et se décline selon les règlestraditionnelles de la grammaire. Le surnom, au contraire, est fréquemment emprunté à la languegrecque et conserve les désinences propres au grec. C'est ainsi que dans ces noms propres on trouve juxtaposées les terminaisons latines et grecques : Maria Fronime, Pompeia Tgchece.

Le nom propre peut aussi ne se composer que d'un surnom : Selentioses, Squelioles.

Par analogie avec des noms grecs, les noms latins ou germaniques terminés par le suffixe ana ou ceux dont le radical a été élargi au moyen d'une nasale, se sont grécisés; on a eu ainsi : Rumuliane, Roccolane, Velenliane.

Parmi les « cognomina ou sobriquets, on est frappe, du nombre considérable des formes en o ou io. Cela tient à ce que le suffixe avait un sens péjoratif et qu'il s'ajoutait de préférence aux noms des gens de condition inférieure. Mais la prédilection de la langue des inscriptions de la Gaule pour les noms propres en o, onis ne découle pas uniquement de la valeur dépréciât ive du suffixe o. Elle trouve aussi sa raison d'être dans l'influence d'idiomes étrangers, du celtique et du germanique. L'o final des noms propres latins a eu le même sort que l'o final des mots celtiques et, à son tour, il a été exprimé par u.

Les noms celtiques en o (u), onis ont, en outre, exercé leur influence sur les noms propres latins en us; ils se les ont assimilés et les ont fait passer dans la catégorie des radicaux consonantiques. L'influence des langues germaniques qui commença à se faire sentir en Gaule à partir du ve siècle et qui ne fit que grandir pendant les vi° et vnc siècles, amena une perturbation analogue dans la déclinaison des noms propre^. Les Francs introduisirent en Gaule leurs noms de personne masculins en o, onis, qui s'assimilèrent comme les noms propres celtiques, les noms latins de la 2 déclinaison 3. C'est d'ailleurs attesté par cette inscription chrétienne du vie siècle 10, où figurent, à coté des noms germaniques en o, des noms latins en u (= o) pour us. On y trouve, par exemple : Jucundu, Eluciu. Schorilio, à côté des vocables étrangers Atuo, Arcillino, Dolena, Ingoberto, Leonardo, Lobasio, Omarlunn, .SYmarno. On peut encore interpréter de cette manière lés nominatifs suivants : Valentiniano, Berancio. Ampelio, et noter que les noms germaniques euxmêmes se terminent en u pour o : Reudolfu, Baudulfu, Obluju ".

Les noms prepres grecs en /,; élargissent, aux cas obliques, leur radical au moyen d'une dentale, par analogie avec certains noms propres grecs : Qyj.vc. ©AXirroç Hermelis, Agnetis.

Conjugaison. — Les fluctuations qui auront pour résultat de modifier, en roman, tout le système de la conjugaison latine, se dessinent déjà dans les textes latins de la décadence. Les lignes de démarcation entre les différentes classes commencent à s'atténuer, à s'effacer; les échanges s'entrecroisent, se multiplient. Les permutations sont surtout fréquentes entre les groupes des verbes en ère, ère et ïre. Ce dernier s'enrichit aux dépens îles deux autres Les verbes encre en ère, s'assimilent, en Gaule, aux verbes en ire; par exemple à la 3' personne du singulier du présent de l'indicatif : facit, respendil, lenil; à l'infinitif : occuriit .

Le changement de conjugaison n'est parfois qu'apparent, car Vi substitué à Vi de l'infinitif peut conser-

— ° D'Arbois de Jubainville, Études sur la déelinaison des noms propres de la langue franque à l'époque mérovingienne, dans Bibliothèque de l'École des Chartes, 1870, p. 312,352.- '°E. Le Blant, Inscripl., n. 581. — '■' M. Prou, Catalogue des monnaies mérovingiennes, in-8°, Paris, lS'.t2, p. lxxvi, i xxvn.

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