‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 304 sur 423 · J.. Le I liant · texte numérisé non relu

J.. Le I liant

lai., t. Ml, II. IJ1J. ■ - " Mlle

FRANCE

devenus de véritables substantifs : ampuUarius,anularius, armariarius, assidarius, barbaricaria.

Issa. — Suffixe grec parvenu à s'implanter dans le latin de la décadence : Basilissa, habbalissa.

Mots étrangers. — Ils sont d'origine germanique, celtique ou grecque. Parmi ces derniers, certains étaient depuis longtemps naturalisés en Italie et d'un usage courant : ecclesia, martyrium,diaconus,dogma, elemosyna, presbyler, sarcophagus, stemma. Cette sorte d'infiltration du lexique latin par le lexique grec n'est propre ni à la langue de la décadence, ni au latin vulgaire; la langue littéraire a été, comme on sait, de tout temps, plus ou moins tributaire du grec. Mais précisément, parce que cette influence de l'hellénisme s'est surtout produite par l'intermédiaire de la littérature et des classes cultivées, il n'est pas sans intérêt de constater, dans un grand nombre d'inscriptions, que le langage littéraire n'est pas resté étranger au mouvement. En effet, à côté des termes grecs mentionnés dans les textes officiels ou relatifs au culte, il en est d'autres qui appartiennent à des documents d'un caractère tout privé. Les vocables cités appartiennent en très grande majorité aux inscriptions du midi de la Gaule, où l'hellénisme a joué un rôle prépondérant et une action plus efficace que dans toute autre partie de cette contrée. Nous ne donnerons que les mots empruntés aux textes chrétiens (les références sont aux numéros du Corpus, de Le Blant, Inscript., et du Noua. rec. par une *). Absis, C. I. L., xn, 5330. Trieleris, Le Blant, 708.

Xenodochium, Le Blant,

Parmi les mots d'origine germanique, qui tous proviennent d'inscriptions rhénanes, on trouve aliberga; hcriberga, (nom propre), C. I. L., xn, 2404, alberœ. Le Blant*, 73.

Acolijlus, Le Blant, 36.

Anachorilicus, Le Blant, i,

Analhema. Le Blant*, 248.

Baptisma, C. I. L., xn,

Basilica. Le Blant*. 445.

Blastcma. Le Blant. *, 83.

Cœnobium. Le Blant, 91.

Epitaphium, Allmer, 462.

Elysiun, C. I. L., xn,

Mois rares ou nouveaux. -- Nous ne relevons que ceux qui se lisent dans les inscriptions chrétiennes.

Capus, Kraus, op. cit., n. 153; Le Blant lit carus; Seelman, capus qui est la leçon de la pierre et ce mot exprimerait l'idée que le défunt occupait de son vivant une situation élevée (voir Le Blant, n. 321, 333, 341).

Censura, signifiant, sévérité, mœurs rigides. Le Blant *, 6.

Compresbulcr, collègue d'un prêtre, C. I. L., xn,

Dolus, forme vulgaire de Dolor, C. I. L., XII, 2033; <lc même sens dolose, C. I. L., xn, 2093; xn, 1939.

Exslruetor templï. entrepreneur, C. I. L., xn, 972.

Monacha, nom féminin refait sur monachus, Egli, Die chrisll. Inschri/ten <lcs Schweiz, 1895, n. 44.

Parmi les adjectifs, il faut mentionner :

Bonemem irius; adjectif de formation bizarre, propre aux inscriptions chrétiennes, surtout à celles de la Gaule et de l'Italie. Beaucoup d'épitaphes commençaient par l> ai.r mem irise illias, et tes mots suivis d'un nom propre ont été considérés comme un adjectif s'aceordant avec le nom suivant. C'est ce qui a permis la création de bonememoria qui a donné naissance à bonememorius. La fusion de l'adjectif et du substantif d :vient même m intime, qu'on perd le sentiment de la

Corp. m-.ir.la.. I. \n, n. 2088. — ■ Allmer, op. cit., n. 166. — 'Corp. inscr.lat.,t. xn, n. 2096. -*Corp. inscr. Int., t. xn, n. 2013. — s Le Blant, Insaipl., n. 377. — • Ibid., n. 12. — 7 Corp. inscr. lat., I. xn, n. 880, - " Le Blant,

composition et que l'on fait subir au nouveau mot diverses altérations : benememorius,C. I. L.,xn, 5399: benememoriœ, C. I. L., xn, 1498; bonx memori, C. I. L., xin., 1511.

Commemorialis, sous la forme de commemoralis, C. I. L., xn, 5356.

Innox forme vulgaire de innocens, ayant même radical que innocuus, mais un radical consonantique : in-noc-s. C'est précisément en quoi cette forme est populaire, car la langue vulgaire avait une tendance à créer des mots à thème consonantique en regard des vocables classiques à thème vocalique : In hoc lumulo requiescit in pace bonememoria Liveria innox': hic requiescit injantula innox ■; Bertefreida innox '.

Perassiduus, C. I. L., xn, 944.

Petrinus, Le Blant, 334.

Scptinaris, Le Blant, n. 91.

l'rœrulilus, Le Blant, 334.

Sepulcralis, C. I. L., xn, 972.

Serenijer, Allmer, iv, 140.

Parmi les verbes : Conjorlare, fortifier, réconforter; coinluciscere 4, briller; claere*, être célèbre; Pausarc, synonyme de requiescere; Persislere, persévérer.

Parmi les particules : Jugiler, même sens que juge •' uccipr qui lacrimis perjundis jugiler ora 6.

7n.se, locution synonyme deuna : Hic jacel ambigua pielas dolor cl pudor in se nomine So/ronias '.

Sublus ." sublus enim tria consistant monumenla petrina 8.

Usqnid in : renforcement de usque : usquid in sempilernum '.

Changement de sens. — La langue littéraire se montre beaucoup plus circonspecte que le parler populaire, dans le développement progressif de la signification de certains termes qui aboutit parfois à un sens tout différent du sens primitif.

Compar : ce mot figure dans les inscriptions chrétiennes et païennes avec le sens d'époux et d'épouse, remplaçant conjux ou maritus, et non seulement en Gaule , mais en Italie, en Dahnatie, etc.

Filius : ce mot sert à désigner les garçons et les filles indistinctement : Très fdios in diebus XXVII hic posuimus, Sapaudum filium Rusticam filiam, Rusticulam filiam 10.

Homo : ce mot tente à supplanter complètement vir qui disparaît presque complètement aux derniers temps de la période latine dans les textes d'origine vulgaire. (Voir Dictionn., au mot Femme: S Le concile de Màcon et l'âme des femmes, t. v, col. 1349.)

Infans : ce mot a subi une transformation analogue à celle de /i//i;s, sa signification s'est généralisée, il signifie non seulement l'enfant en bas-âge, mais le garçonnet et la fillette, puer et puella deirois à douze ans; on trouve même in/antia appliqué à un jeune homme de vingt-trois ans, et on peut croire que ce mot est pris ici dans le sens de « jeunesse » ou « vie ». Bonememorius Maurolenus, qui vixit annis plus menus XXIII. Cuius in/aneia bona fuit ".

Malrona : ce mot est usité dans le sens de conjux : Titulum posuit dulcissima sue matrunœ in Christo ''-

Memoria : ce mot a pris, dans les inscriptions funéraires, un sens tout à fait nouveau, celui de « tombeau». Les auteurs ecclésiastiques, et particulièrement saint Jérôme, l'on! également employé avec cette acception; niais comme cette modification est surtout attestée par les documents épigraphiques, il est vraisemblable qu'elle y a pris naissance et qu'elle est ainsi d'origine plus ou moins vulgaire. De ce qu'on disait

Inscript., n. 334. — " Le Blant, Nouv. recueil, a. 217, 2 IN. — '"Corp. inscr. lai., t. xn, n. 2033. — "Le Blant, Nouveau recueil, n. 107. — '-'Le Blant, Inscriptions chrétiennes de in Gaule, ii. 265.

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• tlever un tombeau à la mémoire de quelqu'un • on a fini par dire, en abrégeant : « élever une mémoire ».

Parens : ce mot apparaît tout d'abord avec la signification de « père », « mère »; mais on s'en sert aussi pour designer les personnes apparentées à la famille, comme saint Jérôme, Ado. Rufinum, 1. II, e. 11. .'. parentes militari vulgariquc sermone

cognatos et affines nominal. Certaines inscriptions emploient pareils à côte de paler ou de mater et parais semble avoir pour fonction, en pareil cas, de résumer la parenté.

]'atres : ce mot est fréquent dans les inscriptions chrétiennes, avec le sens de parentes.

lias : ce mot empiète sur le domaine de liber, de puer, de in/ans, de filius et semble être du langage familier.

uli : Dans la langue de la décadence, le pluriel de populus ne désigne plus qu'une multitude d'hommes et non plus des collecti vit es poli tiques,-des nations, il a le sens de « la foule », ■ les gens » : Sacra qui mijstica semper divisit populis '■; Populis spéculum fuit -.

Titulus : ce mot qui signifia d'abord « inscription gravée », ensuite 'titre honorii a servi fina-

lement à désigner l'inscription et la pierre dont il était le signe caractéristique et le « tombeau ». C'est le sens le plus usuel dans les inscriptions chrétiennes: Titulum faccre; titulum ponere; sub hoc tilulo.

Vus : ce mot, sous la forme populaire vasum a le sens de « tombeau », qu'on ne retrouve dans aucun texte littéraire, mais seulement dans cette inscription : Corpus hoc vas» situni 3.

Jugalis : adjectif substantif qui désignclespersonnes unies par le mariage.

Lapsus : dans le sens de deceplus, trahi par la mémoire : lapsus memoria; privé de ressources : lapsus facultatibus; privée d'enfant, de postérité: lapsasubolis «.

Quadrillas : employé substantivement au neutre dans le sens de pierres équarries, taill

Urbicus : citadin, mais urbs étant devenu synonyme de Rama, urbicus a signifié romanus.

Virginius : cet adjectif devient parfois substantif et désigne un jeune mari.

Complere : remplir : bis undenos tevi complelis duxil mensibus annos ».

Deplere : soustraire : bis denos uixi depletis mensibus annos *.

Deseroire : renoncer à, abandonner : deservil jragilem terrent corporis usum 7.

Deslinare : graver, inscrire : Hic tumulum titulumque donaoit honori et proprium nomen distinat '.

Donare : se construit presque toujours dans les inscriptions de la Gaule avec l'ace

le datif de la personne; il tend à supplanter le verbe dare dans sa construction et sa signification : Supplicilcr petimus dunes tribuasque benignus '; Ponat basiluii: sanctorum 10.

Ordinart : avec le sens de jubere: llicsub islalabide marmorea quem proses ordinabit ventre ".

i perdu sa signification première de ■ prier ■ pour prendre celle de i demander, commander, ordonner ». Une inscription de l'époque carolingienne emploie ce verbe clans le mus de jubere. n Mtbeus episcopus fteri rm/a

particules offrent aussi quelques exemples no-

: apud qui avait exprime la proximité a pris à

r /.if. . t . \ h, n.;; Hi:;. ■ Corp. Inscr. loi., t. su. r. (ni., t. mi, n. 961. - ' Corp.

Int., t. Ml, n '..I. Ml. 11.. ".'IL'. «Corp.

S. — ' .Minier, op. i il., t. iv, p. Il 5. ibacb, Corp. Inscr. Rhenarum, 1243. ' LcBIant, i ■ i • i liant, Nouoeau recueil, a, i 15.

" Kraus, op. cil., n. '2. — " Egll, op. éd., n. 11.

1 • I • l D'ARCH. '.III

l'époque romane le sens de « avec . idée d'accompagnement et idée de moyen ; beneficio qui indiquait une action prise en sens favorable a pris un sens de plus en plus indéterminé; cirea. applique aux personnes ne signifie plus i autour • mais « envi rs . et di synonyme de in et de erga: juxla et se< undum sont fréquemment pris l'un pour l'autre; prit marque non seulement la destination, mais la cause; quundam a pris la valeur de defunctus comme nous disons « feu» un tel; sire a conservé la fonction que lui avait assignée la langue classique, il signifie • ou », mais il prend aussi la signification de ■ et » et finalement sert à introduire un sobriquet, comme nous disons : un il »....; salis a garde le sens qu'il avait à l'époque archaïque « beaucoup » « fort » : Umanelas in eu sales lauilanda ".

Changement de sens propre aux inscriptions chrétiennes.— Les inscriptions de la Gaule comprennent, dit M. Pirson, un nombre considérable de marbres chrétiens qu'il importe d'étudier séparément parce que leur vocabulaire présente certains cari Ciaux. Lorsqu'on compare, sous ce rapport, la langue de l'épigraphie chrétienne avec la langue des auteurs ecclésiastiques, on est frappé de la re qu'elles présentent et qui suppose évidemment une action lente et continue du langage des lettres sur celui des classes inférieure tte unité du latin

de l'Église qu'il faut avant tout mettre en évid parce qu'elle est à elle seule, une preuve irréfu de la propagation et de la pénétration des croj nouvelles dans les masses populaires de la Gaule entière.

Aplus : épilhète élogieuse, a le sens de ■ attael bienveillant » : Slalio miseris et poilus eginis omnibus aplus luit"; Hic jacitArlemiadulcisaplissimus in/ans1*; Dulcissimus aplus '*.

Astulus : épithète élogieuse : Vir magnus, clei ac mente benignus, astulus, largus... " Les au ecclésiastiques ont aussi employé astulus avec cette signification et saint Augustin écril ;ï sainl .brome : Nune. enim eam dico aslutiam qua> usitatius inmalitiosis inielligi cl vocari solel. non sicul noslru loqui Scriplura consuevil, quœ sœpc aslutiam in bono ponil, aude: asluli ut serpentes; et illud : ut et innocentibus dit aslutiam. Quamquam et apud illos Romanse linguse disertissimus dixerit : Xc<iuc illi tamen ad cavendum dolus, aut aslulia deeranl, aslutiam ponens in bono : sed apud illus rarissimum apud m >slros frequenlissimum est".

Bealus : épitbéte réservée à ceux qui jouisse ni de la félicite éternelle et appliquée, en occident, aux saints illustres, aux martyrs, aux innocents : Vrbicius abbu nobelis natalebus bealus ex operibus »*.

Carilas : ce mot qui avait signifie l'amour, l'allée tion, se particularise et finit par ne plus signifier que l'amour du prochain, la •• charité » : ooluni charitatr largissima 20, la signification première a persiste dans ces textes: Frater propter cantate titulum ■.qui vixerunt in conjugali adfi du et i arilai alitas : a perdu le sens péj iratil el signifie une foi profonde : s il modo suinta (ides sil pia credul

silio, depositus : restreint au sens d'inhumation, et depositus, deposita ont remplace nhilus. de) une ta; les exemples sont presque innom oir Diction.,

t. iv, au mot 1); i

Facilis : a reçu nm n toute particulière,

dérivée du sur. premier; il di signe les esprits ini

Inscr. Int.. t. un, n. 2476. " AHmer, op. cit., a. Il i» Le Blant, Inscr ipt., n. 353. '• Corp. inscr. lai., I

cLxvn. !» Le Blant, Inscript., n. 471. - ■• < Int., t. mi, n. 2090. ' Le Blant, rVouora.il n

Corp. inscr. lot., i. mi, n. 1721.-- »(

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dérés, capricieux. On trouve dans Grégoire de Tours, dans Sidoine Apollinaire celte signification et aussi dans les inscriptions: Terruil faciles cum pace palerna l.

Fidelis : ne s'applique qu'aux chrétiens baptisés.

Marlirium : église, oratoire élevé sur les restes d'un martyr: Vixitannus quinqui et in marlirio annus septe 2.

Proponere : faire un vœu : Vilam suani proul proposueral gessit 3.

Reus : débiteur, engagé par vœu à remplir une promesse : Reus et servus ihm. Chrislo *. Ce sens n'est pas particulier aux documents chrétiens. Virgile et Macrobe l'ont employé dans une acception analogue.

Slatio : a côté de porlus ne peut avoir que le sens de rade, refuge des vaisseaux, appliqué métaphoriquement, la vie étant comparée à une traversée : Slalio miseris et portas eginis omnibus aptus fuit 5.

Utilis : dans les textes de la décadence a un sens beaucoup plus général que d'habitude, ici Bertrejrida innox, honesta, décore, blanda, ulelis, caula ",

par le bas, va s'évasant. Une ressemblance frappante, presque une identité rapproche les marbres arlésiens des marbres romains; identité de manière et de style, même cuve en parallélogramme, même couvercle, parfois même disposition et même réunion de sujets. Toutefois une comparaison attentive des séries permet de constater que les sculpteurs arlésiens ne se sont pas bornés à reproduire servilement les modèles romains. Un sarcophage d'Arles qui représente la vie du Christ, depuis son enfance jusqu'à l'Ascension, n'a pas d'analogue à Rome. Cette même école artésienne était trop pénétrée des modèles antiques pour ne pas lui faire quelques emprunts directement : ainsi plusieurs sarcophages offrent aux extrémités du couvercle des tètes juvéniles de grande dimension qui sont inspirées par les masques que plaçaient souvent les païens pour amortir les angles (voir Dictionn., t. i, fig. 983).

Il a donc existé en Gaule des écoles et des ateliers

4093. — Sarcophage de Bordeaux. D'après une photographie.

veut dire « généreuse », « bienfaisante ».

Utililas : bienfaisance, générosité : Ulililas eorum laudanda, nemis miranda voluntas 7.

Volunlas : bonne volonté, bienveillance: Umanelas laudanda, nemis miranda volunlas 8.

V. SARCOPHAGES. — I. Deux écoles de sarcophages en Gaule. — Grégoire de Tours a mentionné l'existence en Gaule d'anciens sarcophages en « marbre de Paros, merveilleusement sculptés, dit-il, et représentant les miracles du Christ et des apôtres ". » Il a existé, en effet, de très nombreux sarcophages et on ne peut douter qu'un grand nombre aient péri depuis le vie siècle; mais leur décoration ne représentait pas invariablement « les miracles du Christ et des apôtres.» La Gaule posséda deuxtypes de tombes sculpt ées, types à peu près localisés suivant les régions du Sud- Est et du Sud-Ouest. Au premier type se rattachent les nombreux marbres arlésiens, avec leur caisse taillée en parallélogramme, leur couvercle offrant, par le côté, la figure d'une équerre posée de champ sur sa brandie la plus longue. Voir Dictionn., t. n, col. 375, fig. 1310. Ce type est exactement celui de Rome; tandis que le deuxième type que nous rencontrons surtout à Rodez, à Toulouse et à Bordeaux, procède d'un tout autre plan : le couvercle est fait à dos d'âne et la cuve, étroite

1 Corp. inscr. lat.,t.xa,n. 944. — 2 Corp. inscr. /u(.,t.xiu, n. 2112. — ' Le Blant, Inscript., a. 44. — ' Le Blant, Nouveau recueil, 248. — s Allmer, op. cit., n. 462. — fl Corp. inscr. lai., t. xu, n. 2096. — : Corp. inscr. lat., t. xiii, n. 2481. — » Corp. inscr. lat., t. mu, n. 2481. — v Grégoire de Tours, De gloria confessorum, c. \\\\, mu: cf. E. Mimt/, « Luis Revue critique, 1887, t. xxi, p. 60-63;

très achalandés pour la fabrication des sarcophages. En outre, il faut tenir compte des monuments qui ont été importés d'autres régions; par exemple une tombe de saint Denis (IVe Lyonnaise) a été évidemment importée du sud-ouest de la Gaule 10.

Quoique les sarcophages décorés de figures offrent une importance artistique théoriquement plus considérable que les bas-reliefs à décoration ornementale, nous ne pouvons dédaigner l'importante série de Bordeaux. Le plus grand nombre des sarcophages de celte série est de travail mérovingien et provient de fouilles exécutées à différentes époques dans le sol de Saint- Seurin. Ces tombes rappellent le type en vogue dans le sud-ouest de la Gaule, avec leur cuve évasée, ointe de pampres et de rinceaux sortant de vases, de monogrammes du Christ inscrits dans une couronne qu'apporte une main venue du ciel et dissimulée en partie par les tentures qui masquent l'entrée du paradis (fig. 4693.) Les ateliers d'où ces sarcophages sont sortis ne subissent pas comme les ateliers arlésiens l'influence presque exclusive delà tradition romaine; c'est plutôt l'influence orientale qui s'exerce ici, ainsi que sur la plupart des tombes sculptées du vc et du vir siècle dans toute la région sud-ouest de la Gaule. Il semble probable, d'après quelques indices, que Toulouse, Bordeaux, et Poitiers ont possédé des ateliers florissants.

Courajod, Leçons, t. i, p. 101-112;Prost, dans Rcuue archi ologique, 1\ST, p. :>2'.K'. I 1 ; Pougnet, .Sur les sarcophages chrétiens ilv la Provence, dans CongrèsscientifîquedeFrance, 1866, t. lv, p. 304; A. de Caumont, Sur les sarcophages chrétiens <lu midi de la Gaule, dans Congrès archéologique de France, 1867, t. xxxiv.p. 20. — >°E. Le Blant, Sarcophagi s chrétiens de In (itiulc, p. 7.

l'i; VNCE.

Leur décoration strictement ornementale, géométrique, florale sans offrir le même intérêt que la nature animale, rachète cette infériorité par une exécution moins maladroite.» Le dessin de cette décoration paraît fourni par les mosaïques gallo-romaines; il se retrouve dans les coffrets d'ivoire de la même époque et jusque sur les bijoux et verroteries de fabrication mérovingiens cor, non plus sculpté mais gravé au trait, se montre au vi« et au vn« siècles sur le sarcophage de saint Andoche à Saulieu, sur celui de saint Francovee a Autun, sur celui de saint Leonien a Vienne, en lin avec une richesse plus grande, sur une tombe enton-du-Cher, où son! représentés, d'un cote. Daniel, orant entre les lions; de l'autre, ileux griffons accostant un vase d'où jaillit un jet d'eau. La première de ces représentations est fréquente sur les agrafes mérovingiennes du Jura et de la S l'autre est un motif d'importation orientale, que la et Rome ont adopté et cent lois reproduit, mais qui reprend Ici son caractère primitif '. »

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