II. Utilisation de sarcophages antiques
arcophages de la Gaule sont avec ceux de Rome et de l'Italie les seules séries vraiment importantes, malgré l'intérêt dont sont loin d'être dépourvus ceux de l'Afrique et ceux de l'Espagne qui ont été étudies en leur lieu. Au point de vue de l'interprétation symbolique, nos sarcophages ont inspiré le remarquable travail d'Edmond Le Blant, au sujet duquel nous reviendrons (voir Symbousme). Mais ces marines rares et mutilés, devant lesquels l'antiquaire s'arrête presque seul aujourd'hui, ont eu leurs siècles de splendeur; la plupart étaient affectés àla sépulture des saints et Grégoire de Tours avait songe à composer un livre avec leur seule histoire : Slalueram... Mu lanlum scribere quœ ad seputera bealissimnrum martyr um confessorumque dirinitus gesta ■nu i -. De son cote, Victor de \ite3 raconte qu'en Afrique saint Armogaste, averti par une révélation divine que sa dernière heure était proche, appela près de lui le chrétien Félix. « Je vais bientôt mourir, lui dit-il, et au nom de notre foi commune, je te conjure de m'ensevelir sous le chêne que voici. Le Seigneur te punira, si tu ne t'empresses de m'obéir. » Il ne s'inquiétait pas, ajoute l'auteur, du lieu, du mode de sa sépulture; mais il voulait faire connaître ce qui lui avait été révélé. Félix répondit : • Que Dieu me garde, vénérable confesseur, de souscrire a ton VOEU I une basilique que tes restes
seront déposés, avec la pompe triomphale des h leurs
dus à tes vertus. » Armogaste insista, et Félix, ne voulant pas affliger cet homme de Dieu, lui promit
ir. Quelques jours après, le saint quitta ce monde et l'on se hâta d'ouvrir une fosse sous l'arbre qu'il avait
ne. Le travail fut lent et difficile, car le sol il ail dur et les racines enchevêtrées; inquiet de voir ainsi l'inhumation retardée, Félix les lit couper, et,
Irant profondément dans la terre, il découvrit un sarcophage de marbre tout préparé et si magnifique que jamais roi n'en avait eu de pareil.
Sans aucun scrupule, on vidait la tombe des . cpii l'oi taire place a un nouveau
ombe él ait un hommage i clat anl rendu a un pi i llustre, mais de plus en plus les al
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■lire que ce qui avait convenu à cl'
Bertaux, La i ulpture en Italie, du > / ai dans A. Michel, Histoire </.■ l'art depuis tes premiers temps
ns, t. i, p. 384. ; Grégoire de Tours, 'De vitis Patrum, prologue. : Victor de Vite, Historia p<
.1.1, e. \IV , I'. /.., I. I.XIII, COl. !
i ;. Le Blant, Inscrlpl., I. n. p. 243, il. SU, pi. Il i, HT n, t. 1 1 1. tii. w i ; l. l.\ tit. xvn, etc.
morts ne pouvait être devenu messéant; il est vrai que le christianisme était apparu dans l'intervalle et avait rendu beaucoup de ces décorations inacceptables pour des fidèles. Mais on avait une raison beaucoup plus décisive. Qu'il s'agit de sarcophage païen ou de sarcophage chrétien, l'intelligenci ces petits
était complètement ou presque complètement perdue. I. a richesse du travail déterminait surtout le choix de la cuve ou du couvercle. Pour ne parler que de la France, on tira parti de tombes païennes afin d'ensevelir le comte Flavius Memorius à Arles. C'est en effet un monument d'origine païenne où sont figures des griffons, des sphinx et deux centaures combattant
un lion. Dans l'étroit bandeau qui encadre cette dernière seene et l'une des Lues latérales est placée l'inscription; une entaille, laite pou, le lien
de métal qui autrefois avail attaché le couvercle àla tombe, interrompt la légende '. Des lois nombreuses cèrent «le réprimer ces exhumations sai ril
Lue novelle de Thcodose et de Valent inieii frappe
sévèrement les misérables qui oseraient troubler le repos
des morts et exposer leurs ossements à la lumière du jour : « Faix aux cadavres disent les empereurs*. Le martyr saint Andéol fut de même enseveli dans un sarcophage païen ~ : nous avons vu que les resti Charlemagne (voir ce mot) furent déposés dans une tombe deeoree de l'histoire de Froscrpine. S'il n'y eut que des marbres chrétiens dans la crypte de Saint- Maximin, il en a été introduit d'autre dans celles de Saint- Victor de Marseille, de Saint-Honorat d'Arles" et dans les églises de Vence, de Saint-Clamens, OÙ des tombes païennes, puri liées sans doute par la présence d'un corps saint, ont été placées sous l'autel '. Quelquefois cependant Un scrupule parait être venu aux chrétiens : E. Le Blant, vit en 1857, dans la catacombe
de Saint -Callixtc. un sarcophage dont les sculptures,
entièrement rasées, indiquent sans dot origine
païenne "-'. A Bourg-Saint-Andéol dans le Vivarais, un sarcophage païen a reçu au moyen âge une sculpture chrétienne ".