III. Ignorance des sujj ,. — On ne
peut être surpris que les gens du moyen âge ai.nl méconnu la signification des sujets païens OU chrétiens qu'ils avaient sous les yeux quand on voil que les archéologues du xvn* au xiv siècle n'étaient pi avanies et interprétaient les sarcophages chrétiens avec la plus étourdissante fantaisie. Il semble que, français, l'idée même qu'il ait
existé des sarcophages de fabrication chrétienne et
portant des scènes chrétiennes ne se soit pas présentée ; aussi tous leurs efforts tendaient à découvrir dans l'arsenal de la mythologie des épisodes applicables aux représentations bibliques qu'ils avaient sous les yeux. Seuls Peiresc et Millin s'avisèrent d'instituer des rapprochements avec les sarcophages italiens et se mirent ainsi sut la voie des explications exactes. Un contemporain de Peiresc, Louis Chaduc, voit dans les Juifs buvant a la iource que lit I ouli i Moïse, des païens qui se purilient avant d'offrir un
sacrifice, tandis que Grosson, antiquaire marseillais,
v vint une céi émonie d'affranchi i ment :
esclaves sont a genoux, dit-il, et le prêteur tient la baguette levée s. .a compatriote Rufll découvre les sept Dormants, ope d'api
drosson y voit une assemblée de savants ou de philosophes; enfin la |eunes Hébreux dans
ititter. t. vi. appendice.- '■ Millin, ments »iti midi de In France, t. u, p. 120. — ' Ibld., t. in. p. iln, >• . uni
. t. u. p. 28, fran-
l'.l.inl. Inscript., t. o. p
pl. \ \\ m, n. i ,
FRANCE
la fournaise, derrière lesquels on voit le buste de N'abuchodonosor, devient un sacrifice aux dieux lares. A Toulouse, la réunion du Christ et de ses disciples est transformée en conseil des duuravirs ; à Cahors, les figures si fréquentes d'Adam et d'Eve sont prises pour celles de Deucalion et de Pyrrha. Legrand d'Aussy discute au sujet d'un sarcophage de la cathédrale de Clermont où se voit, dans la forme ordinaire, le Christ ressuscitant Lazare debout dans son édicule et devant eux Marie prosternée. «A l'une des extrémités de la face antérieure et au bord de l'angle qu'elle forme, on remarque, dit-il, un temple dans lequel est une fsis enveloppée de bandelettes depuis le cou jusqu'aux pieds, agenouillée devant un des hommes et elle a l'air de le supplier. Si l'on en croit ces sortes de savants que rien n'embarrasse, qui ne doutent de rien et savent tout expliquer, cette femme est une vestale coupable qui, condamnée à mort, pour avoir laissé éteindre le feu sacré, demande sa grâce, car, selon eux, Isis et Vesta n'étaient à Rome qu'une même divinité. Par une métamorphose bien singulière, ce monument païen, qui représente probablement un mystère d'Isis, et qui jadis renferma le cadavre de quelque idolâtre auvergnat ou romain, devint dans l'église cathédrale un monument sacré destiné au mystère réputé le plus saint de la religion romaine. Sans sa forme, on l'eut probablement détruit et mis en pièces, il y a longtemps. Heureusement, il exista une circonstance où l'on eut besoin d'un autel. On trouva que le sarcophage pouvait en faire un, en l'élevant sur un socle. En conséquence, il fut placé dans la chapelle appelée du Saint-Esprit, et, quand je le vis, on y disait journellement la messe. De pareilles sottises excitent à la fois le rire et la pitié '. » — Le citoyen Legrand d'Aussy ne se doutait pas alors à qui s'adresseraient lerireet la pitiél — Quelques-uns s'étonnent à la vue d'un homme nu, couché, près d'un monstre. «C'est, dit-on, une figure couchée qui semble faire des efforts pour écarter un dragon ; allégorie inexplicable, à moins qu'on n'ait voulu représenter l'état de contrainte de l'homme en servitude 2. » Dans un groupe mutilé où ligure la croix surmontée d'une couronne, on a imaginé de voir « les restes d'un sujet obscène3! » Les trois Hébreux dans la fournaise et le buste du roi Nabuchodonosor sont devenus trois anges de Sodome et la statue de sel '. Saint Pierre tenant un pli de son manteau est pris pour Judas, la bourse à la main 5. A Narbonne, sur une tombe décorée de divers sujets bibliques, des archéologues du xvme siècle ont cru voir la représentation des noces d'Ataulphe et de Placidie 6. Enfin au xix° siècle ces fantaisies ont trouvé de nouveaux interprètes. A propos du sarcophage de Livia Primitiva ', Didron écrivait le plus sérieusement du monde : « J'ai peine à croire qu'il s'agisse ici du Bon Pasteur et je pense plutôt que le sarcophage a été exécuté par les ordres d'un propriétaire de moutons et d'un marin, d'un riche pécheur qui serait devenu un opulent berger '. » La palme de l'ingéniosité appartient probablement à Hadrien Berbrugger dont la description et l'interprétation d'un sarcophage trouvé à Dellys (Algérie) • semble vouloir braver le sens commun. Il s'agit de sept petits bas-reliefs représentant : 1° Daniel et le serpent des Babyloniens devenu « un médecin donnant sa première ordonnance à son pre-
1 Voyages /ails en 17 S7 et 17 SS dans la ci-devant haute et busse Auvergne, par le citoyen Legrand, l'an III de la République française, 1. 1, p. 37, 38. — * Grosson, Monuments marseillais, p. 163; Notice des monuments conservés dans l'église noble, insigne et collégiale de l'abbaye de Saint-Vid,, r de Marseille, p. 17. — ■ Le même,.Yo<ice> p. 13; Van Kothen, Notice sur les crgptcsdcl'abbaijedeSainl-Victor de Marseille, p. 69. — ' B. de Montfaucon, Antiquité expliquée, supplément, t. ni, p. 50-51. — 5 Notice des monuments conservés dans l'église de l'abbaye de Saint-Victor de Mar-
mier client et faisant offrande au serpent d'Esculape; ■
— 2° le Christ touchant de son bâton les urnes de Cana, c'est le même « médecin remuant un remède avec un rameau de palmier dépouillé de ses feuilles; » — 3° La guérison de l'hemorroïsse, c'est notre «médecin explorant l'occiput d'un malade ; » — 4° Le Christ assis entre deux apôtres, c'est le médecin parmi ses élèves;
— 5° la multiplication des pains, c'est le médecin qui « remue avec une grande spatule une préparation à chaud qui bouillonne;» — 6° la guérison de l'aveuglené, c'est toujours le médecin « palpant l'artère temporale d'un jeune garçon; » enfin le reniement de saint Pierre, c'est le médecin « remettant un remède à un malade qui promet s'il est guéri de sacrifier un coq à Esculape 10. »
En sorte qu'après Edm. Le Blant, on ne peut trouver de meilleure conclusion que cette jolie boutade de Fontenelle : « Nous avons aux anciens l'obligation de nous avoir épuisé la plus grande partie des idées fausses qu'on se pouvait faire; il fallait absolument payer à l'erreur et à l'ignorance le tribut qu'ils ont payé, et nous ne devons pas manquer de reconnaissance envers ceux qui nous ont acquittés. Il en va de même sur diverses matières, où il y a je ne sais combien de sottises que nous dirions si elles n'avaient pas été dites et si on ne nous les avait pas pour ainsi dire enlevées ll »
IV. Sujets plus particuliers a la Gaule. ■ — Sans doute, toutes les tombes rencontrées sur le sol de la Gaule ne reproduisaient pas servilement les modèles romains; un certain nombre de représentations y sont nouvelles ou du moins assez rares pour qu'on ne puisse leur rencontrer d'analogue dans les sarcophages romains qu'après d'assez longues recherches; il faut nommer parmi ces sujets plus particuliers à la Gaule : le massacre des Innocents, la remise des clefs à saint Pierre, la mort d'Ananie, le saint Sépulcre, le Christ montant au ciel, le jugement des calomniateurs de Suzanne, Habacuc apportant â Daniel les pains et les poissons symboliques, Daniel représenté vêtu dans la fosse aux lions et saluant le roi de Babylone, David combattant Goliath, un buste souvent répété et qui paraît être celui de saint Genès; une femme, que l'on croit être Plautille, debout près de saint Paul prisonnier, une autre assistant au sacrifice d'Abraham, un édicule abritant le bélier immolé à la place d'Isaac, l'image symbolique de ce bélier arrêté par les cornes dans un buisson d'épines, le groupe singulier d'un chien et d'un personnage vêtu du pallium, les disciples se bouchant les narines devant le cadavre de Lazare, des enfants offerts au Seigneur, Tobie et le poisson, le jardin des Oliviers, le baiser de Judas, le Christ et un ange nimbés, Moïse quittant Pharaon, la chute des cailles dans le désert, saint Joseph endormi, un ange lui ramenant la Vierge, l'image répétée des Dioscures, des génies funéraires, le ciel représenté à la mode païenne, le Seigneur modelant le premier homme, les chasses au cerf, au sanglier, etc. On ne trouve, par contre, qu'une seule fois, l'arche de Noé, et jamais le groupe de l'Amour et Psyché, ni celui d'Orphée.
V. Sarcophages historiques. — Nous ne pouvons dire, mais nous pouvons présumer ce qu'eût été le livre projeté par Grégoire de Tours sur les sarcophages; un
seille, p. 18. — 6 Mémoires de ta Société archéologique du Midi de la France, t. n, p. 112; Tournai, Catalogue du musée de Narbonne, 1864, p. 102. — 7 H. Leclercq, Manuel d'archéologie chrétienne, 1907, t. il. p. 2S.">, li^. 235. — 8 A. N. Didron, Iconographie chrétienne. Histoire de Dieu. in-4°, Paris, 1S43, p. 364, note 1. — ' Diclionn., t. n, col. 2 163, fig. 21S2. — l° Berbrugger, dans Revue africaine, t. il, p. 309, 317. — ll Fontenelle, Digression sur les ancien* et les modernes, dans Œuvres complètes, in-8°, Parts, 1758, t. iv, p. 179, 180.
FRANCE
recueil d'historiettes à l'usage des nourrices y;illones. Il est plu-, que probable que dans ce livre il eût introduit des récits tels que celui qu'il a inséré dans ['Hàtoria Francorum (1. IV, c. mu d'un prêtre enfermé vivant dans un sarcophage, el encore dans le De gluriu confessorum (c. xi.n), de deux époux chrétiens, llilarius et sa t< rame n unis d.ms le même tombeau uù llilarius. heureux de retrouver celle qu'il a\ ait aime, se reveillait du sommeil de la mort el étendait le bras pour attirer a lui le crâne de la morte. Le livre eût peut-être été un peu macabre, mais il est permis de le regretter néanmoins, sachant la profusion de détails historiques que Grégoire savait introduire dans ses récits.
« Plus que tout autre pays, disait Edmond Le Blant, la France évoque devant et s un mu ment s les souvenirs historiques ou les anciennes légendes. Nos pères y ont salue les sépultures de quelques acteurs de l' évangile : l' aveugle-né ; Marthe, l'hôtesse du Christ ; Marie Madeleine, la grande repentie '; celle des vieux martyrs, saint Andéol, saint Andoche, sainte Quiterie -■ La tradition nous reporte de plus au temps des fils de Constantin 3, à celui des princes wisigoths ', d'une héroïne des chansons de gestes, la fantastique reine Pédau que \ des guerriers, des saints mérovingiens ", des invasions sarrasincs r. de < liai h magne et de ses preux ' de Louis le Débonnaire *, et même, dit-on, à l'âge des combats en champs clos 10. Chacune de nos riches sépultures devait avoir ainsi ou son histoire ou sa légende. Tout est muet maintenant pour plusieurs, dont l'attribution, fût-elle imaginaire, aurait pour nous son intérêt ; On ne sait à qui lurent destines, entre tant d'autres, l'étrange sarcophage de Charenton, ceux de Lucq-de-Béarn, de Valbonne, de Saint- Honorat, tous les quatre retrouvés dans de célèbres abbayes, la plupart des tombeaux qui sanctifiaient une église de Clermont, celui qui, de Provence sans doute, fut transporté dans un village voisin de Paris ".
« Ces marbres, nus et mutiles, devant lesquels l'antiquaire s'arrête presque seul aujourd'hui, ont eu leurs siècles de splendeur Souvent, on les groupait dans des sanctuaires où s'empressaient les fidèles; ainsi fut-il fait ;t Saint Honorât d'Arles, à Marseille, dans les
Saint-Victor, à Saint-Maximin, à Clermont, où l'église qui les contenait reçut de leur réunion le nom de Sam lu Maria inter sanclos. Des balus-
1 E. Le Blant, Sarcophages de la Gaule, p. 30, 150. — 1 Ibid., p. 2, 99; Millin de Grandmaison, Voyage dans 1rs départements ilu Midi de la France, t. a, p. 120. - !.. Le Blant, op. cit., p. tas. — • Ibid., p. 133. — ■ Ibid., p. 12U, 127. -• Ibid., p. I, U2, sq. -T Ibid., p. 40, H, 117, 142. —
I Ibid., p. 117 ; cf. p. 88. — * Ibid., p. 11.— >• JMd.,p.l6.—
II Ibid., p. s. — '- Grégoire de Tours, Degloria confessorum, .-. xxn, xxx. — ■ i- t'- Blant, op. cit., p. l 12. - " De glorta martyrum, 1. I. c. xxwn. - "Grégoire de Tours, Miracula S. Juliant, c. xx. — l4 De glorta martyrum, c. i.wn. " ibid. — ■ "De atar. mari., c. lxxi; De glor,
. c, i : Vita Patrum, t. \ m, a. 6. — " De glor. confess., e. xxvn; Portunat, Vita s. Hilarii, I. II, e. xu. noire de 'l'ours, Historta Francorum, I. X,e. xxix ; De glor. mort., c. xi. iv ; Mirac. s. Martini, I. 11, e. \, xxxix, xlix; Vita Patrum, c. mu. h. c, 10. : Utst. Francor., I. IV, c. xix ; Vitos Patrum, c. mu, e. 6, 10; Vita S. Aridit,n. XL. — 11 E. la- Blant, op. cit., p. i 19 note l. - îiistor. Francorum, I. V, c. xx mu. I i ■ Blant, op. cit., p.
Patrum, c. xvn, n. 1; Mtrac. s. Martinii, I. 1, i-. xxxmii. Vita s. hicinii, c. \,n, 29; Actasanct., 13 févr.; Translattones et miracula sancti Feliberti, n. 29, dans Acta ianr(.,20 août. — " S. Jérôme, Epttt., i mu. n. 13; P. RI >ttoe de /.; grande attaque hystt riqut ,p. 5 t . 57, :,s. - de Tours, /'■ gloria
r; Miracula S. Martini, 1. Il, c. xiv, el u; l<
non, l. VIII, c xvi; Vita S. Lit oui. n. 31, dans Acta
%ant /., lit févr. ; 7 raïufaifone* * t mirât ula S. l- lllbt m, e. n.
n. 29, dans .t' la (uni !.. 20 août ; s. Basile, liomll. xxm, m
s. Mamantem,n. 1 'Grégoiredi Tours, Miracula S.Ju-
trades entouraient ces sépulcres " peints et dorés" qu'abritaient des ciboria" surmontes de croix gemmées u; de riches étoiles Us recouvraient "; on suspendait au-dessus d'eux des colombes d'or"; on les jonchait incessamment de (leurs et de verdure '*; des lampes, des cierges brûlaient devant eux nuit et jour"; les fidèles en prières les couvraient de larmes et de baisers :"; autour d'eux se voyaient des ex vola sans nombre, les fers, les Chaînes des prisonniers délivres par la vertu des saints *', les armes des guerriers venus remercier le ciel de leurs victoires ". Des serments solennels se prêtaient sur ces marbres sacrés**. Là venait l'immi • des misérables, les fiévreux,
les aveugles, les paralytiques, les boiteux, h s fous" et les épileptiques si nombreux alors que, laisses libres et errants, ils communiquaient leur mal par la vue même de ces attaques. Ils étaient là, s'agitant furieux dans les sanctuaires ** hurlant auprès des tombes comme des bêtes fauves; là, sous l'étreinte des 1 se produisaient ces mouvements désordonnés, ces rotations de la tête, cette effrayante contraction du corps se raidissant en arc pour rebondir comme un ressort d'acier, phénomènes que la science retrouve et étudie à cette heure même, tels que les a vus et décrit un Père du ve siècle *'.
« Des guérisons miraculeuses s'accomplissaient devant ces sépulcres près desquels les malades venaient passer des jours et des nuits, espérant obtenir dans quelque songe une apparition secourable :', recueillant, emportant comme de précieux remèdes, prv benediclione, suivant le mot d'alors, la poussière, les fragments mêmes détachés des marbres sacn s -', maigre les châtiments terribles dont le ciel frappait, disaiton, une témérité si haute 2°, des débris de la cire de leurs cierges30, quelques gouttes de l'huile de leurs lampes3', l'eau miraculeuse dont plusieurs se remplissaient d'eux-mêmes '-"-, celle qui les lavait aux jours de Pâques 33
« Grégoire de 'l'ours montre une femme rendue à la santé après qu'on l'eût étendue sur le sépulcre d'une sainte Bile'*; il était rare pourtant que l'on touchât à ces marbres, dont le grand évêque osait à peine, ditil, lui-même, approcher ses lè'v res's; nulle force humaine ne pouvait les mouvoir si leurs saints holes n'y consentaient 30; les bienheureux qui y reposaient les voulaient eut ouïes d'honneurs et les protégeaient contre
fiant, 1. II, n. 51. — "Hericus Monachus, Miracula S. Germant Autissiodorensis, 1. I, c. v, n. 11, dans Acta sanct., :il juillet, Tempore Theudechildœ reglnœ, Nonninus guidant Wlbunus ex Arverno de Francia, pas! reddita reginee tributa revertens, Auttssiodorensem urbem adiit,causa tantumreligionis, provolutusque ad beatissimum Germant sepulcrum, cuir diulissime orasset, extrada devaglna tigre, lapident qui super venerabile sepulcrum habebatur, nemine oidente, percussit; de quo excussa particula modica, tanquam eeneus diriguit, ita ut nullum membrum posset ullatenus oindicare, aul emtnere. "Grégoire de Tours, Miracula s. Jultani,c.XL. — ■i Miracula S. Martini, I. II, c. Li ; De gloria confessorum, c. IX ; voir Dictionn., t. 1. au mot : A Mi-oi 1 1 s. - " 1 est en même temps rite pour <lrs tombeaux d'Arles, Arles-
ii et Bordeaux; et. Seguin, Les antiquités ./'.trio, I. II, 11. .".2; \. de 1 aumont, dans liullcitn monumental, 1 . k mu. p. lit. Voir en ce qui touche la dernière ville, une
an ic gravure portant cette li umbeau n,'
marbre dans le beau cimi I Solnt-
Saurin, que l'empereui 1 ne t ■ — • csle>
où l'on voit .. tous 1rs renouveaux et pleins de lune la tumbe pleine d'eau laquell ■ pour
uni 1 n Ici maladie: Bibl nat., di pai
estampi ■ ' ilrondc, 3' ai rondlt-
sèment de Bordeaux, 11 Le pèlerin cm l'eau de la tombe 'le olnl Mcoloa di I 1
Mirac. s. Marital, I. II, c. u; I. III, 1
ne île | . |
de loin », JJ mcorum, 1. '
1 le Blant, Sarropl
FRANCE. — V
toute ollense; les hommes assez hardis, assez impies pour les fouler aux pieds, pour les mutiler, pour les ouvrir, étaient frappés de châtiments terribles l; l'un de ces sépulcres, disait-on, avait broyé une main coupable de s'y être appuyée sans respect 2.
« Parfois, se démentaient pourtant les marques d'une vénération si haute. Irrites contre les dieux qui les frappaient ou n'exauçsient point leurs prières, les païens les menaçaient, les châtiaient en leur refusant
environ pour celui sur lequel l'archéologie chrétienne de la Gaule s'arrêtera longtemps 8.
VI. Essai de classement. 1. AGEN. — Dans l'église Saint-Caprais, couvercle d'un sarcophage qui aurait renfermé les restes du duc Regnowald, général au service du roi Gontran ' (vie siècle). Le travail peut être de cette époque. Les deux génies funèbres tenant .les flambeaux renversés reproduisent des modèles antiques. Les deux épisodes de Jonas sont intéressants
4694. — Sarcophage d'Agen. D'après Le Blant, Sarcophages de la Gaule, pi. xxxm, fig. 2.
les hommages. Ainsi fit. disait-on, Auguste, qui, après la destruction de ses vaisseaux par une tempête, exclut d'une pompe solennelle la statue de Neptune 3. Les chrétiens continuèrent celte étrange pratique, encore vivante chez le vulgaire dans un pays voisin de la France, la superstitieuse Italie. On mettait violemment en demeure les bienheureux pour leur arracher quelque grâce; les preuves abondent dans nos vieilles chroniques J. et un tombeau que l'on croit posséder encore, celui de saint Métrias, a été autrefois couvert de ronces et privé de tout culte pour forcer l'illustre confesseur à faire restituer un bien enlevé à son église 5. »
Edmond Le Blant avait pu réunir deux cent quatre-
parce que celui qui représente Jonas jeté à la mer, nous fait voir un orant sur la barque et on retrouve cette figure sur une fresque des catacombes 8, sur des sarcophages de Rome 3 et sur la coupe de Podgoritza 10, mais elle est unique sur les monuments de la Gaule.
Bibl. — Bibl. nat., n. 6454, calque d'après Beauméni, dans les manuscrits de Tersan, t. i, n. 2 (voir sur les dessins originaux : Recueil des travaux de la Société d'agriculture, sciences cl arts d'Agen, t. il, p. 243); A. Magen, Extraits des Essais historiques cl critiques d'Argenton sur CAger.ais, par J. Labrunie, dans même recueil, t. vin, p. 123; .1. Barrère, Histoire religieuse et monumentale du diocèse d'Agen, depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours, comprenant la partie <lcs
4695. — Sarcophage d'Aix. D'après Le Blant, op. cit., pi. Li, n.
vingt sarcophages ou débris, lombes sans couvercles couvercles sans tombes, lorsqu'il publiait son important recueil, en 1896. 1 K-puis celle époque, quelques cuves et des fragments sans grande importance ont été rencontrés; maison peut tenir ce nombre de trois cents pièces
1 Grégoire de Tours. Historia Francorum, 1. VI, c. x ; Vitx Pairuni, c. lxu; De qloria martyrum, e. i.xxii; De gîoria confessorum, c. xi.i.r.xn. — - Vita S. Joannis Reomanensis, c. 2. dans Acla sanct., 28 janvier. — 3 Suétone, Augustus, c. xvr; cf. Plutarque, !'<■ Iside, c. i.xxin. — 'Grégoire de Tours. De gloria martyrum, c. i xxix et c; Miracula S. Martini. I. III, c. vm; Vita s. Eligii, 1. IL c. xxx; d'Achery, Spicîlegium, I. n. p. *<">: Adrevald, Miracula S. Benedieti, c. xxvi, dans Annales ord. s. lient d., suc. n. p. :'.N2; Historia translationis s. Germant, c. 212, ibid., ssec. in, part. 2, ,,. lui. ■ E. LeBIant, ..(>. cit., p. 1 13. — ■ Ci. 1'. AUard, dans l'a eue de Va ri chri tien, IssT. série III. 1. v, p. 103-107;
■ ; icèses circonvoisins autrefois renfermes dans /' t , nais, in-4°. Agen 1855, t. i, p. 142; I. F. Boudon de Saint-Amand, Essai sur les antiquités du département de Lot-et-Garonne, in-8°, Agen, p. 157, pi. v, fig. 2; G. Tholin, Études sur l'architecture religieuse de l'Agc-
\. Trust, Les anciens sarcophages chrétiens de la Gaule, dans Renne archéologique. 1.SS7. t. i. p. 329-344, 1887, t. n, p. 51-60, 194-207 ; IL Leclercq, Le latin des inscriptions chrétiennes de In Gaule, dans Revue des Questions historiques, janvier 1906, quelques analogies avec les sarcophages, cf. Repue archéologique, 1906, p. 344. — "Grégoire de Tours. Hist Francor., I. VI, c. xn. P. L., t. lxxi, col. 385. — 'Dr lïossi. Roma sotterranea, t. n, pi. xvi. — 9 Bottari, Scultnre c pitture, pi. i.. i.xxxvi: H. Garrucci, Sioria dcll'arte cristiana, Prato, 1S73, pi. ccci.xxxiv.4; cccxcvn, 12. en ou Ire ou fragment de sarcophage au palais Corsetti à Rome. — "' Voir Dic(ionn.,au mot CouPE.flg. 3336.
FRANCE, V
nais du x' au xvr siècle, suivies d'une notice sur les sépultures du ntaijen ùge, in-8', Agen, 1874, p. 283; E. Le Blant, Sarcophages chrétiens de la Gaule, p. 92, n. liq.pl. xxxm.n. 2 (lis II
^. Église Saint-Caprais, chapelle Sainte-Anne, tombeau de marbre brisé au début <lu xixv siècle, quelques fragments représentant : a) les trois Hébreux dans la fournaise, dont deux bourreaux attisent 1rs Qammes et Nabuchodonosor assit devant son buste posé sur une colonne: b) multiplication des pains; c) bon pasteur.
Bibl. — Boudon de nand, op. cit., p. 192,
pi. xm; fholin, op. cit., p. 282; E. Le Blant, op. cit., p. 93, n. 111.
:i, i iprais, dans le dallage, perdu. —
a) Le Christ dans une niche .. . au milieu
deses apôtres groupés deux par deux dans des compartiments; b) génies faisant la vendange.
Bibl. i Saint-Amand, op. cit., p. 192,
pi. xiv ; Tholin. uj>. cit., p. 282; Recueil des trav. de lu Soc. (Tagr. se. et arts tFAgen, t. n. p. 258; 1-:. Le Blant, op. cit., p. '.H. n. 112 i
."'. A Agen et clans les environs. Un certain nombre de sarcophages décorés de simples ornements, cités par Boudon de Saint-Amand cl par Tholin. Plusieurs
renferme deux corps. D'ailleurs on voit également deux époux sur un sarcophage de Dellys qui ne contenait qu'un seul squelette. Le couvercle terminé par deux de Méduse est païen. Entre deux, ligures nues et couchées représentant la Terre et l'Océan trois groupes (le Victoires et de génies portant des couronnes. La 'l'eue est une femme accompagnée d'un bœuf et une corne d'abondance ; l'Océan est un homme tenant une rame, une pistrix le regarde. Ce sarcophage porte des traces de dorure.
Bibl. — Millin, ms les déparlements du midi
tle la France, t. n, p. 268, pi. xxxvn, n. 2; Bulletin monumental, l. xi. p. 119; R. Garrucci, Sloria dell'arle crisliana, 1. v, p. ci xxxi, n. :;; E. Le Blant,
h. de lu t, aille, p. 1 13, n. 205, pi. I I, lig. 2. 7. Jadis dans l'église Saint -Sauveur, servant d'autel à la chapelle- Saint-Grégoire, transporté aux eaux thermales pour y servir de bassin de fontaine et percé alors de nombreux trous, ce sarcophage est enfin entré au musée de la ville. La face antérieure offre une division en cinq arcades, dans les retombées desquelles sont sculptes, entre des dauphins, deux monogrammes du Christ et deux couronnes, aux extrémités sont des corbeilles renversées d'où s'échappent
•10'Jil. — Sarcophage d'Aix. D'après Le Blant, Sarcophages de la Gaule, p
ont ete vus par Scaliger qui écrit à leur sujet : II y a des sépulcres de pierre de taille avec les A et les cû de Constantinus Magnus, qui sont vieux de mil trois cents ans.
Ilibl. — Scaligerana, édit. de Cologne. 1695, p. 8; I i i Blant, op. lit., p r.. -4/.Y. - Dans l'église Saint Sauveur, em
SUS de l'autel dans la chapelle de saint Mitre, cire dr Tours raconte de ce tombeau que saint Métrias avait légué des biens a l'église d'Aix. .pic s'en empara et l'évêque dit au saint cou fesseur, en se prosternant devant son sépulcre : lies glorieux saint, il n'y aura plus ici de luminaire et l'on n'y chantera plus les psaumes que lu aies vengé ti serviteurs et fait rendre a l'église les biens qui II été arraches. Cela dit, il Jeta des i es sur le loin
beau et devant les ].o:ie>, qu'il ferma. le coupable, naturellement, mourut, mais après avoir restitué les
biens usurpes et fait déposer sur le sarcophage le double de l'ae int il avait frappé l'éA êque I
le sarcophage actuellement conservé et ci-dessous décrit : Sous un portique, le Christ au centre sur un mont i . il re fleuves! (lg
et sur lequel sont prosternés deux fidèles probablement des épOUX. Jésus donne- la loi a Lierre, les autres
apôtres portent h- volumen et leveni la n
vers le Seigneur. Aux pieds de ce dernier ont Inclinés un homme et une- femme, sans doute deux I
entés de petite taille, Ce tombeau n'ayant que timétres de hauteur, il est peu probable qu'il ait
uits. Les sujels figures sous les arcades sont, de
gauche à circule : 1» sacrifice d'Isaac, bélier et ange tenant le volumen; 2° résurrection de I .a/. m : 30orante debout, voilée, entre deux saints protecteurs; i rison de l'aveugle par le Christ dont l'hémorroïssc touche le bas de la robe: 5° Moïse recevant les laides loi sous forme d'un volumen roulé et lie-; il est tpagné d'un personnage. I i lues latérales portent des imbrications (fig 1696),
d'Aix. ms. U de 1 a-
borde, Les monuments de la France, t. i. pi. cvii;
vers pitton nce, pi. cxl; Statisliqi
Bouches du Rhône, t. n. p. 416; Bulletin monumental, Lsi, 7, p, 372; R. Garrucci, St<iria delVartecrisliana, t. v, p. 116, pi. ccclxxix, n. 2: II. Gibert, I
1 Le Liant, Sarcoph. de la liante, pi. m,
fig. 1. p, 1 I I, n.
.s. chapelle de l'hôpital; encastré au-dessu fonts baptismaux : fragment de ntralc d'un
i ades : celle du centre porte une
architrave, les deux autres des cintres: alternance epii
rappelle une série Importante de b Mineure. Au centre, le- Christ, dont la taille di notablement celle des apôtres. \ droite du Christ, un i. dont [e front est surmonté d'une croix. Bibl. e it, Sarcoph. de la t. aide, p
n. 2117. pi. 1 n, I.
' e îrégoire de i 1
\t> tria l'/iJ' leanu ■ a t... t. i \ s
FRANCE
9. Musée d'Aix; fragment. A gauche, l'édicule à coupole représentant le saint sépulcre ; à droite, trois figures difficiles à déterminer.
Bibl. — H, Gibert, Le musée d'Aix, p. 205, n. 300; E. Le Blant, Sarcoph. de la Gaule, p. 145, n. 208, fig.
10. Musée d'Aix : fragment. Représente probablement la guérison d'un aveugle.
Bibl. — H. Gibert, Le musée d'Aix, p. 204, n. 301; E. Le Blant, Sarcoph. de la Gaule, p. 146, n. 209, fig.
11. Rue Roux-Alphéran, n. 35; encastré au-dessus de la porte d'entrée; fragment d'un bas-relief représentant le passage de la mer Rouge.
Bibl. — H. Gibert, Le musée d'Aix, p. 204; E. Le Blant, Sarcoph. de la Gaule, p. 146, n. 210, fig.
4697. — ■ Sarcophage d'Arles.
D'après Le Blant, Sarcophages d'Arles, pi. i, fig. 2.
12. angoulême. — Découvert vers 1845 dans un jardin parmi les débris de l'ancienne église Saint- Ausone détruite au xvie siècle pendant les guerres de religion; recueilli avec d'autres antiquités dans une remise donnant sur le jardin de Févêché, il y fut bientôt abandonné et recouvert de débris de toutes sortes; beau témoignage d'incurie ecclésiastique à l'égard d'un monument chrétien du vie siècle, qui a peut-être aujourd'hui achevé de disparaître. La face antérieure de la cuve représente deux paons qui s'abreuvent dans un vase d'où s'échappent des pampres et des grappes de raisins; deux colonnes torses occupent les extrémités; les faces latérales sont décorées de chevrons non opposés.
Bibl. — Bulletin, de la Société archéologijue de la Charente, 1865, IVe série, t. m, p. 113, 416; E. LeBlant, Sarcoph. de la Gaule, p. 87, n. 102, pi. xxiv, n. 3; Dict., col. 2162, fig. 669.
13. aniaxe. — . « J'indiquerai pour mémoire, et à raison de sa ressemblance avec nos sarcophages, écrit Edm. Le Blant, un devant d'autel mérovingien que j'ai vu, à Aniane, chez M. Berdière, juge de paix. Au milieu est le monogramme V inscrit dans un cercle
el accosté de l'A et de F Où sculptés à rebours. Des rinceaux eutourenl ce signe du Christ. » Bibl. — Sarcoph. de la Guide, p. 119, n. 144.
14. Sarcophage conservé (vers 1890) dans le domaine de Piquo-Talen, commune de Castelnau-de-Guers, près de Pézénas, et provenant probablement d'Aniane. Ce monument est probablement un des derniers de la série des sarcophages sculptés en Gaule, il appartient au vu» siècle. Sur la face antérieure le Christ et deux apôtres dans des cartouches séparés par des panneaux décoratifs. Les rideaux qui encadrent les trois figures sont relevés et soutenus par des anneaux. Le couvercle en forme de toit est orné d'imbrications et d'un monogramme du Christ. Dict., t. n, col. 1081, fig. 1593.
Bibl. — Noguicr, dans Bulletin de la Société archéologique de Béziers, 1879, p. 160, pi. c; E. Le Blant. Sarcoph. de la Gaule, p. 119, t. cxlv, pi. xxxii, fig. 1, 2. Dict., t. n, col. 1081, fig. 1593.
15. apt. — • Cathédrale. La moitié antérieure de la cuve, sciée dans le sens de la longueur, a été posée sur le revers que décorent des imbrications. Le monument a été figuré et décrit au mot Apt, t. i, col. 2644.
Bibl. — J.-F. André, dans Mercure aptc'sien, 18 novembre 1855; et dans Revue de l'art chrétien, 1S58, t. n, p. 360 : Aro/e sur un sarcophage chrétien découvert à Apt; De Saint-Andéol, Xolice sur l'ancienne
4698. — Sarcophage d'Arles.
D'après Le Blant, op. cit., pi. n, fig. 2.
cathédrale d'Apt. dans Répertoire de la Société statistique de Marseille, 1863, p. 476, et dans Assises scienli/iques d'Api, 1S64, p. 204; E. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. il, p. 485, n. 622, pi 88, n. 520; De Bossi, Bullellino di areheologia crisliana, 1806, p. 33, 52; 1868, p. 93; Carbonnel, Le sarcophage chrétien de la cathédrale d'Api, dans les Annales de la Société litl., scient, el arlist. d'Apt, 1865-1866, t. m, p. 25-33; même titre, dans Bulletin monumental, 1868, p. 425-430; P. Lacroix, Sarcophage chrétien delà cathédrale d'Apt, dans Revue des Sociétés savantes des départements, 1871, t. xxix, p. 437; même revue, 186S, p. 65 sq. ; 1870, p. 15; Garrucci, Storia dell'arle crisliana, in-fol., Prato, 1872, t. v, pi. cccxxx, p. 53; E. Le Blant. Étude sur les sarcophages chrétiens de la Gaule, in-foJ., Paris, 1896, p. 140, n. 201, pi. xlix, n. 1, 2, 3; Curp. inscr. lai., t. xn, n. 1155; Dictionn. d'an héol caret., 1. 1, col. 26 14-2645, fig. 858-860.