‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 32 sur 423 · IOHEL ME SCAE FECIT IN HONORE MARIAE · texte numérisé non relu

IOHEL ME SCAE FECIT IN HONORE MARIAE

Est-ce le sculpteur, le donateur, ou le prieur du monastère qui s'appelait Johel?

Les divisions de la hampe oflrent des sujets champêtres. Linas croit y reconnaître Apollon chez Admète, Apollon et Marsyas, Silène.

D. Jucnin, Nouvelle histoire de l'abbaye royale el collégiale de Tournus, t. i, p. 44-46; Manillon, Annal, bened., t. iv, p. 356; Martine et Durand, Voyage littéraire de deux bénedtelins, t. i, part. 1, p. l.ïl; Du Sommerard, Les arts du moyen âge, t. u, I>. 195, t. m. p. 151; allas, pi. iv; album, série IX, pi. xvn ; A. Way, dans The archteological journal, 1848, t. v. p. 205-206; Ch. Barthélémy, Traduction du nationale de Durand, t. n, p. 501-503, note; Smith and Cheetham, Dictionary of Christian antiqalties, t. i, p. tiT.s, au mot Flabellum; A. Darcel, Catalogue il* l'histoire du travail a l' Exposition universelle </■ 1887, p. 1"'J. m:;, n. 1654; Martène, De antiquis Ecclesiue ritibus, in-fol., Paris, 1738, t. i, col. 402; M. Gerbert, Liturgia Alemantea nias, San Blasll, i. i, ]>. 209 i hureh of oui Falhers,

t. m. part. 2. p. 198-199; CM. il<- Linas, op. m., p. 196, 497; Les Arts, 1904, août, p. 25, iig. 88.

1 labellum >l Poullle). Conservé dans la

cathédrale, i Saint-Sabin, un flabellum litur-

gique dont Miiiin iii in 1812, un croquis conservé au Cabine! des Estampes de la Bibliothèque nationale. tib 20, fol. :j,s. i.e flabellum 1 1 1 — . 1 172) • n une

feuille de vélin naturel, plissé en rond, di

de 0 m. 33, rentrant à volonté dans un cassettino rectangulaire, prolongement de la hampe qui mesure 0 m. 74. La hauteur totale du système atteint 1 m. 07 (ouvert) et 0 m. 905 (fermé). Le disque, lorsqu'on le développe, est maintenu au moyen d'une broche

PI

■1171. — Flabellum de Tournus.

D'après du Soinmerant, Va arts <ta v

atlas, c. nv, pi. iv ; album, série l\. pi. xvn.

suspendue par une chainette a l'angle inférieur du

un hc de l'échancrure, broche qui pénètn dans un trou pratiqué sur la tram lie du cassettino. L'ornementation polychrome du vélin < gante, trois bandi d oi i i des 1 bleus

renl deux motifs, l'un 1res simple, l'autre plus heureux et plus fourni, La monture • tique, analogue au palissandre, a la suite d'une

FLABELLUM

et minutieuse analyse de ce monument liturgique Ch. de Linas se refusait à prononcer une date quelconque, V. Gay et J. Helbig gardaient la même réserve d'où on peut induire que les signes d'antiquité du flabellum à Canosa sont des plus douteux et vraisemblablement imperceptibles.

4° Un flabellum intéressant a été trouvé dans un champ à Stùmâ, village situé au sud d'Idlib, dans le district d'Alep, avec trois patènes d'argent, provenant sans aucun doute du mobilier liturgique d'une ancienne église. Ce trésor fait aujourd'hui partie du musée de Constant inople, vie-vne siècle.

Le flabellum a un peu souffert sur le pourtour où le métal a été déchiré. C'est un écran circulaire qui

4472. — Flabellum de Canosa.

D'après Revue de l'arl clirétien, 1S83, pi. iv, n. 1-3.

a dû être fixé à l'extrémité d'une longue hampe. Le disque figure un séraphin à six ailes avec deux roues enflammées, il est encadré de plumes de paon. Cette figure est d'exécution inégale. Visage, pieds et mains sont mal venus, tandis que toutes les plumes sont parfaitement figurées. Les parties ciselées étaient recouvertes d'or, on l'aperçoit encore sur les ailes du séraphin et sur les bords du flabellum. Sur la tige on voit quatre poinçons. Des défauts de frappe en rendent malheureusement la lecture difficile. Le premier, en bas, est rond et présente au milieu un buste nimbé autour duquel on lit : ICûANN[OV].

Le poinçon supérieur est rectangulaire, percé d'un trou et à demi effacé. Le milieu est occupé par un monogramme dont on distingue la seule lettre K; autour apparaissent seulement les dernières lettres d'un nom se terminant par OEOV. Le troisième poinçon est de forme elliptique et également mutilé. Il présente, comme le premier, un buste nimbé au-dessus d'un monogramme que l'on peut lire, en restituant une lettre écrasée : OEO[A]GûPOV.

Autour était gravé un autre nom dont on ne distingue plus que les deux dernières lettres OV. Le dernier poinçon, en haut, est cruciforme. Le milieu est occupé par un monogramme que l'on peut lire : OECOAOPON et ce monogramme est de même facture que celui du troisième poinçon; autour, dans les bras de la croix, on lit : Al ■ OM • IA • OV l.

Nous avons parlé de ces poinçons sur les objets d'orfèvrerie (voir Estampilles) et il est également permis d'y voir la marque de contrôle des officiers impériaux ou bien celui de l'église à laquelle appar-

4473. — Flabellum de Stùmâ.

D'après Revue archéologique, 1911, pi. 408, fig. 1.

tenait le bijou; dans ce dernier cas, le poinçon portait l'effigie du patron du monastère ou de l'église et le nom de l'évêque ou de l'higoumène.

IV. Bibliographie. — Anonyme, Flabellum de C.unuult, dans Répertoire historique et archéologique de l'Anjou, 1869, p. 141. — W. Barges, Notice of the precious objects presented by the Queen Thcodelinda lo the Church of Saint John the Baptist al Monza, dans The Archœological journal, 1857, t. xiv, p. 17-19. — Blondel, Histoire des éventails chez tous les peuples et à toutes les époques, in-8°, Paris, 1875. — G. Fougères, Flabellum, dans Saglio, Dictionn. des antiq. grecq. et rom., t. u, p. 1149-1152. — Frunberger, Geschichte des Fachers, in-8°, Leipzig, 1876. — Ch. de Linas, Les disques crucifères, le Flabellum et l'Umbella, dans Revue de l'Art chrétien, 1883, 3e série, t. i, p. 379, 394, 477-518; 1884, 3» série, t. n, p. 5-33. — Martigny, De l'usage du flabellum dans les liturgies antiques, dans Annales de V Académie de Mûcon, 1855, t. m, p. 370-400. — F. M. Paciaudi, SxiaSio<popYj|j.a sive de umbellse gestalione commenlarius, in-4°, Bomse, 1752. — S. Paoli, De patena argentea Foro corneliensi S. Pétri Chrysologi, in-4°, Xeapoli, 1745, p. 78 sq. — P. Perdrizet et Chesnay, La métropole de Serrés, dans

1 J. Ebersolt, Le trésor de Stùmâ au musée de Constantinople, dans Revue archéologique, 1911, p. 407-410.

1625 FLABl.LLl M — FLACIUS ILLYRICUS (LA MESSE LATINE DE]

Monuments Piol, t. x, p. 13S, pi. xm;P. Perdrizet, Les terres cuites grecques d 'Egypte de la collection Fouquet, \n-4, Nancy, 1921. — G. Rohault de l'ieury, La messe. Études archéologiques, in -1 , Paris, 1888, t. VI, p. 125-132 : Flabella, pi. cdlxxxix-cdxcv. — N.Rondot, Rapport sur les objets de parure, de fantaisie et de goût, in-8°, Paris, 1854. — Rosellini, Monumenti delV Egitto, t. i, pi. xvi, n. I: pi. evi; pi. cxxiv, t. n, pi. i xxx, n. 8. — G. Suarés (de Vaison), De flabellis pontiftciis et muscariis pavoninis dialriba, data Yasioni, vin kal. junias. MDCLI . — A. Way, Xotices of ancien! ornaments and appliances of sacred use. — The Flabellum flabrum muscatorium, muscifugium, alara or venlilabrum, dans The archeologicul journal, 1848, t. v, p. 2U1-2HC. — J. Ebersolt, Le Trésor de Stûmâ au musée de Conslanlinople, dans Rev. arch., 1911.

H. Leclercq.

FLACIUS ILLYRICUS (La messe latine DEi. — I. Flacius Illyricus. — II. La messe latine de Flacius Illyricus. — III. Nature de cette messe et sa date. — IV. Famille liturgique de la Missa Icdina. — V. Origine, auteur présumé. — VI. Emprunts de la messe à d'autres sources. — VII. Bibliographie.

I. Flacius Illyricus. — Mathias Flacius Illyricus ou comme on écrit quelquefois à tort Flaccus Illyricus, de son vrai nom Flach ou Flacich Francowitz, né à Albona en Illyrie (d'où son surnom d' Illyricus) en 1520, mort à Francfort en 1575, fut un théologien et un controversiste très fécond. La liste de ses œuvres dans Preger va de la p. 539 à la p. 572 (tome n). 11 écrivit non seulement contre les catholiques (Rome est pour lui Babylone, et le pape, l'antechrist),mais encore contre ses coreligionnaires Mélanchton, Osiander, Schwenckîeld, Major, Menius, et autres. Il est en tout cas l'un des plus connus, des plus remuants et aussi des plus savants théologiens du protestantisme. Quelques-uns de ses travaux, édition de Grégoire de Tours, de Sulpice-Sévère, de 1 humus Maternus (dont il découvrit le premier le texte), hymnes du moyen âge, texte grec du Nouveau Testament, sont des ouvrages d'une utilité générale qui ont leur importance dans l'histoire de l'humanisme. Mais l'entreprise qui le rendit le plus célèbre fut son histoire de l'Église, connue sous le nom populaire de Centuries de Magdebourg, dont il fit une machine de guerre contre les catholiques et qui suscita l'immortel ouvrage de Baronius.

On ne saurait le féliciter d'avoir manqué à la prérègle de la critique qui est de considérer l'histoire comme une science et de n'y avoir cherché qu'une arme pour combattre les catholiques. Il ne comprit pas qu'en la faisant servir ainsi à un but de controverse, il risquait de l'abaisser et de l'altérer, lie qui du reste ne manqua pas. Il ne fut pas difficile à Baronius, a BeUarmin et a ceux qui les ont suivis, de relever dans l'œuvre des centuriateurs de Magdebourg la partialité des jugements, l'insuffisance de l'information ci même des erreurs graves.

Les mêmes défauts se retrouvent dans l'œuvre liturgique dont il fut l'éditeur et qui motive notre article, la Missa latina '.

1 La vie et les ouvrages de Flacius QJyricu! ont éti rlirs par les historiens de la Réforme, ei notamment p;ir W. Preger, qui lui .. teux volumes, Mutina* Flacliu

Illyricus u. .seine '/.ni, Brlangen, 1859. Il a aussi un article «tans le Jjictittnnaire de théologie catholique (voir â la blblioîle). Mais la Misse Latina n'> est pas étudiée. Dans r pour la Miiëa latina, voir t. n, p. 421 sq. et 476. — ; Cf. Bona-Sala, Renun liturgiearum, t. i, p. 'j^s. ■T. n, ad anniun l'.'.l (601), n. 20. Après Lecointe, elle a encore été éditée pai Bons) dans les quatre éditions d< enun Liturgiearum, par nom Martène, "/■■ cit., ei enfin dans, i'. /... t. i ixxvjn, col. 1302 sq. Les rapprochements que nous suggérons dans cet article permettraient

II. La messe latine de Flacius Illyricus.— C'est en 1557 à Strasbourg que parut sa Missa latina, où il prétendait prouver que cette messe représentait l'usage liturgique gallican et allemand antérieur à la messe romaine, et que cette dernière avait gravement altéré la pureté de la messe primitive. Cet ouvrage aujourd'hui fort rare, dans l'édition primitive, porte ce titre significatif : Missa latina quœ olim anle Romnnam circa 700 Domini annum in usu fuit, bona fide ex vetusto aulhenticoque codice descripta. Item queedam de velustalibus Missœ scitu valde digna aditmcla est Beali Rhenani prwjalio in missam Chrysostomi a Leone Tusco, anno Domini 1070 versam. Argentina, excudebat Christianus Mylius, 1557.

C'est un in-24 de 117 pages, conservé à la réserve du British Muséum, où nous l'avons consulté et qui est coté a. 3. C.-25. Une longue note manuscrite al tachée au même exemplaire et sans nom d'auteur, mais probablement du siècle dernier, constate la rareté des exemplaires de l'édition primitive, mais conteste que les protestants eux-mêmes aient cherché à détruire les exemplaires de l'édition quand ils eurent constaté quece document contenait au contraire des arguments contre eux. C'est l'hypothèse de du Peyrat, Histoire ecclésiastique de la Cour, ou antiquités et recherches de la chapelle ou oratoire du roi de France, Paris, 1645, p. 167, qui a été depuis acceptée par Bona, Lecointe, et nombre d'autres.

Ce qui est certain, c'est que de bonne heure les exemplaires de la Missa latina devinrent si rares qu'ils échappèrent aux recherches de savants, pourtant bien informe s, comme Pamclius, Cassandre, Baronius, Bellarmin ». Lecointe cependant parvint à la découvrir et n'hésita pas à en rééditer le texte dans ses Annales Ecclesise Francorum *. La discussion reprit de plus belle. Flacius et ses coreligionnaires tiraient de cettemesse un argument contre l'autorité et l'antiquité de la messe romaine. Ils y trouvaient la preuve qu'à cette époque il n'y avait en Orient, comme en Occident, qu'une seule messe, toujours la même; que conséquemmenl les fêles de la Vierge et des saints et le calendrier catholique n'existaient pas en ce temps-là.

Le nouvel éditeur et ceux qui le suivirent, tout en faisant justice de ces exagérations, continuèrent à croire que la Missa latina était bien la messe gallicane antérieure à l'importation de la liturgie romaine

iules*. Mais les liturgistes sérieux, Bona, Tommasi, Mabillon, Ménard, Martène, Grancolas, Lebrun. en jugèrent plus sainement et, sans se rencontrer dans toutes leurs affirmations, sans surtout arriver à îles résultats bien concluants, ils se rapprochèrent de la vérité *.

III. Natche de cette messe et sa date. — Le bruit produit autour de cet écrit, les divergences d'opinion

ritiques et des liturgistes, I* irroi des théologiens du xvr siècle, nous étonnent aujourd'hui, et nous font mesurer les pn accomplis parmi nous dans les études liturgiqui il semble assev. aisé maintenant de fixer plus justement la valeur de cette composition. Non- avons cherché il y

croyons-nous, d'en faire une édition plus critique, serait fort a souhaiter. - 'C'est l'opinion ete du Peyrat,

'./». rit., t. II, ell. Mil. p. .'.01. et relie m . auteurs île la l'ir-

pétulié ilf ta loi. 1. 1, 1. VIII, c. m- i lona, Renun litur-

giearum, 1. 1. c. xu. éd. Sala. t. i, p. 226, et append t. u; Thomasl-Vezzosi, Opéra, t. m. p. mm ; t. vn, p. il ; t. iv, p. 340; UabiUon, Liturgia gallicana, t. i. c. m. n. I: lii.in il. .Menant, lu s. e,r../..rn l.itTiiui tacramentorum nota, dans /'. !.. t. ucxvm, col. 556 sq. Martène, De antiquts EeeleiUt rltlbus,\, I, c.iv, art. 12, ordorv; Lebrun,

rulili lltatrt

Paris. 1704.

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