RANI I
syncope, rail remarquable, remonte jusqu'aux temps mérovingiens.
11° Désinence ava. - Elle n'a pas toujours l'accent, quand elle l'a, elle a Qéchi i lien il n'esl
que ve : Rionava, Renève (Côte-d'Or), Massava, Mesve re).
12° Dcsinencet: ivus, ivum. — Le V est devenu ieu, ieux : Pontious, Ponthieu (Somme), Bacivus, Bezieux u\ i Nord). Bezus i Sein< -el i lise). 13° I arus. arum, irus. — Ordinairement
laconsonm inte : Talamariim, Talmoy(Cote-
1-1° Désinences verus, verum et vero <i l'ablatif. — Accentuée elle a donné naissance à des dérivi
où, après l'extinction de IV. l'e a contracté a la fois un son ferme et une mouillure : Locoverus, bouviers (Eure). Mais l'accent, porte avant elle l'a fait fléchir en une terminaison muette, vrc : Doverum, I lèvre m. lier).
15° Désinences mus. inum, — Prononcée soi l'accent : Ingolinus, Angoulin (Charente- Inférieure); Conslantinus, Cotent;/ 'accent porté sur
la syllabe antépénultième, auquel cas l'i subit la syncope : Vindocinum, Vendôme (Loir-et-Cher), transformation euphonique de Vendocne.
lt;° Désinences iscus, isca, iscum. — L'avant-dernière li était acc< i i conservé généra-
lement sa valeur
17° Désinences oscus, oscum. — Fléchissement divers suivant les pays, niais toujours avec extinction du c.
1S° Désinences osaca, use. '> est le plus sou-
vent adouci.
19° Désinences onus, ones, onis. — Dans les noms d'origine celtique ainsi termines, l'o était presque toujours bref, par conséquent non accentué, ce qui fait qu'il a disparu en français, entraînant avec lui ï'n qui le suivait.
20° Désinences onnus, onnum. — Non seulement on i vé en français, mais la consonne qui précédait quelle que fut sa nature, n'a pas éprouve de syncope.
21° Désinence onna. — Indépendamment de sa flexion naturelle onne, elle a fourni des dérivés où l'o iflaibli au point que la désinence française est enne ou aine.
22° Désinenci dunum, - Due a un radical celtique qui s'est combiné avec d'autres mots soil celtiques soit latins. Elle a fourni deux sortes Je dérives, selon que le d s'est conservé OU a subi la syncope. Dans l'un et l'autre cas, la voyelle radicale a varie selon les lieux. Elle est il, o, " et i.
durum <>« dorum. — Formés ainsi que la pr> ur un radical celtique. Général
lançais, el la \"
s'est transformée en è, oi, a, eu, o; mais les flexions en è et eu sonl 21" magus, oiuaus. omus, omum.
al celtique latinise, qui a touj -M dans I.
tion, de sorte que- la voix a fait
lOUticn (ordinairement un 0 / dont il
était précédé. > Par là il n'i ti la termi-
onsonne initiale m, au moyen de laquelle i ci. français par on, en. an : Argenlomayus, Ai Indre); Ai
I; liolomagus, Rouen (Seine- Inférieure); Ruan (Indri i
minai tmaus, mmis qui sonl un ai
me moderne Blllomus, BiUom (Puy , Bournaud (Vienne); Cadomus,
. parvenus de in--, bonne heure .i la formi
(aise, ont été introduits comme français, dans les
textes latins avec une orthographe qui les a fait prendre pour des accusatifs. Ainsi Aigenlum, Karcnlum, Calhim, ne sont que d'anciennes manières d'. cure Argenton, Charenton, Caen.
Il y a quelques exemples de ces dérivés français où la nasale finale s'esl perdue : Cisomagus, Chisseau (Indre-et-Lo magus, Senos, commune di
lêne (Vaucluse). 1. 'apocope a de encore plus violente lorsque, dans le latin, omagus était précédé d'un i, car alors la voix s'est arrêtée sur cet i : Claudiomagus, Cloué (Vienne).
25" Désinences ogilus, ogilum, oialus, oialum, oilus, oilum. olius. olium. celtique latinise, où
l'o initia! n'est qu'une voyelle de soutien introduite par la formation latine. Ogilus est le thème primitif; oialus, oilus sont des produits de l'époque barbare; olium, a prévalu depuis le xi* siècle, et n'est que l'image du français euil, cil, eut, ne/, qui répond à tous les types précédents : Argenlogilum, Argentolium, Argenteuil, (Seine-et-Oise), Brocogllus, Brocoialo, Hruilum, Brolium, Breuil, nom d'une infinité de lieux écrit quelquefois Lîruel. — De la contraction de la liquide / ont résulté les terminaisons eau, ou et iou de quelques dérivés français : Blanoilus et Ertnolium, Bléneau et Armeau (Yonne); Braiolum, Brou (Eureet-Loir).
20° Désinences Inius, inium, onium, de la plus basse latinité. — Elles répondent au suffixe germanique ingen et ont pour équivalents en français enc, eng, ain et in.
27° Désinences ingus ou angus, inga, ingas, à l'accusatif pluriel, ingis d l'ablatif. — Elles ont même origine que les précédentes. Les noms qu'elles affectent ont pris les formes françaises ain, in, ins, incq, ignés, ines, inges, ingues et ange ou anges. La prononciation ing, inyhem a pu se conserver à la frontière des idiomes germaniques : Leodringas, Lednnghem (Nord), Tatin- <ja, Tatinghen (Pas-de-Calais).
28° Désinences encum, incum, ingum. — Les deux premières sont communes à des noms d'origine celtique et à des noms d'origine germanique. Elles ont toutes fléchi de la même manière : anc, ens et ent dans l'ancienne Narbonnaise et dans la Gaule méridionale; ans dans les deux Bourgognes; an dans le reste de la 1 i ii ique.
C. A'oms composés de deux ou plusieurs mots de forme latir.e. — Lorsque ces mots ne se sont pas fondus, ils ont produit des noms français où la séparation s'est maintenue quelquefois, et où d'autres lois la fusion a eu lieu. Parmi les cléments dont ces noms sont formes. il \ en a toujours au moins un qui est un substantif appartenant a la langue commune.
.li/' . l'aima, baume,
grotte nie. chaiin is; burgus,
ii h. ; calma, chaume, champ maigre; campus, champ ou camp; canli itant <<m-
thus) coin de t i-iii . heu de repai rap-
porte-t-il pi nu cl avec de
bonnes raison mips,
habitation en gênerai, le plus souvent pria1 ion rcligieu liteau,
ancien camp romain, petite ville Fortifiée ou château
féodal; telier, lieu présentant des vesligcs d'ancie ici..; il ion
r< mise . hampi • r imba,
une rur.ii ou slmpli ment IV m
tilium, ulmus, m i ferlé, i fontalni
FRANCE
tions barbares et plus tard hameau, petit village; haya, haye, enceinte du château féodal primitif et par extension le château lui-même, ou encore un bois clos; insula, île, le plus généralement entre deux bras de rivière; landa, lande, grande étendue de terre improductive; locus, lieu, le plus souvent consacré par la religion ; mansio, maison ; mansus, la propriété rurale avec ses bâtiments d'exploitation; mara, mare, étang ou flaque d'eau ; mansionile, mesnil, diminutif de mansus ; monasterium, monastère ou simplement église; morts, mont; monticellus, monceau, éminence de terrain; mota, motte, monticule factice, le plus souvent formé pour l'assiette du château féodal, et, par extension, château ; olca, ouche, pièce de terre labourable, entourée de fossés; petra, pierre, naturelle ou apportée, toujours de grande dimension; plexitium, plessis. palissade formant une enceinte de fortification, château: podium, puy, éminence, montagne; pralum, pré; pons, pont sur une rivière; porlus, port sur la côte de la mer ou sur une rivière, et encore passage d'un pays à un autre; rivus, ruisseau, petite rivière; rupes et roca (syncope de rupica), roche; sala, salle, habitation d'apparat du propriétaire barbare; silva, sauve, forêt ; strata, estrée, grande voie pavée; turris, tour; vadum, gué; vallis, val, vallée ou vallon; vicus, via, grand village avec des rues; villa, ville dans le sens primitif de domaine rural, avec les groupes d'habitations disséminées dessus, ou bien encore village ; villare, villier, augmentatif de villa.
La plupart de ces noms, communs 'i la nomenclature territoriale de toute la France, ont contracté, par la flexion dialectique ou par l'orthographe, des formes différentes, auxquelles il importe de les ramener. Ainsi:
Aqua, aquie, eau, eaues, ague, aiguë, aiguës, aix;
boscus, bosc, bos, bois;
burgus, bourg, borg. burg, burcq;
calma, calme, chalme, chaume;
campus, cam, camp, champ;
canlus, cant, cante, chante;
casa, case, caze, chaise, chèze;
caslrum, castra, castre, châtre;
castellum. caste, câteau, châtel, château;
castellare, châtelar, châtelard, castelier, châtelier:
cella, celle, selle ;
cumba, comb, combe:
curlis, cort, curt. court, cour, cou ;
fagus, fag, fay, fan, foin;
fraxinus, frasne, fresne;
haya, haie, haye;
hamus, ham, han, hem :
hamellus. hamel, hameau ;
landa, lande, laune;
mansus, mas, meix, metz, mée;
mara, mare, mar, mur;
monasterium, monastier, monestier, montié, moutier;
mons, mon, mont;
monticellus, moncel, moussel, monceau, mousseau :
petra, peyre, père, pire, pierre;
podium, puy, poy, pueg, puech. pé, pi ;
pratum. prat, pré;
rivus, riu, rieu, ru;
sala, salle, sal, zèle, zeelle ;
silva, silve, selve, sauve ;
strata, estrade, estrée;
tilium, tille, til, teil;
vadum. sue, vez;
vallis, val. van;
vicus, vie, vy, vieux ;
villa, ville, velle:
villare, villard. villars, viller, villiers.
Caslrum, fons, quercus, rupes se rendent le plus souvent comme s'il y avait castellum, fontana, casnus, roca,
ces irrégularités montrent que le nom latin tel que nous le possédons est une traduction de français.
1° Noms composés dont les éléments ne se sont pas fondus dans le dérivé. — Lorsque les mot s qui forment le nom composé ne se sont pas fondus en français, le rapport de possession qui est celui qu'exprime le plus souvent le thème latin, se rend, suivant les règles de notre ancienne langue : soit par la juxtaposition pure et simple du nom du possesseur; soit avec interposition de l'article sujet devant le nom du possesseur lorsque celui-ci est un nom commun; soit avec interposition de le ou la ayant valeur du pronom celui ou celle, et se rapportant à la chose possédée.
2° Noms composés dont les éléments se sont fondus dans le dérivé. — Dans un cas qui est celui de tous les composés de formation très ancienne, des bizarreries imprévues peuvent dérouler dans la recherche du dérive français; c'est un des embarras les plus sérieux des recherches de ce genre et pour la solution duquel l'histoire rendra plus de services que la phonétique.
3" Du génitif pluriel masculin orum de la seconde déclinaison en composition. — Il a souvent passé dans le dérivé français avec une partie de sa flexion grammaticale, a cause de la valeur que la pénultième or recevait à la fois de la quantité et de l'accent.
4° A/fixes ternùnés en acum, iacus, iacas. — D'anciens noms d'origine celtique, d'autres d'origine germanique qui avaient été latinisés d'après le type celtique sont devenus, avec villa ou d'autres objets «le possession, desimpies aflîxes qui se sont réduits par apocope : Taunacum villa. Tonne- ville (Seine- Inférieure): villa Brisniacus, Br in-ville (Manche).
5° Noms germani jues préfixes ou suffixes. — « Lrs noms germaniques, qui du vi« au xc siècle sont entrés en si grand nombre dans la composition des noms de lieu, y ont fléchi souvent d'une toute autre manière que dans la langue commune, de sorte qu'en opérant sur ces mots, d'après les règles ordinaires de leur transformation, on n'arriverait point à la forme qu'ils aflectcnt dans le composé.
a) Pour ce qui concerne les noms masculins. Ils peuvent avoir été déformés par la prononciation ou par l'orthographe : Bosonis mons, Bauzemont (Meurthe), au lieu de Bozemont; Castrum Radulfi, Châteauroux (Indre), au lieu de Châteauraou/; Curtis Bcliardi, CoubeW (Seine-et-Marne), au lieu de Coubarrf; Le curlis, Lf'ancourt (Oise), au lieu de Le'oncourt; Mous Berulfi, Montbron (Charente), au lieu de Mont brou; Teudonisvilla, Tantonxitte (Meurthe), au lieu de Tconville ou 27i;onville;
Ou avoir été syncopes et contractes d'une manière exceptionnelle : Dotonis villa. Douville (Eure), au In a de Doonville: Widonis villa, Wo inville (Meuse), au lieu de Vionville ou Gui'onville;
Ou avoir été apocopes d'une ou deux syllabes, sans préjudice d'autres réductions intérieures. Cet accident est celui qui se reproduit le plus fréquemment lorsque le nom germanique est préfixe : Baclilione ralle. à l'ablatif, Baille- val (Oise); BernerioaHi's,Bré-val(Seineet-Oise); Caroli-locus, Chaa-lis (Oise); Flodobo monte, Fau-mont (Nord); Gosleni fontana, Gaille-fontuine (Seine- Inférieure); Hunulfocurtc, Honne-court (Nord); Idonis villare, I-villiers (Eure-et-Loir); Manulfi villa, .Mai-ville (Eure-et-Loir); Mauronti villa, Mer-ville (Nord); Sonteri ponte, Char-pont (Eure-et-Loir).
Ces noms offrent encore des exemples d'aphérèse Leudardi villa, Ouarville (Eure-et-Loir); Slricovildi villa, Triqueville (Eure); Sicramnocurle, Craincourt i Meurthe); au lieu de Louarville, Etriqueville, Sicraincourt;
Et de prosthèse : Fratboldi curtis, A//racourt (Meurthe).
La llexion est régulière dans Carte Godelan
il; K NCE.
ir); GaadenioiUaet Pons Godant, Goinvilk- et Pontgouin (Eure-et-Loir); Rupes C Rochechouart 1 1 faute- Vienne) : Theodonis villa, Thionville (Moselle), etc., etc.
tprès avoir traite des noms masculins, Quicherat armait aux noms germaniques de femme et établissait ce fait important, demeuré inaperçu, que les noms de femme latinisés sur le type de la première déclinaison ajoutent aux cas obliques la sylla entre le radical et la désinence. On en trouvu la preuve dans beaucoup de textes barbares, notamment :
■x ) Par une charte de donation de l'an 52t> a la cathédrale -lu Mans où le donateur dit : Ego et conjux mea Truta, tandis qu'il y a à la suscription : signum Trudanx uxoris ipsius:
ar le testament de Bercaire, êvêque du Mans, qui appelle Cagliberta au nominatif, une religieuse dont le nom devient au génitif: Calibertanœ;
y) Par une charte de l'abbaye de Prum, en 721, on la fondatrice de cette maison se dit : ego Bertrada à la suscription, tandis qu'il y a signum Bertradunœ à la signature ;
S I Par une précaire de Saint-Germain-des-I'rés, de l'an 730, souscrite par Ercamberta, l'une des parties prenantes, laquelle est appelée au génitif, dans la teneur, Ercambertan
c> Par le quatrième continuateur de Frédégaire qui mentionne a l'année 767 un voyage de Pépin le Bref, cum regina sua Berlranade, (corrigez Berlrudane), quand le nom de cette reine au nominatif était Bertrada ;
ir la chronique du ixe siècle connue sous le nom de Annales Francorum, où on lit à l'année 784, à propos du troisième mariage de Charlemagne, sociavit sibi l'astradenem reginam, et à l'an 794, obiil Fastrada;
fj) Enfin par le testament de Raymond 11, comte de où la femme de ce seigneur est constamment appelée Berta au nominatif, et Bertanœ au datif.
Cette syllabe additionnelle ou épenthèse des cas obliques ayant pris l'accent, ii en a résulté dans le français des fermes doubles, Bzrte et Bertain, Ide et Idain, Eve et Evain (qui avaient fort embarrasse les linguistes) et par extension de la même règle a des substantifs de la langue commune : nonne et nnnnain, ante et antain, etc. C'était la une vraie découverte philolodestinée à servir de point de départ à des recherches nou\ •
La nomenclature territoriale est d'une grande riches rire : Adlanx villa, Attainville (Seine-
londainville (Eure-et-Loir); rue villa, Flexai'nvillc (Seine-et-Oise); Gunzanse villa, Goussai'nville (Seine-et-Oise); Blancanœ curtis et Curtis Blancane, Comblanchien (Cûte-d'Or) pour Comulanchtiin; etc., etc.
qui figurent au génitif dans tous ces composes, faisaient au nominatif : Adla, Doda, Flarsa, Gunza, Bla
suints. — Des transformations bizarres, des déformations rendant méconnaissables ont fait subir aux noms des saints des accidents dont il suffira de dire quelques mots :
Flexions différentes d'un même nom :
S. Benedirlus, Benoit, lienct, Bénezet .S'. / nin.
* \ r, Clrq, (.irgues, Cyrice.
Idus, Cloud, Claud.
S Didier, Dlzler, Désir, Dezery.
SI Euphi mie, (Jflange.
S / reol, Ferjol, Ferjeux, Fargeau.
S H H lalre, Hellier, Millier.
S. Leodegartus, Léger, l.igaire.
S. Maclovius, Maclou, Malo.
S. Marcus, Marc, Max.
S. Maximus, Maxime, Mayme, Mesme, Même.
.s'. Medardus, Médard, Mard, Mars, Merd.
S. Pelrus, Pierre, Père, Peyre, Pey.
S. Stephanu* he, Estève, Eslère.
S. Sulpicius, Sulpice, Supplix, Supplet, Souplet.
Noms complètement défigurés :
S. Andeolus, St. -André (Yar).
S, Benignus, St.-Berain (Saône-ct-Loire).
S. Pancratus, St. -Branches (Yonne).
S. Priscus, St. -Bris (Yonne).
S. Cyricus, St. -Chartres (Vienne).
S. Sigiramus, St. Ciran (Indre).
S. Desiderius, St.-Dierry (Puy-de-Dôme).
S. Desiderius, St.-Gcry (Lot).
S. Eugendus, St. -Eugène (Saône-et-Loire). S, Eugendus, St.-Yan (Saône-ct-Loire). S. Ferreolus, St.-Forget (Seine-et-Oise).
S. Baldomerus, St.-Galmier (Loire).
S. JEgidius, Sl.-Gely (Hérault).
S. Hilarius, St.-Illiers (Seine-et-Oise).
S. Hilarius, St.-Ylie (Jura).
S. Leodegarius, St.-Liquairc (Deux-Sèvres). S. Anastasia, Ste-Nitasse (Yonne), S. Sidonius, St.-Saens (Seine- Intérieure). S. Adjuter, St.-Ustre (Vienne).
6". Eusebius, St. -Usage (Doubs); Usage (Saône-et- Loire); Eusoge (Yonne).
Noms dont le genre a changé :
S. Illidius, Ste-Olive (Ain).
S. Peirusius, Ste-Pereuse (Nièvre).
Sca Agnès, St. -Aunes (Hérault).
Sca Eulalia, Sl.-Eloi (Ain).
Fusion de Vadjeclif avec le nom :
Ses Vulmarus, S. Yulmarus, Samer (Pas-de-Calais). Ses Martialis, San Martialis, Samarcolium, Sammarcoles (Vienne).
Saints dépouillés de leur titre :
Mamers, (Ses) Marmerlium, Mamertum (Sarthe). Terrehault (Ses) Errehaldus(Sarthe).
Redoublement de l'adjectif :
S. Amantius, Ses S'Amantius, St. -Chaînas (Bouchtsdu-Rhône);St. Chaînant (Cantal, Correze).
S. Electus, Ses S'Electus, St.-Chely (Aveyron, Lozère).
S. Anianus, Ses S'Anianus, St.-Chinian (Hérault).
S. Eparchius, Ses S'Eparchius, St.-Cybard, Cibard
(Charente, Dordogne, Gironde).
S. Theofridus, Ses S'eo/ridus, St.-Chaflre (Haute- Loire).
Fusion d'un déterminatif :
S. Pelrus de villa. St. Pcravillc (Nièvre).
S. Petrus in via. St. peravy (Loiret).
S. Remigii Mons, St.-Remiremont (Meurthe).
Substitution de domnus d sanctus :
Domnus Aper, Don ri lu-. Vosges).
Domnus Lupus. isnc).
Domna V irunarie (Eure-et-Loir, Loiret.
M eu
Domna Maria, Dannemarie (Doubs, Seine-et-Oise).
Domnus Marti lartin (Doubs, Jura, i
et-Marne,
Domnus Marttnus, DommartIn(AJn,
Domntu Pelrus, Damplei
Domnus Petrus, Dompalre (Vosges).
PRANCE.
Domnus Petrus, Dompierre (Ain, Charente, Doubs). Domnus Briocius, Dombrot (Vosges).
Domnus Ferreolus, Damphreux (Doubs) Domnus Stephanus, Domptail (Meurthe).
Domni Abdon et Sennen, Dandesigny (Vienne).
Substitution d'un nom de saint au nom primitif :
Athanum, St.-Yriex (Haute-Vienne).
Augusta Veromanduorum, St. -Quentin (Somme).
Auditiacus, St.-Galmier (Loire).
Belagnum, St. -Privât (Corrèze).
Bergoiate, St.-Andéol (Ardèche).
Brioverum, St.-Lô (Manche).
Centrannum, St.-Berthevin (Mayenne).
Condatisco, St. -Claude (Jura).
Conseranis, St.-Lizier (Ariège).
Deâs, St.-Philbert de Grandlieu (Loire-Inférieure l.
Floriacum, St. -Benoît-sur-Loire (Loiret).
Gellona, St.-Guilhem-du-Désert (Hérault).
donna, St.-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).
Glannajolium, St.-Maur-sur-Loire (Maine-et-Loire).
Indiciacus, St.-Flour (Cantal).
Jona, St. -Gemme-le-Robert (Mayenne).
Leuconaus, St.-Valery-sur-Somme (Somme).
Lugdunum Convenarum, St.-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne).
Miciacum, St.-Mesmin (Loiret).
Noviomagus, St.-Paul-Trois-Châteaux(DrÔme).
Les dictionnaires topographiques qui se font en province avec l'appui du gouvernement sont d'excellents recueils de matériaux, mais rien de méthodique n'a encore été tenté pour centraliser et coordonner les faits acquis à la science des antiquités historiques et phonétiques de la France. En 1840 « un erudit d'un esprit très cultivé et d'un sens droit », A. Le Prévost, traçait la voie à suivre, dans son Dictionnaire des anciens noms de lieux du département de l'Eure, in-12, Évreux. Des livres, conçus d'après cette donnée, mais différents de leur modèle, parurent successivement pour les départements de la Mayenne et de la Sarthe : Cauvin, Géographie-ancienne du diocèse du Mans, in-4°, Le Mans, 18-13; de la Dordogne : Gourgues, Noms anciens de lieux du département de la Dordogne, in-S", Bordeaux, 1861 ; du Jura : Rousset, Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de Frarche-Comté, 6 vol. in-8°, Besançon, 1853-1858; du Nord : Mannier, Études étymologiques, historiques et comparatives sur les noms des villes, bourgs et villages du département du Nord, in-8°, Paris, 186-1. Le même genre de recherches, introduit par M. Guérard (voir ce nom) dans la publication des cartulaires, donna naissance à des index géographiques qui sont de petits dictionnaires relatifs à autant de contrées. En dernier lieu, un répertoire général, qui doit embrasser tous les départements de la F'rance, s'exécuta par les ordres du ministre, et de cette entreprise sont sortis, depuis cinq ans qu'elle est commencée, les répertoires particuliers de l'Yonne, d'Eure-et-Loir, de la Meurthe, des Basses-Pyrénées, de l'Hérault, de la Nièvre. »
Depuis l'année 1867, où J. Quicherat écrivait ces lignes, beaucoup d'autres dictionnaires topographiques ont paru, pour les départements de Maine-et-Loire, etc., des travaux ont été publiés et disséminés dans des recueils périodiques comme les Remarques sur quelques noms de lieu des monnaies mérovingiennes, de J. Quicherat ', les Exemples de noms de i fundi • formés à l'aide de genlilices romains et du suffixe » acus », de H. d'Arbois de Jubainville \ et bien d'autres maté-
1 Réimprimées dans De la formation française des noms de lieu, 1867, p. 85-133. — ' Bibl. de l'École des Charles, 1887, t. xi-vm, p. 357-370. — * G. Paris, dans Revue critique, 1867, p. 3.V). — ' Ainsi des corrections dans les
riaux sont dispersés et inutilisés, faute d'être exploités, dans cette « œuvre grandiose que serait un Dictionnaire général de tous les noms de lieux qui, antérieurement au xne siècle, se trouvent dans des documents quelconques. Pour être menée à bonne fin, la tâche excéderait sans doute les foi ces d'un seul homme » — mais qu'un seul homme s'y applique et l'on verra bien, i Le jour où on posséderait un pareil ouvrage l'histoire de notre pays, dans le sens le plus large du mot, aurait fait un grand pas en avant s. »
Identifications et rectifications sont destinées à faire longtemps encore une sorte de feu croisé dont le résultat est perdu faute de savoir où chercher des remarques précieuses '. C'est ainsi que beaucoup de rectifications de Aug. Longnon qui n'ont pas trouve place dans sa Géographie de la Gaule au ri" siècle sont restées ignorées parce qu'il eût fallu aller les découvrir (ou les deviner) dans quatre recensions publiées dans la Revue critique, 1S73, t. n, p. 74-82, 89-97, 107-11 s. 121-132 s. Il faut en rapprocher le travail d'Alf. Jacobs Géographie des diplômes mérovingiens, in-S", Paris, 1862, exclusivement consacré aux diplômes authentiques et faux de l'abbaye de Saint-Denis, utiliser quelques indications contenues dans la recension de L. Delisle, sur le livre de J. Tardif, Carton des rois. dans Revue critique, 1873. D'Arbois de Jubainville. Recherches sur l'origine de la propriété foncière et des noms de lieux habités en France. Période celt que et romaine, in-12, Paris, 1890; E. Pascalein, Des noms de lieux d'origine burgonde en Savoie, dans Congrès des Sociétés savantes de Savoie, 1902, t. xvi, p. 179-186; F. Bourquelot, De la transformation des noms de plusieurs ville gauloises pendant la domination romaine, dans Mém. de la Soc. des anliq. de France, 1857, t. xxm, p. 387-435; Le même, Document relatif à la géographie de la Gaule, antérieur au IX' siècle (Liste de villes et de peuples de la Gaule publiée par Gruter), dans Annuaire de la Société des antiq. de France. 1851, t iv, p. 265; cf. Comptes rendus de V Académie des Inscript., 1878, p. 157; A. Longnon, Les noms de lieux de la France, leur origine, leur signification, leurs transformations, publié par P. Maréchal, L. Mirot, in-8°, Paris, 1920.
Il est d'ailleurs presque superflu de s'attarder à des indications essentielles qui devraient être complétées par des recherches minutieuses dans les éditions des cartulaires, des ouvrages de Grégoire de Tours, des vies des saints mérovingiens, des chartes disséminées dans une multitude de publications, sans oui lier les résultats fournis par la numismatique, l'épigraphie. Si on insiste tellement ici sur ce sujet, c'est que l'histoire des temps gallo-romains et francs leur devra une impulsion utile et un essor certain.
VII. PARTICULARITÉS. — I. Noms propres francs. — En 1827, Augustin Thierry, dans la seconde édition des Lettres sur l'histoire de France, expos.a dans une Note placée à la suite de l'Avertissement et complétée par un appendice rejeté à la lin de l'ouvrage, un point de vue nouveau sur l'orthographe des noms des premiers souverains de la France. Cet appendice était intitulé: 1° Noms des rois des deux races frankes, rectifiés d'après l'aw ienne orthographe et le son de la langue ludesque ; 2° explication des noms francs, d'après les racines de l'ancien idiome tudesque.
D'après ces règles nouvelles, un bouleversement complet s'imposait, si complet qu'on en venait à ne
comptes rendus de livres, cf. Bibl. de l'École des Chartes, 1910, t. lxm, p. 335-336. — * Ces remarques ont été depuis
utilisées dans l'édition des Diplômes (voir ce mot i. par Laucr et Samaran.
Il: \ NCE.
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du parlait. La Ici Ire > damnée et faisait place au k. Le gothique avait deux gutturales sourdes, le q et le k, il n'avait pas ti contraire, les textes francs de l'époque mérovingienne n'avaient ni le q ni le k et ne connaissaient que le c. Le A- ne fait son apparition qu'à l'époque carolingienne. D'ailleurs k et c n'ont rien de germanique: k est grec, c est latin. Quand les Germains délaissèrent leurs runes, les uns lirent choix de fr, les autres de c pour des raisons qui nous échappent et peut-être sans aucune raison, sinon qu'il leur fallait ce son et qu'on le représenta comme ou put.
Le ch devait faire place à h, devant une VOJ ou kh, ou tout simplement k. On ne conservera ch que s'il est immédiatement suivi de / ou de r, mais ici encore on pourrait mettre h tout uniment. Ainsi, au lieu dt Cbildéric et Childebert on aura Hildérik et Hildebert; au lieu deRichildet Richard on aura Rikhild et Rikhard; au lieu de Chunibert et Godeschalk, on lira Kunibert et Cndeskalk: enfin, au lieu Je Chlotilde et Chlovis on aura Hlotilde et Hlovis. Ce n'était pas l'opmion de Grimm qui apercevait un indice archaïque dans < h remplaçant h. (Grégoire de Tours écrit de même Chuni pour Huni; il appelle Cbrôcus, un mi allemand qui se nommait probablement Hruoh. Dans la loi Salique, chunnas signifie hunderte, « cent ■>. Ce ch pour h s'accorde mieux avec le latin, dans les mots cenlum, cannabis, que Vh usité comme équivalent du c latin dans les autres dialectes germanique cependant il faut reconnaître que Vh des autres dialectes germaniques est aussi ancien que le ch franc, puisqu'on le trouve en gothique et dans les plus vieux monuments des autres dialectes. Aussi les écrivains étrangers à la nation franque rendent-ils par un h le ch franc. Tel est le comte Marcellin qui écrit : Hlotarius, Hildeberlus, Ilramnus '. La substitution de h à ch en France n'a pas eu lieu avant le ixe siècle. Au ix" et au x* siècle, on lit dans les diplômes Hludowicus, Hlotharieus, c'est l'orthographe carolingienne. Nous lisons le nom de Clovis orthographié Cludovaeus sur une inscription * :
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