NI DOI NOSTRE CLODOV EO REGES
Le même nom paraît sous les formes Clodoveus ou Clodovios sur des monnaies d'Arles; un roi Clotaire est appelé Clotharius sur des monnaies d'Arles et de Viviers '.
Le g devant l'e et Vi doit, pour retrouver son ancienne consonne, être remplacé par gh : Sighebert, Sighismond, et. en effet, quelques diplômes mérovingiens nous montrent le g suivi d'une h. comme Aghi- Ubertus, Aghilus, Ghibolnus, GhUUmnrus. Il est probable que le ijli n'a d'autre utilité Ici que d'assurer le son guttural, toutefois l'analogie ne permet pas d'intercaler un h après le g dans tous les noms mérovingiens ou carolingiens OÙ cette consonne se trouve suivie d'un i ou d'un e. (.'est même l'usage contraire qui parait mieux justifié. Si les Francs semblent avoir eu un g guttural, ils en avaient un qui, devant i el e, se rapprochait beaucoup du / '. L'orthographe Chlogio pour Chlodio, Chlo/to dans Grégoin de Tours, nous pn un phénomène analogue dans le franc mérovin
' Grimm, E édit., 1. 1, p. 184-185. —
i:. Le Blant, fn \crlpl. ehn t. <i> la Gaule, la i .Paria, 1864, t. n, p. 195, o 177. — ■ Ponton d'Amécourt, Estai sur la numismatique mrroolnqlennc,p 13,184. ' Wackeraagel, Kamtgrrtch, 1. 1, p. 3 13-3 i i E. Le Blant, 1. 1, p. 27, n. 11; Tardif, Monuments I que*, n 12; D'ArbolsdeJubalnvlIle, Augustin Thlerr\
1^72, t. \i. iuquet,t.n, Blant,
Grimm croit même ([n'en général, el devant les lettres
autres que i et e, le q avait dans la langue franque un
i son très mou, ce qui parait assez légèrement avancé.
comme on n'est pas en mesure d'y contredire...!
L'u voyelle oi nsonne suivi d'un i ou d'un a doit
être remplacé par le w et c'est ainsi qu'on ol Chlodotvig, Merowig, Foklutin, CUolswinde. De même l'o devant l'e et IV doit quelquefois sul ir la mèn. mutation : Audwin, Thcodwin; dans le h tut allemand le plu- son de notre t> est exprime par ui p
lettre d le v simple y est l'équivalent de / ;
il en est de même dans le vieux saxon, mais non dans le gothique, l'anglo-saxon et le vieux scandina1 textes francs de i'époque mérovingienne n'offrent à notre connaissance aucun exemple d u du v
pour/. Filu(marus), nom d'un monétaire de Reims est identique au haut allemand piïo. Fridiricus, monétaire de Poitiers, Fredoaldus, monétaire de Toulouse,
!'n<lus, Fredullus, monétaire de Roui; encore Godofridus, monétaire de Maestricht, Haganfridus, Ermenfridus, Charifridus, monétaii nach, etc., ne sonl pas un autre mot que le vieux haut allemand fridu (paix). Dans Fulfradus) on reconnaît encore le vieux haut allemand vol (plein) s. On chercherait donc vainement la trace d'un v mérovingien ayant la valeur d'/, comme en haut allemand. 1 l'autre part, dans un grand nombre d'exemples mérovingiens, le v simple et le double u sont employés comme équivalents.
Comparez à Waldo ', Valdolina'' et Valdo (monétaire de Bonneuil-sur-Marne); — a Wandilo 8, à Wandalmarus ', à Wandelberlus ,0, Wandalmarus"; — à Wanegisibus (monétaire de Scarponni ). à Waningus '*, Vaningus a; — à Warno " et à Warnai harius ", Varnacharius "; — à Wineramnus ", Vinoaldus " et Vinul/us (monétaire de Trêves); à Wiliacharius ", Viliomude (monétaire de Nantes).
Le w très fréquent au début des mots mérovingiens, est rare dans l'intérieur de ces mots: en voici deux exemples : Berlotvinus" et Erchanwaldus ", Au commencement des mots le v tend à devenir dur, comme dans Vasconia, vespa, vadum, viscum qui donneront Gascogne, guêpe, gué, gui. Voici trois exemples mérovingiens où cette transformation est achevée : Gualderadus ", Guichingus " et Guerpinus " pour Valderadus, Vichingus et Vcrpinus. Le w initial est un moyeu terme entrée et r/u qui ne laisse plus entendre Vu comme Guallrnus venu de Waldacharius, et Guarnerius identique à Warnai harius.
Dans l'intérieur des mots le w fait place au v et
celui-ci s'élidc souvent, ainsi pour les mots dans lesquels
entre vul/us, voici ce qui advient : Ebrulfus, Merulfus,
Aigul/us, Rigul/us ", etc. Le v initial du premier
tenue de Wineramnus, Vinoaldus et Vinul/us est
! dans le second ternie A'Ebroinus, Faroinus,
inus,Chardoinus, Ghiboinus ",ei itialde
Waldo et du premier terme de Valdolina est traité de
dans le second terme de Beroaldus, Ricoaldus,
Chnuoldus, Chalodoaldus, Chadolouldus ", etc., etc.
Partout, à l'époqui écrite par un p simple la lettre initiali terme des composés, et les seuls qui os pu
citer sont lSrri,> nwuldus. Partout ail-
leurs ou bien le t> primitif s'< Il u.
t. i, p. I2s. n. :.:■ ' Bouquet, t, u,
p. 112.— " Ibld., t. n. r rardlf.n i i
n. 17. - " Ibld., n. 19. '• Ibtd., n 10 " lou |i
- '• Tardif, n. il.- - " f*fd.,a 1. 1. u.
quet.t.n.p i i, p. iso, n. 90, " Bouquet, i. il, r.p. 11. i -■ "Bouqui
if. n. 9,11,:
FRANCE
La syllabe baud était condamnée pour faire place à bald réputée plus archaïque, mais encore ne faudrait-il pas confondre baldus et baudus pour loger tout le monde sous l'enseigne bald. Baudus n'est d'ailleurs qu'une variante de badus et on trouve dans Grégoire de Tours : Gundobadus 1, Transobadas *, dans Frédégaire : Willibadus3 qui ne doivent en aucune façon être modifiés et déformés en Gundobaldus, etc.
La terminaison ild a été embellie d'une h parasite pour donner Chlothilde, Nanlhilde, Balhilde ce qui est incontestablement plus distingué que Clotilde ou Batilde, mais il eut été préférable de ne pas s'arrêter en chemin et d'aller jusqu'à Chrot(h)e-childis ou Chrotfhje-childe * et ainsi des autres.
La terminaison aire est condamnée pour her et devenir Chlothcr, Lother, etc.
Et de toute cette réforme à la mode allemande, il n'est resté que le souvenir d'une tentative avortée. En • 1827, on appelait cela « couleur locale », quatre-vingts ans plus tard, on se livrait encore à des exercices du même genre, et le fétiche s'appelait» philologie », mais c'était toujours le même; au début du xixe siècle, il infligeait à notre histoire nationale une allure de mascarade ; au début du xx" siècle, il imposait à l'histoire de tous les temps et de tous les pays des règles impérieuses, qu'on a le droit de se flatter ici de n'avoir jamais observées.
La langue tudesque, la langue germanique primitive n'existait plus dès le temps de Clovis. 11 existait alors plusiedrs langues ou dialectes germaniques ayant des lois différentes. Les noms propres francs appartiennent à la langue franque dans laquelle on peut même ditinguer deux périodes correspondant à chacune des deux premières races royales.
Clodion. — Chlodio, diplôme de 751 (Tardif, n. 54), Grégoire de Tours écrit Chlogio et Sidoine Cloin.
Mérovée. — Merovcchus, dans Grégoire de Tours (Bouquet, il, 167).
Childéric. — Cliildcricus, dans Grégoire et Frédégaire, CHILDIRICVS sur son sceau.
Clovis. — Chlovechus, dans Grégoire CLOTHOVE- CHVS sur une monnaie et dans la lettre du concile d'Orléans.
Théodoric. — ■ Theodoricus et Theudericos, dans Grégoire.
Clodomir. — Chlodotneris, dans Grégoire et Frédégaire : Chlodomirus est postérieur.
Childebert. — Childeberlus, dans Grégoire ;... berchtus dans Fortuna't et de nombreux diplômes (Tardif, n. 6, 7), où on lit Dagobercthus.
Clotaire. — Chlolhacharius, dans Grégoire et signature originale (Tardif, n. 4, 5).
Théodebert. — Theudebertus, dans Grégoire, quelquefois seulement, et plus souvent Theodobertus.
Théodebald. — Theodubaldus, dans Grégoire.
Charibert. — Churiberlus, dans Grégoire et Frédégaire
Gontran. — Guntrhramnus, dans Grégoire et Frédégaire: Gunleramus, dans Fortunat (mais dans un vers, il est vrai).
Chilperic. — Chilperius, dans Grégoire de Tours.
Sisçebert. — Sigibertus, dans Grégoire;... berethus, comme pour Childebert.
Dagohcrt. — Dagobercthus, signatures originales (Tardif, n. fi, 7. 31).
Pour les maires du Palais on trouve encore.
Landri. — Landcricus. dans Frédégaire, les diplômes (Tardif, n. 7, 11) plus tard Landricus.
Berthoald. — Berthoatdus, dans Frédégaire, on aura dû dire ou du moins écrire Berclhovaldus.
i Bouquet, t n, p. 215. — * Ibiii., t. n, p. 260. — ■ Ibid., t.n.p. 436,442-447. — «/Wd.,t.n, p. 189,398. — "Cf. Revue critique, 186'J, t. n, p. 367-368; Ch. Robert, De l'étude de
Warnachaire. — Warnacharius, dans Frédégaire et un diplôme (Tardif, n 11).
Ega. — JEga, dans Frédégaire.
Pépin le Bref. — Pippinns, dans Frédégaire.
Grimoald. — Grimnaldus, dans Frédégaire et les diplômes (Tardif, n. 38, 44, 45).
Frchinoald. — Erchinoaldus, dans Frédégaire.
Ehroïn. — Ebroinus, diplômes de 653 et de 710 (n. 11, 15); Ebruinus,. dans les continuateurs de Frédégaire.
Waratton. — \Yarado, deuxième continuateur de Frédégaire; N'arallo, dans un diplôme (Tardif, n. 17) et dans les Gesta regum Francorum.
Pépin de Herstall. — Pippinus, dans trois diplômes (Tardif, n. 38, 53-54); Pipinus dans un seul(n. 34).
Théodoald. — Tlieudoaldus, deuxième continuateur de Frédégaire.
Rainfroy. — Ragan[ridus, dans le deuxième continuateur de Frédégaire et Reganfredus dans un diplôme (Tardif, n. 50).
Charles Martel. — Carlus, deuxième continuateur de Frédégaire; Carolus, troisième continuateur; Karolus, diplôme (Taidif, n. 56).
II. Numismatique. — Nous ne donnerons ici que des indications rapides sur un sujet qui sera repris lorsqu'on traitera des monnaies avec le détail que réclame ce sujet.
Borghesi et Mommsen ont pensé que l'atelier monétaire de Lyon, en activité au ior siècle de notre ère, fut abandonné pour n'être rouvert qu'au m0 siècle; A. de Barthélémy estime, au contraire, que cet atelier ne fut jamais fermé pendant toute la durée de l'empire. Sur la colline de Fourvière, dit-il, on a trouvé un double coin d'un aureus de Faustine II; les deniers de l'empereur Albin représentant le génie de Lugdunum n'ont pu être frappés qu'à Lyon, et on a recueilli, dans cette ville, un nombre considérable de moules en terre, destinés à la fabrication de pièces impériales en argent, depuis Caracalla jusqu'aux Gordiens; enfin, quelques inscriptions permettent de penser que l'atelier monétaire de Lyon fut permanent. A partir du règne d'Aurélien, les pièces frappées à Lyon portent quelquefois une L à l'exergue, suivi de l'une des premières lettres de l'alphabet latin. Sous Numérien et Carin on lit LVG; et il est possible que cette innovation dût s'expliquer par la nécessité de distinguer les pièces sorties des différents ateliers dont la création serait récente. Sous Dioclétien, nous connaissons l'existence d'un atelier monétaire à Trêves, qui restera en activité jusqu'au ve siècle, c'est-à-dire jusqu'à l'époque où Trêves tombera au pouvoir des Francs. Sa marque distinctive est TR à l'exergue. Comme on trouve des piécettes en argent de poids très faible, imitations faites après 413 des monnaies impériales de l'atelier de Trêves, on serait endroit d'en conclure que l'atelier resta en activité après la conquête de la ville par les Francs et au profit de ceux-ci.
Autre atelier à Amiens, dont la marque est AMB entre 350 et 353 sur des monnaies aux noms de Magnence et de Décentius. On sait qu'il exista en Gaule pendant quinze années, 258 à 273 », un empire gaulois, avec Postumius (258-267), et Carausius (267-273). Pendant cette période, on frappa beaucoup de monnaies des trois métaux à Amiens, à Lyon, à Cologne, ailleurs aussi sans doute, à l'effigie ou au nom de Postumius.de Vietorinus, de Marius, de Laelianus, de Tetricus. Sur les pièces sorties de l'atelier de Cologne on lit le sigle : COL-CL-AGR1P;— C-CA-A- Les ateliers d'Espagne sont figurés par des lettres isolées sur les
la numismatiqtie comme élément indispensable à la géographie de la France au VI* et au VIIU siècle, dans Congrès archéologique de France, 1846, t. xm, p. 202 sq.
FRANCE
pièces de Postumius, de Victorinus et des deux Tetri- >ans le oord de la Gaule, on a trappe des bronzes à l'effigie de Postumius portant la couronne radin-; l'atelier de Lyon frappait la tOte laurée. Des milliers de petits bronzes de cette époque et d'innombrables copies, la plupart d'un style très barbare, de ces monnaies, laissent deviner que leur fabrication dut être continuée très longtemps après la disparition de l'empire gaulois.
Lorsque les Francs, Uurgondcs, Ostrogoths et Wisigoths furent établis en Gaule définitivement et sans avoir à redouter un retour offensif de l'empire disparu, iveurs continuèrent à frapper la monnaie en or aux types et aux noms impériaux pendant une cinquantaine d'années. • Au revers, on conserva
voir les monogrammes des rois Gondebaud et Sigismond sur des monnaies au nom d'Anasta&e; ils auraient imité le roi Théodoric, dont on pense lire aussi le monogramme sur certaines pièces italiennes du même empereur; cette conjecture est peut -être contestable, si on remarque que les lettres isolées et les monogrammes places dans le champ paraissent le plus souvent indiquer des ateliers monétaires (lig.-t 7-1 2 A,B), Ce fut Théodi : ert 1er, roi d'Austrasie, qui. après des campagnes heureuses en Italie, Signa la monnaie de son nom: DN THEODEBERTVS VICTOR, en conservant hs types impériaux (fig. -47-12. C. D); il semble que son monnayage fut continué sous Théodebald, son Ois et successeur (548-555); du moins on ne connaît pas encore de monnaies au nom de celui-ci. Mais
■t7i. Monnaies (ranques.
D'après A. de Barthélémy, Numismatique de la Franco, 1" partie, 1891, p. 26, fig.
la représentation de la Victoire de face, inaugurée sous Théodose II 1 101-450), puis on adopta la Victoire
de profil qui avait commencé à paraître sous In
27). Pendant ce temps, la Gaule fut inond sous et de tiers de sous, <Je fabrique plus cm
re, portant des légendes incohérentes : tout au plus peut-on distinguer les pièces qui appartiennent
û ri : 1 Pou
conservait les noms des empereurs régnants bien qu'ils n'eussent plus d'autorité. Justin 11. Maurice. Tibère, Phocas, Héraclius figurent ainsi sur le
frappées par le qui portent
: rois demi'
r des degrés, qui parut sur les
li . la fin du I envahie par li venus d'au
delà du Rhin, il n'y avait p! ux ateliers
t Lyon. Apn, la prit