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la cause de la persécution. Dieu la permet, il l'i elle lui pour eproiivn un et
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furent tentes qu'après que Satan en eut obtenu de Dieu la permis-ion. Sur les païens la puissance de démon est plus grande, sur les fidèles il n'en a aucune, il n'a que celle que Dieu lui consent, aut ex causa probationis, aut ex ~ansa reprobaiionis. La persécution n'est pas l'œuvre du démon, il ne faut donc pas la fuir.
Venant de Dieu, permise par lui, elle est bonne en elle-même, même si elle nous parait pénible et cruelle; mais, en définitive les maux qu'elle cause aboutissent encore au bien, et il est bien superllu de prétendre s'y dérober car on ne peut se dérober à la volonté de Dieu. Que dit-on en effet pour justifier la fuite? On n'ira pas sans doute jusqu'à oser dire qu'on redoute de renier sa foi dans les supplices, car si on est certain de la renier, on peut tenir la chose comme faite; si on n'est pas certain, pourquoi ne pas se persuader qu'on triomphera, qu'on confessera et qu'on sers sauvé, sans avoir fui? 11 dépend de nous, de nous seul et non pas de Dieu, que nous soyons confesseurs ou apostats. Si cela dépend de nous, il faut supposer que nous confesserons; il faut le vouloir, car ne pas vouloir con fesser c'est déjà apostasier. Mais supposons que cela dépend de Dieu, alors remettons-nous-en à lui, confions-nous à sa grâce, à sa protection.
Un chrétien fugitif.s'abritait de la parole de Jésus- Christ; mais le précepte du Maître ne s'applique qu'à la circonstance pour laquelle il a été donné, c'est aux seuls apôtres qu'il s'adresse, hoc (prœceplum) in personas proprie apostolorum, et in lempora el in causas eorum perlinere. La preuve en est dans ce qui précède et ce qui suit cette phrase tout ceci ne s'appliquant qu'à eux. Et que leur recommande Jésus ; il leur dit de fuir, mais pour un temps et pour se donner l'opportunité de répandre l'Évangile, pour empêcher que cet Évangile ne fût étoulfè en son berceau, et c'est pourquoi leur champ de fuite est rigoureusement délimité : inlra terminos Judese prœceptum fugze conlinebalur. Lorsque la Judée eut entendu prêcher l'Évangile, ces mêmes apôtres allèrent vers les gentils et alors ils ne se soucièrent plus de fuir le danger en allant de ville en ville. Voilà l'exemple de Paul. D'abord il consentit à s'échapper de prison, mais à la fin de son apostolat, bien qu'Agabus lui eût prédit le martyre et malgré toutes les supplications, il ne consentit plus à se dérober et se rendit à Jérusalem.
Que le précepte de Jésus soit local et temporaire, on en trouve la preuve dans son enseignement tout entier qui inculque sans cesse.le devoir de la souffrance et du renoncement en face des persécutions. Viendra-t-on arguer de faiblesse, de timidité, mais on s'entendra dire par le Christ : «Celui qui estime sa vie plus que moi n'est pas digne de moi. ■ Oui, Jésus lui-même a fui, mais il a fui pour la même raison que les apôtres, parce que son œuvre n'était pas encore assez avancée. A l'heure de sa passion il n'a pas fui, il a demandé à son Père d'éloigner le calice de l'épreuve, mais à condition que son Père y consentît. Celui qui fuit se substitue à la volonté du Père Céleste à qui seul appartient d'éloigner ou d'approcher le calice. Nulle part les apôtres n'ont ordonné la fuite, ils recommandent le contraire lorsqu'ils nous disent comme saint Jean (1, ni, 16) « de livrer notre vie pour nos frères » et que la crainte ne cohabite pas avec l'amour (I, iv, 18). Et Tertullien qui a cependant rapporté, au chapitre v le cas du chrétien Rutilius d'abord fugitif, errant, cherchant une cachette de plus en plus sûre, puis payant rançon et néanmoins arrêté, condamné et brûlé vif. Tertullien à qui cet exemple semblerait avoir dû ouvrir les yeux sur ces fugitifs qui n'étaient pas des lâches, en vient cependant à écrire qu'il préfère voir quelqu'un renier
1 P. de Labriolle, La crise montaniste, in-S", Paris, 1913, p. 50-51, 372. — ' E !;.■') -, II. I VI, c. xix.P. G.,
sa foi au milieu des tourments que prendre la tuile. « J'aime, mieux, écrit-il, avoir à vous plaindre qu'à rougir de vous. Un soldat perdu sur le champ de bataille est plus beau qu'un soldat sauvé parla fuite. » S'il en est ainsi pour les chrétiens, à plus forte raison pour les clercs el les évèques. Mais ce sont là des principes que ne peuvent comprendre et suivre que ceux-là seuls qui ont reçu le Paraclet qui le portent au dedans d'eux-mêmes, source de lumière et de courage.
Ainsi donc, le montaniste pourra seul ignorer la tentation de fuir la persécution, uu du moins il pourra seul la surmonter. C'était bien le moins que la secte se donnât ce privilège. D'ailleurs il n'y avait pas matière à hésitation. Pour tout bon montaniste se mettant sous le patronage du Paraclet la cause était entendu". « Presque toutes les paroles » du Paraclet étaient une excitation au martyre. Deux des oracles citer par Tertullien dans le De fuga y convient expressément le f.dèle '. Les voici :
Spiritum vero si consulas quid magis sermone illo Spiritus probal? Xamque omnes pa-ne ad marlijrium. exhorlantur, non ad fugam ; ut el illius commemoremur : Publi>-aris, inquit, bonunL tibi est; qui enim non publicalur in hominibus, publiceJur in Domino. Xe confundaris, juslitia te producit in médium. Quid conjundaris laudem ferens? Poleslas fil cum conspiceris ab hominibus (De fuga, e.ix). Et si maintenant l'on consulte l'Esprit, est-il des paroles que l'Esprit approuve davantage? Presque toutes ses paroles à lui exhortent au martyre, non à la fuite, car lui aussi il faut le citer : « lu es exposé à l'infamie publique : tant mieux pour toi 1 dit-il. Qui n'est pas exposé ainsi devant les hommes, l'est devant Dieu. Ne rougis pas. C'est la justice qui t'exhibe au milieu de tous. Pourquoi rougir quand tu t'acquiers de la gloire? Ta puissance naît au moment même cù les regards deshommes se fixent sur toi. •
Et cet autre oracle faisant suite au précédent :
Sic el alibi : Nolite in lectulis nec in aborsibus et febribus mollibus oplarc exire, sed in marlgriis, uti glorificetur qui est passus pro vobis. (De fuga, c. ix.) Et de même ailleurs : t N'allez point souhaiter de mourir dans votre lit, dans les avortements ou dans les langueurs des fièvres, mais bien dans le martyre, afin que soit glorifié celui qui a souffert pour vous. »
Ce n'est pas à dire cependant que cette exaltation du martyre allait jusqu'à obligerles fidèles à le rechercher, à le provoquer. 11 leur était recommandé d? l'attendre sans le craindre et surtout sanr le fuir; on ne connaît dans la secte aucun exemple analogue à la frénésie des circoncellions (voir ce mot). Quant aux fugitifs, le Paraclet n'hésitait pas à les flétrir (De fuga, x, 1). De sorte, qu'on peut considérer, sans l'ombre d'une hésitation, la doctrine développée dans le De juga, non seulement comme hérétique (ce n'est pas le point de vue envisagé ici), mais comme contraire à la discipline admise par l'Église catholique. Le montanisme n'était pas destiné à une large extension. L'Occident lui fut hostile ou indifférent et on ne voit nulle part l'indice que le traité De juga ait exercé, hors de Cartilage, peut-être hors de l'Afrique, une influence quelconque sur la discipline de l'Église. D'ailleurs, le c?lme reparaissait el les persécutions allaient être interrompues pendant assez longtemps. Toutefois nous rencontrons encore un fugitif illustre. Eusèbe fait probablement allusion aux massacres d'Alexandrie ordonnés par Caracalla en 215, lorsqu'il raconte dans la vie d'Origène : « Pendant le temps qui s'était écoulé depuis son départ d'Alexandrie (pour l'Arabie), une guerre assez vive avait éclaté dans la ville: il la quitte, va en Palestine et donne ses leçons à Césaréc *.
t. sx, col. 561; Tillemont, Histoire des empereurs, t. m, p. 115; V. Duruy, Hist. des Romains, t. vi, p. 255.
FUITE DE LA PERSÉC1 HON LA