‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 42 sur 423 · FLAGELLATION (SUPPLICE DE LA · texte numérisé non relu

FLAGELLATION (SUPPLICE DE LA

Perpétue et leurs compagnons de martyre entraient dans l'amphithéâtre de Carthage où ils allaient mourir, le peuple, exaspéré, demanda qu'on les fit passer entre l'escouade des belluaires, armés de fouets. Les martyrs rendirent grâces parce qu'ils pouvaient participer en quelque chose aux souffrances du Christ ' Le fouet des lanistes ne différait pas des autres fouets, sinon par la matière. C'était le martinet ou fouet à manche court et à lanière multiple. Sur un diptyque d'Anastase nous voyons un bestiaire armé du fouet, et on en usait fréquemment aussi bien dans l'amphithéâtre, que dans l'ergastule et à l'école. Pour les enfants on faisait usage du martinet en peau

cimens ' (fig. 4474). Prudence compare ses effets à ceux de la grêle (pulsalus Ma grandine). On en a également retrouvé dans les catacombes composés de chaînettes réunies par un anneau et terminées par des balles de plomb (fig. 4475).

Flagellation, fustigation, bastonnade tout cela se valait, mais la vanité humaine avait découvert de l'honneur ou de l'infamie dans un supplice et non dans l'autre. Le fouet était infâme et réservé aux esclaves flétris du nom de mauvais sujets. La bastonnade n'était pas infamante, non plus que la fustigation, et les hommes libres devaient s'en arranger. L'esclave était roué à coups de flugrum : prœsidi

1 175. — Instruments de supplice. D'après Perret, Catacombes de Rome, t. iv, pi. 11.

d'anguille, anguilla, léger et plus impressionnant que douloureux *. La scutica ou scorpion était déjà moins inoffensive *, c'était une sorte de garcette, faite de cordes nouées dont les extrémités libres étaient garnies de pointes. Le hérisson, ûoTpijçlç, avait des nœuds hérissés de poils de porc. Enfin le flagrum qui écrasait les chairs, rompait les os, couvrait le corps de plaies contuscs; il était garni d'osselets et <> ii distinguait la ii&em1-, àcrrpaYaXojTr) ou •j-xtt".; c; in-py.-(i'/.oi'j, tfii; i^TpavaXcoTÔ;, /lur/rum mulli jugis lalis ovium lesseralum; puis le plumbrum ou plumbata *, à manche de fil de fer tortillé armé, en guise de lanières, de chaînettes terminées par des boules de métal. On en a conservé plusieurs spé-

1 II. Leclercq, I*es martyrs, t. i, p. 137. — 'Pline, HUt. nat..\. IX, c. xxxix ; S. Isidore, lilymolngi.r, I. V, c. xxvn, n. 1",, /'. /.., t. LXXXn, COL 212. — ' S. Isidore, o/j.ril.. I, V, c x xvii. n. 18. /'./.., t. lx\ xii. col. 212.— ' Prudence, Pertetri.hannn, liymn. x, vs. 116, 121, P. L.,1. i.x.col. 153; Ovide,

ofjerendus est qui eum flagris rumpat '. L'usufruitier d'un esclave ne pouvait lui infliger qu'une correction légère, castigatin levis, et non le fouet '. Quant aux esclaves impubères, la pitié ou l'intérêt faisant craindre de les abîmer par des coups trop violents, on ne vait leur infliger que l'habena ou la ferula'. Sous les derniers empereurs, le supplice de la plumbala, quoique qualifié d'immanis par le code Tlicodosien V n'était pas proscrit et devait rester en usage pendant tout le moyen âge et presque jusqu'à nos jours dans certaines contn

Toutefois le christianisme ne connut pas l'étr fureur de flagellations liturgiques; il faut sans doute rappeler les flagellants du moyen fige, mais nous

Métamorph., x.227; Zozlme, v. n.7; Code Théodoslen, I. IX. tit. xxxv, lex 2. - Caylus, Recueil d'antiquité*, t. vu, pi, i.mi. n. 4 A 0. — ' Digeste, l. XXVII, Ut. x. lex 9, S. — ' Digeste, I. VII, Ut. i, lex 23. — • Digeste, l XXIX. tit. x. lex 1, 33. — ■ Code Théodosien, I. IX. tit. xxx\ . lez 2.

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