‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 59 sur 423 · FLÉAU DE BALANCE · texte numérisé non relu

FLÉAU DE BALANCE

■de suspension, mais ce bout a existé puisqu'on a retrouvé le deuxième plateau (fig. 4501) l. Le fléau n'a que 8 cent., 5 mill. de longueur. Entier, il devait avoir dix centimètres, à en juger par celle des deux branches qui est conservée. Le manche avait 5 centimètres, juste la moitié du fléau. Le poids total était trois grammes. Des deux plateaux de la balance, un seul est assez bien conservé. La forme en est plate et non concave, contrairement à l'usage commun. L'épaisseur de la feuille de métal est d'un demimillimètre. Son poids, y compris les trois petits anneaux encore adhérents est de 15 décigrammes, le diamètre est de 33 millimètres. Quant au peson, <jui a la forme d'une monnaie romaine de petit module, il pèse 4 grammes 4 décigrammes, ce qui repond précisément au poids du sol d'or impérial de 85 grains. On a des sols d'or de Theodebert, de 4 gr. 42 et des triens du même prince de 1 gr. 45, ■qui se rapprochent beaucoup de ce poids. Comme ci'tte balance n'a pu servir qu'à peser les monnaies, ce poids correspondant au sol de 85 grains, fixe d'une façon à peu près incontestable la date de la sépulture au plus tard à la première moitié du v i siècle. Car ensuite le poids des sols d'or a baissé

rement incurvés vers le centre, leur diamètre est de 0 m. 034. La tige de suspension est à deux branches avec anneau terminal et mobile laissant passer l'indicateur 3 (fig. 4502).

A Ozingell (Kent) en 1880 ', Roach Smith a trouvé une autre balance intacte avec son fléau et ses deux plateaux, et de plus toute une série de poids formés à l'aide d'une suite de monnaies romaines 5. Des monnaies antiques servant de poids, avaient déjà été trouvées en 1771 à Ash (Kent). Bryan Faussett, au xvmc siècle, avait, lui aussi, trouvé une balance en bronze avec ses deux plateaux 6. Le fléau, long de 10 centimètres, est cassé par un bout comme celui d Envermeu et les deux plateaux sont avariés de la même manière; cette balance fut trouvée en 1762 dans le cimetière saxon de Gilton Town près Ash (Kent). Cette tombe contenait une lance, une épée, un bouclier, une balance et une pierre de touche.

Caylus était parvenu à se procurer le fléau d'une balance antique, à laquelle il ne manquait que ses deux plateaux. '

Voici une liste des localités où ont été rencontrées des balances dans les sépultures barbares.

France : Saint- Pierre-du-Vauvray (Eure). Balance

4501. — Fléau de balance provenant des fouilles d'Envermeu. D'après Cochet, Sépultures gauloises, 1857, p. 185.

progressivement; à la fin du siècle, il n'était plus que

de 70 à 72 grains (3 gr. 60 à 65 centigrammes )!.

De cette balance, on peut rapprocher celle de bronze

trouvée au Fontenil en 1899. Le fléau mesure 0 m. 102

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Profil

4502. — Fléau de balances provenant de Fontenil. D'après Bull, archéologique du Comité, 1910, p. 303, fis. 3.

de longueur. A ses extrémités de petits anneaux servaient à fixer les cordelettes des plateaux; mais celles-ci ont disparu et les plateaux seuls sont arrivés intacts jusqu'à nous. Ils sont circulaires et légè-

' Cochet, Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, in-.S". Paris, 1857, |>. 184-185. — : Ibid., p. 2.M1- 257 : lettre de M. de Pétlgnj à l'abbé Cochet. — * !.. de Vesly. Le cimetière franc du Fontenil, commune de Saint- Marlin-Osmonoille, dans Bulletin archéologique du < des travaux historiques, 1910, p. 304. — ' Roach Smith, Collectanea antiqua, t. ni. p. 12-14, pi. iv, fig. 1. - ' Ibid,, pi. iv. fig. 2-15. — * B. Faussett, Inuentorium sepul an account »f some antlquilies ihnj up al Gilton, etc., édil Roach Smith, pi. wii. ftg. 1, 2, :i. p. 43. — 'Caylus, R d'antiquités, t. iv. p. 3ll.pl. 96, fig, 1. " !.. Coutil,

Archéologie gauloise, gallo-romaine, tronque, dans Uull. de la Soe. d'il. es de l'arrond. de Louviers, 1897

complète : fléau de 0 m. 12 de long, diamètre des plateaux, 0 m. 35 8.

Eu (Seine- Inférieure). Balance complète : fléau de 0 m. 86 de long. ; plateaux circulaires de 0 m. 35 de diamètre s.

Envermeu (Seine-Inférieure). Balance complète, fléau de 0 m. 10 de long. ; plateaux de 0 m. 33 de diamètre 10.

Fontenil, commune de Saint-Martin-Osmonville, (Seine- Inférieure) ■'.

Hermès (Oise). Balance complète; fléau de 0 m. 14 de longueur, diamètre des plateaux, 0 m. 04 ;:.

Arcy-Sainte-Restitute (Aisne). Trois balances complètes dont les plateaux mesurent 0 m. 11 de longueur 13.

Jardin-Dieu-de-Cugny (Aisne). Balance de forme romaine ".

Belgique : Harmignies. Balance complète; fléau 0 m. 095 de long.; plateaux, 0 m. 02. Un plateau isolé de 0 m. 04 de diamètre '5.

Belvaux-Resteigne. Un fléau seulde0m.l2dclong.'8.

Wancennes. Un plateau mesurant 0 m. 055 de diamètre ".

Eprave (Croix-Rouge). Une balance de forme romaine 19.

t. iv. p. (12 sq. — » M. Hardy, Le cimetière franc d'Eu et la lombe d'un monétaire, Rouen, 1884, p. 15. — " Cochet, Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, in-8u, Paris, is:,7, p. 1S4, 185, 253, 263. — " Th. Eck, dans liull. archéol. du Comité, 1910, p. 297. — " Renet, l.e mont de Hermès, dans Mémoires de la Société académique de l'Oise, lis, 1881. — : li. Moreau, Album Caranda, pi. suppléai. (). — " .1. Pilloy, Études sur d'anciens lieux de sépultures de l'Aisne, 1886, t. i. p. 50. — "G. Cumont, Balances es à Harmignies, Beloaux, Wancennes cl Epraues. dans Innales <!<■ In Société d'archéol. de Bruxelles, 1891, t. v,p 59. G Cumont, dans même revue, 1891, t. v, p. 59. — i.. Cumont, dans même revue, 1891, t. v,p. 59. — " Ibid.

1 I.KAl DE BALANCE

I l.l.l RS

Luxembourg : Schandel : l'n fléau de 0 m. 15 de longueur '.

Allemagne : l'fullingcn (près Reutlingen); une balance complète avec poids de 0 gr. 03 à 0 gr. 80 !.

Heckum (Westphalie). Une balance de forme romaine, avec poids de 5 gr. lJ03.

Suisse : Lonay-sur-Morges, canton de Vaud, petite balance placée à droite du squelette4.

Angleterre : Gilton- Town '.

Ozingell • (voir col 1692).

Deux pièces douteuses dans le département du Doubs : 1" Cussey-sur-1'Ognon, une tige de bronze longue à peine de 0 m. 0r> terminée aux deux extrémités par une sorte de spatule sur laquelle a été gravée une -croix pattée '; 2° un petit fléau de balance en cuivre jaune trouvé dans une tombe à Tournans " (disparu).

La balance romaine, à un seul plateau avec poids glissant le long du bras horizontal est moins commune dans les sépultures barbares que la balance à deux plateaux. La balance ne se rencontre que dans des tombes au mobilier très riche, où les défunts ont l'épée. la grande (ramée, le bouclier. On en a conclu que les défunts étaient, de leur vivant, monétaires; il est -certain que les dimensions exiguës de ces balances ne permettaient leur usage que pour le métal précieux, les monnaies, les bijoux, les denrées exotiques. • Je pense, écrit G. Cumont, que ces balances franques devaient servir à des hommes de diverses professions. Ce qui est certain, c'est que les monétaires ne pouvaient se priver de la balance et que cet instrument ■était aussi nécessaire aux orfèvres qu'aux agents •du fisc... A une époque où les monnaies n'étaient pas frappées avec la régularité et la précision mathématique de nos jours, il importait de peser chaque pièce qu'on recevait. La meilleure raison qu'on puisse invoquer pour soutenir que ces balances servaient surtout à peser les monnaies, c'est que de telles balances, identiquement les mêmes, ont été emplo\ ces A cet usage particulier jusqu'au commencement du xixe siècle •. •

H. Leclercq.

FLEURS. — I. Pour les défunts. IL Dans les ■églises et sur les autels.

I. Pour les défunts. — Dans les études consacrées à l'Area et au Domaine funéraire (voir ces mots), nous avons montré que tombes païennes et chrétiennes se trouvaient souvent au centre d'un jardin. A Rome, les cimetières de Saint-Nicomède près de la voie Xomentane, de Saint-Timolhéc près de la voie d'Ostic. de Sainte-Hilarie, près de la voie Salaire sont couramment désignés par ces mots : in horlo Jusli, in horlo Theonis, in horlo Hilariic: à Milan, nous avons déjà nommé l'horlus Philippi; sur une inscription de Salone on lit : in ORTO METRO- DORI '"• Au cimetière de Julia Coneordia, on a

1 A. N.'iinnr dans PubllcatlonsdelaSoctélipourlarecherche et la conservation des monument* historiques du grand-duché ,1c Luxembourg, 1860, t. xm. ; Llndenschmldt, Handbuch der deutichen Atterthumskunde, p. 164. ' Llndenschmldt, op. ctt.t p. 164. - ■ ' Catalogue manuscrit du musée de Lausanne pur F. Troyon. i h. \\ rlght. On angle ta ton anttquttles wlth partlcular référence i" l aussetl Collection, p. 26; Bryan Paussett, Inventoriant leputchrale, London, 1846, pi. xvii. Cb. Roach Smith, Colkctanea anttqua,l.m,p. lu. pi. iv. — : j, Gauthier Note mit le cimetière kurgonde de dans Mi moire» de la Soi li té d'émulation du Doubs, isTJ. i série, t. vn, p. 522-525. -•J.Gauthier, Sépulture* <iit>^ burgondes; Contribution <i leur clas- Iflcatlon, dans Mémoirea de lu Société d'émulation Wa t. mil p. 196, ' Michel Hardy, /.'■ cimetUre franc d'Eu et In tombt d'un monétaire, Rouen, 1 18-19; G. iMinii.nl. Balance» trouvées a Harmtgnles, 1891; L. Coutil, Département </• l'Eure, arrondissement de Louvlers. Archéologie gauloise, gallo-romaine, frangue, Is'.ix.

retrouve des souches qui marquent la place des arbres ombrageant les tombes el nous voyons dans un lexte un oratoire entouré d'un véritable petit bois : in nemore incluso . Mais ce sont aussi des fleurs, des bosquets qu'on entretient, comme nous le voyons par le testament d'un Lingon qui établit trois jardiniers et leurs aides pour la culture parterres qui environnent son tombeau ". Des arbres, des (leurs, des vergers, pomarin, des vignes, vineœ, et à plus forte raison des roses et des violettes pour les rosationes et les violationes, dont parlent les épitaphes païennes '*. Trimalchion donne les ordres suivants : Sinl in Ironie p(edes) C(entum), agrum p(edes) CC, omne genus enim poma volo sinl cirai cineres meus et vinearum largilrr '*. Le tombeau de Patronus, près de la voie Latine, était décoré de peintures représentant des arbres fruitiers, des oiseaux qui figuraient, dit l'épitaphe, ce qui se voyait sans l'area ". Même usage parmi les chrétiens, nous lisons sur une épitaphe de deux époux : IN SARCO- PHAGO IN HORTVLIS NOSTRIS SECESSIMVS (voir Dictionn., t. i, fig. 352).

M:iis la ressemblance s'arrête là. Chez les fidèles, pas de rosationes ni de violationes. On lit dans VOctavius de Minucius Félix ls : Quis Me, qui dubilal, nos vernis indulgere floribus, cum capiamus el rosam veris el lilium et guidquid aliud in floribus blandi coloris cl odoris est. Ilis enim el sparsis utimur, mollibus ac solutis el sertis colla amplectimur... Sane quod capul non coronamus ignoscite, auram boni poris naribus ducere, non occipilio capillisve solemus haurire. Ces fleurs ont une autre signification et une autre destination. Elles évoquent le jardin fleuri du paradis que sainte Perpétue de Carthage, décrit en une phrase : quasi viridarium arbores habens rosx el omne genus floris... odore inenarrabili alcbumur qui nos satiabal"; elles sont destinées à embaumer la tombe des martyrs comme nous l'apprend Prudence ":

Nos lecta fovebimus, ossa Violis el fronde frequenli

aussi Constantin assigne en dotation au cimetière de Balbine un fundus rosarius ".

Dans les catacombes on ne se contente pas de descendre des brassées de fleurs, on les figure partout, on les prodigue en guirlandes, en faisceaux, en couronnes, dans des vases, dans des corbeilles, dans des cistes. L'nc réminiscence antique a suggéré pour la décoration de la première chambre du cimetière de Sainte-Agnès des génies ailés portant chacun sur son épaule une charge de Heurs qu'ils courent répandre sur les tombeaux i \ oir Dictionn., t. i.fig. 384). On peut en rapprocher les corbeilles, guirlandes et fleurs jonchées d'une petite nécropole d'Hadruméte >". Avant de descendre dans le souterrain, il

et enfin .1. Renault, Peson de balance romaine trouvt l/ifii/i'.iliuis liullrtin archéologique du Comité, l'.ms, p.i l.xxxl. — " Corji. inscr. lai., t. m. n. 2207. " Corp. huer, lai., t. \iu. ii. :,7o8. — " Orelli-Henzen, Inscr. loi., n. 73

Pétrone, Satyrtcon, c. i \\i. - ' Seccht, Monument! in

t'iih il'nu antteo sepolcro di famiglta greca sus la via l.atma.

1843, p. 23-25. " Octavius, <•. \n. /'. /... i. m,

col. 357. Martyr. S. Perpétuas, n. xi, édlt. Roblnson,

p, 78. Pi mi ■ Cath • (non, hj m., \. vs. 169-

170. /'. /... t. m\. col. 888. ■ De Kossl, Bull, dl oreh. crlst., 1867, p. l;i. Nlcolal, Traclatut de phyllobol florum et ramorum sparsione in saerts el civtltbus rébus usllatlsslma, I>. Dielricl dissertatta ./•■ sparsione florum ad flctlur, in-12, Francoturtl ad Moenum, 1698; el dans Ugolini. Thes. antlq., 1744, i. xxx, p. 1219 iq.; \- l ! De florum sparsione in sepukhrts, in-r. Hafnlae, 1704. ■■ s. Relnach, l'imiart-s murales découvertes <inn /. pôle romaine d'Haarumète, dans Bull, archéol. du l 1892, p. 160, pi. \vv.

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