‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 71 sur 423 · C.../I.-. amplbj. coll.. I. \\n. col. Il Kaltn · texte numérisé non relu

C.../I.-. amplbj. coll.. I. \\n. col. Il Kaltn

(/,»■, ../ seoUIth Sainte, ln-4», Edimbourg, IK72. p. is.

lia sri Benedicti abbaiis; ms. /. 197, infer. : Brev. Ordinis Humiliatiorum (vers 1 170), fol. 27ii : In notait S. Benedicti abbaiis: fol. 327 : In translations sanrti Benedirti.

12" Angleterre. ■ — Dom Martine a publié un calendarium anglicanum ■ dans lequel on lit au 21 mars : S. Benedirti abbaiis; au 4 décembre : S. Benedicti abbaiis. Les manuscrits liturgiques proprement anglais offrent peu d'intérêt. La chronique de l'abbaye de Croyland, en 972, constate la célébration de la fête de saint Benoit en Angleterre; les Statuts de Lanfranc en font une solennité du même rang que l'Epiphanie, la Purification et l'Annonciation 3. Un canon d'un concile tenu a Oxford, en 1222 s'exprime ainsi : Ilac sunt /esta, in quibus post missam opéra rusticana concedimus; srd antrquam, non : Octave Epiphania, ss. Johannis ri Pauli, translatio S.

ilirli. translatio s, Martini '.

13" Ecosse. — Le Kalendarium Drummondi qui semble d'origine irlandaise, et qui remonte au xe-xie s , porte au 11 juillet : V idus. translatio sandi Benedicti abbaiis. r/uum corpus, post monasteriua a genlibus déstructura, ad Gallium Floriacum translation ri scpultum est honoriflee in eo 6. Même fête dans les calendriers de Hermandston, de Culross, de Ferne'*.

14" Irlande. — Il suffira de rappeler ici le Felire Fesliloge d'Oengus, au début du ix« siècle " et le martyrologe d'O'Gorman, compose vers 1167, mais ces textes celtiques sont sujets à recevoir des interprétations variées.

En somme, on peut conclure avec Domenico Giorgi : Tanti fuit apud transalpines cœnobitas prseserlim S. Benedirti e Casino monaslrrio in Gallias ad I-'loriacense cœnobium translatio. ut in vêlera fere omnia Latinorum hagiologia et in ipsos libros lilurgicos, monaslerium usui accomodalos ca commigravil '.

XV. Les témoignages HISTORIQUES. — Parallèlement aux témoins liturgiques prennent rang des témoins moins impersonnels dont il suffira de dire quelques mots, puisqu'ils sont d'une importance moindre que ceux qui ont été discutés jusqu'ici.

Une bulle du pape Jean VIII. datée 'lu 5 septem bre 878, rendue à la suggestion de l'abbé Théodebert de Fleury, contient cette affirmation : Quod tione divina per monachos ejus loci a Beneoentana provincia corpus illuc s. Benedirti peroeneril, olim allalum, ibique reverenler humulum, sicut manifestissima constat oeritaie'; et comme Jean YIII ne parle que par ouï-dire et sur la parole de Théodebert, il atteste du moins l'opinion alors généralement tee en France '".

En 876 et en 8118, deux testaments valent à I d'honnêtes héritages. Le comte Echard et sa femme Hichilde donnent la villa de PatriciaCUS au monastère ubi sanclus Benediclus débita quiescit honore et l'acte de donation est signé inter majus altare et sacratissimum patris Benedicti corpus ".

En 899, après bien des alertes, les moines de Fleury purent reconstruire leur monastère détruit qui ne cessa plus d'être en grande vénération. Alors, avec h- v siècle et les siècles suivants les témoignages se succèdent ou pliiti ulenl il s'entassent

sans prouver autre chose sinon qu'on ne doutait pas que le corps du patriarche des moines d'( Il I fut a lleury. Nous avons vu, qu'en effet, il el.nl impossible d'en douter. Les polémiques 'lu xvii1 el du

' ;/.i./.. p. 12. 59. - Déjà rappelé plus haut .le Jubabn llle, dana '>'. vue critique, 1881 ; p i m w.iriu-

r../. Ad\ ' Bouquet, titrant des htef.

Goûte, t. i\. p. 172. Mablllon

. De Transi, s. Benedicti, n. i Annal bened., I. XXXVII, ad ann, s.7o. n. si, Floriacensh, p. 1 1 1 112. 11 :.

FLEURY-SUR-LOIRE

xvme siècle auxquelles nous avons fait allusion ne font que montrer l'impossibilité de soutenir le contraire avec quelque chance de succès.

XVI. Les dernières polémiques. — ■ Au xixc siècle, ces discussions se réveillèrent pour s'assoupir enfin à jamais. En 1840, Carlo Troya consacra une note érudite à la question à propos d'un diplôme de Gisolfe II duc de Bénévent '. Les bibliothécaires de l'abbaye du Mont-Cassin se croyaient tenus à défendre l'opinion contraire à la translation, Gattola s'en était acquitté, Dom Tosti apporta à la même cause le secours de son érudition facile et imprécise -; on ne pouvait attendre de lui une démonstration critique, ce ne fut qu'une dissertation littéraire. Peu après Dom J.-B. Pitra énonçait en passant son opinion favorable à Fleury 3. En 1876, un anonyme chez qui l'éducation n'égalait pas les convictions publiait une brochure valant à peine le poids du papier4: en 1879, le cardinal Bartolini défendait avec plus de bonne volonté que de critique l'opinion en honneur au Mont-Cassin s et peu après un bon travail sortait d'Orléans favorable à la tradition de Fleury ". Dom François Chamard avait mis à profit de longs voyages pour grouper les témoignages liturgiques qu'il rapprocha, dans un travail distingué, des témoignages historiques. Son livre sur Les reliques de sainl Benoît, in-8°, Paris, 1882, 212 pages, mettait fin à la discussion par la solidité de l'argumentation et l'abondance des preuves. On pouvait regretter, sans doute, des longueurs, une méthode confuse et une surabondance de compliments, mais les faits rassemblés étaient décisifs et le présent travail lui doit la plus grande partie des matériaux qui y sont entrés. Des éclaircissements de détails ont été apportés depuis, c'est ainsi qu'on a retrouvé le texte du ms. de Naples, celui du manuscrit de Padoue et cette dernière trouvaille a suggéré à son heureux inventeur, qui sait se placer « sans le moindre effort au-dessus des mesquines préoccupations d'un soi-disant sentiment national v(sic) — et on en a eu la preuve ' — une solution qui ne saurait être passée sous silence : « Voici, écrivait cet auteur, à quoi l'on pourrait songer : persuader au Saint-Père, protecteur de l'Ordre bénédictin, de recommencer avec plus de succès et d'autorité, les tentatives faites par son prédécesseur Zacharie pour faire rendre à son tombeau primitif ce qui se trouve encore à Fleury du corps du saint Patriarche. » — Ce qui veut dire : dépouiller la France, qui les possède depuis douze siècles, des reliques de saint Benoît, pour les expédier en Italie. L'auteur de cette proposition qui, nous dit-il, a su se « placer sans le moindre eflort au-dessus des mesquines préoccupations d'un soi-disant sentiment national, » s'appelle Dom Germain Morin.

XVII. Bibliothèque. — En 1874, Léopold Delisle écrivait que « la bibliothèque de Fleury pourrait fournir la matière d'une curieuse monographie, dont les éléments sont malheureusement épars à Orléans^ à Paris, à Rome, à Berne et dans plusieurs autres villes

1 C. Troja, Stnrin d'Italia, in-S°, Napoli, 1839-1855, t. iv, part. 4, p. 295. — ' L. Tosti, Sloria délia Badia di Monte Cassino, 3 vol. in-4°, Napoli, 1842-1843. — ' J.-P. Pitra Histoire de .saint Léger èvêque d'Autan et martyr, 184G, p. 95. — ' Monte Cassino, Fleury, Le Mans, chi de tre posside le mortali spoglie de SS. Bencdette e Scholastica'' Disquisizione apologetica, in-18. Bologna. — 6 D. Bartolini, Di. S. Zanariu a degli anni del suo pontificale, in-8°, Ratisbonne. 1S79. — ' Catcna Floriaccnsis de existentiel corporis sancto Benedicti m Galliis, oonnexa a doit. Brettc et pr<>fess. Cuissard, 1880. — ' Sancti Anreli Augustini tractatus sive sermones inedtti, ex codice Guelferbgtano 20.96' detexil adjectisque commenlariis criticis primas edidit Germanus Morin O. S. B., Monacl, 1917; cf. [H. Delchaye], Un germain ['fiant, dans Lu Libre Belgique, n. 50, The Times,

de l'Europe " ». L'appel fut entendu et l'histoire de cette bibliothèque fameuse fut écrite peu d'années après ».

Dès le vu0 siècle, Fleury posséda des livres; quelquesuns se sont conservés, contemporains probables de l'abbé Mommole. Non seulement les scribes copiaient les livres de l'Écriture sainte, mais ils s'occupaient de réunir les ouvrages des Pères de l'Église, dont un témoin est demeuré, magnifique homéliaire de 344 p., orné d'initiales, contenant des serinons de saint Léon, de saint Augustin, de saint Ambroise, de saint Optât de Milève et de saint Jean Chrysostome. En outre, on rencontre parmi les manuscrits copiés au vue siècle le De mortalitate de saint Cyprien, l'Arf Donalum du même, l'Hexame'ron de saint Ambroise, les commentaires de saint Jérôme In Isaïam et l'Epistola sancti Augustini ad Dardanum. Adrevald écrit que l'abbé Mommole conçut la pensée de s'emparer des reliques de saint Benoit à la lecture des Dialogues de Saint- Grégoire; nouveau livre à compter dans le catalogue primitif.

On ne sait rien de bien certain sur les accroissements au vuic siècle, mais au siècle suivant, les copies du scriptorium de Fleury se multiplient à tel point que l'abbé Magnulf fait construire une salle particulière où les moines pussent lire commodément, et afin qu'ils ne fussent pas réduits à mettre les manuscrits sur leurs genoux, il plaça une table dans cette salle, ce qui lui attira l'approbation d'Alcuin. Cette salle se trouvait à côté de l'église; il est possible qu'elle servît à la fois de salle de lecture et de bibliothèque. Théodulfe organisa les écoles de Fleury, y favorisa la copie des manuscrits et le fonds dut s'accroître rapidement. Théodulfe était évèque d'Orléans et abbé de Fleury, qu'il gouverna dix-neuf ans et demi, de 798 à 818. Les exemplaires de la Bible qui a gardé son nom furent sans doute confectionnés à Fleury, ce qui donne une haute idée de l'habileté et de l'outillage de ce monastère, bien que le texte de Fleury (pour Théodulfe) ne soit pas le meilleur.

La faveur de Charlemagne pour Théodulfe avait achevé ce que la protection des reliques de saint Benoît avait commencé, Fleury recevait présents sur présents. Charles le Chauve présenta un évangéliaire : nb mérita saneli Benedicti textum evangelii dédit Floriaco sublili operis diversitale fabrieatum 10. Le comte Eccard léguait à l'abbé Théodebert, en 875, les livres contenus dans un petit coffre: Li'ftri gui sunl in utica paruula, et en outre ceux qui avaient appartenu à son frère, qui fuerunt germani mei, id est, canones paenitentiales, liber Ambrosii de IMysteriis.

A cette date du ixe siècle nous possédons un catalogue de la bibliothèque11; il comporte soixante-dixhuit numéros :

Auctores hujus monasterii :

1. Virgilius (au-dessus Seruius). 2. Bcetius. 3. [P] sichemachia. 4. Terentius. 5. Sedulius. 6. Alcuinus. 7. Arator. 8. Terentius. 9. Très (au-dessus : ///) Aviani. 10. Catonem. 11. Prosperum. 12. Avianum.

litcrarg supplément, 11 avril 1918; et Dom Germain Morin, dans marne recueil, 18 avril 1918. Sur « l'ingénuité et la simplicité transparentes qui étaient les qualités distinctives » de cet auteur, cf. P. Lejay, dans Bévue critique, 1901, p. 70. - B L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits, in-4°, Paris, (1874), t. n, p. 364. — 9 Ch. Cuissard, Inventaire des manuscrits de lu bibliothèque d'Orléans, Fonds de Fleury, in-8°, Orléans, 1SS5, — " Adrevald. — " Ms. de Berne, n. 3, dans Catalogue général des manuscrits de France, t. xn; Ch. Cuissard, Orléans, 1889, p. ni, et dans Inventaire, p. 209-211 ; dans ce catalogue, le n. 3 est un Prudence, le n. 13, un Walter, poème du moine de Fleury, Gérald, au x« siècle; le n. /,;, un grammairien, Albinus talem grammaticam condidii est Donatus; le 33 est aujourd'hui le 1S3 Orléans '39 l.ilirii; le ;:.'esl à Berne, n. 23.3; le 70 est à Orléans. n. SS,

FLEUR Y-SUR-LOIRE

13. W'altarium. 14. Esopum. 15. Albinwn. 16. Hamarsdam(= Smaragdumi. 17. Lift, pronostleorum. 18. Prudenlium [P] sichemachie. 19 Dialogum Grcrjorii '. 20. iifccr purulipomenonis (sic). 21. Vaidi-n ires. 22. Passio sdfic/e l'elicilatis. 23. Passionarii très. 24. Expositiones duo saper Genesim. 25. Expositiones saper V libros Moyfi. 26. Augustinum de sancta Trinitate. 27. Expositio super Apoealipsin. 28. Ausiis- /inus de Deo coneardis (sic). 29. Expositio super Canlica oanticorum. 30. Alquinum. 31. Lié. pronosticorum. 32. Vi/ci Patrum. 33. Rejute clericorum. 34. E pistolet Ieronimi ad Eusloehium. 35. Epistale de gradibus sacerdotalibas. 36. Ysidori super Leoiticos. 37. 0»adraginta omette Gregorii. 38. Pastoralis cura. 39. X.i*6. Pastoralis régule. 10. Lift, qiii'd signifieant vestimenta lœ. 41. /.tter de Regibus. 42. Fisiologus. 43. Vite S. Medardi. il. /./7>rr sanctorum Patrum, de fuie. 45. Il expositiones super Spalilrium (= Psalterium). a'<. omette sujier toangelia. 17. Trin (sic) historia super Genesi. 48. Passio saneli Quintini. 49. Expositiones super Evangetia. 50. Epistole magni Alexandri régis. 51. L>e révélations capitis sancti Johannis. 52. Oralio sancti Augustini. 53. Lifter Proseri (= Prosperi) de conlemplativa Dite. 54. Lifter Yeronimi super duodecim explorationes Prophetarum. 55. Passio sancti I.anlberli. 56. Commentarium Ieronimi jtresbuteri. 57. Lifter calcalatorie (sic) ar/is. 58. Sermones sanctorum Patrum. 59. Lifter de decem cordis. 60. ii'ft. de sancla Trinitate. 61. Mi'ssa/es iiftri /res. 62. Expositio saper tpistolas Pauli. 63. Décréta Affricani concilii. 64. Knmanus ordo. 65. De Zeje ribuaria (sic). 66. Aujiis- /irius super epistolas Johannis. t "> T . Dialagus Severi. 68. Epistola; Jacobi. 69. Augustinus super Matheum. 7o. Augustinus ad Thimasium. 71. Expositio Raboni (sic). 72. ifeda de temporibus. 73. Collectarii très. 74. /*<'</■( de sanctis Locis. 75. Gradaliu V. 76. Antiphonaru 1111. 77. Psalteria IIII. 78. Plenaria llll.

Les invasions des Normands qui saccagèrent Fleury. durent entraîner bien des pertes de livres, sinon de la totalité, puisqu'un certain nombre s'est conservé jusqu'à nous. La réforme clunisienne releva le monastère et l'observance. Par son ordre, on travailla à reconstituer la bibliothèque et le manuscrit de Berne, 43.?, conserve un catalogue du \ siècle qui montre qu'on ne travailla pas en vain; toutefois il ne compte que quarante numéros : :

1. Retorica Cieeronis. 2. Timeus Plato. 3. Porphirius cum Catégories Augustini. 4. Simphosius lib. reguliv astrolapsus. 5. Lift. / de astronomia. 6. Lift, de utililatibus astrolupsis.l. Exeepliones Priseianl (corrigé : </•■ Prisciano). 8. Corpus dialecticse. 9. Priscianus major cum minore de conslruclione. 10. Item de constructione (en marge : Priscianus de A / / versibus). 11. / Virgilius. 12. 1. Terentius. 13. /. Horalius. ! 1. /. Sal lustius. 15. /. BaUius. 16. /. Juvenalis cum Persio in uno volumine. 17. Excidium Trojse. 18. l'rudentius major. 19. J/em Prudenttus minor cum Aratore. 20. /fern Prudenlius minor. 21. //em Arator. 22. Sedulil II. 23. .W'ianiis /. 21. Cote / (corrigé : Catonea 11 ). 25. Donatus minor cum majore et barbarisme/ et roiijugattonibus. 26. Bette de melrica arte 1. (en marge : 7tem Donatus cum conjugationibus). 27. Serviolus. I. cum 28. Très /i'fte//i deeltnationum. 29. Eulicius. 30. Priscianus de formatione. 31. /. Carmen de qulbusdam lapidibus morattler pertractal (en marge Mfcc /. 32. Macrobius. 33. Musica (en marge : Ères qualerniones de musica Bœlii). 3 1. Ad Dcodatùm. ::'>. Ail Augus-

1 Peut-être le volume que Usai) l'abbé Mommole. —

1 <.li. Cuissard, Orli-mts. dans Hfani ftfftlto-

puftlteuef, t. \u. p. v-vi ; ces deux cataloguei "ni été publiés par Hagen( dans Jahrbûcher for cUaslscht Philologie, 1869, î>. .".1" mj.: Cb. Cuissard, Inventaire des mitonnera. ■!, ht Bibliothèque f Orléans, l onds de l leury, 1889,

tinum. 36. Commenlum Bœlii in categorias Arislotelis,

37. Commentum Bcetii sa/ier isagogas. 38. Pericrmeitia Apulei cum periermeniis Arislotelis. 39. Retorica ronis ad Ilerennium. 40. Commentum super Juvenalem.

Au commencement du je» siècle, l'abbé Lantpert lit copier le glossaire, aujourd'hui à Berne n. 2.3'J,' bert fait des emprunts à Fleury, et il écrit à son ami Constantin qui vient le voir : Comilcnlur iter luum Tulliana opuseula et de Republicaet m Verrem et quse pro defensione muUorum plurima Romanse éloquent ise parens conscripsit*. Toutes ces richesses reposaient dans la Turricula : livres, testaments, privilèges'; a l'abri du feu, grâce au bibliothécaire Isembertus, ui'r magruv sanclitalis alque prudentise, qui composuit suœ obedienliœ armarium cadra insanientium terrores ignium 6. Chaque écolier devait faire présent de deux manuscrits en quittant le monastère *, et lis voyageurs rapportaient d'autres manuscrits de leurs voyages. Abbon rapportait d'Angleterre un sacramentaire et bientôt arrivait de Bamsey un ponlificule : Etiam a transmarinarum partibus regionum, loco Ramegisus nuncupalo, illi divitiw plurimarum advehebantur opum, inter quœ Episcopalis benedictionis liber, primordia omnium aurata geslans versuum '. Les abbés Abbon, Gauzlin, Veran accroissaient la bibliothèque: l'abbé Simon, le 11 juillet 1103, ht décider en chapitre que tous les prieurés dépendant de Fleury contribueraient nécessairement à l'entretien de la bibliothèque.

La pièce suivante est une ordonnance de l'abbé Maeaire du l"r mars 1117 relative à la dotation de la bibliothèque et la contribution que doivent fournir les différentes maisons dépendant de Fleury.

Ego M. abbas vidais bibliolece nostre codices vetustate nimia cariosos et teredine ac tinea rodente corruptos, ad eorum rejectioncm et novorum comparacionem seu membranarum ccemcionem, rogacione etiam Attonis carissimi fralris noslri, hoc in capitula nostro, conventu loto asenciente et rogante, conslitui. Conslitui, inquam, ut tam ego quam priores noslri et qui inlra monasterium obedienlias habenl, ad hoc opus tam necessarium, tant utile, lam honestum, annuatim in brumali jestivilate sancti Benedicli aliquid conferamus. Quam pcctiniariain collacionem sire collectant armarius noster ab his quibtts imposila est exigeas et observons, in pretaxalos usas accurale cl diligcnler expendel. Quod si ego vel abbas qui mihi successerit aliquam obedienciam vel internarum vel exterarum in manu sua lenere voluerit, illius obediencie debilum persolvel. Ego igilur et qui mihi su abbas decem solidos annis singulis dabo. l'rior de Régula v solidos. l'rior de Patriciaco V solidos. Prior de Sain v solidos. Tesaurarius il sol. Camerarius il sol. Cellararius n sol. Inftrmarius xn den. Pristinarius (sic) xn den. Eleemosinarius xn den. Prepositus de hoc villa n sol. Magister de opère xn den. Prior de Sou,!,, Aniano n sol. l'rior Gionensisll sol. Prior de S Briecio Xll den. l'rmr île Suer,, Cesaris II sol. l'rior de Castello S,, v, super Chemin II sol, l'rmr de Castello

Nooo supei I igerim xii den. Prior de Sancto Geroasio xii den. Prior de Sancto Jacobo il sol. Prior de Sancto Hilario Xll den. l'rior de Valliaco Xll <len. l'ri'ir de Loirriaco u sol. Prepositus de Curti Matriniacensi n sol. Prepositus de Villare il sut. Prepositus de Il soi. Prepositus Almericurtts 11 soi. Prepositus de Eœra Oitlc II s,, t. l'rmr de t Cirera Castro Xll ilcn. Prior Stampensis u sol. l'rmr de Vitriaco xn den. Priante Monasteriolo xn den. l'rior de CataleclaXII den Cet acte a été conservé par plusieurs copies dans

p. \wu. 212-213. \ < 'ii aussi dis. de Berne, n. i. (.i i .1 ih.i t, Eptst. t \nw n. ad Constanlinum. - ' Liber miraculorum,iv,c. nxvn.- ' Vtta Gauzlfnf,n.39;sur Isaml ert qu'il (aut distinguer; voIrL. ^uvray.dansAi ./.- lu Soc. htst. et archéol. du Gàtlnals, ixst. t- vn, p. 1 1. - • Blbllotheca Florlaeen Vtla Gautltnl,

FLEUR\-SUR-LOIRE

les mss. Bibl. nat. 7696, fol. 157 v°, copie du xne siècle, incomplète de la fin, peut-être abrégée, mais la plus ancienne par la forme et par le fond; Bibl. d'Orléans, ras. 492, fol. 170, copie du xvie siècle, qui a été édité par Joannes a Bosco (J. Dubois) dans la Floriacensis velus Bibliotheca, t. i, p. 409, par Edward, Memoirs o/ libraries, t. i. p. 283. par L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits, t. H, p. 3G5, enfin par Prou et Vidier, Recueil des chartes, 1904, p. 343, n. cli, d'après trois copies, dont deux, plus complètes que celle du ms. 7696 contiennent une énumération de manuscrits qui a pu être ajoutée à la rédaction primitive, de même que les noms de prieurés qui n'appartenaient pas à Fleury au temps de l'abbé Macaire. Le taux des redevances diffère également dans le ms. 7696 et dans le 492.

Voici la conclusion qui manque dans le ms. 7696 :

El ne aliquis sucessorum nostrorum hoc statutum infringere aut adnihilare présumai, sigilli nostri et sigilli capiluli impressione roborare et confirmare decrevimus. Hoc etiam ftrmiter lenere precipimus, ut nulli priorum prediclorum fastum venienlium exeundi licentia concebatur donec debilum cantori et armario persolval.

Ilasignatum : Macharius,abbas, S. Lancelini, prioris, Dagoberli, prioris claustralis, Juliani Vitalis, infirmarii. Adonis cantoris et armarii. Pétri Salensis,Guillelmi Vaslonis, Artaudi, capicerii, Artaudi, eleemosinarii, Hugunis, lertii prioris, Joannis, succenloris, Joannis, medici.

Acium est hoc in capitula nostro solemniter kalend. marlii anno ab incarnatione Domini millesimo centesimS quadragesimo sexto, régnante Ludovico, rege Francorum et duce Aquitunorum, anno decimo regni ejus.

Le souvenir de cet abbé, ami des livres, se conserva à Fleury sous une forme originale. Au jour anniversaire de Macaire, les moines buvaient un coup de vin et le cellérier était tenu de donner du « meilleur » qu'il y eut dans la cave '. Macaire avait trouvé un bibliothécaire nommé Acton ou Hatton, dont le nom se lit sur le ms. 13 de Berne, fol. 110.

Hic est liber sancti... quem Halo bibliolecarius fecit, quem siquis...; il mourut en 1147, peu de temps après avoir détermine l'abbé Macaire à porter la décision qu'on vient de lire.

Julianus, successeur de Hatton ne se montra pas moins zélé. « Voyant, nous dit-il, qu'il manquait quatre feuillets à un ouvrage, j'ai cherché partout pour les retrouver, car ce livre est rare: ce n'est pas sans peine que je les ai trouvés dans un monastère de clercs près de Bourges. » Les quatre feuillets faisaient partie d'un Lactance, qui est aujourd'hui conservé à la Bibl. nat., ms. lat., 3476, ayant été offert à Charles IX par Petau. On lit encore ces mots :

Liber Sancti Bcnedicli Floriacensis. Hune supplevil Julianus.

Au xme siècle, la bibliothèque reçut de nouveaux accroissements. L'abbé Jean y veillait et on possède encore aujourd'hui douze manuscrits de Fleury portant la mention suivante : Hic liber est Sancti Bcnedicli Floriacensis quem scribi fecit Johannes, abbas istius ecclesiœ, anno Incarnationis dominicœ millesimo CC XXX' IX". Qui eum furalus fueril, anathema sil. Les manuscrits conservés sont aujourd'hui à la bibliothèque d'Orléans; inscrits sous les numéros 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 32, 37, 40, 202.

En 1471, trois religieux sont accusés et condamnes pour avoir volé plusieurs manuscrits entre autres une Bible magnifiquement écrite -.

' DomChazal, op. cit., ad ann. 1146. — 2Bibl. d'Orléans, ms. 394 bis, détails du procès dans D. Leroy, anno 1471. — » Publié par L. Delisle. dans Notices cl extraits (les manuscrits,^ xxxi, 1884, il 126-439; et par Cb. Cuissart, Orléans, dans Catalogue des manuscrits des bibliothèques de France, 1885, Introd., p. vu-xvni. — ' De scriptoribus ecclesiastieis, t. I, col. 1172. — 'Cli. Cuissard, Documents inédits sur

Sous l'abbé Bégon de Murât, en 1515, on dressa un inventaire, perdu aujourd'hui. Il serait possible qu'il fallut rattacher à ce catalogue plusieurs cotes encore inexpliquées. Le manuscrit 44 d'Orléans porte la lettre D toute seule: le manuscrit 15 porte P3 et Casimir Oudin nous apprend que In bibliolheca Floriacensi, lillera A', exstat lagica Pétri Abeelardi cum logtca R. Mauri 4 et le n. 222 actuel d'Orléans n'est autre que cet A1 arrivé jusqu'à nous5. Toutefois cette double cote peut se rapporter à un inventaire plus ancien. Ce qui permet de croire qu'on en fit un sous l'abbé Bégon c'est que les mss. d'Orléans 142 et 143 portent les anciens numéros 16 et 1 7 avec le millésime 1415.

En 1552, autre inventaire, malheureusement très sommaire, mais qui a « le très grand mérite d'avoir été fait avant le pillage des protestants » et dont l'original est conservé dans le ms. lat. 1 37 des Nouv. acquis, de la Bibl. nat., fol. 9-26. Il comprend trois cents numéros et porte ce titre : Catalogus librorum qui in bibliolheca ccenobii Benedictini Floriacensis ad Ligerim reperti sunl poslridie nonas decembris, anno Domini 1552. Cette recension est malheureusement incomplète, car il est impossible d'admettre qu'avant le pillage, Fleury ne possédait que trois cents manuscrits, puisque douze ans après, Pierre Daniel met son nom sur quarante-quatre manuscrits de cette collection, son frère François en possède huit, et, en 1002 Jacques Bongars en lègue plus de quatre cents de même origine, tandis que par les acquisitions faites par Christine à Petau, la Vaticane en possède quatre fois (?) autant. En chilfres ronds on arrive aujourd'hui à porter le chiffre des manuscrits de Fleury à deux mille environ, sans compter tous ceux qui se trouvent en Angleterre, en Suède, en Russie, en Allemagne

Devant un nombre si imposant, les trois cents numéros de l'inventaire de 15.52 font piètre figure et Ch. Cuissart s'est demandé « si nous n'aurions pas, avec cette recension, la liste des volumes composant la bibliothèque des écoles. En étudiant l'ensemble de ces manuscrits, on ne voit aucun livre de chœur, ni psautier, ni cérémonial. Quelques commentaires sur l'écriture sainte et plusieurs Vies de saints peuvent-ils être pris en considération, quand on lit la mention de cinquante-trois livres de grammaire ou de philosophie et vingt-trois de Décrétales. Les poètes y sont nombreux : Térence, Virgile, Ovide, Stace, Lucain. Juvénal, Prudence et Sédulius viennent à côté des historiens Salluste, Tite-Live, Eusèbe, Josèphe, Bède, Hégésippe et Victorin. Cicéron représente les orateurs avec ses Catilinaires et ses traités De Seneclule, de Amicilia, de Oralore. Enfin la médecine, la musique, l'arithmétique et la science de l'astrolabe complétaient le quadriuium. De cette énumération (il semble ressortir) avec évidence que ce catalogue n'est que le recueil des ouvrages à l'usage des écoliers. Cependant on doit regretter sa concision, car il est bien difficile aujourd'hui de retrouver le numéro correspondant à nos manuscrits 6. »

La prise et le pillage de Fleury par les protestants furent une des manifestations par lesquelles la Réforme tint à honneur de manifester son goût pour les arts et les belles-lettres. Ce ne furent pas seulement les chasses et les reliques, mais de non moins inoffensifs volumes, des chartes, des bulles, des polyptyques que ces odieux sectaires déchirèrent, brûlèrent, anéantirent, afin de guérir la postérité du goût d'aller à la

Abelard, Orléans, 1880. — • Ch. Cuissard, Inventaire des manuscrits de la bibl. d'Orléans. Fonds de Fleury, 1885» p. xxxiv. Dans l'édition qu'il en a donné en tête du Catalogne des manuscrits des bibliothèques de France, t. xn, Orléans, Introd., p. vn-xvm, Cuissard a identifié un certain nombre de numéros de ce catalogue avec les manuscrits actuellement à Orléans et à lierne.

llli I! Y-SUR-LOIRE

messe et de prier Dieu en latin. Secte exécrable qui a privé pour jamais l'histoire de milliers de titres et de monuments que rien ne remplacera.

Au milieu de ces fureurs, quelques moines, assez braves pour risquer leur vie en sauvant des manuscrits, se glissèrent parmi les Huguenots. Une bourse d'une main, une bouteille de l'autre, ils séduisirent sans beaucoup de paroles ces réformateurs. Le bailli du monastère, Pierre Daniel, ne montra pas moins d'ardeur et de courage que les moines bibliophiles, mais pour d'autres motifs. L'abbé de Fleury était alors le cardinal ( Met de Chàtillon. huguenot avère, bientôt apostat et marie. Daniel étant dans ses bonnes grâces, il ne lit nulle difficulté de lui abandonner sa part de butin. Pour apaiser les moines, Daniel consentit à leur abandonner quelques manuscrits et mit les autres dans sa maison d'Orléans, peut-être en lit-il une sorte de commerce1. Instruit, ami des belles choses, le bailli s'était constitue la plus merveilleuse bibliothèque que jamais particulier eût possédée. 11 en faisait les honneurs avec sérénité, feuilletait ses richesses, envoyait des variantes aux curieux, révisait des textes. ■ La bibliothèque de Daniel m'attire surtout, » Trahit me maxime Danii lis bibliolheca, écrivait Jacques Bongars !. La volumineuse correspondance de Daniel. conservée à Berne, ne s'occupe guère que de son trésor. » L'Orléanais, écrit L. Delisle, était alors un véritable marche d'anciens manuscrits dont la célébrité avait franchi les limites de la France. Témoin les recommandations contenues dans une lettre d'Isaac Vossius a -Nicolas Heinsius : « Si vous allez à Orléans, informezvous je vous prie, d'une dame noble qui demeure à environ dix ou douze lieues d'Orléans sur la roule de Bourges. Elle a beaucoup de manuscrits qu'elle vendrait a bon marche. Plusieurs en avaient été pris par un libraire qui me les a vendus et comme je lui demandais les autres, il me repondit que cette dame venant de perdre son fils il n'avait pu traiter avec elle, lalibraire habite au coin d'une place sur laquelle demeurent les autres libraires d'Orléans 3. »

Apres la mort de Daniel, en 1603, Paul Petau et Jacques Bongars achetèrent les livres à sa succession et en firent deux lots; ils eurent le tout pour quinze cents livres. Paul Petau sentant combien il avait peu de droits à s'approprier le bien volé au monastère, fit une restitution à Fleury, dont le manuscrit 218 d'Orléans, fol. 7, garde le souvenir :

Hoc Hugonls Floriacensis Chronicon rcligiosœ congregalioni Floriaceiui /". Pelavius m regni curia consiliar. L. M. D. dédit MDC IX. El a la première page on lit :. Petaoiua in Parlant, l'nns. consil. K. Enfin ces mots inscrits sur la couverture : M. l'abbé Dubois, Ces deux livres liez ensembles appartiennent nu monastère de Sainl-Benoist a l'Ieury. 1628, Le deuxième livre \ise par cette note semble être le il. 163.

Petau mourut jeune laissant un lils. Alexandre, qui consentit à laisser André Duchesne travailler dans sa bibliothèque, mais fini! par vendre celle-ci en grande

1 II. Hagen, Eluda sur Daniel, dans /.or Geschlchte der Philologie, ln-8", Berlin, 1879, p. l-.".^; mit J. Bongars, p. 55-216; II. Hagen, X»r Fêler de> Sltftungstagi UntverstlàM nmt ./. r Inauguration dei neuen Rektors... Inliali : Der Jitrist und Phtlolog l'< 1er Daniel aus Orléans..., Mit finir Betlage: achlzéhn ungeàruekli Brteft von Gelehrten iesZVUahrlmnderuH ntAaifend,in-4l>,Bern,1873;c(.< . rhurot clans /{,,„,, critique, 1x7 i ; c. I llatzko, dans Mus. Hhen, t. uax, p. 162; C. Burtian, dans Jahresbertcht liber die Fortschrttte der classlehen Àlterthummtssensehaft, 1874, p. 28-31; M. Hagen, Jacobui Bongar lus, Etn Bettrag -or lehrten Studten des XVt-XVllJahrh., Pro gramm </. r Berner Kantonsehule, 1873-1874, ln-40, Bera, 1X7 I : cf. ('.. Thurot, dans Ri oui ertttqui . 1874, p. 279-281 ; II. Hagen, Cale codteum Bernenstum (Btbllotheca

Bongarslana), in-x , Bera, 1X7".. prœf., p. x-xxix ; Cf.

partie à la reine Christine de Suède (voir Diclionn.au mot : Gothicum Missule i.et le lot s'achemina vers Stockholm. Une lettre de Chanut a Mazarin nous apprend l'embarquement clandestin de ces richesses lorsque Christine quitta la Suéde : « Elle a scercleiiic ni fait embarquer les plus belles tapisseries de sa maison, le meilleur de sa bibliothèque et le plus précieux de son cabinet dans (le) navire '. ■ Transportés a Rome ils finirent après la mort de Christine par entrer dans la bibliothèque du Vatican,

Le fonds acquis par Bongars fut transporté d'Orléans à Strasbourg. Mabillon contribua a mettre en circulation à ce sujet un récit inexact ». Bongars, a-t-il dit, les aurait légué par testament au lils de son hôtesse, nommé Gravinet, Mais Janus Griiter, bibliothécaire de l'électeur Palatin, avait acheté les livres qui auraient pris le chemin de I leidelherg. Cette ville fut prise en 1622 et la bibliol liequc offerte par le vainqueur au pape Grégoire XV, qui chargea Allatius du transbordement lequel ne fut achevé que sous Alexaii (Ire VII; ce serait le fonds Palatin de la Yaticane. Or Janus Gruter n'avait rien acheté et le jeune Gravinet ne lui avait rien vendu et au lieu d'aller à Heidelberg et à Rome les livres de Bongars prirent le chemin de Berne où ils sont encore.

Après le pillage de 1502 et le prélèvement du bailli Daniel, les moines de Fleury récupérèrent quelques manuscrits. Ils ne les négligèrent pas. Sur le n. 107 d'Orléans, on lit : Ces coutumes sont de l'abbaye de Sainct-Benoist de Fleury sur Loyre, tesmoin frère Jade Bernard. 1592, L'année suivante. 1593, trère Magnan donne un Psautier avec des initiales peintes. En 1605 Jean Dubois écrivait : o .Maigre les malheurs des guerres il existe encore à Fleury un grand nombre de monuments précieux que nous a conserves la divine Providence. De Ions ceux qu'il cite, un seul a été identifié avec le n. 159 d'Orléans. Cependant il affirme avoir restitué tous ceux qui lui avaient été prêtes.

En 16.Ï6, les bénédictins firent une nouvelle rei sion de leurs manuscrits; elle est conservée dans le manuscrit n. 61 d'Orléans sous le titre : Catalogus librorum anliquœ bibliulheac, les livres sont disposes en six groupes sous les lettres A, B, C, D, E, F •. Un catalogue tiré des Collecta ex chartulario Floriacensi, fournit une nomenclature semblable, mais 1res abrégée et sans aucune notation; c'est une simple liste clés manuscrits au nombre de deux cents. Sur le dos d'un cci tain nombre de manuscrits, on relevé des numéros de classement qui correspondent au catalogue précédent, car les chiffres et les indications semblent appartenir à la même époque. Toutefois ces numéros ne peuvent convenir au catalogue fait en 16 serve à Orléans dans le ms. 61, qui n'indique que cenl quatre-vingt-quinze manuscrits.

Entassés dans une salle voisine de la sacristie, les manuscrits parurent dignes de recevoir un logis mieux approprie, et, en 1658, une délibération du chapitre

la construction d'une bibliothèque. Toutefois

l.. Jarry, Une correspondance littéraire au IVI> siècle. l'om Daniel >t les érudlts de son temps, d'après les documents Inédits delà Bibliothèque de Berne, dans M, moires ,/. la Société archéologique de V Orléanais, 1876, t. xv, p. 343 sq.

1 L. l'ellsle. clans BfMtotAéOUI dl VÊCoU îles Chattes,

1X7C, t. xxxvn. 'G. lluci. Une hitrc relative aux cnllecttons il* la reine Christine de Suède, clans Revue

1901, t. \t. p. 21, lettre <le Cbanul a Mazarin, La Haye, il décembre 1853 'Mabillon, De 1/1

•jafffcana Ubri lit. ln-4', Parhrila, 1685, piaf., d, (,. Dlatzko, dans Jenorr Hteraturiettung, 1x71. p une phrase de- la préfaci di on Quel ; cardinal 'b- Chai Mon, Don

l iH'itifinri des manuscrits de In bibliothèque d'Or! ixs:,. p. 214-221; et dans Catalogue, i. mi. Inl p, xvm-xxiv.

FLEURY-SUR-LOIRE

il y eut encore soit des vols, soit des prêts non suivis de restitution ». En 1720, Dom Chazal entreprit une recension générale des manuscrits du monastère. L'original tut achevé en 1724 ; il a été volé par 1" Italien Gulielmo Libri dans le fonds duquel le n. 1345 porte ce titre : Bibliolheca manuscripla Floriacensis, manuscrit sur papier, in-folio du xvme siècle, 1720. Heureusement une double copie en est demeurée, et, bien qu'incomplète, n'est pas dépourvue d'intérêt 2. Les manuscrits y sont divisés en vingt articles et s'élèvent au nombre total de deux cent soixante-six 3. Une lettre de Dom Sebelon à Dom Clément, datée du 22 mars 1759, nous apprend qu' « il manque déjà quelques-uns de ceux qui étoient à la maison quand il a fait son catalogue. Le ms. par exemple, coté 215, de huit cents ans, qui contenoit une partie du martyrologe de l'Église de Sens, n'y est plus; on pourroit peutêtre en demander des nouvelles à M. l'abbé Lebeuf, car je crois qu'il a été à Saint-Benoist depuis que ce catalogue a été fait 4. »

La perte de l'original volé par l'italien Libri est d'autant plus regrettable, que le catalogue dressé en 1763 n'analyse pas tous les manuscrits de Flcury. Dans VHistoria manuscripla Floriacensis (ms. 270 bis d'Orléans) Dom Chazal nous a conservé quelques numéros des volumes, quinze en tout; on en peut recueillir d'autres dans VHisloire littéraire de la France et dans les éditions patristiques ou miscellanées des bénédictins; il semble en résulter qu'entre 1720 et 1763, le classement et les numéros des manuscrits n'ont subi aucun changement. Il y a ici une légère difficulté tirée d'une note mise au bas de la page 15 du catalogue de 1763 et qui ferait croire que l'identité des numéros n'est pas constante 5.

Le Catalogue des auteurs ou écrivains dont on trouve les ouvrages dans les manuscrits de Fleury en 1763, est incomplet, il ne donne pas les noms des ouvrages correspondant aux titres indiqués. Et même de ces deux cent neuf manuscrits, il y en a trois qui n'ont pas être retrouvés, les n. 145, 194 et 207. Ces trois numéros retranchés, il reste cent six manuscrits, au lieu des deux cent soixante-six de Dom Chazal. Égarer quarante manuscrits d'une seule bibliothèque en quarante-trois ans, voilà qui ne fait guère l'éloge des bénédictins 8. Cependant à ces deux cent six viennent s'ajouter quelques autres manuscrits non mentionnés par le rédacteur de 1763 identifiés depuis, ce qui porte le nombre à deux cent quarante-cinq, le déchet était donc de vingt et un manuscrits, Dom Sebelon avait raison de le laisser entendre; il faut, quoiqu'il en put arriver, toujours dire la vérité.

En 1790, Fleury subi le sort commun à toutes les maisons monastiques. Les moines furent chassés, les livres furent épargnés grâce au zèle d'un prêtre éclairé, l'abbé Carré, curé de Saint-Marc en 1783, archiviste du district d'Orléans en 1791; il fut, dit-il, « contraint par les excès de la tourmente de quitter Orléans en 1793, » et se retira à Gien. Peu de temps après, il fut reçu et employé dans l'administration en qualité de secrétaire adjoint, puis chargé de confectionner les inventaires des livres et des manuscrits qui existaient dans les différents dépôts littéraires du ressort. A Fleury, Carré fit faire des caisses, y enferma des manuscrits et escorta les voitures jusqu'à Gien.

1 Chazal, Ilist. manuscrite, p. 557 ; Eos apud auctores uarios reperi laudatos qui pênes nos olim / uerunlel horum amissionem in œternumlugebimus : quo facto cxcidcrint nobis incognitum. — "Arch. départ, du Loiret : Notice des manuscrits de la bibliothèque du ci-devant monastère de Saint-Benoît-sur- Loire. Ct. Tranchau, Quelques mots sur un catalogue des manuscrits de Saint-lienoît appartenant a lu Société archéologique de l'Orléanais, dans le Bulletin des Mémoires de la Société archéologique, t. vni, p. 288-294. Ces deux copies

Son inventaire rédigé il l'envoya à la commission des arts. Thibaudeau, président de la commission répondit, félicita et ajouta : « Vous êtes invité à porter votre attention sur les restes des manuscrits de Fleury, cidevant Benoît-sur-Loire et en particulier sur un Sacramentaire qui a plus de mille ans d'antiquité, un Usuard très ancien, une histoire d'Eusèbe de Césarée, notés et remarqués par les savants (n. 105, 273 et 268 d'Orléans). Quoique je ne mentionne que ces trois manuscrits, les autres ne doivent pas être négligés... » 22 frimaire, an III.

Carré aperçut le bout de l'oreille et répondit de Gien : « Tous ceux que j'ai vus ne m'ont pas paru également intéressants, » puis il décrivait les trois numéros désignés et peu après il écrivait aux Administrateurs du département, que le nombre des manuscrits de Fleury transportés et inventoriés à Gien s'élevait à deux cent trente environ. De Gien, les manuscrits furent transférés dans l'église du monastère désaffecté de Bonne-Nouvelle, ils y demeurèrent jusqu'en 1807. Pendant ce temps le fonds subissait encore un déchet. Le 18 pluviôse an XII, le ministre de l'Intérieur fit envoyer à la bibliothèque de Paris un manuscrit grec ayant pour titre : Orationes ex Thucydidis historia cum aliis orationibus ex variis historicis grœcisexcerpta il y devint le n. 696 du fonds grec.

En 1820, le conservateur Septier publia un volume intitulé : Manuscrits de la bibliothèque d'Orléans, in-8°, Orléans, 1820, 287 pages. Ce n'est qu'une copie presque complète du catalogue de 1763, faite sans regarder les originaux ce qui permit à l'italien Libri de mettre des volumes non classés à la place de ceux dont il formait sa bibliothèque personnelle. Le catalogue de Septier n'est ni exact ni complet. Pour compléter les renseignements donnés par Septier, L. Delisle a fait usage du volume publié en 1777 par Dom Louis Fabre, Ccdalogue des livres de la bibliothèque publique /ondée par M. Prousleau, in-4°, Paris et Orléans 1777. Une fois lâché dans la bibliothèque d'Orléans, Libri la mit au pillage. Septier avait dû avoir un résidu de manuscrits dont l'existence a été démontrée depuis par Ch. Cuissard. Dans ce résidu se trouvait, entre autres, le ms. Orléans 24S A dont Septier ne fait aucune mention dans son catalogue et un précieux recueil de capitulaires (sans numéro, n. xxxn de la Notice de Delisle) Grâce à ce résidu où il puisait à son gré, Libri put voler à l'aise et remplacer les manuscrits précieux par des manuscrits insignifiants! surtout il tailla et mutila sans pitié, enlevant des cahiers susceptibles de former en apparence des manuscrits complets. L. Delisle a compté dans le fonds Libri une vingtaine d'articles qui ont été constitués au détriment des collections de la bibliothèque d'Orléans, c'est-à-dire en majeure partie du fonds de Fleury.

Voici quelques brèves indications relatives aux manuscrits de Fleury :

Bibliothèque d'Orléans (Les chiffres indiquent les numéros qui correspondent au catalogue de la bibliothèque, les chiffres entre parenthèses au catalogue de Ch. Cuissard ; la concordance avec les autres catalogues de 1552, 1656, 1763, et 1820 se trouve dans Ch. Cuissard, Inventaire, p. 237-244).

lu (13) Divers livres de la Bible, xme siècle. Ch.Cuissard, //ic, p. 1-4; Cal., p. 9-12; A. Jacob, Alphabet

s'arrêtent au n. 209, il reste la lacune de 209 à 266. La copie de la Société archéologique fut égarée et retrouvée après la notice de Delisle, p. 358, note 3. — ■ Ch. Cuissard, Catalogue, p. xii, p. xxiv-xxv. ■ — ' U. Robert, Documents inédits concernant l'Histoire littéraire de la France, in-8°, Paris, 1S75, p. 122, n. 32. — s Voir la discussion dans Cuissard, Inventaire, p. 223. — ' Cuissard, op. cit.. p. xxvi, parle d'un prêt à Saint-Germain-des-Prés au xvni' siècle, mais Ménard et Mabillon sont gens du xvn* siècle.

Page 1