FLEUVES
FLORENCE
artistes chrétiens ne trouvaient aucune objection à figurer la mer Rouge sous les traits d'un Dieu fluvial; ils s'en permettaient bien d'autres.
Nous avons déjà fait connaître les principaux monuments chrétiens relatifs aux quatre fleuves du paradis terrestre, qui, sortant de l'Eden, allaient arroser et fertiliser la terre. Pour représenter ce symbolisme les artistes chrétiens s'avisèrent de faire couler les quatre fleuves d'un monticule sur lequel le Christ, ou bien l'agneau divin, était représenté debout. Un fond de coupe souvent reproduit nous montre cette scène ' (voir t. i, col. 888, fig. 202; col. 889, fig. 203) qu'on retrouve sur d'autres monuments ; sarcophages, mosaïques et que saint Paulin de Noie décrit ainsi ' :
Petram superslal ipse pelra Ecclesia; De qua sonori qualtuur fontes meant Evangelislse vioa Christi flumina
Florus de Lyon dira, lui aussi ] :
Christns rex prasidel altus
Circumstant miris animalia myslica formis S'ocle, dieque hymnis Iriiuim inclamanlia numen; Adstal Apostolicus pariter chorus ore corusco Cum Christo adveniet certo qui lempore Judex; Yivaque Jérusalem. A quo illustrante re/ulgens Qualtuor uno agitât Paradisi flumina fonte.
Il suffira de rappeler outre un sarcophage d'Arles4, et une inscription déjà transcrite (voir t. i, col. 884) qui mentionne les quatre fleuves par leurs noms, une mosaïque de Die (voir t. iv, col. 817, fig. 3733) où les quatre fleuves découlent de quatre tètes humaines et entraînent dans leurs eaux poissons, crustacés et sirène. Cette mosaïque très tardive (vu* siècle) rappelle une autre mosaïque signalée par Spon s dans le pavement de la cathédrale de Reims où les fleuves étaient, dit-il, représentes avec la forme humaine et leurs nom au-dessous.
Enfin quelques monuments montrent les cerfs qui se désaltèrent aux eaux vives (voir Diclionn. t. i, fig. 204; t. ii, col. 3301-3307, lig. 2376).