FIBI LE
chaton; 2° deux grandes fibules en argent i>laqué de feuilles d'or avec- filigranes d'or soudées el Incrustations de grenats, de verres et de perles fines: 3° deux petites agrafes en forme de griffon en argent avec filigranes d'or. 4° une épingle à tête ajourée en filigrane d'or avec- une pierre précieuse incrustée; 5° plusieurs plaques de verre grenat serties de feuilles d'or, ornement d'un objet perdu, probablement un poignard en fer; 6° des fils d'or ayant appartenu à une c-oilTure ou à un manteau.
Tenons-nous en aux fibules. Al. Bertrand observe que ee type (flg. 4407) avait été rencontré (il y a quarante ans) dans 34 cimetières dont 24 en Gaule, 5 en Angleterre et â en Allemagne et une centaine d'exemplaires étaient connus dès lors '. <>r les localités dans lesquelles ce type a été rencontré se rassemblent dans une aire confinée entre Seine et Rhin; de même qu'on peut observer des types limités aux comtes centraux de l'Angleterre, ou bii avoisienne. C'est
un supplément utile de démonstration à cette vérité connue que les divers larbares se signalaient
par des variétés artistiques particulières. La fibule de Jouy-le-Comte, appartient par sa décoration, aux fibules ichthyomorpb.es.
Une inscription célèbre, trouvée à Vieux ■ (Calvados), porte l'exemplum epislulse Claudii Paulini legati Augusli pro prœtore provincise Brilannix ad Sennium Sollemnem a Tempio. On y lit entre autres choses ce qui suit : Licet plura merenti tibi hœc a me pauca tamen, quoniam honoris causa o/ferunlur, velim accipias libenter :
CHLAMIDEMCANVSINAM DALMATIC4M • LAODICI/W • FIBVL/W a VRE/NCVM GEMMIS
Ce document épigraphique paraît attester l'envoi de fibules de Grande-Bretagne en Gaule.
Outre que la fibule faisait partie nécessaire du vêtement qu'elle servait à retenir, la coquetterie se faisait un plaisir de transformer ce bijou en un objet d'art ou de luxe. Ce n'est pas simplement à l'époque romaine que nous la rencontrons, Charlemagne en faisait usage : Fibula aurea sagum astringente, dit Eginhard et Jean de Rhodes loue les princes de son temps de ne porter que des fibules d'airain : solas prope œreas fibulas. Les fibules de bronze, si fréquentes dans les tombes franques, n'étaient donc pas aussi méprisées que nous pourrions être tenté de le croire. Beaucoup, sans doute, n'avaient pas les moyens de se procurer un bijou coûteux car la fibule était parmi les barbares d'un usage universel. Tacite nous apprend que le Germa isaient usage : Tegmen omnibus sagum
fibula aut, si desil, spina conserlum. ■ On ne peut ouvrir un cercueil, remuer une pelletée de terre, sans rencontrer une fibule quelconque, écrivait l'abbé t. Nous en avons vu dans li res romains,
comme dans les ruines des villes. Nulle part cependant elles ne sont plus communes que dans les sépultures franqi: i ni -ondes. Par-
tout où l'on a i des sépultures de ce genre,
on a trouvé des fibules plus ou moins riches, plus OU
1 C. Barrière-Flavy, Les arts industriels des peuples de la Caule, 1001, t. I, p. 107-108, en cite quclqucs-ein ' Corp. inser. lui., t. xin, p. 408. n. 3102. — • Cochet. Lu Surman/lir souterraine sur des elmettires ro-
tl des cimetières francs • Normandie, ln-81 .
lJaris, 18,-c.j, p. 264. — ' A. Moulic-, Le cabinet de l'amateur el de l'antiquaire, 1843, t. n, p, 342; Joussel de es, Notice sur un etmettire déeout • rt <i Conlie /SartbeJ, dans Bulletin monumental, t. v, p, 522; iJe Caumont,
d'antiquités monumentales, t. vi; eh. m. — - J.-Y, Akcrnian, Bematns "I pagan Saxondom, principallg from tumuli in Bngland, ln-4 . London, 1852, p ::t. :is
moins belles, plus ou moins élégantes, niais toujours quelques-unes 3. »
Les fibules se trouvent presque uniformément surla poitrine 4. A Fairford (Gloucestershirc) elles reposaient sur la poitrine des homn lies des femmes,
es par paire, sur chaque sein; tandis qu'a Harnham-Hill, près Salisbury, les fibules étaient trouvées sur les épaules, a tel point que les clavicules étaient souvent oxydées par le fer ou par le bronze :. A Selzen (Rhénanie) deux squelettes de femmes présentent une paire de fibules rondes dont une esl placée sur l'épaule el l'autre sur le sein droit •. Les femmes portent en elïet deux fibules, les hommes une seule sur les miniatures carolingiennes '.
Les fibules circulaires étaient ment appa-
reillées ou du moins réappareillées, d'autres avaient subi un raccommodage, t'n fait général.pour les fibules franques. c'est l'emploi d'un ardillon de fer, quelle que fut la richesse de la plaque. A Douvrend, à Parfondcval des fibules d'argent ont un ardillon de fer; dans le cabinet Baudot, à Dijon, se trouvait une fibule entièrement en or avec ardillon en cuivre 8. « Bien des squelettes, écrit ce dernier fouilleur, portaient des libules de toutes tonnes, et d'une richesse proinée sans doute à la qualité du défunt. 11 y en a il Charnay) en or, en argent et en bronze; un certain nombre ont été trouvées réunies par deux, ce qui doit faire supposer qu'elles attachaient le même vêtement. Celles en or sont garnies de pierreries; le grenat en table domine dans cette ornementation où la verroterie se trouve mélangée à la pierre précieuse sertie avec un soin particulier. Il est à remarquer qu'aucune île de facette : une améthyste percée forme le centre d'une des libules en or; une autre porte un camée assez grossier, niais qui indique néanmoins que la taille de la pierre se pratiquait à celte époque. La plupart des libules d'or et d'argent sont ornées de dessins en filigrane. »
Dans la vallée de l'Kaulne (voir Enveumeu) le plus grand nombre des libules était en bronze étamé; une seule a montré une plaque d'argent. A Parfondeval et à Douvrend (Seine-Inférieure) on en a rencontré en or mélangé d'argent. Le seul cimetière de Londiniéres (voir ce mot) a donné a lui seul près de cinquante fibules. La forme qui prévaut est la forme circulaire, quelques carrées avec ornement du type élit a la croix de Saint André, des libules .les poissons, des
oiseaux, etc. Plusieurs libules provenant des cimede Normandie paraissent avoir reçu de l'émail sur leur surfaix métallique creuse et pointillée. Au camp de Dalhain (grand-duché de Luxembourg), on a ti libules de bronze dont le dos aplati était orné d'émaux*. Ces plus remarquai îles fibules trouvées à Londiniéres ont des cercles de cuivre recou
niçois de verroterie de diverses couleurs '•. Quelques libules présentent des croix gravées ou Incrustées de verroterie, on a en rencontré de telles à Charnay sur or et sur bronze, quelques-unes dans la vallée de l'Eaulne ".
La croix visible et i Londiniéres, a Fontaine-le-Houx, l'esl i plus
'• W. und L. LindenschniMt, Dos germantsche Todh bel Selzen, in-r. Main/. 1848, pi. \. u. dans Journal de Houen, 13 août 1854. II. Iîaudol.
Description d'objets antiques tans te
territoire de Chamau, dans
214; cf. J.-Y. Akernian. op. cit., p. â. ' A.. Namur,
sur les lombes gaVo-franki du grand-duchi .tans Publications de la Soctéli pour la • tentation des monuments btstoriqw mbourg, 1853, t. un. i • pi. vu. flg.
FIBULE
à Charnay, ce signe y est « répété non seulement sur les plus belles fibules, mais sur les plus communes, et jusque sur les grosses agrafes de ceinturon '. » La fibule de Conlie (Sarthe) porte le nom du Christ, XPSTO :.
Parmi les plus belles broches flanques, il faut mentionner celles de Douvrend (Seine-Inférieure), conservées au Musée de Rouen 3. Elles sont en argent doré et pèsent 149 grammes; le dessous n'est pas doré, il est uni; leur longueur est de 0 m. 04 et leur plus grande largeur est de 0 m. 065. L'ardillon qui était en fer a disparu.
Dans un cercueil de pierre trouvé, en 1S54, au hameau de Toulesmesnils, commune d'Ouville-la- Rivière (Seine-Inférieure)4, on trouva une plaque de ceinturon en fer encore munie de sa boucle. Cette plaque était tombée en morceaux de sorte qu'on n'en put apprécier la longueur, mais elle pouvait être large de 0 m. 09. Ses bords étaient entourés de petits
c'est un grossier alliage dont voici les proportions :
1° Boucle de ceinturon d'Envermeu : cuivre 37,2; plomb, 44; étain, 18,8; fer, traces = 100.
2° Anneau trouvé à Envermeu : cuivre, 45, 1 ; plomb 10,9; étain, 14; fer : traces = 100.
3° Boucle de ceinturon à Lucy : cuivre, 69,32: étain. 20,78; plomb, 9,90 = 100.
4° Fibules à Londinières. : cuivre, 72; plomb, 28 = 100.
C'est donc du bronze dans lequel l'étain a été remplacé complètement par du plomb. Cette composition était recouverte d'un étamage habilement pratiqué.
Les boucles en argent, ou alliage d'argent, sont assez rares. Cependant on en trouve à Londinières, tandis que celles de bronze ne formaient pas un total moindre de quarante à cinquante et celles de fer sont plus nombreuses encore. Le frottement du cuir du ceinturon avait usé la plupart des boucles. Quelques boucles étaient carrées, la majeure partie formait
4408-1409. — Fibules Iranqucs. D'après Cochet, Normandie souterraine, 2e èdit., p. 245, 247.
clous en cuivre, à tète saillante et hémisphérique. Malheureusement le fer, autrefois fort épais, était complètement oxydé et avait, en très grande partie, détruit la belle damasquinure qui le recouvrait. Composée d'une lame d'argent extrêmement fine, appliquée et incrustée sur le fer elle avait été découpée avec, un art infini. La plaque d'Ouville est le spécimen de damasquinure (voir ce mot) franque le mieux conservé que l'on ait rencontré en Normandie. La damasquinure, ou incrustation d'argent sur le fer parait avoir été l'art de prédilection des Francs. Peu répandue à l'époque gallo-romaine, elle est prodiguée à l'époque franque. Rien qu'en Normandie, l'abbé Cochet a rencontré des échantillons dans toute la vallée de l'Eaulne, à Parfondeval, au Hamelet sur la commune de Saint-Aubin-sur-Scie, à Martot (Eure), a Étretat; et on en signale d'autres exemples à Miséry en Picardie, à Charnay en Bourgogne, en Champagne, en Lorraine, en Luxembourg, en Rhénanie 5.
La composition du métal de ces fibules trouvées en Normandie n'est pas moins intéressante à connaître. Le bronze est communément employé, mais ce n'est ni le bronze grec, ni le romain, ni le gaulois,
1 II. nautlot. Vole sur les sépultures mérovingiennes de Charnay, dans Congres archéologique, 1852, p. 311. — - 1 E. Huchcr. Lettre à M, de (Intimant au sujet d'une fibule mérovingienne, à inscription chrétienne, dans Bulletin monu-
l'ovale ou le cercle étiré, mais avec d'infinies variétés. Beaucoup étaient unies, d'autres avaient des raies creusées sur la surface et dans tous les sens, quelquesuns un pointillé en relief ou bien une côtelure (flg. 4408).
En face de la plaque, à l'autre extrémité du ceinturon, dont une partie était prise dans la boucle, on voyait souvent une seconde plaque qui était le complément et la reproduction de la première. Cette tablette de fer affectait la forme de celle qui accompagnait l'agrafe; mais il en était une troisième qui se rencontrait rarement, également en fer, moins longue que les deux autres, ayant presque toujours une forme carrée et un clou de cuivre à chaque angle. On la rencontrait à Londinières. à Envermeu, enfin, à Ouvillela-Rivière à triple exemplaire, permettant de fixer sa destination; elle ne faisait pas suite à la contreplaque, elle précédait l'agrafe et semblait indiquer le côté (fig. 4409).
XVI. Fibules anglo-saxonnes. — Le caractère artistique, la diversité des formes, l'exécution recherchée du travail communiquent un très grand inlérèl aux fibules anglo-saxonnes. Aucune région de l'Europe
mental. 1854, t. \\. p. 269-273. — 'Cochet, Normandie souterraine, p. 400-401, pi. xvm, fig. 2. — * Cochet, Normandie souterraine. 2 tdlt., p. 135-130. — 5 Cochet, Sépultures gauloises, 1857, p. 139-1 10.
FI Bill
du v« au vnr siècle ne réunit, dans un espace au^si restreint autant de modèles tranchés et d'uni ception si complètement indépendante. La localisation des fibules sur différents points, sert à attester la présence et la permanence de cantonnements distincts. La variété des formes et de l'ornementation permet de reconnaître les groupes ethniques qui ont préféré ces formes et décorations a d'autres. En Angleterre, malgré la confusion créée par les envahisseurs, le rôle de ceux-ci et leur succession, ainsi que leurs cantonnements, sont assez bien connus pour qu'il devienne possible de ressaisir les traits caractéristiques de chaque nation barbare implantée sur ce sol, réfract aires plus
La fibule digitée, soit qu'elle se développe en arc de cercle soit en rectangle (ce qui est plus fréquent), oITre généralement de grandes dimensions. Ces bijoux sont rares en Angleterre et on les considère comme importés, ce qui n'a rien d'invraisemblable, puisque Procope nous apprend que les Anglo-Saxons étaient en rapports avec les Francs. Mais la présence de ces libules dans le Kent, leur association à des produits saxons, leur étroite ressemblance avec des types connus dans l'Europe centrale et principalement en France, leur donnent de l'intérêt. F.llcs sont antérieures aux fibules de type et d'invention anglosaxonne '. et rendent témoignage des relations
1410. — Fibule cruciforme trouva d'après The archaeologia, t. xxx, pi. m. li^:. â.
I II 1-1 H2. — Fibules cruciformes, d'après .1. de Baye, Industrie anglo-saxonne, pi. VI, fig, 1 et 2.
qu'ailleurs à la fusion entre eux et a l'assimilai ion avec les populations établies.
Les Anglo-Saxons, comme tous les barbares, aimaient les parures et leur prédilection se tournait vers les fibules. Parfois une même tombe renferme quatre ou cinq fibules dispersées sur le corps, qui une 'le ers libules offrent des dimensions d'une grandeur exceptionnelle. Dans leur ensemble, ces fibules, principalement celles du iu.nl de l'Angleterre, gnent absolument de toutes les productions romaines. Les provinces envahies virent l'art tcutonique se substituer brutalement a l'industrie classique : la transformation fut radicale, mais tout ne périt pas et les types continentaux continuèrent a être . Ces types sont au nombre de trois : libules dl
fibules en s et tibules ornithomorpb.es.
i h. Roach-Smith, .1 raUthique nf anglo-saxon anliq ■rrrl al lawrsliam, in-8\ London. 1873, p. XV. -
créées entre les barbares établis en Grande Bretagne et ceux implantés en Gaule. Ces relationi entn Saxons et Francs n'excluent pas d'autres ra] avec les tribus t eu toniques: il faut toutefois observer que les spécimens rencontrés proviennent presque exclusivement du Kent et du Littoral : Chatham, Faversham, Folkestone-llill. Ozlngell, Harietsham, Chessel Down, Little Wilbraham et beaucoup plus au nord, une à Searlv ( l.incolnshire) ».
Les principales variétés anglo-saxonnes sonl li fibules cruciformes, les libules a tête carrée, le cupellifornics, les libules annulaires, les fibules circulaires du Kent.
Cruci/ormes. Les libules cruciformes appartiennent a un type exclusivement propre a l'Angleterre,
OÙ il s est p