S0S. — Pluteus des martyrs
D'après Bitllct.di arche, ol. e storia dalnuila.t. xxi, p. 106, fig. 5
nianus et Telius, comme compagnons de saint Domnio. Plusieurs de ces noms ont été retrouvés sur deux fragments de pluteus rencontrés au cimetière de Manastirine (fig. 3508) ' :
lOCHIANVS
NVS TELIVS
NVS ASIE IVS
Aiil\iochianus, , [Gaia\nus, Telius, lPaulinia\nus, Aslc[rius], cl ce dernier nom Asterius est celui d'un prêtre marljT également représenté parmi les personnages de la mosaïque de Saint-Vcnance.
La rencontre est d'autant plus notable que le pluteus contenant les noms des quatre soldats martyrs honorés à Rome a été retrouvé à Salone dans le même cimetière que le plaleus de Domnio el à peu de dislance de celuici. De plus, le meilleur des manuscrits du martyrologe, le ms.d'Eptcrnacli, est précisément celui qui associe un groupe de soldats au martyre de l'évêque; il ne s'en faut que d'une unité, militum trium, pour que le cliilïre de ces compagnons concorde, la dimcullé ne paraît donc plus très considérable et les mêmes compagnons,
' A. Berloldi, Breviurio ad usu delta Cliiesa di Spalalo già Saloniiana, dans Archtuio Venclo, 1866, p. •221-231. — = .I. Zeiller, oi>. cit., p. 18, donne, pour l'éearlcr aussitol, l'indication suivante : ■ Les trois manuscrits du Martyrologe liiéronyinien ajoutent respectivement après eiii : milior VIll', — et milit. Iritim, — VIII et niilia VIU. Ces données paraissent singulières; d'un autre côté, le martyrologe syriaque s'en tient au nom de Donmio tout seul; on se sent alors assez naturellement incliné i\ conrliirc (lue primitivement «n n'iiironlait pas de comi)agnons l'i Domnio et qu'il y a simplement dans le l'érial liltronymien une erreur qui n'y est pas rare : il y aurait eu confusion entre la mention relative ù Domnio, du 11 avril. .| riii.licalion
qui de douteux nous paraissent maintenant VTaisemblables et même probables, vont nous mettre sur la voie de la solution cherchée pour la date du martyre. « 11 a dû, en effet, se passer ici ce fait fréquent dans les dernières persécutions, oïi les exécutions publiques ne furent pas rares : on engloba dans une même poursuite l'évêque et d'autres chrétiens, parmi lesquels des soldats, au moins les quatre que signalent le pluteus el la mosaïque, peut-être aussi le prêtre Asterius dont le nom se lit avec les leurs sur le pluteus et ne se rencontre d'ailleurs en aucun passage du martyrologe; et^ après des interrogatoires et différents supplices, l'évêque fut mis à mort dès le 10 avril, ou bien il succomba plus vite aux tortures et les autres victimes périrent seulement le lendemain; mais on les fêta tous le même jour, le 11 avril *. »
Nous ne croyons pas pouvoir faire accueil à la Passio de saint Doimus, personnage du i»' siècle, qui recou- \Tirait tant bien que mal el très mal, le personnage du m^ siècle nommé Domnio. Inventée ou non de toutes pièces, cette vie ne nous paraît pas devoir être utilisée même pour un détail tel que le nom du préfet. Ce prerjectus Miiurilius ou Maurelius sous le gouvernement duquel souflrit le mart\r, n'est assurément pas un prœfcctus Urbis ni un pnefectus Salonarum ainsi que l'avancent certaines recensions, son titre de même que son nom ont été déformés et il faut VTaisemblablement l'identifier avec un M. .\urelius. gouverneur de Dalmatie, que nous fait connaître une inscription de Spalalo '. Ce gouverneur civil, dont le titre prœses est bien celui qu'on emploie vers la fin du iii" siècle, peut avoir été le gouverneur de Dalmatic au moment du martyre de Domnio. C'est au moins très vraisemblable el même probable. Toutefois, celle rencontre ne réhabilite pas du tout, même en partie, le document qui nous offre ce nom. La présence d'un nom propre, d'ailleurs défiguré par l'hagiographe, ne rejaillit pas sur la valeur du récit. « Car enfin le rédacteur a rencontré ce nom dans un document relatif à saint Domnio ou dans un autre (jui n'avait avec le martyr aucun lien spécial. On ne voit pas très bien dans quel genre de texte il a ])u trouver le nom du gouverneur associé à celui du saint. Ce n'est pas dans des Actes aulhcnliqucs. Tout le récit montre clairement que l'hagiographe ne disposait point d'une jiareille source. Ce n'est point dans les fastes de l'Église de Salone. Au jour de l'anniversaire du martyr, on marc[uail dans les calendriers locaux un nom, parfois aussi un titre, accompagné tout au i)lus d'une date consulaire, cl ceci est encore exceptionnel. L'épitaplie non plus n'a pu renseigner l'auteur de la l'assio. II a donc trouvé le nom de M. Aurelius ailleurs, sans celui du martyr, peut-être bieii sur une inscription que tout le monde pouvait lire à Salone. C'esl lui qui a mis en rapport le magistrat et le martyr, el il a eu la chance de tomber à peu près juste, c'est-à-dire de ne pas commettre quelque gros anachronisme, comme ses confrères s'en permettent souvent. Maurelius peut donc être une figure historique, sans pour cela apporter aucun crédit au récit dans U<nul on lui fait jouer un rôle '. »
donnée à la date suivante (12 avril), où 11 est (|u<'stlon de lu troisième borne milliairc; les milliaircs (iii((iiirf<il seraient devenus des militaires (milites); le ms. de Ucrne et même le ms. de Wlssembourg garderaient la trace de cette genèse do l'erreur; telle serait l'origine des trois soldats du ms. d'Kplernacli qui, dans le Wisscmhourg, paraissent devenir 8 (lOO martyrs. Si séduisante <|ue soit cette interprétation, ou est pourtant forcé de ne s'y pas tenir. • — " Corft. inscr. lat,, t. III, n. 12.s:!'.l. ' J. Zeiller, op. cil., p. '20. — • Corji. inscr. lu/., I. 111, II. I'.);i8, 856.S : Forluiue Conscrualricl pro saillie Murei Aareli Juti «(in) ctlariasimi), atigiiris, Itrirsidis prooinciœ, Dassitts nolariiis volttm soluit. — ' 11. Delehaye, dans Awilnln Imllainliiiiui. l'HiS, I. xxvii, p. 75-76.
DALMATIK
De ce récit, «ans lequel à liavcwboimus il faudrait voir Domnio, le moins qu'on puiisCflirc, c'est qu'il ne nous iii)i)i-c-iicl (;u('re. (Jn y voit quo, l'év(>(|ue prêchait, l)aptis;iil. (IJM lU.ii^avcc ses conlcfl'licleurs, «uérissait les nialaïUs. DidDioîrfll lcs,j)rèlre>'fel évanKolisait la ville et la banlieue; saiftt«i.o<itupi*Uons qui appartiennent à la littérature des lieux communs lia^ionrapliiques.
Nous avons déjà transcrit l'épilaplie de saint Domnio retrouvée au cimetière de Manastirine. Y fut-il enterré aussitôt après son supplice ou seulement quand la persécution eut pris fin '.' Y dcmcura-t-il jusqu'à la destruction de Salone au vu» siècle ou fut-il auparavant transporté à l'intérieur de la ville pour le soustraire aux profanations des barbares, envahisseurs de la Ualmatie ' '.' Apres la catastrophe finale, le corps fut-il abandonné entre les mains des Avares ou bien délaissé et oublié parmi les ruines "? Autant de questions auxtpielles il serait prématuré de répondre. Ce qui est liistoriquemenl certain, c'est le transfert du corps de Salone à Home en 640.
Le Liber ponti/icalis nous apprend que le pape Jean IV envoya alors en Dalmatie l'abbé Martin, chargé de racheter les clnèliens captifs et de retrouver et rapporter à Home les reliques des saints : Misit per omnem Dalmaliiim sfu lUsIriiini mullas pccunius per sanctissimiim ti lidclissimum ^[artinum Abbutcni propter redemptionem ctipliuonim, qui dcprœdali jucnml a rjcntibus. Eudcm lemporr. fecit ecclesiam beatis martyribns Vcminlio, Anastasiu, Mauru cl aliis mullis marlijribas, quorum rrliquias de Dalmatia el Histria udduci pneeeperal '. L'absence du nom de saint Domnio est larliemcnt compensée par la i-eprésentation qui est faite de lui, en costume épiscopal, dans la mosaïque de la chapelle de Sainl-Venance. L'omission du nom est peut-être même voulue, parce que le rédacteur du Liber ponlificalis aura fait choix de trois personnages rappelant les localités d'où provenait l'ensemble des reliques : Maur pour l'istrie; Anastase pour le cimetière de Marusinac el Venance pour le cimetière de Manastirine. Pourquoi ici Venance de préférence à Domnio? Parce que peut-être il lui est antérieur, parce que aussi le père du pape Jean IV, Dalmate d'origine, s'appelait Venance et que Jean IV aurait eu pour ce saint un culte de famille '.
Éclipsé par saint Venance, Domnio aurait néanmoins provoqué l'attention des peuples pendant le trajet de Salone à Home. L"ne des petites îles Tremiti garda depuis lors pour vocable celui du martyr, mais il est fort possible que ce vocable doive s'expliquer d'autre façon, par exemple par la présence d'un sanctuaire et non par un débarquement fortuit de l'abbé Martin jeté sur cette île tandis qu'il faisait voile de Salone vers l'Italie '.
Une fois à Rome, les reliques de Domnio y demeurèrent et les gens de Spalalo en étaient si bien persuadés que l'auteur du Chronicum ponliftcalc de Spalato, lequel ne paraît pas devoir remonter au delà du xiii° siècle, écrit ce qui suit :... de hoc eliam S. Domnio dicilur quod Joannes IV, summus ponlijcx, qui scdil annis tribus, menscs S, diebus 10 et incepit pontifica-
' Uulic, dans lîull. di archeol. e storia daliniitu, l. xxvi, p. 99, admet la possibilité, à l'époque des invasions des Goths el autres barbares, au v'-vi« siècle, du transfert des corps saints des basiliques extra muras de Manastirine et de Marusmac dans l'intérieur de la ville, notamment dans la basilique épiscopalc qui en aurait gardé provisoirement le dépôt, car l'alerte passée les corps saints furent réintéi^rés dans leurs anciens sanctuaires. — ' Liber ponliftealis, édit. Duchcsnc, Jean IV, p. 330. — • J. Zeillcr, op. cil., p. 62; J.-Ii. De Bossi,,V/iisaici crisliani Jette cliiese di Roma, Ronia, 1899, pi. XIII : San Venanzin, p. 5. — * Cette explication avait été proposée par IJulii-, ilans Bull, di arehcot e stor. daim., t. XXVI, p. 102-lOt); cf. .Irial. boll.. 1901, t. xxiii.
lum anno Domiiii 037, qui eliam Datmnta nalione fuit, liomam af/erri jussit ejus curpwt, quod vcnernbitis pontifez reucrenter suscipiens, apud ecclesiam S. Joannis lulerancnsis recondidit; ac ibidem ju-isil ilepinyere imafiinem S. Domnii cum putlio cl cmteris punli ficatibui indumenlix; similitrr /ccit depingere imai/incm beali A iiiistdsii murti/ris inlcr ulios snnctos *.
Sous Alexandre VII eut lieu une récognition des relif|ues des martyrs de la chapelle de Saint-Venance * et on n'a pas cessé à Home, depuis des siècles, rie distribuer des reliques de saint Domnio '. .\insi, tout concourt à jirouver que les corps saints de la chapelle de Sainl-Venance n'ont pas été troublés dans leur repos depuis le vir siècle.
Mais tous n'admettent pas ces conclusions et, pour y échapper, ils ont des preuves plein les mains. Voyons ce qu'elles valent.
C'est d'abord les actes douteux du concile de Spalato de 924. On y lit ceci : Quum antiquitus B. Domnius (ou Doimus suivant la .forme "dalmate) de Aposlolo Petro prœdicare Salonam missus est, constiluilur ut ipsa Ecclesia el civitas... inter omncs Ecclesias provinciœ liujus primidum Imbval el melropolis nomen, etc. '. Doimus, à (jui Domnio a fait place, est l)ien ici le même personnage (|uc nous voyons dans les Vies du saint, savoir : disciple de saint Pierre et premier évèque de Salone, né à .\ntioche d'un Syrien, Théodosius, et d'une Grecque -Mygdonia '. Il dispute sur le dogme de la Trinité, dédie une basilique à la Vierge, préoccupations qui ne peuvent guère avoir leur place qu'au iv« siècle. Le Domnius des .\ctes du concile de 924 est donc un personnage nettement légendaire, identique à celui que nous fait connaître la Passio rédigée pour la première fois à peu près dans son état actuel vers le x" ou seulement le xi= siècle. Le texte des deux premières Vies du saint ne dit rien du sort fait à ses reliques, mais les textes l)lus récents suppléent à ce silence et, plus on avance, c'est-à-dire plus on s'éloigne des faits qu'ils ont la prétention de relater, plus les détails deviennent abondants, circonstanciés, merveilleux ^°.
Le thème est celui-ci : vere l'an 650, le corps de saint Doimus a été transporté des ruines de Salone dans la ville nouvelle de Spalato par Jean de Ravenne, premier archevêque de Spalato. La mention la plus ancienne, en apparence, de cette translation se lit dans un alinéa final de la Vie composée par Adam de Paris, alinéa qu'on peut soupçonner n'être qu'une addition postérieure. On arrive ainsi àThomas l'archidiacre, c'està-dire au xiii" siècle, dont la narration est passablement fantaisiste " : à l'en croire, Jean de Ravenne vint chercher le corps de Doimus dans la basilique urbaine (basilica episcopi) de Salone, alors en ruines el obstruée parles ruines elles décombres. Néanmoins, l'archevêque et sa suite découvrirent le sarcophage qu'ils transportèrent à Spalato où ils curent la déception de constater que c'était le corps du martyr Anastase et non celui de Doimus qu'ils avaient rapporté. Sans se décourager, ils revinrent à la basilica episcopi et, cette fois, obtinrent plein succès. Deux autres relations postérieures ont voulu corser la découverte et l'une d'elles n'a rien
p. 14. — ' Farlali, /Hi/ricuni sai-ruiii, t. i, p. 476; cf. J. Zeillcr, op. cit., p. 26, — • Crcscinihcni, Istoria dclla Chicsa di S. Giovanni auanti porta Lalina, in-l", Roma, 1716, 1. II, c. VII, p. 147. — ' Bulié, .Irca dci sanli martiri Salonitani nella cappella di S.Venanzio, dsMS Bidl. di arcli. e stor. daim., t. XXIII, p. 216-223. — * Historia Satonilana, édit. Racki {Monumenta spectantia liistoriam Slamram mcridii^. nalium, Zagrabia-, 1894, t. xxvi, p. 36-38). — • Sur ce nom de Mygdonia qu'on retrouve ailleurs, cf. .AnaZ. boit., 1908, t. xxvu, p. 76. ^ '"J. Zeillcr, op. cit., p. 30. — " //islor. Salonilnnn, édit. Racki, ch. xii, p. 34. Les trois récits ont été publiés A nouveau par Bulir. dans liait, di urclteot. r sinr. daim.. 1902, t. xxv, p. 105. Siipplrin.
DALMATIE
trouvé de mieux que de faire découvrir pur Jean de Ravennc, en 650, sur la poitrine de Doinius, un évanyéliairc écrit cl signé par le saint, évangéliaire conservé ilans le trésor de la cathédrale de Spalato (archives du chapitre) mais qui ne saurait être antérieur au viu= siècle. Le sarcopliage qui contenait le corps du saint est également conservé à la catliédraje de Spalato, c'est un ouvrage païen décoré d'une Diane chassant, sans aucune inscription ni symbole chrétien. Étrange procédé lie reléguer ainsi un des saints les plus glorieux de la cité dans une tombe anonyme, alors que la plupart des autres martyrs, moins honorés que lui, Ijénéficiaient d'uns;u:cophage fait pour eux et portant leur nom. Ce sarcophage découvert par Jean de Ravenne se trouvait, dit-on, dans une chambre funéraire au-dessus de laquelle on a édifié postérieurement une chapelle consacrée aux saints Domnio et Anastasc, vers l'extrémité sud-ouest du cimetière de Manastirine. Notons que nous rencontrons ici une contradiction. Thomas l'arcliidiacre, le rédacteur de l'alinéa final nus au compte d'Adam de Paris placent la découverte du corps dans la basilique urbaine, tandis que l'autre tradition nous emmène vers une chambre funéraire située dans le cimetière. Failati a pris parti pour cette tradition de préférence à la première, cependant « elle tond)e devant cette remarque que jamais on n'a rencontré de sarcophage dans une chambre funéraire semblable à celle dont il s'agit et qu'il eût même été matériellement impossible d'en introduire un, l'ouverture étant beaucoup trop étroite. Celte réponse dispenserait de toute autre. On peut ajouter cependant qu'il eût été vraiment étrange que le plus vénéré des saints de Salone fût resté dans cette tombe, alors que, à une centaine de mètres de distance, les corps de presque tous les autres martxTS de nous connus avaient été, comme on le verra, réunis dans la confession de la basilique cémétériale édifiée à Manastirine '. »
« On le voit,la preuve monumentale n'est guère convaincante ; voyons ce que peut valoir la preuve documentaire.
Des Actes du concile de 924 nous avons dit ce qu'on pouvait attendre. Si le texte est authentique, il s'ensuit qu'au x" siècle certains, à Spalato, croyaient posséder le corps de Doinuis; certains, mais non pas tous, puisque, au x:ii= siècle, le Chronicum punlipcale admettait sans réserve la translation à Home.
Du texte du Porphyrogénèlc nous avons signalé l'insullisance, puisque l'auteur s'expose à d'étranges méprises qui interdisent d'accueilhr ses allirmatioiis autrement que sous bénéfice d'inventaire.
De l'alinéa final ajouté à la Vie par .\dam de Paris, il surgit une grosse dilliculté. Le corps aurait été retrouvé dans la basiUque même élevée et dédiée jadis à la vierge Marie par Doimus, église demeurée debout au temps où l'auteur écrivait : sohique pusl lanlœ iirbis excidium permanet ''; il fallait donc qu'elle fût debout en 650, au moment des recherches de Jean de Havenne, mais c'est ce que Thomas l'archidiacre refuse absolument, puisqu'il veut que Jean trouve un monceau de ruines : ... inijrcdicntesqiic liasilicam Episcupii, con/usa etdissipata onmia repcicnml; rcpklis tnim erat locus illc niinosis Irclis congesliquc inccndiuruin cincrcs, vêpres juin cl vinjulUi produxcrant; ila ul, i/numvis adimc alU/ui supercsscnl, qui locum sciebanl, iiimen quia lumba ipsius sublcrruncis jurnicibus ubsconsu latuerat, non facile disccrni poterat, undc corpus B. Domnii lolUrclur '. Attendons pour prendre ces textes en considération que les auteurs se soient mis d'accord.
' J. Zcillcr, Les origines cliréliennes de la province romu inc de Dalmale p. 32. — ' Fnrlati, Illyricum sacrum, t. i, p. 428. — ' Ihid.. t. I, p. 471. — • J. Zcillcr, op. cit., p. 34. — •l'iirlali, op. cit., t. m. p. 147-148; Kr. Ra('kl, Documenta liisl. Crualiar. \t. 10(i, n. 88. — • Liicius, IJe regno Dalmatiœ et Croaliic libri sex, Amslcloilami, lliljG,
La preuve documentaire ne rendant pas ce qu'on attendait d'elle on s'est rejeté sur l'avenir, lequel ne pourrait manquer de convaincre les plus obstinés en révélant, dans la basilica urbana, les traces de la sépulture fameuse. Des fouilles ont été faites et la basilique n'a livré aucun secret, on n'y a reconnu ni chambre funéraire, ni loculus, ni tombe quelconque; « comme la plupart des églises urbaines construites alors que les corps des saints demeuraient ensevelis dans les cimetières surburbains, où l'on élevait en leur honneur d'autres églises, la basilique de Salone n'avait pas de confession. Le mal fondé de la tradition qui veut que Doimus ait été enterré dans ce monument, puis retrouvé dans ses ruines, est ainsi définitivement établi. Où il ne pouvait rien y avoir, ou ne saurait rien trouver *. »
Restent le diplôme de Swiinmir, roi de Croatie et Dalmatie, daté de 1076 *, et une lellrc d'Innocent II ii Ciaudentius, évèque de Spalato'. Le diplôme prouve l'existence de la croyance à la possession du corps de Doimus, mais non pas sa réalité; la lettre de 1139 n'a pour reconnnandation que l'auteur qui l'a publiée, nul ne l'a vue et son authenticité reste sujette à caution.
l'n dernier document a été invoqué. C'est une inscription gravée sur l'ancien tombeau de saint Doimus dans la cathédrale de Spalato. Au milieu du couvercle on lit ■ :
t Hic requicscil corpus bcali Domnii Salonitani archiepiscopi discipuli sancti Pclri apnsloloruin principis Iranslalum ab Salona in Spalatum <i Joimnnc ciusdeni salis archiprcsulc
Ht tout autour on lit :
I- Hoc habel egregio ses sua membra sepukro. Dominas imtiquœ qui xpi dogma Saloncc. monstravil psul. qunq. mar, tir factus eiusdem. discipulas Pétri pariter fuit i\te beuti ■ — hœc Spalali psul hue trunstulit indc Jolis tempore post lougo cuin nfinnuUi duhitarcnt un foret l:ic corpus an hinc foret artc rchitwu. — rlaruit id cunclis perpauei putauerunt. arehi pstd enim Indus Crescentius urbis marinora disiunxit. seul corpus pateficit. mille di. ceidum 1res affore credimus annos tune cl apostolicus pascalis constitit orbis dena fuit, multis patet hoc indi clio doctis. amen,
tempore quo J'ranciscus erat Foscarea proies ^
(lux Venetum et virtute sua clarissimus orbi cl cleri maripetro suis dum privsul œdsset nwribus et vita Franciscus scmpcr amandus et quo Spaleluni Jacobus ratione yubernat Gabriel et eunctis cœlorum laudibus equus mille quater centum dum Pltœbus t>olvcrct aniius et iani ter noiws nouembris mense peracliun | luram
h m.o.Boninus de Milano fecit istam capelliun et .sepol-
Le début, qu'on voudrait faire remonter au vu" siècle, n'est certainement pas antérieur au xiii» ". Karanuuieo ' a eu pleinement raison d'attribuer le tout ù l'année 1427 cl de repousser les divisions imaginées par Farlali. Il en résulte que l'assertion sur la présence du corps de Doimus à Spalato est purenuMit gratuite. Thomas l'archidiacre qui a écrit ijostérieuremenl i"! la date où nous reporterait l'inscri|)lion, à supposer que le
I. V, cil. XIV, p. 01. — ' l'arlatl donna une Irunscription iiiexiiclc; KukuIJcvii-, Codex <liplomnticus regni Croatiœ, Dalmatiw et Slavoniw, l. il, p. 235, a doiiiié un texte sincère, reproduit par .1. Zcillcr, op. cit., p. 37-38. ■ — • Sloria p leggeuda di .S. Domnione o Doimo, Spiiliitu, ItIUl, p. 44; .1. Zcillcr, op. cit., p. 3S. - ' Hillcssioni, p. 8-11.
liAI.MATIK
fait fut vrai, n'en a rion «lit, soit qu'il n'tn ait rien su, soit qu'il n'en ait rien cru.
De toute cette discussion il reste ceci. Les corps de Uoninio et Anaslase furent transportas de Salone à Home sous le poiililiial d'un pape nonnné Jean, Dalniate d'origine, l.e transfert par Jean de Ravcnnc, cvOquc de Spalalo et métropolitain de Dalmatle, mentionné par Tliomas l'arcliidiacrc plus de cinq cents ans avant l'événement, n'a jamais été opéré, du moins par le Jean en quesliim qui n'a jamais existé. Ce Jean est tout simplement un double du pape Jean X, ancien métropolitain de Ravennc, pape en 914 et réorganisateur de l'Église dalmale. l'.n 021, un document — douteux, il est vrai — parle de l'existence du corps de Doimus à Salone. Ce ne i)eul être celui de Domnio dont nul indice ne permet <le supposer le départ de l'omc, toutefois quelques parcelles auront pu être restituées par un pape, mettons par Jean X, à titre purement gracieux. Ces parcelles déposées auprès des corps saints demeurés à Salone ont pu donner naissance à l'identification d'un de ces corps intacts avec des poussières rapportées de Rome et expliquer comment se forma, non sans résistance, la légende que fortifia la l'assio et ses diverses recensions. On peut tenir cette légende comme définitivement établie à partir du xiW siècle pour la majorité des liabitants de Spalato. A cette époque précisément Thomas l'archidiacre alla à Rome et ne put manquer d'apprendre que la chapelle Saint- Venance au Latran possédait le même corps qui reposait à Spalato. Thomas ne fut pas embarrassé pour si peu, il imagina deux saints, l'un sous Trajan, l'autre sous Diocléticn, l'un Domnius (ou Doimus) et l'autre Donmio. Ce dernier n'était pas salonitain, mais parmesan. C'était de Juliu I-identia, près de Parme, que ses reliques avaient été expédiées à Salone, déposées à côté de celles de Uoimus, puis découvertes et emportées à Rome par l'abbé .Martin, tandis que Doimus se cachait de son mieux ])armi les ruines en attendant la visite de Jean de Ravenne.
Il est bien VTai que le Martyrologe hiéronyniien et la mosaïque du Latran ne s'accommodaient guère de ce Domnio cubiculaire impérial et parmesan puisqu'ils le voulaient évèque de Salone, aussi on ne s'obstina pas à lui refuser ce titre et, dès le xin" siècle. Domnio fut rétabli dans son rang épiscopal par le Bréviaire de Spalato sans préjudice du collègue Doimus qu'on lui imposa et qui reçut même de l'avancement, on le fit archevêque, c'était bien le moins qu'on put faire pour un disciple de saint Pierre '.
11 avTil ; In Salona stincii Domnionis episcopi et... nmrtirum.
7 mai : Domnii Salunituiii archiepiscopi cl mariiris. « Il est à remarquer du reste que, bien que ce document semble dire le contraire, l'Église de Spalato, fidèle en cela à la tradition vraie, ne célébrait en réahté la fête ou plutôt les fêles que d'un seul Doimus ou Domnio. La fête originelle du 11 avril avait été transportée au 7 mai, jour auciuel on avait peut-être commémoré primilivenient «pielque translation de reliques, par exemple le retour au cimetière de Manastirine après un transfert en ville lors des invasions barbares du v^ siècle. C'est ce que nous apprend le Marlyrologiiim Illyricum de Coleti % où nous lisons au 11 avril
* A. Bcrtoldi Brcuiurio ad uso délia CItiesa di Spalato, già Salonilana, dans Archivio Venelo, 188G, p. 226-251. — ' Marlyrologiiint Illyricum l'nbiano Blascovichio episcopo Macarensi dicainm. Acndiml iwlaliones et de hoc opère commenlarioUim ainlore Jacobo Coleto oliin Soc. Jesu prexb., ■Vcnctiis, 1812. — » Ilancl. S/o(ii(« et leges civilalis Spalali, dans Moniimrnta hist. jtirisd. Slav. meridion., Zagrubia, 1878, f. I, part. 2, p. 1, G, 7, IG. — ' En 1S8G seulement, l'évfque do Cattaro, originaire du diocèse de Spalato, a Introduit dans le diocèse qu'il gouvernait l'usage de fêler I)U;t. d'arcu. ciinKT.
pour Salone, — aprcs cette mention où il faut voir encore quelque déformation de l'histoire véritable : Passio S. Dalmalii et aliorum i/undrarjinla JV marli/nim, qui Chrisli lidim ne di.scipliruim a fi. Jjomnin epiac. SaUmiluno suscvplam suo suiujuinc confirmarunl, - cette autre mention : I-cxlii commemoralio ejusdem SU Domnii, suivie du reste de celle troisième qui a aussi son intérêt : In iJalnialin : Sancturum marlyrum Miitiri, Anuslusii, Seplimi, Asterii, Antiochiani, Telii, Caiani et l'aulliniani, (/ui pro Christo in Ualmatia passi. Eorum cor para cum sacris lipsanis S. Venanlii Ep. Sulonilani inde Homam translata in Laterano quiescunt.
• Saint Domnio n'était donc plus que commémoré au 11 avril, tandis qu'au 7 mai on trouve dans le même martjToIoge : Sahnw. Passio S. Domnii ep. Sulonilani primi et marlyris. .Mais ce n'étaient pas deux saints différents qu'on fêtait, et on peut croire que Doimus et Domnio, tous deux évêques de Salone, mais le premier grandi du titre d'archevêque, que mentionne le Bréviaire de Spalato, influencé évidemment par la tradition du dédoublement, n'étaient pourtant pour le clergé et les fidèles qui célébraient ces fêtes qu'un seul et même personnage. Et de même, dans les Statuts municipaux de 1312 Ml n'est question que d'un seul beuli domini marlyris, avec des règlements spéciaux pour la fête principale : dies /eslivitatis sancli Domnii.
« Les Directoires liturgiques des autres diocèses de Dalmatle témoignent de la vérité historique, malgré les erreurs qu'on y relève, en ce sens du moins qu'on n'v rencontre qu'une seule fêle cl qu'on y voit du premier coup que la Dalmatie ne rendit jamais de culte <|u'à un saint Domnius ou Domnio, évèque de Salone. Ainsi le Directoire liturgique du diocèse de Raguse porte au 12 avTil : S. Domnii episcopi cl marlyris; pas d'autre fêle au 7 mai, ni à nulle autre date. Celui de Cattaro porte au 15 avril : SS. Domnionis et sociorum marlyrum ; au 7 mai : saint Stanislas, rien de plus •. Ceux de Zara et de Sobcnico portent au 7 mai : S. Domnii cpisc. Sulonilani marlyris. Seul donc le calendrier du bréviaire de Spalalo indique deux fêles, et, en apparence, distingue deux saints.
« Mais, dans le domaine strictement Uturgique même, il reste une dernière raison, prouvant non seulement qu'il n'y eut à Salone qu'un Domnio, ce qui n'est, je pense, maintenant plus en question, mais que, malgré le dédoublement des persomiages dans la tradition des auteurs, on n'y en honora jamais qu'un; voici cette raison : l'Église de Spalato fête le 7 mai. avec olTice et messe, saint Domnius évèque et martyr; d'autre part, à la même date, le martyrologe romain ne mentionne pas de saint de ce nom. Or, des règlements des papes Pie V, Sixte-Quint, Urbain VIII et Clément VIII défendent absolument de célébrer, soit par la messe, soit par l'oflice, un saint quelconque qui ne serait pas inscrit au martyrologe romain. I-'orce est donc bien d'admettre que le saint Domnius que lÉglise de Salone célèbre ainsi le 7 mai n'est autre que celui qui est inscrit dans le martyrologe au 1 1 avril '. s
IV. n<^ SIÈCLE. — Entre les hommes aposlolii|ue$, Tile cl Luc, d'autres encore peut-être, et Donuiio évèque et martyr sous Dioclétien, probablement en 30-1, le
saint Domnio au 7 mai. — > J. Zcillcr, op. cit.. p. 44- 46. Enfin, c'est un fait égnionient 1res digne de remarque que le dédoublement n'a pas passé dans les catalogues épiscopaux : ils anticipent Domnio de deux siècles, mais ils ne lui donnent pas de double. Dans I» tradition ofTicielle de l'iîglisc spalatiniennc il n'y a bien décidément qu'un Domnio. G. Hervaldi. .\lciinr a.tseri>azioni ai duc ultimi opiiscali rfrj sac. Pielni Laer ri G. G. M. iniorno a S. Doimo ivscotn e martire di Salona, in-<5°, Fiunie,