‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 102 sur 251 · Leclercq · texte numérisé non relu

Leclercq

DENIER. — Les textes ciue nous éludions mentionnent à maiiUes reprises l'usage du denier. Il est nécessaire d'être fixé sur la valeur de celle pièce de monnaie, lue pièce de monnaie est susceptible de posséder une valeur inlrinsèquesuivant lepoids de métal lin contenu dans la pièce; valeur commerciale, c'est-à-dire quantité moyenne de marchandises que la pièce peut permettre d'acquérir; valeur sociale, c'est-à-dire nomlire de pièces, autrement somme d'argent à dépenser pour

' Uclat Ire, Les déiicndanccs de la basilique de Damous-el-Karita, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1911, p. 582, flg. 7. — ' Gscll, dans Bull, arehéol. du Comité des Irau. hisl., 1901, p. CLxi-cr.xii. — ' H. Lcvasseur, Histoire des élusses ouvrières et de l'industrie en France avant 1789, 2« édil., in-8°, Paris, 1900, t. i, p. 113, note 1 ; L. Blancard, Les trois sens du mol - dcnttriiis <■ dans tes lois lutrbtu'fs et

vivre dans chacune des classes de la société et y vivre au niveau de ses pairs.

Pour éclaircir ce dernier point, les documents font tout à fait défauL

Sur la valeur commerciale, l'édit de Dioclétien (voir Dictionn., t. m, col. 2378-23S1) fournit d'utiles renseignements. Mommsea a beaucoup hésité : en 1851, il estimait que le denier ne valait pas moins de 10 cent. 7; plus tard, il ne l'estimait plus que 4 cent. 2 environ et finalement déclarait toute certitude impossible. En 1864, Waddington tenait le denier pour la 288e partie de l'aureus auquel il attribuait, par simple approximation, un poids égal à celui de l'or fin contenu dans 17 fr. 78, ce qui mettait la valeur du denier à 6 cent. 2. Ph. Lebas proposait 4 centimes, Hultsch et Marquardt 3 centimes, Borghesi et Dureau de la Malle 2 cent. 5, Levasseur 2 cent. 125, d'autres 1 centime. En 1883, P. Blancard entreprit de démontrer que le sigle -^ représentait seize fois une petite monnaie de compte (|ui avait été le 8 OOÛi^ et, sous Dioclétien, le 0 000' seulement de Vaiircuo, lequel avait contenu, du temps d'Auguste, autant d'or que 26 fr. 52 et n'en contenait plus que pour 18 fr. 75 environ à la lin du iii« siècle. L'aureus étant taillé à raison de 60 à la livre (327 gr. 45) valait 18 fr. 75 et faisait 6 000 téronces dont seize valaient un denier, soit 4 cent. 992, ou 5 centimes en nombre rond.

M. Babelon assigne à la monnaie de l'édit une valeur d'environ 2 cent. 5. Sous Dioclétien, dit-il, on voit apparaître, comme monnaie d'appoint, des pièces de billon très bas qui n'ont que 1,50 d'argent contre 98,50 de cuivre, zinc et étain. Ces pièces sont de deux espèces : l'une qui pèse environ 10 grammes est marquée 21 (xxi sesterces) et l'autre pèse 2 gr. 50. La première est la pecunia major ou majorina et la seconde est le tiummus centcnionalis ou sesterce de bas billon. Il fallait 756 de ces niimmi pour équivaloir à un aurcus; dans l'édit de Dioclétien, vingt-cinq de ces pièces représentent le salaire d'une journée de terrassier. M. Babelon incline à penser que ledit ayant paru deu.x ans environ après la réforme par laquelle Dioclétien avait voulu rétablir une bonne monnaie, avait surtout pour but la fixation des prix d'après la nouvelle monnaie '.

La découverte faite à Élatée, en 1885, d'un fragment de l'édit contenant, entre autres lignes, celle-ci :

ôXo/.OTTtvoi; Xi

c'est-à-dire :

or fin en lingot ou eu

monnaie, Uvre 1 deniers 50 000

a apporté une nouvelle donnée très importante au problème. Mommscn et Blumner tiennent la question pour résolue et, selon eux, si la livre d'or (327 gr. 45) était cotée 50 000 deniers, c'est qu'on taillait 50 000 deniers dans la livre d'or. Le prix du kilogramme d'or fin étant 3 444 francs, le denier équivalait donc à 2 cent. 025.

0. Seek et E. Levasseur tiennent, eux aussi, pour l'évaluation tirée du prix de la livre d'or.

Toutefois E. Blancard n'admet pas cette interprétation et fait observer que l'édit fixait non le prix normal lies marchandises, mais un maximum que ces prix ne devaient pas dépasser, que, par conséquent, l'or pouvait, devait même être coté au-dessus du prix qu'il avait sur le marché en temps ordinaire, que, si l'cmpi-

lesCapitulaires de Cliarlemayne, dans Mémoires de l'Académie des sciences, beUes-lettrcs et arts de Marseille, 1881, 1885,

1. I, p. 225: Le sigle monétaire X barré du denier romain et le monogramme du chitire XVI, dans même recueil, t. i, p. 239; Comptes rendus de l'Acad, des inscr. et belles-lettres, 1890, t. XLIV, p. 310. !•:. Biilulnn. au nuit Monnaie ilans la Grande encgclopédie.

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