‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 129 sur 251 · DEUS IN ADJUTORIUM · texte numérisé non relu

DEUS IN ADJUTORIUM

DEVISE

l'aide de Dieu au début de la prière, sous la forme du Deus in adjatoriam, ou sous celle du Domine labia mea apcries, fut inspirée à saint Benoît par le désir de s'opposer aux erreurs semi-pélagiennes qui avaient cours de son temps même parmi les moines '.

Mais même en dehors de cette hypothèse, il est possible que cette pratique ait été suggérée à saint Benoît par le chapitre x des conférences de Cassien, dans lequel l'auteur célèbre avec un enthousiasme presque lyrique la vertu et la haute portée de ces paroles -.

Enfin on pourrait encore supposer que cet usage du Dcas in adjatoriam comme début des prières de l' office est antérieur à saint Benoît. Cassiodore, son contemporain, en parle comme d'une coutume déjà ancienne : Hune lociim, dit-il en faisant allusion à cette conférence de Cassien déjà citée, faeandissimus Cassianus, in décima collatione, plurima de ejus ulilitale disscrens, ianto honore concélébrai, ul quidqaid monachi assampserint, sine iiujus versivuli rniNA h'epatione NON iNcaoENT ; qiicm repetita ssepias lande congeminans, nimis ulilcm esse probal ejus mcmoriam ".

On fait quelquefois remonter à saint Grégoire l'adoption du Deus in adjuiorium pour l'olTice roinain, mais c'est douteux *. L'usage doit être plus tardif.

Le Ralionale de Durand fait encore allusion à l'ancien usage : Compiles commençant par le verset : Converle nos Deus; les heures du jour par Deus in adjatoriam; les heures de nuit par Domine, labia mea aperies °.

Walafrid Strabon constate déjà que de son temps, comme encore aujourd'hui, le Deus in adjuiorium n'est pas employé à l'office des morts, ni pour l'office de la semaine sainte, tristitiee videlicet significandi causœ, dit-il °. Mais ce n'est peut-être qu'une survivance de l'antique habitude romaine de commencer l'office directement par la récitation des psaumes, sans autre introduction.

Le rite mozarabe n'emploie pas le Deus in adjuiorium au commencement des ofTices, mais le Kyrie eleison.

Les Grecs commencent le leur par le Trisaijion.

Bibliographie. — Bàumer-Biron, Histoire du bréviaire, t. I, p. 146, 246, 361, etc.; Bona, Opéra, .\ntverpiae, 1677, De divina psalmodia, c. xvi, 4, p. 822; Catholic Encyclopœdia, au mot Deus inadjulorium, t. IV, p. 761; Smith, Diclionanj oj Christian antiqailies, à ce mot; Kirchenlcxicon, à ce mot; Dom Maur Wolter, Psallite sapienter, Freiburg, 1905, t. ii, p. 6u8; Dom E. Martène, De monach. n/iftus; p. 5, 23. F. Cabroi,.

DEVINERESSE. — Il ne sera question ici que d'un seul monument, un anneaii en or fin, du poids de 24 gr. 20, trouvé vers 1852 aux environs de Mulsannc (canton d'Ecommoy, Sarthe). Cet anneau se comi)Osc d'une tige massive, sur les branches de laquelle a été soudé un chaton : cette tige, dont l'ouverture est de 20 millimètres, est ornée, à droite et à gauche du chaton, d'un fleuron, d'une torsade et d'un demi-cercle, décorés d'un pointillé. Le chalon mesure 0'"004 en saillie sur la tige et se présente sous la forme dune

'Cf. Baumer-Biron, lac. cit. — 'Cassien, P. L., 1. xlix, col. 831-836. C'est par erreur qu'on a fait remonter jus- <[u'à cet auteur, ou jusqu'aux l'éres du l'Orient dont il expose les Idées et les usages, l'emploi du Deus in adjuiorium dans rofTlce. Cassien dans tout ce chapitre ne parle de ce verset que comme d'une oraison jaculatoire. C'est ce qu'avait déjà remarqué 13icl<ell, dans Kalliolik, 1873, t. II, p. 417 sq. Cf. aussi Bâumcr-Biron, /oc. cit., t. i, p. 146, 246 et 373. — • In exposil. in psalm. I.XIX, P. L., t. I.XX, col. 492. — • Cf. la note P. L., t. xlix, col. 834. — ' Durand, Bation., I. V, c. ii. — 'Liber de rébus' eccles., c. XXV. Voir aussi les usages indiqués par De Moléon,

plaque rectangulah-e de O'"014 sur U^OIO à O'^On. Sur la tranche ont été niellés ces deux noms :

DROWIACIVS BETTA

• Nous devons à Maximin Deloche (voir ce mot) un dessin et une description de cet anneau des plus intéressants :

« Sur la surface de la plaque, dit-il, sont gravés en creux deux personnages debout : l'un est un guerrier,.

IVi B ET^Al

3723. — Anneau de Mulsannc.

D'après JI. Deloche, Étude historique sur les anneaux, p. 50.

dont la visière du casque est rabattue sur le visage tourné vers le deuxième personnage; sa main droite lient une lance; le bras gauche est pendant et la main est ouverte comme en signe d'acceptation ou d'acquiescement. Le deuxième personnage est une femme, dont la tête nue est tournée vers le premier; sa longue chevelure, rcjctée en arrière, retomlie à la hauteur du genou; une tunique sans ceinture la couvre du cou jusqu'aux pieds. Sa main droite, ouverte et levée à la hauteur du visage de son interlocuteur, fait un geste qui paraît être celui d'une devineresse énonçant avec emphase sa prédiction '. »

Le premier propriétaire de cet anneau y vit « une scène d'invocation empruntée aux mylhcs druidoégyptiens. II n'y a, ajoutc-t-il, rien de romain dans cette scène ; le guerrier porte le vêtement court et serré à la taiUe, à la manière des Gaulois; la femme offre incontestablement le type d'une Velléda nationale ". » Il est peu probable qu'il s'agisse d'invocation tandis que la scène de prédiction ne semble pas douteuse.

E. Le Blant est d'avis de placer la fabrication de cet anneau à une basse époque"; E. Ilucher est plus précis et pailaitduvsiècle'", tandis que Cochet " le tient pour contemporain de Childéric I" (457-481) et M. Deloche se range à son opinion '-.

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