NATALE S
JMIM ART IS DIE Xllll KAL MAIA
Natale S[epli]mi marl[i/r]is die xiiii kal(endas) maia(s) Les deux tombes semblables à celle de Septimius et différentes des autres tombes qui se voient sous la confession de la basilique sont évidemment celles de ses compagnons, et ceux-ci sont bien au nombre de deux; l'association Septimius, Victoricus, Hcnnogenes, semble donc décidément justifiée '. »
Le martyrologe nous montre en Septimius un diacre et la mosaïque du Latran lui donne en effet le vêtement ecclésiastique, nous n'avons aucun indice touchant ses deux compagnons, mais sa présence sur la mosaïque donne lieu de croire que ses restes furent également apportés à Rome ^°.
XIV. AciDius. — Une inscription lue sur un sarcophage faisait connaître ce nouveau saint " ; même on retrouva, dans le cimetière de Manastirine, la basilique qui lui était dédiée. Cependant, à y regarder de plus près, on s'aperçut qu'il faut corriger ainsi la lecture de l'inscription :
rfcpolSITIO BE[a]TI ACIDl \l(iri) D(evotissimi) COMliUn die rfepoJSITIO BE[o''j \/(iri) D(evoli) COMITIACIDI....
nier sur le p(u/ciis portant les noms des soldats; sur la mosaïque Asterius reparaît et prend place du côté droit entre Anastase et Telius, cependant le martyrologe hiéronymien l'ignore absolument, aussi bien au 11 a\Til qu'à tout autre jour. La mosaïque nous montre .\sterius en vêtement sacerdotal, c'est tout ce que nous savons de lui.
XIII. Septimius. — Cette fois, le martyrologe va nous renseigner, à la date du 18 a\Til :
Salona civil. Seplimi diacnni Yiclurici et alibi Hermogenis (ms. de Berne), — Salnnas civi seplimi diac. viclorici cl alibi bcrmoginis (ms. d'Epternach), — /;i Salona civilale NtU scorum seplimi diaconi viclurici cl alibi hcrmonis (ms. de Wissembourg).
Cette mention, ainsi que celle de Domnio le 11 avril, dérive du martyrologe syriaque de 412, abrégé luimême d'un martjTologe oriental. L'abrégé n'a conservé pour Salone, au 18 avril, que Septimius et Ilermogenes; que faire alors de Viclorius ? Peut-on l'accueiUir parmi les martyrs salonitains ? ou bien faut-il le traiter en intrus et renvoyer en Afrique, sa patrie, ce saint vagabond qui s'est permis d'enjamber la barrière que lui dressait cependant la rubrique suivante du martyrologe : In Africa Victoris... " ? Auparavant, remarquons que le cimetière de Manastirine a livré des inscriptions chrétiennes sur lesquelles on lit les noms de Victoricus et d'IIermogenia, l'un est Vicliiricus advocalus ', l'autre Valeria Hermogenia, honesla lemina ', » et il paraît naturel de conclure du port de ces noms que Victoricus et Hermogenes, tenus chacun par
'J.Zeiller,o;j-ci'(.,p.l7,88;.lna;. (>o«.,1908,t.xxvii.p.76. — ' Corp. inscr. lat., t. m, n. 8562, 8563, 856.i. — ■ Anal. boU., 1897, t. XVI, p. 495 ; 1904, t. xxiii, p. IG. — ' ^1/ia/. boll., 1901, t. xxiii, p. l.î-16; J. Zcillcr, op. cit., p. 88 89; Bulic, i'. Fi- Ucc martire di Salona sdIIo Diocleziano, in-S", Romn, 1913. —'H. Dck-haye, dans Anal, boll., 1899, t. xviii, p. 391. — • Corp. in.ier. lai., I. m. n. O.'jlO. — ' Corp. inscr. lai., t. m, n. 9621. — 'Corp. inscr. lai., t. m, n. 9545, 9.550, 12864; Bull, di slor. e arch. daim., t. vin, p. 115, n. 100 : .Iclir, 1 monumcnii scrilli, dans Ephcimris Salunilunii, 1894, pi. i\ ,
Il n'est plus question d'Acidius, dont le nom même manque, nous savons sa profession : comiliactis, c'est à-dire une sorte à'agcns in rébus.
XV. Men".\s. — Dans le cimetière de Marusinac, une plaque de marbre brisée en deux fragments a donné ces mots (fig. 3510) ^- :
+ O AnOC MHNAC +
3510. — Inscription de saint Menas.
D'après Bull.di arch. e stor. daim., t. xwi, p. 80, flg. 1.
Les caractères indiquent une époque assez basse et les croix aux extrémités figurent sur d'autres inscriptions de Salone du vi« siècle. Le marbre est opistographe et avait déjà servi; le second fragment fut trouvé à quinze mètres de la confession de l'autel de la basilique de Marusinac.
Qui est ce Menas ? Est-ce le martyr égyptien (voir Dictionn., t. i, col. 1114, 1725) ou un saint local, son homonyme "? Une note rédigée en 1703 et trouvée dans un manuscrit consacré à l'histoire de Spalato y mentionnait la présence d'un reliquaire de « saint Menas martyr " » et semblait favoriser la deuxième interprétation, à condition toutefois de faire la preuve que la
n. 1 . — • J. Zciller, op. cil., p. 90. — " Ibid., p. 91. — " Corp. in.wr. lat., t. m, n. 9556, 12865 ; II. Dclchayc, .4na/. («o//., 1904, t. xxiii, p. 10-11; 1899, t. xviii, p. 399; Bull, di arch. c stor. daim., t. xxiii, p. 294 ; J. Zciller, op. ci/., p. 91 ; .leliè,/ monumcnii .tcrilli c pqurati dci martiri .Salonitani, dans Ephemeris Salonltana, 1894. pi. iv. n. (>. " BiiH. di arch. c slor. daim., 1897, p. 72; 1899, t. xxii.p. 8(1; Anal, boll., 1899, t. xviii, p. 405; 1904, t. xxiii, p. 15; .(. Zelller. op. ci/., p. 92-95; Corp. iwscr. lai., t. m, n. 14896. — "Bull. arch. c slor. daim., 1900, f. xxiii, p. 124 sq.
D M.MATIR
4fi
relique n'avait pas été apportée d'ailleurs. On s'est rabattu sur le célèbre Menas d'Egypte tout en objectant que l'inscription avait peut-être désigné primitivement une statue dans la basilique ', ou liien qu'elle avait pu être apportée d'Egypte par des pèlerins. Autant d'imaginations sans fondements. Entre temps l'explication véritable se faisait jour. Le musée de Spalato conservait depuis des années une ampoule de saint Menas (voir Diclionn., 1. 1, col. 172.5 sq.) de provenance dalmate et d'authenticité certaine -. Depuis, une autre ampoule a été rencontrée à Sinj. en Dalmatie ' ; nul doute possible que toutes deux n'aient été apportées d'Egypte et ne se rapportent au saint de Cotyée. Quant à la plaque de marbre, il parait \Taisemblable qu'elle aura servi à cou\Tir un dépôt de reliques ou d'eulogies rapportées du fameux sanctuaire voisin d'Alexandrie.
Qu'il s'agisse de Menas l'Égyptien et non pas d'un Menas salonitain, on n'en peut douter. Cependant il est nécessaire de remarquer qu'il a pu exister plusieurs saints homonymes. Menas de Cotyée, le nôtre, était honoré dans les martyrologes le 11 novembre, jour de fête solennelle à Alexandrie '; mais les ménologes grecs mentionnent au 10 décembre un Menas qui semble différent du premier et se trouve associé à deux personnages désignés sous les noms d'Eugraphe et Hermogènes ^ Cet autre Menas est alexandrin et Tillemont estime que ses actes constituent « une histoire aussi méchante qu'on puisse voir ' « dont l'auteur cherche à se donner pour saint Athanase d'Alexandrie '. Il semble que tout est bien alexandrin dans cette affaire et voici que. par une coïncidence étrange, ces noms si rares, Hermogènes et Eugraphe, qui figurent dans le groupe du 10 décembre, nous les retrouvons à Salone. Hermogènes y fut martyr, nous l'avons déjà rencontré; quant à Eugraphe, nous le trouvons sur une inscription relevée au cimetière de Manastirine, dans la confession de la basilique et commémorant le chorévêque Eugraphe '. N'est-ce qu'une co'incidence ou bien est-ce plus et mieux que cela, est-ce une piste vers l'existence d'un saint local nommé Menas ?
Quoi qu'on en puisse penser, le rapprochement des trois noms entrés dans la ■' méchante histoire » se fait une fois et se fait à Salone. Et cependant la rencontre n'est pas absolument démonstrative. Les preuves manquent d'abord pour établir que les éléments de la légende fabuleuse du 10 décembre doivent être cherchées en Dalmatie. En outre, les hagiographes d'autrefois ne se gênaient pas pour faire entrer un même personnage dans diverses combinaisons, et le grand éclat attaché à la personne du saint égyptien a pu suggérer l'idée de le mettre en relations avec des martyrs dalmates de moindre notoriété. L'idée en était pour ainsi dire suggérée par le culte des ampoules venues jusqu'en Dalmatie. Les ménologes grecs, si accueillants, eussent au besoin exécuté cette petite opération, à supposer qu'ils ne l'aient pas trouvée déjà faite.
' Rômische QuarlalschriH, 1899, t. xiii, p. 330-331. — ' BuU. di arch. e stor. daim., 1901, t. xxiv, p. 55 sq. — » Ibid., 1904, t. XXVII, p. 14 sq. — • H. Geizcr, Leonlios uon NeapoUs, Leben des heil. Joliannes des Barmherzigen, in-S°, Frelburg, 1893, p. 101. — ' Deux rédactions : 1° P. G., t. cxvi, col. 92; cf. Anal, bail., 1897, t. xvi, p. 320 ; 2° Cal. codd. hagiogr. grœcor. bibl. nat. Parisiensis, p. 129, 322; Cal. codd. hag. gra-c. bibl. Valicaniv, p. 7, S, 60, 61, 62, 134, 140, 187, 223. — • Tillemont, Mém. liist. eccUs., t. v, p. 759. — ' H. Delehaye, Saints d'islrie et de Dalmatie, dans .-Ina;. bolL, 1899, t. xviii, p. 406. — • Corp. inscr. lat., t. m, n. 9547; Anal, bail., t. xviii, p. 406; J. Zciller, op. cit., p. 93; Dictionn., t. m, col. 1444. — ' Ephemeris Salonitana, Jader, 1894, pi. v, n. 10; J. Zeiller, Quelques détails nouveaux sur l'histoire des origines chrétiennes dans la province de Dalmatie, dans BuU. di archeol. e stor. daim..
XVI. La liste épiscopalf. de Salone. — 1» Domina. — Nous avons parlé de cet évêque, mis à mort le 10 avril 304 (voir col. 34-35).
2° Venance. — lïvéque et martyr, successeur probable de Domnio, sinon dès 304, du moins avant 312. l'eut-être est-ce à lui que se rapporte un fragment de [iluteus en marbre trouvé à Maïuastirine • :
IVrnnnlC!)] |VS.
3" Primus. — Ce nom et ce personnage étaient tout à fait inconnus avant la découverte du sarcophage dans la confession de Manastirine: la paléographie de l'inscription est celle du iv siècle '" :
DEPOSITVS PRIMVS EPI SCOPVS XII KAL- FEB- NE POS DOMNIONES MARTORES
neposilus Prinms episcopus xii k(il(endas) lcbr(uarias) nepos Domnion<^iys mart<!i^r<iys. Le seul martyr connu du nom de Domnio est l'évèque de Salone. Primus était donc son neveu. Le sarcophage contenait un squelette qui peut être celui d'un adulte entre quarante ans et l'extrême vieillesse; sa qualité de neveu de Domnio mort en 304 ne permet qu'une indication chronologique des plus vagues sur la durée de la vie et les dates d'épiscopaf de Primus. En tous cas, on peut croire qu'il avait disparu avant l'année 343, puisqu'à cette date l'Église de Salone était gouvernée par :
4° Ma.Timus. — Son nom se lit parmi ceux des destinataires de la lettre adressée à un certain nombre d'évêques par le conciliabule de Sardique ". Peut-être est-ce à lui que se réfère une inscription mutilée de Manastirine, gravée sur une plaque de marbre dont on a relevé les débris non loin du pluteus de Domnio, et où l'on a lu '^ :
EPOSTIO
Ce serait le premier exemple salonitain d'une épitaphe épiscopale contenant le mot depositio qui de\'ient fréquent à Salone après le milieu du iv« siècle.
5° Gaianus. — Une hypothèse prématurée attribuait au martyr Anastase l'inscription ainsi restituée" :
DEPOSI[/io Anastasii martgris die V I]\ ■ KAL • SEP •
!. Le second fragment seul était connu lorsque M. De Rossi commenta les monuments relatifs aux martyrs de Salone. Il chercha aussitôt, parmi les saints dalmates, quels étaient ceux dont la fête se célébrait dans la seconde moitié du mois d'août. Le Martyrologe hiéronymien n'indique pour cette période que saint Anastase le foulon : vu. kal sep. in Saloiia civilalc sancli Anastasi marlyris. On pouvait donc admettre, avec une certaine probabilité, la restitution vu kal.
1908, t. XXX, p. 173-174, a apporté de nouveaux arguments ingénieux en faveur de rantériorité de saint Venance par rapport à Domnio. — "Bull, di arch. et stor. daim., 1900, t. XXIII, p. 274 sq. ; Suouo bull. ai arch. crist., 1900, t. vi, p. 275-283; Corp. inscr. lat.. t. m, n. 14897; Annal. boU., 1904, t. xxin, p. 6; J. Zeiller, op. cit., p. 16-17, 99. — "Mansi, Cône, ampliss. coll., t. m, col. 126; Hefele-Lcclcrcq, Hist. des conciles, t. i, part. 2, p. 743 sq. ; J. Zeiller, op. cit., p. 108. — '= Bull, di arch. c stor. daim., 1900, t. xxiii, p. 268, n. 322 b, 697 a: J. Zeiller, op. cit., p. 100. — " Jclic, Monum. dei martiri, dans Ephemeris Salonitana, pi. iv , n. 2; De Rossi, Bull, di arch. cri.':t., 1879, p. 108-114; H. Delehaye, S. Anastase, marlgr de Salone, dans Anal, bail., 1897, t. XVI, p. 499; Bull, di arch. e stor. daim., 1880, t. m, p. 36 sq.; 1892, t. xv, p. 177; Corp. inscr. lat.. t. m, n. 13134; .1. Zeiller, op. cit., p. 75-76, 100.
DALMATIE
sep. cl conclure que l'inscription se rapporte à saint Anastase. Avec la circonspection qui caractérise sa critique, M. De Rossi s'est contenté d'énoncer la conjecture, en insistant sur la nécessité de demander à de nouvelles fouilles un supplément d'information ^ »
Ce supplément a été fourni et a permis d'écarter la restitution prématurée et injustifiée. Un troisième fragment fut retrouvé qui complétait l'inscription et obligeait de lire (fig. 3511) = :
3511. — Inscription de Gaiamis.
D'après BiiUet. di archcot. e storia dalmat.^ 1901, pi. i\.
Depositio sancii Gaiani {episcopi)..., kalendas septembres. Il ne s'agit plus d'Anastase, mais de Gaianus; mais lequel ? Ce nom se rencontre trois fois sur l'épigraphie antique de Salone : 1° sur le plateus des cinq martjTS Antiochianus, Gaianus, Telius, Paulinianus, Asterius; 2° sur un sarcophage portant ces mots : Depositio Gaiani die '; 3° sur les fragments ci-dessus. Nous avons donc Gaianus le martyr, Gaianus tout court et sanctus Gaianus. Du premier, il n'est pas question ici puisque son natale est fixé au 11 avril
crits dans les acrotères : natale tertio iduum april *. Mais tout ceci n'était que conjecture et même assez branlante; il faut donc renoncer à identifier le Gaianus à l'épitaphe nicomplète. Reste à identifier sanctus Gaianus.
Sans doute le mot episcopi n'a pas été retrouvé, mais l'abré\iation sancti en est, dans les inscriptions de cette époque, comme l'équivalent. Elle reparaît dans les épitaphes des évèques postérieurs pour lesquels il n'est pas question d'avoir jamais été honorés d'un culte. Sanctus ainsi attribué n'est qu'une forme plus concise de l'expression sanctœ mcmoriœ et ces deux expressions remplissent le rôle d'un titre honorifique à l'égard des évèques qui ont rempli les devoirs de leur état ^. Le Gaianus retrouvé est donc un évèque dont le nom se lit sur la liste épiscopale de Salone '. Celle-ci aura utilisé une source sérieuse, ce qui n'est malheureusement pas coutume. Il y a toutefois une inexactitude. Les catalogues font de Gaianus le successeur immédiat de Domnio, l'associé de ses travaux, ceci est au moins douteux s'il faut, comme nous le croyons, intercaler trois évèques entre Domnio et Gaianus, remplissant une période minimum de 304 à 350 environ : Gaianus précède deux évèques nommés Sympherius et Hesychius qui appartiennent seulement à la fin du iv ou au début du V siècle et dont les épitaphes sont libellées d'une façon identique à celle de Gaianus ; mais comme c'est vers le début du v siècle que le fornmlaire épigraphique se modifie, il convient de placer Gaianus avant et non après ses deux collègues, ce qui reporte son épiscopat vers le troisième quart du iv» siècle.
(i" Leontius. — A la suite de Gaianus, prend place un
fcMiS^
3.'jl2. — Inscription de Sympherius. D'après Bullel. ili archeol. r slnriii ilalmiiUt, l. \ii. p. 102, ri(i. 1.
et qu'en 301 il n'est pas encore question à Salone de depositio Du second, il n'est pas plus question, encore que M. De Hossi ait pensé que le sarcophage portant ces mots :
DEPOSITIO
GAIANI
DIE
fût celui <iue le martyr s'était préparé de son vivant, ce que démonirait la lecture des monogi-aninics ins-
■ H. Dclchayc, dans Anal, boll., 18'.17, I. xvi, p. l'.lil; .1. Zcillcr, /.Ci origines chrétiennes de la prouinvr romaine de Dalmatie, p. T-'i-TO. — ' Bull, di arch. e slor. datin., l'JOl, t. XXV, p. 1'.);M;)7; Anal, bail., 1901, t. xxiii, p. 7: Corp. imcr. lut., t. m, n. l'l(>63; .1. Zeillcr, op. cil., p. 7G, 101. — • Bail, di arch. e slor. daim., 1891, p. 170; liphcm. Salonil., p. 25, pi. IV, :t n, b; Corp. inscr. lai., t. III, n. 9548 (un des inonoKrammcs y est renversé pnr mégardc). — * Bull, di
personnage connu depuis peu grâce à la Dissertalio Maximini contra .\mbrosium '. C'est un certain Leontius Salonitanus, condamné auparavant par un synode des évèques de la province de Milan, mais rentré en grAce auprès du pape Damase. Il n'est pas dit d'une façon explicite qu'il fut évèque. mais le mode de désignation, le nom personnel suivi du nom d'origine, est celui en usage dans les conciles pour les évèques et, de plus, l'importance que .Maxiniin attache au cas de Léonce invile à croire (|uc ce deiiiicr était le chef de
arch. c slor. daim.. 1S81, p. l.Sii. - MI. Deleimyc, dans Anal, boll., 1899, t. xviii, !>. 1118-111; 1901, t. x.xiii, p. 8; ■T. Zciller, op. cil., p. 101. — • l'arlati, llluricam sacrum, t. i, p. 516. — ' riibliéc pnr KaalTinaïui, Texte und Unlersuchungcn znr allfiermanischcn Rclifiionsgcicbichlc, t. i. Ans lier Scimlc des lVii//i/n, In-S», StrasIiourK, 1905. Cette pièce est un résumé tendaïuieiix dans le sens iiricn des débats du syiiiidi- d'Aipiilir Iimui imi :1S1.
DALMATIE
l'Église de Salone '. De plus, son orthodoxie fut sujette Il caution. Il est vrai que le siège de Salone n'était pas irn-prochablc. 1/évêquc Maxime à qui les membres du conciliabule de Sardique adressaient leurs communications oITiciclles, devait ctre à tout le moins favorable aux arierts si tant est qu'il ne fût pas des leurs; rien ne prouve de plus qu'il fût seul de son avis parmi ses collègues dalmates. Gaianus étaitil moins engagé que son prédécesseur, nous n'en savons rien, mais Lconlius était assez mal noté par le synode des évéques de la province de Milan pour s'adirer la peine très grave de la déposition. Damase plus indulgent ou mieux informé le fit rentrer en grâce, ce qui n'empêcha pas le concile d'Aquilée de maintenir le jugement du synode précédent nonobstant le pape.
7° Sympherius. — L'inscription de cet ésèque a été découverte en deux fragments dans le cimetière de Manastirine, l'un dans la confession de la basilique, l'autre dans une cella memoria que l'on a supposé, à tort ou à raison, lui avoir été dédiée.
des quatre catalogues épiscopaux » — et le projet d'identifier Symeerius avec Sirenus ou Sinerius n'est guère digne de retenir l'attention. Sirenus est un martyr de Sirmium tandis que Symeerius appartient sans contestation possible a l'Église de S.alone comme nous le montre un monument dès plus authentiques, la très précieuse inscription du pavé en mosaïque que les fouilles de la basilica urbana de Salone ont rendu dans l'abside. Sympherius s'y trouve nommé en même temps qu'Hesychius son successeur (fig. 3.513) * :
NOVA POST VETERA COEPIT SYNFERIVS ESYCHIVS EIVS NEPOS CVM CLERO ET POPVLO FECIT '' HAEC MVNERA
DOMVS XPE GRATA TINE :
Sympherius tut évèque de Salone il la fin du iv ou au commencement du v siècle.
rÊ. ' M é, >» »
imxnip^iMi""TTTrTVTT:da:
W^^^^^m^^:tk^,. .-m^
3513. — Inscription de Sympherius et Hesycliius, D'après Bullet. di archeol. c sloriu dalitiula, iyu3, l. xxvi, pi. .\ii.
La voici (fig. 3512) = :
rfepojSIT SCI SYMEERI EP\SC[opi
Symeerius pour Symferius ou Sympherius, autre compagnon des travaux de Domnio à en croire la Passion de celui-ci. Cette Passion transforme d'ailleurs le personnage en Symphorianus; mais il n'y a pas à s'arrêter à cette variante — qu'on retrouve dans un
' KauOmann, op. cit., p. 87 ; .1. Zeiller, Les relations tie Vancienne Église de Salone auec rÉi/lise romaine, dans Bessiirione, 1903, II' s6rie, t. iv, p. 235-248: op. cil., p. 102. — "■-■Irm;. hnll., 1899, t. xviii.p. 398; Bull, diarch.estor.dalm., I. XXVI, p. 71 ; .Iclic, / moniimenti lilierali, pi. iv. n. 5; Ana/. hnll., 1901, t. xxiii, p. 8; J. Zeiller, Orig. chrél. de la Dalnialie, p. 103. Dans le Corp. inscr. lai., t. m, cette inscription a eu quelques avatars; tour a tour : Valeri, n. 9950,12864; Symphoriani, n. 13153; enfin Symeen'i, p. 2328, 126, n. 14662,
8° Hesychius. — Neveu de son prédécesseur, correspondant de saint Augustin ', qui le mentionne dans la Cilé de Dieu ' : correspondant du pape Zozime en 418 ', mort avant l'année 4'26 ainsi qu'il résulte du passage de la Cité île Dieu. Son épitaphe a étc retrouvée ;ui cimetière de Manastirine. Sur deux fragments de plateus relevés, lun dans la confession de la basilique, l'aulre ilans la région méridin-
et à la table liiiak-, p. 2666 : scmcliis Symeerius. — • Farlati. lllyricum sacrum, t. i, p. 517. — ' Bull, di arcli. e slor. daim.. 1903, t. XXVI, p. 71 ; Anal, boll., 1904, t. xxtii, p. 8: .T. Zeiller, /.PS origines c/iri*!. rfe Dalmalic, 1906, p. 34, p. 104. — ' P. L., t. xxxiii, col. 899, 901, 984. — ' De ciuil. Dei, 1. XX, c. v; édit. Dombart, t. n, p. 414 : In quadam cpistula quam rescripsi ad bcaliv memoria' virum llesycliinm Salonilanœ urbis episcopum. — ' JaUé-Ewald, Heg. pont. rom.. n. 339.
nale du cimetière, on a nu en les rapproeliant lire était mort depuis douze ans au moins quand le catanaie ou cimeueri, i c fi logue s'v résout. Ce catalogue nous offre les eveques a
profusion, entre Domnio et Hesychlus il en compte vingt-neuf -. 11 est vrai que les réductions s'y présen-
ceci (fig. 3514) » :
DEPOSITSCM ESYCHIEPISCDIE XIII KA Le nom d'Hesvclrius figure au moins quatre fois
lent comme d'elles-mêmes, tant ces évèques se sont midtipllés, ont envahi les places vacantes presque sans
f0it0ji'f
.JL^-^-^ ■^----
^ ■i^-*:iî£^^
W^o'sîTSQŒS^'CHlpIS^
3.')14. — Inscription d'Hcsychius. U'nprés Bnh. <ti archcol. e sdiriii daimuta, t. xxi, p. 104, fig. 3.
avant le vi= siècle dans les catalogues épiscopaux. Les j se donner la peine de se grimer. Gaianus et Symphodeux premiers vers 125-140, le troisième en 406-438, i rianus sont deux évèques bien réels, Gaianus et Symle quatrième en 515-527. La paléographie de linscrip- ! pherius, que nous connaissons, mais qui ont fait un
3515. Inscription de Jolianncs. Bull, rfi archeol. e sloria dalmala, 1907, t. xx.\, fasc. suppl., p. 20, llK. 10.
tion impose d'écarter le quatrième, quant aux deux | saut en avant de deux siècles et demi. Mcsychius I"ct premiers ils sont de pure imaRination et le troisième | Hesychius II qui leur tiennent compagnie sont égalc-
' Bull, dl arch.e stor. daim., 1897,1. xx, p. 95; 1898, i mnniimenti scritti don» Ephemeris Salonitana, pi. iv, p. 104; Corp. inscr. lai., t. m, n. 9549, 14662; Anal, boll., n. 4. — ' Gams, Séries episcoporum, p. 419; J. Zeiller, op. 1904, t. xxiii, p. 397; J. Zeiller, op. cil., p. 104. Jclic, I cil., p. 105 «q.
DAI.MATIR
ment des sosies du véritable Hesychius dont nous parlions à l'instant. Ainsi du reste, presque aucun n'a voulu demeurer à sa place. Domnio sous son taux nom de Doimus, Venance, ojiL quitté leur rang. Maxime a, lui aussi, deux autres Maxime qui le précèdent. C'en est assez pour montrer que tout doit être tenu pour suspect de ce que l'épigraphie ou une attestation extérieure et certaine ne vient pas authentiquer dans k catalogue épiscopal de Salone '.
9" Eugraphus, chorcvcquc. — C'est vers le temps où nous nous trouvons, au v^ siècle, que doit prendre place la mention du cliorévèque Eugraplius dont l'épitaplie fut trouvée dans le cimetière de Manastirine -.
DEPOS IT lO E VGRAFI
CHOREEPISCOPI DXK- NOVEMBRES
Nous avons déjà étudié tout ce qui a trait à la fonction du chorépiscopat, nous n'avons pas à y revenir. Voir Didionn., t. m, col. 1444.
10° Johaimes. — Les catalogues donnent pour successeur à Hesycliius l'évêque Johannes III, de 428 à 150, qui assista, dit-on sans preuve, au concile romain de 430. A part le nom, les dates et le rang assignés à .Jean sont incorrects; mais le personnage, qui fut l'unique du nom de Jean sur la liste épiscopale, est connu grâce aussi à son sarcophage découvert au cimetière de Marusinac, proche du mausolée de saint Anaslase le foulon. Voici ce qui subsiste de l'inscription et la reconstitution probable (fig. 3515) ' :
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Depositio sanclx memoiiie... die xviii kalendas consulibus Maximo ilcrum el Palerio viris clarissimis.
L'expression sanclœ mémorise et la position du sarcophage à une place privilégiée montre qu'il est ici question d'un cvèque. Serait-ce Johannes dont le nom remplirait assez exactement la lacune de la première ligne '.' On peut l'admettre jusqu'à découverte complémentaire. En ce cas, Jean, s'il a succédé à Hesychius, aura dû commencer son épiscopat en 426, année au plus lard de la mort d'Hesychius, peut-être en 427, mais pas, à coup sûr, en 428. Son épiscopat ne dépassa pas l'année 443, qui est celle du consulat de Maximus et Paterius.
11° Pierre ? — Peut-être ici prend place un évêque dont l'épitaphe fut relevée au cimetière de Manastirine, non loin du fragment d'Hesvchius. On lit (fig. 3516)*: