‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 141 sur 251 · V- A XV- DEPIN -PAGE- III ID. AVG · texte numérisé non relu

V- A XV- DEPIN -PAGE- III ID. AVG

H. Leclercq.

DIACONICUM— Ce terme s'applique à différents objets : un local, un Uvre, des prières.

1" Le diaconicum, oiï/.ov./.ov, s'entend du vestiaire ou sacristie, dont la place, sans avoir rien d'absolument fixe dans le type basilical chrétien, se trouve cependant presque toujours très rapprochée de l'autel, par conséquent la disposition du plan invitait à placer le diaconicum et la prothèse au.x extrémités des collatéraux dans la partie qui avoisine ou parfois qui flanque l'abside. Il sufilra de se reporter à l'un ou l'autre des nombreux plans qui ont été donnés dans le Dictionnaire, par exemple aux mots : Afrique ou Basilique, pour trouver des exemples de diaconica aménagés comme nous venons de le dire. Cette cliambre, dont les dimensions sont d'ordinaire assez restreintes, était destinée à recevoir les diacres charges de la préparation des vêtements et des vases liturgiques nécessaires à la célébration du sacrifice; là, ils chauffaient l'eau, allumaient l'encens. La prothèse était ;ui nord, le diaconicum au sud du sanctuaire* et cctle disposition, sans être d'une rigueur absolue, parait avoir été généralement observée; tantôt le diaconicum communiquait directement avec le sanctuaire ou bcma, tantôt son entrée s'ouvrait dans le collatéral. On rencontre, mais d'une façon tout à fait exceptionnelle, le diaconicum pourvu d'une porte s'ouvrant directement sur

' .1. Laurent, Delphes chrftiert, dans Bulletin de correspondance hellénique, 1809, t. xxm, p. 274-277. — = Cennor- Diirand, ïiiiilaphes chrétiennes de Jérusalem, dans Reouc biblique. 1802. t. i, p. 566 sq. : haut. 0'".31, larg. 0»27. — ■ Malloi, Muséum Vernnense, in-fi)I., Veronie, 1749, p. 179;

l'extérieur. Les diacres entraient seuls — ainsi que les prêtres et les évêques — dans le diaconicum, les clercs d'un rang inférieur n'y pénétraient que s'ils y étaient appelés ou envoyés par leurs chefs ; cette mesure s'explique autant par le désir d'inculquer le respect pour ce lieu que par le souci d'y éviter l'encombrement. Pourvu d'une niche, d'une abside ou d'une simple tablette à laquelle on donnait d'une façon un peu prétentieuse le nom de Ojï'.a^Trloio/ ou encore de â-[\j. -ç.ci-i'C7.,\c diaconicum recevait jusqu'au moment de la grande entrée et du transfert à la prothèse le pain et le vin destinés au sacrifice eucharistique. Les prêtres y prenaient ou y laissaient, suivant le cas, les vêtements hturgiques : S'îeÀOovtc; a/./.iim\i7i t>,v i-paT'.zf,'/ i-'Ar,-/ h Tw Ô'.a/.ov'.zo), lisons-nous dans le Tijpicon de saint Sabas, c. ii. Parfois, le diaconicum servait de trésor et on le désignait sous le nom de z£'.;jLr,).'.ap-/EÏov ou szîjosjÀxz'.ov : là se trouvaient renfermés les vases sacrés et les reUques. En Afrique notamment, on a trouvé un cofiret qui avait contenu les rehques; peutêtre aussi y a-t-on souvent conservé les livres hturgiques. Enfin, la réserve eucharistique y a été parfois déposée et, en ce cas, le diaconicum perdait son nom pour celui de -aaroscliiov ; c'est ainsi qu'on fit dans les Constitutions apostoliques, 1. II, c. lvii : i- ézaTÉo'.ov tûv ;j.Ej,tûv Tï -ac;TOio'v.a npo; àvaTO/.rjv.

Mais il faut se tenir en garde contre la tendance à généraliser; tout ce que nous pouvons savoir, ce sont autant de cas particuliers qui. parfois d'une Éghse ou d'une province à l'autre, témoignent un usage identique, c'est tout et il faut se garder d'en tirer une coutume universelle et surtout une règle obligatoire. Cette Uberté d'attribution est la seule régie invariable à ces premiers âges. A N'oie, saint Paulin avait même jugé bon de faire placer des inscriptions sur le diaconicum et la chambre parallèle afin qu'on en connût la destination : In secrctariis duobus circa apsidem hi versus indiccmt officia singulorum. A dextra apsidis:

HIC I.OCVS EST VENERANDA PENVS QVA CONDITVR ET QVA PROMITVR ALMA SACRI POMPA MINISTERII

A sinisira ejusdem:

SI QVEM SANCTA TENET MEDITANDI IN LEOE VOLVNTAS HIC POTERIT RESIDKNS SACRIS INTENDERE LIBRIS

On trouve parfois le diaconicum désigné sous le nom de oizo; àcirajTizo; ou receptorium, le « parloir », dans lequel l'évêque à son arrivée dans la basiUque donnait le baise-main aux clercs et recevait quelques personnes à son gré. On trouve aussi atTaTt.'isiov ou a.TaTwp'.fjv, sens douteux, qu'on va jusqu'à faire venir de mulatorium et qui voudrait marquer le fieu où le clergé changeait ses vêtements de ville pour les vêtements hturgiques.

En Curie, à Bargylise, nous trouvons cette mention de la construction d'un diaconicum ' :

YocioTATOYKe 0eo<t>iAecTATOY en

TOTO ePrON TOY AIAKONIKOYCYNTH CùTATHC HMCONeKKAHCIAC OeOY CYN

l' l'jTti TOJÙ ÔdlOTÏTOM X.I OîO&tXsSTXTOU £7t[l!J-

xoTtou] Il [ÈYÉveTO ToOJTO TO spyov TOÛ SiaxovixoD siiv T'fl [ ] Il [...T-^ç âYtJwTàTT,; r^awv èxy.), ïtat^ ÔsoO

iiuv[£pi'£!a.l

cf. Enno Littmnnn, Scwitic inscriptions, p. 55, n. 24. •

' I.c diaconicum était :> gauche, la prothèse à droite par rapport au sanctuaire en rcaardant la nef. — ' Le Bas, Voyage archéologique, Inscript., t. m, p. 157, n. 498; Corp. inscr. grue., t. iv, n. 8827, et. n. 9543.

DlACONlCUM

DIACONÎES

2» Le diaconicum, c'est encore le nom d'un livre liturgique contenant les règles à suivre par le diacre pour l'accomplissement de son oflîce : fiiSXiov Tf,: Siazoviaç.

3° Enfin ce même nom est appliqué aux prières récitées par le diacre dans la liturgie.

H. Leclercq.

DIACONIES' — Dès avant la paix de l'Église, les fidèles étaient nombreux à Rome — on évalue ce nombre à quarante mille âmes vers le milieu du m" siècle — et en possession d'établissements importants, dont, malheureusement, aucun indice documentaire ne nous permet de déterminer l'emplacement avec certitude. La longue paix qui suivit le désastre de l'empereur Valéricn contribua certainement à accroître le nombre et à multiplier les lieux de réunion des chrétiens. En 311, Galère leur restitua « les maisons où ils se rassemblaient « et que Dioclétien avait confisquées huit ans auparavant. Les procès-verbaux de confiscation des propriétés ecclésiastiques en 303 et de leur restitution en 311 furent lus in extenso en 411 à la (Conférence de Carthage ; depuis ils ont disparu et leur perte noi" laisse ignorer les noms et la situation des anciens convenlicula de l'Église romaine. Cependant, malgré cette ignorance, on ne risque rien d'affirmer que la communauté possédait, dès le iii= siècle, un centre social, une domus ecclesia.% à l'instar de ce que nous avons eu l'occasion de montrer en plein fonctionnement à Antioche, à Carthage. à Constantine (voir Dictionn., t. i, ii, m, à ces mots). A titre de simple hypothèse, on peut accueiUir la possibiUté d'une installation ecclésiastique à Saint-Laurent in Damaso où se conservaient encore au iv= siècle les archives pontificales (voir Dictionn., t. ii, au mot Biblwthfque, col. 864). Quoi qu'il en soit, sur ce point ou ailleurs, devait se trouver la résidence de l'évèque de Rome, le lieu ordinaire des assemblées du culte, le centre de l'administration charitable, le tribunal ecclésiastique, en un mot, le siège du gouvernement épiscopal. .\u iv« siècle, tout cela se trouvait au Latran, mais à la suite d'un déménagement; car, à la veille de la paix de l'Église, la maison qui devint plus tard le palais pontifical appartenait à Fausta, fille de l'empereur Maximien ; les fouilles ont fait retrouver divers vestices d'édifices publics ou privés, mais rien qui se rapporte à une appropriation chrétienne antérieure;! Constantin.

Cependant l'Église de Rome n'avait pas attendu l'année 313 pour organiser les services indispensables à toute organisation ecclésiastique. Vers le milieu du 111= siècle, le pape Fabien avait procédé à une répartition des divers quartiers de Rome entre ses sept diacres à chacun desquels était échue une circonscription administrative. La paix de l'Église aflermit les institutions ébauchées, mais n'introduisit aucun changement dans cette répartition : on continua à voir les sept diacres présider, chacun dans sa région, aux services de charité et d'administration temporelle. On est porté à supposer que ces sept circonscriptions diaconales furent pourvues chacune d'un étabhsscment où le diacre avait le centre de son administration. Cette hypothèse, pourtant, n'est pas confirmée par les documents, qui n'offrent aucune trace de tels établissements. L'administration des diacres avait son siège à l'établissement central de l'Église, depuis le IV" siècle, nous l'avons dit, à la domus I.ateranrnxis.

Plus tard, beaucoup plus tard, apparurent les ilinconies, postérieures de six siècles aux diacres romains, étrangères à l'administration diaconale et à la distribution de Rome en régions ecclésiastiques: aussi ne

'Depuis le conimencemcnl du xii" siècle les cardinauxdiacres, portés au nombre de dix-huil, prirent chacun le nom do l'une des diaconics. — ■ " I.. Puchesnc, Sotcs stir In

pourrait-on parvenir à découvrir aucun rapport topograpliique entre ces régions et les diaconies dont on ne trouve pas trace avant le déclin du vn« siècle. Dans l'intervalle, les diacres continuèrent à exercer leurs fonctions traditionnelles et, dès le v= siècle, on les voit se qualifier des titres de diacre de la première, de la deuxième région, et ainsi de suite; en sorte qu'il serait absolument impossible de voir dans les diaconies le prolongement ou la transformation même défigurée lies anciens étabUssements ou bureaux de charité des l'.iacres régionnaires. Il n'y a pas absorption, ni transformation à aucun degré, mais institution différente, bien que dans un but analogue. En somme, les diaconies furent des dispensaires d'un type spécial ayant chacun son église.

Pour voir apparaître cet organisme et ces égUses il faut attendre la notice du pape Benoît II (684-685) au Liber pontipcalis; on y verra la mention de monastcria diaconiœ ayant en vue par là plutôt le personnel desservant l'établissement que l'égHsc qui lui servait de chapelle. Ces diaconies fonctionnaient d'une façon originale et remplaçaient dans une certaine mesure, pour le populaire des temps byzantins, la fiumentatio et les distributions de pain du Haut-Empire. Le nombre en fut fixé à dix-huit à l'époque du pape Hadrien (772-793) et ce nombre se maintint jusqu'au xvi« siècle '. En voici la liste, déduite des vies des papes Hadrien !■:' et Léon III, disposée suivant l'ordre des régions civiles -.

Rcyio I (aucune diaconie).

liegio 11. s M.Mii.i; ;.v noMlMc.i.

Rcgio III. s i.rri.i-: is urf.e, fondée par le pape Honorius. Lib. pont., t. i, p. 324.

liegio IV. s. .maiii.e .txriQV.E. mentionnée vers 650, Roma sott., t. i, p. 143; en.belUe sous Jean VII (705- 707), Lib. pont., t. i, p. 385.

Regio IV. ss ing.v.i; kt B.i.VLi.v/, fondée par Félix IV (526-530); mentionnée vers 650, restaurée sous Serge !«■■ (687-701), Lib. pont., t. i, p. 279, ,375; érigée en diaconie par Hadrien, ibid., p. 509; voir Dictionn., t. m, à ce mot.

Regio V. s. viii i\ macei.lo, mentionnée comme monastère dans la notice d'Etienne III (768-772), Lib. pont., p. 740. Cf. G. Biasotto. Le diaconie cardinali:ie e la diaconia di S. \'iti in Macello, in-S". Roma, 1911.

Rcgio VI. s. M;.\rn.i< /.v .srct /t;i i, fondée entre 459 et 472 par le patrice Ricimer, appropriée au culte catholique par saint Grégoire en fini ou 592, Lib. pont., t. I, p. 312. 313. note 8; mentioimée vers 650, Roma sott., t. m, p. 143; un monastère y fut adjoint sous Grégoire II (715-731), Lib. ponl., t. i, p. 102. Voir Dictionn., t. i, au mot AmENS.

Regio VII. s. .i;.i;i/.f; ;.v w.i i.tiw. Cf. L. Cavazzi. La diaconia di S. Maria in Via I.ata e il monastero di San Ciriaco, in-8", Roma, 1908.

Regio VIII. s. ii.miiii\m, fondée par le pape Honorius in Curia Iwstilia, Lib. pont., t. i. p. 517, n. 43; mentionnée vers 650; désignée par le pape Sergius comme point de départ de la litanie à certains jours de fête, Lib. pont., t. i, p. .'576; érigée en diaconie par Hadrien, ibid., p. 509.

Regio VIII. xs sergii ht iiacciii.

Regio VIII. s iHEonoiti. Sa mosaïque ne peut guère être postérieure au vu" siècle.

Regio IX. s AMiEi.i. C'est peut-être eUe qui figure au catalogue des églises, de 650 environ, sous le nom de basilica sancti Michaelis urchangeli; inscri))tion dédicatoirc de 755 ou 770, Lib. pont., t. i, p. 514, où sa (lualité de diaconie est meiitioimée.

iiipographic de Rome au moyen ûge. II. Les litra preshyliraiix cl les diaconies, dans Mélang. d'archiol. et d'Iihl.,

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