‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 157 sur 251 · II · texte numérisé non relu

II

7° Sur les diacres, qu'ils doivent, pour tous leurs projets, demander la permission de l'évcque et ne rien faire sans sa permission (= C. A., ii, 30).

8» Que l'évêque doit tout examiner avec justice cL conformément à la vérité (= C. A., ii, 37).

' Funk, Die aposlol. Konsliliilionen, p. 221-222, les croyait diUércnts, c'était une erreur. — » Cf. T. P. Platt, The ethiopic Didascalia, in-8°, London, 1834, p. xiii; Funk, op. cit., p. 217. — • P. G., t. I, col. 557. — • Funk, Dida.iailia et Constilul., p. 120-13G, a donné une traduction de rcs chapitres qu'on peut comparer avec les passages parallèles du Tcstamentum, c. xxxv = Test., p. 23; c. xxxvi = p. 27; c. xxxvii = p. 33; xxxviil = p. 33 ; xxxix = p. 59. — • W. Riodcl, Die Kirchenrechlsquellen des Pairtarchats Alexandrien, in-8°, Leipzig, 1900, p. 28-32. — • Vansicb, Histoire de l'Église d'Alexandrie, I^aris, 1677, p. 256-259;

9° Que les chrétiens doivent toujours se pardonner les fautes, ne pas garder rancune du mal et ne pas le conserver dans leur cœur (= C. A., ii, 53).

10° Que les évêques doivent être pacifiques'et miséricordieux, qu'ils doivent accueillir avec bonté'les pénitents (= C. A., II, 51).

11° Que les chrétiens n'aillent pas dans les réunions des païens (= C. A., ii, 62-63).

La compilation de Maqarah ])résente, à partir d'ici, la plus grande confusion : C. A., m, 1-11 = £)., xix- XXI de Maqarah; C. A., ii, 12 b-d et 15-20 = £)., xxxiv; C. A., m, 14-15 =D.,x.xii;C. A.,iv, 1-4 = D., xii-xiii; C. A., IV, 5 = D., xxiv; C. A., iv, 6-10 = D., xiv-xv; G. A., IV, 11 = D., xxv; C. A., iv, 12-13 = £»., XVI ; C. A., IV, 14 = D., xxvi; C. A., v, 1-6 a = D., xxvn; C. A., v, 7 b-d = D., xvii; C. A., v, 8-9 = D., xxviii; C. A., v, 10 = D., xxix; C. A., v, 11-12 = D., xxx; C. A., V, 13-16 = D., xviii; C. A., v, 17-20 = D., XXXI ; C. A., VI, 1-6 = D., xxxii; C. A., vi, 30 a-d = D., xxxiii. Les chapitres xxxv-xxxix de la Didascalie arabe ne se trouvent ni dans le sjTiaque ni dans les Constitutions apostoliques. Ces chapitres sont une interpolation empruntée au Tcstamentum Domini *.

b) Aboul-Barakat (f 1363) mentionne trois exemplaires de la Didascalie dans lesquels l'ordre des chapitres est différent ^. Vansleb a donné une analyse de la Didascalie arabe où l'ordre des chapitres diffère '. Enfin, la Didascalie éthiopienne traduite sur un te.\te arabe n'a pas les interversions constatées dans la version de Abou Maqarah.

Un ms. arabe de la Propagande (A', iv, 24), traduit sur le copte en 1295, ne présente p.as non plus ces interversions et semble être le texte qui a servi de base à la version éthiopienne '. Ce manuscrit correspond aux Constitutions apostoliques, 1-vii (hormis vu, 47-48), il est divisé en 44 chapitres dont les 34 premiers correspondent aux li\Tes i-vi des Constitutions '. C'est ce manuscrit arabe, senible-t-il, qui a été signalé et utilisé par Mgr Rahmani dans son édition du Tcstamentum °.

4. Version éthiopienne. — Version faite sur un texte arabe et dont il existe de nombreux manuscrits '^ Le manuscrit d'Abbadie, 79, est divisé en 46 chapitres.

■ Après la courte introduction et les onze premiers chapitres qui sont, en substance, les mêmes que dans la'compilation de Maqarah, l'éthiopien suit l'ordre des Constitutions apostoliques :

12° Des veuves (= C. A., m, 11).

13° Que les femmes ne doivent pas baptiser (= C. A., m, 9).

14° Que les laïques ne doivent pas présumer de faire ce qui est réservé aux prêtres (= C. A., m, 10).

15° Des veuves (=-= C. A., m, 12).

16° Qu'il n'est pas bien de faire du nud à son prochain (= C. A., m, 15).

17° Sur les orphelins (= C. A., iv, 1).

18° Qu'il est ordonné ;\ l'évêque d'avoir soin des veuves et des orphelins (= C. A., iv, 2-4).

• 11 est donc certain que tous les exemplaires des Didascalies arabe et éthiopienne découlent d'un texte grec (ou copte ou syriaque) interpolé comme le sont les six premiers livres des Constitutions apostoliques. Us

cf. Funk, Die aposlol. Konsliliitioncn, p. 221-221. — ' A. Baumstark, dans Oriens chrislianus, 1903, t. m, p. 201-208. — • Funk, nie arabische Didaskalia iind die Konstitutionen lier Aposlel, dans Theologische Oi'artalschrilt, Tubinguc, laot, t. i.xxxvi, p. 233-248. — ' J. Rahmani, Testamcntnni Domini !\'oslri Jesu Chrisli. in-8», MonunliiC, 1899, p. xii- XIV. — " T. P. Platt, Tlw ethiopic Dirfnscn/ia, ln-8°, I.ondon, 1S34, donne le texte et la traduction des 22 premiers chapitres, sur 39. J. Françon, La nidascalie éthiopienne, traduction /rançaise, dans lievuc de l'Orient chrétien, 1912,

t. XVII.

DIDASGALIE

ont d'ailleurs des omissions et des additions propres.^On doit se demander dc^s lors si ces Didascalies constituent une étape intermédiaire entre la Didascalic syriaque et les Conslitulions apostoliques, ou bien si ce ne sont que des extraits des six premiers livres des Conslilutions '. Il semble probable que les Didascalies arabe et éthiopienne représentent des étapes intermédiaires entre la Didascalie syriaque et la compilation en huit livTes des Conslitulions apostoliques -. «

III. Sources. — A la suite du petit exercice auquel on s'est livré pour découvrir les sources, les couches, les apports dont l'ensemble constitue la Didascalie, après des découpages arbitraires et le déploiement d'une critique superflue, après la distinction d'un texte primitif, remanié, développé, puis gonflé de deux Didascalies, écrit par un audien, remanié par un antinovatien, après tant de points mis en la plus é\idente lumière, on a pu résumer les faits acquis dans la formule suivante : La Didascalie a été écrite en grec, nous la connaissons dans une version syriaque fidèle. L'auteur est inconnu, sa patrie incertaine, son époque mal précisée, son ouvrage a été écrit sans divisions, d'un style peu serré où rien n'indique différentes époques et divers rédacteurs.

La Bible est mise largement à contribution, environ pour un cinquième de l'ouvrage. L'Ancien et le Nouveau Testament sont cités à profusion, l'évangile de saint Jean douze fois, les épitres de saint Paul aussi, mais de préférence visés et imités '. La I'' Épître de saint Pierre est citée, celle de saint Jacques semble l'être, mais non l'Apocalypse *. L'auteur cite les Septante et aime à grouper des passages de sens identique comme s'ils lui étaient suggérés par une concordance. Il est le premier À citer la Prière de Manassé ^ L'auteur cite en outre le IV'' U\Te des Oracles sibyllins, les Acta Pauli, les Acta Pvlri, la Didachè, Y Évangile selon les Hébreux, l'Évangile de Pierre, les Épitres de saint Ignace, les Agrapha '.

IV. Enseignement. — La Didascalie nous Introduit dans le régime intérieur d'une Église au in« siècle.

1. L'épiscopat. — Nous voyons une Église dans laquelle l'épiscopat est fortement constitué sous un chef d'âge mûr — au moins cinquante ans — de qui les années ont calmé les passions, assagi les jugements et formé l'expérience. Mais il est de petites communautés où le choix est restreint; en ce cas, on pourra devancer cette limite d'âge pour que l'élu soit doux et de sens rassis, suppléant par la maturité et la réflexion à l'apaisement que l'âge apporte. Si c'est possible, il devra être instruit et docteur. Marié, sans doute, mais dont le choix ait attiré dans sa maison une femme honorée et bonne ménagère. Ceci sera à considérer avant l'élection épiscopale, comme aussi sa conduite irréprochable, celle de sa femme, l'éducation qu'ont reçue ses enfants, la formation et la discipline de ses gens. Voici pour l'extérieur, mais ce n'est pas tout, l'intérieur de\Ta être orné de vertus rares et solides telles qu'en possèdent les meilleurs parmi les hommes. Et ce sont ces vertus qui doivent inspirer son enseignement, car il doit être sinon éloquent, au moins disert, répandant la parole comme le lait coule.

A lui le gouvernement de l'ÉgUse et la surveillance des richesses spirituelles contenues dans les sacrements. l'n gentil solhcite sa réception, on l'accueille, on l'introduit dans l'assemblée des fidèles, il écoute la parole mais ne participe pas à la prière jusqu'à son baptême. Ce jour-là, il reçoit de l'évêque l'onction sur la tête, descend dans l'eau et il est oint par les diacres ou par

' Il n'y a pas à tenir compte de l'opinion de Funk sur ce point. — = F. Nau, dans Dictionnaire de Ihéol. calhol.. t. iv, col. 740. — • H. Achelis et J. Fleming, op. cil., p. 320-323 ; M. Viard, op. ci(., p. 21-22. — ' H. Achelis et J. Fleming,

les prêtres, — s'il s'agit d'une femme, par une diaconesse ou une chrétienne. Le baptême n'est cependant pas l'objet d'une description suivie et ces détails se trouvent consignés dans les instructions relatives au.x diaconesses. Ce baptême ne doit pas être réitéré.

L'eucharistie est faite au moyen du pain confectionné à l'aide du feu, sanctifié par l'invocation, offert en sacrifice par l'évêque. C'est le corps de Dieu, sanctifié par l'Esprit, qu'on offre pour les morts. Voici ce passage important tel que nous l'ont conservé les Constitutions apostoliques, la version latine du manuscrit de Vérone et la Didascalie syriaque.

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