NC ■ M • IVSTINI EP DIE II NON SEPT
[Deposilio sci\nc (lœ) m(emoTiœ) Jnsliniepiiseopi)(lie ii non{as) sept(embres). La paléographie et certaines parlicularités épigraphiques permettent de rapporter cette inscription au v» siècle ou au début du suivant '". S'il fallait ajouter foi aux catalogues, .lustinus serait mori on 515, remplacé par Hesychius IV (515-527) et celuici par Stephanus (527-528). Mais l'évèque Hesychius n'existe pas, c'est un dédoublement de celui que nous avons déjà rencontré et Stephanus prend sa place et succède à Justinus sans attendre l'année 515.
15"' Stephanus. ■ — Il était évèque au moins dès l'année 514 et nous savons que c'est pour lui que furent compilées deux des recensions des canons de Denys le Petit; or ces comniiations datent, la première du pontificat de Synimaque (498-514), la deuxième du pontilicat d'Hormisdas (514-523) ", Les manuscrits portent
:1518. — Inscription do .Iiistin. D'après Biillel. di archeol. esloria dalmata, 1898, t. xxi., pi.
énigmatique - a besoin iléclaircissenients que les fouilles n'ont pas manqué d'apporlcr. ■ Au printemps de 1904, on aperçut, non loin de la plaque de marbre sur laquelle était gravée l'inscription en question, une caisse de plomb, longue de 0"'26, large de (i"'14, haute de 0"07 et pesant 3kg.250 '. Sa forme, son état de
■ Bull, di arch. e stor. daim., 1900, l. xxiii, p. 270; 1904, t. xxvii, p. 3 S(|.; Corp. inscr. lai., t. m, n. 14898; J. /ciller, op. cit., p. 139. — • J. Zcillor, op. cit.. p. 139.— • .1. Zelller, op. cil., p. 139, pour la discussion dos premières lettres de la seconde lipne. — ' Fr. Bulle. I.a capsella reliquiaria iilumhea trouuta nellaconlcssionedctla basilica cwmelerialedi Mana.'^lirine nelf anno 1^04, dans Bull, di arch. e slor. dafm., 1004, t. XXVII, p. :i-13. — ' 3 mètres au-dessous du niveau du sol. — • J. ZciUcr, op. ci(., p. 140. — ' Voir Diclionn., l. ii.
comme dédicace tantôt : Slephano episeopo, laiilôl : Sleplianu areliiepiscopo, suivant qu'ils appartiennent à la première ou à la seconde édition. Ce titre d'archevêque a donné lieu à discussion. Sans doute, au siècle précédent nous avons vu Hesychius investi, temporairement, il est vrai, du pouvoir mélropnlitnin sur une
au mot Bixandea; t. m, au mot Capsa. ' Diill. i/i arcli. e stor. daim., 1904, t. xxvn, p. Ti; .1. Zoillor, 17). cit., p. 140. —•Anal, boll., 1899. t. xviii, p. 407-408; Itiill. di arcli. r stor. daim., t. xxiii, p. 290-291; .4nn;. boll., 1904, I. xxiii, p. 9; Corp. in.'îcr. lai., t. m, n. 14895; J. Zelller, o/<. cil.. p. 141. — '• Ballclino di archcologia e sloria dalmain, 189!>, t. XXI. p. 44; J. Zelller. op. fil., p. 141. — "Pour ces dates, cf. A. Anielll. Spicilcgiiim Cassinrnsc, Casinl, 1888, t, 1, p. cxiii,4CU.
DALMATIE
partie de l'IUyricum; mais le litre archiépiscopal fut supérieur à celui de métropolitain au moins jusqu'à la fin du vi" siècle et on ignore à quel moment Stephanus en aurait été pourvu. 11 est vrai que cela ne prouve pas qu'il n'en ail pas été pourvu et de même qu'Hcs\ cliius, son prédécesseur, Stephanus aura pu olitenir un accroissement honorifique. Ce qui porterait à l'admettre, c'est qu'un de ses successeurs de la seconde moitié du VI = siècle, Natalis, reçoit lui aussi le titre d'archevêque dans la suscription d'une lettre à lui adressée par Grégoire le Grand (octobre 592) ', bien que ce titre ne lui soit pas attribué dans quatre autres lettres du même pape (591-592), ce qui donnerait lieu de supposer que la suscription n'est pas à l'abri du soupçon à moins d'admettre que les évèques de Salone portèrent à des intervalles assez éloignés un titre honorifique qu'ils ne transmettaient pas à leur successeur.
Sous l'épiscopat de Stephanus, les relations entre Salone et Rome ne laissaient rien à désirer, il n'en fut pas toujours ainsi.
16" Honorius. — Successeur immédiat probable de Stephanus, que les catalogues font apparaître de 528 à 544; mais il vivait certainement encore en 546, puisque, en 550, le pape Vigile se plaint d'actes d'Honorius commis quatre ans plus tôt -. Sous cet épiscopat se placeraient les deux importants conciles de Salone, de 530 et 532, dont la réalité n'est pas prouvée. Ce qui l'est plus, c'est l'incorrection reprochée par Vigile à l'évêque fauteur d'ordinations illicites.
projet de retirer le palliiim. Natalis finit par donner satisfaction et peut-être ce titre d'archevêque lu sur h» suscription de la dernière lettre du pape à l'évêque ca-il le gage de la paix survenue, on en peut cependant douter '.
19° Maximas. — Successeur immédiat de .Vatalis. .Vvec lui le conflit recommença plus aigu entre Rome et Salone. Les lettres de saint Grégoire montrent bien que les relations devinrent h un moment aussi mauvaises que possible et que Maxime, renouvelant les jours de Frontinus, fut en révolte ouverte contre le pape. Celui-ci contestait l'élection même de .Maxime obtenue par l'intrigue el la violence, et il défendil qu'on l'ordonnât; mais l'évèciue se sentait soutenu par l'empereur el il ne tint aucun compte des interdictions du pape; derechel. il y eut presque une véritable rupture et, après l'époque troublée de l'hérésie arienne et celle du schisme des Trois-Chapitres, ce fut alors la pire pCriodc de l'histoire des rapports entre le siège de Salone et la papauté. Mais la réconciliation eut encore lieu une dernière fois : Grégoire cita Maxime à comparaître à Rome, Maxime refusa d'abord d'obéir, mais il finit par s'y résoudre, peu disposé du reste en apparence à se soumettre, comptant vraisemblablement sur l'appui de l'empereur Maurice, qui commandait qu'il fût reçu à Rome avec les honneurs dus à sa dignité; après diverses vicissitudes, et entre autres l'exclusion de Maxime de la communion romaine, Grégoire confia le jugement de l'affaire aux évèques de
ImL/iTAMmû
.3519. — Inscription de Maxime. D'après Bullet. di archeot. e sloria dalniata, 1900, p. 292, flg. 2.
17" Frontinus. — .\ l'occasion de l'acquiescement du pape Vigile aux décrets du concile de Constantinople dans l'affaire des Trois-Chapitres, l'évêque de Salone se détacha de la communion apostolique et Justinien y répondit par un ordre d'exil, en 553, en Egypte.
18" Natalis. — Entre Frontinus et Natalis les catalogues donnent quatre noms invérifiables : Pierre, Probinus, Honorius, Damianus. La correspondance entre Grégoire le Grand et Natalis commence en 591, on le fait siéger de 580 à 593, il mourut certainement en 593. A cette date, les rapports entre l'Église de Home et celle de Salone étaient encore difficiles. Depuis la disgrâce de Frontinus on ignore ce qu'avaient été ses successeurs et si le schisme s'était prolongé quelques années; en tous cas, vers 590, l'évêque de Salone ne méconnaissait plus l'autorité du pape, mais si la liaix était faite elle n'était guère solide. Les lettres à lui adressées par Grégoire le Grand ne contiennent que des récriminations : négligence dans ses devoirs épiscol'aux, oubli des règles ecclésiastiques, promotions sacerdotales illicites, à tel point que le pape laisse percer le
' i.'(jis(., I. 111, vui; mais dans I, xix, xx cl 11, x\, xxc, (jui sont de 591 et 592, le même personnage uc reçoit que le litre d'cvêque. — = Jarté-Ewald, Ileg. puni, roman., n. 927; I'. L., t. Lxix, col. 46.— ' Epist, 1. IH, n. vni; en tous cas, le litre, s'il fut accordé, était personnel, puisque .Maxime,
Milan et de Ravenne, ces deux grandes métropoles qui exerçaient comme une part de l'autorité suprême dans les régions transpadane et adriatique, et finalement Maxime se décida à une pleine et entière soumission I
« L'état de choses étant redevenu normal, le pape s'empressa de témoigner qu'il entendait voir reprendre les bonnes relations qui avaient existé autrefois entre l'Église romaine et la métropole dalmate, et il envoya le pallium à l'évêque, aussi prêt, dit-il, à maintenir les privilèges acquis qu'à empêcher les usurpations. On ne volt pas qu'il lui ait accordé davantage, puisqu'il continua dans ses lettres à ne donner ù Maxime d'autre litre que celui d'episcopus. Mais peut-être consentit-il à lui laisser prendre lui-même celui d'archiepiscopus ou cette qualification fut-elle reconnue à Maxime, explicitement ou tacitement après la mort de Grégoire survenue en 604. En tous cas, dans un document dont il n'est pas possible de contester rintégrité, une inscription sépulcrale, qui peut être contemporaine du conflit entre Maxime et Grégoire, mais dont on ne iiourr.iit l)0urlant trop abaisser la date, le nom de Maxime ligure suivi du titre d'archevêciue. Cette lipitaplie a
successeur de Natalis, est désigné sous le titre d'é\é(iuc. Quant a Ilonoratus, que les catalogues intercalent entre Natalis et Maxime, il fut archidiacre de Salone sous ces deux évèques, reçut une lettre du pape Grégoire qui parle de lui dans plusieurs autres, mais ne lut jamais évéque.
été gravée sur un sarcophage qu'on a trouvé à Spalato
(fig. 3519) ' :
t AS VITA IV1AX®SIM0 ARCEPSC t
La forme des letlies el la teneur de l'inscription où une date locale, l'épiscopat de l'archevêque Maxime, remplace la date consulaire, indiquent une époque très basse; c'est pourquoi mieux vaut regarder cette inscription comme des débuts du vii<ï que comme de la fin du VI' siècle. Maxime vivait encore en 602 -. »
XVII. Salone. — « \u nord de Spalato (fig. 3520). entre la longue île de Bua et la côte, l'Adriatique creuse dans les terres un golfe profond encerclé de montagnes, petite mer intérieure, souriante et paisible, où parfois le vent d'est déchaîne de brèves et soudaines tempêtes. C'est un des coins les plus charmants du littoral dal-
remparts de Salone — mirent le reste en exploitation réglée, accordant par contrat, en échange de services rendus à la république, le droit d'extraire des ruines les marbres, chapiteaux et colonnes, et Venise elle-même s'embellit des dépouilles de la cité morte. Vers la fin du xvm» siècle, il ne restait plus rien des arcades et des voûtes, des belles colonnes dressées sur leurs bases, du théâtre encore intact que signalaient les voyageurs du xvi^ siècle : du sol mis tout entier en culture émergeaient seuls quelques débris épars, quelques pans de murs délabrés ^. »
Quelques tentatives d'exploration succédèrent à l'exploitation, mais conduites sans méthode elles demeurèrent presque sans résultats. En 1875 seulement, une subvention fut attribuée aux fouilles, un plan leur fut tracé et une méthode scientifique appli-