‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 165 sur 251 · DICT. D'ARCH. CHRÉT · texte numérisé non relu

DICT. D'ARCH. CHRÉT

mourut aux environs de l'Epiphanie ^ et son corps fut rapporté à Dijon. Il ne paraît pas douteux que cette église ne doive être identifiée avec l'église collégiale de Saint-Étienne ".

Deux églises étaient construites hors de l'enceinte du cos//-um; peut-être en e.xistait-il d'autres, car en lit dans l'Historia Franconim que l'évèque Tetricus reçut Ghramn, en .556, dans les basiUques, ad basilicas, et ce pendant le prince franc ne pénétra pas dans la ville'. La plus ancienne de ces deux églises est certainement la basilique où reposait sainte Paschasie et auprès de laquelle l'évèque Grégoire éleva la basilique de Saint- Bénigne. Elle fut sans doute englobée dans ce nouveau sanctuaire, car au xi"' siècle le corps de sainte Paschasie était conservé à Saint-Bénigne où un autel lui fut alors élevé par l'abbé Guillaume '.

Le baptistère — baplistcrium — r|ui renfermait de nombreuses reliques était contîgu à la maison de l'évèque Grégoire ". C'est dans cet édifice (basilica sancti Joannis) que Grégoire fut enterré et devint bientôt l'objet d'un culte; aussi son successeur Tetricus (539- 5'72) fut obligé d'agrandir la basilique par l'addition d'une abside où le corps du saint fut transporté i°. l'ne translation ultérieure des reliques de saint Grégoire dans l'église de Saint-Bénigne " empêche de constater sûrement l'emplacement du baptistère. Il ne semble pas cependant qu'il occupât celui de l'église actuelle de Saint-.Iean, distante de plus de 600 mètres, vers l'ouest, de V ecclesia inlramuranea et située, selon toute apparence, en dehors de l'enceinte romaine. Il vaut mieux sans doute se rallier à l'opinion exprimée .lu xii= siècle par le biographe Garnier II, abbé de Saint-Etienne, et reconnaître l'ancien baptistère dans la chapelle de Saint- Vincent, qui existait encore au xviie siècle, auprès de l'église Saint-Étienne dont elle dépendait ".

Saint Grégoire et son fils .saint Tetricus. tous deux évèques de Langres, tous deux résidant à Dijon, furent tous deux enterrés dans la basihque de Saint-Jean. Grégoire d'abord comte d'.Autun, puis évêque de Langres, mourut en 539 après trente-deux années d'épiscopat. Son épitaphe fut composée par Fortunat " :

Poslquam sydereus disrupit Tarlara princepi

Suh pedibus jiisti mors inimica jaccs Hoc veneranda sarri testalur vita Gregori

Qui modo post lumulos intrat honore polos 5 Nobilis anliqua decurrerui proie parentum

Nobilior geslis nunc super astra maiiet Arbiter ante ferox exhinc plus inde saccrdos

Quos domuit judex fovit amore patris Triginta et geminos pie rcxit ovile per annos

10 El grege de Cliristi gaudia pastor hahet Si qu,Tras meritum produnt miracula rcrum

Per quem debilibus /ertur arnica salus.

Voici quelques détails que Grégoire de Tours nous a laissés sur son bisaïeul : « II demeurait, écrit-il. (udinairement à Dijon. Comme sa maison était attenante au baptistère, qui renfermait des reliques d'un grand nombre de saints, il se levait la nuit afin d'y aller prier.

11 le faisait en évitant d'être aperçu « de ses clercs, qui avaient leurs lits près de sa chambre .. La porte du baptistère s'ouvrait mystérieusement à son approche, puis, sous le regard de Dieu seul, il récitait avec attenlion l'oflicc divin. .\i)rés avoir longtemps agi de la

mm, c. xi,ni. — • Vita- l'atrum, vu, 2 : et (cum) domus ejus baptisteria adluercrel... — '" Ibid., c. vu, 3, 4; H. Bougaud, L'Église Saint-Jean de Dijon. in-S», Dijon, 1S63. — " E. Bougaud, Chronique de l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon, p. 142. — " Ruinart, Gregorii Turonensis opéra, col. 1178, note 8; A. Longnon, Géographie de la Gaule romaine, p. 211. — " Miscellanea, 1. IV, e. n, m; K. Le lilant, liecucil des inscript, chrét. de la Gaule, t. i. p. 5, n. 2; p. fi, n. 3.

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