‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 170 sur 251 · KA · texte numérisé non relu

KA

3742. — Inscription d'Angoulême.

D'après Le Blant, Nouu. recueil des inscriptions de la Gaule,

Cette épitaphe découverte en 1882 « est gravée à la pointe sur un carreau de terre cuite posé verticalement dans un tombeau derrière la tète du squelette. » Elle est à lire ainsi : Dcpositin Basilia-, undecimo katendas lebniarias, die solis, posl cnnsalnlam llonorii sextum. « La chrétienne d'.\ngoulème, dit Le Blant, est donc morte le 11 des calendes de février, un dimanche, l'an qui a suivi le sixième postconsulat de l'empereur Honorius. Ce postconsulat correspondant à l'année 404, c'est en 405 que Basilia a quitté ce monde. >

A Veroli ', dans le Lalium, c'est la déposition d'un prêtre eu ce même jour :

DP MARTVRII PB IN PCI KAL i DECEM RIS D \ SOLIS INDXII

Pour Rome, De Rossi cite deux inscriptions portant la même désignation du jour de la mort : l'une est celle d'une jeune fille décédée le 4 ou le 14 des calendes de janvier, DIE SOLIS, en l'an 443 *; l'autre, celle de Candida décédée le 6 des ides de mars, DIE SOLIS, en l'an 457^. Le vocable est écrit parfois en abrégé D-S."; on trouve aussi DDSOLIS, ', ce qui signifie peut-être die dominica solis : ce serait un cas curieux de syncrétisme verbal, comme dans l'inscription grecque de Catane précédemment citée.

Les inscriptions grecques qui correspondent aux précédentes sont des inscriptions de Sicile : celle de Constantia, âgée de vingt ans, décédée le jour du soleil,

* Op. cit., p. 326. — ' Nouucau recueil, n. 277, p. 291- 295. Voir Bulletin de la Société archéologique de la Charente, 1882, p. xxxv; Besoconto... di nrclieologia cristiana in Roma, 1875-1887, p. 284; Do Rossi, Fullettino di archeologia cristiana, 1884-1885, p. 33. — » Corp. inscript, lat., t. x, 1" partie (éd. Th. Mommscn), n. 5799, p. 56G. -- 'Op. cit., n. 711, p. 311. — • Ihid., n. 798, p. 346. — « Resoconto délie conlerenie di archeologia cristiana, 1875-1887, p. 320. — ' Cavedoni, C.imeleri cristiani délia ciiià di Chiusi, dans Tijemnrie di relig. nrte e di letteratura, 1853, t. XIV, p. 40; cf. Le niant, /oc. cit. Voir encore une in>^-

HMEPA HAIOY; inscription trouvée en 1873 dans les catacombes de Syracuse, maintenant au musée de Païenne ». Une autre, aussi de Syracuse, celle de Rhodon, et dont le chrisme indique l'origine chrétienne '. Celle de Catane citée plus haut '°, où l'on trouve la formule 7|ij.s,oa 'lU.io'j zjç.;a(zii) : manière de parler naïve qui exclut toute intention païenne ou sui)erstiticuse. Enfin, celle d'un ofTicier de haut rang, Clodius, trouvée à Palazzolo (Acra) : iiiscription vraisemblablement chrétienne, car les fonctions qu'elle assigne à Clodius auprès de l'empereur sont, d'après Mommsen, étrangères à l'ipcque romaine ".

Il faut citer en outre une inscription fragmentaire du musée du Vatican, autrefois à Caraaldoli »^ En voici la transcription : ... wix ()-j-;y.-.[y.] ij YÎ.uy.uTa'Tr, || [j.v = {a; yif.v. Il ayaXuii d'x: 'W'/J.- || &u- y.a\ fàp 'HÀtoa || f.us'px Iy=vr;Or,(v) Il /.al ' HXiou r;;j:Éoa || zpta-; [loj yé-^o-if/. Muloxé l'expression â-(3.l^oi. ' HÀioj . ornement » ou « offrande du soleil >, celte inscription, de l'avis de Kaibel et de Schûrer, peut être chrétienne. Il s'agit dune personne née et décédéc le jour du soleil; sa naissance en ce jour lui vaut le titre d'offrande du soleil. On rapprochera cette inscription de celle de Cyriaca citée plus haut; et surtout de l'antique inscription chrétienne rapportée dans le Dictionnaire, t. ii, col. 620. où le défunt, un jeune enfant de deux ans, se dit 'li/.-o'na ;, /.■jT.Of/ yAjz£poj; /pr,jT'jj; -î -oy.f,x:. Il est vraisemblable que 'HÀ'.o-ï'.; signifie : né le jour du soleil.

Si après l'examen des inscriptions funéraires on passe à celui des lois impériales du iv siècle, à partir de Constantin, et du v*, on constate un phénomène concordant non moins intéressant : à partir de l'époque où l'expression dies dnminicus fait son apparition dans les inscriptions, c'est-à-dire au commencement du v siècle, le titre dics solis disparaît des lois où il a figuré au iv. Celles qui émanent de Constantin, du moins celles qui nous sont parvenues, ne connaissent que ce vocable, et il est facile de se l'expliquer : l'empereur veut tout d'abord être compris du monde païen qui constitue encore la masse de ceux pour qui il légifère; on sait aussi que le Sol invictus fut la di\inité tutélaire de sa famille et qu'il commença son régne sous ses auspices ". D'ailleurs les deux lois datées de Constantin relatives au dimanche sont antérieures à l'époque où il fut seul empereur (324). Elles appartiennent à l'année 321. La première, du 7 mars, enjoint le chômage « au jour vénérable du soleil " : Omnes judices urbanscque plèbes et artium officia eunctarum venerabili die solis guiescont"... Et il est permis de croire que l'épithète « vénérable » inclut, en second plan, dans la pensée de Constantin, le souvenir des honneurs rendus au dieu de ce jour par ses ancêtres. Cette \énération anticipée du premier jour de la semaine, dans le monde païen, n'était-ellc pas à ses yeux comme un heureux présage maintenant réalisé '.' Dans la seconde loi, celle du 3 juillet, sur les affranchissements, on retrouve, avec plus d'insistance encore, la même manière de parler : Siciil indignissimum videbatur iliem solis, vcneratione stii cclebrcm, altercanlibus iarniis et noxiis parlium conlentionibiis occupari, ita gratam et iucundam est, eo die qiix sunl maxime votiva compleri. Alqtte ideo cmar.cipandi et manumittendi die feslo ciincli lirrntiam habrnnt, et super

cription venant de Cliiiis! avec la mention D. SOLIS, dans Liverani, Spicilcgium Liberianum, riorcnce, 1.S64, p. 778, et Di'cdonn., t. in, col. 1391. — 'Kaibel, Inscriplioncs Crœcœ, Sicili::; n. 142, p. 22. — • Ibid., n. 165, p. 24; KiirhliolT. dans Corp. inscrip. gricc, t. iv, n. 9463.

— '• Col. 865. — " Knibel, op. cit., n. 23.5, p. 37; cf. Mommsen, dans Corpus inscriptionum latinarum, t. x, p. 736.

— "Kaibel, ibid., n. 2184, p. ,526. — "Cf. P. BalitTol, I,a paix constantinicnne et le catltnlici'inic, in-12 ', Paris. 19H. Kxcursiis A : .%! ininitus, p. 69-70. — ■• Cod.Just.. m, tit. XII, 1. 2 (3), éd. P. Kniejîer, Berlin, 1S77, p. 127.

DIMANCHE

his rébus acla non prohibeanlar '. Enfui, l'inscription de Pannonie " qui nous apprend que Constantin avait autorisé les marcliés en ce jour, l'appelle encore « le jour du soleil- : IMP • CAES ■ FL- VAL- CONSTAMINVS • PIVS • FELIX- MAXIMVS - AVG H .... PROVISIONE ■ ETIAM ■ PIETATIS - SVE ■ NVNDINAS ,| DIE - SOLIS • PERPETI • ANNO • CONSTITVIT !1 CVRANTE • VAL ■

CATVLLINO-V- PPPPP

Ce vocable est encore employé dans plusieurs lois des successeurs de Constantin. L'une, de Valentinien et de Valens, du 21 avril 365, interdit de citer en ce .jour les chrétiens en justice : Die solis, qui dudum laastas habetar, ncminem Chrislianum ab exactoribua flolamus conveniri; contra eos, qui id facere ausi sint. Inc nostr: staluii inlerdido periculum sancienles '. Une autre des empereurs Gratien, Valentinien et Théodose, promulguée à Héraclée, le 20 mai 386, défend les spectacles publics au jour du soleil : ...Illad autem prœmonemus, ne quis in legem nostram. quani dudum tulimus, commiilal, nullum solis die populo spcctaculum prœbeat, nec divinam vencrationem coniccta solennitate confundal*. La loi à laquelle il est fait ici allusion est perdue ^. On notera, dans celle qui vient d'être citée, que le terme veneratio s'applique exclusivement à la solennité chrétienne; il ne faut pas troubler le « culte divin », disent les empereurs, par une autre solennité célébrée en même temps. De cette même année 386 on a une loi, postérieure à la précédente, qui est fort intéressante pour notre sujet. Elle marque admirablement, en elTet, la transition de l'emploi de dies solis à celui de dies dominicas, dans la législation des empereurs chrétiens. C'est un édit des mêmes empereurs, du 11 novembre 386, sur le repos du dimanche : Solis die, quem dominicum rite dixcrc maiores, omnium omnino lilium, negolioram. conventionum quiescal inleniio... El non modo noiabilis, vcrum eliam sacrilegus indiceiur, qui a sanctse rcligionis instituto rituve deflcxeril ". Ainsi l'expression dies solis est employée ici comme à regret; dies dominicus est le vocable chrétien antique auquel on reviendrait volontiers si l'autre dénomination cessait d'être la plus usitée dans la vie courante. On trouve encore dies solis dans deux lois : l'une de 'Valentinien, Théodose et .\rcadius, promulguée à Rome le 7 août 389 {nec non cl dies solis, qui repetilo in se calcula revolvuntur) '; l'autre, des mêmes empereurs, promulguée à Constantinople le 17 avril 302 : Feslis solis diebus circensium sunt inhibenda ccrtamina '. Mais quelques années plus tard, dies dominicus remplace désormais dies solis dans les lois impériales. La première de ce genre est, croyons-nous, une loi d'Arcadius et d'Honorius, édictée à Constantinople contre les spectacles, le 27 août 399 : Die dominico, cui nomrn ex ipsa reverenlia inditum est, nec ludi théâtrales, nec cqaorum certamina, nec qaicquam, quod ad molliendos animas reperlum est, ■ipectaculorum in civilate aliqua celebretur. Natalis vcro Imperatorum, etiamsi die dominico inciderit, celebretur ". Mi'me manière de parler dans une loi d'IIonorius et de Tbéodose II du 21 janvier 409 (Havenne) : Judices omnibus dominicis diebus productos reos e castodia carccrali videanl et interrogent... '". Néanmoins, le 1"' avril suivant.

' Cod. itieodos., II, lit. VIII, de leriis, 1. 1, éd. llscncl, Bonn, 1S.S2, col. 207. — ■ Corp. inscripi. lai., t. m, part 1, éd. Th. Mommsen; Pannnnin sitpcrior. Ager Poetorionen'iîs, n. 4121, l).52i. Tnscririlion de G lignes. Sunt citées supra les lignes 1, 4, 5, G; la G" li;inc s>- lerminc \>n<- SVPER. — ' Cod. Ihcodo^., XI, VII, 10. — • Ibid., XV, V, ?. — » l'.lle aiiparlenalt r.ans doulc au lilrc viii de feriis du livre II, cité supra. — • ' Cod. Ihéodos , VIII, VIII, 3; XI, vu l^fcf. Il, viii, 18; et Cod. luslin., III, XII, 0 (7), où le texte lliéodosien est ainsi modifié : In eadetn observatione ntimeramiis et dies soUs,''qiios dnmtnîcos rite dixere maiores, qui repetilo in sese caîcido reitolvuntur. — ' Loi sur les Jours chômés. Cod. Ilieod., II, viii, 19. — •/iid.,20. — • Ibid.,23. — "lbid. IX. ui. T. Cod. luslin. I, IV, 9. — " Cod. JJicod. II, VIII, 25. — " /ftfd., XV, v, .5; cf.

les mêmes empereurs croient devoir rappeler dans une autre loi (Ravenne) " le nom vulgaire du dimanche, mais simplement par parenthèse : Dominica die, quam imlgo solis appellant, nulla sedi pcdimur voluptates, etsi joriuito in ea aut imperii nostri ortus, rcdeantibus in semet anni nulis.offulserit,autnatalidebitasolenniadelerantur. Dans la suite, cette parenthèse elle-même devient superflue. Citons seulement pour finir une loi de Théodose II promulguée à Constantinople le l<=f février 125; elle interdit le i spectacles profanes les jours de fêtes chrétiennes et, en premier lieu, le dimanche : Dominico, qui septimanœ totius primas est dies, et natali, algue Epiphaniorum CItristi, l'ascliœetiam et quinqaagesimœ diebus, quamdiu cœlestis lumen lavacri imitantia novam sancti baptismatis lucem ueslimenta testantur, qao tempore et commcmoratio apostolicœ passionis, totius Cliristianitalis magislrœ, a cunctis iurecelebratur.omnithealrorumatquccirccnsiumvoluptate pcr universas urbes earundempopulis dcncgata. totx Chrislianorumac fidelium mentes Deicullibus occupcntur''- ... A l'encontrc de l'usage dont on vient de trouver la preuve dans des documents chrétiens de caractère privé ou émanant de l'autorité civile, l'Église n'admit jamais de façon officielle l'appellation païenne du dimanche : dies solis. Dans ses textes publics elle s'en tint toujours à la dénomination chrétienne; la suite de cet article en fournira la preuve. Il suffit de citer ici à tiire d'exemple le canon 21 du concile d'Elvire des environs de l'an 300 (Si qais... très dominicus ad ecclesiian non acccsserit...) et le canon 20 du concile de Nicée (' I''n;'.o)j -T'.viç h ttj y.-jv.xy.fj...). Les conciles postérieurs n'emploient jamais d'autre nom '^ C'était en effet le vocable légué :\ l'Église par la plus ancienne tradition; au reste, adopter la dénomination planétaire de ce jour, ou de tout autre jour de la semaine, eût constitué de la part de l'Église l'équivalent d'un laissez-passer donné à l'astrologie contre laquelle elle ne cessait de lutter. Les masses populaires qui entrèrent dans l'Église aux III* et iv"= siècles étaient, en effet, restées imbues de croyances astrologiques. La pénétration peut avoir commencé à s'opérer au ii" siècle à l'époque du gnosticisme. Les convertis devaient, à la vérité, renoncer à ces croyances dans la mesure où elles impliquaient la foi aux faux dieux, mais ils ne les rejetaient pas cependant totalement. La vieille foi à l'infiuence astrale, écrit Schiirer " que nous résumons, continua à vivre sous une forme subtile dans la communaulé chrétienne. Les astres n'étaient plus des dieux, ils étaient néanmoins encore des puissances réelles; selon plusieurs, des démons qui exerçaient leur influence sur la destinée humaine. Et l'idée persistait malgré l'enseignement des théologiens qui déclaraient ce fatalisme inconciliable avec la foi chrétienne. Aussi bien, comme le constate De Rossi ", la désignation planétaire (hi jour de la semaine sur les tombes pa'iennes, n'était pas purement nominale mais superstitieuse : selon l'esprit qui inspirait ces inscriptions, le jour mentionné appartenait :'i l'astre comme i'i son souverain. On en a la preuve certaine par le Chronographe de 3,5-1 lequel nous fournit, en plus de sa liste des évCques et des martyrs de Home, un calendrier astrologique très détaillé". On y trouve

Diclionn., 1. 1, col. 2807, art. .-Viicu. — " Par ex. le canon 5 (,il. 28, Gl) du concile de Carthasc de juin 401 contre les spccl:iclcs les dimanches (di'c dominica) cl jours de tête, Mnnsi, ^.'onc, t. III, col. 767. — " .4r(. cit. (voir bibliographie), p. 44 s<i. • — " Inscrip. Christian., t. i, p. i.xxi. — " Tlieod. Moiniiibcn, CItronica minora sax. IV. V. I ;, VII. t. i, Berolini, 1S92 (Mon. Cerm. ttislor. Anrtorum anliqnissimnrmn, t. i.\), p. 42-46. Sur la nature du Jour du soleil, p. 44 : Solis dies hnraqiie ciits cum crit nocturna sivc dinrna, viani naiiigiitm ingrcdi, naucm in aipiam dcdiicere utile csl. Çlui nasccnliir tiitalcs crant: qui rcccsserit invenietur; qui decubuerti conva- IcsccI: lurlum lactum innenielur. C'était donc un jour fnsle. en parllcullcr pour les naissances, nu conlrnlre des jours de .Saturne et de Mars (qui na.icenliir pericnlosi eruni).

iû.

(les explications sur le caractère faste ou néfaste des jours de la semaine et aussi des représentations figurées des dieux-planètes qui président à ces jours '.

Il n'appartient pas à notre sujet de retracer la lutte de l'Église contre les croyances astrologiques, il nous faut cependant citer quelques passages d'auteurs ecclésiastiques relatifs au vocable païen du premier jour de la semaine, soit que ces auteurs le rejettent, soit qu'ils prennent soin simplement d'en marquer l'origine. Parlant de la semaine en général saint Jérôme se borne à faire allusion aux dénominations païennes des jours qui la composent : qunm (hebdomadam) cthnici, idolortim, et elemenlnriim nominibiis appellant '. Elemenla ilésigne sans doute le soleil et la lune; idola, les noms de divinités donnés aux autres planètes. Aux yeux de l'iiilastre de Brescia, l'attribution de ces dénominations à Dieu constilue une hérésie" : Alla est tieresis qiix dicil nominii dierum, Solis, Lunœ, Martis, Mercarii, louis, Veneris, Saturni, a dco hœc ita posila ab origine mundi, non liominiim vana prxsumplione nuncupata... si quœrere uolueris, inventes. .. et sic pagnnos, id est Grsecos hœc nominn posaisse, cum Ixiec nomina*** * etiam secundum septem slrllas dixcrunt hominum generationem consfstcrc... Dierum enim nnmerus primas, secundus, tertius, fjiiartus. quintus, sextus, scptimus, a deo est apellatus... Sozoméne racontant comment Constantin voulut que le dimanche fût particulièrement honoré attribue à l'expression « jour du soleil » la même origine que Philastre : t/jv oï zup'.axv' za>.rj'ja£vr|V î,ij.£pav, 7)v 'EôpatOL ::p(ÔTï|V TfJ; âÇôo[J.â&oç (j'/oui'Çrrji'y , " EXÀT|Vï; Se TjX'àJ ivaT'.Bk^r; '•. Au Vf siècle, Martin de Braga s'insurgeant lui aussi contre les noms de divinités donnés aux cinq derniers jours de la semaine, assigne également une origine grecque ou païenne à ces noms; comme Philastre, il se réfère au premier chapitre de la r.enèse où les sept jours de la semaine sont désignés p.ir leur chiffre, pais il ajoute : Qualis ergo amentia est, til homo baplizalas in fide C.hrisli diem dominicum, in qtio Christus resurrexit, non colal et dicat, se diem lovis colère et Mercurii et Veneris cl Saturni, qui nullum diem Il ibent, sed fuerunl aduUcri et magi et iniqui et maie mnrtui in provincia sua '. Au III» livre de son Historia Francorum, Grégoire de Tours fait dire à un personnage de son récit parlant d'un usage païen des habitants de la province de Trêves : F.cce enim dies Salis adesl : sic enim barbaries vocitare diem dominicum consueta es/ '. Les Élgmologies de saint Isidore de Scville ' attril)Ucnt aux Romains l'origine des noms païens des jours de la semaine : Dies dicti a dits, quorum nomina Romani quibusdam sideribus sacravcrunl. l'rimam enim diem a Sole appellaverunt, qui princeps est omnium sidcrum... Proinde autem ex his septem stcllis nomina dierum genliles dederunt, eo quod per eosdem aliquid sibi efjici existimarent, dicentes fiabere n Sole spirilum... Talis quippe extitit gentilium stultilia. qui sibi finxerunt lam ridiculosa ftgmenla. Apud Ilrbneos autem dies prima una sabbati dicitur, qui apud uns dies dominicus est. quem

' Josef Str/.ysowski, Die Calcnderbilder des Clirnnngraphcn nom Jahre 354, in-4", Berlin, 1888, planches x-xiv. Les fiîïures concernant Jupiter et Vénus sont perdues; ce sont les deux dernières, car le calendrier commence par Saturne. La représentation du soleil ù la pl.xiii a la forme d'un jeune homme à longue robe, couronné d'un diadème à rayons, tenant une sphère dans la main gauche. De chaque côté, dans un médaillon, une tête de personnage imherhe couronné comme la figure centrale. Cf. .Strzygowski, p. 42. — -Episl., c.xx, P. L., t. XXII, col. 987. — ' De //«T., cxiii, P. I.., t. xii, col. 1237; Corpus script, eccics. lat., t. xxxviii, Vindobona;, 1898, éd. F. Marx, p. 78-79. — 'Lacune, d'après Marx, op. ci(. — '7/isf. cccfcs., I, VIII, P. G., t. i.xvii, col. 880-881. — 'C. P. Caspari, l\înrtin von Bracnra's Svhrifl de correclione rusticonim. Christiania, 188.S, p. 12. — ' III, xv, P. l... t. lxxi, col. 254. — " Etumol., v, 30 sq., P. L., t. Lxxxii, col. 216. — • Passage pris à l'Enarr. in ps. \illl. 3, P. I.., t. xxxvii,

gentilesSoli dicaverunt.... Saint Isidore reprend ensuite à son compte un passage de saint Augustin • qui témoigne d'une certaine tolérance pour les appellations païennes. Assurément, y est-il dit en substance, les appellations ecclésiastiques sont celles qui conviennent le mieux aux chrétiens. Mais s'il arrivait que l'usage entrainât'malgré soi ii employer les autres, on pensera aussitôt que les noms des dieux dont elles dérivent ont été tout d'abord des noms de personnes auxquelles on a jugé bon de conférer les honneurs divins; c'est du reste aux astres que l'on a d'abord donné ces noms; on les a ensuite appliqués aux jours de la semaine : primum ei nominibus hominum sidéra nuncupata, et a sideribus dies sunt appellali"'. ()uoi qu'il en soit de cet évehmérisme, il est sOr, en effet, que la constitution du septénaire planétaire est antérieure à celle de la semaine planétaire; il convient aussi de se rappeler le culte rendu au Soleil dans l'Empire romain, soit par les adeptes de la religion de'Mithra, soit par les pontifes du Sol invictus protecteur unique de l'empire d'Aurélien.

Nous reviendrons sur les relations supposées entre le dimanche et le culte du soleil; disons seulement ici que la tolérance de l'f^glise à l'égard du vocable dies Solis a son point de départ, ou bien dans le fait de la création de la lumière au premier jour du monde, ou bien dans le symbohsme facile à établir' entre le Christ « soleil de justice », sortant victorieux de la nuit du tombeau, et le soleil matériel chassant à son lever l'obscurité nocturne. La première idée était, d'après Eusèbe, dans l'esprit de Constantin lorsqu'il instituait pour toute son armée le culte du dimanche : Tr,' ci -^i awtrjp'.ov f|U.£pav, f,'/ zai çuto; àvï'. zai f,À!0'j Irtôvjaov, 5uu.6aivéi, -et. aTpïTLioT-zà ;:ivTa Sta (S-o-jof^i '^IJ-?^ S'.oàîzrav ". La seconde est nettement exprimée par saint Maxime de 1 urin dans sa première homéUe pour la Pentecôte : Dominica enim nobis ideo venerabilis est alquc solennis.quia in ea Salvalor vclul sol eriens, discussis infernorum tenebris, luce rcsurreetionis emicuit, ac proplerea dies ab hnminibus sseculi dies solis vocalur, quod ortus eam sol iustiliœ Christus illiiminet ".

D'après une conjecture que Schiirer tient de E. Schwartz ", il est possible que les dénominations planétaires aient été usitées dans les dates ajoutées aux lettres festales de saint Athanase conservées seulement en syriaque •'. En effet, le traducteur écrit comme s'il y^avait dans l'original : Mïùv a ', Otwv p ', etc., ce qui est fort étrange. Il est donc plus probable que cet original portait : r,|J-=pa 'IVf.im, SsXrJvriç, etc., et que le traducteur n'aura pas pu ou n'aura pas voulu transcrire ces noms païens. A moins que l'écrivain grec n'ait à dessein choisi la formule artificielle que suppose la traduction, pour marquer que l'usage profane et païen ne concordait pas toujours avec l'usage chrétien.

Il n'y a rien i\ tirer du poème d'Ausone sur les sept jours de la semaine '^ contre l'usage ecclésiastique dont nous parlons, car cette petite composition est d'ordre

col. 1192. — " Cette phrase n'est pas tirée du passage cité de S. Augustin. — " Eusèbe, Vita Constantini,!. IV, c. .\vm, P.G.,t. XX, col. 11G5; cf. ibid., c. xix, col. 1168, les soldats doivent lever leurs mains et leurs pensées vers « le roi du ciel »; c. xx, ibid. : Totauta v.^-x tr,v toC suitô; T,fA£p:'V âvopoOiie; -Kp-x'-Evi.- — " P. /-.,t. Lvii,coI. 371. Homélie parfois attribuée .'i saint Ambroise. Cf. Ambrosii opern, t. v, Paris, 1003, col. SI, où texte meilleur, reproduit ci-dessus a a 1.1 suite de Schùrcr. — " Schûrcr, art. cit., p. 54. Cf. F. Sch\%artz, ChrislUcbe iind iiidischc Osterla/eln, in-S", Berlin, 190."), p. 4, dans les Ablmndlimgcn dcr kôniglichen Cesellsrliall dcr Wi.sscnsclialten zit Gôltingen. Philologisch-historisclic I< lasse. A eue lolge, t. vin, n. 6. — " Trad. latine de .Mai, dans P. 6'., t. xxvi, col. 1351 sq.; cf. Epi.^f., vu, 10, ibid., col. 1396 : Mo.rque illa dies sancla ac bealissima, C/inslionoma.'sd'co, id est Dominica, nobis illneescet. — " P. /,. i t. XIX, col. 910. Eclogririiim: Denominibns seplem dicriim.

DIMANCHE

tout privé, et de libre caractère, lille prouve simplement que l'emploi des dénominations planétaires était assez courant à l'époque où elle fut composée. Au cinquième vers on y lit : Prinmm, supremumque dicm radialiis habct sol.

On sait que malgré l'autorité et l'influence de l'Égilse les dénominations païennes, planétaires ou autres, des jours de la semaine, se sont conservées jusqu'à nos jours dans le monde civilise, exception faite pour le dimanche dans les pays latins. Mais tandis que les peuples de langues germaniques ou saxonnes faisaient appel à leur mythologie particulière pour désigner la plupart des jours de la semaine, ils maintenaient néanmoins au premier jour le nom plus ancien de « jour du soleil » que l'on retrouve aujourd'hui sous des formes diverses : Sonntag, Siindmj, Zondag, Sôndag, etc.

4. Le hiiiticme jour. — 11 est assez facile de s'expliquer que quand on voulut marquer par une désignation particulière le retour périodique du dimanche, sans lui donner cependant, pour telle ou telle raison, son titre chrétien ou son titre païen, on ait été amené à l'appeler « le huitième jour ». Ce vocable, en eflet, implique l'idée de succession par rapport aux jours précédents, et en même temps celle de périodicité, puisque la semaine n'a que sept jours. « Le premier jour s au contraire, ne peut évoquer cette idée, bien que le premier et le huitième jour ne soient, dans la stmaine considérée in abstraclo, qu'un seul et même jour.

Tertullien fournit un intéressant exemple de cette manière de parler. Reprochant aux chrétiens, dans son De idololalria, de ne point se contenter de leurs fêtes, mais d'y ajouter encore la célébration de fêtes païennes, il leur fait observer que leurs fêtes sont pourtant beaucoup plus nombreuses que celles des païens. Si d'ailleurs ceux-ci se refusent à célébrer les fêtes chrétiennes dans la crainte de passer pour chrétiens, pourquoi les membres de la religion du Christ n'en agiraient-ils pas de m-'-me ? 0 melior fides nationum in suam sectam. qmv. niillam sollemnilalem Chrislianorum sibi vindicat ! non dominicum diem, non pentccosten, etiamsi nossenl, nobiscum communicassent; limèrent cnim, ne Cliristiani vidcrentur. Nos ne elhnici pronunliemiir, non veremiir. Si quid et carni indulgendum est, habes, non dicam laos dies lanliim, scd et plares. Nani ellinicis semel annuus dies quisque feslus est. tibi octavo QUOQUE DIE. Excerpe singalas sollemnilntes nationum et in ordine exsere : pentecosten implere non potuerunt '. Il n'est pas douteux que la fête périodique du huitième jour dont parle Tertullien (oetavo qiioqae die) ne soit le dominicus dies qu'il a mentionné un peu plus haut; et il la désigne ainsi pour exprimer son retour hebdomadaire, et aussi parce qu'il ne la considère que sous son aspect profane de jour de réjouissance (si quid et carni indulgendum); à ce dernier point de vue, le titre clnétien dominicus dies eût été déplacé.

' De idololalria, 14, éd. Wissowa, p. 47. — ' Barnab., xv. — »ifcid., 8-9. — 'Patres apostnlici, i. h. l. — ' Hypotlièse de G. Oger, ïiptire de Barnabe, p. r.xiv (Textes et dociimenls de H. Iloninicr et P. Lejay, Les Pérès apostoliques, t. i, Paris, 1907) : « Il n'est pas certain que Barnabe place le môme dimanche la résurrection cl l'ascension du Sauveur; il semble plutôt reporter l'ascension au dimanche suivant. » Néanmoins il est fort possible que lîarnabé attribue l'ascension a un dimanche <iuelconquc. Plusieurs indices permettent de croire, en enet, que dans l'ancienne figlise, et notamment au iv« siècle, la tftc de la Pentecôte comportait la comménioraison de l'ascension qui n'était pas autrement céléliréc. Cf. F.usét)c, Vita Constunlini, c. LXiv, P. G., t. XX, col. 1220; Jtinerarium Kffcriu', xLiii, cp. xi.ii (éd. W. Hcrœus, Heidcibcrg, 1908, p. 40-47; éd. L. Duchcsnc = § VI : Oriqlnes du culte cliritien, Paris, 1898, p. 49.'i-497); Dldascalie d'Addal, I, 1 et 3; II, 2 (1. e. Doctrine des apMrea, ou r,'«nori.s d' fUlesse, éd. P. de I.nKnrde. Ueli-

Le retour du premier jour après le septième qui vaut précisément ù. celui-là le nom de huitième jour, et aussi l'identité des deux jours ainsi désignes, ont fourni aux anciens auteurs ecclésiastiques un prétexte de symbolisme qui a contriljué à propager le vocable que nous étudions. Aux yeux des anciens Pères, la semaine dans l'espace de laquelle Dieu a créé le monde, figure la durée de la création actuelle; le huitième jour, au contraire, représente la durée éternelle de la création renouvelée qui doit succéder à la première, et qui a été inaugurée en la personne du Christ le jour de la résurrection, au lendemain du septitme jour ou du sabbat. Ce huitième jour lui-même a (té annoncé prophétiquement par les liuit personnes qui, sauvées du déluge, furent ainsi le principe d'une nouvelle création; et aussi par la circoncision au huitième jour, figure de la circoncision ou régénération spirituelle qui s'opère par le Christ ressuscité. C'est également de ce huitième jour mystique qu'il est question dans les titres des psaumes vi et xi, inscrits pro octava. Parmi les témoignages relatifs à ce sujet nous citons principalement ceux où il est ff it explicitement mention du dimanche. Le plus ancien est celui de l'épitre dite de Barnabe. S'inspirant du premier chapitre de la Genèse, et peutêtre de l'Apocalypse et du Livre des secrets d'Enoch, l'auteur développe en un endroit - la théorie du millénarisme. La création actuelle durera sept mille ans; le septième millénaire sera inauguré par le jugement dernier et la venuesur la terre, pour cet espace de temps, du Fils do l'homme, qui y prendra le repos dont il est parlé dans la Genèse à propos du seiiticme jour de la création. Le huitième jour verra l'inauguration d'une autre création, d'un monde nouveau. « II (Dieu) dit encore aux juifs : « Je ne supporte pas vos néoménics et vos sabbats. » Voyez bien ce qu'il veut dire : Ce ne sont point les sabbats actuels qui me plaisent, mais celui que j'ai fait et dans lequel, mettant fin à toutes choses, j'inaugurerai le huitième jour (tv o) xaxajraûaa; là r-i'/ToL àpyJiv f|;j.£paç àyodru r.oir'flio), c'est-à-dire un autre monde. C'est pourquoi nous célébrons avec joie le huitième jour en lequel Jésus est ressuscité des morts pour monter ensuite au ciel, après s'être manifesté. » (£v ^ xa.'. 0 'Iiiioûî àvéaxT] h. vïxoàiv, xxî çxv£f.(i)0£lçàv£*>r| t!ç o'jpavoj;) '. Funk ' estime que dans cette dernière phrase àviSrj ne se construit pas nécessairement avec èv ^. L'auteur ne pouvait guère ignorer, en eflet, que les manilestations du Sauveur ressuscité, avant son ascension, s'étendirent au delà du jour de la résurrection. Supposer, d'autre part, qu'il veut parler du dimanche qui suivit la résurrection, comme du jour de l'Ascension, est encore plus arbitraire'. Son but principal semble être d'indiquer que ce huitième jour a une durée éternelle, puisque le Christ une fols ressuscité ne peut plus mourir, tandis que d'autres individus rappelés à la vie connurent une seconde fois la mort. Dans le dialogue avec Tryphon saint Justin explique

qulir iuris ecclesiastict antiqiiissima' syriace, Lclp/ig, 18.50, p. 33, 35. Trad. F. Nau en appendice à l.aDiriascalic des douze apôtres, 2" éd., Paris, 1912, p. 223-22.-1). Au canon '.)» (il, 9) de ce mCme document, il est cependant dcninndé de ■ faire mémoire 0 de l'ascension au quarantième jour, mais il ne semble pas qu'il s'agisse d'un " oITflce • proprement dit ou d'une fflc réelle; et. ibid., 2,3, 4, 6, 19, 20. — AoirTh. Zahn,fic'ic;iir;i(e lies neulestamenttichrn Kannns, t. i, 2" partie, Krlanuen, 1S89, p. 924-925; Ph. Hœuscr, Dor Barnabasbrict, Pnderliorn, 1912, p. 80-87. Cf. Hcfelc-l-cclercq, Histoire des conciles, t. i, 1" partie, Paris, 1907, p. 245-240, A propos du canon 43 du concile d'Elvire (7>e rclvhralione J'cntecosles). Ou peut aussi remarquer que dans sa Catéchèse xiv, n. 21 (;*. O.. t. xxxiii, col. S.IG), saint ('vrille de Jérusalem fait allusion A une homélie sur l'ascension prononcée par lui le dimanche. Kusébo dans son commculaire du Ps. xct, \i\ncc aussi l'ascension le dimanche. P. C. l. xxiii, col. 1109. Voir encore son /)(■ solrninilalepaschali, P. C, t. xxiv.col. 700.

DIMANCHE

à deux reprises ' le « mystère du huitième jour : « Pour le précepte de la circoncision qui ordonne de • circoncire » les enfants le « huitième jour » sans exception, il était le type de la circoncision véritable qui nous circoncit de l'erreur, de la méchanceté par celui qui est ressuscité des morts le premier jour de la semaine, Jésus-Christ, N'otre-Scigneur : car le premier jour, tout en étant le premier de tous les jours, en le comptant à nouveau après tous les jours du cycle hebdomadaire, est appelé le huitième sans pour cela cesser d'être le premier. »'Et plus loin : « Dans Isaîe il est dit par Dieu à Jérusalem : « Lors du déluge de Noé je t'ai sauvé. » (Cf. Is., Liv, S-0 •?). Or ce que disait Dieu, c'est qu'au déluge, s'opéra le mystère du salut des hommes. Le juste Noé avec les autres hommes au déluge, c'est-à-dire sa femme, ses trois fils et les femmes de ses rUs formaient le nombre huit et offraient le symbole du huitième jour auquel notre Christ apparut ressuscité des morts, et qui se trouve comme implicitement toujours le premier » {o-jii\i.v. S'àsi -poj-ri;

Si, conformément au symbolisme développé cidessus par le pseudo-Barnabe, le huitième jour représente cet état définitif et dernier de la création dont la résurrection du Christ est le principe, il deviendra fort naturel qu'il représente aussi, soit le jugement général qui inaugure cet état définitif, soit les joies sans mélange de la béatitude éternelle, ou le repos complet de l'éternité.

L'idée de repos éternel a été associée fort anciennement au vocable que nous étudions. C'est très probablement grâce à cette association que l'Ogdoade gnostique, en tant qu'elle est un lieu, peut désigner le séjour de l'incorruptibilité on les spirituels ou pneumatiques se reposeront éternellement après la consommation de toutes choses. En effet, un fragment du Valentinien Théodote, extrait des œu\Tes de celui-ci par Clément d',\lexandric ', nous apprend que l'Ogdoade, lieu de l'àvi-aji-.;, portait le nom def, Kjç.:oi/.r[; et l'on sait que ce dernier vocable est celui du jour de la résurrection du Christ. Cette conception particulière de l'Ogdoade serait sans doute plus claire pour nous si nous possédions le traité ïl:y. ô-'ooâoo; de saint Irénée ', le grand adversaire des gnostiques. Clément d'Alexandrie se rattache à l'idée de Théodote ^. Le huitième jour est pour lui le jour du repos final '; le repos du septième jour ou du sabbat, qui signifie l'abstention du mal, n'est que la préparation ou l'annonce de ce dernier repos du huitième jour, principe des jours de l'éternité, comme le premier jour de la création fut le principe des jours du temps. En celui-ci eut lieu la première création de la lumière; or la lumière signifie la sagesse ou l'Esprit de Dieu, grâce auquel nous pouvons dès cette vie atteindre à Vi-iti'.x, qui est déjà le repos, ràvâ-ijsiç. Dans le même sens. Clément dit ailleurs que c'est par « la sainte hebdomade » (o.i t?,; i^^ï; Éôooaiôo;) que le gnostique parfait se hâte « vers le séjour réellement seigneurial o {îtA tt,'/ zj;;'.a/.r|V ovTti);... liov/Jv) où, pour toujours et sans changement, il sera

' Dia2., XLI, 4 et cxxxviii, 1 ;ct. xxiv.l : r) r,u.ipx r, o-,8or| li-j(7tr,ptov Ti e'/s- — ' Trad. de G. Archambault, Justin, Dialogue arec Trijphon, Paris, 1909, 2 vol. — ' F.xcerpta ex Theodolo, i.xiii, P. G., t. ix, col. 6S9; cf. i.xxx, ihid., col. 696 (éd. O. Stâhlin, t. m, Leipzig, 1909, p. 128 et 131). — • Eusébe, Hist. eccles., 1. V, c. xx ; et. P. G., t. vu, col. 122.Ô. — • Stromala, I. V. c. xiv. P. G., t. ix, col, IGl; vi, 16, ibid., col. 364: cf. col. 368. Ed. Stahlin, t. il, 1906, p. 397, 501-.')04. — 'Cf. Heb., IV, 611. Mais le repos de Oieu, distinct "du repos du sabbat et assigné à " un autre jour », yest appelézatinivT:; et nonàvàza'„(Ti;. — '■ Slrom., I. VU, c. X. P. G., ibid., col. 482. Ed. Stâhlin, t. m, p. 42, 1. 1 1 :M r>. — ' Bonwetsch et Achclis, } I ippolytus Werke, 1. 1, in-8", Berlin, 1897, l . 139; cf. P. C, t. x, col. 713. — • Select, in Psalmos. In ps. rxriii;P.G., l. \ii,col. 1588; et. Hom.,\n,in Exod.,5,

lumière '. L'idée de Théodote reparaît plus explicitement encore dans un passage d'Origène sur les psaumer mis faussement sous le nom d'HippoIytc ; après les sabbats des sabbats, y est-il dit, aura lieu le commencement, dans l'Ogdoade, du véritable repos nouveau (■/.x\ ào/r,v 'xt-oi -Ù.V.7. ■ziiZxzx ■Jr':o -x zittx-.x ï'i ',''j'ji'i'. à/,ï,0(û; y.x'.'ir^c iix-x'jiV't%) '. A propos des octonaires du psaume cxviii, le même Origénc explique que le nombre huit désigne la perfection, •• En clïet. diL-il, avant que vînt le huitième jour du Seigneur Jésus-Christ, le monde entier était souillé et incirconcis. Mais lorsque vint le huitième jour de la résurrection du Christ, aussitôt nous fûmes tous purifiés dans sa circoncision » '.

C'est également la circoncision qui amène saint Cyprien à parler du huitième jour chrétien : Quod in ludaica circumcisione carnali oclavus dies observabatur, sacramenliim est in umbra adquc imagine anle prsrmissiim, sed venienle Christo veritalc conpletum, nom quia oclavus dies id est post sabbatum primus dics futurus e.rat quo Dominus resurgeret et nos vivificarcl et circumcisioneni nobis spiritalem daret, hic dies octavus id est post sabbatant primus et dominiciis prœcessil in imagine. Quœ imago cessavit supervcniente postmodum veritate et data nobis spiritali circumcisione"'. Pour l'auteur du De jabrica mundi, le huitième jour désigne le jour du jugement dernier : Hic est enim rêvera fuluri ilUus jndicii dies oclavus, qui extra ordinem seplimanse dispositionis excessurus est ". Dans l'instructio psalmorum qui précède ses Tractatus sur les psaumes, saint Hilaire s'étend longuement sur la signification mystique du nombre huit. Il ne manque pas d'y parler du dimanche qui se célèbre au huitième jour de la semaine. Reprenant l'idée que nous avons trouvée plus haut dans Origène, il note d'abord que le nombre cinquante, qui est le tiers du nombre des psaumes, correspond à la consommation des sabbats des sabbats, c'est-à-dire à un total de sept fois sept semaines, plus un jour. Ce jour ajouté à la dernière semaine est huitième par rapport à celle-ci, et premier par rapport à ce qui suit : à ce double titre il exprime la plénitude ou la perfection évangélique, le commencement d'un ordre de choses nouveau qui achève ou consomme un ordre de choses ancien. Ce nouvel ordre de choses est symbolisé par les cinquante jours du temps pascal où Ion prie debout et où l'on ne jeûne pas, et aussi par le dimanche où l'on suit les mimes pratiques : quod ipsum extrinsecus etiam in diebus dominicis est conslitutum, qui ultra sabbati numcrum per plenitudinem evangelicœ prœdicationis acccdunt. Xamque cum in septimo die sabbati sit et nomen et obserrnntia constituta, tamen nos in octava die, quœ et ipsa prima est, perfeeti sabbali lestivitatelsctamur'-. Les Pères grecs du iv siècle continuent à exposer ces idées, la plupart du temps à l'occasion des titres des psaumes vi et xi : Eusébe de Césarée "; .\stère d'Amasée"; saint Athanase^îDidymerAveugle^'jsaint Grégoire de Nazianze"; saint Grégoire de Kysse, quia tout un petit traité Ilcil -f,ç 'j-;o<'}-i]ç, sur le titre du ps. vi '»; saint Basile dans' son Traité sur le Saint-Esprit ". 11

i6id,col.345. — "Episf. LXiv, éd. G. Hartel,\indobonae, 1871, l>. 719-720 (Corpus scripforwm eccles. laiinorum, t. m, ^ art. 2).

— " P. L., t. V, col. 308. .\u sujet du ps. vi inscrit pro oclara.

— " Tractatus super psalmos. Instructio psalmorum, n. 12, éd. .\. Zingerle, Vindobons, 1891, p. 11-12 (Corp. script. eccles. lai., t. xxii). — '■ In psalmis, ps. vi, P. G., t. xxin, col. 120; Jn ps. XI. ibid., col. 140. — " Ilom. in ps. YI, P. G., I. XL, col. 445. — '' In ps. Vl, P. G., t. xxvii, col. 76.

— '• Expos, in ps. Vl, P. G., t. xxxix, col. 1176. — " Oral., XLiv, 5, P. G., t. xxxvi, col. 613; cl. Oral., xi.i, 2, ibid., col. 432. — "P. G., t. XLiv, col. 608-616. — " De Spiritu sancto, c. xxvii, n. 64, P. G., t. xxxii, col. 192. Voir aussi saint Éphrem, Explanatio in librum Judicum, cap. II et III, 0/icrn sijriaca, t. i, Honioe, 1737, p. 309-

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