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en est de même en Occident, au iv siècle, avec saint Ambroise (Octava enimdie jacta est resurrectio, unde cl plerique psalmi in octavam scribiintur) ', et surtout avec saint .Ii-rôme et saint Augustin. Saint Jérôme parle deux fois du symbolisme du nombre huit par rapport au dimanche. D'abord dans soi; commentairo del'Ecclésiaste, sur ce verset : Da partcm sepicm, et quideni octo : quia non scis fjuid futarum sit maluni super lerram (Eccle. XI, 2). Il y explique que sept désigne la loi ancienne, et huit l'Kvangile. Septenario numéro explelo posiea per ogdoadem ad Evangelium scandinuis. Priecipitur crgo ut in ulrumque instrumentum tam vctas scilicel quant noinim, pari veneralionc credanuis. Jud;vi dederunt partem septem, credentes sabbato. sed non dede- Tunt octo, resurrectionem diei dominicx dencgantes -. Il traite encore de ce symbolisme dans son commentaire sur Ézéchiel à propos de deux versets déjà rappelés dans le passage cité du commentaire de l'Ecclésiasle : les sept degrés extérieurs de la porte du temple signifient la Loi; les huit degrés du parvis intérieur figurent au contraire la résurrection et le jour dominical ^. Saint Augustin revient à plusieurs reprises sur ce sujet *. On sait, en eflet, combien il aimait le symiîolisme des nombres. Le nombre huit signifie avant tout pour lui la béatitude et le repos éternels que le Christ ressuscité au huitième jour nous a mérites. On retrouve d'ailleurs chez lui la plupart des idées exposées par les anciens Pères sur ce nombre mystique. Vers la fin du iv« siècle ou un peu plus tard, l'interpolaleur des épîtres de saint Ignace d'Antioche se plaît à rappeler que le dimanche est le jour dont il est parlé prophétiquement dans le titre des psaumes : Ei; -o tsÀoç, 0-=p Tr,; ôySori;, sans même juger utile d'expliquer comment ce huitième jour est celui de la résurrection '.
kS Mentionnons encore quelques témoins de cotte conception pour les trois siècles suivants : Théophile d'Alexandrie °, saint Cyrille d'Alexandrie ', Théodoret *, Hésychius '. Ce dernier auteur semble partisan d'une sorte de millénarisme d'après lequel le jugement aurait lieu au commencement du septième âge, tandis que l'application du jugement ne se ferait qu'au commencement du huitième. Au vi' siècle, Cassiodore reproduit sur ce point, comme on peut s'y attendre, l'enseignement de saint Augu.stin, mais en se référant
' In Luc. lib. VII, n. 6, P. L. (rééd. Garnier), t. xv, col. 1788. Corpus de Vienne, éd. C. Schcnkl, t. xxxii, p. 281-285. Le développement qui suit le passage cité cidessus pourr.iit favoriser le millénarisme. Voir aussi Enarr. in ps. \LVII, n. 1, P. J.., t. xiv, col. 1201 : resurreclione sua octavam sanctipcavit: ca'pit eadem prima esse, quœ octava est, et octava qare prima. — ' In Eccles., P. L. (rééd. Garnier), t. xxiii, col. 1157. — ' In fijccft., xl, 2G, 31, P. L., t. XXV, col. 379. — ' Epist., LV, ad lanuarium, 23, P. L., t. XXXIII, col. 213; De sermone Domini in monte, lib. I, e. IV, 12, ibid., t. xxxiv, col. 1235; Enarrationes in ps., ibid.. t. XXXVI, col. 90 (Ps. vi) et col. 138 (Ps. xi); Contra Faustiim, lib. VI, c. ni, ibid., t. xi.ii, col. 229; ibid., lib. XVI, c. XXIX, col. 335-336; Serm., clxix, n. 3, P. /,., t. xxxviii, col. 916; Serm., cr.i.ix, n. 2, ibid., col. 1197; De civitate Dei, lib. XXII, c. xxx, 5, ibid., t. XLI, col. 801. Voir aussi Ambrosiaster, Çuirstiones Vcleris et Novi Testa' menti, c. xxix, éd. A. Soutcr, Vindol)onie, 1908, p. 57. — ' Pseudo-Ignace, Magn., ix, 1: Funl(, Opéra palrum aposlolieornm, t. ir, p. 88; Liglitfoot, Apostolic fatliers, part. II, t. 11, sect. 2, p. 758. — ' Dans son édit sur le jeflne de ri';piplianlc tombant un dimanche, Théophile émet cette idée intéressante que le dimanche a été appelé le huitième jour parce qu'il l'a emporté sur la célébration du sal)bat juif : xat TtpioTTi, xéxX'uToti, l'o; à^yj^ Ï'-iti; hv^'-'' ■Jitip'/O'Jda. y.»i à-fô^r,, âtE ■j-;zirjf,tf,r-/.-A^ tov Tojv ' lo'jôaiwv (TïoÔa-KTiJiov. P. C, t. i.xv, col. 33. — ' tn psalm., (Ps. vi), P. G., t. Lxix, col. 795 : Au huitième jour curent lieu la résurrection, la vocation des (gentils, le don du Saint-Esprit et la communication de l'éncrtçie intellectuelle dans l'esprit de la circoncision; De adoratione in spiritu, lib. XVI, /'. G., t. i.xviii.
explicitement à saint Hilaire, à saint Jérôme et ù saint Ambroise '". Saint Grégoire le Grand dans ses Moralia " ne s'ccarle pas de l'explication traditionnelle : le nombre sept exprime la vie présente, le nombre huit la vie éternelle à laquelle la résurrection du Seigneur au huitième jour nous a donné accès. Mais dans ses homélies sur Ézéchiel il y ajoute une idée qui paraît bien lui être particulière : le sixième jour de la semaine, qui est celui de la passion du Christ, représente notre vie d'angoisses et de douleurs; le septième jour, celui de la sé|>ulture du Sauveur, représente notre repos au tombeau; enfin le huitième symbolise notre résurrection qui doit s'accomplir à l'image de celle du Christ : Qwul enjo mire Saluator noster fecit in se, hoc veraciler signaril in nobis, ut nos et dolor in sexta, et requics in scpilma, cl gloria excipiat in octava '=. SaintBède a développé celle pensée avec ingéniosité dans deux passages de son commentaire sur saint Marc " : les trois jours de saint Grégoire deviennent des âges du monde, le septième étant celui des âmes séparées du corps qui reposent dans la pai.x avec le Seigneur, le huitième celui qui suivra la résurrection générale.
Signalons enfin le témoignage d'Anastase le Sinaïte '', et celui, beaucoup plus ancien, d'Ausone. dans le petit poème sur la semaine que nous avons déjà lilé. Ce poème se termine par ce vers : Oclavum insliinnil revolubilis orbila .Soient "■.
5. I.e jour de la résurrection. — Tertullien nous apprend dans son De oratione (entre '200 et 20G) que la coutume s'était introduite chez un petit nombre de fidèles (per paaculos quosdam) de ne pas s'agenouiller le samedi pour la prière. Des dissensions en étaient résultées dans les églises, car l'usage général y était contraire. On s'abstenait de s'agenouiller en d'autres temps que Tertullien indique en ces termes : A'o.s vero, sicut accej)imns. solo die dominicœ resurrcclionis non ah isto tanlum. sed omni unxietatis habilu et ofjicio cavere dcbemus di/Jerenlcs etiam negotia, ne qucm diabolo locum demus. Tanlunden et spalio Pcnlecostes, quœ eadem exultationis sollrmnilcdc dispnngilur ". A ce passage du De oratione correspond celui-ci du De corona, écrit postérieurement (en 211) : Die dominica ieiunium iu-[as ducimus, vel de geniculis adorarc. Eadem immunitatc a die Pascha; in Pentecosten usque gaudemus". Dans ce second texte, il s'agit nettement de tous les dimanches de l'année '".
col. 1108-1109. — " In psalm., vi, P. G., t. Lxxx, col. 901; (Ps. XI), itid., col. 941 : le Imitième jour désigne lejourd\i jugement. — ' P. G., t. xxvii, col. 665 (Ps. vi), et col. 685 (Ps. XI). Xoter que le monde est consommé au sixième âge. — "' In psalm.. P. L., t. i.xx, col. 59 (Ps. vi), et coi. 96 (Ps. XI). — "Lib. XXXV, c. vni, P. I,.,t. Lxxvi, col. 759, cf. ibid., lib. I, c. viii, n. 12, P. L., t. Lxxv, col. 532. — '= /;i Ezeclùel., lib. II, hom. iv, n. 2: P. L., ibid., col. 973; cf. Id., hom. vni, n. 2, ibid., col. 1028-1029. — " In Marci evangelium crposilio, c. vin, P. /,., t. xcii, col. 217, et c. XV, i6i(/., col. 293. — " Ornlio in (Ps. vi), P. G., t. lxxxix, col. 1080. — " Cf. supra, col. 878. Voh- aussi Cassien, Inst., III, IX : ebdomadi pariter et ogdnadi, c'est-à-dire le samedi et le dimanche. lid. Pctsclicnig, Corpus de Vienne, t. XVII 1888, p. 43. — " Tertul., De oratione. 23, éd. Wissowa, Corpus de Vienne, 1890, p. 196. — " De corona 38; P. L., (rééd. Garnier), t. n, col. 09. — " Pascita, que Tertullien dérive de Trii/eiv (cf. Adv. .hidtros, 1(1), comme la plupart des auteurs du Ii*^ et du Iif siècle, désigne nvanl tout chez lui le jour de hi mort du Christ. Le jeilnc de ce jour pouvant s'étendre jusqu'au samedi (cl. De ieuniis, 14) dans la nuit, laquelle on passait en prières (Ad uxnrem, u, 4), le terme Pascha a recouvert la même durée. Nous croyons donc que dans le passage cité ci-dessus (iu De corona on doit inlerprétcr a die I*ascluv en sousciitendant « exclusivement ", c'esl-à-dire à partir de la fin ilu temps de la Pfl(|uc. On sait d'ailleurs que le temps de la •■ Pentecôte • des anciens correspond ^^ notre temps |)ascal. r.r. Tertullien, De tiaptismo, c. xix; lùisèbe, Vtta Cnmtanl., I. IV. c. i.\iv ; S. Itnsile. /)r Spiritu sanrin c. Lxvi, etc.
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Les anciens éditeurs de Terlullien ne doutaient pas qu'il ne fût aussi question du dimanciie en fiénéral dans le passaae parallèle du De oratione, car ils lisaient solo die dominico au lieu de solo die dominicœ resurredionis, qui est le texte des éditions modernes. Aussi pour nous la question se pose-t-elle de savoir si cette dernière appellation s'applique exclusivement à la fête de la résurrection ou bien à tous les dimaiiclies, y compris celui de la résurrection. La seconde solution ne nous paraît guère douteuse. Nous on trouvons la preuve dans le parallélisme des deux passages; dans la tradition ancienne et universelle de prier debout tous les dimanclies; dans le contexte cité du De oralione: on sait, en effet, que la suspension, le dimanche, des aflaires courantes remonte à une haute antiquité; enMn, dans les témoignages anciens que nous allons citer, où l'on voit le dimanche pris en général, appelé « le jour de la résurrection », tout aussi bien que le dimanche même de Pâques.
Le terme ordinairement employé par les auteurs .crées pour désigner et le dimanche et le jour de la fête de la résuiTection est àviT-îs.u.oç (f.iiipx). Eusèbe donne très nettement ce titre au dimanche ordinaire dans le passage suivant de son commentaire sur les psaumes où il est question de l'eucharistie qui se reçoit chaque dimanche : "Eîti oï y.aO' âzâsTr.v àvaTTii.u.';/ T,;j.icav to3 S'')Tf,.îOî r;;jLtûv, Tr,'/ zo(Ào'j|jiÉvr,v y.-jy.x/.ry '. Ailleurs, il paraît bien parler de la célébration de la liturgie dominicale en faisant usage du même terme : « Ka! \)ii-ir]'jia zit' opBçov to ÏXïo; 700. » Sri;jii''vî'. o'z O'.i tO'jtoj 7:po3T,T'.zc5; tt-^v /.xt' opOpov zaî /.aO'izaTTrjv "owtav tt;; àvisTajîtiO'J f|!xÉpi; zïO' oXt,; Tf;; oîzo-jasvT]? Èv Tij ' ExzÀr,5;'a ajTOj rs'j/-zXo'j'j.i'n,'/ XiTpî'iv -. Deu>: autres passages du même auteur peuvent s'appliquer indifféremment au dimanche de la résurrection et à tout autre dimanche'; et il en est de même une fois chez saint Athanase *. Mais c'est bien certainement le dimanche qu'Eusèbe nomme f, -f,; àvi-j-ris;'.); r,[xézy. dans son commentaire sur le psaume xci ^ Saint Basile rappelle dans son Traité sur le Saint-Esprit que l'on prie debout le dimanche (èv tî; a'.à -oj GaZZi-o-j) pour commémorer la grâce reçue » au jour de la résurrection » : iv tt; àviîTiT';j.i.i f.^jLioDc ". Il est assez douteux que saint Grégoire de Xazianze dans sa lettre clxxi à Amphilocliius ', fasse allusion au dimanche, ou à la liturgie dominicale, quand il parle du prêtre qui touche
la ^^ctime de la résurrection », -f;? àvaîTïîtaoj Ojcriaç i~-'yj.v/o; ; le sens pourrait être : la victime ressuscitée qui a le pouvoir de ressusciter, c'est-à-dire d'obtenir cette santé de l'âme, cette purification des péchés dont il est question dans le contexte.
En deux endroits, qui reviennent proprement à leur rédacteur, les Constitutions apostoliques désignent le dimanche par le vocable dont nous nous occupons, en y ajoutant toutefois le synonyme plus courant : r, /.upiiy.v II, Lix, 3 : MiX'.jTï 0£ « Iv -fj f,jj.£pa -o'j saoôiTOJ xal îv Tr, TOJ z'jpîoj ivasTïTÎjjLto » tt; y.jp'.az^ ^rro'JOa'.OTÉpo}; à~av- TÏTS '. Les mots placés entre guillemets sont une glose du passage correspondant de la Didascalie. — VII, xxx, 1 : TJjv àvai-ij'.aov toj /.-jpi'oj f.ajpav, Tr// z-jp'.i/.r.v 9ï;j.ïv, •sjvipyssSî à8'.ï5.c{-T!.): Ejyap'.jToivT:; Tro Oîiô '. Cette phrase, et celles qui la suivent, glosent le passage de la Didachà (c. xiv) relatif au dimanche que nous avons cité plus haut. La même expression se trouve aussi employée dans les Constitutions apostoliques
' Jn ps. XXI, 30, P. G., t. xxiii, col. 213. — ' In ps. l.vill, 17, ihid., col. 552. — ' /;i ps. Vl, titre, ibid., col. 120; In ps. XI, titre, ibid., col. 140. — ' In ps. Vl, titre, I'. G., t. .xxvii, col. 76. — ' P. G., t. xxm, col. 1169. Voir lo contexte, où ;'.; -T|V r.iiîpïv ciSêiTO'j explique aussi sans doute cette locution anormale. • — ' C. xxvii, 66, P. G., t. xxxii, col. 192. Même titre donné au jour de Pâque dans l'homélie xin préparatoire au baptême, n. 1, P. G., t. xxxi.
pour désigner le dimanche de Pâques ". Mais elle s'ap- ])lique certainement au dimanche chez le pseudo- Ignace, auteur présumé des Constitutions, où -r,-/ àvï7- TÎi'.aov s'appose à zop.azv/ du texte authentique ". Enfin notons que dans l'Église grecque actuelle les tropaires du dimanche portent le nom de Tpc-îp'.a àviîTi-j'.;jia '-.
II. Les origines. — Les textes les plus anciens qui paraissent se rapporter à la célébration du dimanche proviennent de milieux helléno-chiétiens de Grèce, d'Asie-Mineurc. et de Syrie. A l'exception d'un seul — la lettre de Phne à Trajan — , ils ont été tous mentionnés dans l'enquête précédente sur les différents noms de ce jour chrétien. 11 convient cependant de les alléguer de nouveau, soit pour les produire dans leur ordre chronologique, soit pour les présenter à l'occasion dans leur contexte, étant donné qu'on les envisage maintenant a un autre point de vue : celui des origines du dimanche.
A la fin de sa première épître aux Corinthiens (I Cor., XVI, 1-2) composée vers 56 ou 57, saint Paul écrit : « Au sujet de la collecte pour les saints [de Jérusalem], agissez, vous aussi, conformément à ce que j'ai prescrit (o:i-%;%) aux églises de Galatie. Le premier jour de la semaine, que chacun de vous mette en résene chez lui ce qu'il se voit en mesure de donner, afin qu'on n'entreprenne ])as les collectes seulement quand je serai venu. :> Il est remarquable que dans ce passage saint Paul ne dise pas : « chaque semaine », mais ; « le premier jour de la semaine -. r'cst-i-dîre « chaque dimanche ». Il avait donc appris aux convertis de Galatie et de Corintlie, pour la plupart d'origine païenne, que ce jour avait une importance particulière : il l'a choisi, en effet, comme convenant le mieux à l'accomplissement (le l'œuvre de charité chrétienne qu'il leur recommande. L'argent destiné aux fidèles de Jérusalem est à prélever par chacun sur ses gains de la semaine; or ce prélèvement ne se fait point le sabbat, le dernier jour de la semaine juive, celui de la cessation du travail, mais le jour suivant qui était alors pour tous un jour ouvrable. Le texte ne fait^aucune allusion aux réunions chrétiennes du dimanche : mais comme on sait par ailleurs qu'elles existaient vers la même époque, on pourra supposer que les chefs de la hiérarchie locale y recommandaient à leur tour ce prélèvement et cette mise en réserve d'argent piescrits par l'apôtre. Il est très vraisemblable aussi que la collecte définitive s'est faite le même jour et dans la même circonstance.
Lorsqu'il eut recueilli cette collecte à Corinthe, saint Paul se rendant à Jérusalem s'arrêta en 57 ou 58 à Troas après la fête de Pâques. « Nous passâmes là sept jours, » dit saint Luc dans les Actes (Act., xx, 6); puis il ajoute aussitôt le récit suivant {ibid., 7-13) : " Le premier jour de la semaine, tandis que nous étions réunis pour rompre le pain, Paul conversait avec eux [les disciples de Troas], car il devait partir le lendemain; il prolongea l'entretien jusqu'au milieu de la nuit. Il y avait beaucoup de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis. Or, un jeune homme du nom d'Eutychus qui était assis sur la fenêtre, s'endormit d'un profond sommeil pendant que Paul convers.ait longuement; entraîné par le sommeil il tomba en bas du troisième étage, et fut relevé mort. M.ais Paul descendit, se pencha sur lui et, l'ayant pris dans ses bras, dit : Ne vous troublez pas, car son âme est en lui. Quand il fut remonté, il rompit le pain, mangea, et causa longtemps
col. 424; cf. S. l^:piphane, Kipo.^. fidei, c. xxii, P. G., t. xLii. col. S2S; S. Grégoire dcNysse, Epist., IV, P. G., t. XLvi, col. 102S; Conc. in Trullo, can. 60. — " P. G., t. XXXVII, col. 280. — ' F. X. Funk, Dtdascalia et constitulinnes aposMortim, in-S», Paderborrac, 1905, t. i, p. 171- 173. — ' Ibid.. p. 418. — " V, xvii, 3, et VIII, xxxvi, 2. — " .trf Magn., IX, 4, Funk, Opéra palnim apostolie.. t. n, p. 88. — " Horologion méga, in-12, Venise, 1820, p. 432.
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encore jusqu'à l'aurore, puis il partit. Le jeune ïiomme fut ramené vivant, et on en eut grande consolation. Pour nous, nous prîmes les devants par le navire, et nous fîmes voile pour Assos où nous devions embarquer Paul qui avait décidé de venir là par la voie de terre. » Ce passage de saint Luc intéresse au premier chef l'histoire primitive du dimanche puisqu'il y est question de l'accomplissement en ce jour du rite de la fraction du pain, c'est-à-dire de la célébration de l'eucharistie. Il reste à savoir cependant si les chrétiens de Troas ne se réunissaient pas d'autres jours de la semaine, ou tous les jours de celle-ci, pour commémorer le dernier repas du Seigneur, car s'il en était ainsi le témoignage du compagnon de saint Paul perdrait dans le cas une bonne partie de sa valeur. Mais le récit de la cène de Troas ne nous apprend rien à ce sujet. On s'accorde cependant à considérer la célébration quotidienne de l'eucharistie dans l'Église primitive comme propre à la communauté de Jérusalem. Cet usage y devait être parallèle à celui de la fréquentation du temple (Act., II, 46). A Jérusalem, en effet, le sacrifice de l'holocauste était quotidien >, et l'on ne sacrifiait que dans cette ville; dans les synagogues, au contraire, le service religieux n'avait lieu, en dehors du sabbat, que le lundi et le jeudi =; et c'est dans cette proportion même de trois jours par semaine que l'antique synaxe chrétienne se présente à nous. On sait, par ailleurs, que si elle était eucharistique ces trois jours dans l'Église d'Afrique ', il n'en était pas de même dans les autres Églises, où le jour unique de la synaxe eucharistique était le dimanche '. Ainsi qu'on l'indiquera plus loin, le samedi ne fut admis, en Orient, à participer à ce privilège du dimanche que vers la fin du i\" siècle. — • Ne pourrait-on, d'autre part, attribuer un caractère extraordinaire à la cène de Troas en supposant que le départ de saint Paul fixé au lendemain en fut la principale occasion ? Le récit des Actes favorise très peu cette manière de voir; à le lire, il apparaît bien que le départ de l'apôtre motiva seulement la prolongation de son entretien avec les disciples ^ Saint Luc d'ailleurs en mentionnant « le premier jour de la semaine • ne semble pas soucieux de marquer un point de repère chronologique. Il vient de dire, en effet, que saint Paul résida « sept jours » à Troas (Act., xx, 6), et c'est tout ce qu'il importe de savoir pour se rendre compte d'un voyage en Asie qui a commencé après « les jours des azymes >• {ibid.), et qui doit durer jusqu'à la Pentecôte (? 16) : à ce point de vue, la précision d'un jour de la semaine intéresse fort peu le lecteur, étant donné surtout que la date de l'année ne lui a pas été fournie. Notons, en outre, avec B. Weiss », que saint Luc Écrit ici : ' Ev 'À tf; atà xwv c;a6îâT'.)v, tandis que dans son Évangile, au récit de la résurrection, où la préoccupation de fixer le moment exact de^^cet événement est manifeste, il dit plus formellement, sans se servir de préposition : Tfi Ôl ;j.î toiv aaÇôix'ov (Luc, xxiv, 1). Aussi bien, dans les^lActes, la mention du premier jour de la semaine semblé subordonnée à celle de la réunion eucharistique. « Tandis que, le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain » pourrait, croyons-nous, s'interpréter ainsi : « Comme nous étions réunis pour la fraction du pain du premier jour de la semaine. » Cela laisserait supposer que ce jour était par excellence celui de la fraction du pain; et aussi
' Heb.,x, 11; cf. xiii, 11-12. — • Cf. E. Schûrer,Ge5c/iic;i(e (tes judischen Volkex im Zeitallcr Jesii Christi, 3' éd., 1898, t. II, p. 427-4G3; W. O. E. Oesterlcy and G. H. Box, The religion and worship ol Ihn sunagogiie,\n-S',Lon(lon,l^^' . V- •il.'i- 318, :i.'jl-353. — ' Tcrtullien, De omtione, 19; cf. De ieiimio, 14. Le mOme auteur mentionne niissi la célébration de reiicharistic aux natalitia des martyrs. De corona, 3. Ln célébration quotidienne (nous ne disons pas la communion) n'apparjiit en Afrique qu'avec saint Cyprien. Voir Diclionn.,
qu'il possédait cette prérogative depuis un temps ancien, surtout quand on admet, comme nous le faisons, que les Actes ont été écrits pendant la première captivité romaine de saint Paul (c. 61-63). Du reste, dans 1 Cor., XVI, 2, saint Paul paraît déjà faire allusion à un usage communément admis et bien connu de ses lecteurs : il est clair, en efiet, que le choix du jour où la collecte doit être préparée est accessoire dans la prescription de l'apôtre. Les lecteurs de l'épître sont censés devoir comprendre immédiatement les motifs qui font choisir ce jour plutôt qu'un autre. Nous verrons plus loin s'il convient de penser que la cène de Troas eut lieu au commencement du jour juif, c'est-à-dire le samedi soir, et non le dimanche soir, comme le texte des Actes paraît l'indiquer.
Le passage de l'Apocalypse relatif au dimanche (Apoc, I, 10) a été expliqué plus haut. Il nous intéresse ici en tant qu'il provient d'Asie-Mineure. Selon la remarque de Swete ', il semblerait que l'exilé de Patmos séparé de l'assemblée chrétienne d'Éphèse, où chaque semaine on accomplit la fraction du pain, prenne plaisir à rappeler qu'en ce jour même il fut favorisé lui ai ssi, mais d'une autre manière, de la présence du Seigneur. Nous avons aussi fait observer que dans cette vision « au jour seigneurial » le Fils de l'Homme se présente à l'apôtre comme le ressuscité qui a vaincu la mort à jamais : il est donc possible que la notation du jour de la vision soit, sous ce rapport, intentionnelle.
Il est très remarquable que dans son épître aux Magnésiens (ix, 1) saint Ignace d'Antioche oppose par allusion le dimanche au sabbat et aux coutumes juives, comme si le dimanche était une institution aussi représentative du christianisme que le sabbat l'est du judaïsme. Il paraît bien ressortir en outre de ce passage que l'introduction du sabbat parmi les chrétiens de l'église de Magnérie eût été chez eux une grande nouveauté; aussi grande, du reste, que l'adoption de l'erreur judàisante à laquelle ils étaient sollicités d'adhérer. Rien, en eflet, dans le texte de saint Ignace ne laisse supposer que ces chrétiens aient jamais observé le sabbat à côté du dimanche comme le firent originairement les judéo-chrétiens de Jérusalem et de Palestine. Il faut conclure aussi, semble-t-il, du même passage, qu'à l'époque de saint Ignace les juifs d'Asie- Mineure et de Syrie qui se convertissaient au christianisme renonçaient dès lors complètement à l'ob'servation du sabbat.
La lettre de Pline ", légat de Trajan (112), sur les chrétiens des provinces du Pont et de la Bithynie, est sensiblement de la même époque que les épitres de saint Ignace (107). Elle témoigne en outre pour une contrée limitrophe de la Troade, où l'on a vu saint l'uni accomplir la fraction du pain le dimanche, et d'où saint Ignace s'embarqua pour Rome après avoir écrit trois de ses épîlres '. On apprend par cette lettre qu'au dire d'apostats interrogés par Pline, les chrétiens avaient jadis deux réunions « à jour fixe », mais qu'ils ont supprimé la seconde du jour où l'empereur interdit les associations ou » hétairies »; en 112 ils n'avaient donc plus qu'une seule réunion liturgique, celle qui se faisait avant le lever du soleil. Voici ce passage bien connu : Adfirmabant aulcm hnnc fuisse sumnmm vd culpœ vcl crrnris, quod essent solili slato die ante luceni convtnire carmcnqiie Chrisla quasi dco dicerc secum invi-
nrt. .\FRiQUE (LiTinr.iE anténicéenne pf. l'), t. i, col. .'in.S nq. — « Voir Diclionn., art. .Ai.iturciquks (.louns), t. I, col. 1218 sq. — ' Ce qui ressort encore davantage du texte du Codex I!e:œ, Act., xx, 7 : ■/.»'; i/j ÉTtotjpiov \i.é'i)M\ é;uvïi •TiapETeivev TÔv "/ifov. CI. Act., itiid., 11. — " Die Apostelgeschichte (dans les Texte und l'ntersiichimgen, t. ix), LtipziB, 1893, p. 237. — ' Tlie Apncotupxe o/ St. .Inlm. l.midon.l90G,i. Ii. /.— • £p.,x,H6 (97). — • l'hUml.. Smiirn.. Polgc: Magn. a été écrit de Sniyrnc.
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ceni scqtic sacramcnlo non in salas aliquod ubslringere, scd ne farta, ne latrocinia, ne adulteria commiUcrcnl, ne. lidem fallcrent, ne deposilam appellali abm-rjarcnt. Quibas peractis morem sibi discedendi [aissc rursusquc coeandi ad capicndum cibiun, promiscuum lamen et innoxiam; quod ipsum /acere desisse post ediclum meum, quo secandam mandata liia hrrterias esse vetaeram. Aucun de ceux qui ont ctudié ce passage n'ont fait Ulfflculté (l'admettre que stato die désignait très vraisemblablement le dimanche '. Dans l'encadrement des textes que nous étudions, textes qui proviennent presque tous d'Asie-Mineure, c'est eu clîct une manière de voir qui s'impo:.e. A supposer d'ailleurs qu'il y eût eu alors dans l'année plusieurs sortes de jours fixes pour la célébration de la liturgie, le dimanche aurait été certainement l'un de ceux-là : aussi bien ne peut-on douter que les apostats ne s'y réfèrent d'une façon implicite. Il importe aussi de noter que ces apostats qui informent Pline ont cessé d'être chrétiens « les uns il y a trois ans, d'autres depuis plus longtemps encore, certains il y a plus de vingt ans » (quidam ante triennium, quidam anle plares annos, non nemo etiam ante viginti). Aucun d'eux par conséquent n'a pu être témoin de la transformation qui s'est opérée dans le culte chrétien après ledit de l'empereur, puisque c'est Pline lui-même, arrivé en Bithynie en l'an 111 =, qui a fait appliquer cet édit dans sa légation: or sa lettre est de l'an 112. Sur la soumission elle-même des chrétiens à la loi, Pline ne semble pas avoir de doute : le fait est qu'il lui sufTisait d'en être informé par ses fonctionnaires, sans avoir besoin d'un rapport par oui-dire venant des apostats, ou même du témoignage des deux diaconesses qu'il a fait mettre à la lorlui'e pour s'assurer de la véracité de la première déposition. En réalité, il n'a pas appris que les chrétiens aient contrevenu à l'édit, car il résume le résultat de sa seconde enquête par ces seuls mots : Nihil aliud inveni quam superslilionem prannm immodicam. Retenons donc de la lettre de Pline qu'avant l'an 110 environ, le; chrétiens du Pont et de la Bithynie se réunissaient deu.x fois les jours de culte, par conséquent le dimanche, et que leur seconde réunion, différant en cela de la première, avait pour but principal de consommer « une nourriture simple et innocente». Or tous ceux qui. comme nous (et pour des raisons que nous n'avons pas à exposer ici), ne croient pas à l'existence d'agapes primitives entièrement distinctes de l'eucharistie, reconnaissent dans ce repas la réitération de la dernière Cène du Seigneur, la fraction du pain que l'on a vu s'accomplir à "Troas sous la présidence de saint Paul. Comme à Troas, et'à l'imitation de ce qu'avait fait le Sauveur, cette seconde réunion eucharistique devait se tenir dans la soirée. Il n'y a point là simple hypothèse, puisqu'on constate par le texte de Pline que cette deuxième assemblée fut assimilée aux réunions ou banquets des hétairies. Or ces dernières réunions, dont les membres étaient la plupart du temps des artisans ou de pau\Tcs gens, ne pouvaient avoir lieu qu'après la conclusion des alTaircs, à la fin de la journée de travail. C'était, dans le monde gréco-romain d'alors, le moment de la ccna, le principal repas de la journée. Cicéron parle des banquets des sodalitaln qui furent établis à son époque,
' J.-IB. Lightfoof, Ignalius i, p. 51; Harnack, Die I.ehrc lier zwôlf Aposiel, in-8°, Leipzig, 18S4, p. 53 ; W. Bright, Some nspects of primilive Chiirch lile, ln-12'','I-onclon,'1898, p. 107 ; M. Goguel. I.'Fucharistieiles origines à Justin Martur, in-8\ Paris, 1910, p. 264, etc. — = Cf. G. Goyau, Clironologie (fc l'empire romain, in-12, Paris, 18'll, p. 185. — * De scnecdid-, XIII, 44. — * îbid., 45. — * Insrriptioniim îatinarum seh'ftarum amplissima collectio, t. m {CoUeclionis nrellianœ sitpplementa emendatîonesquc'. exhi l>riis edidît G. Henzen, in-8^, Turici, 1856, n. 6086, p. 210-21".; p. 212 : ad ccnam laciendam... ordo cenarum; p. 212 : Mtifiiatri cenanim. Cf. Dictionn. art. CoLLEGiA, t. m, col. 2121-', note 9. II faut observer
après avoir rappelé comment le vieux G. Uuillius, • le premier qui eût défait sur mer les Carthaginois, «avait coutume de revenir pomiieusemcnt chez lui à la lueur des torches après la ccna \ Un peu plus loin ', le mot grec qu'il traduit par concenalioncs est évidemment ajv0£.-va. Le règlement du collège funéraire de Lanuvium,' gravé en l'an 13l) de notre ère, parle explicitement de l'ordo cenarum, de l'ordonnance des banquets, de cette confrérie '. Il est à peine besoin de prouver ce point. — Quant à la première réunion,' celle qui précède l'aurore, on est assez embarrassé pour préciser sa nature. Il s'agit évidemment d'une vigile. Avec L. Duchesne « et dom Cabrol ', nous croj'ons que la synaxe qui en remplissait les moments n'avait point de caractère sacramentel proprement dit '. Elle o se passait à entendre des lectures, des homélies, des chants, et à réciter des prières... Klle se combina plus tard avec l'ofTice de matines, qui l'éhmina peu à peu '. » Le sacramcntum de Pline n'est probablement que l'engagement solennel de l'assemblée, sous forme d'une acclamation, accompagnée ou non du geste du serment, de se conformer aux enseignements moraux du christianisme dont le président rappelait les principaux articles. Ces articles pouvaient ressembler à ceux du '■ chemin de la vie • dans la première partie de la Didachè •". On se demandera ensuite pourquoi cette réunion avait lieu avant l'aurore. Nous appuyant sur le fait qu'on y chantait une hymne au Christ « comme à un dieu -, nous nous permettrons de faire appel ici pour la solution de la question, et simplement à titre d'hypotlièse, au souvenir du matin de la résurrection, souvenir combiné, pensons-nous, avec la préoccupation du retour du ChrLst glorieux à une heure où le commun des hommes n'a pas coutume de veiller ".
L'observation du dimanche aux environs d'Anlioche, vers le milieu du ii<^ siècle, peut se déduire de l'emploi du ternie zjc'.izr; dans l'Évangile de Pierre (n. 35 et 50), pour désigner le jour de la résurrection du Christ. Cette déduction serait fortifiée, pour une date plus ancienne, par le témoignage de la Didachc, s'il était sur que cette compilation est originaire de Syrie. On y trouve en effet le même terme (c. xiv). La Didachè nous apprend en outre comme on l'a vu que le dimanche était le jour de la fraction du pain et de l'action de gn'ices; mais le moment auquel ce rite s'accomplissait n'est pas précisé.
Sous ce rapport, saint Justin, dans sa célèbre description de l'eucharistie dominicale >% n'est pas plus précis. On a l'impression cependant d'une célébration en plein jour : c'est « le jour du soleil ', celui où Dieu <• transforma les ténèbres et la matière pour créer le monde » ; on vient de loin, « des villes ou des champs •, pour se réunir; la cérémonie finie, on envoie au.x absents, par le ministère des diacres, une part des éléments consacrés; toutes choses qui s'accordent mal avec une célébration nocturne. Ailleurs ", saint Justin place l'eucharistie à la suite des cérémonies du baptême; or l'on sait que selon les anciens rits le baptême se conférait à l'aube du dimanche", ou dans la nuit du samedi au dimanche", de telle sorte que l'eucharistie était célébrée le matin du même jour. Après ce que l'on a lu d.ans la lettre de Pline, cet état de choses n'est pas
cependant que les collèges lunèraires ne pouvaient se réunir qu'une lois par mois. — ' Origines du cnlle clirélien, 2» éd., Paris, 1898, p. 219. — ' Les origines tilnrgiqtics, 10-8°. Paris, 1906, p. 335. — 'Nous voulons cxcliu-e^par cette expression le Baptême et l'Eucharistie, mais non la Pénitence. Cf. DidacM. iv, 11. — • Duchcsne, loc. cit. — '• i-iv. spécialement le 'Second commandement de la doctrine • (il cl m), où toutes les lautes énumérées dans la lettre de Pline ont leur équivalent.— " Cf. Matt., xxiv, 42-44, 50; xxv, 5-6, 13; Marc, xin, 35-37 ; Luc, xii, 37-40 ; I Thess., v, 2 ; Apec, m, 3 ; XVI, 15. — "I Apol., i.xvii. — " Ihid., LXV. — " Voir Dicl., art. Baptême, t. ii, col. 258 sq.— •■ 7Mf/., col. 277; cf. col. 29s.
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fait pour étonner. Dans la description de l'eucliaristie dominicale que nous avons citée en premier lieu, saint Justin paile d'un discours fait par le président avant la fraction du pain, comme dans la ccnc de Troas ; il mentionne aussi une collecte pour les indigents rappelant celle que saint Paul, dans la premiiire aux Corinthiens;, met en relation avec le dijnanclic : il y a cette différence que la collecte de l'Apologie se fait chaque dimanche dans le lieu ménie ' où l'eucharistie est célébrée. Les mots par lesquels saint Justin termine sa
description : le jour du soleil, il apparut à ses apôtres
et à ses disciples et leur enseigna ces choses mêmes que nous vous avons exposées et recommandées, » .«e réfèrent sans doute, d'une façon générale, à l'accomplissenrent des prophéties -, objet de la première partie de l'Apologie, et aux sacrements du baptême ' et de l'eucharistie', objet de la deuxième partie. Rien n'oblige à croire que l'apologiste songe ici à l'institution formelle du dimanche par le Sauveur. Et l'on ne saurait, d'autre part, rapprocher cette phrase ^ du passage suivant de l'épître de saint Clément de Rome : « Nous devons faire avec ordre tout ce que le Maître nous a prescrit d'accomplir en des temps déterminés. Or il nous a prescrit de nous acquitter des offrandes et du service divin non pas au hasard et sans ordre, mais en des temps et à des heures fixés '. » Le « Maître » (6 Ôsa-ciTTiç) ici, comme dans toute l'épître, est Dieu le Père, et le contexte de ce passage indique clairement que les pratiques visées sont les institutions rituelUs de l'Ancien Testament. Saint Justin a écrit son Apologie à Rome, mais il est originaire de Judée, et sa conversion eut lieu probablement à Éphèse; aussi bien, à en juger par la manière générale selon laquelle il s'exprime, son témoignage peut valoir tout autant pour l'Asie que pour Rome '. Cela nous permet d'inclure son attestation dans la présente énumération des textes les plus anciens relatifs au dimanche, textes qui proviennent dans leur ensemble de Grèce, d'.^sie- Mineure et de Syrie. On peut y joindre aussi la mention de la célébration de ce jour dans le Livre des lois des pays de lîardesane d'Édesse '' (vers la fin du II* siècle), et dans la lettre de Denys de Corinthe au pape Soter ", écrite entre 166 et 174; on n'oubliera pas non plus le traité perdu de Méliton de Sardes « sur le dimanche » ".
Le témoignage de l'épître de Barnabe ", qui est à placer pour l'ancienneté à côté de celui de la Didachè ", se rattache très probablement à un milieu alexandrin ", par conséquent à un milieu géographique différent de celui des textes précédents. Mais cette épitre antijuive d'un juif converti, s'adresse à une communauté composée en grande partie de chrétiens venus du paganisme et éprouvés par le prosélytisme juif"; au point de vue des idées et des coutumes cette lettre représente donc comme les autres textes une tradition helléno-chrétienne. Il faut y rattacher le témoignage de Clément d'Alexandrie ".
Après avoir lu ces diverses attestations provenant de milieux analogues, on serait fort incliné à conclure que le dimanche est par ses origines une institution étrr.n-
Celieu n'est pas précisé, mais il faut noter que les mots ânl TÔ aJx'o ojvÉ) cjaiç l'iveToii rappellent ceux qui sont employés dans le Nouveau Tcslament pour désigner les réunions des premiers chrétiens : Act., ii, 1 , 45 ; T Cor., xi, 20 : lovEpy'jijivwv 'vj'/ C|j.<rpv ÈTti t'o c',-'^: ihid., xiv, 23; \uiiaussi S. Clément, Ep. ad Cor., xxxiv, 7, etc. — ' Cf. I.uc, XXIV, 25 sq. — "Cf. Mntt., xxviii, 19. — ' Cf. Luc, xxiv, 30. — ' Comme le fait J. C. 'V. Dtircll, Tlw Insloric Cluircli, in-12, Cambridge, 1906, p. 13, note. — ' F.p. ad Cor., xl, 1-2, traduction Hemmcr, Paris, 1909. — ■ Cf. Dictionn., art. RAPrÊME, t. ii, col. 298. — • Cf. col. 859, note ■!, "Voir aussi F. Non, îiardesane t'astroloijtie : Le livre des lois des pays, traduction française, ln-8", Paris, 189'J,
gère au judéo-clnislianisme proprement dit. On imaginerait volontiers qu'elle a pris naissance dans ces milieux d'Asie-Mineure ou de Grèce où saint Paul, cessant son apostolat auprès des juifs incrédules, se tourna vers les gentils pour fonder parmi eux des communautés chrétiennes. On verrait, en conséquence, dans le dimanche une institution en réaction directe contre le judaïsme et spécialement contre le sabbat qu'elle aurait eu dessein de supplanter. On sait, d'autre part, que les prosélj tes improprement dits du judaïsme, les étrangers « craignant Dieu » (^xî'j'asvo'. ou çoSoJiij'.o'. Tov 0:0'/), qui n'étaient pas soumis à la circoncision, fréquentaient les synagogues et observaient le sabbat '^ On peut même dire que les premiers convertis de la gentilité avaient été du nombre de ces demi-prosélytes '■. Le lien une fois rompu avec la synagogue, il en fut naturellement de même pour eux à l'égard du sabbat, d'autant plus que de purs païens donnaient leur adhésion à la foi nouvelle, et que dans les comnuinautés formées en grande partie ce ceu.x-ci saint Paul interdisait l'observation des « jours i> juifs ". Cependant si cette théorie est excellente pour expliquer la propagation de l'institution du dimanche, nous ne la croyons pas historiquement fondée à donner raison de l'institution elle-même.
lîn effet, dans l'Église judéo-chrétienne primitive. les pratiques exclusivement chrétiennes se sont tout d'abord juxtaposées aux pratiques juives; entre les unes et les autres il n'y eut aucun antagonisme, car évidemment l'on estimait, selon la doctrine du Sauveur, que le christianisme était la perfection ou l'achèvement de la Loi. Nous constatons cette juxtaposition ou superposition chez les premiers chrétiens de Jérusalem : ils' sont assidus, d'une part, à la liturgie du temple, et,' de l'autre, à la fraction du pain dans leurs maisons'". Le contlit soulevé par l'attitude de ceux-ci à l'égard des convertis incirconcis, n craignant Dieu » ou simples païens, en fournit une prcu\e plus manifeste encore. Saint Jacques trouvait naturel que la Loi continuât'd'être obligatoire pour tous les chrétiens d'origine juive-", et c'est avant tout par égard pour ceux-ci qu'il proposa le décret conciliateur qui fut accepté par l'assemblée apostolique de Jérusalem. « Je suis d'avis, dit-il, qu'on n'inquiète pas ceux des païens qui se convertissent à Dieu, mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impureté, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations, Moïse a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le ht tous les jours de sabbat dans les synagogues (Act., XV, 19-21). • La raison finale donnée par saint Jacques .••oulève bien des diflicultés d'exégèse, (le n'est pas le lieu d'en traiter en détail. Nous croyons toutefois qu'on pourrait les trancher en concluant du silence du décret relativement au sabbat, à la nonobhgation de celui-ci pour les incirccncis convertis. Le motif allégué par saint Jacques ne vaudrait alors que par rapport aux judéo-chrétiens et aux asCo'fisvr tov 0£'jv. lies uns et les autres, en efl'et, fréquentaient les synagogues, et les premiers comme observateurs de la Loi eussent été scandalisés d'une liberté absolue, nui
p. 55. — • Eusébc Jlisl. ceci., I. IV, c. xxiii, n. 11 ; cf. supra, col. 864. — " Eusèbc, ibid., c. xxvi, n. 2; cf. .«iipra, col. 861. — " C. xv, n. 9; cf. supra, col. 880. — " C'est- ;'i-d)ri', au plus tard, de l'époque d'Hadrien; vraiscmblabliniiiil vers le début de ce régne. — " linrnab., ix, 6. " Cr. G. Ogcr, ii'/iKrc de Barnabe, Paris, 1907, dans les 'I ixle.'i et documctds de llcmmer cl I.cjay, p. i.xxviii. — "Cf. supra, col. 872, 881. — "Cf. Act. xiii. 11. 17, 43; XIV, 1: XVI, 13, 11; XVII, 2, 4, 12; xvii, 17; xviii, 4; Joséphc, Confra Apion., n, 39. — " C. Act., viii, 27 (cf. Dcut., xxiii, 1); x, 2 sq.; xi, 1-3, etc. — "Gai., iv, 9-10; Col., II, 1 6-17.— " Acl ., 11. 40.— » Act., xxi, 20-21 , 24-25; cf. lùisébc, Ilisl. ceci., II, xxiii, 1-7.
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n'était pas accordée pur Moïse aux étrangers résiliant en Palestine '; tandis que les seconds, pour une raison semblable, auraient pu être enipéclus de se convertir au christianisme. Mais s'il est vrai que les incirconcis convertis, autrefois « craignant Dieu » ou purs païens, lurent astreints uniquement aux clauses du décret et par là même laissés libres quant à l'observation du sabbat, n'est-ce pas que saint Jacques qui admet implicitement une telle liberté, connaît pour ces chrétiens d'autres jours fixes de réunions cultuelles '? Il s'agit en ellet de chrétiens qui n'ont sans doute pas de liturgie quotidienne comme h Jérusalem ', ou du moins qui n'ont pas d'occasions aussi fréquentes de se réunir que les chrétiens de cette ville, assidus à la liturgie du Temple. De là à tenir pour vraisemblable que saint Jacques et les membres de sa communauté célébraient zxt' oTzov ■> le dimanche, il n'y a pas loin. En tout cas, le fait que ceux-ci observaient le sabbat ne s'oppose en rien à cette manière de voir.
Mais il y a mieu.x que ces hypothèses. C'est le témoignage d'Eusèbe sur les Ébionites; ce témoignage est unique, mais il est trop précis jjour que l'on i)uisse songer à l'écarter du débat. Eusèbe distinguant deux catégories d'Ébionites s'exprime ainsi sur la seconde : « Il y en avait cependant d'autres qui portaient le même nom et qui se gardaient de la sottise de ceux-ci. Ils ne niaient pa.s que le Seigneur fût né d'une vierge et du Saint-Esprit; mais comme eux, ils n'admettaient pas sa préexistence, quoiqu'il fût le Verbe divin et la Sagesse, et ils revenaient ainsi à l'impiété des premiers. Leur ressemblance avec les autres est surtout dans le zèle charnel qu'ils mettaient à accomplir les prescriptions de la loi (jwtiaT'.zfiV -;ç,\ tov vo'iiov ÀiTçst'av... £3-0'JoaJov). Ils pensaient que les épîtres de l'apôtre doivent être rejetées complètement, et ils l'appelaient un apostat de la loi. Ils ne se servaient que de l'Évangile aux Hébreux et faisaient peu de cas des autres. Ils gardaient le sabbat et le reste des habitudes judaïques, ainsi que les autres Ébionites; cependant ils célébraient les dimanches à peu près comme nous, en mémoire de la résurrection du Sauveur » (tïî; S'ij ■/.■jy.v.y.y.'.; fijxspa'.ç f|jj.'.v -'x 7:%zx~'/a['j'.i £Î; |j.V7|uLr,v ^zf^i -jtijTTip'Oj àvaaTiaî'jj; ï~z~i- Xoji)'. De ce curieux renseignement sur l'observation du dimanche par les Ébionites, renseignement dont il n'y a pas heu de mettre en doute l'authenticité, on est amené à conclure ; 1 " que le dimanche n'a pas été institué dans une intention antijuive, et surtout dans le dessein d'évincer le sabbat, car ces judéo-chrétiens, zélateurs ardents de la Loi, observateurs fidèles du sabbat, se seraient empressés de rejeter cette institution, de la même manière qu'ils rejetaient les épîtres de saint Paul; 2° que dans un milieu d'un conservatisme aussi rigide et aussi étroit, l'observation du dimanche a toutes les chances d'être la sursivaiice d'un usage de l'église primitive de Jérusalem. Cette institution n'aurait donc rien de proprement hellénochrétien. Nous verrons comment elle a pu prendre naissance à .Jérusalem avant la dispersion des apôtres.
Revenons auparavant aux miUeux pauliniens afin de nous assurer une dernière fois que le dimanche n'est pas une institution propre à ceux-ci; afin de nous rendre compte aussi comment il s'y est introduit. Lorsque saint Paul, que l'on voit célébrer le dimanche
' Cf. K. Six, Das Aposicidekret, ln-8°, Innsbruck, 1912, p. 35 sq. — 'Se rappeler le témoignage de saint Paul pour les églises d'.Vcliaïe et de Galatie, et celui des Actes pour l'église de Troas. — ' Act., ii, 46, et noter au verset suivant : aivojvTï: tov Wîov. — • Eusèbe, Hist. ceci., I. III, c. xxvit, n. 3-5, traduction E. Grapin, t. i, Paris, 1905. Sur l'importance de ce témoignage, voir Th. Zahn, Skizzen fins- dem Leben der aîtcn Kirc/ie, m-12, Leipzig, 190.T, p. 355, note 18. Rien, sur ce point particulier, dans le passage correspondant d'Irénée, Adv. IliiT., I, xxvi, 2; mais ïhéodorct
à Troas, en recommande le choLx aux Corinthiens comme jour de collecte, il parait Savoir accepté comme une institution créée avant lui et qu'il ne fait que propager; il l'a acceptée vraisemblablement de la même manière qu'il a accepté et propagé les usages de l'Église relatifs >• au repas du Seigneur >, à la cène eucharistique S c'est-à-dire comme une institution exclusivement chrétienne. On sait, en ellet, qu'il s'opposait à l'observation des « jours » juifs (Gai., iv, 9, 10), ou bien s'il tolérait qu'on les distinguât, c'était seulement à cause des faibles dans la foi (Rom., xiv, 5, 6); on sait aussi qu'il mettait le sabbat parmi ce qu'il appelle « l'ombre des choses à venir » (Col., ii, 16). Pour cette seule raison, on ne peut croire que saint Paul ait considéré le dimanche comme un équivalent adéquat du sabbat juif. Il sufiit, du reste, de lire les chapitres m et IV de l'épître aux Hébreux pour voir que dans l'enseignement de l'apôtre le sabbat était avant tout l'ombre ou la figure du repos bienheureux de l'éternité, le repos même de Dieu, offert maintenant aux crojants, aux « participants du Christ » '. !*v<
Néanmoins, il faut reconnaître que saint Paul en propageant l'observance du dimanche, consacrait par là même dans les milieux helléno-chrétiens, un interv'alle de temps d'origine juive, la semaine, au premier jour de laquelle le dimanche devait être continuellement célébré, de même que le sabbat l'était chez les juifs, au dernier jour de ce laps de temps. Cette consécration est un fait indéniable qui n'ofire rien que de naturel pour un milieu judéo-chrétien, mais qui peut surprendre au premier abord de la part de saint Paul, l'adversaire irréductible des judaïsants, surtout si l'on considère qu'il a « ordonné » une pratique pour le dimanche aux Église-s de Galatie (1 Cor.,xvi, 1) où les judaïsants combattaient son œuvre avec plus de vigueur que partout ailleurs, et où, sous leur influence, les chrétiens retournaient à « CCS faibles et pauvres rudiments » que sont « les jours, les mois, les époques de fêtes et les années » du judaïsme, ainsi que l'apôtre le leur reproche. Aussi bien peut-on se demander si saint Paul a songé le moins du monde à regarder la semaine comme uue survivance religieuse du judaïsme. La chose n'est pas probable. Par le fait que la semaine était admise à son époque dans les mîUeu.x païens -, saint Paul devait être porté à la considérer comme une pure division de temps, indifférente au point de vue religieux. Il ne la mentionne pas d'ailleurs dans le passage de l'épître aux Galates qui vient d'être cité *. Aussi peut-on croire qu'il n'a pas eu l'intention directe de substituer un « jour » chrétien à un « jour » juif : pareille intention serait une inconséquence; on peut encore déduire avec vraisemblance de ces données que l'apôtre aura reçu l'institution d'un jour chrétien hebdomadaire de l'église judéo-chrétienne qui l'accueiUit dans son sein. Personne ne peut douter en effet que le dimanche, en tant que fête hebdomadaire, ne soit une imitation du sabbat et par là ne se rattache au judaïsme; or il ne parait pas que saint Paul ait rien institué pour les gentils convertis qui soit une imitation d'un usage juiL II se convertit au reste trop tard (34 ou 3(5) pour ne s'être pas trouvé en présence d'usages chrétiens déjà constitués, et tout le monde admet que ces usages, surtout les usages liturgiques, s'inspiraient, dans leurs formes exté-
(Har., II, 1, P. G., t. Lxxxiii, col. 389) tait écho à Eusèbe. — ' I Cor., XI, 23 : la révélation du Seigneur n'a pu être poiului lue confirmative de la tradition des apôtres, puisque ceux-ci avaient pris part à la dernière cène. — • Heb.. III, l'I. — ' Cf. supra, col. 870 sq. — ' Gai., iv, 10. • Les jours 11 (T|[i£paç) sont les sabbats et peul-ctrc les néonunics (cf. Col., II, 16); « les mois « (tirva;), les nèoménies, ou le premier et le septième mois, sacrés entre tous; • les temps • (yaipoj.-), les fêtes annuelles. Cf. F. Zorell, Sovi Tcstamcnli lexicon gracum, in-S», Paris, 1911, ù ce mot.
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rieures, de ceux du judaïsme ». Ainsi devait-il en être dans l'Église d'Antioche où saint Paul revenant de Tarse passa " une année entière » \ y prenant part aux réunions de cette église (entre 42 et 44), et où, un an plus tard environ, le Saint-Esprit le désigna comme missionnaire, ainsi que Barnabe, alors que l'un et l'autre, de concert avec les autres prophètes et docteurs d'Antioche, y « servaient le Seigneur » (Xi'.roufyoàv-wv
6= aÙTÔJV TW Z-JC.'.(;)) ^.
L'oeuvre personnelle et indépendante de saint Paul ne commence qu'ensuite, avec sa première mission (45-48); c'est au cours de celle-ci, à Antioche de Pisidie, que repoussé par les juifs il se tourne vers les païens S et l'on sait que ce fut sa conduite à leur égard qui occasionna le décret du concile de Jérusalem. L'ordonnance B aux Églises de Galatie » concernant le dimanche, ordonnance qui est rappelée dans I Cor., xvi, 1-2, se réfère à ce qui s'est passé durant la seconde mission (50-,'52), sinon durant la première. On peut dire, en tout cas, qu'à partir de sa rupture avec les juifs, rupture qui entraînait l'abandon des synagogues, saint Paul aura été naturellement amené à recommander les assemblées dominicales dans les milieux d'origine païenne, étant donné qu'aucune église ne peut se passer de jours fixes de réunions, soit pour l'instruction, soit pour le culte. Il en fut sans doute ainsi à Corinthe où l'apùtre, au cours de sa seconde mission, se sépara ouvertement des juifs dans la synagogue même de cette ville, très probablement un jour de sabbat, pour aller de là demeurer cliez un païen d'origine, » un homme du nom de Justus, craignant Dieu, et dont la maison était contiguë à la synagogue K » Il resta ensuite à Corinthe « un an et six mois ". » On peut déduire, en effet, de I Cor., xvi, 1-2, que saint Paul apprit alors aux Corinthiens à célébrer le dimanche, puisqu'il en parle comme d'un jour spécialement connu de ses lecteurs. Enfin, si l'on se rappelle la place capitale que le dogme de la résurrection du Christ occupe dans l'enseignement de saint Paul, l'on ne s'étonnera pas que celui-ci ait favorisé l'observation d'un jour de la semaine qui était le jour même de ce grand événement et qui, au témoignage explicite du pseudo-Barnabe ' et de saint Justin ', avait été choisi pour cette raison parmi les chrétiens, comme jour ordinaire de culte et de réunion.
Le dimanche est donc, avec la plus grande vraisemblance, une institution antérieure aux travaux apostoliques de saint Paul. Ainsi qu'on l'a vu, tout paraît indiquer qu'il a commencé à être propagé par l'Église primitive judéo-chrétienne. Or cela peut suffire à le faire regarder comme une institution apostolique, c'està-dire remontant de quelque manière aux Douze, avant leur dispersion. Et comme il est impossible de prouver
' On peut citer les heures de la prière, les jeOnes, Pâques et la Pentecôte, les réunions non-eucharistiques, etc. Cf. L. Duchesnc. Les origines du cultechrétien, in -8», Paris, 1898, p. 45- 47; F. E. Warren, IMurgy and rilual o/ the anle-Nicene Church, 2' éd., in-12, London, 1912, c. iv. Voir aussi, mais avec des réserves, G. ï.oeschcke, Jiidisches und heidnisches im chrislUelien Kiilt, in-12,Bonn,-[910. — 'Act.,yii,2G. — 'Ibid., XIII, 2. Noter, en eflet, que l'Église d'Antioche a été fondée par des judéo-chrétiens de Jérusalem après le martyre de saint l^.ticnnc (Act., xi, 19 sq.). On y pratiquait le jeûne (ibid., XIII, 2-.'i) qui est un héritage du judaïsme. Les londatoiirs de cette É!»lise s'adressèrent tout d'abord ;iux Juifs, et il n'est pas douteux qu'il n'y en eût dans ■ le grand nonilirr » ilc ceux qui se convertirent (xi, 21). On sait d'ailleurs qu'il reste toujours de l'inccrtituile sur la leçon " E/Xr.va; (ibid., 20) au lieu de ' K/iriViTti;. I.a question de la conduite à tenir à l'égard des « Grecs • proprement dits ne s'est posée qu'à l'occasion de la première mission de saint Paul, au concile de Jérusalem qui la suivit. — ' Act., xiii, 4G sq. — ' Jbid., xviii, 0-8. — ' Ibid., 11. — ' Supra, col. 880. — * Supra, col. S7n. — • Surtout le délai! de l'attouchement des plaies du Sauveur. (Cf. Luc, xxiv, 'M, ■\/-ri'l.3i:ff,ix-.z \i.i et
que le Seigneur ressuscité ait formellement recommandé cet usage aux apôtres avant son ascension, il devient permis de chercher sous l'influence de quels faits les apôtres ont pu en être les instigateurs et les propagateurs.
A notre avis, ces faits sont très probablement les trois suivants : 1° Les deux apparitions aux apôtres du Christ ressuscité, qui eurent lieu l'une le soîr de la résurrection, l'autre le dimanche suivant. La première est attestée par saint Luc (xxiv, 33-43) et saint Jean (XX, 19-23), la seconde par saint Jean seulement (ibid., 26-29); mais le récit de saint Luc contient des éléments qui correspondent au récit de la seconde apparition du quatrième évangile '. Cette seconde ap])aritîon, par laquelle l'incrédulité de saint Thomas fut vaincue, offre les mêmes caractères que la première; elle se présente en particulier dans les mêmes circonstances. L'évangéliste a soin de noter qu'elle eut lieu hait jours après {/.ni iJ-îO' f,[j.£fï; ozToj); on peut .ajouter que ce dut être aussi dans la soirée»». Or, ce qui est surtout remarquable, au point de vue qui nous occupe, c'est que l'évangéliste ne laisse pas supposer qu'aucune autre apparition se soit produite dans l'intervalle. Comment dès lors ne pas admettre que les apôtres aient été frappes d'une telle coïncidence et qu'ils s'en soient souvenus dans la suite ? Aussi bien, pourrait-on se demander avec le D' Swete si, par cette attente de huit jours suivie d'une seconde apparition semblable à la première, le Seigneur n'aurait pas eu dessein de «suggérer l'établissement d'une commémoraison hebdomadaire de la résurrection, durant laquelle son Église, après l'Ascension, pourrait encore se rencontrer avec lui dans la fraction du pain".» Seule, la similitude des deux événements permettrait de poser cette question. Dans tous les cas, il faut noter que les apôtres réunis constituent l'Église dans son principe, et que leur réunion a lieu à l'heure du repas du soir". Cette heure fut celle de la dernière cène, et c'est à celte même heure que l'on voit saint Paul accomplir, un dimanche, la fraction du pain à Troas ".
2" t'n autre fait de nature à frapper les f pôtres fut la coïncidence du dimanche avec la Penlecôlc qui sui\it le départ du Maître ". En ce jour ils reçurent en iilénitudc l'Esprit divin qui devait remplacer Jésus auprès d'eux, et que Jésus leur avait déjà communiqué, en \ue de la rémission des péchés, dans l'apparition du soir de Pâques'' : la manifestation surnaturelle de la Pentecôte devenait ainsi comme l'aboutissement, la perfection dernière de l'œuvre d'éducation et de dotation divines commencée pour eux le dimanche de la résurrection. Et ces faits extraordinaires se passaient sans doulc dans le même local, la « chambre haute » à laquelle la Iradi-
I Joa., t, 1, ar/eïpsçrniwv èi|/ii).i9r,5av....) Dans l'apparition de Joa., XX, 19 sq., le Christ montre seulement ses plaies. — " Noter que pour saint Jean le soir de la résurrection appartient encore au premier jour delà semaine: xx,19. (Vj'^r,; ovv O'i/i'a; Tyj Tiixépoc Èxsivri tv) (iiôc axCôi-un (cf. f, 1), ce qui est évaluer 'le jour'à la manière romaine, de minuit i\ minuit, et non à la façon Juive, d'un coucher de soleil à l'aulre. — " H.B. Swete, The appearancesof Otir lord ajter the imssinii, in-12°, London, 1907, p. .'i2.— "Cf. I.uc, xmv ag-.lOetai-l.'i; cf. Marc, xvi,14(àva/E:a£voi;). — "Mfnie remarque ù faire pour la seconde réunion de la lettre de Pline. Cf. supra, col. 889. — " Cette coïncidence en l'année de la mort de .Jésus est généralement admise. Cf. H. B. Swete, ï'/ie lloly Spirit in Vie New Testament, in-8», London, 1909, p. 69. On sait, d'autre part, que selon la teneur de Lev., xxiii, 11, 15, la l'entecûte aurait dû toujours être célébrée le dimanche; c'était la manière de voir de certains Sndducéens (les rtoélhusicns), et des Caroïtes du viii' siècle. Ct.Dlct.ol the l'.ible, /■<!. par llasliniîs, au mot /Vn(ccos( (G. T. Purvcs), t. m, p. 710; Schûrcr, Gesch. des jiid. VolA«, t. II, Leipzig, 181)8, |). 413-1M; tr.-vd. anglaise, division II, t. ii, p. 37. — ".loa., XX, 22-23.
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tlon chrétienne a donné le nom de Cénacle, et qui était aussi )e lieu où Jésus, au soir de la dernière cène leur avait promis le Saint-Esprit '. L'iieure matinale de la descente du Saint-Hsprit n'est pas de nature i\ ôter de sa valeur ù la coïncidence eu question, puisque depuis l'Ascension les apôtres « licmeuraient » ('ju riaoLv zïTïiiivovîsç) dans la « chambre haute » (Act., i, l.'i) avec les disciples, et y « persévéraient dans la prière » {ibid., 14) : on ne saurait donc parler d'une réunion motivée spécialement par le dimanche ou même par la Pentecôte '. On tiendra cependant pour vraisemblable que le souvenir de la résurrection n'a pas été absent eu ce jour de la prière coutumière, et l'on n'exclura pas la possibilité d'une réunion commencée avant l'aurore ou de très grand matin '.
3° A partir du soir de Pâques jusqu'à l'Ascension, le Seigneur apparaît ordinairement aux apôtres et aux disciples lorsqu'ils sont réunis '. Après l'Ascension, ceux-ci demeurent encore réunis ti Jérusalem jusqu'à ce que la persécution commence à les disperser '. En effet, ils ont appris de Jésus que là où deux ou trois sont assemblés en son nom il est déjà présent en esprit au milieu d'eux"; ils savent également par lui qu'il doit revenir dans son corps glorieux pour juger le monde au dernier jour ' : et ils pensent que ce pourra être sans tarder. En vue de ce grand événement dont le moment leur est caché, Jésus les a exhortés à veiller sans relâche, au.x heures mêmes où les hommes ont coutume de se livrer au repos *. Des paraboles comme celle des dix vierges (Matt., xxv), ou celle des serviteurs qui attendent que leur maître revienne des noces (Luc, xii), supposent une attente nocturne et collective. Plus tard, saint Paul rappelle aux fidèles de Corinthe que toutes les fois qu'ils se réunissent pour le repas eucharistique, ils commémorent ainsi la mort du Seigneur «jusqu'à ce qu'il vienne " «.Dans le même ordre d'idées l'Apôtre écrit aux Hébreux : ■> N'abandonnons pas notre assemtilée comme c'est la coutume de quelques-uns; mais exhortons -nous réciproquement, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour» [du Seigneur] ">. Dans l'apocalypse chrétienne contenue dans V Ascension d'Isaïc ", et datée par Charles entre S8 et 100, on lit encore : « Et la plupart de ceux qui seront réunis pour recevoir le Bien-Aimé, il [l'Antéchrist] (les) détournera à sa suite ". » Le début du dernier chapitre de la Didaché est comme le résumé de ces divers textes : « Veillez » sur votre \ie; ne laissez ni « .s'éteindre vos lampes » ni se détendre « la ceinture de vos reins »; mais « soyez prêts car vous ignorez l'heure où notre Seigneur vien-
dra » Assemblez-vous fréquemment pour rechercher ce qui intéresse vos âmes, car tout le temps de votre foi ne vous servira de rien, si au dernier moment vous n'êtes devenus parfaits ". . On peut rappeler aussi le Ma^iavaOâ qui termine la prière eucharistique de ce même document, et qui se retrouve à l'état isolé dans la 1" aux Corinthiens et dans l'Apocalypse ".
On ne saurait nier que cette idée du retour du Seigneur au milieu des siens réunis pour l'allendre n'ait réellement contribué à la formation et à l'établissement des premières assemblées chrétiennes. Des paroles du Maître on était à même de conclure qu'il reviendrait au dernier jour parmi les siens, de la favon soudaine et imprévue qui fut celle du soir de la résurrection. En effet, à partir de ce moment l'attente des apôtres ne cessa pas; elle avait duré huit jours quand le Seigneur se montra une seconde fois à eux dans son corps glorilié,et dans les mêmes circonstances que la première fois. 11 est impossible de penser que les apôtres n'en demeurèrent pas frappés, et que, dans les semaines suivantes, leur attente ne fut pas plus vive à pareil jour. Après l'Ascension, toute remplie elle-même par la pensée du retour de Jésus, les apôtres attendirent d'abord l'eflusion de l'Esprit promis, et ce fut un dimanche qu'il descendit sur eux. Il se manifesta vers la neuvième heure, mais peut-être à la suite d'une réunion matinale consacrée au souvenir de la résurrection. C'est un fait, en tout cas, que ce souvenir se maintint chaque dimanche dans les assemblées chrétiennes primitives, ainsi qu'on le constate indirectement à l'époque de saint Paul, qui est aussi celle de la rédaction des trois premiers évangiles. Alors la préoccupation du retour du Seigneur est générale, et, néanmoins, les circonstances ne permettent plus que les assemblées de culte ou d'instruction soient quotidiennes comme à Jérusalem. Le précepte de la vigilance continuelle énoncé par Jésus demeure cependant aussi pressâiit. Mais tandis qu'il s'observe à la lettre en chaque fidèle, il n'est plus pratiqué ])ar la communauté qu'une fois par s'^maine, au jour qui fut celui du premier retour du Christ, le commencement de son triomphe, et qui semblait prédestiné à être celui de son retour définitif, de son triomphe complet. Enfin, comme le Sauveur était ressuscité avant l'aurore, pendant que les gardes dormaient, comme il s'était manifesté durant la première veille de la nuit suivante aux apôtres assemblés, on dut se persuader facilement, en conformité avec ses prédictions mystérieuses '°, qu'il reviendrait encore dans la nuit". .Mnsi expliquerait-on, peut-être, la double assemblée dominicale, du matin et
• Cf. Swete, The Hnly Spirit..., p. 70. — " Les apôtres devaient rester à Jérusalem jusqu'à ce qu'ils fussent « revêtus de la puissance d'en haut » (Luc, xxtv, 49); mais rien n'indiquait que cet événement aurait lieu à la Pentecôte plutôt qu'à un autre moment. D'autre part, c'est au temple qu'il convenait de téter la Pentecôte juive (cf. Luc, XXIV, 53). — - ' C'est à la " troisième heure du jour » que saint Pierre prononce son discours (Act., ii, 15). — ' Luc, .xxiv, 36-4.3; .foa., xx, 19-21, 26-2S; I Cor., xv, 5-7; Joa., xxi, 1-23: Matt., xxvm, 16-20; Jlarc, xvi, 15-20; Luc, xxiv, 44-52; Act., i, 4-11. L'apparition à saint Jacques II Cor., .XV, 7) fait exception. — 'Act., vin, 1. Les apôtres restent néanmoins à Jérusalem (ibid., 8ct 14; xv, 6).-—* Matt., xviii, 20. — ' Luc, XXI, 27; cf. Matt., xxvi, 64; Act., i, 11, etc. — • Cf. supra, col. 890, note 11. — ' I Cor., xi,26. — " lleb., X, 25; cf. 37. — " C'est-à-dire le Testament d' É-.icliiax utilisé dans cette partie (m, 13-iv, IS) de l'Ascension. — " IV, 9; cf. Ascension d'Isaïe, traduction, introduction et notes par E. Tisserant, In-S», Paris, 1909, p. 119. — " Did., XVI. 1-2; cf. Matt., xxiv, 42, 44 ; Luc, xii, 35. Cf. Doctrine des apôtres, texte, traduction, par H. Hemmer, Paris, 1907, p. 26-27. — " Did., x, 6; I Cor., xvi, 22; Apec, xxii, 20. — " -Ajouter au.x textes précédemment cités : Matt., xxiv, 27, 29. — " Voir I Thess., v, 1-2, avec l'exhortation à la vigilance collective qui suit : 6-11. Cf. Apec, m, 3; xvi, DICI. r)'*Kl..H. iIIRKÏ.
15 :' l'invitation à conserver ses vêtements parait être en rapport avec la nuit. Sur l'usage de la vigile nocturne expliqué par l'attente du retour du Christ, voir Lactance, Divin. Inst., vu, 19. L'auteur, décrivant la venue du Fils de l'homme à la fin des temps, écrit : Tum aperietur ca-lum médium intempesta et tenebrosa nocte, ut in orbe toto lumen descendentist Dei tamquam fulgu rapparcat;...luvc est nox gu:f a nobis proper aducntum régis et Dei nostri pervigilio celébralur: cuiiis noctis duplex ratio est, quod in ca et vitam tum recepit, cum passas est, et pnstea regnum orbis terr.T recepturus est. Cf. L. Cœli Firmiani Lnctantii Opéra omnia, part. I, éd. S. Brandt, 1S90, dans le Corpus de Vienne, t. xix. p. 644-645; P. L., t. vi, col. 796-797. Voir aussi l'riscillien, Tractatus exodi ou Tract. VI, éd. G. Sclicpss, Corpus de Vienne, t. xviir, 1889, p. 80:... ut delegatas in pasclia domini vigilias imitantes conuersiuites in ignorantia- nocte pen>igeletis ad Deum et omne quod o/fertur a uobis, priusquam dies domini mane veniat, consummatis...; saint Jérôme, in Matt. iv, 25, P. L., t. xxvi frééd. Garnier), col. 192; Con.'il. apcst., V, c. xix, où le rédacteur ajoute (n. 7) au texte de la Didascalie: \iiy pi: iv ïl'li ô xjpto;. Ces textes s'appliquent à la vigile pascale; mais nous croyons que celle-ci est postérieure à la vigile dominicale et en dérive. Pour l'opinion contraire, voir P. Batiftol, Histoire du bréviaire romain, 3« éd., Paris, 1911, p. 2-4; d'autre part.
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du soir, attestée par la lettre de Pline; ainsi, surtout, pourrait-on mieux comprendre comment l'usage de célébrer le dimanche a pris de très bonne heure un caractère de fixité.
De la sorte, le dimanche nous apparaît comme une dévotion apostolique parallèle au sabbat et imitée de celuici sous le seul rapport de la récurrence cultuelle hebdomadaire: dévotion à la résurrection du Clirist et destinée à remplacer le sabbat, du jouroi'i le christianisme romprait d'une façon définitive avec les usages du temple et de la synagojjue. Ceci devait avoir lieu, ainsi qu'on l'a vu plus haat, dans ces milieux chrétiens d'origine p;iïenne qu'évangélisa saint Paul, et c[ui renfermaient dans leur sein d'anciens prosélytes « craignant Dieu » habitués aux réunions hel)domadaires du sabbat. Quant au motif profond du maintien de cette périodicité, il est, croyons-nous, à chercher dans l'obligation morale — implicitement contenue dans le décalogue ' — de consacrer au service de Dieu, ou aux devoirs envers lui, au moins un jour dans chaque semaine ^ L'objet propre de cette dévotion apostolique ayant été de commémorer le souvenir de la résurrection et du retour du Maître, cet objet devint par là même celui de l'institution proprement dite qui, continuant cette dévotion, remplaça l'institution hebdomadaire du sabbat. La juxtaposition du sabbat et du dimanche prit fin avec le judéo-christianisme. Dès lors, le dimanche fut universellement pour les chrétiens le o jour seigneurial « par excellence, celui qui appartient au Seigneur à un titre unique : le jour de sa résurrection où la dispensation nouvelle dont il est l'auteur avait été inaugurée; )e jour d'une création spirituelle qui surpassait et surélevait la création matérielle célébrée au sabbat; celui qui avait ouvert celte ère de la liberté de l'âme, puis
l'auleur insiste justement sur l'inlluence exercée par l'idée de la parousie dans l'institution des vigiles. Sur l'inlluence de cette idée dans l'institution du dimanche, voir J. Wordsworth, The ministnj o/ grâce, 2« éd., London, 1903, p. 312-314. L'idée du retour du Christ au dimanche est rorniellement exprimée dans saint Éplirem, Parivncsis, xLi, éd. rom., part, syr., t. m, p. 499 : Hic ilîe die, in quo Rex gluriiv Dominus in tcmporis exitii, igneo curru vectus ex sublimibus cctlorum sedibus in terram delapsurus est, etc. ; et aussi dans la Didaicalie d'Addaï, ii, 2 (cl. supra, col. 879, n. 5) : » Us (les apôtres) décidèrent encore que le dimanche on ferait l'onicc, la lecture des saints Livres et l'offrande, l'eucharistie, parce que c'est le dimanche que le Christ est ressuscité des morts et monté au ciel, c'est encore le dimanche qu'il nous apparaîtra à la fin avec ses saints anges » (trad. Xau). Voir aussi le canon 19 du synode nestorien de Jésuyahl) 1=' (385), où le dimanche est appelé « le jour dans lequel s'est accomplie (iaiurativement et s'accomplira réellement la rénovation générale... le jour qui la commence (la semaine), celai dans lequel a commencé ce monde dont la durée est limitée, et dans lequel aussi commencera le monde qui aura un commencement mais ne finira point. » J.-B. Chabot, Synodicon orientale, in-4°, Paris, 1902, p. 447. — ' Sur la valeur permanente du décalogue dans le Nouveau Testament, voir Rom., xiii, S-10 (cf. ibid., vu, 7. 10, 12); Ephes., vi, 1-3, en observant que la note particulièrement juive du cinquième commandement (...dans la terre « que le Seigneur ton Dieu te donne» : Exod.,.\.x, 12; Deut., V, 16), a été retranchée par saint Paul; Jac, ii, 1-13. Cf. Matt.,xix, 17; Marc, X, 19; 1 Cor., vit,19; .Vpoc. xii, 17;xiv, 12, passages qui mentionnent Ics" coimnandcinenls de Dieu» en général, sans aiUre précision; mais partout le même terme évT0>7,. • — ' Le conuucntaire le plus explicite du quatrième conimanilenicnt du décalogue (Exod., xx, 8-11 ;Deut., v, 12- 1.)) se trouve dans P'xod., xxxi, 12-17. Cf. ibid., xxxv, 2-3; Ezceh.,xx, 10-12, 20. De la place occupée par le quatrième commandement dans le décalogue (voir aussi, sous ce rapport, Exod., xxxiv, 21 ; xxxv, 2-3; Lev., xix, 2-4, 30-31) et des textes de l'Ancien 'rcstamcnt qui indiquent dans quel esprit cl comment on doit l'observer (par exemple. Nom., xxviii, 9-10; Isaïe, i.vi, 1-7; LViii, 13, 14; .1er., xvii, 19-27; É/èch., xi.vi. 1-.5. etc.) il résulle. d'ailleurs, que ce conmiandciiient a pour but pr!nci|)al d'honorer Dieu pai
du repos éternel, dont le repos de Dieu après la création, et la délivrance de la servitude d'Egypte — l'un et l'autre commémorés le jour du sabbat — n'étaient que les prophétiques images : toutes considérations qui devaient être développées plus tard dans l'Église.
Avant d'achever cet exposé sur les origines du dimanche, il convient d'examiner encore deux questions secondaires : 1" le dimanche n'a-t-il été tout d'abord qu'une prolongation chrétienne du sabbat ? 2° peut-on l'appeler avec exactitude une pilque hebdomadabe ?
1" D'après J. Wordsworth, « le service religieux du dimanche est né de celui du soir du sabbat; il en fut d'abord soit une simple continuation dans la nuit, soit une suite au matin du dimanche après un intervalle de repos. Le dimanche, les services religieux de l'aprèsmidi ou du soir furent d'abord inconnus, sauf en certaines localités de plus grande piété où l'on célébrai! la liturgie tous les jours ". » M. A. ViUien a proposé !a même théorie sous une aittre foime : « Voici, probablement, dit-il, comment le5 choses se passèrent. — Les apôtres et leurs disciples, après avoir assiste à l'assemblée de la synagogue, se réunirent à part pour faire « en mémoire » du Christ le repas eucharistique. Cette réunion, qui succédait à celle que prescrivait le judaïsme, commençait à la tombée de la nuit, pour s'achever à l'aube du jour suivant; ce devait être la règle, surtout quand les chrétiens disséminés en petites communautés dont chacune ne pouvait posséder un des apôtres ou un prêtre étaient obligés, s'ils voulaient renouveler ensemble la Cène, de parcourir plus de chemin qu'il n'était permis d'en faire le jour du sabbat (on sait que le jour du sabbat commençait le vendredi soir et se terminait le samedi à la même heure. Cf. Levit., xxn;, .S'2). Pref, au sabbat on ajouta le premier jour de la semaine '. •
un culte public et social dont la cessation des travaux ordinaires est à la lois le signe et le moyen pratique. D'autre part, il est évident — et l'on ne saurait trop insister sur ce point — que la périodicité hebdomadaire , du dimanche chrétien ne s'explique que par une imitation du sabbat. Or le dimanche est essentiellement, dés l'origine, un jour de culte public et social; le chômage qui s'y joindra, dés que les circonstances le permettront, n'aura pour but que de faciliter le culte; et l'on continuera ainsi d'imiter le sabbat. Au reste, nous sommes d'accord avec H. Lesôtre pour estimer qu'aux croyances de la révélation primitive '^ s'ajoutaient des pratiques clairement indiquées dans la Genèse et l'Exode : l'offrande des sacrifices et la sanctification d'un jour particulier ;'i la suite d'une période d'autres jours assez i courte. " " Ce sont lu, dit-il, deux ))ratiqucs d'ordre positif, I qui ont dû taire robjcl d'une révélation au même litre que les vérités naturellement inconnaissables ù l'homme. » Bemie du Clergé Irançais, 1910, t. i.xii, p. 350; cf. du même, Iie"ue pratique d'aiwhgHique, 1010, t. x, p. 110-111. Dans le monde sémitique, celte " période de jours assez courte ■ était, très anciennement, la semaine approximative formée par le quart du mois lunaire. V. P. Dhornie, Choix de textes religieux assyra-babuloniens, in-S", Paris, 1907. p. xxi, (11 -03; cf. ibid., p. 3S0-3S1 ; .1. Ilchn, Siebenuilil und Sabbat bel dcn Babijlonicrn und im Allen Testanient, in-S", Leipzig, 1907. De la sorte, le sabbat primitif (ausensde jour sacré) ne serait pas tombé nécessairement au seplième jour, et cela donne ù |)cnser que sa fixation au septième jiuir de la semaine est im pcrf/^clionncment. La date de ce perfectionnement nous échappe, mais il parait antérieur :'i Moïse qui recommandait la pratique du sabbat aux Israélites dans le désert avant la promulgation rlu déenlogae (Exod., xvi, 5, '22-30). Nous empruntons cette dernière vue ù l'exposé judicieux — réserves faites sur crr tains détails — de U. Z. Mule, Oldleslamenl inslil[itiuns, In-S», London, 1910, p. 408-415; voir aussi A. IL ,\<? Neilc. 1 lie bnol; 0/ lixodus, in-8». London, 190S, p. 121-l'i3. — • Ihc ministni ol grâce, \n-H", London, 1903,2" édition (I" (dilion, 1901), p. 301-305. — ' Ilisinire des cnnin:nndrwents de l'I\glise, in-12, Paris, 1909, 2' éd.. p. 23. la phrase mise ci-dessus entre iiarcnihèses est en note dans le Icxlc de l'atiteur. Celte étude a paru d'abord dans la lievue ductergé Iruufiiis. 1905, t. xi.i, p. 5IVI.
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Celte maiiii-re de voir suppose pour le ilimanctie une origine un peu plus tardive que celle que nous avons cru pouvoir lui assif,'ner dans l'exposé précédent. A .Jérusalem, où nous pensons que le dimanche prit naissance, la liturgie chrétienne, ainsi que celle du temple, était quotidienne : elle se célébrait par conséquent aussi bien le dimanche soir que le samedi soir. En outre, dans cette ville même la question du chemin du sabbat n'est pas sérieusement à considérer; et d'ailleurs elle ne se pose bien en dehors de Jérusalem, et avant la rupture avec la synagogue, que si la théorie est démontrée, car on pourrait également supposer que, pour faciliter la présence de tous à la célébration de la cène, sans exposer personne à violer le sabbat, cette célébration lut placée au dimanche soir, c'est-à-dire au terme de ce ji>ur. 11 faut reconnaître cependant la valeur réelle du principal argument sur lequel repose cette théorie : l'évaluation du jour juif du soir au soir. J. Wordswovth fortifie cet argument en soulignant chez saint Paul l'emploi uniforme de la formule vu/.toç /.al f,iA;'oaç; formule d'autant plus frappante que, dans la plupart des cas, elle s'applique, chez l'apôtre, à la prière '. Néanmoins, il faut observer que saint Luc parait se servir indifléremment de la formule « nuit et jour » ou de la formule « jour et nuit » -; on notera aussi que, contrairement à saint Paul, il emploie toujours la première à l'accusatif (vJ/îtoc /.ai f,u.£fav), tandis qu'il met la seconde au génitif ( fiiiif a; /.tX vj/.toç). Saint Jean, d'autre part, ne se sert que de cette dernière formule dans r.\pocalypse, oCi elle est mise, deux fois sur cinq, en relation avec la liturgie du ciel '; il est possible aussi que dans son évangile il évalue parfois le jour à la manière romaine, de minuit à minuit; en tout cas, pour lui, le soir avancé du jour de la résurrection appartient encore au premier jour de la semaine ''. Quant à la formule « nuit et jour », chez saint Paul, elle n'implique pas nécessairement un usage correspondai;t dans le rituel chrétien de ses communautés. Des coutumes <!ilîérentes ont pu exister sur ce point, à l'origine, là
où l'eucharistie n'était guère célébrée que le dimanche. La lettre de Pline qui suppose ce cas est en faveur de l'eucharistie au dimanche soir et non au samedi '. Pieste la question connexe du moment précis de la cène de Troas (Act., .xx, 7 sq.). J. Wordsworth la résout comme il suit, conformément à sa théorie : « Le jour commençait, ainsi que l'implique ailleurs l'usage de saint Paul, au coucher du soleil, le soir du sabbat. Le service religieux préliminaire, comprenant la prédication de l'apôtre, dura jusqu'à minuit. Sursint alors l'accident d'Eutychus et son retour à la vie; puis, en dernier lieu, la « fraction du pain » suivie par le repas. Que la « mise en ordre » de Corinthe (I Cor , xi, 17-34) ait ou non quelque chose ù faire avec cet arrangement, il est frappant que le seul récit des Actes où il soit question de l'heure du service eucharistique place celuici après minuit «. » Celte solution d'une question qu'il y a mérite à aborder ', est très digne de considération; on verra plus loin qu'il est impossible de la rejeter de façon catégorique. Il est curieux, toutefois, que saint Augustin qui connaissait bien ce petit problème d'exégèse se soit refusé à le résoudre '. Tout donne à croire qu'il ne comporte, en ellet, aucune solution certaine. On peut exposer cependant les probabilités pour ou contre. Or. contre ^^'ords^vo^th il y a d'abord ceci que saint Luc, l'auteur du récit, n'use pas uniformément de la formule » nuit et jour » comme saint Paul dans ses épitres; il y a surtout que le texte des Actes se prête m.alaisément à l'interprétation qu'on veut lui donner. On lit en effet dans ce passage, aussilôl après la mention du « premier jour de la semaine », que saint Paul devait partir « le lendemain ». Or « le lendemain « dans les Actes, quel que soit le mot grec employé, désigne le jour suivant selon notre manière ordinaire de parler, c'est-à-dire une journée prenant son point de départ à l'aube prochaine. C'est le sens de r, è-ajf iov qui figure ici, comme c'est celui de f, aj'piov ou aj'p'.ov, également usité dans les Actes ". Tf, a'.î tûv oao6âT"iv et -f, =naJQ;ov (loc. cil., f. 7) étant ici 'termes
' I Thcss., II, 9; m, 10 : • nuit et jour nous le (Dieui prions; » TI Thess., m, .S; I Tim , v, 5 : « celle qui est véritablement veuve persévère nuit et jour dans les supplications et les prières; " II Tim., i, 3 : « nuit et jour je rae souviens continuellement de toi dans mes prières. >• Ajouter à ces textes, II Cor., xi, 25 : •fjy()r,\i.ipv/ — im jour complet. — J " Nuit et jour » : Luc, ii, 37 : « elle (.4nne) servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière; n .\ct., xx, 31 : • durant trois années je n*ai cessé nuit et jour d'exhorter... » (discours de Paul à Milet); xxvi, 7 : « nos douze tribus qui servent Dieu continuellement nuit et jour » (discours de Paul devant Agrippa). « Jour et nuit » : Luc, xvin. 7 : « Dieu ne fcra-t-il pas justice à ses élus qxii crient vers lui
jour et nuit (parabole du juse inique); Act., ix, 21. —
' Apoc., IV, S : " ils (les quatre animaux) ne cessaient de dire jour et nuit : Saint, S.aint... «; vu, 15 : « ils (les martyrs) le servent (IJieu) jour et nuit dans son temple. » Cf. I Par., IX, 33 : les chantres du temple sont à l'œuvre « jour et nuit». .\poc., XII, 10; xiv, 11; xx, 10. — ' Joa., xx, 19, cl. IV, 52, où la « septième heure « peut être sept heures du soir. La manière selon laquelle saint Jean compte les heures est une question discutée. On conclut cependant généralement en faveur de la façon juive. Cf. W. M. P.amsay, dans Hastinss, Hicl. ni Ihe Hible, extra volume (1901), art. .\ timbcrs, hotirs, ijear^ and tintes, p. 477-179. — * L'évaluation juive du jour liturfzique, tie vêpres à vêpres, a cependant prévalu dans l'Église, et cette évaluation est fort ancienne. Voir Diitionn., art. Vêpp.fs, et infra, col. 961. L'usage des deux formules <> nuit et jour « et « jour et nuit •■ serait à étudier dans les anciennes constitutions ecclésiastiques, cf. J. ^Vo^ds\vo^th, Ministry o/ grâce p. 305, n. 1. O. .Millipan, SI. Paiil's epistles to Ihe Thcssnioniana, in-S', London, 190.S, p. 12, cite un intéressant exemple de la première formule dans un papyrus du il' ou m' siècle après .l.-C. : oCx :5ÔT£;, OTt vu/.TÔ; xat T,p;ipa; vj-'j'jyoL'iui tûi Oenj •jtrèp ûp-wv. Muséum de Berlin, Cricr/n'.tc/ie Vr!am<len,t.i (1895), p. 244. — " Ministnjof grâce, p. 310. — ' La plupart des commentateurs
modernes des Actes, par exemple Knabenbauer, Altord, n. Weiss, Knowling, Elass, P.ose, Knopf, ne traitent pas cette question. IL. A. W.Meyer se décide pour le dimanche soir, sans donner ses raisons : • Le dimanche soir (non le samedi) ils s'étaient assemblés pour l'agapc. . CL trad. anglaiscde cecommcntaire, Fdinburgh, ISSl.t. n, p. 170. Cependant R. B. Rackham, The Acis o/ Ihe j)pos(îes, 4" éd., London, 1909 (1" éd., 1901), p. 377, 402, et VV. .M. Furneaux, TTic Acts o/lhe vpostles, in-8", Oxford, 1912, p. 32S,sebasant sur l'évaluation juive du jour, soni del'opinion contraire. — 'ipisi.,xxxvi, ad Casiilaniim, 28, 29. Il s'agit des priscillianistes qui s'autorisaient de ce passage des .'\ctes pour prescrire le jeûne le dimanche: 2S... Aiil ergo pnst iieracliim diem sabbali noclis initio /neranl congreqali, qtuc iiliqiie nox tant ad dicm dominicum, hoc esl cul iinani sabhali rcrlinchal, ...ni pnsl cclehrala .^acramenla rursus iisqtie ad dihicidnm ndloqiiens congregalo.s, qiwniam miillum leslinebal, hicescenlc proficiscereliir dominico die, aut cerle, si in iinasabbali non pernoclem, sed par diem Iwra dominici /iicranl congregali. eo ipso, qiiuddiclimi esl : . Paiiltts dispiilabal mis exilurus alla die, » e.rpressa esl produecndi causa sermonis.... 29. Sed lune qiianmis dominico die .solila illis ieiimia non fuissent, non erat tamen ecclesiiv tam insignis ojjensio, si aliqua lali ncccssilale, qualem Paulus aposlohis habuil, die loto dominico usque ad médium noclis vel eliam usque ad diluculum reficere corpora non curarent. Corpus script, eccles. latin., 1S9S, t. xxxiv. part. 2, p. 57-59 (éd. A. Ooldbacher); P. L., t. xxxiii, col. 149. — • Il faut observer aussi que iTtxJp'.ov et avp'.ovnedcsigncnt pas seulement la journée suivante commençante, ou l'aurore, mais un l'our ouvrable entier, la période de temps durant laquelle on se livre à ses alTaires. ou marche, etc. Cf. par exemple, Act., X, 9 (s;iajpiov); l'iieure est voisine de midi; Luc, xiii. 33 : > Il faut que je marche aujourd'hui, demain (ivpiov) et le jour suivant. . Du reste, dans les Actes, ces mots sont synonymes de r, !T:io-j(7a, f, ÈTipa, r, i-/:^i\r„ r, l$f,; T|[i£pa. Voir \. Ilarnacl;, Beitràge zur Einleitung in das Neue Testament, III. Die .Apostclgeschichle, Leipzig, 1908, p. 27.
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corrélatifs, il paraît bien en résulter que la modalité de journée est en fait imprimée au premier terme qui, pris à part, désignerait plutôt le jour complet évalué à la manière juive. Quoi qu'il en soit, pour tout lecteur non préoccupé de ce problème, le sens obvie de xf, Èjrajpiov dans ce passage sera toujours ; le lendemain du dimanche, et non simplement : le matin suivant. C'est à ce point que Lewin ' et W. M. Ramsay " font du lundi, considéré comme le jour où saint Paul quitta Troas. un point de repère chronologique ^. On ne peut s'empêcher non plus d'observer qu'après Alexandre les Grecs ne firent plus commencer le jour civil avec le début de la nuit, mais avec le lever du soleil * : il en était par conséquent ainsi du \ivant de saint Luc qui dédie ses livres au grec Théophile.
La théorie de .J. Wordsworth serait-elle vraie, on ne pourrait guère s'appuyer sur le récit de la cène de Troas dans les Actes pour expliquer les origines mêmes du dimanche. Le fait raconté est trop tardif. On a vu, en effet, que le dimanche n'était pas né dans les milieux helléno chrétiens. Saint Paul paraît l'avoir reçu de la tradition. Encore moins pourrait-on s'autoriser de ce récit pour expliquer la naissance de la vigile dominicale sui\ie, vers le matin, de la célébration de l'eucharistie. C'est en raison de circonstances exceptionnelles que saint Paul prolongea son discours jusqu'au milieu de la nuit et n'accomplit la fraction du pain qu'après ce moment. On peut même dire que ce récit implique l'usage normal de célébrer l'eucharistie dans la soirée, c'est-à-dire à l'heure où le sacrement fut institué, celle du repas du soir '.
Pour les raisons qui viennent d'être exposées, l'opinion qui place la cène de Troas au dimanche soir, et non au samedi soir, nous parait non pas plus probable, mais plus siire et plus naturelle. Les arguments qui appuient l'autre opinion gardent toutefois une incontestable valeur.
En faveur de la théorie qui fait du dimanche la continuation chrétienne du sabbat, i! est surprenant « que l'on n'ait pas songé à tirer argument de l'usage juif extrabiblique de la //(nJ./ô(â'i (qui veut dire cdis-
' Thomas Lewin, Fasli sacri, in-S°. London, 1SG5, p. Lxxiv-Lxxvi, spéc. p. Lxxiv. — ' Ex/jOsUor, sér. V, t. ni (1S96), p. ."536-345 : .4 tixeJ date in the life o/ SI. Paul \i. e. la Paque de Act., xx. G, en l'an 57], p. 336 : The lasi coniplclc (la:j Ihal theij sijcnl tlwre \Troas] tuas a siinday, and Iheg sailed amnu earltj on a mondait morning. Voir, du même, dans Dicl. o/ the Bible éd. par J. Hastings, extra volume, arl. cit., p. 475 : .^s they sailed away from Troas on mondai! morning... : et aussi Pictures o/ the aposlolic Church, London, 1910, p. 238. — ' En réalité, pour qu'il puisse en être ainsi il taiidrait d'abord s'entendre sur la manière de compter les • cinq jours • de voyage, de Philippes à Troas, • après les jours des azymes . (Act., xx. G). Le«in fait arriver Pau! à Trous le dimanche, c'est-à-dire au sixième jour du voyage puisque, d'après lui, les voyageurs partirent le mardi précédent; en cela il ne s'accorde pas avec le texte des Actes, d'autant plus que les cinq jours des Actes sont exceptionnellement longs pour un tel voyage (et. Act., xvi, 11), même en y comprenant le trajet de Philippes à Néapolis; en outre à'/pi v.nepô.v -£VT£ signifie plutôt : au cinquième jour, que : après cinq jours (cl. Blass à ce passage). On ne voit donc pas bien comment Lewin est amené i\ proposer pour ces faits l'année 58, sous prétexte que la l'aepie et, par conséquent, le dernier jour des azymes tombaient cette année un lundi. Ramsay est pour l'année 57 en laquelle la Pflquc et le dernier jour des azymes élaiint un jeudi. Donc les voyageurs seraient partis le vendredi et arrivés A Troas le mardi; et dés lors ce même mardi devrait compter pour le prcnder jour passé à Troas, si le septième du séjour dans cette ville est le lundi : ce qui n'est pas évident. Si saint Paul a quitté Troas le dimanche — dans l'iiypotlièse du jour évalué A la manière juive — il sera parti de l'Iiilippcs le mardi, et cela nous ramène ft l'année 58. Mais, en tait, on Ignore le moment précis oi'i l'.Apfttre quitta Philippes après le dernier jour des
tinction », « séparation »). Celle-ci est la cérémonie domestique par laquelle se conclut le sabbat, comme le Kiddûsch (• sanctification ») est celle par laquelle il s'inaugure. L'une et l'autre s'accomplissent aussi les jours de fête. Ce sont deux cérémonies similaires qui ont lieu au repas du soir, et consistent principalement en bénédictions. Au Kiddùsch on bénit le vin ou le pain; à la Habdâlâh, le vin, des aromates et un cierge allumé. Il y a surtout pour chacune de ces cérémonies une bénédiction propre qui en exprime la signification. Celle de la Habdâlâh est la suivante : « Sois béni, ô Seigneur notre Dieu, roi de l'univers, qui as séparé ce qui est saint de ce qui est profane (Lev., x, 10; Ezech.,XLii,20),la lumière des ténèbres (Gen., i,4, 18), Israël des autres nations (Lev., xx, 2S), le septième jour des six jours de travail; sois béni, toi qui as séparé le saint du profane '. » La bénédiction du cierge allumé pourrait symboliser la création de la lumière au premier jour du monde, le premier jour de la semaine qui est celui où l'on va entrer, car il semble bien qu'il soit fait allusion à cette création dans la bénédiction précédente. 11 est cependant plus probable qu'on \eut signifier par là que le jour du sabbat, où il est interdit d'allumer un feu quelconque, a pris lin; ce qui s'harmonise bien avec une cérémonie qui a p.iur but de » séparer u le septième jour des six autres. La preuve en est que cette bénédiction de la lumière est supprimée les jours de^fête où il n'est pas interdit d'allumer du feu, taudis qu'elle est maintenue le jour de ri-~xpiation qui a le caractère d'un sabbat. Ce qui intéresse davantage notre sujet, c'est la prescription suivante ; si une fête tombe le dimanche et commence p.-ir conséquent le samedi soir, la Habdâlâh n'est pas omise mais modi liée pour être combinée avec le KiddûscM de la fête '. Il y a donc là, semble-t-il, comme une continuation du sabbat par la tète du premier jour de l.i semaine; et l'on pourrait iuuiginer que le dimanche chrétien s'est joint au sabbat d'une façon analogue. En réalité ce serait im[,rudemmeiit conclure, car à lire la formule qui combine les deux bénédictions, on s'aperçoit que son dessein principal est de marquer
azymes, et aussi le jour et le moment où il s'cmbar<|ua à Néapolis. Nous ne croyons donc pas qu'on puisse trouver dans ce passage des Actes im point de repère ciiroiiologique.
— • Voir Darcmberg et Saglio, Dict. des antiqaitcs grei'ques et romaines, art. Dies, t. ii, 1" partie, p. 169. — ' En raison des circonstances extraordinaires de la cène de Troas, il n'importe pas que la fraction du pain ait été retardée jusqu'.-^ une heure qui, selon la manière romaine d'évaluer le jour civil, appartiendrait au lundi, l'intention première ay:mt été d'accomplir ce rite au soir du dimanche. On a vu du reste que, si l'on n'adopte pas ici l'évaluation juive du jour, il faut compter par joiirnt'es ou faire conuucncer le jour avec le lever du soleil. Saint Luc ne connaît pas le jour civil romain. D'ailleurs, dans l'usage populaire ou ordinaire, les heures ne se comptent que durant le jour naturel, à partir de l'aurore. Voir I^amsay, Dict. o/ the Bible, art. cit., p. 478. — • Du moins, A notre connaissance.
— ' Texte dans D. \V. Stacrk, Altjùdi.tche lititrgische Gcbete, in-12, Bonn, 1910, p. 26; L Abraliams, ^nri(j(.i(cd édition 0/ the autliori.sed Prayer BooU, in-12, London, 1914, p. 216- 217. — • Cf. Î7ie Jewish encycloiicdia, New YorU, t. vi (1904), art. Habdalah, par trois rédacteurs : les informations du second rédacteur contredisent en partie celles tUi premier; celles-ci nous ont paru mieux fontlécs et nous les avons suivies; t. vu (1904), art. Kiddnsh; W. O. K. Oestcrlcy and G. H. Rox, The religion and imrshii< o/ the synagogue, in-8°, London, 1907, p. 349; L Abraluiuis. o/i. ci'/., p. CLXXXii-CLXXXiv. La liabd il.ih est aussi ancienne que le kiddùsch sur lequel on s'est appuyé pour expliquer certains traits du récit de l'Institution de l'euclionstic. La habdiilrdi est mentionnée au traité des • Prières • lie la Mischna, Berakot, v, 2 (cf. l'édition de ce traité par D. \V. Staerk, Der Misnulraldat Bcrakhoth, Uonn, 1910. p. 9); par conséquent elle remonte au moins au r ' siècle de notre ère.
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la grande distance qui sépare la fôte du sabbat et la supirioritc de celui-ci sur la fêle. L'idée fondamentale de la Hnbdàlâh l'emporte donc sur celle du Kiddûsch, comme si l'on eût craint que la di!?nité du sabbat ne lût compromise par le voisinage immédiat de la fête. Voici la partie propre par laquelle s'achève cette formule : « Tu as tUstinpué la sainteté du sabbat de la sainteté de ce saint jour, et tu as distingué et sanctifié ton peuple d'Israël dans ta propre sainteté. Hénl soistn, ô Seigneur, qui distingues entre ce qui est saint '. » A supposer que le dimanche se soit joint au sabbat dans de telles circonstances, un pareil principe de distinction entre l'un et l'autre n'apparaît guère comme recevable pour des chrétiens. Tout ce qu'il faudrait retenir en faveur de cette hypothèse serait le fait de In juxtaposition au foyer domestique du sabbat et d'une fête; encore conviendrait-il de ne pas oublier qu'à l'origine le dimanche n'avait pas le caractère public et officiel qui était, dans l'ensemble, celui de toutes les fêtes juives, et cpi'on ne pouvait pour cette raison l'assimiler exactement à l'une de celles-ci.
Dans tous les c^s. on ne saurait parler, à propos des origines mêmes de l'institution, d'un passage insensible du sabbat au dimanche : ils répondent en efïet à des motifs de culte très difïérents et, d'ailleurs, on ne peut douter qu'ils ne coexistèrent dans le judéo-christianisme pendant de longues années '. Cette coexistence primitive rend même compte, dans une large mesure, de la fixité hebdomadaire du dimanche chrétien. Ainsi qu'il a été dit, on ne peut expliquer cette périodicité que par imitation du sabbat, mais, en même temps, on conçoit sans peine que cette imitation se soit aisément perpétuée du jour où les apôtres, dispersés pour l'évangélisation en des contrées où l'élément païen prédominait, renoncèrent personnellement à leur double observance hebdomadaire pour s'en tenir, dans la pratique de leur ministère, à la seconde seule, à la célébration du dimanche, mémorial de la résurrection '.
2° Quand on traite des origines du dimanche c'est, pensons-nous, une îaçon impropre de parler que d'appeler celui-ci une pàque hebdomadaire ou une petite pâque *. En effet, chez les premiers chrétiens le mot Taiyi, lorsqu'il était associé par la pensée aux derniers jours de la vie de Jésus, n'éveillait pas en premier lieu le souvenir de la résurrection du Sauveur, mais bien celui de sa mort. C'est ce qui ressort du texte de saint Paul : » Le Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc la fête... avec les pains azjmes de la
pureté et de la vérité ' » ; et surtout du sens donné à ce terme par l'ancienne tradition chrétienne d'Orient, au II « et au iii« siècle. • Pâque » dérivé de -iî/r.v désignait alors la solennité de la Passion du Seigneur '. On sait aussi que dans les églises d'Asie, à la même époque, cette solennité se célébrait le 14 nisan, conformément à la coutume juive et à la tradition johannique : telle fut l'origine de la querelle quartodécimane. Or, c'est dans les églises d'Asie que nous avons trouvé les traces principales de la célébration primitive du dimanche, et aussi la première mention de son titre de i jour seigneurial » sous la plume même de saint Jean (Apoc, I, 10). Comme jour commémoratif, le dimanche y était absolument indépendant de la solennité pascale entendue comme il vient d'être dit. Disparaissait-il tout à fait quand le 14 nisan tombait un dimanche ' ? Le dimanche qui suivait cette date jouissait-il d'une solennité plus grande » ? C'est ce qu'en l'absence de sources, et notamment à défaut du Ylic.': /.jota/.f,; de Méhtoi; de Sardes, il est impossible de savoir exactement. Mais comment se fait-il qu'à Rome on ait pu donner de bonne heuie le nom de -iijT. au dimanche postérieur au 14 nisan » ? Peut-être parce que Jésus était ressuscité dans la semaine des azymes que la Pâque inaugure, et que l'on voulut aussi maintenir à la fête nou\eUe le degré de solennité de l'ancienne. Toujours est-il que la fixation au dimanche entraînait un changement singulier de signification. Pâque devenait ainsi une fête de la résurrection, et, par là même, la commémoraison de la mort du Sauveur se trouvait reportée au vendredi précédent. « L'observance dominicale [de la Pâque] eut aussitôt pour corrélative la solennité du vendredi saint, » dit fort bien Mgr Duchesne '°. Tout parait indiquer que la coutume romaine fut déterminée par une intention antijudaïque : on tint à s'écarter le plus possible de l'usage juif et à célébrer une fois l'an avec plus de relief le triomphe du Christ sur les auteurs de sa mort. Cette coutume ellemême se trouvait tout naturellement préparée par 1 existence de l'institution du dimanche que toutes les églises acceptaient. On a vu que cette institution remonte, dans le christianisme, à la plus haute antiquité. On ne peut en dire autant de l'observance dominicale de la Pâque, bien qu'on ignore la date précise de son origine. D'après Eusèbe, les églises qui s'y conformaient le faisaient » en vertu d'une tradition apostolique".. Socrate en est moins sûr : «Les quartodécimans, dit-il, affirment qu'ils ont reçu de Jean l'apôtre leur observance du quatorzième jour, tandis que les Romains et
' I. Abrahams, op. cit., p. 231. cf. p. cxcv, et Jewish encgclopediat t. vu, art. cit., p. 484. — * Act., xv, 21 ; xxi, 20 sq; cl. ii, 46, etc. Voir ci-dessus, col. S92 et Justin, Dial., XLVi, 1-2; .xlvii, 1 ; et. L. Duchesne, Origines du culte citrétien, Paris, 1898, p. 45-46. Sur la fréqxientation des s>Tiagogues par les judéo-chrétiens de Palestine après la ruine de Jérusalem, voir J. Dcrenbourg, Histoire de la Palestine /iepuis Ci/rus jusqu'à Adrien, in-8", Paris, 1867, p. 344-345, 3.54-355. En réalité cette fréquentation semble avoir été inspirée surtout par un dessein de prosél^-tisme, puisque les juifs s'en défiaient ou s'y opposaient. — * Nous avons dit plus haut quoi dut être le motif profond du maintien d'un jour de culte hebdomadaire, cf. col. 899. Le dimanche n'ayant pas été créé par réaction ^is-à-vis du s.ibbat ne trouve aucun parallèle sérieux dans rinstilution chrétienne des jeûnes hebdomadaires du mercredi et du vendredi qui s'opposent en fait aux jeûnes juifs du lundi et du jeudi {Didachè, viii, 1). La dislance entre le lundi et le mercredi fait d'ailleurs écarter ce parallèle. Cf. supra, col. 869, n. 3. — * Voir, par exemple, .1. Wordsworth, .'V/ini's- (ryo/grace, p. 312; 7.aha, Ski—en. p. 181, etc. — 'I Cor., v, 7, 8. C'est une alléfîorieamenéeparla mention (hi levain au v. 6 et aussi, très probablement, par la proximité de la Pâque juive (cf. .vvi, 8). II faut se fîardor d'en conclure que Paul s jnee ici il une solennité chrétienne correspondante. L'apAtre • para!! concevoir ici la vie chrétienne comme ime pûque
I perpétuelle .. A. I.emonnyer, Éptiresde saint Paul, Paris, I 1905, t. I, p. 117. — • Pour la démonstration, voir l'art. i de G. E. Steitz (Fassah, christUches) dans la 2« éd. de la
Bcal-Encijclopàdir fur prote.<:tantische Theolngie und Ktrche, I Leipzig, 1883, t. xi; et celui de*Drcws (Pussah, altliirchli- I ches, liturgisch) dans la 3' éd. du'nifme ou\Tage, t. xiv,
1904. — ' Ce n'est pas improbable, car dans le judaïsme
la Pûque l'emportait sur le sabbat. Cf. Vigouroux, Dict.
de la Bible, t. iv, col. 2097. — • Rien ne le prouve absolu- ! ment, car le jeûne des quartodécimans cessait au soir du j 14 nisan, sans doute avec la célébration de l'eucharistie, , Cl. Eusèbe, Ilist. cccles., I. V, c. xxiii, n. 1. — ' C'est ce que
ressort de toute l'histoire de la controverse quartodécimane '■ et de l'usage postérieur au concile de Nicée. Voir toutefois j Eusèbe, 7oc. cit., 2; mais, au reste, nous ne connaissons pas I de textes où le titre de • Pâque . soit donné au vendredi
saint célébré selon l'usage romain : c'est, cependant, ce que
laisserait croire l'auteur de l'art. Pâque dans V Fncyclopàdie j des sciences religieuses de F. Lichtenbergcr, in-8"', Paris,
1881, t. \, p. 183. — "Ilist. ancienne de l'I^glise, Paris, I 1906, t. I, p. 287. Noter que le vendredi existait déjA
comme jour de station hebdomadaire ou du moins comme
jour de jeûne (Didachè, viii, l;cf. Ilermas, Simil.,v, l). j — " Jlist. cccles., V, \xzu,tb ïi à-')TTo).;xi,; -apaêiiiit.);.
D'après le même, l'observance quartodécimane est £x"î:jt- ( faSouei.); i^/x:t,-kpx;'iibid.).
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ceux d'Occident disent tenir leur coutume des apôtres Pierre et Paul. Mais ni les uns ni les autres n'en peuvent fournir une preuve écrite '. » Saint Irénée ne paraît posséder des indices de la coutume romaine qu'à partir deXysle I^'' (c 115-125), le pape qui précéda sa naissance. « Parmi ceux-ci, les presbytres avant Soter qui ont présidé à l'église que tu gouvernes aujourd'hui, écrit-il au pape Victor, nous voulons dire Anicet, Pie, Hygin, Télesphore, Xystus, ne gardaient pas non plus (les observances des Asiatiques) et ils ne les imposaient pas à ceux qui étaient avec eux= ... » En tout ca.s, il n'est pas douteux que l'usage de célébrer la Pâque au 14 nisan n'ait été celui de l'Église primitive de Jérusalem et de Palestine. Cela résulte de l'attitude de toute cette église par rapport à la liturgie du Temple, et aussi de la tradition ébionite dont on saisit quelques traces sur ce point '. Saint Épiphane concède aux Audiens que dans le judéo-christianisme primitif les apôtres s'en tenaient à cette manière de faire atin que toute contestation fût évitée*. Mais encore moins que pour les quartodécimans du ii= et du iii« siècle, savons-nous si les premiers chrétiens donnaient au dimanche voisin de la pàque juive une solennité spéciale ■? 11 faut noter enfin que le stato clic de la lettre de Pline ne peut s'appliquer seulement à une fête annuelle comme colle de Pâques. Le contexte indique une coutume très fréquente, ce qui permet de voir dans cette expression une allusion au dimanche, et, aussi bien, de penser que la vigile nocturne de ce « jour fixe » est antérieure à celle de la pâque dominicale, car Pline écrivait avant les premières manifestations de la controverse quartodécimane ^ C'est seulement après la législation du concile de Nicée que Pâques pourra être tenu partout pour le dimanche par excellence, le « grand dimanche = », et que le dimanche à son tour pourra être exactement appelé une pàque hebdomadaire.
lit. DiM/VNCHE ET cuLTF. DU SOLEIL. — « La détermination du dimanche, surlendemain de la mort, comme jour de la résurrection, écrit A. Loisy, ne paraît pas avoir son origine dans un souvenir traditionnel ni dans l'influence d'un texte biblique, mais dans l'usage, qui, de très bonne heure, fit du premier jour de la semaine le jour de la réunion chrétienne et le jour du Christ. L'usage lui-même ne résulte peut-être pas seulement de ce que les premiers fidèles de l'Évangile ont été amenés à prendre pour leurs assemblées le premier jour lilirc après le sabliat, mais de ce que le jour du soleil devint comme naturellement le jour du Sauveur chez les chrétiens arrivés du paganisme '. » En réalité, la dernière partie de celte hypothèse ne pourrait être
' Ilixl. eccles., I. V, xxii; P. G., t. lxvii, col. 632. 11 y a de rexagéralion dans le langage de Socratc, car saintlréncc nous apprend qu' • Anicet ne pouvait persuader ;'i Polycarpe de ne pas observer ce qu'awi;c./eari,le disciple dcNotrc-Seigneur, el avec les autres apôtres, il avait toujours observé. » Eusèbe, H. E., 1. V, XXIV, 16. L'évcque de Lyon était placé au mieux pour le savoir (cl. ibiil., 1. XX, c. v-vi). Renan estime, non sans raison, d'après Kusèbe (ibid., I. XXIV, c. xi), que ■ les Églises d'origine asiatique des Gaules avaient sans doute célébré la paque le 11 nisan » avant de se ranger ft l'usage romain (Murc-Aurèle, p. lOS). D'autre part, on voit par !e titre d'une lettre fcstalc de saint Atlianasc que les Romains se réclamaient d'une tradition venant de saint t^ierrc pour fixer les limites de la fête de Paqucs. P. G., l. XXVI, col. 13i)5 (an. 34i)). — ' Euscl)e, (oc. cit., 1. XXIV, c. XIV, trad. Grapin. — • Voir Origène, Commentarioriirn séries in Malt., n. T.), P. G., t. xiii, col. 1728; lïpiplianc. Hier., XXX, n. 16, /■". G., t. xli, col. 432. — ' /fa-r., Lxx, n. 10, P. G., t. xi.ii, col. 556-557. A .\nlioclie, première fondation chrétienne extra-palestinienne, il y avait encore dfs quartodécimans au temps de saint Jean Clirysostonie. Voir P. fi., t. XLViii, col. 861 sq. : Oralio In eos qui primo Pasclm ieiimant. Cf. id., in Gai., c. il, n. 6, P. G., t. LXI, col. (;i3-644. On sait d'ailleurs que la Syrie était quartodécimane avant Nicée. Cf. P. G., t. xxvi. col. 1032. — ' Vers
I énoncée que s'il était prouvé que dans les milieux helléno-chrétiens où l'on découvre les plus anciennes traces de l'observance du dimanche, le premier jour de la semaine était vénéré comme jour du soleil. Or, il ne parait pas qu'il en soit ainsi. Dans la setiiaine planétaire commune le premier jour de la semaine est le jour de Saturne et, comme nous l'indiquerons plus loin ', l'attribution de ce premier jour au soleil, et, conséquemment, l'apparentement de la semaine planétaire à la semaine juive, doivent, selon toute vraisemblance, être l'œuNTe du mithriacisme. Mais on sait assez que cette dernière religion n'a pas pénétré réellement dans le monde hellénique » : Grèce, Macédoine, Asie proconsulaire, Bithynie, Syrie, Palestine, Égj'pte, c'est-à-dire, comme le remarque Harnack '", dans les contrées qui adoptèrent le plus vite le christianisme et le plu? solidement; or, c'est précisément dans celles-ci que nous avons rencontré les plus anciens indices de l'observation du dimanche. D'autre part, c'est en Italie et en Afrique, pays d'élection du mithriacisme, que l'on trouve les premières mentions du « jour du soleil 11 sous la plume d'écrivains chrétiens comme saint Justin et Tertullien, lesquels d'ailleurs s'attaquèrent directement à la rehgion de Mithra. Le? inscriptions qui citent le >■ jour du soleil » sont, en majorité, italiennes ou siciliennes; l'une d'elles est de Pannonie où le mithriacisme était fort répandu ".
Pour appuyer son hyi)othèse, A. Loisy renvoie à la théorie de IT. Curtkel " sur les origines du dimanche, sans peut-être remarquer assez que cet auteur recherche les origines païennes de ce jour au travers du judéochristianisme, en ne faisant pour ainsi dire pas état de l'influence exercée par les premiers convertis de la gentilité. Gunkel, cependant, essaie bien d'expliquer le choix chrétien du premier jour de la semaine par l'influence du culte du soleil. Voici sa théorie exposée sous une forme raccourcie : La coutume de se réunir le premier jour de la semaine et de le célébrer comme jour du Seigneur appartient à « la période la plus ancienne » de l'histoire de la communauté chrétienne. Mais l'origine elle-même de cette coutume s'explique « très diflicilement » par la seule inlhience du christianisme primitif, car l'Idée d'instituer un nouveau jour de fête est <i très éloignée de l'esprit élevé et libre de l'Évangile ». Et comme personne n'a été témoin du fait même de la résurrection, il est permis de se demander pourquoi on a placé la résurrection précisément au premier jour de la semaine; pourquoi aussi on en a fait un « jour du Seigneur » à célébrer chaque semaine. En réalité, tout pourrait s'expHquer par l'influence indirecte et à peine
l'époque du prédécesseur du pape Xyste I". — * Grégoire de Nysse, titre du 3» discours sur la résurrection, prononcé T^ !ievi).r, Kupiaxr,, P. G., t. .XLVI, col. 652. CL Jean le jeûneur (vi" siècle), Pénitentiel : ri; Tpe({ tiC Uâa/a T||iÉpa;. r,Toi T'^ [j.£Yi).rj s' tjcudi saint], xal tw \i.z.^jlXu> '^xona~(o. ■/.a\ T/)VîY«)'^ Kup-.axY;, P. G., t. i-xxxviii, coi. 1913. Ces titres' sont demeurés dans la liturgie grecque. Voir, par ex., Tif^)iton,in-S°, Venise, 1869, p. 281). 285,291, avec l'adjonction du titre de" saint ■ : t-^ àyi'X'Aai j^sy. y.yp. Dans les Constitutions aiiostoliques, V, 'xx, 2 (éd. FunU, t. i, p. 293) le dimanclic de l'Aques est appelé iipwTr, /.vp'.a/r . — ' Les livangiles synoptiques, Ceffonds, 1907, t. i, p. 177. Cf. du même, lieinie critique d'Iiisloire cl de littérature, 11 octobre, Paris, 1909, p. 242. — ■ Infra, col. 912. — • Voir Franz Cuniont, 7'c.rics et mnnuntents ftqurés relatifs aux mystères de Mithra, t. i. Introduction, in-l", lîruxellcs, 1899, p. 241 sq. ; id.. Les mustfres de Mithra, 3' éd., in-8», lîruxclle», 1913, c. ii, et la carte hors texte ù la lin du volume. — " A. Harnack, Die Mission und Aushreitunn des Chrislentums in den ersien drei Jahrhunderlen, Leipzig, 1902, p. 535. Trad. anglaise de J. MolTat, d'nprè,s I» 2» éd. (1906), ln-8°, London, 1908, t. il, p. 318. — " Voir supra, col. 875. — " Ziini religions iicsrhichtlirhen Verstiindnts des Scucn Testaments. in-S», GAttingrn, 1903, p. 73-76.
consciente d'une autre relii^ion orientale qui vc-ncTant le soleil comme « Seigneur s lui aurait consacri' le premier jour de la semaine. C'est justement ce cju'une supputation batjylonienne permet de constater. Voici donc comment les choses se seront passées : « 11 doit y avoir eu dans le judaïsme certains cercles qui étaient lialiitués à fêter le jour du soleil; parmi ces cercles la plus ancienne communauté chrétienne s'est recrutée; puis les cercles chrétiens primitifs ont identifié le « Seigneur» en l'honneur duquel on célébrait la fête avec leur Jésus '. » On trouve la trace de ce dimanche juif, peise Gunkcl, dans l'Hénoch slave, ou Livre des secrets (i Ili'noch (xxxiii, 1), où le huitième jour mentionné à coté du sabijat se voit attribuer sur celui-ci une prééminence d'honneur, parce qu'il représente la durée éternelle faisant suite à la durée du monde Mgurée par les sept jours de la semaine. Le verset 5<^ du ch. xiv de l'épitre aux Romains nous apprend en outre qu'on avait tendance dans les plus anciennes communautés chrétiennes à faire des distinctions entre les jours. A une époque postérieure, la date de la naissance du Christ, (j janvier ou 2f) décembre, dait son origine au paaanisme oriental. Plus anciennement, on a l'exemple des esséniens et sectes apparentées (sampscens et héliognostiques) dont la prière réglée par le soleil décèle une influence païenne. Les thérapeutes avaient une solennité spéciale tous les cinquante jours, par conséquent de sept en sept dimanches. On se rappellera aussi la coutume que suppose le livre de la Sagesse (XVI, 28) d'olTrir à Dieu une prière au lever du soleil. Mais l'analogie païenne la plus franpante en cette matière, est celle que présente la religion du dieu Mithra, identifié en Orient avec le soleil. On retrouve, en effet, dans le mithriacisme l'usage de célébrer le dimanche, et celui de prier tourné du côté du soleil; on y retrouve aussi la coutume judéo-chrétienne de prier trois fois par jour, le matin, à midi et au crépuscule, car c'est à ces trois moments que le prêtre de Mithra adressait sa prière au soleil. Ces coïncidences ne peuvent s'expliquer que par une commune origine orientale et ppr l'influence d'un culte du soleil. Ainsi, conclut Gunkel, « l'acceptation du dimanche par les premiers chrétiens me parait être un symptôme extrêmement important de ce fait que la première communauté était soumise à l'inllucnce d'un courant d'idées qui ne provient ni de l'Evangile, ni de l'Ancien Testament, mais d'autres milieux religieux. »
1! ne semble pas que cette théorie extravagante ait rencontré beaucoup d'approbateurs. Après avoir observé que Tertullien écarte l'accusation païenne faite aux chrétiens de favoriser la religion du soleil en célébrant le dimanche dans l'allégresse, ZocUler - déclare qu'une telle théorie est en complet désaccord avec
' Le P. Lagrange, citant ces trois propositions dans un compte rendu de l'ouvrage de GunlicI, comme un exemple d'induction in\Taisemblable, ne peut s'cmp?cher d'ajouter :
— et avec quelle raison ! — ■ Trois suppositions dont l'invraiseml>lance va cre.^cenrfo, et qu'on est tenté de qualifier do saugrenues... » Reiuic biblique, Paris, 1901, p. 27.'î. — ■
- f^calencuklopddie fiir protestanti'iclie Théologie tind Kircbe, 3' éd., Leipzig, 190G,t. xviij, art. Snnnlagsjeier, p. 522. — ' Ihid., art. Sonne bei Ilebraern, p. 520. L'auteur écrit au iin"inc endroit : "Je ne trouve aucun indice montrant que l'inlliionce du culte du soleil se soit fait sentir dès avant l'ère chrétienne sur le judaïsme de la dernière période. » Il écarte ensuite du débat Sag., xvi, 2S, comme n'ayantaucun rapport avec le culte du soleil. — ' Cari Clemen, Religionsgeschichlliclie Krldiininfi des Neiien Teslamenis, in-S", Giessen, 1909, p. 149 sq.; voir aussi la traduction anglaise revue et augmentée par l'auteur ; Primitive clirislianitg and ils nonjcufish sources, lï^dinbiirgh, 1012, p. 102 sq., oi'i ce passage reçoit quelques additions. — * Sur la prétendue vénération du soleil par les esséniens, voir J. Dcrenbourg, //isf. rfe /a Palestine deimis Cynis jusqu'à Adrien, Paris, ISOT, p. 100, n. 2. Fin de la note : t Tout ce qui a été dit sur une sorte d'adora-
l'horreur instinctive que les cultes païens inspiraient aux chrétiens (cf. 1 Cor., x, 22); cette théorie est également contraire aux motifs que Barnabe et saint Justin assignent à l'instituticn du dimanche. Uans son important article sur « le soleil chez les Hébreux », Baudissin ' assure contre Gunkcl que •■ la fête chrétienne du dimanche n'a assurément rien à faire, pour ce qui est de son origine, avec le culte du soleil. » Cette fêle, en effet, suppose les récits de la résurrection de Jésus et s'explique « sufrisamment » par eux. « Mais, ajoute-t-il, le fait que le jour du soleil était solennisé dans les mystères de Mithra (on n'en connaît pas jusqu'ici de traces dans le paganisme sémitique) a pu contribuer à propager la fête du dimanche. « Citons enfin Cari Clemen qui a réfuté Gunkel plus au long *, et spécialement dans sa prétention de prouver que le dimanche était déjà observé par les juifs. Voici quelques-unes des remarques de cet auteur : dans le texte de l'Hénoch slave il n'est pas question d'un jour ordinaire : tout le passage est une spéculation dans le genre de celle que l'on trouve dans l'épitre de Barnabe sur le même sujet; en traitant des esséniens. Josèphe (Ëell. Jud., II, VIII, 5) parle bien de pratiques réglées par le soleil, mais non d'un jour du soleil s'ajoutant au sabbat '; quant aux thérapeutes (Philoii, De vila contempla' liva, 8) ', s'ils célébraient chaque cinquantième jour, ce jour n'était pas nécessairement le dimanche : supposer d'ailleurs qu'ils fêtaient le dimanche, c'est donner lieu de croire que le De vita contemplai iva n'est pas l'oeuvre de Philon mais un ouvrage chrétien; enfin les origines de la fête du dies solis dans le mithriacisme semblent trop récentes pour avoir pu influencer le judaïsme. Ces remarques de Clemen doivent être complétées. Qu'est-ce, en efiet, que cette supputation babylonienne qui parait servir de pivot à l'argumentation de Gunkel '? Lne hypothèse des plus fragiles. Scliiirer ' et W. Lotz ', qui connaissent l'ouvrage de Zimmern ' auquel Gunkel renvoie pour toute preuve, déclarent que de là on ne peut rien tirer qui vaille sur l'origine de l'ordre planétaire des jours de la semaine commençant par celui du soleil. L'origine chaldéenne de la semaine planétaire commune ou de l'attribution de chacun des sept jours à une planète dans l'ordre : Saturne. Soleil... Vénus, n'est elle-même qu'une hypothèse, car on ne peut prouver cette origine par les textes cunéiformes '°. C'est toutefois une hypothèse vraisemblable et généralement admise ". Zimmern '-, d'autre part, avoue que la liste planétaire de notre semaine actuelle (Soleil- Saturne) n'a pas d'attestation babylonienne. Il croit cependant que telle est sa provenance parce qu'elle est apparentée « de près » à la liste persane suivante " : 1. Soleil, 2. Lune. 3. .lupiter, 4. Mercure, 5. Mars, G. Saturne, 7. Vénus. Au reste il n'importe pas que
tion du soleil de la part des esséniens n'a donc pas le moindre fondement, t Même conclusion, pour l'interprétation du texte de Josèphe, chez Baudissin, loc. cit. — ' Kdition Mangey,t. n, p. 481. — Mr(. cil. (voir notre bibliographie), p. 15.
— • Realenciildopadie..., 3' éd., lOOS, t. xxi, art. Woche, p. 412. — • H. Zimmern et H. Winckler, f'ïc Kcilinscliritlen und das Aile Testament \on^. Schrader, 3" éd., Berlin, 1903; Gunliel renvoie fi la p. G25 sq. (La seconde partie de l'ouvrage, p. 343 sq., est de Zimmern, la première de Winckler.)
— " Schûrer, art. cit., p. 18. — " Id., ibid.: Lotz, nrt. et loc. cit.: Cuniont, A/oniim., t. i, p. 119; W. IL Roscher, Lexicon der griechischcn und romischen Miitholoqie, m, 2, Leipzig, 1902-1909, art. I^laneten, par l'éditeur, col. 2.537.
— " Op. cit., p. G24. — " Il s'agit surtout, d'après les renseignements d'Hérodote (Ilist., i, 98), des couleurs des créneaux d'Kcbalane (cf. l'errot et Chipiez, Histoire de l'art dans Vantiqnité, Paris, 1884, t. ii, p. 288: Roscher, art. cit., col. 2531-2532) : les couleurs des quatre premiers étages, les seuls qui soient conservés, de la tour ù sept étages de Khorsabad, paraissent correspondre à l'énuniération d'Hérodote. Cf. IVriot et Chipiez, op. cit., p. 288 et 289.
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Rawlinsuii ' ait cru découvrir la liste planétaire de Pythagore (planètes disposées d'après leur éloignement de la terre) - dans les sept couleurs de la tour du temple de Borsippa, puisque cette liste est à la base de la liste planétaire commune qui commence par Saturne et non par le Soleil. Il est vrai qu'Oppert' voit dans les couleurs de ce monument l'ordre de la semaine planétaire actuelle. Aussi bien, même en admettant que ces couleurs désignent les planètes, sera-t-il mieux de ne rien affirmer sur leur ordre de succession '. On pourra ensuite conclure avec Lotz ' que la semaine planétairecommune a été définitivement formée à l'époque hellénistique par les astrologues de ce temps, sous l'influence d'idées remontant aux anciens Babyloniens. Nous croyons cependant que la part d'invention de ces astrologues n'a consisté qu'à faire présider chacun des sept jours de la semaine par une planète; et rien n'indique qu'en procédant ainsi ils aient voulu donner un relief particulier au Soleil. Gunkel a cru trouver dans le Livre des secrets d'Hénoch une trace pré-chrétienne de la fête du dimanche dans le judaïsme; mais, quelle que soit la date de ce livre °, rien de semblable n'appa-ait dans le passage allégué. Le texte étant slavon, nous donnons en note sa traduction anglaise par Forbes ': cette traduction appuie moins que celle de Gunkel sur la priorité d'honneur du huitième jour, comparé aux sept autres. En tout cas, il est absolument impossible de conclure de cette prééminence ,à l'existence d'une solennité, d'autant plus qu'il s'agit ici d'un jour symbolique d'une durée sans fin qui trouvera seulement sa réalisation à la fin du monde. Le pseudo-Barnabe =, il est vrai, s'autorise de cette tradition pour justifier la célébration joyeuse du huitième jour, mais du moins est-il explicite en mentionnant la fête de ce jour, et l'on voit bien, à le lire, que les chrétiens célèbrent surtout celle-ci à cause de la résurrection de Jésus au huitième jour. Sa spéculation millénariste illustre ce fait ; elle ne pourrait à elle seule motiver la tête. Enfin, Clemon » a fort pertinemment réfuté un auteur hollandais'» qui a pensé trouver dans ce passage de l'épître de Barnabe une allusion i une tête pré-chrétienne du huitième jour. « Le huitième jour, où Jésus aussi (Iv ri za'. à ' Iriocû;) est ressuscité » se rapporte, en efiet, exclusivement à ce qui précède dans le contexte ", c'est-à-dire à l'ère nouvelle et éternelle que représente le jour en question, par opposition à l'ère temporelle des sept jours de mille années-
' Journal 0/ Ihe Royal Asiaiic Society, t. xvm, p. 18 sq. — ' Soit l'ordre : 1 . Lune, 2. Mercure, 3. Vénus, 4. Soleil, .5. Mars, ti .Tupiter, 7. Saturne. C'est de cette liste que l'ordre des Jours de ia semaine planétaire tire son origine par un moyen de supputation dont Pion Cassius, Hist. rom., xxxvii, 18, fournit une double clet. On sait que Dion fait venir cette théorie d'Épypte : c'est de là en effet qu'elle a chance d'avoir été importée en Occident, quel que soit le véritable lieu de son orifïine. — * Expédition en Alésopolamîe^ t. i, p. 206 sq. — ' Telle est la manière de voir de Zimmern, op. cit., p. 61G, n. 7. — ' Healencyclopadie, 3° éd., t. xxi, p. 412; cf. F. Cumont, Astrology and religion aniong llie Greeks and ftomans, in-12, New Yorlj, 1912, p. 165. — • R. H. Charles le date d'environ 1 à 50 de l'ère chrétienne. Voir The apocrypïia and psetidepigrapha 0/ ihe O. T. in English, éd. par R. II. Charles, t. 11, Pseudepigrapliii, Oxford, 1913 ; The Boofc 0/ tlie secrets nf llenoclt, p. 425- 4(>'.), traduit par N. Forbes avec introduction par Charles. Sur la date, p. 429. — ' Op. cit., p. 451, xxxii, 2... ■ And I blessed Ihe scventh day, which is ihe Sablmth on uihicli 1 resied from ail my works. » xxxiii, 1. « .And 1 appoinled thc eighlh day also, Uial Ihe cighih day should be Ihe /irst-crcaled aller my work, 2. and thaï the flrsl sevcn [mots ajoutés pour la clarté de la traduction) révolue in Ihe form 0/ the seiienlh thntisand, and lliat at llie bcginning 0/ eighih tlionsand there .\hoiild be a lime 0/ nn(-coun/ing, cndiess, wilh neilher years nor months nor iveeks nor days nor hoiirs. • Gunliel donne pour xxxiii, 1 lu traduction suivante, qu'il souligne : ■ Uen chaien 'fng aber sel-te ich, daniit derselbc achle 'l'aK sel der
Reste la question de l'inHuence mithriaque. Cette influence n'a pu s'exercer sur la formation même de l'institution du dimanche; car, comme l'observe à ce sujet Franz Cumont, le dimanche date des temps apostoliques ". Sa célébration à cette époque est attestée, comme on l'a vu, pour des milieux helléniques qui échappèrent à l'influence du mithriacisme. 11 sufllt d'ailleurs de se rappeler que parmi les premiers adeptes païens de l'Évangile la majorité fut formée par des ŒcSrjrxHvot Tov Wîov, c'est-à-dire des monothéistes de profession, attirés vers le judaïsme en raison même de son inonothéisme, et partageant l'horreur des juifs pour l'adoration de toute force ou de tout élément matériels. Quant au crédit des astrologues ou « chaldéens » en Asie Mineure, à cette époque, il n'entre pas ici en considération puisque, comme il a été dit, le premier jour de la semaine planétaire qu'ils avaient formée était consacré à Saturne et non pas au Soleil. Cependant l'attribution de ce jour au Soleil n'a pu se taire d'une façon fortuite ". On ne peut en appeler ici à la tradition des Mandéens qui est d'origine trop tardive ". Par contre, l'intervention du mithriacisme oflre une explication très vraisemblable de ce déplacement '^ L'n passage de Celse conservé par Origène ^' montre le Soleil au plus haut degré de la /./.ïtxaç é-xîtiu/.o; des mystères de cette religion, tandis que les six autres planètes s'échelonnent en dessous de lui à partir de Saturne, placé au plus bas degré, en continuant par Vénus, Jupiter, Mercure, Mars, Lune : ce qui est, en sons inverse, l'ordre des planètes de notre semaine. Le marbre de Bologne ", un des monuments des mystères de Mithra, présente la même succession : le Soleil y figure en tête, suivi de la liste Saturne-Lune, comme ci-dessus. Priscillien, qui paraît viser le culte mithriaque, donne, dans le passage suivant, une liste légèrement diflérente, mais où le Soleil est toujours en tête : Sed si etiam in his pro/essionis noslrœ fides quœritur, analhema sit et fiât mensa eonim in laquucum et in scandalum his, qui Solem et Lunam, lovem Marient Mercuritim Vcnercni vel Salurnum omncmqiie militiam cœli, quos sibi in cirrimoniis sacrorum rilus et ignarus deo gentiliiim error adscivit, drus dixeril et qui cos, cum sinl idola dctestanda gehennee digna, veneralur ". Chacun des jours de la semaine, on invoquait la planète qui lui donnait son nom, à un endroit déterminé du mithréum; et le dies Solis était célébré''avec une solennité particulière '". Rien d'éton-
ersterschaffene ûber meineWerke. • Nous voulons bien croire que la préposition ûfrer signifie ici «par delà net non» au-dessus'de"'»; en tout cas W. R. Morfdl, dans la première version anglaise du livre, pourvue d'ime introduction et de notes également de Charles (Oxford, 1896), traduisait à peu près comme Forbes : ■ Lot the eighth be the (irst after my work. •
— 'xv,9. — 'Op. cit., p. 149; trad. anglaise citée, p. 192. — " Van den Cergh van Hysinga, De breking des broods, dans Theol. Tijdsclirilt, 1905, p. 267. — " l.oc. cit.. 8.— '• Textes et monuments figun^s, t. i, p. 339, n. 5 ; " II ne peut pas cependant y avoir eu d'action du mithriacisme sur le christianisme, car la substitution du dimanche au sabbat date des temps apostoliques. • — "Ce qu'avait d'ahord pensé Lotz dans la 2« éd. de la liralencyclopiidie, art. Woc/ic, t. x\ 11 (1886), p. 255. Il ne reproduit pas celte opinion dans sa rédaction nouvelle pour la 3' édition, loc. cit. — " Ct. C. Clcmcn, op. cit., p. 150. L'ordre des planètes chez les Mandéens est le suivant : 1. Soleil, 2. Vénus, 3. Mercure, 4. Lune, 5. Saturne, 6. Jupiter, 7. Mars. Ct. Zimmern, op. cit., p. 023- 624; voir aussi SchOrer, art. cit., p. 39. — " C'est l'nvis de Roschcr, art. Planelen du Lcricim dcr Mythologie, col. 2D3K.
— " Conirn Cchum, vi, 22, P. G., t. xi, col. 1.32 I. — " Cumont, .AJoniinien(,v, 1900, t n,p.201;cf.t. I,p.ll9. — " 7'rn.'. talus, 1,15: éd. G. Schcpss, Corpus de Vienne, t. xviii (18S9). p. 14. — '• Cumont, Rlonumenls, t. i, p. 325; cf. p. 119, on i'aulcur rappelle (n. 1), l'oracle du • prince des nla^'cs . sur les planètes cité par lùisèbe, Privp. ernng., v, 14, /'. !•., t. x.M, col. 348; du même, les mysli^res de Mithra, 3' ri.. Rruxelles, 1913, p. 173
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nant, par conséquent, qu'on ait tenu a donner à celui-ci ia première place dans la liste des jours de l'iiebdoniade. On a vu qu'il en était déjà ainsi au milieu du ii« siècle, au temps de saint Justin, et de même en Afrique, au temps de TerluUien. Il est assez vraisemblable que cet usage aura pris naissance dans le monde romain, et dans un dessein de rivalité à l'égard du christianisme, alors que celui-ci commençait à se répandre avec rapidité dans le même milieu.
Il n'y a pas lieu de revenir sur ce qui a été dit précédemment au sujet de l'attitude de l'Église vis-à-vis du « jour du Soleil » '. D'ailleurs l'emploi de ce vocable dans les milieux populaires chrétiens nous conduit à une période (miheu du in' siècle-v« siècle) qui n'intéresse plus les origines mêmes du dimanche '. Ou ne saurait nier, d'autre part, que la célébration pa'ienne de ce jour ait contribué, dans une certaine mesure, à faire adopter le dimanche chrétien comme jour férié par les nouveaux convertis. Au nombre de ceux-ci, il faut placer, en première ligne, l'empereur Constantin qui légiféra dans ce sens pour tous ses sujets '. Depuis Aurélien, le Soleil, déjà honoré par Septimc-Sévère, était devenu te dieu par excellence, « le grand dieu officiel 1) * de l'empire, celui qui réunissait les attributs des autres divinités. La religion du père de Constantin, Constance Chlore, semble s'être résolue, en dépit de ce qu'écrit P-usèbe ', en un mon )théisme solaire. Ses monnaies attestent que son dieu tutélaire était le Sol invictus représenté sous les traits d'Apollon '. A partir de 310, c'est-à-dire depuis la mort de Maximien Hercule dont Constantin avait épousé la fille, on voit réapparaître le même emblème sur les monnaies de celui-ci, au lieu des exergues qui rappelaient son entrée dans la dynastie des Ilcrculii''; et jusqu'au moment où il sera seul empereur il fera Irapper un grand nombre de pièces de ce type avec la légende SOLI COMITI AVG N, ou plus souvent SOLI INVICTO COMITI ". On sait également que Licinius était un adepte de la religion solaire. C'est sous ta protection de celle-ci que ses armées marclièrent contre Constantin, et une
' Col. 876'^sq. — Ml est bon de rappeler ici que le cas des origines delà fête de Noël est très différent, si tant est, comme l'admet Cumont (A/on., 1. 1, p. 342), que cette solennité ait été placée au 25 décembre « parce qu'on fêtait au solstice d'hiver le Naiaïis Invicliy la renaissance du dieu invincil)le », c'est-àdire du Soleil. Cette fête, en effet, est une institution tardive par rapport à celle du dimanche. Elle n'apparaît qu'en 336 (Depositio martyrum). C'est, en outre, une institution proprement occidentale, sinon romaine : elle dérive probablement des supputations faites à Home au temps de saint flippolyte (t 235) et par celui-ci même. Enfin, on oublie trop souvent que le Ncttatis Invicti n'a qu'un rapport éloipié avec le culte de Mithra. « Sol invictus, écrit Fr. Cumont, est une désignation générale, qui comprend toutes les divinités solaires d'Orient. Quand on voulait préciser, on ajoutait le nom étranger de chacune. Le culte public et solennel de Sol innictiis, fondé par Aurélien, diffère absolument des mystères mitliriaqiics. Il s'inspirait des croyances répandues dans tout l'Orient, et le nom que portait le nouveau dieu olTiciel lui fut donné précisément parce- qu'il était assez large pour comprendre toutes les divinités païennes assimilées au soleil. » Op. cit., t. i, p. 48. Mithra était simplement l'une de ces divinités. l..*origine égyptienne (Gimlîel, op. cit., p. 75, n. 3) de la fête de l'Epiphanie n'est pas démontrée, encore moins son origine païenne. Origènc ne mentionne pas cette fête (Contra Ccl.sum, viii, 22). Les basilidiens d'itgypte fêtaient, les uns le 10 janvier, les autres le 6 du même mois, le baptême de Jésus (Clément d'.Mcx., Strom., I, 21, P. G., vin, col. 887) et non sa naissance, du moins à s'en tenir au texte de Clément. — 'Cf. supra, col. 874. — ' P. Batiffol, La paix constantinlenne et le catholicisme, in-12, Paris, 1914, p. 75. Sur le culte du soleil dans l'empire romain, voir F. Cumont, Mon., t. i, 47 sq., 279 sq., 33() sej. (cf. index, p. 374); La théologie solaire du paganisme romain. Académie des inscriptions, Mémoires
I curieuse inscription nous apprend qu'il établit dans I le camp de Salvosia en Mésie un sacrifice annuel 1 en l'honneur du Soleil, le 18 novembre, qui était le j premier jour de l'année suivant le calendrier d'Antijche '. Constanlin lui-même ne craignit pas de tirer parti du monothéisme solaire auprès des .soldats païens de son armée, sachant sans doute par expérience personnelle que cette croyance ijaïenne mettait sur ie chemin de la croyance véritable, de la loi en un Dieu unique, créateur des cieux et de la terre. Il désirait, en effet, dit Eusèbc'°, que « toute son armée» vénérât ce « jour du Sauveur qui, selon son nom, est le jour de la lumière et du soleil », et dont il avait enjoint l'observation à tous les sujets de l'empire. Aussi voulut-il que les soldats chrétiens eussent, ce jour-là, le loisir nécessaire pour assister aux offices de l'Église et pour prier. 11 édicta, en outre", que les soldats païens devraient se réunir ce même jour dans un espace libre, en dehors des murs de la ville de leur garnison, et là, à un signal donné, adresser à Dieu, en langue latine, une prière prescrite par l'empereur lui-même, et apprise d'avance. Cette prière, dont F.usèbe nous a conservé une version, est ainsi traduite par Valois : Te solum agnoscimus Deum; le regem profilemitr; le adjutorem ini'ocamus. 'lui miineris est quod viclorias retulimus, qiwd hosles supcravimns. Tibi ob pra'lerila jam bona gratias agimus, et jiitura a le speramus. Tibi omnes supplicamiis, ulque inipcralorem noslnim Conslantinuni, una cum piissimis cjus liberis incolumem et victorem diutissime nobis serves, rogamus". D'après Je commentaire d'Eusèbe", Constantin voulait ainsi apprendre à ses soldats à se confier moins dans leurs armes et dans leurs forces que dans le Dieu suprême (ô èT.l i;àv-tov €)Edç), dispensateur de tous les biens et spécialement de la victoire. Cette prière monothéiste n'eût pas été déplacée sur les lèvres des soldats chrétiens " : cependant elle est neutre à dessein, pour convenir à des païens ayant des opinions diverses sur la nature du Dieu unique, ou du moins une conception différente de celle de C^onstantin. Si l'on se rappelle en outre que
des savants étrangers, in-t», Paris; 1913, t. xii, p. 447- 479 ; Dictionnaire des antiquités grecques et rontaines de Darcniberg et Saglio, t. iv, 2= partie, p. 1381-1386, art. Sol; Mystères de Mithra, c. n, p. 31-84; Batiffol, ouvrage cité. Excursus A: Sol inuictus, p. 69-76; Excursus B ; Summus deus, p. 188-201. — • Vie de Constantin, i, 17, P. G., t. xx, col. 932-933; cf. il, 49. ibid., 1025, où il faut lire avec Ilcikel (Corpus de Berlin : Œu\-res d'Eusèbe, 1901, 1. 1, p. 62) tôv <TùïTf,pa 0-ov au lieu de 7. TraTspa 0. — ' J. Maurice, A^umismalique constantinlenne, in-8°, Paris, 1911, t. ii, p. xxxiv- XXXV. Voir, du même. Les origines religieuses de Constanlin le Grand, dans Bulletin d'anc. liltér. et d'archéolog. chrétiennes, Paris, 1914, p. 40. — ' J. Maurice, A'nmisma- (l'gue, t. II, p. xi-xxx; cf. P. Batiffol, op. cit., p. 216-218. — • Usener, Sol invictus, dans fîheinisches Muséum, noiiv. série, 1905, t. lx, p. 465 sq. ; Maurice, op. cit., 1908, t. i, p. cxv, cxxiv, 247, 315 et passim; t. ii, p. lviii, lxvi, Lxviii, 27 et passim. — 'F. Cumont, art. Sol, cité ci-dessus, p. 1385, d'après A. von Domas/.ewsld, .■ibhandlungen zur rômischer Heligion, 1910, p. 96 sq. ; cf. Cumont, Myst. de Mithra, p. 211. — 'n'i(. Consf., 1. IV, c. xviii. P. 6., t. xx, col. 1165. —"Ibid., c. xix, col. 1165-1168. — " C. xx, col. 1167-1168. Cette invocation est à rapprocher de la prière au Summus deus que Licinius fit chanter à son armée le jour de la bataille qu'il li\Ta à Maximin Daîa, le 1" mai 313. Voir le texte de ce chant dans Lactance, De mortibus pcrseculorum, XLVi, 6, P. L., t. vii, col. 261; Corpus de Vienne, t. .xxvii (1897), éd. S. Brandt et G. Laubmann, p. 226; cf. P. Batiffol, Paixconslantinienne, p. 201. — ■• Loc. ci/.,c. XIX. — ** J. BurcUhardt, Die ZeitConslantin's dcsGroS' sen, 2'' éd., Leipzig, ISSO, p. 354, s'autorise des derniers mots duch. .\ixde la Vi(. Const. pour prétendre que cette prière devait être récitée par tous les soldats. Mais la distinction entre les soldais chrétiens (ch. xviii) et les soldats païens (ch.xi.x) semble trop nette dans Eusébe pour (pi'il en soit ainsi.
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le mithriacisme, « l'expression la plus puissante du culte solaire dans le paganisme romain' », trouva dans l'armée des Césars ses premiers adeptes et ses principaux propagateurs à travers l'empire-, on n'aura pas de peine à croire que Constantin pensait au Dcus Sol Inuiclus Mithra, quand il invitait ses soldats païens à invoquer le dieu « qui donne la victoire ». Quelques détails fournis par Eusèbe ^ fortifient cette idée : la prière en question se dit le jour du soleil; elle est récitée en plein air, elles soldats doivent, en la proférant, lever leurs mains vers le ciel, en même temps que « les yeux de leur âme » se portent plus haut encore « vers le roi céleste ' '. Nous en concluons que Constantin a tiré parti du culte du Soleil qu'il avait autrefois pratiqué ^ sous la forme hénothéiste, pour édicter une législation universelle sur l'o'oservatlon de ce premier jour de la semaine appelé, dans cette législation même, « le vénérable jour du Soleil ».
Les manichéens qui, sur plus d'un point, peuvent être considérés conmie les héritiers du mithriacisme ", consacraient par un jeûne le dimanche et le lundi : le jour du soleil et le jour de la lune '. Non pas qu'ils honorassent ces deux astres d'un culte direct; ils les regardaient seulement comme des instruments propres à opérer leur délivrance du royaume des Ténèbres, et leur entrée dans celui de la Lumière. Ils considéraient d'ailleurs le Soleil comme l'habitacle de cet Homme primitif qui fut destiné par Dieu à défendre les frontières du royaume de la Lumière, f^e jeûne du dimanche était imposé é\ tous les croj'ants manichéens, « Élus » et simples » Auditeurs » : celui du lundi, au contraire, ne regardait que l'élite d'entre eux, les « Élus » ou « Véridiques » '. 11 est assez vraisemblable que le Sijntagwa doctriiiie " vise la coutume manichéenne de jeûner le dimanche : les disci])les de Manés seraient à inclure parmi les « autres hérétiques » mentionnés dans cet ouvrage à côté des marcionltes '". En raison du même usage, saint Léon assimile les priscilîianistes aux manichéens et aux m.arcionites : Dominicum cliem, qmm Salvaloris nostri rcsurrectio consccravit, exigunl in mœroiv jcjunii; soli's, ut prodilum csl, revcrenliie hanc coniinentiam devovenles ".
W. Caractère essentiellement cultuel du dimanche CHRÉTIEN. — A la question des origines du dimanche se rattache étroitement celle de sa nature propre ou de son caractère fondamental, (^elte question ne se pose, en efïct, qu'en raison de l'obscurité relative des origines de l'institution, si bien que le développement historique de celle-ci pourra seul nous aider à en saisir plus clairement le dessein primitif essentiel. A cette lin. il n'est pas nécessaire d'interroger les témoignages chrétiens au delà des viii<'-ix'^ siècles, c'est-.i-dirc au delà des limites chronologiques qui ont été marquées pour les études archéologiques de ce dictionnaire. On verra, en efïet, que dès le milieu du iv siècle les traits fondamentaux de l'institution sont décidément fixés; il conviendra seulement de s'enquérir de leur perma-
' Cuniont, Mon., t. i, p. 12. — • Cf. J. Toutain, Les cultes païens dans l'empire romain, Paris, 1911, t. ii, p. 145-176. Sur le rôle de l'armée dans la dilTusion du syncrétisme païen, voir ibid., p. 248-252. — • /.oc. cit. — • ' V.m tqv oïlpiviov 'fia.'jù.éa. Cf. Eusébe, Jlist. écoles., 1. IX, c. ix, 2, à propos de Constantin : Ûîôv t'ov rjOpdtvtov ... £7:i-/.a/£'7'7(A£vo;. P. G., t. XX, col. 820 ; cf. Maurice, Numismatique conslantinienne, t. ii, p. Lxxxv,n.5. — » Cf. Th. Zahn, Konstanlin der Grosse und die Kirchc (conférence faite en 1870), dans Skiizen aus dem Leben derallen Kirchc^' éd., Leipzig, 1908, p. 214-216, 223; et, même ouvrage, p. 194 (conférence sur l'histoire du dimanche, 1878); Hurckhardt, op. cit.. p. 348. Pour une opinion contraire, voir V. Schultze, Knn.itantin der Grosse..., dans Realencyklopudie de Ilauclv, 1901,1. x,p. 7G0- 761. — • et. Cumonl, Mon., t. i, p. 44-45, 349-350; Dicl. des antiq. grecques cl romaines, t. m b, p. 1954. — 'S. Augustin, Epfsl., ccxxxvi, 2, P. /.., t. XXXIII, col. 1033; cf. Con(ra
nence jusqu'aux limites susdites. Mais, dès maintenant, il faut se rappeler que l'histoire des origines a déjà fourni les indices indéniables d'une conception fondamentale dont l'histoire postérieure dn dimanche achève seulement de prou\cr l'existence. 11 sufBrait presque, en effet, de parcourir les textes relatifs aux origines du dimanche pour se rendre compte de ce que nous voulons montrer ici, à savoir que cette institution est essentiellement cultuelle et que le chômage n'y a été adjoint qu'à titre secondaire et subordonné, en vue de favoriser le culte.
1. Dimanche et sabbat. — On peut dire que dans l'esprit des anciens auteurs ecclésiastiques il n'y a d'opposition intrinsèque et formelle entre le dimanche et le sabbat cjue dans la mesure où celui-ci vient à être regardé comme étant essentiellement, et par-dessus tout, un temps de chômage ou de repos. Cette conception était celle qui prévalait chez la plupart des juifs à l'époque du Nouveau Testament. Jésus s'éleva fortement contre elle, montrant que le repos sabbatique devenait une superstition malfaisante s'il arrivait à mettre obstacle à l'accomplissement des devoirs primordiaux que la loi naturelle et la loi de Mo'ise prescrivent de rendre à Dieu et au prochain '-. 11 fit spécialement remarquer aux juifs que le culte mosaïque impliquait, eu plusieurs ras, la violation du repos sabbatique entendu au sens strict " : ce qui était établir une distinction très nette entre le culte et le repos, et insinuer en même temps que le repos sabbatique était subordonné au culte ou à la fête religieuse du sabbat. Moins de quarante ans plus tard, l'épîtve aux Hébreux ", où l'assiduité aux assemblées chrétiennes est recommandée '"', énonce clairement que le repos sabbatic|ue n'était qu'une ligure du repos éternel dans lequel tout chrétien, depuis l'ascension de Jésus, est appelé à entrer s'il en est digne "^: et cela revient à dire que cette figure est désormais abolie, puisqu'à partir de la glorification du Christ elle commence à se réaliser. Cette considération a été maintes fois reprise et développée par les Pères, en Orient et en Occident. Mais avant d'examiner leurs témoignases, quelques considérations sur les rapports entre le sabbat et le dimanche, envisagés comme jours de culte, nous semblent nécessaires.
On ne saurait nier tout d'abord qu'il n'y ait une analogie parfaite entre le sabbat et le dimanche, en tant qu'ils sont l'un et l'autre (fr,s jours de culte hcbdomaclaire. On a vu ailleurs que la périodicité hel>domadaire du dimanche ne peut s'expliquer que par une imilation du sabbat. Hn outre, il est évident qu'une solennité générale comme le dimanche devait entraîner nécessairement avec elle la cessation i)lus ou moins complète «lu travail coutunnor, car la suspension du travail pénible, du travail manuel surtout, est de la nature même de toute fête générale, profane ou religieuse. Il en fut ainsi pour les anciennes fériés romaines "qui étaient par définition des jours de fête (orthographe primiti\e de
Fauslum, xviii, c. v, ibid., t. xm, col. 346; S. Léon, Serm., XLii, 5, P. 1... f. i.iv, col. 279. — • S. Augustin, Epist., ccxxxvi, 2, op. cit., et Epist., xxxvi, 27, 29, P.L., t. XXXIII, col. 148-149; cf. K. Kcssicr, art. Mani, Manicimer, dans la RealencyUloptidie de Ilniicli, t. xii, 1903. p. 212-213. — • N. 2, /'. G., t. xxviii, col. 840. — " Cf. Zahn, Skizzen, p.*371. — " Epist., xv, ad Turribium, c. iv, P. L. (rééd. Garnicr), t. Liv, col. 682. — "Cf. Matt., xii, 9-13 ; .Marc, m, 1-5; Luc, vi, 6-10; xiii, 10-17; XIV, 1-6; .Joa., v, 5-17; IX, 14-16. — " Mntl., xil, 1-8; Marc, II, 23-28; Lue, vi, 1-5: Joa., vu, 21-24.— "L'attitude de saint Paul ft l'égard du sal)bat n été expliquée plus haut (col. 894). Nous estimons du reste que l'épitreaux Hébreux est siibstanticllenicnl l'.vuvrc de cet npûtre. — "Hcb., X, 25;cf. xm, 10-15. — '•//>i</., m, 7-iv, u.— " Sur ces férics, voir C. Jiillian, Dicl. des antiquiti's grec, et rom. de Darembcrg et Soglio, t. ii, 2'' partie, art. Ferla.
leri.T : fesia-, d'où festus ») appartenant en propre aux dieux. A cet égard, le passage suivant de Macrobe est sianilioalif : Ad/irmabant aulem sacnrdoles polliii jerias, si indiclis tonceplisquc opas cdiquod fierel. Prœlerea regem sacrorum flaminesqite non liccbat videre feriis opus ficri, et ideo per pmconem denuntiabant, ne quid laie agerelar et prncepli negligens mullabatur '. Les jours de férié, 1 1 homme devai; aux dieux toutes ses actions, tous ses sentiments^ toutes ses pensées. Ce n'étaient pas des jours d'oisiveté {oltum), mais plutôt des jours de relàclie (qaies, rcquies), pour toute occupation purement liumaine. » .\ussi bien étaient-ils destinés « au trav?il religieux, à la prière, aux sacrifices, aux actes sacres. » Les deux cérémonies essentielles de la férié, celles qui se rencontraient dans toutes les fêtes, étaient le sacrifice d'une victime et le repas sacré inséparable de ce sacrifice '. Au point de vue qui nous occupe, les rapprochements entre la férié romaine d'une part, le sabbat et le dimanche de l'autre, sautent, aux yeux; mais y insister serait par trop sortir de notre cadre: nous y re\'iendrons du reste à propos de la législation chrétienne du chômage dcniinical. Chez les juifs, l'abstention des œu\Tes sers-iles n'était pas limitée au sabbat; elle était de rigueur à toutes les grandes solennités liturgiques, par exemple au premier et au dernier jour des Azymes '; à la Pentecôte ^; à la fête de la nouvelle lune ', au septième mois; à la solennité de rilxpiation •; au premier et au dernier jour de la fête des "Tabernacles ', etc. Il est clair que la suspension du travail en ces solennités avait pour but principal de faciliter la prière et la célébration du culte, et non pas de favoriser le bien-être matériel. La cessation du travail au jour de l'Expiation, jour de xji-mtence et de jeune, en est une bonne preuve. On peut dire d'ailleurs que dans IWncien Testament il n'y a pas d'institution humanitaire qui ne soit subordonnée à une lin reli- ".^ieuse. Démontrer toutelois que le sabbat était essentiellement un jour consacré à Dieu n'est pas du domaine de cet article : nous devons le tenir pour admis *.
Rète universelle des chrétiens et fête joyeuse, le dimanche amenait donc naturellement avec lui. comme le sabbat, la suspension des œuvres ser\iles. Il fallait cependant que les circonstances extérieures se prêtassent à l'établissement officiel de ce chômage, et de telles circonstances ne se rencontrèrent qu'à parlir de la paix de l'Église. Il importait aussi que les chrétiens ne fussent pas exposés à tomber dans le faux point de vue des juifs qui faisaient consister leur fête hebdon' :'laire dans un simple repos : soit que les chrétiens en vinssent quelque jour n introduire cet esprit dans l'institution du dimanche.soit que, ne pouvant chômer
le dimanche, ils jugeassent avantageux, avant la paix de l'Église, de profiter de la reconnaissance du sabbat juif dans l'empire reniain. Il y avait d'ailleurs devant leurs yeux l'exemple de ces judéo-chrétiens que saint Justin tolère '°, et qui combinaient encore à son époque les usages juifs, et notamment le sabbat, avec les usages chrétiens. Il y avait surtout l'influence judaïsante qui cherchait à s'exercer parmi eux, comme on le voit dans l'Église de Magnésie que saint Ignace d'Antioche met en garde contre l'adoption de l'observance sabbatique, c'est-à-dire dans un de ces milieux helléno-chrétien.s où le dimanche s'était implanté dès l'origine, à l'exclusion du sabbat.
Aussi les écrivains ecclésiastiques s'efforceront-ils de montrer que l'esprit du dimanche chrétien est avant tout un esprit d'activité religieuse, se manifestant par le culte rendu au Christ ressuscité en ce jour, tandis que le repos du sabbat n'ayant plus qu'une valeur figurative anagogique ou Iropologique, est, poi.r le temps présent, entièrement périmé. Nous distinguerons deux stades dans la pensée des Pères " : A. La condamnation du repos ou plutôt de l'oisiveté sabbatique, et l'interprétation de l'institution religieuse du sabbat. — B. L'obligation du culte hebdomadaire du dimanche prenant la place de l'obligation similaire du sabbat.
A. Ou bien les auteurs ecclésiastiques blâment l'oisiveté sabbatique des juifs (a) ; ou bien ils insistent sur le caractère purement figuratif du repos du sabbat {b): ou, enfin, ils montrent que le but principal du sabbat juif était le culte de Dieu et la méditation de sa loi (c).
a. « La loi nouvelle, dit saint Justin au juif Trjphon, veut que vous observiez continuellement le sabbat (ilïêSaTi^s.v (laî; ô za'.vo; voixoç î'.ï zavT'J; £((=À£'.)i et vous, parce que vous restez à ne rien faire une journée, vous croyez être pieux (/.i'. Oij.;?; a'av àpvojvTEç faÉcav ejîïSêïv Sozeïte). Vous ne réfléchissez pas au m'>tit pour lequel ce précepte vous a été donné ^-. • .\illeurs, dans le même dialogue ", il rappelle l'imprécation d'Amos (VI, 3), citée d'après les Septante : « Malheur à ceux qui... s'attachent aux sabbats de mensonge (rsT-VA-tM-i iiijfjGi-i), à ceux qui dorment sur des lits d'ivoire et qui vivent dans les délices sur leurs couches. » Plus loin, s'inspirant peut -être de la parole du Sauveur : ô -aTrjs 'j-cij É»o; ïiTi £pY^ï="^'î 'i";'^ i'f'i'^X,'jy-^'- (Joa., V. 1 7), il dit à 1 rjplion, aux juifs et o à tous ceux qui veulent devenir prosélytes » : » \'oyez les astres : ils ne se reposent pas, ne font pas le sabbat (où/, ip^cï o-jt\ saôSa- -i'^.i:) " Et aussi : ■ Parce que nous buvons chaud le jour du sabbat, ne croyez pas que ce soit si terrible Dieu administre le monde ce jour-là de la même ma-
' .liiUian, art. cit., p. 1012. — ' Macrobius, Sainrnalia, I. I c. XVI, n. 9, éd. F. Eyssenhardt, Lipsiae, 1893, p. 79. — " Jullian, np. ci/., p. 1042-1044. — ' Exod., xri, IG; Lev., xxiii, 7-8 Num., .xxvin, 18, 25; Deut., xvi, 8. — ' Num., xxviii 2ii. — 'Lev., XXIII, 24; Num., xxix, 1. — ' I,ov., xvi 29-31; xxiii, 27-32; Num., xxix, 7. — » Lev., xxiii, 39 Num., XXIX, 12, 35 (le 1" et le 8' jour). — ' Cf. ci-dessus, c.il. 899, note 2 ; voir aussi U. Z. Rule, OU Testament ins(i(ii(ions,p.412.L'idéed'un jourconsacré à lahvé et, pour ce motif, destiné à Ctre sanctifié est foncière dans la plupart des textes relatifs au sabbat. On sait que le quatrième comnii.nilemenl figure dans ce qu'on a appelé la première des doux tables de la Loi, celle qui contient les préceptes envers Dieu. Dans le code de l'.MÎiance, Exod., xxxiv, 11 sq., la présence du précepte sabbatique (v. 21) au milieu de lois cultuelles est sijmincative.bien que le précepte y soit énoncé sans référence au culte. K.vod., xxiii, 12, donne un motif qui ne cunceme que les animaux, les esclaves et les étrangers. L'étymolosie du mot hébreu sabbulh et de son correspondant babylonien jabbattu demeure incertaine. Voir, sur ce point, A. Condamin, dans Dicl. apologétique de la foi catholique, Paris, 191 1 , 1. 1, art. Babulone et la Bible, col. 382.
Quant à l'ancien saljbat babylonien, il n'était certainement pas un jour de chômage proprement dit, mais un jour de protection contre la colère des dieux, consacré à la pénitence, donc un jour sacré, il s'achevait, dans la nuit, par une ofTrande et des libations aux dieux. Voir Dhormc, Choix Je textes religieux assyro-babijloniens, p. 380: G. Schiaparelli. Astronomy in the OUI Ic'-tatrent ([mû. de l'italien avec corrections et additions de l'auteur), in-12, Oxford^ 1905, p. 175-178. Selon nous, l'insistance de l'Ancien Testament sur le repos du jour du sabbat doit être attribuée à la • dureté de cœur . des Israélites : la pratique du repos leur était fortement imposée afin que, par expérience, ils fussent amenés àen comprendre le but religieux. — '• Dialogue, xLvn,2.
■> ine étude complète sur l'attitude des anciens auteurs
ecclésiastiques à l'égard du sabbat serait sans proportion avec notre sujet; certains chapitres d'une telle étude y manqueraient du reste d'intérêt immédiat : ainsi l.i question de la non-ol)servation ou de l'inexistence du sabl)at n l'époque des patriarches. Nous ne voulons donner ici que des exemples caractéristiques et sufTisaniiiient probants, sans prétendre d'ailleurs A un dépouillement complet des textes patristiqucs. — " Dialogue, xii, 3. — " xxii. 5. — " xxiii, 3.
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nière que tous les autres '. » L'auteur de l'épitre à Diognàte traite de superstition (3£ia;5ai[j.ovia) la manière dont les juifs observent le sabbat, et déclare impie et calomnieux de prétendre que Dieu empêche d'accomplir en ce jour certains actes bons '. Saint Irénée, dans sa Démonslralion de la nrédicalion apostolique récemment découverte, écrit : « La loi ne commandera plus de passer un jour dans le repos et l'oisiveté à qui observe chaque jour le sabbat dans le temple de Dieu qui est son coeur ^ » A propos du sabbat et du dimanche, Eusèbe rappelle, comme saint Justin, que Dieu « objurguc par son prophète ceux qui se livrent, le jour du sabbat, à la satiété dans les aliments, à l'ivresse et à toute espèce de dérèglement, en leur disant : Vous vous appliquez à de faux sabbats (Amos, loc. cil.); et encore : Je ne supporte pas vos néomènies et les sabbats et le grand jour» » (Is., i, Vi). Le même reproche de débauche tigure chez saint Jean Chrysostome, qui fait remarquer très fortement que le sabbat n'avait cependant pas été donné aux juifs pour n'être qu'un jour de repos, et encore moins pour être un jour de laisser aller ^ D'après lui, le précepte du sabbat, bien qu'inclus dans le décalogue, n'appartient pas à la loi naturelle; aussi devait-il être aboh, et principalement en tant qu'il ordonne le repos, ainsi qu'il appert du contexte des différents passages auxquels nous nous référons '. Théodoret commentant Phil. m, 19 (wv 6 Oeô; r| xoiXU) raille la gourmandise des juifs, et la mollesse à laquelle ils se livrent le jour du sabbat : AtaçspovT'oç ot ' IrjuSaïrjr jtrjX>,riv TiO'.ouvxat xpooTÎ; lr.iu.i- ÀEcav, xal S xaioaJvTiÇ Spov vo[J.tîousi Tr,'' sv axoSiXTU) yXiS^v '. Pour le pseudo-Ignace, le sabbat juif est surtout un jour d'oisiveté (àpyÊfai; /a'prjvTsç) : on y mange et on y boit froid, on n'y peut parcourir à pied qu'une certaine distance; mais, d'autre part, on s'y adonne au relâchement corporel, à la danse, à une folle musique '.
En Occident, Grégoire d'Elvire fait porter avant tout l'abrogation de la loi du sabbat sur le repos de ce jour : sciant ludpei otium sabbali sui, quod longe olim jueral iussum, poslea sine crimine fuisse solutum '. Même manière de parler chez saint Jérôme, dans le Prologue ;i son commentaire sur l'épitre aux Galales; les pratiques juives que l'apôtre demande aux fialates de rejeter sont les suivantes : Omnia illa nuse in typis cl
• XXIX, 3. — ' Epislnla ad Diogneium, iv, 1, 3, éd. F. X. Funk, Opéra Pulrum aposiolicorum, t. i (18S7). p. 31t. — • N. 96, d'après la traduction des Texte und t'nlersiichimgen (t. XXXI, a, 1907) par les premiers éditeurs du texte arménien, p. 50. —• F.usébc, In P.?. u/, P. G., t. XXIII, col. 1169. — • S. Jean Chrys., De Lazaro, i, 7, P. G., t. xlviii, col. 972 ; cf. Ad Didiiam jimiorem, 3, ibid., col. 614. — ' Hom., xii, De statuts, n. 3, P. G., t. xlix, col. 131; Contra Anomœns, xii, 3, t. XLVIII, col. 806. (En guérissant le paralytique le jour du sabbat, le Clirist veut que la grandeur de ce miracle ■ supprime peu à peu en la minant l'obseroance du repos. ») Voir aussi les textes cités dans la note précédente. — ' P. G., t. Lxxxii, col. 584. — ' Ejiist. ad Magnesianos, ix, 3, éd. F. X. Funk, op. cit., t. ii (1881), p. 86-88. — • Tractatus Orlgenis de libris .SS. Scripiitrarum, éd. P. BatilToI et A. Wilnaart, Pai-is, 1900, tract. VIII, p. 89. Sur l'olium sabbati voir ibid., p. 90-95, soit la fin du même Iractatus. —" P. L., t. XXVI, col. .334.- " In Is., lui, 12, P. L., t. xxiv, col. 532; et Lvi,2, ibid., col. 559. — " Serm.. ix,n. 3, P. /.., t. xxxviii, col. 77. — '" Enarratio in Ps. \x\ll, n. 0, P. /,., t. xxxvi, col. 281 ; cl. £nar. m P.<i. Ac;, n. 2, P. I.., t. xxxvii, col. 1172.
— " In Joannis enangelium, tract. III, n. 19, P. L., t. xxxv, col. 1404. — " Epist., xxxvi, n. 23, P. L., t. xxxin, col. 147.
— " Conira Fauslum nianich., 1. XVIII, c. V, P. L., t. XLII, col. 346. — " Ibid., 1. XIX, c. ix, col. 3.53. Cf. S. Hllairc, Detitulo psalmi .Vf,7, n. 1 et 10, Corpus de Vienne, édition A. Zingcrlc, p. 345, 12; 353, 21. — "On peut ajouter ici le témoignage du pseudo-Uufln (Julien d'Eclane, croiton). In Oseam. il, 11, P. /.., t. xxi, col. 970 : d'après cet auteur, le prophète annonce que les réjouissances excessives des ICtes, et particulièrement du sabbat, cesseront
imaginibas pnecesscrunl, id est, otium sabbati, citcumcisionis injuriam, kalendorum et Irium per annuni solemnitatum recnrsus, scrupulositatem ciborum, et per dies singulos lavacra ileruni sordidonda '°. Dans son commentaire sur Isaie, le même docteur fait allusion par deux fois à la licence et aux excèi du repos sabbatique des juifs ". Saint Augustin revient à plusieurs reprises sur les mêmes débordements, et dans des termes analogues : Dicilur tibi ut spiritaliter observes sabbatum : non quomodo Judœi observant sabbatum carnali otio; vacare enim volant ad nugas nique luxuiias suas '^... . — Observa diem sabbali, non carnalitei; non Judaicis deliciis, qui otio abutuntur ad nequitiam. Melius enim uiique tola die foderenl, quam Iota die sallarent "... — Judœi enim serviliter observant diem sabbali, ad luxuriam ad ebrielatem^*... Les expressions carnale otium (cf. supra), carnalis vacatio '^, sabbatorum otium '", sabbali otium ", reviennent souvent sous sa plume à propos du sabbat, et l'on verra plus loin que c'est princip.ojement, sinon uniquement, sous le rapport du repos et de l'oisiveté qu'il envisage l'abolition de cette institution ".
b. Pour les Pères, en général, le sabbat juif n'était autre chose, conformément à l'enseignement de l'épitre aux Hébreux, que la figure du repos éternel (a) où le Christ, par sa mort et sa ré.surrection, devait nous faire entrer (|3). L'abstention du péché est. de notre côté, la condition de ce repos (y); la paix du caur ou de la bonne conscience en est, dès maintenant, l'a vant-goùt ou leprélude(o). Le développementtradilionneldeccs idées doit être brièvement indiqué, afin qu'on puisse se rendre compte, d'une manière suflisante. de leur universalité.
a. Le sabbat ligure du repos élerncl. — Nous avons déjà cité, à propos du « huitième jour », les témoignages du pseudo-Earnabé et de Clément d'.Mexandrie sur ce sujet": le sabbat est pour eux l'annonce prophétique de ce « huitième jour » qui désigne le repos de l'éternité. Il n'importe pas ici que d'après le milléninrisme, auquel se rattache le premier auteur, le sabbat ou sei)tième jour figure proprement le repos du règne de mille ans, et le huitième jour le repos de l'éternité, puisque le règne de mille ans inaugure réellement ce dernier repos. Pour le pseudo-Barnabe, du reste, le huitième jour est notre vrai sabbat (xv, 7-8)'°. De la sorte, le sablât annonce ù la fois le septième millénaire et le huitième jour sans fin. A ce point de vue particulier, TerUillien "',
avec la captivité... jeriarum tempora captioitas occupabit, sabbali otia labor œnimnosn' servitulis iinplebil. — " Col. 880 sq. — " Cf. ibiJ., xvi ,6 : > Rcclierclions donc s'il existe encore un temple tie Dieu. Il on existe un sans doute, mais \^ où lui-même déclare le bfttir et le restaurer; car M est écrit : ■ Et il arrivera qu'après la semaine écoulée un temple de Dieu sera bâti magnifiquement au nom du Seigneur. » L'auteur cite ici, probablement, l'apocalypse des semaines du Livre d'Hénnch, xci, 13; cf. iltid., xr, 29, éd. François Martin, Paris, 1906, p. 246, 232. Voir aussi IV Esdras, vu, 31 : El erit post dies sepleni, et cxcilabilur quod nondum nigilat sa'culum, et mnrietur corruptuni. Cf. G. H. Box, The Ezra-Apocatypsc, London, 1912, p. 119, 336. D'accord avec ces deux témoignages, le temps qui vient « après la semaine écoulée • dans le psci»lo-Harnal)é doit désigner l'Age futur, bien que la semaine d'Iléuoch ft laquelle il semble se référer ne soit que la Viuitièmc des dix auxquelles succède le grand jugement : les trois dernières semaines en elTet sont la préparation immédiate de celui-ci, qui a lieu, du reste, dans la > septième partie . de In dixième semaine. — " De anima, c. xxxvii, P. L., t. n, col. 7r>8 : pur comparaison avec /Irfu. Marc, m, 24, P. I..,ibid., col. 385, ce passage parait vouloir indiquer que le sabbat, ligure du septième millénaire, est l'augure du huitième jour sans fin ■ do la rôsurroclion, du repos et du royaume >, où le siècle présent étant consommé il n'y aura plus de naissance. Ce jour de repos déllnilit est l'Ogdoodc : Iden oniIii(j.N nos non créât : ttmc enim nuptiiv non criint. Sur l'Ogdoade, cf. supra, col. 881, et comparer Clément d'Alexandrie, .Slroniales 1. VI, c. XVI, P. G., t. IX, col. 365-308 (Sliihlin, t. il, p. 502- .504);VIl,c. x.ffcfrf., col.481 (Stiihlln, t. m, p. 42,11g. 11-1.%].
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l'auteur du De jabrica muncli ', Lactance ', Grépoire d'Elvire'. saint Éphrera ♦, Julius Hilarianus ', Hésychius • sont dans la même ligne de pensée. 11 n'est pas impossilile qu'il en soit ainsi également pour l'auteur de la Didascalie, là où il montre aux juifs convertis que le premier jour de la semaine doit être placé au-dessus du sabbat : In'crrogamus vos ergo. leur dit-il, quid prias sit. Aie) an Tau? Qund enim mains (ici commence l'ancienne version latine que nous citons) est, principium ssecali est simililer per Moijscm Dominus Deus dicil : « In prinripin [ecitDens ceelum et lerram; terra uulcm eral inoisibilis et incomposita » Et post /lar infert et dicil : > El lactus est dies unus » necduni seplimo niani/fislato. Quid ergo maius esse suspicanms, id, quod iam factuni est cl nec speratus, quia futurum est?... Ut aulem vos confirmemus in fide, audite. si prima dics et novissinia sequales sanl. Quomodo? I laque discite: inrenielis scriptam qnoniam » dies Dornini ul mille anni : dies heslernus, qui Iransiil cl cuslodia noclurna .> Dies unus ergo mille anni in regnn Christi, in quo et iudicium eril... Il est dit du reste dans l'Écriture : a Ecce facio prima sicul nooissima sicul prima, n el: r Erunl novissimi primarii et [ primarii novissimi... » Sed ipsum sabbatum inlra se '. cum resuppulalur, sabbalum ad sabbatum, fiunl oclo dies; octava igilur, quœ super sabbalum est, una sabbati. ' Quant au repos post sex dics. Dieu ne l'exige pas plus de ; nou5 que des patriarches avant Moïse; lui-même continue, le jour du sabbat, son travail qui consiste à gou- j verner le monde Scd hœc ad tempus ad formœ simitiludinem Jucla sunt: nani et hoc similitudo est septimanœ : requielioni3,septimammillesimum annum signiflcans'. La juxtaposition dans ce passage du septième mille- I naire figuré par le sabbat, et du jour octnve qui lui ] succède en faisant revenir le monde au premier jour de la création où la terre était « invisible i, semble per- , mettre le rapprochement que nous avons indiqué cidessus. I Pour Ie.s auteurs opposés au millénarisme, les six j jours de la création figurent seulement la durée du siècle présent ou les six âges du monde, et le septième jour, celui du repos de Dieu, l'âge futur ou le repos de l'éternité. Ainsi fait Orieène, à pro])os de la manne recueillie le sixième jour : Sexlus dies est ksec in qua nunc sumus vita : in sex enim diebus Dominus fecil hune mundum. Hac ergo die lanlum reponere et recondere debemus, quantum sufficiat et m Juluro die '; et au sujet de
Gen., II, 2, opposé à Joa,, v, 17 : Eril ergo verum Sabbalum, in quo rcquiescel Deus ab omnibus opcribus suis, sxculum fulurum, lune cum aujugicl dolor, et Irislitia cl gemilus, et eril omnia et in omnibus Deus. In quo Sabbalo concédai eliam nabis Deus diem feslum agere secum »... Le millénarisme de saint Hippolyte n'est pas évident '°. En tout cas, il faut, d'après lui, que le monde dure six jours de mille ans avant que vienne le septième jour, le sabbat ou le repos des saints : to siîôaTov f, xx- -xr.x-j^::, f, x-fix f,jj.épa, év r; « /.x-ér.x'j'ji/ • 6 0;o; i XT.6 Tzx'nu)/ Tùiv 'îpYtov aÙToiî, wv f;"p?aTO t.o'.v.j. a To sâÇôa- TCiv TÛTtoç laxlv y.a\ eîxwv tî;; (ji£W,oûiïir|Ç pao'.).€Îaç tôjv xfimf, f,v:xa <rj|jL€aaiÀ£jaoja;v Toi Xf.5T(S ". Saint Augustin après avoir favorisé un instant le millénarisme dans son sermon cclix, où le septième jour de la semaine figure le règne terrestre de mille ans, et le huitième jour le repos éternel " s'est ensuite formellement repris ". Désormais, pour lui, le sabbat est l'annonce prophétique du repos sans fin qui sii>ra les six âges du monde ", ou la figure du septième âge postérieur au jugement dernier '•, qui est l'âge de l'éternité, la consommation du siècle présent "; ou le matin du jour éternel qui n'a pas de »oir, car il se continue par le jour dominical qui est « comme un huitième jour sans fin ". s, De ce dernier texte de saint .\ugustin il convient, semble-t-il, de rapprocher celui-ci de saint Jérôme sur Ézéclilel, xx, 11-12 : Ergo sabbalum cl circumcisio in signum data sunl veri sabbali cl vene circumcisionis: ul scicunus nabis in perjccto et atcrno sabbato requiescendum a sœculi operibus, tt non pncpulium sed cor circumcidamus. Unde in sex diebus opérantes, die seplimo requiescimus, ul nihil aliud die ac nocte faciamus, nisi omne quod vivimus, deberi Domino noverimus, et redeunle hebdomade, lotos nos ejus nomini consecremus, ul per sancli ftcationem diei, recordemur Dornini qui sanclificat nos ". .Saint Jérôme, en effet, n'en\isage ici le septième jour et le retour de la semaine, c'est-àdire le huitième jour, que par rapport à l'éternité. On trouve le même sens typique du sabbat et de la semaine dans l' Ambrosiaster ".
Saint Jean Chrjsostome expliquant Hebr., m, 11, écrit : Tl; ouv ii-:-/ i/,),!) y.x-x-xj'j:;, iÀÀ' rj ^xiù.êia twv ojoïvûv 7,; E'xàiv /.ai -j-rj; Iîti to SâôSaTov '". Pour saint Grégoire de Nysse, la parascève est l'image de cette vie, et le sabbat, du repos qui suivra la mort : IlaoEX- OovT;? Tr,v "OU fj'O'j TOUTOU ~x px'jy.t\iT\v , âv TT] u.£ti OàvaTov
' p. L., t. V, col. 308-309. Cf. la recension longue du coramentaire sur l'Apocalypse de Victorin de Pettau, ibid., col. 332 ; Per quod (l'ouverture du septième sceau causant un silence d'environ une heure) stgnificatur initium qitielis œterme : sed partent intcUexit. — ' DUiin. instit., 1. VII, c. XIV, P. L., t. VI, col. 781-7S3. — ■ Tractatus, éd. cit., p. 94. En dépendance probable de ce passage, voir aussi Évagrius, .Allercalio legis inler Simonem iudn-um et Theophilum ctiriitianum, m, éd. E. Bratkc, Vindobonœ, 1904, p. 50; cf. p. 6.^. — * Adnersus scrutatores, Serm., vi, op. syr., t. m, Romx, 1743, p. 12-14 ; Explan, in Cenesiin, c. i, op. syr., t. I, Homx, 1737, p. 20 ; cf. Explan, in librum ludicum, c. XIV, ibid., p. 325. — 'De mundi duratione. xvni, P. /.., t. XIII, col. 1106. — • P. G,, t, XXVII, col. 685. CI. supra, dans cet art., col. 883. — 'F, X. Funk liidasealia el Constituliones apostoiorum, Paderborn, 1905, t. i, 1. VI, c. xviii, p. 360-364. — • Hom., vu, m Exnd.,5, P. (/., t. xii, col. 316. Mais, ibid., "col. 345, on voit que le huitième jour ou premier de la semaine, qui fut celui où la manne commença ;^ tomber, fiiîurc le dimanche où le peuple clirétien est nourri de la parole de Dieu. Il n'est pas douteux qu'Ori- Rène n'ait ici en vue in doctrine cvanséliquc ou les écrits de la nouvelle alliance, puisque dans le contexte il montre la supériorité du dimanche chrétien sur le sabbat juif. \>n sait, du reste, que le symbolisme da huitième jour a pour point de départ la résurrection du Christ au lenilemain du septième jour. Cf. supra, col. 880. — ' Hom., xxiii, in Sum., 4, P. 0., ibid., col. 750. — " Cf. Capita contra Gaium, vu, Bonwctsch et .Achelis, liippolytus Werke, Lcipzic, 1897, t. i, 2, p. 247, on les mille ans d'Apoc , xx, 2, 3, paraissent
j considérés comme un nombre parfait, de durée indéhnie. —
I " Ibid., t. i, 1, In Danietem, c. .xxiii, p. 242-244. Voir aussi
I le c. XXIV. — " N. 2, P. L., t. xxxviii, col. 1197. — '» Voir
I sa rétractation : De civ. Dei, lib. XX, c. vu, 1, P. L., t, XLi,
I col. 667, — " Serm., cxxv, n. 4, P. L., I. xxviii, col 692. Le
1 sixième âge commence h la naissance du Christ : voir le
j contexte pour l'énumératlon des six â?es. — " De Genesi
conlra manicbœos, lib. I, c. x.xii et xxiii, P. L., t. xxxiv,
col. 189-193. — '• Conlra Adimanlum, c. ii, n. >, P. 1..,
t. xLii, col. 132. — " De ciu. Dei, I. XXII, c. xxx, n. 5,
1 P. /.., t. xi.i, col. 804 : IIivc tamen septima (ains) erit sabba-
j ium noslrum, cuius finis non eril nespera, sed dominicus dies
velut oclavus alernus, qui CItristi resurrectione sacratus est,
alernam non solum spirilus, verum eliam corpori.'< requiem prœ-
I figuraivi. — "Com. in Ezecli.. 1. VI. P. /.., t. xxv, col. 190
1 (rééd. Gamier). Pour l'interprétation de ce passage, voir
I id., in Isaiam, Lvi, 2, P. L., t. xxiv, col. 559 : E^iciamur
cum eo (Deo) unus spirilus, impteamusque sabbata dedicala
(ou : delicata), ne simus de sex diebus, in quibus lactus est
I mundus, de quibus apostoU non erant... CI. ibid., lvui, 13,
I col. 595 b : ut tola die ac nocte seiiens in Sabbalo... d. Iste
I célébrât sabbata Domini delicata... Cf. id.. Ado. Jovin. Il,
25, P. L., t. xxm, col, 337, — " Oii.rsliones, éd. A. Souter,
I Vindobonnc, lOCI&.Appendix «u.rsd'onuni, p, 428-129: Fulari
cni//t sabbali, quod in frternis dabit requiem, figura est Jiocsab-
balum quod in hebdomadam impletam factum est. — •• In
Epist. ad lleb., c. iv, hom. vi, n. 1, P. G., t. Lxiii, col. 55;
cf. col. 54. Voir aussi, dans le même sens, saint Cyrille
d'Alexandrie, Iloniilia pasctialis, vi, P, G., t Lxxvii,
col. 529.
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à-pafi'fï -fEvwaeOot '. Les passages où saint Augustin considère le sabbat comme la figure du repos éternel, indépendamment du symbolisme de la semaine entière (comme précédemment), sont trop nombreux pour que nous songions à les citer. Nous nous contentons de renvoyer en note à plusieurs de ceux-ci '.
Mais ici une remarque s'impose sur l'attitude de saint Augustin vis-à-vis du sabbat : partout où il parle de l'abrogation de cette institution de l'ancienne loi, il la considère exclusivement comme un jour de chômage ou de repos corporel; et, aussi bien, il ne l'envisage comme pré figurative de la nouvelle alliance que par rapport au bien-être spirituel de l'àme ou au repos éternel complet, fruits, l'un et l'autre, de la rédemption. Cette doctrine relève, en droite ligne, de celle de i'épitre aux Hébreux et, ne serait-ce que pour cette raison, on ne peut soupçonner Augustin de se livrer ici ,à un pur exercice d'allégorisme. C'est d'ailleurs ce qui ressort de son interprétation du troisième (Bible : quatrième) commandement du décalogue sur le sabbat. Pour lui, les chrétiens n'observent plus selon la lettre les préceptes qui annonçaient le Christ et dont celui-ci a réalisé la promesse, en leur donnant leur signification vraie et permanente '. Or, parmi les commandements du décalogue, le troisième seul est de ce nombre : il est figuratif et signifie pour l'homme le repos spirituel qui a son terme dans l'éternité : Observare lumen diem sabbati non ad liltcram jubemur, secundum otiam ab opère corporali. sicul observant Judœi: et ipsa eorum obsenndio qux ila prœcepta est, nisi aliam quamdam spiritalem requiem significel, ridenda judicatur. Vnde non inconvenienter intelUgimus ad amorem excitandum, que ad requiem tendimus, valere omnia quœ figurate in Scripluris dicunlur; quandoquidcm id solum in decalogo ftgarale prœcipilur. ubi requies commendatur, quœ ubique amatur, sed in solo Deo r.erla et sancta invenitur *. Saint Augusdn énonce trois fois ce principe dans un seul passage du De spiritu et lillera (an. 412) =. On retrouve le même enseignement dans les Qaœsliones in Heplaleuebum (419) *, et enfin dans le Contra daas epistolas P/'lagianorum (420) où il est montré que le décalogue s'impose toujours à nous selon sa lettre, excepta sabbati ohscTvalione carnali, quœ spiritalem sancti/icationem quietemque signiftcat '.
.\u surplus, cette doctrine est traditionnelle. Elle est
' De rila Moysis, P. G., t. XLIV, col. 309 (cf. De /nbrica immdi, P. L., t. v, col. 305 : la parascève est la préparation du rèï;ne millénaire). ^Tais pour .S. Grégoire de Nazianze io nomlire sept il^nre le temps de cette \ie, et le nombre huit l'éternité qui la suit. Ora/., XLIV, 5, eit, supra. — 'Serm., III, n. 8, P. L., t. xxxviii, col. 37: Serm., ix, n. 3 et 13, ibid., col. 77, 85; Serw., xxxiii, n. 3, ibid., col. 208; Serm., ccLi, n. 5, ibid., col. 1170; 5erm., ccrxxxii, n. 28, P. L., t. xxxix, col. 1631 ; Epist., lv, n. 19 et 20, P. /.., t. xxxTii, col. 213-214 ;Conlrn .4((imaii(iim, c. xvi, i6id.,l. xui,col. 157; Contra Faustum, lib. VI, c. iv, ibid., col. 230; lib. XVI, c. XXVIII, col. .331; De Genesi ad lilleram, lib. IV, n. 16, P. ;.., t. xxxiv, col. 302. — ' Ciinlra Faii.îfrim, 1. XIX, c. xviii, P. J.., t. XLii, col. 359, dans une interprétation générale du décaloî;ue où Augustin ne considère le sabbat que sous le rapport du repos. I.e sabbat que les chrétiens observent est celui qui leur fait comprendre quel est le véritable repos : le repos que leur donna le (.'.lirist en accomplissant ainsi la figure de la loi. ■ — ' }'pist., lv, ad .laniiarium, n. 22, P. /... t. xxxiii, col. 214-215 (lettre écrite vers 40)). — » N. 23, 24 et 27, P. I.., t. XLiv, col. 215 : In illix iniliir dcrem pnrreplis, c.rcepta sabbati observatione, dicattir miln qiiid non sit obsernandum a clirisliano... ; col. 2IG : An vera proptcr unitm pneeeplitm quod ibi de ."iabbalo est positum, dictas cul decalogus littera occidens, etc.; col. 218 : Quod in ler/e, qun' daabas lapideis tabitlis conscripta est, soliini inler vêlera in ambra pgttra' posilum est, in qua Judœi sabhutuui observant, eic. — ' Quœsi., I. II, cLXxvii, P. L., t. xxxiv, col. (i.îô-C.5fi. — ' T.. III, e. iv, n. 10, P. /.., t. XLiv, col. 5ÎM. — ' îlnin., xii. De statttis,n. 3 précé:l''ninicnt elle.
impliquée dans les autres textes sur le sabbat précédemment cités. Elle s'exprime plus formellement chez des auteurs appartenant à des milieux divers comme saint Jean Chrysostome ^ V Ambrosiasler ", saint Éplirem '». Et l'on chercherait en vain dans les écrits d'où proviennent tous ces témoignages une allusion à l'idée que le repos sabbatique est préfiguratif du chômage dominical et le précurseur de celui-ci. Rien de plus contraire, en effet, à la manière dont ces écrivains conçoivent l'abrogation du sabbat. On comprend mieux, dès lors, qu'un apologiste du ii' siècle, comme Théophile d'Antioche, ait complètement passé sous silence le précepte relatif au sabbat, en énuniérant les commandements du décalogue". Ajoutons que l'analogie à laquelle nous faisions allusion à l'instant n'eut pas jusqu'à la paix de l'Église, et assez longtemps après, de fondement solide dans les faits : on le verra plus loin ^-.
[i. Le Christ notre sabbat. — D'après Ori.gène, l'ancienne alliance s'achève avec le jour du sabbat que le Sauveur passa dans le repos du tombeau. Ce repos du Christ perpétué hors de la tombe par sa résurrection, gage de la nôtre, est le commencement de notre repos ". Saint Épiphane reprenant la même idée la précise en ajoutant que ce dernier repos consiste dans la délivrance du péché '■'. Et lorsque le Fils de l'homme se déclare le maître du sabbat, et s'affranchit de ses liens, il nous donne, dit-il, « le grand sabbat qui est le Seigneur lui-même, notre repos sabbatique » : xo ;j.£y* lIâ66aTQv, OTZzQ ka~l a-jTÔ; ô Kûp'.o;, fj àvânauj'.ç f,u.t5v xat I 6 SotooaT'.îarj; '5. La même conception se retrouve chez saint Grégoire de Nysse, au sujet du s;unedi saint'". I Saint Cyrille d'Alexandrie applique ce symbolisme au temps de l' Incarnation : le sabbat, comme jour de repos, annonce l'âge de la nouvelle alliance qui a été inauguré ici-bas par le Christ, et qui doit se consommer dans ce repos de l'éternité dont parle I'épitre aux Hébreux à I propos du sabbat ". Cet âge est aussi figuré par le huitième jour, celui de la résurrection, qui, commençant une semaine nouvelle, représente un retour à l'ordre paradisiaque primitif et la fin de l'ancienne alliance". Saint Augustin note le parallélisme qui existe entre le repos de Dieu au septième jour de la création et le repos du Christ au tombeau le jour du sabbal. pour indiquer ensuite, d'après saint PauURom., vi, 4), que noire véri-
Saint Jean Chrysostome mon tic que le commauilcnicnt du repos sabbatique n'appartient pas à la loi naturelle, au contraire des commandements tie ne point tuer, do no point voler, de ne pas se livrer à la fornication. C'est iiouiquoi Dieu, dit-il, ne donne pas le motif de ces derniers coniniamienients, tandis qu'il le fait pour le sabbat. Kt bien noter que saint Chrysostome n'envisage ici que la cessation des travaux ou le repos de ce jour : v.xi zr,'i alTÎxv iT.r^yxyi -f,; àpyi'a;, etc. — ' Quirsliones, éd. A. Souter, c. xliv,9, p; 77; c. lxix, 3, p. 119, et 4, p. 120; cf. c. Lxxxii, p. 139 et le passage de l'appendice des Quasiiones, cité col. 922, note 19. — '" .4'(i)er.si(s scrutniores sermones très, serm. i, op. sijr., t. m, )). 186-188; voir aussi Oripéne, Com. in episl. ad nomanos, it, 9, où l'auteur exclut le sabhat de la loi naturelle qui comprend les autres commandements allégués hriéveuient dans ce passage, P. G., t. xiv, col. 892 ; saint Cvrille d'Alex.. In Isaiam, 1. V, t. m, P. G., t. lxx, col. 1245.— >' .4</ .\utoUiram, 1. II, 35; 1. III, 9, P. G., t. vi, col. 1108 et 1133. — "Parmi les auteurs anciens qui envisagent le sabbat comme la figure du repos ('•ternel, il faut aussi compter S. Ililairc, De litalo psidmi \''l, n. 9 et 10, P. /.., t. IX, col. 490-500. — " In ./on., il, 27, P. G., t. xiv, col. 172- 173. — " //ht., viii. n. G, P. G., t. xi.i, col. 213; ibid., xxx, n. .32, col. 4()8. — " Il.-vr., lxvi, n. 81. P. G., ibid., col. 105. — '* In sanclua} P(i.sr/m, orat. i, P. G., t. XLvi, col. 001. — " De udoratione in spiritu et vrritate, I. VII, p. G., t. Lxviii, col. 495; ibid.. 1. X, col. 081 ; 1. XVI, col. 1012; cf. Glaphiira, in Exodum, 1. Il, P. f;., t. i.xix. cul. 4011. — '" De ndn. ralione...,\. XVI, ibid., col. 1108-1109; 1. XVII, col. 1121-
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table repos a son point de départ dans le baptême qui nous ensevelit avec le Christ, et sa condition dans les bonnes œuvres d'une vie nouvelle '. Citons encore ce passa^'e de saint Grégoire le Grand : Nos ilaquc hoc qaod (le Sabbalo scriplum est, spiritaliter accipimus, spiritaliter tfiifmus. Sabbatum eiiim reqiiies dicilur. Verum aalem Sabbalum ipsum rcdcmplorem nnstnim Jesum Christum habemus ''.
Y- l-'abstention du travail au sabbat, figure de l'abstention (lu péché. — Cette figure est présentée fréquemment par les écrivains chrétiens du W aux V-vi' siècles et il est frappant qu'elle le soit à l'exclusion de tout rapprochement avec le chômage du dimanche. C'est peut-être une des meilleures preuves que lés Pères de cette époque n'établissaient aucune relation historique entre le repos de ces deux jours, même à partir du moment où le repos du dimanche fut oUiciellement admis. — Après avoir reproché aux juifs de ne pas comprendre la raison pour 'aqueile le sabbat leur a été donné et, en conséquence, de s'y livrer à l'oisiveté, saint Justin écrit : « S'il }' a parmi vous un parjure ou un voleur, qu'il cesse (;:av)ax(j6oj) ; s'il y a un adultère, qu'il fa;se pénitence, et il a observé « les sabbats de délices « (cf. Isaïe, lviii, I.'i), les véritables sabbats de f3ieu '. » Saint Irénée, d'autre part, semble avoir suggéré le premier que l'œuvre servile, prohibée par la loi du sabbat, est l'image du péché : Et Siloa ctiam sœpc Sabbatis curavil : et propter hoc assidebant ci [Chn.tto] muUidieSabbatorum. Conlinrre enim j abcbateos lex ab omni opère, srn'ili, id est ab omni avaritia, ijna' per negotiationem et rcliqno ada agilnr "... Cette e.xégèse a probablement sa source dans la traduction des Septante pour Exod., XII, lii'', oii on lit au sujet du premier et du septième jour des .\zymes : Ilàv 'Épyov Àatpsutov où -.0 rlii-i èv aù-a?;, izXri'i osa r:o:rfir'flî~a'. -dir] '!/\>yr\, toSto jjiovov !:oiT|9rj!îETa'. Cijitv, tandis que la seconde partie de ce membre de phrase signifie dans le texte original : « Vous pourrez seulement préparer la nourriture de chaque personne ^. » C'est du moins ce qui ressort de l'emploi fait par Tertullien de cette traduction des Septante. Dans ï Advenus Juditos il amalgame ce passage ainsi traduit avec le quatrième commandement du décalogue (Exod., xx, 8), pour conclure à l'oblig.Uioii perpétuelle du sabbat spirituel, rœu\re servile étant ce qui nuit aux intérêts de l'àme ; « Mc-
j menio dicnx Sabbalorum ; sanclificate eum. Omne opus seroile non jacielis in eo pru-lerquam qaod ad animant perlinet. » Vnde nos inlelHgimiis magis snbbalizare nos ab omni opère servili semper debere, et non tanlum seplimo quoque die, sed pcr omne tempiis '. Dans VAdversiis Marcionem il applique le même passage au sabbal juif ' : « Non faciès », inquit, « omne opus in ea, nisi quod fiel nmni animée », id est in causa anima; liberandic, quia opus Dei etiam per hominem fieri pntesl in salutem cmima; a Deo lumen ». Cette explication se ramène à la précédente, bien que la locution opus servile n'y figure pas expressément. De là à conclure que « l'œuvre servile » désigne le péché en général, il n'y a qu'un pas. C'est ce que fait Grégoire d'Elvire en appuyant son interprétation sur un texte de saint Jean qui en est devenu la preuve classique : le sabbat véritable ou « éternel » — par opposition au sabbat « temporaire • des juifs » — • consiste dans l'abstention du péché, de sorte qu'une vie innocente est un perpétuel sabbat, un jour unique, qui fait penser à ce jour de mille ans dont parle le psaume : « Mille anni lanquam una dies ar.le oculos tuos. Domine, quœ pruieriit » (Ps. lxxxix, 4). Ac proindc scplimum millesimum annum seplimum di(m Dow.ini, id est verum sabbatum, esse nulla dubilalio est. El hoc crit sabbatum... in quo nu'lum opus servile id est nullum pcccalum, homo in regno Dei faciurus est. quia II qui peccolum », inquil, <• facit ."ervus est peccati » (Joa., vin, 3 !) '". La même explication, appuyée par ce texte évangélique, sera reprise et répétée comme ^ plaisir par saint Augustin : .Nos sabbatum spirilaliler observamus, si non faciamus opéra servilia... Quia oulem spirilunlia vull inlelliqere opéra .lervilia, audiat Dominum dicentem : Omnis qui facit peccalum, servus est peccati, etc. ". Saint Jérôme fait aussi usage de cette interprétation '^ Citons encore parmi les auteurs qui voient dans le chômage sabbatique la figure de la cessation du péché : Clément d'Alexandrie ", Origène ", Aphraate '', saint Éphrem '% saint Épiphane '", saint Grégoire de Xjsse '% ioint Jean Chrysostome ", saint Cyrille d'Alexandrie -", saint Grégoire le Grand *'.
8. Le sabbal, figure du repos actuel de l'âme. — ■ L'éloignement du péché établit l'âme dans le repos de la bonne conscience, le sabbalum cordis, qui prépare et conduit au repos ou sabbat de l'éternité. Cette idée a été spécialement développée par saint Augustin ^^ On
■ DeGenesi ail lilk-ram.l. IV,n.'24; cf. n.21,P. L.,t. xxxiv, col. .'50.'), 304. Voir aussi Serm.. CLXix, n. 3, P. L., t. xxxviii, col. 916 : Finitiir .scp/inni.s (dies) Dominas scptdttts : reditur ad primiiin. Dominas resiiscitaias. Domiiii enim resuscitatio promi.sit nobi.-; ivlerntim dient, et consecravit nobis dominicum diem. — ' Episl., I. XIII, i, P. /.., t. i.xxvii, col. 1253. Voir en cotre Tertullien, Adu. lud., vi, P. L., t. II, col. 648, qui représente le Christ comme le pontife du sabbat éternel. — ' Dial., xii, 3. — ' Contra luer., IV, VIII, 2, P. G., t. VII, col. 994; cf. ibid., xvi, 1, col. 1016, A propos du sabbat que les chrétiens observent spirituellement : el abstinentes ab omni avaritia. — ' Les Septante lisent ntL'"^ au lieu de Sd>\*- — ^ Adv. Ind., iv, P. /,., t. ii, col. 644 (rééd. Garnier). — ' Tandis que dans l'Exode il concerne seulement le premier et le septième jour des azymes. — " Adu. Marc., iv, 12, Corpus de Vienne, t. XLvii, pars III, 1906, éd. E. Kroymann, p. 4,ï.5; P. /,., t. n, col. 414- 41,'>; cf. IV. 30, ibid., col. 406. — ' 7 rncf. Origenis, M. Batiffol-WilMiart, traci. VIII, p. 91. Gréi?. d'Elvire dépend ici de 'l'ertullien, .4 (/»./!»/., c. iv, P. L.. loc. cil.; la suite de ce chapitre a d'ailleurs été utilisée dans la partie antérieure du même Iractatns, p. S8 sq. — " Ibid., p. 91. — " Serm.. xxxiii, n. 3, P. L., t. xx.xviii, col. 208. Voir en outre ; Enurraiio in Ps. .\XXII, n. 6, P. /.., t. xxxvi. col. 281 ; In Joliannis Hnangciiam, tract. III, n. 19, P. I.., t. xxxv, col. 1404; tract. XX, n. 2, ibid., col. 1556; tract. XI.IV, n. 9, ibid., col. 1717. El sans référence ■'i .Ion., vin, 34 : De spirilu et litlera, c. xv, n. 27, P. I.., t. xi.iv, col. 218. — " In Isniani, i.vi, 2, P. /.., t. xxiv, col. 5.59. Cf. ibid., Lviii, 13, col. 595-596 où utilisation des Septante pour Exod., xii, 0. —
" .Stronu, IV, in, P. G., t. viii, col. 1220; ibid., \ï, xvi, P. G., t. IX. col. 364; éd. Stalilin, t. ii, p. 251, 501. — ■« Sclecta in Exodam, P. G., t. xii, col. 2S9. — '* Apbraatis sapientis pcrsw demonsiraliones, deni. xiii. n. 13, éd. J. Parisot, !"aris, 1894, t. i, col. 569-572. — '" Ilymni et scrmones, éd. J. I.aniy, ÎMalines. 1882, t. i. col. 542. — " //,iT., xx.x, n. .32, P. G., t. xi.iv, col. 4ti8. — " llom., vu, m Ecclesiaslen, P. G., t. xnv. col. 716. — " In Malt., hom. xxxix. al. xL, n. 4, P. G., t. Lvii. col. 437. Passage ù rapprocher des deux textes d'Irénée cités plus haut, note 4. S.Jean Chrysostome emploie ici la traduction des Septante d'Exod., xii, 16. Comparer aussi à IrénéCTar v=?paç 7r>.£ov£^ta; à;>tTT't>vT£r. — *° De ador. in spir. et ver., I. XV" I, P. G., t. Lxviii, col. 1012; 7n Amos, vi,3, n. 58, P. G., t. lxxi, col. 520-,525; cf. Colleclanea S. Ciirilli el aliornm, P. G., t. r.xxvii, col. 1200-1204.— ^^ llom. in E~ecliielem, I. I, Iiom. vi. n. 18, P. L., t. Lxxv, col. 838; cL Epi.st.,\. XIll, i, P. /,., t. i.xxvn, col. 12.54: celui qui pèche, même intérieurement, cclui-ïà m die snbhnti onera per portas introducit (cî. Jerem., xvii, 24). — '= Serm., viii, n. 4, P. /,., t. xxxviii, col. 69; .Serm., ix, n. 6, ibid., col. 80; .Serm., cri.xx, n. 5, ibid., col. 1242; Epist, LV, 18 et 22, P. K., t. xxxiii, col. 213-214; Enorralinnes in Ps. .V.Y.v;;, n. 6, P. L., t. xxxvi, col. 281; in Ps. .\(l, n. 2, ibid.. col. 1172; De Genesi ad lilicram I. IV, n. 16 et 20, P. /.., t. xxxiv, col. 302 et 303; Otiiesl in Ileptateticluim, I. II, CLXXii, P. 1.., ibid., col. 655. Voir aussi S. Anibroisc, Orii/io de nbila Tlicndosii. 39, P. 7... t. XVI, col. 1458 (rééd. Garnier) : le miii7n!i.'ii .snlidnliini dont il est question est le repos de la contemplation où l'ûinc dès ici-bas s'unit i\ Dieu,
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la trouve aussi dans les homélies attribuées à saint Macaire d'Alexandrie', et chez saint Grégoire ^
c. Comme il est naturel, l'interprétation religieuse du sabbat chez les Pères n'est que la reprise et le développement de celle du Christ dans l'ÉvangUe ^. Suivant la doctrine du Sauveur, le sabbat n'est pas une fin en soi, mais un moyen d'honorer Dieu par un culte pur imphquant l'amour de Dieu et du prochain; une institution qui n'est bonne pour l'homme et agréable à Dieu qu'en vertu de ce double amour. Aussi la loi du repos sabbatique doit-elle céder le pas aux actes directs de piété ou de culte qui en réalisent la fin, voire en dépit d'une violation matérielle; de même qu'elle doit le céder aux actions bienfaisantes réclamées par la nécessité du proclrain, et sans lesquelles l'observation de cette loi ne serait qu'une prestation extérieure, vide de sens religieux. Agir de la sorte, c'est se conformer à la parole divine que le Christ rappelle au sujet du sabbat : « Je prends plaisir à la miséricorde et non aux sacrifices - (Osée, vi, 6. Cf. Matt., xii, 7) : la « miséricorde K désignant ici premièrement, ainsi que dans le texte du prophète, la piété envers Dieu, et en second lieu, comme condition sine qua non, la charité envers autrui; les " sacrifices » sont les prestations matérielles. D'une teUe doctrine il fallait conclure que l'obligation du culte — la seule dont nous ayons à nous occuper ici — l'emportait, le jour du sabbat, sur celle du repos; et de plus, on était autorisé à en déduire, avec l'aide de l'Ancien Testament, que la fin principale du repos sabbatique était de favoriser l'œuvre individuelle et sociale de sanctification, dont le culte intérieur et e.vlcrieur est le moyen par excellence.
C'est ce que les anciens écrivains ecclésiastiques — surtout les écrivains orientaux — ont montré dans une bonne mesure. A cette fin, ils ont souvent repris et expliqué les deux exemples donnés par le Christ d'une violation matérielle du sabbat par le culte : les occupations des prêtres au temple, et la circoncision. Ils y ont ajouté volontiers l'exemple de Josué qui, sur l'ordre de Dieu, fit porter l'arche par les prêtres autour de Jéricho, durant sept jours consécutifs * qui par là même comprenaient un sabbat '. Enfin, ils ont marqué que le souci des choses spirituelles était celui que Dieu voulait voir prédominer en ce jour de repos. Ainsi fait saint Justin ; s'inspirant expressément d'Ézéchiel, xx, 12, il rappelle aux juifs que le sabbat leur fut ordonné pour leur « faire garder le souvenir de Dieu » '. Saint Irénée s'appuie sur le même texte et sur Exode, xxx, 11, pour conclure : Sabbata aulem perscverantiam totius dieierga Dcum deservitionis edocebant; quitte àentendre ensuite symboliquement ce jour entier d'un jour perpétuel, s'il s'agit des chrétiens '. Dans son cofiimcntaire sur les Nombres, Origène allégorise en détail les
* Uom.t\K\\',de sabbatoanliquo et nouo, n. 1, 2, 3, P. G., t. xxxiv, col. 748. — ■ Moralia, 1. XVIII, c. xnii, n. 08, P. (.., t. Lxxvi, col. 7S. — ' Voir plus liaut, col. 916, n. 12 et 13, les renvois aux textes. — ' Jos., iv, 1-21. — • Voir S. Justin, Dial., xxvii, 5 (prêtres, circoncision) ; XXIX, 3 (prêtres); Tertullien, Adu rsiis Judœos, iv, P. L., t. II, col. 645 (Josué); Aduersus Marcion., il, 21; iv, 12, P. L., ibid., 'col. .336, 413, 416 (id.) ; Origène, In Nuni., hom. xxiii, n. 4, P. G., t. xii, col. 750 (prêtres); Busèbe, In Ps. X'j, p. G., t. xxiii, col. 1169 (id.); De /abrica inimdi, P. L., t. v, col. 308-309 (Josué) ; Grêg. fl'F.lvirc, Traclalus, VIII, éd. Batiftol-Wilmart, p. 8S-S9 (Josué) ; Ambrosiaster, Quœstiones, c. LXI, 1 (Josué), 2 (circoncision), éd. A. Soutcr, p. 109-110; Apliraate, Hem., .\iii,n. 12, éd. Parisot, col. 568-.Ï69 (prêtres); S. Épiphane, Hœr., XXX, n. 32, P. G., t. xli, col. 408 (prêtres); Lxvi, n. 81, P. G., t. XLII, col. 157 (Josué) ; cl. n. 83, col. 164; n. 84, col. 164-165 (prêtres): S. Jean Clirys., In Mail., hom. xxxix, ai. xl, n. 2 et 3, P. G., t. Lvii, col. 435-437 (les 3 ex.); cl. Hom., XLIX, in Joan.,P. G., t. LIX, col. 277
prescriptions du sabbat, en plaçant au premier plan les devoirs reUgieux et cultuels que celui-ci doit suggérer aux clirétiens; et sans penser vraisemblablement à la conversion des juifs, il dit à ce propos : Sed hœc et Judeei observare deberenl '. D'après Eusébe, le sabbat a été donné aux juifs principalement pour méditer sur la parole de Dieu ou sur sa Loi, et pour chanter ses louanges '. De même selon Grégoire d'Elvire qui voit j dans cette méditation une occasion offerte aux juifs d'éviter le péché : Imperavit eis otium sabbati, non quia niliil agendum sit, sed ut populus ab scclcribus eius vel uno die sabbati saltcm requiesceret. Et ideo rcligio illi prœtenditar, ut frequi-ntatione sabbati legis quoquc possit : Domini recordari, et recordatione legis ab llagitio coer- I ceri '°. Le soin de la vie spirituelle, tel est également I pour saint Jean Chrysostome, le motif vrai de cette 1 institution : Oi lojfiaîoi vojjll^ojs;-/ o-i S;' àpyiav aJToi; -0 aâSSa-ov SÉSoTa;. Q-m Ïo-: ôl aJTri î) ai-ioL, à'>X ïva TtSv 1 jS'.toTizojv ÉauTOuç à;TaYayôvT£ç, tï]V <jyoÀr,v a~aaav £:ç -à I jTvîjaari/.i àva).:cj/.(03tv. L'exemple de leurs prêtres qui ont double travail le jour du sabbat en est, poursuit- I il, une bonne preuve: Ei S= y.T.OiizTiç àpY'-^; V' to siïôai Tov. -00 TùJv iX/.tov Tov iîsix. iç.'^iv/ l/pr,v.Tout ce pasi sage serait à citer : on y voit dans là suite que saint ; Chrysostome range parmi les choses spirituelles aux- \ quelles les juifs devraient vaquer le jour du sabbat, l'audition de la parole de Dieu (oj 7:pocj.r/ov... àxpoaaEt Oïitov Ào-(iwv) ; et après l'énnmération des excès dont ; ils sont coutumiers en ce jour, il conclut : " EXaêë; to 5G(o5aT'jV, ?va Tr,; r-ovr^ùix; à-aX).âÇr;? Ti;v il'jyijv <jû j 0- aoTr," zaxïoyâtr) tiÀeov ". Cet enseignement se re- , trouve ailleurs dans les œuvres du même docteur •', et notamment dans son commentaire de l'épitre aux I Hébreux où on lit : "iisTisp yap àv xùj saôSâiw jiâvxojv Liîv Tûv -ovripcSv à—i/iadai xrk-xin, iy.v.;a Ss [xôva y;'vJuBa'. "à /îpà; XaTp£Îav -ou 0;o3, ÎTisp oî Up=ïç èreÊriXo'Jv, xaî osa ij/i,'/ (ôosÀzï, /.a". u.t,5£v Ht£pov oJTw za! zô-i ". L'insistance sur les devoirs du culte extérieur et intérieur qui convient au sabbat est ici remarquable, aussi bien que l'idée de la subordination du repos à ces obUgations ". D'après saint Cyrille d'.Alexandrie, Dieu donna le sabbat aux Israélites pour qu'ils se souvinssent en ce jour qu'il est le Créateur de toutes choses ". C'est de cette idée qu'était parti déjà le rédacteur des Constitulions apostoliques " pour propager et justifier la célébration liturgique du samedi parmi les chrétiens, à l'exclusion du reste de tout autre chômage que le repos requis pour cette célébration. Mais saint Cyrille n'en\-isage le sabbat que dans son sens typique •". C'est aussi ce que fait, toujours par rapport ù la Création, l'auteur de l'homélie De sabbatis et circumcisione faussement attribuée à saint Athanase, où, d'ailleurs, toute célébration du jour du sabbat par les chrétiens
(circoncis.); De /.nruro, i,7, P. G., t. xi.viii, col. 972 (prêtres); Synopsis scripliirie sacrœ, t. LVI, col. 337 (Josué); S. Cyr. d'Alex., De adoratione, 1. VII, P. G., t. Lxviii, col. 500 (les 3 ex.); 1. XVI, col. 1012 (prêtres); ps.-Atlian., Ilom. de sabbalis, n. 3, P. G., t. xxviii, col. 136-137 (les 3 ex.); hom. de semente, n. 13, i6id., col. 161 (prêtres). — ' Dial., XIX, 6. — 'Con/ra/in-r., IV, XVI, l,P.G.,t.vii,col. 1015-1016. • //om.,xxiii, in Aii/n., /oc. ri/. — 'Coni.in Ps. X( l,loc. cit.; Prœp. enangel.,\U, VI, P. G., t. \\1, col. ô\a. — " Éd. cit., p. 92. — " De Lazara, i, loc. cit. — " In Mail., /oc. cit.; in Gen., Hom., x,n. 1 et 7, P. G., t. lui, col. 82 et 89. — " In Ileb., IV, 9, Hom., vu, n. 3, P. G., t. Lxni, col. 57. — '* La seconde partie de la phrase est probalilcnient une réminiscence d'Exod.. xii, 166. d'après les Septante. Ojtm y.at tôt; se rapporte au sabbat de l'êtcrnilè. — " Ilom. paschalis, VI, P. G., t. Lxxvii, col. 528. — " II, xxvi, 2; VI, xxiii, 3; VII, XXXVI, 1, 4, 5; pseudo- Ignace, Magn., ix, 3. — " Voir par ex. De adoralione,l. VII, P. G., LXVIII, col. .500 ; In Isaiani, I. V, t. m, P. G., t. lxx, col. 1245; /n Amos, vi, 3, n. 58, /'. G., t. LXXI, col. 520.
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est tenue a priori pour impossible '. Le Dien-fondé de ce dernier point étant mis à part, on puet dire que cet | écrivain a résumé toute la tradition chrétienne anté- l rieure sur la fin véritable du sabbat juif, laquelle n'est I pas le repos, mais le culte, la connaissance de Dieu et | de ses œuvres, celles-ci ne s'achevant pas avec le I sabbat de la création, mais avec celui de l'éternité, terme de la nouvelle création dont le Christ ressuscité est le principe -.
B. Si, de l'avis des auteurs ecclésiastiques que nous avons cités, l'abrogation du sabbat porte essentiellement sur le repos de ce jour ^, nonsurlecultequ'ony rendait à Dieu, et si, d'autre part, la récurrence hebdomadaire du dimanche comme jour de culte est, en fait, une imitation du sabbat juif, on conçoit que dans l'antiquité chrétienne on n'ait pas fait difBculté d'admettre que le dimanche prenait la place du sabbat comme jour de culte universel et principal, et ainsi le continuait. ]
On y avait d'autant moins de difficulté qu'on se , plaisait à considérer la vie chrétienne comme une fête | perpétuelle, et qu'on regardait les solennités distinctes i et générales comme des moyens indispensables de venir en aide à la faiblesse humaine, incapable en cette vie d'un culte ininterrompu, intérieur et extérieur. La fête perpétuelle du chrétien, d'après les anciens auteurs, est celle que lui procurent les bienfaits de la rédenip- . tion : repos de l'âme et repos de l'éternité, symbolisés ' par le sabbat, à condition de s'en rendre digne par ' l'abstention du péché qu'aussi bien le sabbat figure. Les solennités hturgiques aident seulement à prendre ' une conscience plus vive de ces bienfaits, à en apprécier toute la valeur et, par là même, à se préparer plus j facilement à la vie éternelle où le culte de Dieu n'aura | ni interruption, ni fin. I.e morcellement actuel est donc ! exclusivement pratique et temporaire : il est un secours ' et un stimulant pour la vie surnaturelle, mais il n'en | affecte pas le fond; celle-ci repose, en effet, d'une ma- | nière permanente surtout cet ensemble demystères que i le culte public célèbre un à un, mai? que la religion, dont ce culte est l'expression, appréhende sans cesse en ' entier par la foi '. A ce point de vue, on peut dire avec ' Origène dont nous suivons ici en grande partie les idées, j que la \"ie du chrétien parfait est aussi bien un dimanche I perpétuel qu'une Parascéve.'une'Pàque'et une Pen'e- i
' P. G., t. XXVII, col. 313 sq. La célébration au sabbat i de la création du monde apparaît à cet auteur comme quelque chose de spécifiquement juif, et de périmé dans ! la nouvelle alliance considérée comme une création nouvelle. Il est possible que cette conception soit en rapport avec la tradition d'.\lexandrie, opposée à la célébration chrétienne du samedi dont parle Socrate, H. E., V, xxii, P. G., t. Lxvii, col. 636. L'homélie De semenle placée à la suite de l'hom. De sabbalis ((. cit., col. 143 sq.), a été au contraire prononcée d.'uis une réunion chrétienne du samedi; elle prorient donc d'un milieu différent : du patriarcat d'Antioche, d'après Zahn, Skizzen, p. 368,369.
— * Noter, col. 137, n. 3 et 4, l'emploi de l'argument tiré du fait que la solennité de l'Expiation est appelée • sabbat» et est jour de repos en dehors du sabbat, en faveur du caractère essentiellement religieux et cultuel de celui-ci. — ' Parmi les textes cités plus haut, noter les deux suiv.ants de S. Augustin : Contra Adtm., xvi, 3 : c( sabbati quietem non obfieruamus in iempore. De Genesi ad liiteram, i\', 24 : Jam vero Iempore graliie reuelatœ, observalio illa sabbati, quie unius diei vacalione figiirabatur, ablata est ab observalione fldeliiim. — * Dans la célébration de l'eucharistie les principaux mystères du christianisme sont commémorés, mais cette célébration était autrefois plus intermittente qu'aujourd'hui. .Actuellement encore, les prêtres en charge ne sont strictement obligés de célébrer que les dimanches et fêtes de précepte. Cette remarque ne s'applique pas à la communion. Cf. S. Jérôme. înGal., iv, 10, cité infra, col. 931.
— ^Contra Celsum, 1. VIII. c. xxii, P. G., t. xi, col. 1549. Voir le contexte, n. 21, 22, 23 : le morcellement dont nous parlons est exprimé pour Origène dans iv ussî: iooTf,; de Col., II, 16. Voir aussi In A'unicros, hom. xxiii, [n. 11, P. G.,
uicT. d'arch. CRRÉT.
côte ininterrompues : ' Eiv Se ti? -po; ■zaZxx [i e. Galat., IV, 10, 11] àvOj~os£fi) Ta 7:£p'. t<ôv j:ap' f,[«.ïv /.■jp'.ctzûv, rj -apiszEjùJv, 7) ToiS Ilâa/ix, t) t^; nevirizoaTii; 8'.'f,[jiSf ùv f'.vo'ixîva ÀÏ/.7É0V zai ::pô; toûto ô~: à (jlIv ■zéXî-.oç, à=t Èv zo'.i y.6yo:i loy, zai toi; Hfy'j!;, jcaî Toï; SiivoT^fucsi toS T^ SJ3;'. KjptOJ Ao'voj l-l£'/5, àé: èmv lÙToâ Iv tiîç f|U.£oa!;, za'. i=i 3.-;i: /.jp'.i/.a; f,[x€pa;, etc. '. Clément d' Alexandrie, maître d'Origène, avait déjà tenu un propos semblable sur le dimanche, au sujet du chrétien vierge qui n'est pas partagé par le plaisir des sens entre Dieu et la créature : Kjp'.a/.T;v iy.d'/T,-j tt// r,aéoxv r.oitl, ôxav à-ijtiXXrj oiuXov vdr,u.a y.x: •f/oi'S~\y.oy TTpoaXâÔTi . Tr|V Iv aÙTôi to3 Ivjpioj àvisTas'.v So^itlatv', Et Origène parlant allégoriquement, dans son commentaire sur les N'ombres, du sacrifice perpétuel;de Tancienne loi, s'est souvenu une autre fois de cet enseignement '. On connaît du reste la théorie célèbre de Clément d'Alexandrie sur la fête perpétuelle du vrai gnostique '. Or cette conception n'est pas propre à l'école d'Alexandrie et aux anachorètes d'Egypte '; on la retrouve en d'autres milieux avec des modalités diverses. Nous l'avons déjà signalée dans saint Irénée '", et il est intéressant de constater que chez lui, comme chez la plupart de ceux qui la proposent — y compris Origène — elle s'affirme surtout au sujet du sabbat : c'est déjà un indice qu'on n'éprouvait pas de difficulté à mettre l'antique sabbat et le dimanche sur le même plan en tant que jours de culte, — sauf à montrer ensuite que le dimanche a la prééminence sur le sabbat, et attire à lui les honneurs propres à ce dernier. Voici, par exemple, un passage allégorique d'Origène sur le sabbat chrétien, où la préoccupation du culte extérieur n'est pas moins manifeste que celle du culte intérieur : Relinqucntes ergo judaicas sabbati cbservationes, qualis debeat esse christiano sabbati observatio, videamus. Die sabbati nihil ex omnibus mundi actibus oportet operari. Si ergo desinas ab omnibus sœcularibus operibus, ut nihil mundanum géras, sed spirilualibus operibus vaces, ad ecclesiam convexias, i.ectioxibus
DIVINIS ET TRACTATIBUS AVEEM PR.TÎBEAS, et de CœlcS-
tibus cogites, de Julura spe sollicitudinem géras, venturum judicium prx oculis habeas, non respicias ad prsesentia et visibilia, sed ad invisibilia et jutara, hsec est observatio sabbati christiani ". Or le même Origène
t. XII, col. 754-755, sur les fêtes en général, où le même emploi est fait de ce texte de l'épître aux Colossiens (col. 755) ; etlnGen., hom. x,n. 3,P. G., t. xii,col.218. — •S(rom.,vii, 12, P. G., t. IX, col. 504-505; éd. StiihUn, t. m, p. 54, 1. IS- 20. — ' In Sum., hom. xxiii, n. 3, (. cit., col. 749 : cerliim est quia impeditur sacrificiitm indesinens fis qui cnnfuoalibus necessitatibus serviunt. Unde uidetur mifii qund ittius est solius of/erre sacrirwium indesinens, qui indesinenli et perpétua; se devoveril castitati : développement de I Cor., vu, 35, cité par Origène; cf. les versets 32-34. — ' Slrom., 1. VII, c. VII, P. G., t. IX, col. 449-452 : oCy. Iv IÇatplToi; y,(Alpatç, ù3(77T=p xX/.oi 'i'jïz, i/.Àâ '7*-v:-/aj; tùv ôXov pLov roÛTO inpiiTOv-Sî... o'JSà [ir.v iopTïç Ttva; y.al r,u.£pa; ànoT£Ta-.[i£va;. à).).i tov nivTa ^iov (col. 449). riïv.a Toivjv Tov 3;ov lopTTjV ïvovte;, etc. (col. 452); éd. Stâhlin, (. cit., p. 27. — • Encore n'est-il guère probable qu'Origène ait favorisé la \ie anachorétiquc proprement dite : il conseille plutôt la solitude morale au milieu du monde. Sur ce point voir F. Martinez, L'ascétisme chrétien pendant les trois premiers siècles de l'Église, in-S", Paris, 1913, p. 165-166. Pour l'Occident, on peut citer ici le cas de saint Benoit qui, menant la \ne anachorétiquc dans le désert de Subiaco, ne s'était pas préoccupé du temps exact de la fête de Pflques. S. Grég., Diaf., i, 1, P.I,.,t. Lxvi, col. 1.30. — '" Contra Inrr., IV, xvi, 1 : ministranles onmi tempore fidei nostrœ, et perscDerante-i ei, etc. Cf .du même « Dém. de la prédic. apostolique », n. 96. Voir encore S. .\ugustin,Dc Gen. ad lit., iv, 24. — "iniVi»»., hom. xxiii, n. 4, t. xii. col.749-750; cf. Selecta in Exod , i bid.. col.2S9 : Pour le chrétien le sabba l consiste ù détruire les ouvres du monde (i. e. du péché), a glorifier Dieu, a demeurer ferme ilans le Christ, ;) nepasallîmierle feu du péché, ù contempler dans le repos la Vérité et la Sagesse,
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montre ailleurs la supériorité du dimanche sur le sabbat par rexemi)le de la manne commençant à tomber le dimanche et cessant le samedi, car cette manne ligure pour lui la parole de Dieu qui cessera un jour d'être communiquce au peuple juif, tandis qu'elle sera toujours transmise au peuple chrétien, seul digne désormais de l'entendre : ce qui est une allusion évidente à ces lectures et à ces explications publiques mentionnées dans la précédente citation, et aussi bien au dimanche où elles avaient lieu '. Directement ou non, saint Jcrùmc se rattache ici sur plus d'un point à la pensée d'Origène. 11 admet comme lui que la vie du chrétien sans tache peut être appelée un perpétuel sabbat ' ; et ailleurs il reconnaît de même que les fêtes chrétiennes, le dimanche notamment, n'ont une réalité distincte que comme stimulant de la jiiélé. C'est au sujet de Galal., iv, 10 : Dicai aliquis : Si dies observare non licet, et menscs, et lempora, et annos, nos quoquc simile crimen incurrimus quartani sabbaii observantes, et parasceven, et diem dominicam, et jejanium qaadragesimx, et Paschx festivitatcm, cl l'entecostes Uelitiam, et pro varietatc regionum, diversa in honore marlyrum (empara constituta. Ad qiiod qui simpliciter respondebil, dicet: non eosdem judaicie observationis dies esse quos nostros. Nos enim non azymorum pascha celebramiis, sed resurrectionis et cracis. Nec septcm juxta moreni Israël numeramus hebdomadas in Pentecoste, sed Spiritns Sancti veneramiir adventum. Et ne inordinata congregalio populi fidem minueret in Christo, propterea dies aliqui constituli sunt, ut in unum omnes pariter ventremus. Non quo cclebrior sit dies illa qua eonvenimus, sed que qiiaciinqiic die conveniendiim sit, ex conspectu muluo Isetilia major oriatur. Qui vcro appositœ quœslioni acutias respondere conntur, illad affirmât, omnes dies a'quales esse, nec per parasceven tanliim Christum eriicifigi, et die dominiea resurgere, sed scmper sunctum resurrectionis esse diem et semper eum earne vesci dominiea. Jcjunia aulem et congregationes inler dies propter eos a viris prudentibus cunstitutos, qui magis sœculo vacant quam Deo, née possunt, immo notant toto in Ecclesia vitse sux iempore congregari, et ante humanos actus, Deo orationum suarum ojjerre sacrificiam. Quotas enim quisque est, qui sullem tisec pauca qux statuta sunt, vel oran'Ji tempora, vel jejunandi semper exereeat ? Ilaque sicut nobis licet vel jejunare semper, vel semper orare, et diem dominicam accepta Domini corpore indesinenler celebrarc gaudentibus : non ita et Jadieis /as est omni tempore immolarc agnum, Pentecosten agire, tabernacula flgere, jejunare qun'idic '. Cette même doctrine a été exposée à plusieurs reprises, et d'une façon très lormelle, par saint Jean Chrysostome : c'est un des cas intéressants où sa pensée se trouve en harmonie avec celle d'Origène. Ici, toutefois, nous devons nous borner à cette indication, avec quelque^ renvois aux sources '. Ainsi donc les fêtes solennelles et générales de l' l^glise ne représentent dans la vie de la communauté chrétienne qu'un minimum indispensable de culte. Ce minimum est réalisé, d'une part, grâce à la célébration
■ In Exoù., liom. vti, n. 5, P. G., t. xii, col. 315-31G : In nnstra enim dominiea die semper Doniinnx pUiit munna de eielo. Sed et liodie ego dico, quia pltiit Dominas nianna Je cielo. Cieleslia namque sunt eloquia ixia, quiv nobis lectd sinil, et a Deo deseenderunl verba qux nobis recitala sunt, cl ideo nos felices qui taie manna suscepimus (col. 346). — ' //! Ps.LVIII,i:i,P. L., l. XXIV, col. 596: Ad hoc sabbalum nnuii /rstiuitate celebrandum, Salvator nos provocat in Evangelin.eW. — ' Com. in epiil. ad Galatns, (oc. cit.,P. /.., t. xxvi.col. -lOl- 405. L'idée du sacrifice de la prière (/>co oralionum suarum tiljerre sacripciuin) est aussi à rEpprochcr d'OrlRènc, In Num., Iiom. supra cit. — « Cf., entre autres passaRcs, Adv. Judicos orationes, m. 2-5, /'. 0., t. xi.viii, col. SCvlaaS; De saneta Penlecosie, hom. i,n. 1-2, /'.<;., t. L, col. 454- 4.55; De ^nrin, scrm.. v, n. 1, /'. 6"., 1 Liv, col 070; In Afa((.,honi. xxxix, M. :', /'. (.'., t, uvii, col ■»:!'/; In c/i. ad
par intervalles variables et souvent espacés des grands anniversaires chrétiens, et, d'autre part, grâce au retour périodique, fréquent et perpétuel d'un jour de culte de caractère général et d'observation universelle qui, par tous ces traits réunis, représente la permanence et la continuité du culte chrétien. Or, pour fixer cet intervalle invariable, l'on ne pouvait avoir d'autorité plus haute cjue celle de Dieu lui-même prescrivant au peuple de l'ancienne alliance de sanctifier le sabbat ou le dernier jour de chaque semaine. Cet intervalle hebdomadaire fut maintenu dans le christianisme naissant pour les réunions communes de culte cl d'édification, mais avec un changement de jour : au lieu du dernier jour de la semaine, on adopta le premier, celui de la résurrection du Christ. Ainsi qu'on l'a vu jilus haut, ce changement, qui était un des traits par lesquels le christianisme se différenciait du judaïsme, ne devint ofliciel et général qu'à partir du jour où l'Église pénétra dans des milieux purement païens; on le constate déjà suffisamment par le fait que le concile de Jérusalem légiférant pour les helléno-chrétiens, dans les termes que l'on sait, n'édicta rien sur l'observance sabbatique : autant dire qu'il la laissa tomber.
De la sorte, le dimanclie continuait à remphr le rôle du sabbat comme jour officiel de sanctification et de culte. Aussi saint Jean Chrysostome a-t-il pu écrire sur la sanctification par Dieu du septième jour de la création (Gen., II, 3) : "HSt] èvtsûSev ex Tzpooi^inn aivif|Jia- T'-oStô; êioaaxaXiav f|[j.ïv ô Beo; KapÉysToti, i^aiSsiituv Tf|V fj.Lav fjjjL:pav èv Ttô x'jxÀfo Tf,ç È6ôfj[jLâ6oç âT^aaav àvaTiOivai zït àoopiÇb'.v zfi Ttôv r.'ii'j^a-'.y.C)'/ IpYoïaiï'. Le langage de l'orateur est trop direct (noter f,ijiîv et naiSEJwv) pour qu'il n'y ait pas là une allusion au dimanche : du reste on déduit très bien cette allusion de son insistance à parler d'une activité toute spirituelle comme du vrai moyen d'employer ce jour, et précisément à propos d'un repos divin^que les juifs entendaient à faux dans un sens tout matériel, et dont ils s'autorisaient pour passer leur sabbat dans l'oisiveté. On a vu avec quelle vigueur les Pères, et saint Chrysostome en particulier, ont reproché aux juifs cette manière de penser et d'agir. Ils ne faisaient en cela que se conformer aux enseignements du Christ. Mais, d'autre part, le danger de voir les chrétiens tomber dans une erreur analogue relativement au dimanche, explique d'une façon vraisemblable qu'on ait évité pendant longtemps dans l'Église de justifier la coutume du jour de culte hebdomadaire par le ciuatiième commandement du décalogue; d'autant que l'obligation du repos matériel était l'élément le plus apparent, mais non le plus important, de ce précepte.
Au iv« siècle cependant, et de bonne heure, on ne fil pas dilliculté de reconnaître en Orient que le dimanche succédait au sabbat comme jour de culte et prenait, à ce titre, sa [ilacc d'honneur dans la semaine, l.e plus ancien et le plus remarquable témoignage à ce sujet est celui d'Kusèbe de Césarée commentant le psaume xci, inscrit r pour le jour du sabbat » ". La pensée de l'au-
Cor., hom. xv, n. 3, P. G., t. lxi, col. 125, etc. Pour plus de détails, voir les trois excellents chapitres que Thomassin a consacrés à cette doctrine patrislit|uc dans son Traité des feslcs de V Église,!'' éd., Paris, 1697, p. 1-46. — ' Jn Ccn., lioni. x, n. 8, P. G., t. un, col. 89. — ' P. G., t. xxiii, col. 1165 sq. : sur le sabbat et le dimanche, col. citée il col. 1173. Ce commentaire appartient à la série du Icxlc continu (Ps. i.i à xrv) public par H. de .Montfnncon, le commentaire des autres psaumes étant particllciiunt reconstitué i^ l'aide des chaînes. Sur l'authenticité néiiénite du coninicntaire A. Ilarnack a élevé des doutes, en 1893, au t. I de sn Gescldchle der altcliristlidwn I.ilcrular bis lûisebius, p. 575, doutes qu'il n'a pas maintenus pour l'cnscinblc du commentaire, en 1904, dans la 2" imrlie de sa Chr(mtAngie, t. il du iiiêmc oiivr.i^c; cf. ]>. 122-123 : h"! II no s'agit pins fjuc de déterminer l'élcndue exacte de cette un \re
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tour est si nette et rejuiiil si bien les indications Iraditionnellei plus vasiues que nous avons déjn signalées, que nous ne pouvons nous dispenser de le citer largement. Suivant Euscbe, l'intention du précepte sabbatique était d'orienter « ceux de la circoncision vers !e repo^ contemplatif et spirituel qui a son type dans celui que Dieu prit, selon l'Écriture, au septième jour du moide, après la création des choses sensibles; un tel repos ne se réalisera parlaitcmcnt que dans l'éternité, mais c'est ea vue de ce sabbat éternel, dont parie l'épître aux Hébreux, que les justes de l'Ancien l'estamenl se livraient, dans la paix, à la contemplation, et vaquaient jour et nuit à la méditation de la parole de Dieu; et c'est aussi pourquoi la loi de Moïse, dans son symbolisme prophétique, assigna à la multitude un jour où elle aurait au moins le loisir de méditer sur la loi divine, le travail ordinaire étant suspendu (ô-oj; K»v TaJTTj [îijiipï] ir.i/wi-n: ul=v tûv aj/r'fiw/ 'sprcov, z/'iKiZ'j'.fi fis -r, -ryj liiwj voaoj u.:ÀiTrj) '. 11 suffit pour s'en rendre compte de lire ce psaume xci qui Invite à se réunir le sabbat, non dans un dessein d'oisiveté — car c'est ainsi (jue les juifs manquaient à l'intention de la Loi - — mais dans celui de louer le Sciilneur, de chanter son nom sur des Instruments de musique, de proclamer aux heures du matin sa miséricorde, et de redire, au temps de la nuit, sa vérité. K Vous voyez donc, continue Eusèbe sans transition, ce que ce psaume nous invite à accomplir le jour de la résurrection {y.x-x tV,/ tt,; ivi^TÎsE'j); r,'j.îr,7.-i). 11 a du moins comme inscription : « Pour le jour du sabbat. » Mais en ce jour les prêtres faisaient au temple beaucoup d'autres choses [que de louer Dieu], et en conformité avec la Loi. Il n'y avait même pas de précepte sabli.itique pour les prêtre;; il n'y en avait que pour ceux qui ne pouvaient vaquer au culte divin et aux œuvres agréables à Dieu d'une façon continuelle et quotidienne, car, à ceux-là, pour l'accomplissement de tels acte;, la Loi avait lixé des intervalles. Aussi Dieu i)l)jurgue-t-ii par son prophète ceux qui se livrent le jour du sabbat à l'excès dans les aliments, etc. (Cf. su/ira. col. 919.) Mais comme ceux-ci refusaient, le Verue, en vertu du testament nouveau, déplaça la solennité du sabbat, la transféra au lever du soleil [du jour suivant], et nous livra l'image du véritable repos, le jour du salut qui est le jour seigneurial et le premier de la lumière (A'.o fif, -ïjiriTr;;jicVt(jvlz£:v(ov, o-.à -f,ç y.oLiifiÇ fi;a6rj/.T|Ç Arivo; ,u-î''Iy2Y' '■*'■ [i="5'"^6E'./.s ttjv to2 tsaiii'OJ ÉooTï,'/ £"*. Tï)v Tou «wtÔ; àvatTOÀT^v, zal ~ao;fiojzsv f^uLÏv àÀT|0:'/f,; àva~aJ3£<o; EÎzôva, ttjv swttjo;!'/ zz! zjO'.azv' zïi rpwTr,'/ TC/y s'uTfJ; f,u.£pav). C'e?t en ce jour que le Sauveur du monde, après tous ses travaux pour les
exégélique et de faire la part de ses emprunts — notamment ii Origène. Hamack place la composition de ce commentaire vers 3.'i0. O. Bardenhewer (Gpschichle der altkirchliclien Lileralur, 1D12, t. in, p. 2.Vi-2j4) ne croit pas qu'on puisse préciser sous ce rapport. Ce dernier auteur ne soulève même pas la question de l'auihcnticité. Notons enfin que le commentaire d'E-u=èbe sur le |is. Xi I ne dépend aucunement du fragment de commentaire d'Origène sur ce même psaume, publié par .1.-1',. l'ilra, .Xnalecta sacra, t. m, p. t71-172; mais il tant convenir que la pensée est origcniste, ce qui ne fait qu'ajouter à l.i force de notre argument. — ' Col. 116Ï'. — ' Cf. col. 1165 :
• Col. 1169. — * Col. 1172. — 'J Lamy,' S. £p.'ir/ém Sj/n" ! liiimni et .sermones, .Malînes, 1S82. t. I, Sermo ad nocttirnuin i liominiar resitrrectiuni^i, n. 4, col. 512. — ' Ibid., ccl. 5 14. — ■ Th. Zahu, VAne aUI.irchliche liede iHier die Snnntagsrulic ixcbsl I.'nter.sudtunoen liber iliren Ver/axser, dans Zcilschri/t fUr Uirchliche n'issenscha/t, l.SSI, t. v, p. 5ir>-5:i4 : Zahn donne une traduction allemande de ce sermon {p. 52S-Ô33), d'après le ms. llliS (ancien fonds) de Paris, s. xi, 22Uft- 252 b, avec des notes de comparaison pour le texte très dilTérent et intérieur de Gallandi, reproduit dans P. G., t. Lxx.xvi, 1, col. 413-422. Cette traduction a été pibliée à
hommes, vainquit la mort et franchit les portes célestes, ayant accompli une œuvre qui dépassait celle des sLx jours de la création du monde. C'est alors aussi qu'il prit possession du divin sabbat et du repos trois fois heureux, tandis que son Père lui adressait ces paroles : « Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis l'escabeau de tes pieds, .i (Ps. cix, 1.) En ce jour, qui est le jour de la lumière, le premier jour, et celui du soleil véritable, nous nous réunissons nous aussi, après un intervalle de si.x jours (zai fasiç aJToi ajvEçyrJiiHvo'. o:k 'xho-j è; r,ix:}i;ti), pour célébrer des sabbats saints et spirituels, nous qui avons été rachetés parmi toutes les nations de la teiTe; et alors nous accompUssons ce que la loi spirituelle ordonnait aux prêtres !c jour du sabbat '. » Eusèbe établit ensuite un parallélisme symbolique entre Je culte du sabbat et celui du dimanche, pour conclure à nouveau : « Enlin, tout ce que l'on avait coutume d'accomplir le jour du sabbat, nous l'avons transféré au dimanche, comme au jour qui convient le mieux au Seigneur, le premier jour par l'importance et par l'ordre, plus digne d'honneur que le sabbat. » Avant tout, il est question ici du culte, car Eusèbe fait observer un peu plus loin que le sabbat était pratiquement violé par le jeu des instruments de musique; et pour achever son développement, il ajoute : « Mais nous qui dans le secret de nous-mêmes conscr\ons la vie au juif [véritable] selon la parole de l'apôtre (Rom., ii, 28, 29)... c'est sur un psaltérion vivant et une cithare animée que nous exécutons nos hymnes, dans des cantiques spirituels *. >
Pour saint Ephrem, le dimanche a suppKanté !e sabbat, en lui ôtant son droit d'aînesse et en attirant â lui ses bénédictions : Deccl igilur lionor diri dominico, primogenito dieriim, miilla quippe habel mijsleria. Ofjerlt illi honores mstros, ius primogcniti a sabbato abstulit sicul Jacob qui /uclus est primogeniius et sicul Ephraim qui factus est caput Manassis ipsius primogenili. lus primogenili sabbato datum abstulit dirs dominicus qui sic factus est primogeniius. lus primogeniti adscitum est ci quia ipse omnis computus capui est. Dici igilur dominico sunl brnedictiones et ius primogcnilurae. Bealus qui illum sanela observalione colit ^. Ces paroler. prononcées un dimanche de Pâques indiquent bien que, comme fête hebdomadaire, le dimanche succède au sabbat; et cette interprétation est corroborée par ce qui suit, quelques lignes plus loin : Dics dominico dics sanela e^t, annuncintionem [resiirrectionis] ccntinct et séparai nobis scx dics a se.r diebus praccdcnlibus '...
Le sermon sur le dimanche attribué à Eusèbe d'.Mexandrie et qui, d'après 7.."hn, serait !"?) d'Eusèbe d'Hmèse (f vers .'J.09) ', est beaucoup plus allinnatif sur
nouveau par Za!m en appendice de ses Skizzen aus dem Leben der niien Kirche, éd. cit., p. 321-330, mais sans les note*." susdites de comparaison. D'après dom G. Morin, dons Rev. bénédictine, an. l'.107, p. 531, E. von Dobsciiûtz préparc une édition dénnitive de ce sermon, il. F. Nau en a aussi une édition loute prête : dans la Pevue de l'Orient clirélicn, lOOS. Il- série, t. ni (xiii), n. I, p. 41 1-115, il n'en publie, faute de place, que le premier parai-'riiplic (20 lijines), principalement d'après deux IUS. do IV^ris : Biblio'Lh. nat., n. 0:^ii ci Ult. Ce texie dilTèrc siu" certains points de détail de celui que représente la traduction de Zahn. Nous citons provisoirement d'après celle-ci. Quant ù la date (hi sermon, celle qu'indique Zahn (l" moitié du iv siècle) n'est pas intrinsèquement impossibîv*; mais si l'on admet avec M. Nau, ioc. cit., p. 409, 431, que les sermons dans lesquels le prétendu Ëusèbc d'.^Iexandrie instruit son disciple .\lexandre forment un tout didactique, et < la partie la plus authentique des oeuvres que l'on est convenu d'attribuer à Eusèbe s on inclinera vers une date plus basse. Notre sermon (xvi) appartient, en eftet, à cette série ; i, ii, iv, vi, vu, viii, x, xvi, xxii; il faut y ajouter probablement les sermons m et v qui sont cités comme les précédents sous le nom d'Eusèbe par saint Jean Uamascènc ISacra parallela : pour le sermon sur le dimanche, voir P. G., t. xcv, col. 1456, t. xcvi, cci. 312)
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ce point : « N. 2... La semaine a sept jours; Dieu luimême nous a donné six jours pour le travail et l'un d'eux pour le repos, la prière et la délivrance (des liens) du péché... N. 6. C'est le jour que le Seigneur a fait; réjouissons-nous et passons-le dans l'allégresse. » (Ps. cxvii, 24.) N. 7... » Le Seigneur n'a-t-il pas fait aussi les autres jours ? Sans contredit; mais le prophète mentionne seulement celui-là; David n'a pas pensé aux six autres jours, parce que Dieu nous les a donnés pour le labeur et l'accomplissement des travaux des champs. Mais au septième jour le repos fut départi aux hommes. En effet, lorsque Dieu donna la loi à Moïse, il enjoignit aux Hébreux de se reposer le jour du sabbat; car en ce jour même Dieu se reposa de toutes ses œuvres. Aussi leur ordonna-t-i! de cesser le travail et de se reposer. Mais comme ils l'irritaient et ne persévéraient pas dans l'observation de ses préceptes, il leur fit ce serment par le prophète : « Ils n'entreront pas dans mon repos; » car il appela le sabbat « repos ». Lorsque le Seigneur vint sur la terre, né d'une Vierge sainte, il rendit toute la loi nouvelle, en sa qualité de créateur de la loi; puis quand il vit que la loi était dure et que personne ne pouvait l'observer, il rejeta la loi et introduisit la grâce, et nous donna quelque chose d'absolument nouveau, selon le témoignage de l'apôtre : « Si quelqu'un est dans le Christ, il est une nouvelle créature; ce qui est ancien est passé; vois, tout est devenu nouveau.» (II Cor.,'v, 17.) Ainsi, tout étant devenu nouveau, il devait abroger aussi la loi du sabbat, et au lieu de ce jour en instituer pour nous un autre. C'est pourquoi, en vue du repos et du service divin, il nous a donné le premier jour, celui où il a commencé à créer le monde, et il l'a appelé le jour du Seigneur. » On verra plus loin que cet auteur subordonne le repos du dimanche au culte; dès maintenant on se rend compte de la netteté avec laquelle il alTirme l'équivalence religieuse du sabbat et du dimanche dans la semaine : le second continue les fonctions du premier, et l'un ne ditïère vraiment de l'autre que par l'alliance divine ancienne ou nouvelle, à laquelle il appartient, et qu'il célèbre.
L'homélie De sabbatis et circumcisione déjà citée développe des idées analogues, d'une manière qui rappelle parfois d'assez près le sermon précédent : le sabbat commémorait l'achèvement de la première création, le dimanche commémore le début de la nouvelle; et l'auteur cite ici II Cor., v, 17, comme dans le précédent discours. Cette nouvelle création, à la dilTérence de
et IX qui n'est qu'une suite de viii; et sans doute aussi xi. Or le sermon i connaît comme normale la solennisation du samedi à côté du dimanche (P. G., t. Lxxxvi, 1, col. 313, 31fi, 324), coutuiTie qui n'a été générale en Orient que dans les dernières années du iv siècle; en outre, le sermon x a Irait à la fête de la Nativité du Christ (tt,; toj XpiaTOÛ Vi-r/-r,r;zoii JfjpTr, : ibid., col. 305), et l'on sait que comme distincte de la solennité des Épiplianies (-i 'F.îT'.çïv.») du 6 janvier, la fête romaine du 25 décembre n'a pénétré en Orient, sous le premier titre, que vers l'an 380. D'après ces indices, cette série de sermons serait au plus tfit des premières années du v» siècle. — 'P. G., t. xxviii, col. 140, n. r>. Pour le résumé qui précède cette citation — résumé aussi fidèle que nous avons pu, malgré l'obscurité de la pensée de l'auteur — • voir les n. 1-4; II Cor., v, 17, est citée au n. 2, col. 133. Celte homélie qui est opposée à la célébration du samedi pourrait être du début du v« siècle ou de la fin du iv, et provenir, comme nous l'avons dit, d'un milieu alexandrin. Sur la double création commençant le dimanche, voir S. Grégoire de Nazian/.e, Oral., XLIV, 5, P. G., t. XXXVI, c'-l. fil2; S. Gaudcntius de Brescia, Serm., i, P. L., t. XX, col. 848. — ' P. G., ihid., col. 144, n. 1. Prononcée dans tme réunion ctiréticnnc du samedi, mais opposée au chfimagc de ce jour (n. 13, col. 101), celte homélie est conforme à la législation du concile de Laodicéc (can. IG, 29, 49, 51) qui s'est tenu entre 343 et 381, ou vers 360, d'après Zahn. Oeschichte des neiilesinincniliclien A'aiion.s-,
l'autre, n'a pas de lin, car elle doit se prolonger dans la fête éternelle du sabbat des sabbats qui en est la manifestation; c'est ce qu'exprime la célébration du dimanche, le premier jour de la semaine, celui qui succède au sabbat, et où le Christ par sa résurrection inaugura la création nouvelle qui n'est en réalité que la rénovation et la consommation de l'ancienne. Le repos de Dieu au septième jour, en efl'et, était seulement un stade vers cette fin. « .\ussi le Verbe, après avoir renouvelé la création accomplie en six jours, assigna-t-il un jour à cette rénovation : celui dont l'Esprit dit d'avance dans le psaume : « C'est le jour qu'a fait le Seigneur '. »
L'homélie De semente inexactement attribuée à saint Athanase comme la précédente, a été prononcée dans une assemblée du samedi. Dès les premiers mots de l'exorde, l'auteur fait observer que cette réunion n'a rien de commun avec le sabbat juif; elle a pour but de rendre hommage à Jésus « maître du sabbat ». Il ajoute aussitôt que le sabbat qui était autrefois en honneur a perdu sa dignité, car « le Seigneur a transféré le jour du sabbat au dimanche » : az-ibr^y.i ti b Kûf.o; t/,' tou (jïôSïTO'j f|[ji£pav EÎ; z-jp'.azrjv '. Affirmation hardie qui ne s'entend bien que du culte, puisque dans la suite de l'homélie l'auteur montre, d'après les enseignements du Christ et l'exemple des prêtres du temple de Jérusalem, que l'inaction n'était pas le but du sabbat. Le rédacteur des Constitutions apostoliques s'écarte en un endroit de cette tradition; commentant le décalogue pour les chrétiens, il applique le quatrième (troisième) commandement à la coutume qu'il semble avoir pris à tâche de propager : la célébration du samedi. Mais cette divergence est beaucoup plus apparente que réelle. En effet, on notera d'abord qu'en cet endroit le culte seul est visé : rivfotJ/.s SriUL'.o-jOYÎav Gsoij Siiçopov, iy/r,' Àaoouaav ôià XpiSTOu* za'i saooaTist; S:à "côv rau7ia£vov txv/ TOU "O'.stv, ou îiajsaacvov Se toj "oovoeïv. aaooaTtaijLOv i^EÀsTriç vo'^iov, où yEipùiv àpyt'av '. On observera ensuite que, dans une autre interprétation du décalogue, le même auteur applique plus loin ce commandement à l'action de grâces pour la création et la providence, que Dieu réclame « maintenant chaque jour de nous » : ' O aaîïaTiÏEiv oi' ipfioLç vojAOÛETr^sa; 8'.à Tr.v twv vo'awv |j.=À£Tr|V vîiv /.aO' f,jiÉpav È/.£À£'j5evf,[jLÎ;, àvaÀoYiïoaévouç OTjaîOupy'a; xai ::povo(aç voaov, EÙyaO'.îTêtv TfôOêtô*. Enfin il ne faut pas oublier que l'auteur des Conslitulions, tout en faisant du samedi une fête analogue au dimanche, donne à celui-ci une dignité bien supérieure à celle du samedi '. Son argumentation en ceci rappelle
t. II, pari. 1, Erlangen, 1890, p. 196 : elle est donc assez vraisemblal>lement de la même époque. — • Cunat. upnst., 1. II, c. XXXVI, 2. Cf. I. VII, c. XXXVI, 1, où même allusion :'i la création par le Christ, avec reprise de l'idée que le sabbat la commémore par un repos consacré ù la méditation des lois de Dieu; et ibid, 4, et. su!>ra, col. 928 : et C : le sabbat est pour les hommes ■loy.hn 'r.zr^rji^. a'.vo; elç Oeov EJ/ipiTTO;. — * L. VI, c. xxiii, 3. Cette prescription peut par conséquent s'appliquer au dimanche. En fait, au I. II, c. i.i.x, 3, l'auteur an\alganie en une seule phrase les molifs de célébrer liturgiquemcnt le samedi et le dimanche, laissant entendre, sembic-t-il, que ces motifs valent également bien pour le second jour que pour le premier, ou plutôt, qu'ils sont inséparables : la création > par Jésus • a pour suite la rédemption par ,Iésus (aïvov àvïTiiintovTE; Tiï) Oîi'i TiT) iT0ir,iiavxi -à oXa ô'.i ' ItiTOÛ 7.n\ aC-ifi si; r,)).»; £5a7rOTT£t>.avTi xai T'jvywpr.çavTi Tixh^r* */.at £/. vsxpfïiv àvaTTT.uavTi) ; certes, la célébration du samedi vise particulièrement la création, mais, en tant que prélude du dimanche, elle inclut les autres motils; et de même pour le dimanche, qui vise particulièrement la résurrection : cl « /or/iori, puisque le samedi lui est subordonné. Donc, dans les Conslitutiona les deux Jêles paraissent n'en faire (|u'nne. — 'L. VII, c. XXX VI, 6: '',>; inxvtov (les prérogatives du sahbnt) Y, /•jp-.axr, TTooO'/o-jTa : le dimanche en eflel ('(inirnéinore l'œuvre *iuo le mériiateur lui-môme de la créalinn (cf. ibid., c. XXXV, 10) a acct)mplic en personne pour les hoinnies.
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un peu celle de l'auteur de la Didascalic montrant aux judéo-chrétiens que le dimanche l'emporte sur le sabbat '. L'un et l'autre d'ailleurs s'accordent pour rejeter l'oisiveté sabbatique des juifs; mais on sait que la Didascalic ne contient rien sur la célébration liturgique du samedi. Il semble bien que pour propager cette dernière coutume l'auteur des Constitutions ait eu recours à des considérations personnelles d'une orthodoxie parfaite, mais peu traditionnelles. En elTet, autant qu'on en peut juger après examen des divers témoignages relatifs aux origines de la célébration chrétienne du samedi en Orient, cette coutume se présente beaucoup moins comme une fête indépendante en l'honneur de la création et de sa continuation par la providence, que comme une anticipation, un prélude du dimanche, et un dédoublement de celui-ci. Les deux fêtes sont toujours étroitement unies, mais avec un degré de dignité de plus pour la seconde, si bien qu'on peut dire qu'en Orient le samedi est au dimanche ce que le jeûne du samedi était, en sens inverse, au jeûne du vendredi, en Occident : une extension secondaire. S'il en est ainsi, l'auteur des Constiiutions ne parait pas qualifié pour rattacher le culte chrétien du samedi au culte juif parallèle en faisant abstraction du dimanche, qui est devenu le jour par excellence du culte hebdomadaire, et qui est aussi le jour chrétien le plus ancien et le plus universel, puisque l'observance tout orientale du samedi n'apparaît pas avant le milieu du IV" siècle.
Avant de quitter l'Orient, signalons encore une page curieuse du De fide orthodoxa de saint Jean Damascène ", où l'idée de l'équivalence cultuelle du sabbat et du dimanche se trouve représentée comme à l'insu de l'auteur. S'inspirant de la tradition antérieure, Jean Damascène part de cette idée que Dieu établit au Sinaï la loi du sabbat afin d'être honoré par les Israélites au moins un jour par semaine, la majorité d'entre eux s'étant montrée incapable de lui rendre le culte perpétuel auquel il a toujours droit. Mais sous la loi de grâce et de liberté il n'en sera plus ainsi : vénérant Dieu comme un Père, avec une affection pleine de zèle, les chrétiens se feront un devoir de lui consacrer tout le temps de leur vie. On s'imaginerait ici que l'auteur va faire provisoirement abstraction de la liturgie chrétienne avec ses fêtes distinctes, pour ne parler que de culte intérieur et de vie pure. Au contraire, la mention i de la loi de liberté qui abroge la loi de servitude, l'amène à écrire tout aussitôt ce qui suit : Kai ioftâïofjisv ->|v TîXsiav -r;; àv6pco;t!vri; sûoîfoç zaxïjiauaiv ifr\\iX 8= tï]v TTJç àv3tatâa£wç 7,a£pav, âv r| r,[i-àç 6 Kûp'o; 'Irjaouç, ô -ffi LOj^ç àpyriyo; xxi SwtTjp, £Î; xt^'i ènriyysXjjiÉvriv Toï; TïVEJjjLaTixtôç T(î> fc)£à) XaTpîûouat /.XTjpouytav v.ir^-^T.-^i'i'... Ce « jour de la résurrection » est le dimanche, qui succède au sabbat comme jour du « repos parfait ». Nous
en concluons que, dans la pensée de saint Jean Damascène, la célébration du dimanche est la manifestation ordinaire et l'expression la meilleure du culte continuel des chrétiens. Mais comme, de son propre aveu, le culte rendu à Dieu par les saints de l'ancienne loi était également continuel *, il en arrive, bon gré mal gré, à nous suggérer, comme l'avait déjà fait Origène, que, par rapport à ce culte perpétuel, le sabbat et le dimanche sont dans une relation analogue '.
En Occident, il ne semble pas que des considérations de ce genre se soient fait jour, d'une manière expresse, avant le commencement du vi= siècle. Cela tient à ce que les anciens écrivains latins voient avant tout dans le sabbat un jour de chômage ou de repos matérid. Pour cette raison ils ne sont pas enclins à le mettre i n parallèle avec le dimanche, jour de caractère essentiellement liturgique qui, pendant assez longtemps, ainsi que nous le verrons plus loin, ne s'accompagna d'aucune obligation de chômage analogue à celui du sabbat. Sous ce rapport, l'attitude négative de saint .Augustin nous a déjà sulTisamment renseignés. Et si l'on se demande pourquoi les anciens Pères latins ont à peine cherché à tirer du culte sabbatique des leçons morales qui les eussent amenés, comme en Orient, à comparer ce culte au culte dominical, la raison en est sans doute dans l'importance démesurée que les juifs donnèrent au repos matériel du sabbat, aux dépens de la sanctification proprement dite de ce jour, et aussi dans le fait que l'Écriture s'étend plus longuement et plus minutieusement sur l'obligation du repos sabbatique que sur la manière d'employer par le culte ce temps de repos. En conséquence, ces Pères se plaçaient au point de vue de leurs auditeurs ou de leurs lecteurs, et pressentant un danger d'imitation dans ce qui les frappait le plus, ils s'efforçaient de leur montrer que le repos sabbatique conçu à la manière juive n'était pas dans l'esprit de la loi nouvelle, qu'il avait été condamné par le Christ, et que les textes mêmes de l'ancienne loi sur la pratique de ce repos n'avaient désormais de valeur pour les chrétiens qu'aux sens anagogique et tropologique. Restait le précepte général du culte qui continuait en fait à s'observer dans des fêtes annuelles analogues aux fêtes juives (deux d'entre elles conservaient le même nom) et dans une fête hebdomadaire imitée comme telle du sabbat juif. Mais le constater était à la portée de tous et ne réclamait pas de commentaire. En réalité, ce que l'on tenait particulièrement à mettre en lumière, lorsqu'on opposait la sabbat et le dimanche, c'était la supériorité incomparable du repos où le second, en tant que jour de la résurrection, introduisait les chrétiens, et, conséquemment, la supériorité de ce jour sur le sabbat : la théorie du huitième jour succédant au septième, puis l'évinçant comme premier jour et comme principe d'une félicité
^ Didasc, c. xxvi"(Funk, 1. VI, |c. xvm,~ll);'F. Nau, La didascalie dca douze apôtres, Paris, 1912, p. 20S sq. Il s'agit, il est vrai, d'une priorité numérique, mais employée à établir une priorité de dignité. — 'L. IV, c. xxiii : Adversus Juda'os, de sabbato, P. G., t. xctv, cnl. 1201-1205. — •Col. 1205. — 'Col. 1201-1204. Le fait que Moïse, Élie et Daniel ont enfreint le sabbat par le jeûne (une marche de quarante jours s'ajoutant au cas d'ftiie) n'est allégué par l'auteur qu'en faveur du caractère essentiellement cultuel ou spirituel du sabbat, ainsi que le prouvent les exemples classiques qu'il donne à la suite : circoncision, solennité des Expiations, les prêtres du temple, le cas de l'animal tombé dans un puits, la marche de sept jours consécutifs autour de Jéricho. — ' Cela ressort particulièrement du dernier paragraphe de cette page (col. 1205) sur lesymiiolisme du nombre sept. D'après .S. Jcau Damnscéne, ce nombre, au contraire du nombre huit, qui désigne l'état de choses postérieur A la résurrection générale (d'après le contenu du ps. vi inscrit 71:^/1 r?,; o-fôôr,;), signifie • tout le temp^i jir/ sent .. « Aussi, ajoute-t-îl, la loi en prescrivant
de se livTcr le septième jour au repos des choses corporelles et de va'iuer aux spirituelles, faisait uiystiquement entrevoir au véritable Israélite capable de contempler Dieu en esprit, que tout son temps devait être employé à s'otTrir ti Dieu et ti se tenir élevé au-dessus des clioses corporelles. » On peut mentionner encore pour l'Orient, l'homélie E:; -rr ■J-a7ravTr,v, d'époque byzantine, où l'auteur prétend montrer, h propos de la circoncision du Christ oonuncnt le huitième jour chasse le septième: Inter opéra spiina S. Joan. C/iri/s., P. G., t. L, col. 807-80S. Il faut en outre rappeler l'édit déji\ cité (col. 883, n. fi) .le Théophile d'.^îexandrie qui a été écrit en vue de la célébration liturgique du dimanche, ainsi qu'en témoignent les mots par lesquels il débute : Kai 10 è'fjo; xai to r.pé-m 7,1x1; iTiaiT;; r.iiTi-< v.'jpiay.r,v T!!J.iv. za; èv zi'j-i) iiavr.yupi'siv.... C'est donc en tant que fête liturgique qiie le dimanche, ou huitième jour, ■ évince » le sabbat. Enfin, pour remonter encore plus haut, on notera combien notre information sur ce sujet se trouve rliniinnée par la perte du lUpi o-aooâto'j de Denys d'Alexandrie (Èusèbc, //. E., VII, .\xn, 11).
nouvelle retrouvée, ne va pas au fond à autre chose. Les deux exemples suivants achèveront de le montrer. Le premier est de saint Hilaire : Cum in sepiima die sabbati sit et nomen cl obseri'antia conslituto, lamen nos in ochwa die, quie et ipsa prima est, per/ecti sabbati felicitate lœtamur ■. Le second est de saint Ambroise commentant le titre du psaume xi.vii : Qiiid est enim « iecunda sabbati », nisi dominica dics quse sabbaium sequebatur ? Dies aulem sabbati erat dierum ordine posterior, sanctificatione legis anterior. Sed ubi finis legis advenit, gui est Christus Jésus..., et resurreetione sua octavam sanctipcavit; ccepit eadem prima esse, quif oelavn est, et octava quie prima : habens ex numcris ordine prserogalivam, et ex resurrectione Domini sanciitatem. Unde et in evangelio legimus oejteoiJ-oiotov sabbaium (Luc, v, 1), quod latine dicitur secundo primum. Ubi enim dominica dies cœpit prœcellere,qua Dominas resurrexeril, sabbaium quod primum erat, secundum haberi cœpit a primo. Prima enim requies cessavit, secundo successit. Unde et ad Hebrœos scribens apostolus, ait : a Postera ergo die restât requies populo Dei. Festinemus igilur inlrare in illam requiem » (Heb., iv, 9-11). Requies ergo vera jam non in operis cessatione, sed in resurrectionis est lempore ".
Cependant, avant le vi« siècle, on peut citer un rapprochement direct entre le sabbat et le dimanche dans le De die pasctia; et mensis de Julius Hilarianus, qui écrivait en Afrique à la fin du ix" siècle : Tertio vcro die illucescente jeria prima, quœ est post sabbaium Judœorum, dies dominica, sabbatam scilicet nostrum et verum Pascha '... Il s'agit, d'après le contexte, du dimanche de la résurrection qui est notre sabbat et notre Pàque en tant q\i'il commémore notre libération spirituelle, de même que le sabbat et la Pàque juive rappelaient la délivrance de la captivité d'Éjiypte. Cet exemple tout figuratif ne doit pas être pris dans le sens d'une assimilation du dimanche au sabbat : il est pourtant l'in-
' In Ps., prol., n. 12, éd. cit. . — ' Enarr. in P.':. M.YII, n. 1, P. L., t. XIV, col. 1201. — » Op. cit., xv, P. I... t. xiii, col. 1114. — ' Fn Append. S. Aiignstini, sermo cclxv, 3, P. L., t. .xxxix, col. 22:i8. Comparaison à rapprocher de celle que faisait S. Jean Chrysoslome opposant le soin des juifs à garder le sabhat à la négligence que mettent les chrétiens à venir 1\ l'église pour y entendre la parole de Dieu. P. G., t. LT, col. 17G, Adverstis cos qui ad coUeclain non occurrcrunt. En rapport plus étroit avec le passage cité de Césaire et peut-être en dépendance de celui-ci, voir : concile de Frioul de 796 ou 797, c. l.'î; concile de Rome de S26, c. 10; concile de Paris de 829, I. I, c. 50; et Capitulaire de Benoît le I.évite, lîaluze, Capitalaria regnni I-'rnncorum, t. i, col. 958, cf. 1138. Voir aussi le texte du ms. 'MVi de Reichenau, du ix» siècle, fol. 190, cité par Alfred Holder, Die Beichcnaiwr Ilaiidsdiri/ten, Leipzig, 1906, t. i, p. 417 : El si Jud.Ti in sabbalo niilla opéra servile non laciebant, qaanlo magis nos in die dominico niliil operare oportei nisi ad ef^Jesiam venire ad verbnm Dci audiendum, etc. — * P. / ., t. XXXIX, col. 2271, n. 2 (jusqu'.'i perlecta) et 3. — • La nnale du sermon (n. 5) paraît inspirée de la Régie de saint Benoit (Prologue, éd. C. Butler, p. 2, 1. 19-20. Comparer aussi n. 3 : Non négligat... reddere pensum serviUUis avec Reg., c. L, éd. cit., p. 89, 1. 8-9), mais celle-ci est contemporaine de Césaire, et pour des emprunts possibles do S. Benoit A Césaire, voir rentier, p. 179-180. Certaines relations de ce sermon avec d'autres homélies de Césaire s'expliquent sudlsamment comme des réminiscences d'auteur. Le pseiido- .\lcuin ne peut être mis ici en cause comme source, ainsi que nous l'indiquons ci-dessous. — ' Can. 30. Maassen, Concilin icvi merouinffici, 1893, dans Mon. Cerm.historica, Leges, sect. tu, t. i, p. ,S2. — ■ P. /,., t. lxxxiii, col. 760- 761 : cap. xxiv, de dominico die, 1, 2 (Dominicum diem — Speramiis »- Serai., n. 2); cap. xxv, de .wbbalo, n. 3 (Apparet autem — de c.t/o dolun esl — suite du n. 2 du sermon). Ces deux chapitres de S. Isidore ont passé dans le /.iber de plvinis nfficiis du pseudo-Alcuin (vers le x' siècle) où ils forment en rédaction abrégée le ch. XX VII, f/e dominica die(P.L., t. CI., col 1226-1227); de nicine, mais au long, dans le De
dice intéressant d'une absence de répugnance à rapprocher ces deux jours.
On peut en dire autant de la comparaison suivante de saint Césaire d'.'\rles, dans un de ses sermons : Omni die dominico ad ccclesiam convenite. Si enim injctices Judœi lanta devotione célébrant sabbatum, ut in eo nutta opéra terrcna exerceant; quanta magis christiani in die dominico soli Deo vacare, et pro animœ suœ salutc debcnl ad ecclcsiam convenire * ? Au contraire, l'assimilation du dimanche au sabbat est formellement déclarée dans le sermon ccLXXx de l'appendice des sermons de saint Augustin. On y lit, après une cnumération des prérogatives du dimanche : His enim speciebus ac lalibus indiciis, dominica dies exstal insignis. Ac ideo sancti doclores Ecclesiœ dccreverunt omnem gloriam judaici sabbatismi in illam transferre: ut quod ipsi in figura, nos celcbraremus in veritate : quia tune cril requies nostra vera, quando resurrectio fuerit perpetrata, et remuneratio in anima et corpore simul perfecta. — Observemus ergo diem dominicam, /rcdrcs, et sanctificemus illam, sicut cmliquis prœceptum est de sabbato, dicente Legislatore : « A vespere usquc ad vesperam celebrabifis sabbata vestra » (Lev., xxxiii, 32) '. Ce sermon est-il de saint Césaire ? A notre connaissance, on n'en a pas encore fourni la preuve, quoique, nous semble-t-il, rien intrinsèquement ne s'oppose, d'une façon sérieuse, à cette attribution '. Le tait que, du vivant de Césaire, le concile d'Orléans de 538 interdit de pratiquer le repos dominical d'une manière judaïque ', e.st plutôt de nature à la favoriser. Deux passages de ce sermon figurent dans le De ecclesiaslicis officiis * de saint Isidore de Séville, qui a été écrit vers 610. Quel est l'emprunteur •? Plus vraisemblablement saint Isidore qui se livre constamment à la compilation. Le second des deux chapitres d'Isidore où se trouve l'un des passages de notre sermon n'est qu'une mosa'ique de textes de saint .\ugustin et d'Origène '. Toujours est-il que
of)\ciis libcllus (imprimé en appendice aux œu\Tes de Bédé) dont ils constituent le premier chapitre (P. L., 1. xc.iv, col. 231-232). Dom <i. Morin a publié dans la Hevue fcénédictine, 1907, t. xxi\', p. 530 sq., un sermon De dominir^c obscruaiione qui fait partie du I.iber sermonum oPiciel servant -h la messe dans la liturgie de Tolède an % n' siècle. (Recueil analysé dans l'append. III du /.ihercoim'ciis de Tolède, Marcdsous, 1S93, p. 406-425, par le mcnie auteur, cf. p. 425.) Ce sermon est une adaptation latine du sermon attribué :) Pusèbe d'Alexandrie dont nous avons parlé plus haut, mais il contient une interpolation mise par D. Morin entre ci ochets, (oc. cit., p. ,531-532, 1. 10-44. Or, toute la matière de ce passage extra-eusébien se retrouve dans les deux chapitres cités ci-dessus du De ecclesiaslicis officiis de S. Isidore, mais dans une disposition différente. Si l'on divise ce passage en trois sections : 1. Et in hnr die — maii.'ia dominas pluil (I. lC-2n); 2. Dies inmen dominicus — in festivitate successit (I. 25-35); 3. Ut in eo • — primogenilus a mortais (I. 35-44), on constate que S. Isidore suit un ordre inverse (3, 2, 1) qui correspond pour 3 et 1 au développement du n. 2 dans le Serm. ccLxxx du ps. -Augustin, exception faite pour la finale de la section 3 (depuis Unde eliani, I. 40) étrangère ù ce dernier sermon. La section 2 est empruntée ù peu près entièrement à VEpisl. lv, de S. Augustin, n. ISct 23. Tout semble indiquer que l'inlerpolatcur avait devant les yeux le texte d'Isidorect qu'il l'nadaplé ; enelTcl, la relation étroite qui existe entre le ps.-AugusIin et Isidore s'oppose i\ ce que le texte de l'iioméliaire de Silos ait servi de source i\ l'évéquc de Séville. On constate d'ailleurs que le texte des deux auteurs y est tronqué au ilèl'ut des sections 3 et 1. Au surplus, rien déplus naturel ;) ce que S. Isidore soit ici la source, puisque l'honiéliaire. d'après r>. Morin (A lier comicii.s-, p. 413), a été composé vers le milieu du vu» siècle. — • C. xxv, n. 1 et 2 = S.Augustin, Ep.,L\\locis cit.; n. 3 = ps.-.\ug. .S'crni.,cc.Lxxx, n.2: n. •! en plus grande partie Origène, lloni., vu, in Exnd., 5 (seulement en latin), P.f;.,t. xil, col. 345. Voir une adaptaliim analoguede In même homélie d'Origène dans le sermon x.vv de l'append. de S. Augustin, P. /. , lac. cil., col. 1703 sq.
DIMANCHE
dans ce sermon les deux passages en question ne forment qu'un même développement s'aehevant par le texte His enim spcciebus — simiil perfecla cité plus haut. Or,, chose notable, ce dernier texte ne se retrouve pas dans saint Isidore, où les deux parties du développement sont séparées par des emprunts à la lettre Lvde saint Augustin. Mais si Isidore puise réellement dans le sermon pseudo-augustinien cclxxx, on peut expliquer l'omission du texte//(se;iim spcc/Vftds par le fait quela lettre lv de saint .Augustin lui avait déjà donné l'occasion de montrer que lafétedu huitième jouravaitsuccédé à celle du septième. Cependant, dans l'état encore imparfait des textes, notre intention n'est pas de trancher ce problème de critique : son exposé demanderait d'ailleurs des développements que cet article ne saurait comporter '. Ce qui intéresse notre sujet, c'est de constater comment saint Isidore modifie le texte de saint .Augustin sur les rapports entre le sabbat et le dimanche. Pour .\ugustin, il n'y avait, dans l'ancienne loi, que la célébration du sabbat qui fût ordonnée, car celle du « jour du Seigneur ou du huitième jour, qui est aussi le premier», ne pouvait commencer à avoir lieu (inciperct celebrari) qu'.i partir de la résurrection du Christ '. Isidore force légèrement le sens de ce texte en changeant inciperet celebrari en : in feslivitate successil '. Ce qui est marquer assez formellement que le dimanche prend la place du sabbat. On est loin cependant de la formule catégorique et très accusée du sermon pseudoaugustinien citée plus haut, où il n'est question de rien moins que d'un transfert 3 de solennité. Cette formule néanmoins n'est pas faite pour nous étonner après ce que nous avons lu chez des écrivains orientaux bien antérieurs, comme Eusèbe de Césarée ou l'auteur du sermon attribué à Eusèbe d'Alexandrie; et il n'est pas impossible que l'influence de ces écrivains se soit lait sentir en Occident '.
.\ partir du vi^ siècle, l'idée de la continuation du sabbat par le dimanche devient courante : elle s'exprime d'une manière particulièrement autorisée dans les lois et dans les décisions des conciles. Le concile d'Orléans de 538 ne la contredit aucunement; il s'oppose simplement à ce qu'on applique au dimanche la conception fausse que les juifs se faisaient du sabbat. Vers 560 Martin deBraga, dans son De cnrreclione rusli-
' Ce qui peut laire doute sur l'originalité du n. 2 du ; sermon pseudo-au^islinien cct-xx-s, c'est ceci ; \° les oeiix i morceaux qui se retrouvent à l'état séparé dans Isidore : j Dominicum ergo diem^spcramus, et Apparei autem — datum I est, se soudent assez mal, quant au sens, dans le sermon; ! 2» la Tmalc propre au sermon pour ce passage (His enim j speciebus — sinuil per/ectn) offre dominica dies. tandis que | dans le reste du morceau (texte des Mauristes) il yadomini- j lus dies; 3"" enfin, la formule d'introduction Apparei aiilem [ figure dans le passage d'Orijîéne auquel S. Isidore a emprunté ' la plus grande partie du n. 4 de son ch. xxv (exception laite ] pour cette formule, déjà insérée au début du n. 3): Apparei \ tiutem sextant diem nominiiri illam qua; anle sabbalum poni- , liir... ; et un peu plus loin : Ez divinis namque Seripliiris apparet, quod in die dominiea primo in terris dalum est manna. \ f )rigènc, loe. cit. Mais on sait que Césaire a emprunté lui aussi à Origéne; voiren parliculier, sous ce rapport, le sermon xxiv de l'appendice augustinien, qui paraît bien être l'oeuvTe de l'évêque d'.\rles. — ' Episl., i.v, n. 23. — ' C. .xxv. n. 2. — ' En preuve, l'adaptation du sermon d'Eusèbe d'.Mexandric dans l'homéliaire de Silos. Dom Morin, arl. cit.. p. 533- 53-t, remarque en outre que le compilateur des homélies dites d'Eusèbe, qui travaillait en Gaule au vi* siècle, a utilisé le recueil de sermons attribués à Eusèbe d'.Mexandrie, d'où, vraisemblablement, l'attribution de ce recueil à l'évë- <iue d'Émésc. On peut rappeler aussi que les 56 homélies dites d'Eusèbe d'Émèse contiennent des sermons de .S. Césaircd'Arles. Le n. 2 d'.; sermon pseu<Io-augiistinicnccLXXX a été utilisé au VIII» siècle par Pirmin dcReichenau dans son De singuUs libris cnrnnicis scarapsus, édité par C. P. Caspari, Kirchenhitloris:he Anecdola, Christiania. 18S3, p. 177. Cet auteur ne dépendrait pas d'Isidore s'il fallait se fier au
corum, reflète un état d'esprit en parfaite harmonie avec celui de ce concile '. Le concile de Mâcon de 5S5 ne craint pas de dire au sujet du dimanche : Jpie est igitur dies requielionis perpctuus, ipse nobis per septimi diri umbra insinunlos noscitur legibus et profclis '. Environ un siècle plus tard, on lit dans la Lex Alamannorum : Vt (lie dominico ncmo opéra servile prsesumot facerc, quia hoc lex proliibuit, et sacra scriplura in omnibus leslovil '. La Lex Baiuvariorum est plus formelle encore, en ce qu'elle invoque expressément les pajoles de l'Écriture sur l'interdiction des œuvres ser\iles «. Dans !e même esprit, croyons-nous, on emploiera le verbe safcfralizarc pour indiquer qu'une fête est 1 fériée ». On lit ainsi dans les statula de saint Boniface (an. 745) : Adnuncienl presbyteri diebus dominicis per annum sabbatirandum '... Le capilulam 13 du concile de Friou! de 796 ou 797 contient un éloge détaillé des prérogatives du dimanche où celui-ci est appelé catégoriquement le véritable sabbat du Seigneur. Le passage est trop caractéristique pour n'être pas cité : Ipsum est enim sabbalum Domini delicalum (cf. Isaïe, Lviii, 13), de quo scriplura dicil: Qui feceril in eo opus servile, id est peccali, morte morialur. Porro si de illo sabbalo dicerel, quod luclsei célébrant, quod est ullimum in ebdomada, quod et nostri ruslici observant, dicerrl tantum ' sabbalum 1) cl nequaauam adderet « delicalum » e/ >i meum'. Sed quia ditferentiam volait lacère inter illum et istum, quod est dominica dies, ideo addidit « meiim », ac si dicertt « meiim. non veslrum, delicalum, non in vestris observutionibus maculotum ». El ideo cum omni rcverenlia est a nobis honorandum atque colendum '". C'est encore le « précepte du Seigneur » qui est invoqué au concile de Reims de 813 contre l'accomplissement des œuvres servîtes le dimanche : Can. 35. Vl diebus domii^icis secundum Domini prseccptum nulla opéra scrvilia quilibcl pcrficiat^^... Pour conclure, nous citerons un texte très expressif du concile de Rome de 826, présidé par le pape Eugène II. Au capitulum 10 de ce concUe( De operibus in die dominico non faciendis) on lit le passage suivant où le dimanche est assimilé au sabbat d'une façon fort nette : ...Admonenda nobis nccessaria res existit et grandi comminalione populum cohercere, ne hoc die, divinam vocem obaudiens, servile opus audent exercere, quia « sex diebus fecil Dcus cselum cl lerram et
texte d'Arevalo tel que le reproduit Aligne, toc. cil, car celuici ne contient pas la phrase : in ipso (Pirmin : in eo) formata sunt etemenla mundi, du passage correspondant du sermon et de Pirmin; mais elle figure dans l'homélie de Silos, aussi bien que dans le De officiis libellus et le pseudo-Alcuin : elle remonte donc à Isidore. — ' Martin von Bracara's Schri/t De correctione ruslicorum, éd. C. P. Caspari, Christiania, 1S83, n. 18, p. 40-41. Cf. le can. 31 du concile d'Orléans. — • 'Can. 1. F. Maassen, Conc. c-Eiiiiiieroningiri, p. 165. • — ■ Tit. xxxviii. K. Lehmann, Leges Alamannorum, dans Mon. Germanix liistorica (leges nalionum Germanicaram, t. V, p. 1), 1888, p. 98. — 'G. H. Pertz, Mon. Oermania; liistorica, Legum, t. m, 1S63. Lex Baiuwariorum, lextus legis primas, Appendix, tit. i, p. 336 : Et si noluerit cuslodire pmceflum Domini, quia Dominas dixit : . Nulliim opus [.••ercile] facias in die sancio, neque tu, neque senms iaus, nepie ancilla taa, neque bos tuas, neque asinus t>ms, neque iiUasubiectoram >, etc. (cf. Exod., xx. 10, et Dcut., v, 14), éd. loh. Xlerkel. Cf. le Capitulaire d'.\ix-la-Chapclle de 789, c. 81. Omnibus. Slatuimus quoque secundum quod et in lege Dominas prœcipil, ut opéra servilia diebus dominicis non agantur... A. Borctius, Capitularegum Frnncorum, 1. 1 (1883). p. 61 (dans Mon. Germ. hisL. Legum. scct. 11). — • Stat. xxxvi. Mansi, Conc, t. xii, col. 386. Il s'agit des fêtes chômées en dehors du dimanche, mais le tait que le dimanche est l'occasion de cette annonce permet de lui appliquer ce terme : on cliôme les fêtes conmic le dimanche. Cf. (Capitulaire de Benoit le I.érite, Raluze, Capit. regum Franc, t. i, col. 9.55, et note de Baluze sur .^a(•^a(i:^re, ibid., t. 11, col. 1226. — " Mon. Gcrmaniic bislor., Legum, sect. m, t. 11, Concili a-vi liarotini, éd. A. Werminghott, pars I, 1906, p. 194-195. — " Ibid., p. 256.
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omnia quse snnl in eis, dieque. scptimo requicvil, qucm ben'dixU et sandi ficavit » (Exod., xx, 11) et Motjsi verba legis prsecipiens ail: « Mementote diei sabbati, ut sandifices et reqaiescas ta et quse tua sunt» {ibid., xx, 8; Deut., V, 14), d ut psnlmista admonet dicens : « Vacate et videte, quoniam ego sam Dominus. » (Ps. xlv, 11 '.) — ■ L'interdiction des œuvres serviles appuyée par le précepte sabbatique, telle qu'elle figure dans plusieurs de ces textes, appelle les réserves qui ont déjà été suggérées, et sur lesquelles nous reviendrons dans la section suivante. 2. Cfiômage et culte. — ■ De l'enquête qui vient d'être faite il résulte que l'ancienne tradition clirétienne, quand elle a jugé bon de mettre en parallèle le sabbat et le dimanche, n'a vu de relation réelle entre les deux jours que sous le rapport du culte. 11 nous reste à pai'ler des origines du chômage dominical, et des relations de celui-ci avec le culte chrétien -.
Toute fête universelle entraîne nécessairement avec elle la suspension du travail corporel et pénible qui est la besogne ordinaire de l'artisan : il en est surtout ainsi quand la fète'commémore un événement joyeux. C'est le cas du dimanche. Autant que nous en pouvons juger par les documents conservés, toutes les anciennes communautés le célébraient, et elles le célébraient avec joie en l'honneur de la résurrection du Christ qui eut lieu en ce jour de la semaine. "'A-coiaev Trjv fjijLépav tv' oyodrjv, dit le pseudo Barnabe, eî; vj-fpotsiwiv, Iv ï| zal 6 'Ir]aou; àvésTr) £/. vsy.pwv (Barn., xv, 9). .Mais aux premiers siècles de notre ère, les clirétiens qui ne sont encore qu'une minorité dans l'empire païen, n'y jouissent pas du libre exercice de leur culte. En conséquence, celui-ci ne se manifeste d'une façon collective et solennelle que dans de rares assemblées, d'un caractère plus ou moins secret. Ainsi les réunions « à jour fixe » de la lettre de Pline, qui comprennent, à n'en pas douter, celles du dimanche, se réduisent à deux, dont l'une a lieu le matin de très bonne heure, avant le lever du soleil, et l'autre le soir, à la fin de la journée. Or, dans l'intervalle, les chrétiens qui étaient pour la plupart des artisans au service de païens, se livraient évidemment à leurs occupations ordinaires. La disposition des deux réunions du culte aux points extrêmes de la journée en paraît bien la preuve. Les membres riches ou aisés de la communauté devaient sans doute se conformer à la loi du plus grand nombre. Cependant le besoin de donner au culte toute sa solennité, et aussi le désir de ne pas faire moins que les païens et les juifs qui, dans leurs fêtes, s'abstenaient des travaux coutumiers, cherchaient de plus en plus des occasions de se satisfaire. 11 semble que les chrétiens d'Afrique avaient trouvé une occasion de ce genre dès l'époque de TertuUien. Telle est, du moins, l'impression que celui-ci nous laisse dans le passage suivant de son De oralinne : Nos vero, sicu/ acecpimus, solo die dominicm rcsurredionis non ab isto (l'agenouillement) tantam, sed omni nnxielalis habita et officio cauere debemas dificrentes eliam negotia, ne quem diabolo locum demas. Tanlundem et spatio Pentecostcx, quœ eadem exallationis sollemnitate dispangitur^. Ce texte est important, car il présente les usages dont il traite comme l'héritage d'une tradition ancienne [sicut accepimas). On savait déjà iiar VAd nnliones et VApnlngé-
' Mon. Gcnnaniie hisliirica, Legiim, sect. m, 1008. t. Il, p. 557. — ' Nous n'avons pas ici à taire l'histoire du chômage dominical qui se rattache A l'histoire des instiliilions canoniques. On en trouvera les grandes lignes fort bien tracées par M. A. Villicn, dans son Histoire des commandements de Vti.ilisc, 2« éd., Paris, 1909, p. 59-10-t. Voir aussi, pour l'Orient, l'art. AnciA du P. Pargoirc, Diclionn.. t. i, col. 2809-2810. — ' De or., 23, éd. Wissowa.p. 19B-197. — • Cil. XXI (xxii), F. Nau, La didascalie des douze apôtres, 2» éd., Paris, 1912, p. 16.3; Funl<, Const. oiiosl.. V, x, 1, p. 264. — • Ibid.. M. Nau, p. 177 ; I"imU. ibid.. xx, 11, p. 298. Passage cité par S. Éplphanc, Ihrr., i.xx. 11, /'. G.,
tique que le dimanche était en Afrique, parmi les chrétiens, un jour d'allégresse; le De oratione ajoute un trait nouveau : il nous montre que l'on se faisait un devoir d'en bannir toute marque de préoccupation matérielle ou terrestre, au point de remettre au lendemain, toutes les fois que cela était possible, le souci des afiaires. « Nous devons éviter aussi (ce jour-là) toute manière d'être et d'agir qui dénote le souci; nous remettons même les afiaires à plus tard, de peur d'offrir des occasions au diable. » En effet, l'allégresse toute spirituelle du dimanche est incompatible avec une poursuite acharnée et obsédante de la fortune et des biens de ce monde, poursuite où les occasions de tentations sont du reste nombreuses. Néanmoins, la remise des affaires au lendemain ne paraît pas absolument exigée par la coutume {différentes etiam) : au milieu d'un monde païen et à une époque de persécution (celle de Septime-.Sévère) elle n'eût pas été possible pour la plupart. Le détachement intérieur qui produit la joie spirituelle et qui porte à s'abstenir des préoccupations matérielles est seul requis. Il est évident, en efïet, qu'il ne saurait s'agir ici d'un chômage strict. L'assimilation des cinquante jours du temps pascal au dimanche, dans ce même passage, en est encore une preuve. Cette assimilation montre aussi que le détachement des soucis et des affaires était ordonné au culte. La coutume en question est mise en effet sur la même ligne que celle qui défend de s'agenouiller, et l'une et l'autre visent à exprimer solennellement la même joie. Retenons donc de ce texte, le plus ancien sur le repos du dimanche, qu'au commencement du iii" siècle, en Afrique, on chômait le jour du Seigneur dans la mesure du possible, afin d'être à même de le célébrer dignement, et qu'on agissait ainsi conformément à une ancienne tradition.
Dans la seconde moitié du même siècle, la Didascalie, qui émane d'un milieu syrien ou palestinien, envisare la célébration du dimanche d'une manière fort approchante de celle de l'Église d'Afrique. C'est un jour où l'on se « réjouit » et où l'on se « délecte » *: un jour où il faut être « toujours joyeux, car celui qui s'alllige le jour du dimanche commet un péché '. » Mais, avant tout, c'est un jour de réunion liturgique, et le repos dominical consiste essentiellement à prendre part à celle-ci. « Et, au commun repos de l'assemblée, le dimanche, celles ou ceux qui sont ainsi (bavards, impudents, médisants), quand ils y viennent, ne sont pas attentifs, mais dorment, ou détournent la conversation sur autre chose... ; ils entrent vides à l'église et en sortent encore lilus vides, parce qu'ils n'écoutent pas pour recevoir ce qu'on dit ou ce qu'on lit dans les oreilles de leur cœur °. » Le ch. xiii du même document ' est une instruction au peuple pour qu'il soit fidèle à se réunir dans l'église. Or il n'y est question que de la réunion du dimanche, et, comme en Afrique, cette obligation y est présentée comme devant primer le souci des allaires. « Puisque vous êtes donc les membres du Christ, ne vous perdez pas vous-mêmes hors de l'église, en ne vous y rassemblant pas. Car vous avez le Christ pour chef, comme lui-même l'enseigne et le professe : Vous êtes participants avec nous ». Ne vous méprisez donc
t. XLII, col. 361. — • Ch. XV, éd. Nau, p. 125: Tunlf, IH, vi, 5, p. 192. l.e texte correspondant des Conslilutlons apostoliques est le suivant, pour le début du passage : Oj yàp èni côxoivov Tri; n-j-i^ytoyf,; àvi-«'jaa èv t/) yuiiixï) /.aTavT'iiiTi-/ ('.>; ot ivpyjY'ipoTe; (FunU, p. 193) ; et celui de l'ancienne version latine de In Didascalie, conservée Ici : Non enlm ad commune synagoiiœ re/rigerium in dominica die coniieniunt, ut vifjiirnt (Funlt, op. fi(., p. 192). — ' Nau, op. cit., p. 116-120; Funlt, p. 170-180 (II, i.ix-LXiii). — • Citation propre à la version syriaque. M. Nau (p. 110, n. 3) renvoie ici à II Pet., i, 4. Pour les autres allnsinris lillili<|iirs du passage, cf. I':ph., iv,
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pas vous-mêmes et ne privez pas notre Sauveur de ses membres; ne déchirez pas et ne dispersez pas son corps; ne mettez pas vos ajjaires temporelles au-dessus de la parole de Dieu, mais abandonnez tout au jour du Seigneur, et courez avec diliijence à vos églises, car c'est là votre louange (envers Dieu). Sinon, quelle excuse auront, auprès de Dieu, ceux qui ne se réunissent pas, au jour du Seigneur, pour entendre la parole de vie et se nourrir de la nourriture divine qui demeure éternellement ' ? » Un peu plus loin, dans le même chapitre, J'auteur de la Didascalie montre combien il serait honteux pour les chrétiens de négliger ce devoir, alors que les païens adorent « chaque jour, dès le matin », leurs idoles, et sont assidus à leurs réunions et à leurs fêtes; alors aussi que les juifs » vaquent un jour sur six et se réunissent dans leurs synagogues, et ne négligent jamais ni ne méprisent leurs assemblées, ni ne renoncent à leurs chômages -. ,> Le rappel du sabbat juil est ici d'autant plus intéressant qu'ailleurs le même auteur condamne formellement le chômage de ce jour comme aboli par le Christ, ne voyant dans le sabbat qu'un « symbole donné pour un temps », un présage du repos du septième millénaire '. Dans le cas présent, il l'envisage donc surtout comme jour de culte. Aussi bien, le travail des chrétiens ne doit être suspendu que dans la mesure où le culte public l'exige. Après avoir invoqué de nouveau l'exemple des païens et cité Jérémie, ii, 11, il ajoute : « Comment donc se justifiera celui qui s'éloigne et n'a pas souci de l'assemblée de l'Église? Si un homme, prenant prétexte d'un travail séculier, néglige (ses devoirs) *, qu'il sache que les arts des fidèles sont appelés travaux de surcroit, car leur véritable travail est la piété; faites donc vos métiers comme des travaux de surcroît, pour votre nourriture, mais que votre travail véritable soit la piété '. <■ Cependant, à la fin du chapitre, l'auteur fait observer qu'en dehors du temps passé à l'église la loi du travail ordinaire s'impose rigoureusement aux chrétiens : « Vous tous, fidèles, toujours et à toute époque, chaque fois que vous n'êtes pas dans l'éqlise, soyez assidus à votre travail durant toute votre vie. Soyez attentifs à ce qui est de votre charge, faites votre travail et ne soyez jamais oisifs '... Travaillez donc toujours, car la paresse est un vice qui n'admet pas de guérison. « Si un liomme « chez vous » ne «travaille pas, qu'il ne mange pas » (II Thess., m, 10). Dieu hait les paresseux, car un paresseux ne peut pas être un fidèle '. » Ainsi donc l'auteur de la Dtdascalie ne connaît de chômage, le dimanche, que celui qui est motivé par la célébration du culte.
Avec Constantin et la paix de l'Église, le dimanche obtint enfin les honneurs auxquels il avait droit : il devint une fête publique sanctionnée par les lois. Il ne parait pas douteux qu'en l'établissant ainsi Constantin obéissait par-dessus tout à une pensée religieuse et par là cherchait à favoriser le culte chrétien, a II établit aussi, dit Eusèbe, qu'un jour serait regardé comme spécialement destiné à la prière, relui qui est vraiment le maître et le premier des autres, parce qu'ilest le jour du
' Nau, p. 116; Funk, II, i.ix.2 et 3, p. 170 et 172. Voici le texte de l'ancienne version latine pour la phrase spécialement intéressante de ce passage: A'o/i/e ipsi vos neglcgere nec alienare salvainrem a membris suis nec scindere nec spargere corpus eius nec prœponere Dei uerbo nécessitâtes iemporariœ vitse ves- Irvetsed die dominicaomniaseponentes concurrile ad ecclesiam (loc. ci(.,n.2. Funk, p. 170). • Car c'est là votre lounnge ., ou « votre gloire », est une addition du syriaque. — ' Nau, p. 117; Funk, II,Lx,2 et 3, p. 172. Nous nous sommes écartés ici intentionnellement de la traduction de M. Nau. Le mot que nous avons rendu par « chômages » (Nau : • vanités .) est de même racine que le verbe traduit par • vaquer • au commencement de celte phrase. Ce sens est du reste appuyé par le grec correspondant des Consiitutions apostoliques loc. cit., n. 3) : oCôéhots iTïf.a3:ovT£; r, îtaf3Lij.:/.oCvTîc O'jtî Tf|; àovia; aC-.':>'/ ù-j'-E f?,; 5'jvï--Mvf ; a-JTi.iv. — - Cf. «iipra,
Seigneur et du salut » (Kai r.oÉpav c'eÙ/ûv T,fi'.aia: xa- Tâ/.Xr,Xov. Tr,'/ zjoiav à).TjO<ô; zai TTOWTriV Ôvt'jiç Kuf.azr|v T£ za! awTr|p>.ov, ouzj-.o'j) '. liusèbe nous apprend ensuite que l'empereur s'étant fait le maître en religion de sa garde personnelle, celle-ci vénérait comme lui le dimanche, et récitait en ce jour avec lui les prières qu'il aimait. « H engagea aussi tous les hommes, continue Eusèbe, à la même observance, lui, le bienheureux, qui s'était juré d'amener doucement l'humanité entière au culte de Dieu. Aussi donna-t-il avis à tous les sujets de l'empire romain d'avoir à chômer le jour auquel le Seigneur donne son nom (a/oÀr|V a-;Bvi -a'.; jn'jivjjjifj'.: Toô X'M-f,f'jç r,'j.ioi'.ç), et d'honorer également celui qui précède le samedi, en mémoire, me semble-t-il, de ce qui fut accompli en ces jours, selon la tradition, par notre commun Sauveur '. • La fin du chapitre et les deux suivants traitent de l'observation du dimanche dans l'armée de Constantin. Nous en avons suffisamment parlé plus haut'". Notons cependant encore que le but principal poursuivi par Constantin auprès des soldats chrétiens était de leur permettre de prendre part librement au culte : toi; [i£v Tf|Ç êvOéou çx£-€yo'ja; Tzitj-iwç, i/M/.j-ioç Tij izz).T)5!a ] Tot3 0SO1J zaji-£p£Ïv |i£T£Si3o'j cyo/.r,;, Èç' w Ta; sùyetç, I ^r;5£voç a-j-o'.i la-rjoûv •('.•[•lou.é'ivj, suvtîÀîîv ". Sozomène I a rappelé aussi les dispositions prises par Constantin I au sujet du dimanche, mais en se rérérant d'une manière plus explicite à la législation de l'empereur : « Il décida en outre- par une loi (âvcu.oO£-r,a£) qu'au jour dit seigneurial, celui que les jui.fs appellent le premier de la semaine et que les païens consacrent au soleil, et aussi qu'à la veille du septième jour, tous eussent à cesser de s'occuper des ailaires judiciaires et des autres aflaires, et à servir Dieu par des prières et des supplications. Il honora le dimanche parce qu'en ce jour le Christ était ressuscité des morts, et l'autre jour parce que c'était celui où il avait été crucifié ". » Le chômage du vendredi n'a pas laissé de traces, et il est vraisemblable que Sozomène mal informé se trompe sur ce point, du moins en attribuant cet usage à Constantin^", car, d'après Eusèbe, l'empereur ordonna seulement d' « honorer » le vendredi. Les deux jours ne sont par conséquent en relation que sous le rapport du culte ou de la prière, et tel est bien, d'après les deux historiens, la pensée principale de Constantin. On ne saurait donc, d'aucune manière, lui prêter le dessein d'avoir voulu instituer, le dimanche, un chômage pareil à celui du sabbat. L'empereur était, avant sa conversion, de religion païenne, et si quelque influence étrangère s'est ici exercée sur lui, ce n'a pas été celle d'une coutume juive, mais bien celle des coutumes païennes concernant la célébration des jours férié.s. Or la férié ou fête romaine, nous l'avons déjà indiqué, était par excellence un jour religieux, consacré aux dieux, où le repos n'avait d'autre but que de disposer l'homme au culte, en le détachant de la poursuite exclusive de ses intérêts matériels. Mais il s'en fallait de beaucoup que ce repos fût aussi strict que celui du sabbat.
col. 921. — 'Ou : l'assemblée. — 'Nau, p. 118 ; Funk, ibid., n. 5-7, p. 174. — ' Nau, p. 119-120; Funk, ibid., Lxni, 1, p. 178. — ' Le ch. xiii s'acliève par ces mots. Nau, p. 120; Funk, ibid., n. 5, p. 180. — • Vila Constantini. I. IV, c. xviii, P. G., t. xx, col. 1165. — 'Ibid. Lire d'après ^'aIois : ôp.o-.(i>: ôk xal Ta; <C Tipô ^> to-j (ja*/oi-o\j -.'.u.iw. Cf. I. A. Heikcl, Corpus de Berlin, Euscbius, t. i, 1902, p. 124. En raison du pluriel, qu'il y a lieu de maintenir ici avec HcilicI (contre Valois : tt.v t:oo t. t.), il n'est pas absolument sfir que les > jours ■ dont il est (|UCStion ensuite (phrase citée supra dans le texte) se rapportent aussi bien au dimanche qu'au vendredi : cela paraît cependant plus probable. Cf. Sozomène, loc. in/ra cil. — " Col. 9'4. — " Loc. cit.- — " llisi.eccles., I, viii, P.C.. t. t.xvii, col. 880- 881. — " Cf. la note de Valois sur F.us^bc, Mta Co/isl., (oc. cit., col. 1166.
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« Voici, dit M. Camille JulUan •, quelle était la règle de conduite de la vie rurale pendant les jours de fête: toute préoccupation de lucre, de gain nouveau, doit être écartée de la pensée humaine. Les jurisconsultes aimaient à le répéter ; l'homme n'acquerra pas, ne travaillera pas pour prodiiire, mais il veillera à conserver son bien et à taire face aux nécessités urgentes. On consultait Scévola sur ce qui était permis le jour férié. « Tout ce dont l'omission serait nuisible, » prononça-t-il, quod praslermissum noceret -. Les dieux avaient peutêtre, dans les temps primitifs, exigé de l'homme le sacrifice de sa vie entière, actes et pensées : moins sévères aux temps classiques, ils ne lui demandaient que de faire relâche, quies, à la poursuite de ses intérêts et à la recherche de son profit, que de leur consacrer le temps de repos conciliable avec le travail urgent de la terre '. — ■ -V la ville, la vie publique se trouvait régie, les jours de fête, suivant les mêmes principes. La loi suspendait la tenue des tribunaux les jours fériés; elle frappait de la même prohibition la culture de la terre et la poursuite d'un procès * : l'une et l'autre chose était au même titre la recherche d'un gain. i\Iais en cela encore on adoucit de bonne heure la rigueur des prescriptions primitives. S'il y avait accord entre les parties, une affaire pouvait être jugée dans le courant des fêtes ". On autorisa d'expédier certaines afiaires urgentes; toutes celles dont la remise entraînait quelque dommage pour la fortune, la liberté, ou la vie d'un homme '■ Les causes relatives à la liberté pouvaient être jugées, le magistrat procédait, même les jours de fête, à la désignation d'un tuteur ". C'était l'application à la vie civile du principe posé pour la vie rurale par Scévola : Lient quod prœlcrmissum noceret. » L'empereur Constantin connaissait bien cette tradition romaine, et il est évident qu'il s'en est inspiré en 321 dans ses deux lois sur le dimanche '. La première interdit ce jour-là dans les \'llles l'activité des tribunaux et l'exercice des métiers; mais, d'autre part, elle permet, à la campagne, la continuation des travaux agricoles, en raison des changements du temps atmosphérique; la seconde donne à tous, et particulièrement aux magistrats, l'autorisation d'affranchir et d'émanciper, le dimanche. L'inscription de Pannonie relative à la tenue des marchés le jour du soleil s'inspire certainement du même principe. A première vue, on pourrait croire celui-ci tout humanitaire, mais ce que nous savons sur le but principal de la loi fériale romaine et sur les intentions de Constantin, nous empêche d'y penser. Toutes ces lois partent de ce principe très sage que sans un minimum de bien-être et de liberté les devoirs ofTiciels de la religion ne peuvent être remplis soit effectivement, soit dévotement, par la
' Dict. de Darembers et Saalio, 1806, t. if, 2' partie, p. 1042-1043, art. Feria: — • Macrobe, Saturnalia, I, xvi,
11. — ' Par suite, il était permis de faire toute besome ad deos pertinens sacrorumi>e causa. Macr., I, xvi, 10, cf. n. 9-
12. — ' Ciccro, De lcgibiis,u, 22, riâ; Macr.,I, x, 5 et 0, etc. — ' Dige-it., II, xii, fi. — • Ibid., II, .xii, 2. II est permis d'affranchir et d'émanciper. — ' Ibid., XXVI, v, viii, ,3; cf. II, XII, 2. — ' Lois citées siipra, col. 874. On trouvera le texte complet de la première dans l'art. .Anf;i\, Dictionn., t. i,col. 2809. Sur l'expression venerabili die salis qui (\onne il cette loi un caractère religieux, voir plus haut, col. 874. — 'Toutefois la loi d'Honorius et de Théodose II sur les prisonniers (21 janvier 409) est purement charitable. Elle intéresse cependant notre sujet en ce qu'elle impose aux juges, le dimanche, une charge assez, lourde ; celle de se faire amener devant eux les prisonniers pour les interroger siu- la manière dont ils sont traités. C'est la preuve qu'on associait étroitement les devoirs de la charité aux devoirs envers Dieu, l'accomplissement de ceux-ci dOt-il en être gêné. La loi a par lA même un caractère religieux et se trouve bien dans l'esprit de celles qui interdisent de s'ab- "inrhrr !.■ iliiiinnchc dans des aHaires toutes profanes. Vu
majorité des hommes, et c'est à procurer ce minimum en faveur du culte qu'elles sont surtout destinées.
Il en est ainsi pour les lois sur le dimanche des successeurs de Constantin, en remarquant toutefois que les lois contre les spectacles procèdent en partie d'un autre principe. Toutes cependant ont pour but de favoriser de quelque manière le culte chrétien *. Nous avons cité ces lois plus haut ". Rappelons seulement ici, par rapport au culte, la loi de Gratien, de Valentinien et de Théodose du 20 mai 386 (nec dininam venerationem conjecla solcnnilate con/undal); l'édit des mêmes du 11 novembre 38G : celui qui se sera occupé le dimanche de procès ou d'affaires sera tenu pour sacrilège, quia sancla; reliqionis instilulo riluvc deflexerit; la loi de Théodose II du l«r février 425 : il faut que le dimanche et les jours de fête totit: christianorum ac fuielium mentes Dei cultibus occupenlur. Aucune de ces lois, de 321 à 42.^, n'exige un chômage absolu du dimanche: elles interdisent seulement ce qui serait de nature à accaparer les facultés de l'âme (procès, tractations commerciales, spectacles, etc.) aux dépens de l'attention et de l'attitude respectueuse que réclame le culte, tout ce qui tendrait à donner en fait à la vie civile la prédominance sur la vie religieuse.
Cette modération n'a rien qui doive étonner quand on voit un concile de la seconde moitié du iv« siècle, le concile de Laodicée ", ne réclamer le chômage du dimanche que dans la mesure du possible, et précisément après avoir interdit aux chrétiens le chômage judaïque du jour du sabbat. Le canon 29 de ce concile "est ainsi formulé : "Oti oj Ssî yo'.aTiavoJ; îojSaî^Eiv y.al h Toi saCôÎTco (j/oÀirE'.v, àXÀa ÈpYstïsaOa'. aÙTOJ; âv Ti; aÙTÎ; r;[i=Cje, -f|V 8; ■/.■jç,:a/.r,-/ npOT'.txwvTa; î'i'v; S'JvocivTO <sy oXâXf.' a>; ypaT-avot* îl oï eGoeÔ^îcv îo'JoaV^Taî. saT'oaav avâOc'j.a -apà Xp'.aTô). ' Que les chrétiens ne doivent pas judaiscr et se reposer le jour du sabbat, mais qu'ils doivent travailler en ce jour; qu'ils lui préfèrent le dimanche, et s'y reposent en chrétiens, si toutefois ils le peuvent. Si l'on décou^Te qu'ils judaïsent, qu'ils soient anathèmes au nom du Christ. » Ce canon est trop concis pour qu'on puisse déterminer exactement le genre de repos dominical visé par le concile: il s'agit évidemment d'un chômage beaucoup moins strict que celui du sabbat, mais étant donné que dans les canons 49 et 51 de ce concile le samedi et le dimanche sont mis sur le même pied comme jours liturgiques, on est tenté de supposer que le chômage dominical du canon 20 s'étend au delà du temps de loisir nécessaire aux réunions du culte. Cependant les Constitutions apostcdiques qui ont été rédigées, croyons-nous, vers la même époque, mais postérieurement", nous laissent une autre impression. .\ la dillérencc des documents précédents, les Conslitu-
rcste, clic contribuait à donner du relâchement et de la tranquillité aux prisonniers, le dimanche. — "(".ol. 875 sq. — " On voudra bien rectifier la date inevacte de 320 — celle de Raronius et de Mansi — que nous avons jadisallribuée:> ce concile: Dictionn., t. il, tMl. 73, 81. — '- Mansi, Conc, t, ii, col..'>70. — "Cf. F. "K. Vunïi, nie Zcilder .-\posloUschcn Konslilutionen, dans ICirchenge.Kcli. Abhandtiin<jcn iind Inlcrsiichungen. Paderborn, 1890, I. m, j). 3.Î9-372. Sur le concile de Laodicée, voir spécialement p. 3r>9-371 : rnnU date approximativement ce concile des environs de l'an 300. Les Conslitiilions, qui connaissent la fête occidentale de la Nativité du Christ (V, xiii, 1; VIII, xxxiii, C), laquelle lut introduite en Orient vers 380, sont, d'après le même, postérieures à cette date. Notons que la dnie du concile <lc Laodicée est distincte de celle des remaniements qu'ont subis les canons de ce concile. Sur ces remaniements voir .\. rïoudiuhon, Sotcs sur le concile de Laodici'c, dans les Comptes rendus du Congrès scientifique Internat, des catholiques tenu a Paris en 1888, t. ii, p. 420-427. Dans s(m édition des Cnnslilutions apostoliques (1905), t. i, p. 170, n. 3, Funli donne comme dates exlréinos de ce concile les années
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lions exigent bien qu'on chôme le samcJi, mais ce chômage est semblable à celui du dimanche, et l'on ne voit pas qu'elles envisagent explicitementd'autrerepos que le repos indispensable pour la célébration de la liturgie ou de l'oirice, soit le samedi, soit le dimanche. Nous avons observé du reste que l'auteur des Conslilutions et celui de l'interpolation des épîlres ignatiennes — très probablement le même auteur — condamnaient chez les chrétiens l'oisiveté manuelle du sabbat '. En cela ils sont parfaitement d'accord avec le concile de Laodicee. Voici maintenant le passage des Constilalions sur le chômage du samedi et du dimanche : ' Eiytji riajÀo; zaî è^îo lié-po^ oi^'iiiôu-^tia. 'Eoyatitï- Oojiav oi ooijÀot -évTE f,ijiipa;, sâSSaTOV o= za! z'jp;a/.f,v syoXaÎETwsav âv Tij â/.-/.),r]3''a ô'.à tv-jV Sioia/.aXiav -f\i lùiîôsiaç '. Les mots Év ttj Èz/.Àriaia jointe à o/oXaïÉTtooav méritent d'être soulignés. A notre sens, ils expriment précisément le genre de chômage que les Conxlitutioiis réclament, le samedi et le dimanche, c'est-à-dire un chômage tout ordonné au culte, celui que requiert la présence à l'église. On rapprochera ce passage de ces deux autres du même ouvrage : Ezâa-r,; f,ix£pa; sj/otôpoirsaOs opOpo'j zxl éjTZÉpa? t|<àÀXovr£; /.al j:po5;uyo(jL£voL Iv Toï; zup azoï;, ooSpo'j [jlèv àéyovte; i{iaÀu.6v Tov Çjj ', è'yr.éoïi; 5È rov pu.'. MâXiiTa ok âv tî) ^|ij.£pi tou (jaïôâtou zal Iv Tïj "OU x'jpto'j àva^TaŒiao) ttj zuo'.azrj CT^ouSaioTsp'o; à;TavTâT£, aivov àvara[j./:'jv:£; Ti5 t^sùi, etc. '. Il n'est question ici encore que de liturgie, et l'on voit dans la suite du passage que la liturgie du samedi et du dimanche est plus importante et plus chargée que celle des autres jours de la semaine. L'autre passage à comparer est le suivant : Iliv ixÉv-oi a(x65otTov aveu tou évoç (le samedi saint) zal rcàaav z'jpiazï)v èkitîÀoûvtïç o'jvoSo-j; E'jspaivsaO; *. Ces réunions qui sont une occasion de joie se font à l'église, ainsi que l'indiquent les deux précédents passages. L'église est ainsi le véritable lieu du repos et de l'allégresse qui con\iennent aux jours de fête. Aussi est-ce dans ce sens que nous sommes amenés à interpréter les termes àpY£;Tnj<jav oi wrJAo: appliqués aux fêtes distinctes du samedi et du dimanche, dans la suite du premier des trois passages cités des Conslilulions; d'autant plus que cette « argia » doit s'étendre à toute la semaine sainte et à toute la semaine de Pâques qui comportaient, comme on sait, une liturgie quotidienne; pour un si long espace de temps il serait difficilement question de jours fériés uniformes : le travail manuel se faisait vraisemblablement comme à l'ordinaire, mais avec la réserve très notable du loisir que l'assistance aux cérémonies de l'Église rendait nécessaire. Dans ces conditions, on ne pensera pas qu'il y ait opposition formelle entre le canon 29 du concile de Laodicee et les Constitutions apostoliques. La préférence que le concile demande d'accorder au dimanche n'a sans doute pas d'autre motif que cette priorité de dignité du dimanche sur le samedi qui est explicitement reconnue par les Conslilutions^. Quanta l'interdiction du chômage sabbatique, elle concerne exclusivement l'usage juif et ses excès.
;''Un passage des Lettres spirituelles de Barsanuphe et de Jean, cité ici même par le P. Pargoire ', illustre tort
' Col. 919 et 936. — ' Cnnst. apost., VIII, xxxiii, 1, 2; éd. Funk, p. 53S. — ' Ibid., II, i.ix, 2, 3, p. 171 et 173. Ce texte glose et modifie le passage cité plus haut (col. 944, n. 7) de la Didascalie^ où ce document ne parle que du dimanche (même genre de glose sur les réunions quotidiennes au n. 1, où le texte correspondant de la Didascalie ne traite des réunions du culte qu'en général). Les Const. ont laissé tomber l'intéressant oniniaseponenfcs de la DirfiMca/ie, [>'iur le remplacer par im (77TO".^oa'.OT;p(<); beaucoup moins expressif. — ' [bid., V, xx, 19, p. 301. La Didascalie (cf. sfjpra, col. 943, n. 5) ne parle ici encore que du dimanche, et tics heures de la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques qui appartiennent au dimanche. — ' Voir supra, col. 936, n. 5. — ' DictUmn. d'ardiéol. citréi., t. i, col. 2809.
bien cette conception large du chômage dominical. Interrogé sur la question de savoir si c'est un péché de travailler le dimanche, Jean le Prophète répond que •' ce n'est pas un péché pour ceux qui travaillent selon Dieu... mais que c'est un péché pour ceux qui travaillent par orgueil, par cupidité ou par avarice. » Il ajoute aussitôt qu' « il est bon le dimanche et les jours des fêtes du Christ et des apôtres, de s'abstenir des travaux et de se rendre aux églises, car telle est la tradition des saints apôtres. »
Une cinquantaine d'années plus tard, le synode nestorien dejésuyahb 1='' (580) s'en tient à une manière de voir analogue. « Quelques fidèles, est-il dit au canon 19 de ce synode, s'abstiennent, le jour du dimanche, de travailler ou de voyager jusqu'.a ce que [l'office de] J'Église soit terminé. Mais d'autres, soit pour une nécessité urgente plus forte que leur bonne volonté dédaigneuse, révoltée et indocile, comme des enfants désobéissants, traitent le dimanche, le jour du Seigneur, comme le samedi ou le lundi, et ne l'honorent point, c'est-à-dire ne veulent point s'honorer ce jour-là par la pratique des œuvres divines et de la justice qui est avantageuse et inadmissible. Ils travaillent par amour de l'argent qui fait pécher et n'est pas profitable '. » Les œuvres divines auxquelles il est fait ici allusion ont été énumérées un peu plus haut dans le même texte; ce sont « des hymnes, des cantiques spirituels et de pieuses lectures », et évidemmept aussi les réunions liturgiques mentionnées ensuite, dont aucun travail ou voyage ne peut dispenser. Dans la dernière partie du canon 19, ce synode se montre large pour les pécheurs de perles qui seraient obligés de se livrer à leur profession le dimanche; s'il y a vraiment » nécessité involontaire », ils sont exempts de péché en ne gardant pas ce jour.
A côté de ces prescriptions, on peut alléguer un fait positif et ancien que Palladius rapporte incidemment, sans étonnenient ni insistance, dans son Histoire Inusiaque (vers 419-420). Dans un monastère de femmes, à Antinoé de Thébaïde, une vierge du nom de Taor aimait tellement la clôture qu'elle se refusait à recevoir des vêtements neufs, afin de n'avoir pas à sortir. « En effet, dit Palladius, fouies les autres (religieuses) vont le dimanche à l'église pour la communion. Mais celle-là reste, vêtue de haillons, dans la résidence, assise sans interruption à l'ouvrage » (àSia/.st-Tto; âv tw 'Epyoj zaOEÇou.£vr|) ^.
Pour la suite de l'histoire du chômage dominical en Orient, nous renvoyons à l'article cité du P. Pargoire. On y verra que malgré la législation radicale de Léon V I (886-912), la conception large du chômage de ce jour n'a pas cessé de se maintenir dans ime bonne mesure notamment en ce qui touche le travail agricole. C'est une preuve de plus que le repos du dimanche, et aussi bien celui des autres fêtes chrétiennes, n'émanent lias directement du judaïsme, bien qu'au fond le but du repos soit le même dans les deux religions, c'est-à-dire favoriser le culte.
La même largeur de vue se manifeste dans trois témoignages occidentaux dont les deux premiers, il est
Ce passage figure au c. DCCLviii, p. 351, de l'édition citée des Lettres spirituelles; il a été aussi traduit par le P. S. Vailhé dans son article Jean le Prophète de Séridos, dans f.ctins d'Orient, Paris, t. viii, 1905, p. 157 : nous avons cité plus haut cette traduction. Sur les Lettres spirituelles de Jean et de liarsaniiphe, voir, du même, ibid., t. vu, 1901, p. 208-276; et sur .Snifi/ Barsanuphe, t. viii, p. 14-2.5, Tort, sur .Jean le Prophète, qui est cité supra : p. 154-160. — ' J.-B. Chabot, Si/nodicnn orientale, Paris, 1902 (Notices et cjclraits des manuscrits de la Biblioth. nationale, t. XXXVII), p. 447-41S lie la traduction. Texte syriaque, p. 189. — * Histoire tausiaque, Lix, 2, édition et traduction .\. Lucot, Paris, 1912. p. 360-361 : éd. Butler, Oxtord, 1904, p. 153.
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vrai, s'inspirent peut-être de la coutume orientale dont nous venons de parler. Le premier est de saint Jérôme dans son éloge de sainte Paule. On y voit qu'au monastère de Bethléem les religieuses se li\Taient le dimanche au travail des mains après avoir été à l'église : Mane, hora lerlia, sexta. nona, vespera, noctis medio per ordinem psalteriam canebani... Die lantum dominico ad ecclesiam procedebani, ex cuius habUabanl latere, et unumquodque agmen mairem propriam sequebalur ; alqiie inde pariier reoertentes instabani operi desirido et vel sibi vel ceteris indumenla jnciebant ^. Dans sa lettre xxn'', saint Jérôme écrit toutefois des cénobites d'Égj'pte : Dominicis diebus orationi lantum et leclionibus vacant : quod quidem et omni tempore conpletis opusculis faciunt '. — Le second témoignage est fourni par saint Benoît qui semble utiliser dans sa Règle la première partie du texte de saint Jérôme qui vient d'être cité. Il pose ensuite deux restrictions, l'une à l'égard de ceux qui accomplissent des travaux nécessaires, l'autre à l'égard des paresseux. A ces derniers, l'on doit assigner une besogne quelconque, sans doute une occupation manuelle, afin qu'ils ne restent pas désœuvrés pendant que les autres moines vaquent à la méditation ou à la lecture : Dominico item die leclioni vacent omnes, excepta his qui variis olJîciis députait sunt. Si quis vero ita neglegens et desidiosus fuerit, ut non velit aut non possil meditare aul légère, iniungatur et opus quod facial, ut non vacel '. Fout paiait indiquer que ces deux phrases sont en relation, et, par conséquent, que la seconde se rapporte au dimanche •. — Nous avons un troisième témoin de cette conception large dans saint Grégoire le Grand. Ayant appris que quelques hommes d'esprit pervers avaient voulu répandre à Rome des doctrines contraires à la foi {sanctee ftdei adversa) qui aboutissaient au chômage du samedi et à l'observation juda'ique du dimanche, Grégoire s'en indigne en ces termes dans une lettre ad romanos cives : Quos quid aliud nisi Anticlirixti prœdicatores dixerim? Qui veniens, diem sabbatum atqve domi- NicuM ab omni faciet opère cuslodiri^... Et dans la suite de =a lettre le pape réprouve, au même point de vue. l'idée qu'il soit défendu de se baigner le dimanche, quand on le fait pour un autre motif que celui de la volupté '.
Si nous revenons maintenant à la question de la lin du chômage dominical, nous voyons par des documents faisant chronologiquement suite à ceux qui ont été déjà cités sur ce sujet, que ce chômage a toujours pour but essentiel de créer une atmosphère favorable au
' Epist., cvm, n. 20, éd. I. llilbcrg. Corpus de Vienne, 1912, t. i,v, p. 335: P. I.., t. XX, col. 890. — ' Episl., xxii, n. 35, même éditeur, ibid., 1910, t. liv, d. 200; P. L., ibld., col. 420. Ce texte se continue par ces mots : cotidie de scriptnris aliquid discitur qui sont ti rapprocher du texte du même précédemment indiqué : psalterium canebant nec licebat cuiquam soronim ignorare psalmos et non de scripluris sanclis cotidie atiquid discere. Die tamen dominico, etc. — 'S. Benedicli régula, c. xlviii, éd. <;. Butler, Kriburgi Brisg., 1912, p. 86. — • Noter : Dominico item die... Si quis vero.., tandis que la phrase suivante n'a aucune particule de liaison : Fratribiis infîrmis aut ilelicatis, talis opéra aul ars iniungatur... Tous les paragraphes de ce chapitre (dont la phrase Dominico itcrn die commence le quatrième et dernier) débutent d'ailleurs d'une manière analogue. "Vou* les commentaires de la Règle : D. Marténe est pour la disjonction des deux phrases; D. Calmet aussi, mais avec hésitation. D. L'Hidllicr (1901) et divers autres sont pour la jonction. — 'Kpi'sfofrt-, lih. XIII, 1, /'. L., t. Lxxvii.col. 1253. — ' /6irf.,coI. 1254;cf. TUctionn., t. II, col. 81. En faveur de la même conception, II faut probablement citer S. Augustin, Epist., Ti\x\i,ad Casulanum, n.23,P.L., t. xxxni, col. 147 : Elsienim quia vêlera Iransieruni, cum eis transiitetiam carnalis vacalio sabbali :non tamen quia sabbato et dominico sine supersiiliosa vacatione prandemus, ideo duobus dominis scrvimus, quia et sabbati et domlnici unuscit dominus. Rigoureusement parlant, on peut
culte soit extérieur, soit intérieur. Nous ne considérons que les textes où il est explicitement question du but de ce chômage. Un des plus caractéristiques sous ce rapport appartient à l'homélie sur le jour du Seigneur attribuée à Eusébe d'Alexandrie. <■ L'obligation de célébrer le dimanche, dit l'auteur de ce discours, n'a pour nous d'autre raison d'être que de nous permettre, par l'abstention du travail, de prendre part au service divin et de fréquenter les chapelles des martyrs ". a Aussi ajoute-t-il qu'il ne faut pas attendre le dimanche avec le désir de s'y livrer à l'oisiveté ou à la dissipation qui conduit au péclié, mais bien dans la crainte de Dieu, avec le désir d'y prier le Seigneur et d'y participer au corps et au sang du Christ. Et nous ne pensons pas que cette manière de voir soit aucunement contredite par le passage suivant du même sermon : « ...Ce jour nous a été donné pour la prière et la purification du péché; pour la pénitence et le salut: pour le repos des travaux mercenaires et pour celui des esclaves ". » Ce texte, où la prière est d'ailleurs mentionnée d'abord, est à expliquer par le premier passage cité. Il faut, croyons-nous, en dire autant d'un autre que nous avons rapporté ailleurs ', et qui, dans le discours, a sa place après les deux précédents.
La préoccupation de la sanctification du dimanche par le culte est dominante chez saint Césaire d'Arles dans un texte déjà allégué '°, où l'on voit l'orateur faire une obligation de vaquer seulement aux choses de Dieu le dimanche, et d'y venir à l'église « pour le salut de son âme ». Le sermon cci.xxx de l'appendice de saint Augustin, qui est peut-être un sermon de saint i Césaire", est encore plus formel et plus expressif : ! Scicndum est, fralres carissimi, quod ideo a sanclis palri- I bus noslris conslilutum est christianis et mandulum. ut in I solcmnilnlibus sanclorum, et maxime in dominicis diebus [ otium habercnl, cl a terreno negotio vacarcnt, ut paroi iores I et promptiores essenl ad divinum cullum... Idcirco, fralres mei, non sit vobis moleslum, in dominicis diebus cl in ! nntaliliis sanclorum divino sludere cullui... Quiquc (dies) ideo dominicus appcUalur, ut in eo a lerrenis operibus vel mandi illecebris abslinenles, lantum divinis cullibus serviamus... Videamus ne olium noslrum vanum sil; sed ...sequeslrali a rurali opère et ab omni negotio, soli divino cullui vacemus... Venial crgo, cuicnmque possibilc sil, ad vesperlinam alque nocturnam cclcbralionem, cl orcl ibi in convcnlu EcclesiiE pro peccalis suis Deum. Qui vero hoc non possil, sallem in domo sua oret ... In die vero nullus se a sacra missarum cclebralione separet, neque oliosus
1 conclure de ce passage qu'en .\frique, au temps de S. .\ugustin, on se livrait le dimanche aux mêmes occupations I que le samedi : cf. ibid.. n. 24 : in illo (sabbato cnrnali) I vacalio temporulis jam supersiiliosa eonlemnilur. Toujours i est-il que nous n'avons trouvé aucun texte de S. Augustin i qui favorise le chômage dominical. Voir supra, § IV, 1 ' N. 4, Zahn, .Sfcizren, p. 325. — ' N. 6, Zahn. p. 328. — j • N. 7, cf. col. 935. Voir d'ailleurs, au point de vue du culte, I tout le n. 2 de ce sermon (p. 324) : le dimanche est céléliré ! en mémoire de l'institution de l'eucharistie ou du • repos : seigneurial » (d'où son nom de « jour seigneurial -) et <tc la
• Résurrection; et tout le n. 3, au début duquel on lit : " l.a
• semaine a sept jours; Dieu lui-même nous a donné six jours pour le travail, et l'un d'eux poiu- le repos, la prière et In déli^Tance (des liens) du mal. (Noter que dans le grec de
i Gallandi, la prière est nommée d'abord : eî; ^"-'"/V' ■'-*'• 1 i/ï-ïvT;/, /.ai '/Oriiv /a/Mv. P. G., t. i.xxxvi, 1, col. 4I(>). ' Lorsque tu as commis des péchés pendant six jours dans les 1 occupations terrestres, A la venue du jour du Seigneur, I pars de bonne heure pour l'église; va vers le Christ Seigneur et, dans les larmes, confesse-lui ii découvert tes j péchés. Fais pénitence dans la prière; reste pour l'ofTrandc ! du sacrince •, etc. (p. .321-325). —'«Col. 940. Cf. .'ierm., I cri.xxxi, dans App. S. ■■lug., n. 4 :... debeni (christlani) allen- ■ dere pretium suum, et resurreetionis die Oeo vacare, et de '. salute anima suie atlenlius cogilare. P. /.., ibid., col. 2278 (Sermon do S. Césaire). — " Cf. .^iiprn. col. 940-941.
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guis clomi remaneat cœleris ad ccclesiam peigenlibus... Ces dernières prescriptions sur le culte prive du dimanche, suppléant le culte public ou le complétant, sont par elles-mêmes opposées ù l'oisiveté sabbatique des juifs. Elles sont probablement impliquées dans cette allirmation d'un sermon césarien : Ad extremum si tolo die dominico lectioni insisiere et Deo siipplicare negligimus, non leviter in Deum pcceamus '. Dans le contexte de cette phrase, il s'agit de l'assistance complète à la messe, le dimanche et les jours de fête. Tous ces traits indiquent d'une manière marquée la subordination du chômage dominical au culte.
Cette subordination apparaît encore dans un canon du concile d'Orléans de 538 contemporain de saint Césaire, où l'on aurait tort de voir une réaction contre les enseignements de celui-ci; nous venons de constater, en efîet, que Césaire n'impose pas un chômage dominical de caractère et d'esprit judaïques. Le concile d'Orléans interdit qu'on considère comme iUicite d'atteler et d'aller en voiture le dimanche, de préparer de la nourriture et de veiller à sa propreté personnelle ou à celle de sa maison, ce qui, dit-il, est judaïque et non chrétien : qu.v res ad iudaicam magis quanj ad clnisleanam obscrvantiam pertenerc probidur. Cependant en dépit de l'édit constantinien de 321, et bien avant Léon VI en Orient, ce concile interdit le travail des champs, le dimanche : De opère tamen rurali, id est arala vel vinea vel seclionc, messione, excussione, exarlo vel sœpe, censaimas abstenendum. (On rapprochera cette phrase d'mie autre du sermon pseudo-augustinien cité plus haut : seqneslraii a rurali opère, etc.) Mais quel motif le concile donne-t-il de cette interdiction '? Simplement un motif de culte : ...abstenendwn, quo facilias ad ecclesiam venienles oralioncs gradie vacent '. Le concile de Màcon de 5S5 qui défend, le dimanche, les procès et les charrois ' ne conçoit pas une autre manière d'observer positivement ce jour que la célébration du culte : Esiole omnes in himnis et laudibus Dei aninio corporeque inlenti. Si qnis vex- Irum proximam habet eeclesiam, properet ad eandcm et ibi dominico die semelipsum prccibus lacrijmisque afpciat. Sinl oculi manusque vestrœ loto illo die ad Deum expanse *. Et à la fin du canon, le concile recommand'e l'observance de la vigile dominicale. Saint Grégoire le Grand, dans la lettre aux citoyens romains citée un peu plus haut, considère lui aussi l'obligation de la prière comme primordiale le dimanche, et il ne paraît envisager la cessation des travaux que comme la condition indispensable à l'accomplissement de ce devoir : Dominicorum vero die a laborc ierreno cessandum est, alque omni modo orationibus insistendum, ut si quid negligentiœ per scx dies agitur, per diem resurrectionii dominicee precibus cxpietur =.
Si l'on examine d'autre part les textes législatifs qui interdisent de se livrer le dimanche aux « œuvres ser-
* Serm., cclxxxi, loc. cit. — ' Concilia trvi merovingici, éd. K. Maassen iMon. Gerin. Iiistorica, Conciliait, i), Hannoverœ. 1893, p. 82 : Conc. Aurcl., an. 538, can. 3t (28). Comme nous l'avons déjà lait observer (col. 941), Martin de Braga, loc. cit., a parlé du dimanche dans l'esprit même de ce concile : Opus servile, id est agruni, patrum, vineam, vel si qaa grauia sunt, non facialis in die dominico, prietcr tantum qiiod ad necessitatcni rcficiendi corpitscnli pro exquoqiiendo pertinet cibo et necessilate longinqui itineris. Et in locis proxitins licet viam die dominico /arcre,non tamen pro occasionibiis nialis, sed pro bonis, id est ad toca sancta ambulare... suit une liste de bonnes œuvres ;\ l'égard du procliain; mais tout le paragraphe sur le dimanche est introduit par cette phrase (loc. cit., p. 40) : Pncparate uins vestras in bonis operibas; /requcntate ad deprccandam Dettm in ecclesiamv el per loca sanctoram. — ' Ou le labour : Nemo sibi talcm nccessitatem cribeat, quT iugam cervicibas iiwencorum imponere cogat. Conc. Matiscon., an. 5S5, can. 1. Alaassen, op. cit., p. Ifi5. — • Ibid. — ' Loc. cit., col. 1251-1255. — • C'est d.ans la seconde moitié du vu' siècle, semble-t-il, que l'expression « œuvie scrvilc « a pris le sens d'(euvrc profane de caractère
viles • ', l'on constate que cette dernière locution est mise la plupart du temps en opposition avec la mention de quelque acte de culte. Ainsi dans la Lex Alamannorum, oCi opéra servilia s'oppose à Deo vacare : Si aulcm... Deo vacare die dominico ncglexerit et opéra servile fecerit... Si aulcm super hœc inventus fuerit, ut die dominico honorem non inpendat el opéra servile fecerit... in servitio tradaltir et, qui noluil Deo vacare, in sempiternum servus permaneal '. De même dans le capitulaire d'Aix-la- Chapelle de 780 : Slaluimus... ul opéra servilia diebus dominicis non agantur... ut omnimodis honor et requies diei dominiae servelur. Sed ad missarum solempnia ad lerclesiam undique conveniant, et laudent Deum in omnibus bonis quœ nobis in illa die fecit '. Le canon 16 du concile d'Arles de 813 est ainsi formulé : A'e in dominicis diebus pablica mercata neque eausationes disceptationesque exerceantur el penitus a rurali et serviii opère cesselur, lus solummodo peractis, quœ ad Dei cultum el servilium pertinere noscuntur '. Le concile de Tours de la même année demande que l'on s'abstienne le dimanche de l'œuvre servile, et qu'on s'y hvre à « une manière de repos spirituel » consistant à louer et à remercier Dieu {...die dominica... qua oporlel omnes ehristianos a serviii opère cessare el quasi quodam spiritali olio in laude Dei et gratiorum aetione usque ad vesperam persevcrare) '". Nous avons vu plus haut le concile de Rome de 826 Interdire Vopus servile, le dimanche, en s'inspirant de la législation mosaïque sur le sabbat. Mais on se rend compte par la suite du passage cité que ce concile n'entend établir qu'un rapport d'analogie entre le samedi et le dimanche qu'il considère seulement comme des jours hebdomadaires de sanctilication, l'œuvre servile étant ainsi par-dessus tout celle qui empêche de vaquer au service de Dieu. Or si dans ce dessein Dieu a demandé aux juifs de s'abstenir de cette œuvre, et si ceux-ci s'y obligent encore avec tant de zèle, pourquoi les chrétiens, qui ont des raisons plus grandes d'honorer Dieu, feraient-ils moins le dimanche ? Et si populus Hebreorum cum tanla devolione hodie célébrai quod ei in figura Novi (lire Veteris, avec Werminghofï) Testamenli commissum est, quanto magis populus chrislianus diem sanelam resarreclionis Domini nostri lesu Christi et noslrœ redemptionis cum magno honore alque timoré débet obscrvare et non aliis vacare nisi oralione et ad ecclesiam Dei concurrens prœcepta divina cum reve- I renlia audiret toloque corde pereipere, credere et operari; I et corpus Christi, quod consecratur, digne studeant assu- I mère". La même opposition entre l'œuvre servile et le I culte se retrouve dans le capitulaire de Benoît le Lévite qui est environ de l'an 8-4.'5''. Le concile de Frioul de I 796 ou 797 emploie toutefois l'équivalent opus terrenum [ pour signifier cette opposition; la raison en est probablement que dans le même canon " opus servile est encore entendu au sens de saint Augustin : opus servile
absorbant; en preuve, Martin de Braga, De correct, riistic, 18, et la Lex Alomannorum citée ci-dessus. Cotte conception s'éloigne de l'interprétation toute spirituelle de S. Augustin, chez qui l'œuvTe servile désigne le péché (cf. supra, col. 921)), mais elle se rapproche de la conception primitive que nous avons trouvée dans S. Irénée et dans Tertidlien, d'après laquelle l'œuvre servile désigne tout ce qui nuit aux intérêts de l'ame; elle la rejoint même du moment que l'on considère le culte sous le rapport de ces intérêts, .\ussi bien indiq\ions-nous ci-dessus que c'est principalement ù ce point de vue que l'Église s'est placée pour condamner l'œuvre servile, le dimanche.— ' loc. cil. — ' Boretius, Capilul. re». Franc, t. i, p. 81. — ' Werniinghofr, Conc. aevi karolini, 1. 1, p. 252. — " Can. 37, ibid., p. 291 . — " Ibid., t. ii, p. 557-55S. — " Balu7.e, Capit. reg. Iranc, 1. 1, col. 993. L'expression opus servile opposée aux œuvres du culte figure aussi dans le canon 15 (cf. canon 11) dece concile de Rouen que d'aucuns datent de l'année 650, d'autres de la seconde moitié du i.V siècle. Cf. Hctcle-I.oclercq, //is(. (/es foiic. t. m n, p. 287-289; la seconde date parait plus probable. Texte dans Mansi. Conc, t. x, col. 1202-1203. — " C. xiii.WermingliolT, ap.cit., t. i.p.lOl.
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id est peccati. Ce concile insiste beaucoup sur !e culte dominical : ...abstinerc primuin omnium abomni peccato et ab omni opère carnali, ctiam a propriis coniugibus ' et ab omni opère terrcno cl nihil aliad vacare nisi ad oralionem. concurrere ad ecclesiam cum summa mentis devotione, etc. Également le concile de Paris de 829 qui parle seulement de l'aListention des opéra ruralia: ...Si ergo ludœi ...sabbatum earnaliter custodirntes eo die, nalla poleslate terremi compcllenie, ab operibus ruralibus se abstinent, quanta maijis Cbristi gratia redemptis convenu, ut eo die, quo aiictor vitœ resurrcxit eisque spem resurgendi eonccssit, ab his, quse prœmissa sunt, se abstineant et solummodo spirilalibus gaudiis rcpleri canticisqw: lujmnigeris et laudibus cœleslibus tcto cordis adnisu vacare satagant ...Decel igitur, utcodie clirislianus divinis laudibus, non ruralibus vucet operibus -. Touchant le culte et le chômage du dimanche, citons encore, en dehors de la susdite opposition de termes, le canon 14 du concile de Cloveshoë de 747 : ...ut dominicus dies légitima a cunctis celebretur; sitque divino lantum cultui dedicatus ^,- et un cupituliim qui paraît être de l'époque de Cliarlemagne, et destiné aux missi : Admonendum eit, ut populi cri.'.tiuni diebus dominicis vacenl orationi cl nulla opéra non faciunt *.
De tout cet ensemble de témoignages il résulte que le dimanche a été essentiellement institué pour être un jour de culte extérieur et intérieur, de liturgie et de prière, une occasion pour le chrétien de se détacher, au moins une fois par semaine, des soucis absorbants de la terre et de s'occuper des choses de Dieu; bref, un nio\ en de faciliter à l'homme l'accomplissement de ses devoirs religieux. Le repos dominical avec le bien-être matériel et social qu'il amène avec lui n'a pas d'autre lin dernière; l'examen de l'ancienne tradition chrétienne nous l'a montré. Conçu de la sorte, c'est-ù-dire comme un jour de sanctification hebdomadaire, le dimanche rejoint et continue le sabbat, non pas le jour d'oisiveté superstitieuse des pharisiens et des docteurs de la Loi, mais le sabbat tel que le Christ l'observait et le voulait voir observé, qu'il n'a pas aboli, mais que l'Église apostolique inspirée de son Esprit laissa toml;er, dans les circonstances que nous avons dites, pour consacrer désormais à sa place le jour de la semaine où le Maître avait triomphé de la mort. Nous avons vu que cette idée de l'équivalence cultuelle du sabbat et du dimanche était aussi représentée d'une manière sérieuse dans l'ancienne tradition, alors que cette même
' Sur cette interdiction, voir A. Villien, Hisloire des commandements de l'Église, p. 79-80. — 'Cl, Weniiin- !/holI, o;j. cil., t. II, p. 643-G44. Comme on peut le voir par I;i dernière phrase citée ci-dessus, niralin opéra est une expression compréhensive; en fait, ce canon défend aussi (p. fi43) les marchés, les plaids et les charrois. — • Mansi, Otnc., t. xii, col. 399-400. — • Boretius, Capil. reg. Franc., t. i, p. 181, d'après un manuscrit du Vatican, Vat. Reg. .52», toi. 108 v», contenant 9 capitula : celui que nous avons cité est le premier; le 2' interdit, le dimanclic, les spectacles, les marchés publics et les plaids. P.orelius date approximativement ces capitula de l'an 813 (V). Au capiluluni wiv de Théodulphe d'Orléans (f 821) : De obscrvunlia diei doniini'ri, il est dit que l'observance du dinianciie doit être telle, itt pruter oraliones, et niissarum snlemnia, et ea quip ad uescendum pertinent, nihil atiud fiai. Nam et si nécessitas Inerit navigandi, sive ilinerandi, licentia datitr, ita dtintaxat, ut honim occasione missa et orationes non pnclcrmittantur. P. /.., t. rv, col. 198. Voir aussi Icc. xxxv du concile de Irihur de 803, ibid., t. Il (Rorelius et Krausc), 1897, p. 233-234 : Diebus vero dominicis et sanctorum /estis vigiliis et nrntionibtis insistendum et ad missas cuilibet chrisliano cuni oblationihns est currendiim et lanlummndo Deo uacandiim. — * .Soit, par exemple, ce passape de S. Éphrem sur le dimanche qui fait suite :'i celui que nous avons cité plus haut, col. 9.34 : .Sunt obscriianti:r, fraîres, quas non expedit servare. Ccssatio tib inigiiilatibns hœc est qun' iuvat /eriantem. J.ex pr.TcipH quielcrn dnndam semis cl animalibus, rt servi, ancitlœ et
tradition combattait avec force le lurnicntc sabbatique des juifs, et s'opposait, par là mtme, à toute imitation de ce genre dans les fêtes chiétiennes.
C'est pourquoi l'on doit se tenir sur ses gardes si l'on vient à rencontrer quelqxie texte d'auteur chrétien semblant impliquer que le repos matériel est la fin principale du dimanche. En réalité, nous croyons que cette impression ne peut être obtenue que par une fausse interprétation : soit que l'on détache un tel passage de son contexte, soit qu'on fasse abstraction de la pensée générale de l'auteur, ou, si c'est le cas, des autres passages du même auteur, ou du même document, où il est parlé du dimanche ".
V. Coutumes anciennes. • — Le dimanche étant le jour liturgique par excellence, celui qui par son retour perpétuel exprime et résume le culte perpétuel de tous les chrétiens, on peut s'attendre à ce que la plupart des :.ctes liturgiques ordinaires de la vie chrétienne aient été compris dans sa célébration, et aussi bien à ce que certains rites extraordinaires lui aient été réservés, soit à cause de sa solennité, soit pour des motifs de commodité. Il est également naturel qu'en raison de son caractère joyeux on ait tenu à en écarter toute pratique éveillant une idée de tristesse ou de pénitence. Ces actes, ces rites, ces pratiques sont étudiés à part dans la suite des articles de ce dictionnaire. 11 ne saurait donc être question d'en parler ici en détail. On se contentera de les considérer par rapport au dimanche, dans une nomenclature rapide qui fournira comme un tableau d'ensemble des principales coutumes liturgiques du dimanche antique.
Parmi ce? coutumes il convient de placer en tète de liste la proliibition du jeune et celle de ia prière à genoux : coutumes très anciennes et très générales, mais surtout des plus caractéristiques. Elles s'appliquent, il est vrai, à tout le temps de l'antique Pentecêite, qui correspond à notre temps pascal, et dès l'origine, semble-t-il, de cette dernière institution; mais on n'a pas de peine à voir que celte application tirait toute sa raison d'être dii fait que le temps pascal était considéré comme un prolongement du dimanche de la résurrection. Quant à l'usage oriental de ne pas jeûner le samedi, même durant le carême, il s'explique, semble-t-il, d'une manière analogue en vertu de l'attirance du dimanclie. D'ailleurs nous avons indiqué plus haut que l'acceptation universelle du samedi, comme fête hebdomadaire, a été relativement tardive
mercenarii a tubcre cessent. Diun aidem requiesciint rorpora ! nnstra, cessant quidem a laborc, al die qiiictis plus peccamus I quam cœteris aiebus; dum ab aqris abstincmus et a laboce ' cessamus, ingredienles offtcinas et dumos strcnuani dumnU' I lioni naiiamns opérait). Peccala quibus labor fmem imponit ! lerians commiitil. Ne corporc lantum diem salutis colalis. Dies dominica sancla est, etc. L'ensemble du passage, et particulièrement la dernière phrase citée, montrent bien que ie chômage dominical est destiné à servir les intérêts spirituels du chrétien. On arri\crait A une solution tout autre si l'on omettait de citer les deux premières phrases cl la dernière. Par tout le discours, ainsi que par la Par.incjis XI. I du même, on voit du reste qu'Éplirem con-^idèrc avant tout le dimanche comme un jour de liiur^'ie cl de prière. Même remartiue pour la phrase suivante du 't eslamentum Domini. lih. 11, c. xii (éd. Kahmani, Mayencc, 1899, ii. 13")) : Qui oneribus laboris gravanlur, se-^c recréent aliquanUilum diebus penlecosles, et quavis die dominica. Rllc est rrécédèc I de celle-ci : In pentecoslc nemo jciunel, neque genua peclal : sunl enim illi ilics quielis cl licliliii; ipii marque le caractère lilurwque de ce temps de la Pcnlcc''>lc dont les priviléj^es sonl ceux du rtinianche. (Sur le dimanche, couinie jour lilur;;i(|uc, voir ibid., 1. xxii, p. .33, 3.'j: Nxviii. p. 117.) CI. encore, au mfnic point de vue, les deux passades suivants de S. .ïeon Chr>*soslome où il est question de la cessation ilu Iravail. le dimanche: IIoêu. declccmusuud, n. 3, P. U., t. i.i, col. 211.5, cl honi. XLiii, In ep. 1 ad Cor., n. 1, P. G., i. LXi, col. 3ii7 : le contexte indique que le hul de 1 cette suspension est d'ordre spirituel.
DIMANCHE
cil Orient, er, que ce jour y a toujours eu une cli^snité inférieure à celle du dinianclie. On a une preuve très frappante de cette infériorité dans le fait cjue l'interdiction de la prière à genoux ne s'est pas étendue à ce jour, mais est demeurée propre au dimanche '. Au temps de Tertullien, quelques chrétiens d'Afrique Icntcrent d'introduire cette coutume le samedi (en dehors du temps pascal) : d'où des discussions entre les fidèles ^ Par ailleurs, la prohibition de jeûner le samedi aussi bien que le dimanche existait dans la même Éplise : les montanistes eux-mêmes exceptaient ces deux jours dans leurs semaines de xéroph.gie '.
1" Inkrdiclion du jeûne. — Cette interdiction est formulée par les documents canoniques ou conciliaires suivants : la Didusculie ', le concile de Gangres ', les Constitutions apostoliques ° et les Canons apostoliques \ le pseudo-Ignace ', le Syntagnia doctrinee. ', le Testamenluni Domini^", le concile in Trullo^'-, le concile de Saragosse de 380 '-, le concile d'Agde (506) ", le IV" concile d'Orléans (541) ", les Statuta Lcelesia; antiqua ", le concile de Eraga de 563 ", le Pénitentiel de 'i'héodore de Cantorbéry ", les conciles d'Aix-la- Chapelle de 816 " et 836 ". Parmi les auteurs ecclésiastiques qui témoignent dans le même ; ens, nous avons déjà cité Tertullien =". Il faut y joindre saint Hilaire -', saint Épiphane --, saint Jean Chrysostome ", Palladiur ", saint Ambroise -', saint Augustin -', saint
' Cf. ci-dessous, col. 959. — ' Tertullien, De omtione, 23, éd. Wissowa (Corpus de Vienne, t. xx), p. 196. — ' Id., De iehmio, 15, ibid., p. 293. — ' C. xxi, éd. Nau, Paris, 1912, p. 168; c. XXII, p. 177-178. — ' Can. 18. Mansi, Cane., t. ii, col. 1104. Concile tenu vers 341 ou 343. — « Lib. V, c. xx, n. 19, éd. F. X. Funk, t. i, p. 301. CJ. pseudo- Ignace, Philip., XIII, 3. Lib. Vil, c. xxiii, n. 2 et 3, Funk, op. cil., p. 408. — ' Can. 64. )-iink, ibid.. p. 582-585. Voir aussi les Canones Nicœni pseudepigraphi, éd. P. Batiffol, Revue arehéitlngique, Paris, 1885, IIP série, t. vi, p. 137-138, § VI. — * Ad Plnlippenses, xiii, 3, où il est dit avec exagération : Va ti; y.uptaxYiV Y| fràoêaiov vr^riTEÔsi tiày^v évÔ; "îOififictTOU (le samedi saint), vj-o' -/pi^rioxirivo; èo-tiv. F. X. l'unk, Opéra Pairum aposlolicorum, Tubingsc, 1881, t. ii, p. 120. — » P. C, t. xxxvin, col. 840. Voir encore les canons d'Athanase, g 92 : Les religieuses doivent rompre le jeûne après l'eucharistie dominicale. The canons of Atlianasius o/ .Mexandria, éd. by W. Riede! and W. E. Cruni, London, 1904, p. 59. — '• II, 12, éd. Rahmani, Moguntiaî, 1899, p. 135. — " Can. 55, Mansi, Conc, t. xi, col. 969. — " Can. 2, ibid., t. III, col. 634.— " Can. 12, ibid., t. viii, col. 327.— » Can. 2, ibid.. t. IX. col. 113. Maasscn, Conc. a'vi merovingici, p. 87. — '• N. 77 (64), P. L., t. Lvi, col. 886.— " Can. 4, Mansi, op. ci(., t. IX, col. 775. — " XI, 2 et 3, Wasserschleben, Die Bussordnungen der abendlàndischen /\(>c/je. Malle, 1851, p. 195. — '* Can. 68 réitérant le canon 18 du concile de Gangres. A. WermingholT, Conc. œvi karolini, pars I, p. 365. — ^* C. m, can. 17, Werininghoff, op. cif., pars II, p. 722. Le concile de Tribur, c. v, édicté que l'assassin d'un prêtre devra jeûner chaque jour jusqu'à vêpres exceptis dontinicis et diebus fe.'ilis. Boretius et Krause, Capitularia reguni Francorum, t. II, p. 217. Cf. c. LV, ibid., p. 242 : même législalion pour les assassins en général, d'après une deuxième rédaction de ce texte. — " Au passage cité du De ieiunio il faut ajouter celui-ci plus formel encore du De corona, c. IV : die doniinico ieiunium nefas ducimus... P. L., 1. II, col. 99. — " In Ps., prol., 12, P. L., t. ix, col. 239. — ■- Expos, fidei, c. xxii : les vrais ascètes ne jeûnent jamais le dimanche, P. G., t. xlii, col. 828. — " Hom.,ii.i,inGenes., 2 : relaxation en carême, P. G., t. lui, col. 92. — " Ilial. lausiaque, éd. A. Lucot, Paris, 1912, xviii 14 (éd. Butler, Oxford, 1904, t. II, p. 52, 1. 26);xx,2 (Butler, 63, 9);xLvin, 2 (Butler, 142, 18). Cf. xiv, 3 (Butler, 38, 9). — " De Elia el ieiunio, c. x : pour le carême, P. L., t. xiv, col. 743. — " Epist., .xxxvi, ad Casulanum (sur l'usage romain),n. 3, 10, 19, 21, 28 (d'après S. Augustin, Act., xx, 7-11, montre que les apôtres n'avaient pas coutume déjeuner le dimanche), 29, P. L., t. xxxii, col. 137, 140, 145, 146,149, L'iO; L;p.,LV,a(; .lanuarium, n. 28, P. I.., i(;iV/.,col.21S. — =• Diahtgus contra l.uciferianos, n. 8, P. L., t. xxiii, col. 172. — " Insliluliones, I. III, c. IX, P. L., t. XLix, col. 146. Cf. c. XI et xii, ibid..
Jérôme -', Cassieu ■', et tous .eux qui ont condamné les hérétiques qui jeûnaient le dimanche. Ces hérétiques sont principalement les manichéens =•, les eU-Stathicns "°, les aériens ^', les priscillianistes ". Le commentaire de saint Hippolyte sur Daniel parle d'hétérodoxes iv aaoÏ7.To) zal zupia/.fj r.o'/.'i.iy.ii vrjiTîiï.v o^i'^o'/ts; ", mais ce texte ne nous semble pas d'une sûreté absolue : il est possible que dans l'original il n'ait été question que du samedi". 11 ne s'agit pas en tout cas des montanistes, ainsi qti'on l'a vu plus haut par Tertullien". Peut-être les marcionites sont-ils visés '". — Dans l'histoire de saint Pakhôme publiée par Amélineau il est question d'hérétiques qui jeûnent le dimanche sans recevoir le corps du . Seigneur, et disent : « Si nous le recevions, nous romprions et nous adoucirions le jeûne ". » Nous ne savons si ces hérétiques peuvent être déterminés avec certitude. — L'interdiction du jeûne le dimanche n'a eu dans l'Église un caractère absolu que dans la mesure où cette pratique anormale s'inspirait d'une intention anticatholique, soit qu'on ait voulu faire échec à la coutume générale, s^it qu'on ait eu dessein d'atlaqi:er le dogme de la résurrection : en dehors de là, et du cas de scandale, aucune défense n'a jamais été portée. Saint Augustin admet qu'on puisse s'engager personnellement à jeûner sans discontinuité pendant une période de temps comprenant un ou plusieurs dimanches " et saint Jérôme écrit, après avoir invité
col. 150; Collulio, xxi, c. xx, ibid., col. 1194.— "Cf. S. Ambroise, Episl., xxiii, n.ll, P. L., t. xvi (rééd. Garnier), col. 1073. S. Augustin, Epist., xxxvi, n. 27 et 29. P. L., t. XXXIII, col. 148-149. Cf. canon 57 de S. Martin de Braga, P. L., t. cxxx, co). 585. A'oir aussi ci-dessus, dans cet article, col. 915. — '" Ils furent cond;unnés par le concile de Gangres. Outre le canon 18 de ce concile cité ci-dessus, note 5, voir la lettre synodale du même concile, Mansi, Conc, t. II, col. 1095. Voir aussi Anastase le Sinaîte, Qu.TsIiones el rexponsioncs, qufcst. Lxiv, P. G., t. Lxxxix, col. 664. — " S. Épiphane, Har., lxxv, 3 : les aériens jeûnent le dimanche, et non te mercredi et le vendredi, P. C, t. XLII, col. 508. — " S. Augustin, Epist., xxxvi, n. 28, P. t., t. XXXIII, col. 148 ; S. Léon, Ep., xv, ad Turribium, c. iv, P. L., t. Liv (rééd. Garnier), col. 682. — " IlippoUjIus Tl'erAe, I, éd. N. Bonwetsch et H. Achelis, Leipzig, 1897 (Corpus de Berlin), p. 236. Le même Hipiiolyle téuioigne contre le jeûne du dimanche dans son canon pascal, lig. 5 et 6. O. Marucchi, éd. cil. sup. dans cet article, col. 863, note 8. — "* Les mots y.a't x'jptaxrj tîù/- Xiv.'.; manquent dans le plus important manuscrit, celui de l'Athos (Vtitopedi, n. 260), et ne correspondent à rien dans l'ancienne ^■ersion slave traduite par Bonwetsch, p. 237. — ^^ et. P. de Labriolle, La crise nwnlaniste, in-S", Paris, 1913, p. 400, note. — »• On sait qu'Hippolyte avait écrit un traité "contre Marcion • (Eusèbe, Hisl. eccles., I. VI, c. xxii; S. Jérôme, De vir. ill., c.LXi), et un autre sur la question de savoir s'il faut jeûner le samedi (S. Jérôme, iipw/., lxxi,6): tous les deux sont perdus. D'autre part, les marcionites jeûnaient lesamedi (Épiphane, Ha-r., xlu, 3. Cf. Tertuhen, ^dii. Marcionem, iv, 12). Jeûnaient-ils aussi le dimanche ? On pourrait le déduire du Sgntagma doclrinœ (P. G., t. xx.xviii, col. S40) : « Prends garde que les marcionites ou mie autre hérésie ne t'induise à jeûner le samedi et le dimanche; ■ et du passage cité supra, note 30, d'Anastasc le .Sinaîte, où cette pratique est attestée non seulement lîour les eustathiens, mais aussi pour les marcionites, les lampétions et les massaliens. Le jeûne marcionite du samedi étant dirigé contre les juifs, celui du dinianctie pourrait avoir été institué ensuite contre les catlioliciues. Cf. le canon du conc. de Braga cité note 5 qui vise les disciples de Cerdoii, de Marcion, de Manès et de Priscillien; et dans le même sens, probablement, .S. Léon, Epist., xv, c. iv. — '* Amélineau, llist. de S. Pakltônie et de ses communautés, Paris, 1889 (Annales du musée Guimet, t. xvii), p. 395. — " Episl., xx.xvi, n. 27 et 29, P. /.., t. xxxiii, col. 148-150. .\u dernier endroit cité, S. -Vugustin a<lmet qu'a Troas S. Paul et les disciples (.\ct., XX) auraient pu jeûner le dimanche sauj causer de scandale; il rappelle que, durant la traversée de Paul de Césaréc :\ Rome, le péril du n:udrage le lit jeûner quatorze jours de suite, lui et ses ci>nip;ignons (.\ct., xxvu, 33).
DIMANCHE
au respect et à l'observation des traditions ecclésias- | tiques : Utinam omni tempore ieiunare possimas, quod in Actibas apostolorum diebus penlecosles et die dominico aposlolam Paulam et cum eo credentes fecisse legi- 1 mus '. Enfin l'on possède une décision de Théophile, | patriarche d'Alexandrie, qui étabUt un curieux compromis entre le jeûne de la vigile de l'Epiphanie et le dimanche où cette vigile tombait l'année où il écrit ; pour protester contre les hérétiques « qui n'honorent pas le jour de la résurrection de Notre-Seigneur », et, en même temps, pour respecter le jeûne de la vigile, on mangera, dit-il, en ce jour quelques dattes avant la synaxe de none '.
2° Interdiction de la prière à genoux. — Signe et exercice de pénitence comme le jeûne, la prière à genoux fut pour cette raison jugée incompatible avec Fa joie du dimanche et, comme le jeûne, prohibée en ce jour. Cette interdiction est fort ancienne : il est possible même qu'elle soit antérieure à l'autre. On s'explique en efîet que la question de savoir si l'on pouvait prier à genoux en tout temps se soit posée de bonne heure dans l'intérieur des communautés chrétiennes, tandis que l'idée plus extraordinaire de jeûner le dimanche suppose — comme c'est le cas — la contradiction hérétique. Toujours est-il que les témoignages relatifs à la prière à genoux paraissent un peu plus anciens que ceux relatifs au jeûne. D'après le pseudo-Justin '. saint Irénée, dans son livre maintenant perdu sur la Pàque, faisait remonter aux temps apostoliques l'usage de ne point prier à genoux le dimanche. Pour saint Pierre d'Alexandrie, c'est aussi un usage traditionnel : Kjpiazr.v ôi y aptiorjjVTjÇ f,u.ioa7 àyotJLev, otà rôv àvacrâvTa £v auTr^, év t^ ojoï -j-ovaTa /.XivE'.v -novJXi^tfa'j-.'i'. Tertulhen écrit: Die dominica iciunium ncfas ducimus, vel de geniculis adorarc ^ Mais avec le canon 20 du concile de Nicée cdictant cette prohibition, on constate que l'uniformité d'usage sur ce point commençait à être rompue. Ce canon, en effet, est à l'adresse de «certains qui fléchissent le genou le dimanche » '. Après le concile de Nicée, les principaux témoins orientaux de cette coutume sont : saint Épipliane ', saint Basile «, saint Nil ', les Con^'
stitutions apostoliques '", le Sijnlagma doctrinir ", le Testamentum Domini '% le concile in Trullo '\ Pour l'Occident nous mentionnerons : saint Hilaire '*, saint Augustin 1% saint Jérôme '*, Cassien ", saint Maxime de Turin ", saint Martin de Braga ", saint Isidore de Séville ^°, saint Colomban -', la Régula Magistri " (vue siècle) et le concile de Tours de 813 •'. Nous n'avons rencontré d'exception à cette règle générale que dans les Statuta Ecdesiœ antiqua, au sujet des pénitents : Pœnitentes etiam diebus remissionis genua flectant -'.
I En Orient, au v= siècle, la simple génuflexion était elle-même comprise dans la prohibition générale de la prière à genoux, le dimanche. Voici, en eiïet, ce que ] saint Barsanuphe écrivait à l'un de ses correspon- 1 dants : « Lorsque tu as des tentations de la chair, i fais sept fois sept génuflexions, c'est-à-dire quarante- I neuf génuflexions, en disant : » Seigneur pardonne-moi [ . à cause de ton saint nom. » Si tu es malade ou quf ce suit un iliinanclic, alors récite la même prière quarante-neuf fois, mais sans génuflexion". » Pour plus de détails, voir Génuflexion =^
3° Solennité. — Dans VOctavius de Minucius Fclix,
le païen Caecilius, parlant des crimes qui sont censés
se commettre dans les repas de communauté des
chrétiens, dit que ceux-ci se réunissent ù cette fin « en
I un jour solennel » : Et de convivio notuni est; passim
I omnes locuntur, id etiam Cirtensis nostri testcdur oratio.
i Ad epulas sollemni die coeunt "... Par ce « jour solennel »
I il est assez vraisemblable que Minucius Félix, faisant
I parler un païen mal informé, a voulu désigner le
I dimanche; mais on ne peut le prouver. Nous savons
I par ailleurs que dès la plus haute antiquité le dimanche
I était pour la communauté chrétienne un jour de fête
! solennelle, tout consacré à la joie de la résurrection.
I Selon l'expression de l'épître de Barnabe, on le célé-
1 brait sic EJçfo-Jvrjv 2». Vers le second tiers du 11= siècle,
' saint Denys de Corinthe l'appelle « le saint jour du
! dimanche » (TV' ar.'aspov ouv zjp--x/.ï,v âfiav i;[jipav
I T,:T,-;i.-(o[xvi) '^'. C'est un jour de fête hebdomadaire, nous
dit Tertullien {ethnicis semel annuus dies quisque fes-
tus est, tibi octavo quoque die) ^"i et ailleurs, à deux
' EpisL, Lxxi, ad Lucinum Bieticiim, n. 7, P. L., t. xxii, col. 672. S. Jérôme se réfère ici sans doute à .\ct., xiii, 1-2, et surtout à Act., xx, 7 qu'il interprète différemment de S. Augustin (Epislolœ, xxxvi, n. 28). Voir aussi le passage de son commentaire sur l'épître aux Galates que nous avons cité plus haut, col. 931. — ' Edictum Theophili, P. G., t. Lxv, col. 33. Cf. Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, Paris, 1706, t. xi, p. 499. S. Épiphane, par contre, écrit que les ascètes qui pratiquent un jeûne perpétuel s'en abstiennent cependant le dimanche et durant le temps pascal. Expos, fidei, c. xxii, P. G., t. -XLii, col. 828. — • Quœstiones et responsiones ad orthodoxos, quœst. cxv, P. G., t. vi, col. 1364. Cf. t. vu, col. 1233. — * Epist.canonica, 15, P. G., t. xviii, col. 508. — ' De cor., 3. Cf. De or., 23. — • 'ETiEiSr, Tivé; ûavi i-i t/j y.upia/.rj irjvj /."/ivovTE;... Mansi, Conc, t. 11, col. 677. Cf'. sur ce canon W. Bright, Tlie canons of Ihe first four gênerai councils, Oxford, 2» éd., 1892, p. 82-87. — ' Passage cité ci-dessus à propos de l'interdiction du jeûne. — 'De Spiritu sanclo, n. 66, P. G., t. xxxii, col. 192 : pour S. Basile, la prière debout est le symbole de la vie ressuscitéc. — • Epislolm, lib. III, cxxxii, P. G., t. Lxxix, col. 411.
— "Lib. II, c. Lix n. 4, éd. Funk, t. i, p^ 173: i; r, (le dimanche) zat xpiU sJ/i; éo-twte; èmT£).o-J|j.sv... Voir la note de Cotelier sur ce texte, P. G., t. i, col. 744-746.
— " Passage déjù cité au sujet du jeûne interdit. CI. les 30 canons tirés du Syntanmu et donnés après les cancms de Nicée dans la « Lampe des ténèbres. d'.Vbou'l-IîaraUat, canon 11. \V. Ricdcl, Die Kirclicnrcclilsqucllcn des Palriarcliais Alexandricn, Leipzig, 1900, p. 38. Ce canon 11 étend l'obligation de ne pas jeûner et de ne pas s'agenouiller les jours où l'on célèbre les mystères ci où l'on conununie. Le 29' canon arabe de Nicée (collection de 80 canons)
étend, d'autre part, la seconde obligation aux grandes fêles du Seigneur. Mansi, Conc, t. 11, col. 961. — " Voir cidessus, sur la prohibition du jeûne, 1. c. — " Can. 90. Mansi, Conc, t. XI, col. 981. — " Loc sup. cit., col. 957, n. 21. — " Epis!., Lv,n. 28 (c( slantes oramus, quod est signum resurrectionis. Unde etiam omnibus diebus doniinicis id ad altare obseruatur) et 32(t'( aulemstantes m illis diebus elomnibus dominicis oremus, utrum ubique servelur ignoro^, P. L., t. xxxiii, col. 218 et 220. — " Loc. sup. cil. (ù propos de l'interdiction du jeûne) : nec de geniculis adorare. — " Coll., XXI, c. XX (Nec genua in oralione curvantur, quia inflexio gcnuuni velut pirnilenliiv ac l.iclus indicium est), P. L., t. XLTX, col. 1194; Insl., 1. II, c. xviii, ibid., col. 110. — " Honu. LXi {Honu, i, de Pentec), P. L., t. LVii, col. 371. — '• Can. 57, P. L., t. cxxx, col. 585. — " De officiis eccles., 1. 1, c. xxiv, n. 2, P. L., t. lxxxiii, col. 760. Cf. c. xxxiv, n. 6, ibid., col. 769. — " Pegula cœnobialis, c. x, P. L., t. Lxxx, col. 221. — " C. xxxix et XLi, P. L., t. Lxxxviii, col. 1005-1006. —" Can. 37, Werminghoff, Conc œui Karolini, pars 1, 1906, p. 291 ; Munsi, Conc, t. xiv, col. 89. — " N. 67 (82), P. L., t. LVi, col. 886. — " 11:0/0; •i'jy;iiijï).EUTciTr| jiîf.É/ouTï àTtoziiSTî'.;... Uxpiavoji!Oj ï.ài 'It.iivvoj, Venise," 1816, c. xcn, p. 47. Cf. Siméon Vailhé, Éclios d'Orient. 1905, t. viii, p. 21. <roù la I traduction ci-dessus. — " Sur les vestiges de l'ancien usage dans la liturgie latine moderne, voir domClaudcde Vert, Ex-p(ira(ion.s<ycsc('Ténioniesrfc/'ii'9/isc, Paris,1720, t.i,p.21()-261. Cf. t. II, p. 153-157. — "C. IX, n. 6,éd. Il.Bocning.Lcipzig, 1903, p. 13; P. L., t. m, col. 272. Oecilius aHeclc de s'appuyer ici sur un discours contre les chrétiens de son compatriote Fronton (Cirtensis nosiri Icstatur oratio) : ce discours n'existe plus. — "xv,8. — " Dans liusèbe, Jlist. eccl. I. IV, c. XX 1. II. — "De idol., c. xiv, éd. Wissowa, p. 47.
DIMANCHE
reprises, il parle de la joie (liLtilia) de celte journée '. Au m" siècle, la Didascalie fait un crime à celui qui passerait le dimanche dans la tristesse et l'aJIliction -. Saint Éphrem compare la joie apportée par ce jour à celle que les apôtres éprouvèrent à l'annonce de la résurrection du Christ '. Pour Théophile d'Alexandrie, la célébration solennelle du dimanche est une coutume qui s'impose naturellement au chrétien : Ktl': -0 iOo; v.x: X'i -ç,i-0'/ f,;j.î; à-z.T=C -àsiv 7,j;;a/.f,v Ttaàv, /.ai iv TaJTr, -ïvr.vjoijstv, è-£'.5ir|-=ç vi TïJTiTi ô KJp'.o; r,;j.iûv 'ïr^ioi; Xç/j-o: Tr,'/ £/. vizotôv x/zsTastv r.tiîv i-ryj-ivij^i «. Le pseudo-Ignace va jusqu'à l'emphase pour exprimer la grandeur de ce jour : 'Eop-aÇîT'o 7:i(; otÀd/p'.îTO; -f,v /.up'.axr|v, Trjv àvaa- Toî^iJAOv, TV' ^3t5'.Ài8a, -rjv â-aTOv -otsiSv Tûv îjaspàiv... £v rj /.a-. 7, ^t.jf, f,;jû)v àvlT£'.).£v, za! To3 OaviTOu Yi-|-ovcV v'/.r, £v Xp'.uTw '. li est évident, en eflet, que le dimanche tire son importance particulière du souvenir de la résurrection du Christ. Dans ce sens saint Augustin écrit plus simplement : Prieposilas autem dies dominicus sabbato fide resarreclionis '. Et saint Jérôme : Dies domitiica, dies resurreciionis, dies chrislianorum, dies nostra est. Unde et dominiea dicitur : qaia Dominas in ea Victor ascendit ad Patrem '. Il faut citer aussi à ce sujet un passage très expressif de la lettre du pape Innocent I" à Decentius, évêque d'Eugubium : ... diem dominicum ob venerabilem resarrectionem Domini nostri Jesu Christi, non- solam in pascha celebramus, verum etiam per singulos circulas hebdomadarum ipsius diei, imaginem jreqaentamus... Qui die dominico hilarati, non solum ipsam festivissimum esse voluerant, verum etiam per omnes hebdomadas frequentandum esse duxerunlK Quant au degré de solennité, saint Isidore de Péluse déclare qu'une fête tombant un dimanche en voit par là même sa solennité doublée •.
4° Durée. — La question de la durée du dimanche de vêpres à vêpres ou de minuit à minuit appartient surtout à l'histoire du chômage dominical, histoire que cet article n'a pas pour but de retracer. Sur la question des limites du jour liturgique, voir spécialement l'article Vêpres. Nous avons montré précédemment que le dimanche chrétien était par-dessus tout un jour de culte : or le jour de culte, à partir du moment où la suite des heures Uturgiques est organisée, s'étend de vêpres à vêpres, et c'est dans ces limites qu'on observe dès lors le dimanche. Saint Jean Chrysostome fait assez probablement allusion à cette observation intégrale dans l'homélie sur la Genèse déjà citée où, à propos de l'hxaméron, il parle de la mise à part, dans
la semaine, d'un jour « entier • (i-ïî.</) consacré à la vie spirituelle ">. On a un témoignage lonnel à ce sujet, dans Cassien : Hoc qiioque nossc debemus, a vespera sabbati, qux lucescil in diem dominicum, usque ad oes peram sequenlem apud .Egyptios genua non curuari '^. Pour l'Orient proprement dit, il y a l'attestation plus tardive mais non moins explicite du canon 90 du concile in Trullo, et encore à l'occasion de l'interdiction de la prière à genoux :... of,Ao-i -o(; -ts-oï; ziO'.tto'vjsv, liin-t aîTa TTjV £v -(o saooâxto £7-£p'.vfjV •wv UpwuLÉvcjv 7:^6; z6 Û'j^îa^trjptov eVtooov, /.atà ~ô zoaTO'jv ïOoç, u.T,5£va Yovu zXivS'.v ^iypi -ijç losÇi); xa-à tj)'' zupia/.f|V sa-Épa;, ziO' »)•/ zaTa -r;v Iv -(ô Xjyv.zw sVaooov auOi; Ta yovaTa zï;j.;;tovt£ç ojtw Taç sj/i; tm Ivjpito -po5âvoa£v ". Ce passage est d'autant plus important qu'il se réfère explicitement à l'ancienne tradition ecclésiastique.
En Occident, le plus ancien texte que nous ayons trouvé sur l'étendue du dimanche est celui-ci de saint Léon, marquant d'une manière expresse que le dimanche commençait à partir de vêpres : Ut his qui consecrandi sunt namquam benedictio nisi in die resurreciionis Dominiea: tribuatur, cui a vespera sabba." initium cons!at ascribi ". Les deux termes de ce jour Si/nt indiqués aussi nettement que possible dans le sermon pseudo-augustinien ccLxxx, qui est peut-être de saint Césaire d'Arles : A vespera dici sabbati usque ad vesperam diei dominici... soli divino cultui vacemus. Pour fixer ces limites, l'auteur s'appuie sur Levit., xxiii, 32 (A vespere usque ad vespercmi celebrabilis sabbata vestra) ". C'est évidemment en rapport avec ce temps de célébration Uturgique que le concile de Berghamsted de 696 établit que le chômage dominical s'étendra du coucher du soleil de la veille du dimanche au coucher du soleil de la veille du lundi '^ Le capitulaire d'Aixla-Chapelle de 789 légitime d'une façon curieuse l'usage de célébrer le dimanche de vêpres à vêpres par l'autorité du concile de Laodicée " : le canon 29 de ce concile, le seul qui pourrait être visé, n'allègue rien de semblable. Citons encore à l'appui de la même conliime : le conj cile de Francfort de 794 (a vespera usque ad vesperam) " : I le concile de Frioul de 796 ou 797 : diem autem domij nicum, inchoante noclis illius initio, id est vespere I sabbati quie in prima lucescil sabbati quando signum j insonueril vcl hora est ad vesperlinum celebrandum officium, non propler honorem sabbati ultimi, sed propter sanclam illam noclem primi sabbati, hoc est dominici diei, cum omni reverentia et honorifica re/igione venerari omnibus mandamus chrislianis '»; le concile de Tours de 813 {in laude Del... usque ad veSperam perseverarej " .
> Ad naliones, i, 13. édit. Wissowa, p. 83; Apologétique, c. XVI, P. L., t. I, col. 427. — ' C. xxi, édition Nau, p. 177, n. 11; F. X. Funk, Didascalia et Consl. apost., t. I, p. 298. Cité par S. Êpiphanc, Hœr., lxx, c. xi, P. G., t. XLII, col. 361. Cf. Expos, fîdei, xxiii, ibid., col. 828. Voir aussi une note marginale de la > Lampe des ténèbres • d'Aboul'-Barakat (canons de Laodicée) où le dimanche est appelé • le jour de la lumière et de la joie, et de la résurrection des morts. » W. Riedel, Die Kirchenrechtsqiiellen des PalriarcluiLs Alexandrien, Lcipzig.lOOO, p. 44. Cf. p. 108. — ' J. Lamy, 5. Eptira'ini Stjri hynmi et sermonea, t. i, col. 544. — 'P. G., t. Lxv, col. 33. —
* Ad Magnesianos, ix, 4, F. X. Funk, Opéra Patritm aposlolicorum, t. il, Tublngse, 1881, p. 88. — • £pis(., .xxxvi, n. 12, P. L., t. xxxiii, col. 141. Cf. n. 18, col. 144. —
* In die dominiea Paschœ, dans D. Morin, Anecdota Maredsolana, t. m, pars II, Marcdsoli, 1897, p. 418. — ' Epist., .x.xv, n. 7, P. f.., t. XX, col. 5.05-556; ou ibid., t .Lvi, col. 516 (c. iv), où la leçon ejchilarati au Heu de hilarati. De ces divers textes on pourra rapprocher celui-ci de Sévère d'.-Vntioche, homélie LXix : « ... ea faisant chaque dimanche mémoire de la résurrection et en honorant le jour qui porte le nom de Nolrc-Scigneur et de notre Sauveur, nous jouissons du même sacrifice (non sanglant) et d'ime manière toujours nouvelle. ■ Trad. M. Brière, dans R. GrafTm et F. Nau, Patrologia orientalis, Paris, 1912, t. vni, p. 389. Cf. p. 390.
niCT. DARCII. fHIlKT
Voir aussi, Cassien, Coifad'o, VII, c. xxxiv: guoniomnos Aoc
facere dominicœ diei solemnitas commonet, P. L., t. XLix,
col. 720. — • Episl., ex (lib. III), P. G., t. Lxxviii, col. 816.
— " Voir ci-dessus, col. 932. — " Instit., 1. II, c. xviii,P.L.,
t. XLIX, col. 110-111. Cf. 1. III, c. VIII, ibid., col. 140: Vigi-
1 lias quic singulis bebdomadibus a vespera illucescente sabbato
celebranliir. — " Mansi, Conc, t. xi, col. 981. Voir aussi
I le synode nestorien de Jésuyalib I" (an. 585), can. 19 :
j les chrétiens doivent garder le dimanche • depuis le soir
I jusqu'au soir '. J.-B. Chabot, Synodicon orientale, Paris,
1902, p. 447. — "Epiai., ix, ad Diosconini, P. L., t. Liv,
' col. 626. — " N. 3, P. L., t. xxxix, col. 2274-2275. —
I " -\. W. 1 laddan and W. Stubbs, CounciUi and ecclesiastic.
I doc. rclaling lo Great Brilain and Ireland, Oxford, 1871,
t. lii, p. 235; Mansi, Conc, t. xii, col. 112. — " C. xv.
Borclius. Capilularia regum Erancontm, dans Mon. Germ,
/lis/. (I.cgtim, secl. ii), 1883, 1. 1, p. 55 : //e;ii in eodem concilio
[Laudicensi] pra'cipitur ut a vespera usque ad vesperam dies
dominiea servetur. Cf. Capitulaire d'.-Uiscgise, ibid., p. 399,
où ce texte est reproduit. Baluze, Capitul. reg. Fr., t. i,
Paris. 1677, col. 219, où le canon 29 de Laodicée est
cité, et col. 707. — " Can. 21. Borctius, op. cit., p. 76. Ct,
Capilulare missorum, n. 46, ibid., p. 104. — " C. .xili
Werniinghoft, Concilia ivui Karolini, dans Mon. Germ. his
[Legum, sect. m), 1906, t. i, p. 194. — "Can. 40, ibid
p. 292: Mansi, Conc, t. xiv, col. 89.
DIMANCHE
Vers la même époque, Théodulphe d'Orléans écrit dans son capitulalre, au sujet de l'observation du dimanche : Conveniendum est sabbaio die cum luminaribus cuilibct christiaiw ad ecclesiom '. Assez peu de temps après la mort de Théodulphe (821), le capitulalre d'Ayton de Bâle témoigne encore, quoi qu'on en ait dit jadis, en faveur du dimanche, a vespera iisque ad vesperam : Octavo pnnunliandum csl, ut i^ciant tetnpora feriandi per annum, id est omnem dominicain a mane usqae ad vesperam ob venerationem dominicœ resurrectionis. Sabbatum vero operandum a mane usque ad vesperam, ne in iudaismo capiantiir -. II est possible qu'Ayton ait voulu laisser libre de travailler dans la soirée du samedi, — question que nous n'avons pas à trancher, — mais il ressort de son texte qu'il envisage le dimanche liturgique dans ses limites ordinaires, de vêpres à vêpres. Les documents qui font commencer le dimanche à l'heure de noue du samedi ^ ou à trois heures de l'après-midi de ce même jour *, visent seulement à déterminer le début du chômage dominical et, en même temps, à faciliter l'assistance aux vêpres. Ils n'intéressent pas directement notre sujet ^
5" Messe. — a) Célébration. — Relativement à la messe, nous distinguons célébration, assistance et communion en vue seulement de la commodité, et de la précision des références : nous n'entendons citer d'ai.lcrrs que quelques textes caractéristiques se rapportant directement au dimanche. Pour tous les autres détails nous rcnvo3ons aux articles de ce dictionnaire qui traitent de l'eucharistie. La célébration de l'eucharistie est l'acte prr excellence du culte chrétien et par conséquent du culte du dimanche. Nous l'avons déjà constaté, en parlant des origines de ce jour, dans les Actes des apôtres, la Didachè, 1 1 première Apologie de saint Justin, et aussi dans
' Capitula, c. xxiv, P. L., t. cv, col. 198. — 'Boretius, Capituî. reg. Franc., t. i, p. 363. Cf. Perlz, Mon. Germ., Loges, t. i, p. 439, qui donne un texte identique. Probablement par suite d'homeo teIeiiton,]e passage oftcenera/ioneni — iisquead vesperam a été omis dans la première édition du Spicilegium de dom Marténe, ainsi que dans les Concilia Gernianitc de Hartzhcim (cf. P. L., t. cv, col. 764). D'où l'idée fausse qu'Ayton « ordonne de ne plus commencer le dimanche dès le soir précédent, pour ne pas se conformer aux pratiques des Juifs, mais seulement de le célébrer du matin jusqu'au soir. ■ J. Grancolas, Traité de ta messe et de l'office divin, Paris, 1714, p. 365. De La Barre rééditant le Spicilegium de MartènejtParis, 1723, 1. 1, p. 584) a restitué entre crochets le passage omis, d'après deux manuscrits de Saint-Gall (cf. P. L., t. cxv.'col. 12; Miuisi, Conc. t.[xiv,[col. 393). — ' Cf. les textes de la lettre du Christ tombée du ciel signalés dans le Dittionn., t. m, col. 1538-1539. Voir aussi les lois anglosaxonnes : B. Thorpe, .-Incient laws and instilut'es of England, s. 1. (LondonI, 1810, éd. in-S°, t. i, p. 265 (Edgar), n. 5; p. 369 (Canut), n. 14; t. ii, p. 363 (^Ifric), n. 36; p. 508 et 525 (Edgar et Canut, en latin) : ab liora nona sabbali. — * Cf. certaines traductions latines des précédentes lois anglosaxonnes : d'Edgar, Mansi, Conc, t. xviii, col. 513; de Canut, P. L., t. CLi, col. 1175 (c. xiv) : liora pomeridiana (lertia). Ces lois font durer le dimanche jusqu'au lundi matin. — ' Siu- les origines de ce qu'on a appelé la semaine anglaise, c'cst-ù-dire d'une semaine de travail s'achevant le samedi vers midi, voir II. Tliurslon, 'J'iw mcdiwval sunday, dans The nineleenlli cenliinj, 1899, t. XLVI, p. 36-50.En expliquant pourquoi en Occident le dimanche conuuenceù nonc du samedi, l'auteur fait intervenir à juste titre la question de la cessation dujeiine. On peut noter ici, en passant, (pie rioon en anglais (anglo-saxon non), du latin non», a lini par désigner le milieu du jour, après avoir indiqué l'heure du repas principal des jours ordinaires dcjciine, vers trois heures de l'après-midi. — 'C. XIII, éd. Nau, p. IIC; éd. Eunk, 1. 1, p. 170-172(11, i.ix, 2-3.. — 'Mansi, Conc, t. il, col. 571. — 'L. II, c. Lix, n. 4, éd. Funk, p. 173. — • L. I, c. xxii, éd. Hahinani, p. 35 : Sacrificiiim sabbaio vet dominica lantum o/Jcraliir. Cf. Canons 0/ At: anasiiis, éd. Ilicdcl et Cruin, i.ondon, 191)4, texte arabe, § 9G: • None of tlic pricsts or Ihe christians
la lettre de Pline dont le stato die inclut, à notre avis, le dimanche. La Didascalie témoigne en faveur de la communion dominicale à l'église, donc de la messe '. A la fin du iv« siècle, on a l'attestation du concile de Laodicée (canon 49 : "Ot; où o=? sv tt; TeiTicaKOTT^ ap-ov 7:po3oip£'.v, v. a\ èv aaôôiTto zai ZJOiazT; jj.'jvov) ', et celle des Constitutions apostoliques {h r, [/.jo'.i/.f;]... zil Ojoia; àviçopi) '. A ces deux documents on peut joindre en guise d'appendice le Testamentum Domini ', la Didascalie arabe •" et la Didascalie d'Adddi ". Saint Jean Chrysostome parle de l'oblation qui se fait chaque dimanche (njoiçopi zaO' izisTr/j zjp;azrjv) '-, et, ailleurs, du sacrifice qui s'accomplit, toujours « !e même « (r. iJTr, Ojiia i-.-ù.-'.-x:). • le joui de la Parascève, le sabbat, le dimanche, et au jour (anniversaire) des martyrs ". » Dans l'histoire ancienne du monachisme oriental on trouve des attestations assez nombreuses de cet usage : ainsi, pour les monastères pakhômiens d'hommes " et de femmes '', et pour les organisations semi-érémiUques auxquelles le système des laures palestiniennes est apparenté ". On lit dans le Pré spirituel de Jean Mosch '" l'histoire d'un prêtre qui, jeté en prison sur une fausse accusation de fornication, lut tiré de sa captivité par un ange afin qu'il pût célébrer la messe le dimanche. De ce cas on rapprochera, si l'on veut, pour l'Occident, celui de saint Samson qui, au dire de l'auteur de sa Vie plus ou moins légendaire'', ne sortait que ce jour-lj. et pour le même motif, de sa réclusion volontaire. Sur la célébration de la messe dominicale pour les fidèles, on ? un témoignage autrement sérieux et ancien dans l'Itinéraire d'Égérie à Jérusalem. Ce témoignage vaut pour l'Occident comme pour l'Orient, puisque la pèlerine nous dit à propos de la messe des dimanches ordinaires : et sunt omnio secundum consuetudinem, quie ubique fit die dominica '■'. Nous rappelons encoie a ce propos le
shall be neglectfui of the sacraments on thc Sabbath and Sunday n, etc. — '"C. xxxviii, n. 5: El sancliim sacriftcium ascendat sabbato et dominica. ..F. X. Funk, Didascalia et Constilutiones apostolorum, Paderborn, 1905, t. ii, p. 131. — " 11,2 : « Ils (les apôtres) décidèrent encore que le dimanche on ferait l'oirice, la lecture des saints Li\res et l'olTrando, l'eucharistie, parce que c'est le dimanche que le Christ est ressuscité des morts n, etc. Trad. F. Nau, La Didascalie des dou:e apôtres, Paris, 1912, appendice, p. 225. — " In Acta, hom. xviii, n. 4, P. G., t. lx, col. 147. — " fil / ad Tim., hom. v, n. 3,P. G., t. LXii, col. 530. — "Regulasancii Pachomii (trad. de S. Jérôme), n. 17: Jn die dominica et collecta, in qiia ojlerenda est oblatio, P. L., t. xxiii, col. 70. Cf. n. 14, col. 69, et Palladius, Hisl. laus., xxxii, 3, éd. .\. Lucot, Paris, 1912, p. 214-215 (éd. Butler, t. ii, Oxford, 1904, p. 89, 1. 12). Sur cet usage dans les monastères de Schcnoudi on trouvera quelques indications dans J. Leipoldt, .Scltentde von Atripc, Leipzig, 1903. p. 132 (Texte imd Untcrsitchtingcn, N. F., t. xi, 1). N'oir encore la Vie copte de Pakhôme, éditée par Amèlincau (.\nnnlea du musée Giiimel, t. xvn), Paris, 1889, p. 33. — " l'iillnilius. op. cil., xxxm, 2. Cf. 4 (Butler, p. 97, I. 2 et 17). Éd. l.ucol, p. 225 : < Cependant, hormis le prêtre et le diacre, personne ne fait la traversée pour le monastère de femmes, et cela chaque dimanche : » n. 2. .\u n. 4 il est question de la célébration de l'oblation dans ce monastère. — *• Palladius, ihi(/., vu (Les moines de Nilric), 5 : • Quant A l'église, on l'occupe seulement le samedi et ledimanclie. Huit prêtres desservent cette église où, tant que vit le prêtre qui est le premier, aucun autre ne célèbre (irpoiT^épei), etc. • Trad. Lucot, p. 67; éd. Butler, p. 26, I. 9. Pour la Palestine voirin/ra, col. 966-967; et pour l'Orienten général, Cassien, Inal., I. III, c. XI, P. L., t. xLix, col. 149 : die diiminim... pro ipsius collecta' vel comnnmionis dominica' rcrcrcntia... — " P. G., t. Lxxxvii, 3, col.2969. — "Hobert Fiiwlicr. La vie de saint Samson, Paris, 1912. Vila, n. 41 et 42, p. 137. CI. n. 18, p. 117. D'après l'éditeur (p. 76) la Vila S. .Siiiiisonis aurait été rédigée entre 772 et 850. S. Samson vivait au VI' siècle. — " P. Geycr, Ilinera Itierosulumilana. Corpus de Vienne, 1898, t. xxxix, § 25, 1, p. 74, I. 20. Cf. ibid., I. 28.
DIMANCHE
commentaire d'Eusèbe de Césaréc sur le psaume xci, et le sermon sur le dimanche attribué à Eusèbe d'Alexandrie, dont nous avons parlé plus haut '.
b) Assistance. — L'obligation d'assister à la messe le dimanche n'intéresse notre sujet que comme preuve de l'usage liturgique ". Le concile d'Elvire (vers 300) édicté qu'on excommuniera momentanément celui qui, étant établi dans une ville, passera trois dimanches sans se rendre à l'église (ad eccksiam non accesscrif) '. Mais, ce faisant, le concile ne parle pas explicitement de la messe. Aussi bien, le concile de Sardique *, le concile in Trullo ^ et, plus tardivement, celui de Ravenne (877) ", en se rattachant formellement ou indirectement à ce canon d'Elvire, donnent à croire que l'obligation qui y est principalement visée est plus étendue : ce serait celle de prendre part d'une façon assidue aux réunions de l'église sur le territoire de laquelle on réside. Néanmoins, le Pénilcnlid de Théodore de Cantorbéry semble entendre cette obligation comme si elle concernait la communion : GriEci omni dominica communicant clerici cl laici, et qui tribus dominicis non communicaverit, excommunicatur, sicul canoncs Iwbenl '. Ce qui nous ramène à la messe. L'obligation d'assister à celle-ci tout entière, le dimanche, est attestée par le concile d'Agdc (506) '. Saint Césaire d'Arles, qui est un des signataires de ce concile, insistait vivement sur cette obligation dans ses admonitions au peuple '. Le concile de Mâcon de 585 demande à tous les fidèles, hommes et femmes, de prendre part en ce jour à l'oblalion du pain et du vin nécessaires à la messe : decernimus, ut omnibus dominicis dicbus aris oblatio ab omnibus viris vel mulieribus oflcrutur tam panis quam vint ". Sur l'obligation d'assister à la messe dominicale citons encore le concile de Clovcshow " et celui de Tribur '-, les Capitula deThéodulphe d'Orléans '", le De exordiis et incremcntis rcrum ecclesiasticarum de Walafiid Strabon ".
c) Communion. — Les textes qui se rapportent à la participation à la synaxe eucharistique du dimanche par la communion sont de deux sortes : ou
* Col. 932 sq. et 952, n. 9. Noter que l'auteur du sermon sur le dimanche associe étroitement dans son exorde la cène du Seigneur et le jour du Seigneur, qu'il regarde comme établis en même temps par le Christ en mémoire de lui. Voir encore S. .Jérôme, Contra \'igHantiitm, n. 9, cité infra^ col. 970. — - Pour l'histoire de la prescription canonique, voir.'\.VilUen, Histoire des commandements de l'Église, 2' éd., Paris, 1909, p. 26-39; et E. Dublanchy, art. Dimanche, dans le Die/, de théologie calholique de A. Vacant et E. Mangenot, t. iv, Paris, 1911, col. 1334-1336. — " Can. 21 , Mansi,Conc.,t . n, col. 9. — ' An. 343. Can. 1 1 (texte grec); can. 14 (texte latin) : A/emini auteni superiore concilio fratres nostros constituisse,ut si guis laicus inea in qiia commoratur civitale très don^inicas dies, id est per très septimanas non celebrasset conucntum (grec : \i.t, <7-jvipyoiTo), communione privaretur. J!. T. Bruns, Canones apostolonim et conciliorum swciilorunt, iv, v, vi, vu, pars prior, Berolini, 1839, p. 100-101 ; Mansi, Conc, t. m, col. 15-16. — ' Can. 80, Maiisi, Conc, t. xi, col. 977. Ce canon vise le clergé et les laïques comme le précédent dont il dépend. Pour le clergé, cf. les canons des apôlres 14 et 15 ; Funk, Const. apnst., t. i, p. 568. — ' Can. 12 : L't nemose parocbia^ propriiv conventui ultra Ires dominicos sulttnilml. Mansi, Conc, t. .xvii, col. 337. — ' XII (De comni(mio;i(? eucliaristiiv vel sacrificio), 1. W'asserschlebcn. Die Biissordntintjcn der ahendlàndischen Kirclte, Halle, 1851, p. 196. On s'autorise ordinaireiuent de ces renvois aux usages orientaux dans le Pénitentiel de Théodore pour étal)lir son authenticité d'auteur : dans ce cas, le renseignement est de valeur. — • Can. 47. Mansi, Conc, t. vin, col. 322. Le can. 26 du concile d'Orléans de 511, et le can. 36 du concile d'Orléans de 538 concernant l'obligation d'assister ù la messe entière, mais ne mentionnent pas le dimanche. — • Serai., ccLxxxi.P./.., t. xxxix, col.2276-2278. Cl. Vita Ca-sarii, 1. I, c. ii, P. L., t. Lxvii, col. 1010. — " Can. 4. Maassen, Conc. iri'i Merovingici, Ilannovcrie,
bien ceux qui mentionnent incidemment le dimanche comme le jour le plus ordinaire de cette synaxe, ou bien ceux (pii contiennent une invitation à communier au moins en ce jour si on ne le fait pas les autres jours où cette synaxe est célébrée. Plusieurs de ces textes ont déjà été cités dans les articles Communion
FRÉQUENTE et COMMUNION QUOTIDIENNIi: ( DictiOUn.,
t. IV, col. 2454 sq., 2457 sq.). Nous nous bornons à fournir ici un complément d'information relatif à la communion dominicale. Les témoignages des deux premieis siècles étant laissés de côté '', c'est la Didasccûic qui se présente tout d'abord à nous. « Quelle excuse, dit son auteur, auront, Euprès de Dieu, ceux qui ne se réunissent pas, au jour du Seigneur, pour entendre la parole de vie et se nourrir de la nourriture divine qui demeure éternellement '* ? » Au passage qui correspond à celui-ci, les Constilulions apostoliques appidlent Tou^sf^ç Uoà; 6'opsà " la nourriture divine que l'on reçoit le dimanche. Déjà Euîèbe de Césarée dans son livre « de la solennité paschale » avait parlé de cette communion du dimanche : A:i -isr,; o'z /.'Jp'.ax^; Tjaépa; Tio f,y'.aj;j.£vto ToVj-ar'. To-j 7.j~'i\i SfoTrjpiou Tta^ya wWO;;olo-j;a=vo'., 7.%'. tw Tiaûo aiaaT'. aùroCî Ti; 'i'J/i; zaîaotppaYiîdasvO'. ".
Les attestations sur la communion dominicale dans les anciens milieux monastiques d'Orient sont parallèles à celles que nous avons précédemment citées sur la célébration de l'eucharistie, le dimanche, dans les mêmes milieux. Les moines de saint Pakhôme doivent « détacher leurs ceintures » et « déposer leur mclote sue gardant que la cucuUe, lorsqu'ils -partent pour lacommuniou le samedi et le dimanche" . Palladius qui nous donne ce détail nous apprend aussi qu'au monastère de femmes d'Antinoé en Thébaïde les vierges sortaient de leur clôture lorsqu'elles allaient « le dimanche à l'église pour la communion-"». Le samedi n'étant pas mentionné ici, il y a lieu de croire qu'elles n'y allaient pas en ce dernier jour -' comme les moines. Parmi ceux-ci il faut compter les solitaires --. Les cas d'anachorètes non prêtres vivant complètement privés des saints mystères paraissent extrêmement rares : la communion
1893, p. 166. — "Can. 14. Mansi, Conc, t. xii, col. 399-400. . — ^* C. XXXV. Boretius et ivrause, Capi/ii/ariarej/iini Krancorum (Mon. Germ. hist., Leg., sect. ii), 1897, t. Ii, 2, p. 233- 234. — " C. XLV. P. l.., t. cv, col. 205. Cf. col. 208 (additio). — "C. XXI. Ed. V. Krause, au t. cité supra (n. 12) des Capituîaria reg. Franc, p. 494. Pour l'Orient, voir encore Une didascalie de JV,-S. Jésus-Christ, éditée et traduite par M. F. Nau, dans Jiev. de l'Orient chrétien, 1907, t. x:i, p. 2.37, 248, c. xiv. D'après l'éditeur, ce document est environ de la fin du vii*^ siècle. — '^ Cf. supra, col. 886 sq. — " C. xiii, éd. Nau, Paris, 1912, p. 116. — " H, MX, 4, éd. Funk, p. 173. — '• N. 12, P. G., t. XXIV, col. 705. \'oir, en outre, S. Jean Chrysostonie, In epist. I o(/ Cor., hoin. .XLiii, 1, P. G., t. LXI, col. 368. — '• Palladius, Histoire lausiaque, xxxn, 3. éd. Lucot, Paris, 1912, p. 215; éd. Butler, Oxford, 1904, t. il, p. 89, 1. 12. Voir aussi Histoire de S, Pacôme, éd. de J. Bousquet et F. Nau, § 3, dans Patrologia orienlalis, Paris, 1908, t. iv, p. 426. — "Hist. laus., nx, 2, Lucot, p. 361; Butler, t. n. p. 153. 1. 20. — " Cf. it}i(i., .\xxiii, 2. Voir supra, col. 964. note 15. — -= \'oir dans Théodoret, Historia religiosa, c. xii, l'histoire de Zenon, solitaire de Syrie au v^ siècle, qui venait à l'église avec le peuple le dimanche, y prenait part à la communion, puis retournait ;■> sa solitude, P. G., t. L.x.xxii, col. 1397. Le cas de Paplmuce, solitaire du désert de Scété, dont parle Cassien, est analogue. Sa cellule était éloignée de l'église de cinq mille pas. et quoique avancé en âge il faisait ce long trajet « le samedi et le dimanche ■. Cassien, Coll., III. c. I, P. /.., t. XLix, col. 558. On voit ailleurs (CoH., XVIII, c. XV, ibid., col. 1117, cf. col. 1110) qu'il venait ces jours-là à l'église pour communier. Pour les anachorètes du Sinaî, dans la première moitié du vil'' siècle, voir Les récits du moine Anastase, étiilés par M. Nau, c. xxx, dans Oriens christianus, lîome, 1902, p. 77-78, texte grec; Irad. française, Paris, lti02, p. 31-32,
DIMANCHE
privée à l'aide d'espèces préalablement consacrées restait toujours possible '. On lit dans la Vita Onuphrii que ce solitaire recevait chaque dimanche et chaque samedi, de la main d'un ange, le corps et le sang du Seigneur -. Plus frappant encore est le cas de l'ermite Jean dont parle VHistoria monachoram ', œuvre ou traduction de Rufin : cet ermite, qui vécut trois années de suite au désert, recevait cependant chaque dimanche la visite d'un prêtre qui disait pour lui la messe et le communiait. On sait qu'en Cappadoce, au temps de saint : Basile, on faisait la communion les dimanche, mercredi, vendredi et samedi de chaque semaine '. En Egypte, ; d'après Cassien, les solitaires « n'ont de solennité publi- ^ que, pendant le jour, que le samedi et le dimanche, où j ils s'assemblent pour recevoir la sainte communion à la troisième heure '. » Et dans ses Collaiiones il fait dire à l'abbé Tliéonas blâmant certains moines qui, par j fausse humilité, ne voulaient communier qu'une fois l'an, que la communion dominicale serait bien préfé- i rable : Mullo enim justius est ut cum hac cordis humi- i '.ilale, gaa credimus et fatemur illa sacrosancta mystcria ' numquam pro meriio nos passe contingerc, singulis j ca dominicis diebus ob remedium nostnirum ngrilu- ; dinum prœsumanuis, quam ut vana persiiasione cordis ; elati, vel post annum dignos eorum participio nos esse j credamus '. Le dimanche est, en effet, le jour qui convient entre tous à la communion. On a peut-être un vestige de cette concepticn antique dans le De virginilate attribué à saint Athanase, où la bénédiction de la table, plus exactement du pain, contient un rappel de la résurrection du Christ '. Saint Jérôme, d'autre part, dit que l'on peut célébrer un dimanche perpétuel en recevant le corps du Seigneur '. Et saint Augustin nous apprend qu'à son époque, dans certaines régions qu'il ne précise pas, on communiait seulement le samedi et le dimanche, et, dans d'autres, seulcme it le dimanche ". Beaucoup plus anciennement enfin, l'auteur du De fabrica mundi écrivait en parlant du samedi : Hoc die solemus superponere, idcirco ut die dominico cum gratiarum actione ad panem exeamus '". Dans ces divers témoignages on peut voir l'indice d'une tradition touchant l'importance de la communion (lu dimanche, sans aucun exclusivisme du reste pour les a très jours. Et c'est sans doute sur cette tradition que Gennade de Marseille s'appuie pour recommander à tous sans distinction cette communion hebdomadaire'*.
Le dimanche paraît avoir été le jour ordinaire et
principal de communion dans les monastères de saint Benoit ". Dans la seconde moitié du \i' siècle cette caractéristique du dimanche est encore attestée par Grégoire de Tours ", et par le concile d'Auxerre tenu approximativement entre 573 et 604 '«. On possède aussi un sermon faussement attribué à saint Ambroise, et en dépendance probable de la règle de saint Benoît, où il est dit : Omnes christiani omni dominica debent offerre et communicare '\ Enfin saint Bède, se plaignant qu'en Angleterre on ne communie plus que trois fois par an, oppose à cet usage celui de l'Eglise de Rome dans laquelle le dimanche est un jour universel de communion : cum sint innumeri innocentes et castissima' conversationis puellse. juvcnes et virgines, senes et anus, qui absque ullo scrupulo controoersia;, onrni die dominico, sive eliam in natalitiis sanctorum apostolorum, sioe martyrum, quomodo ipse in sancta romana et apostolica Ecclesia fieri vidisti, mysteriis cœlestibus communicare valeant". Pour lui, d'ailleurs, la communion quotidienne serait l'idéal à réaliser". Ce témoignage de Bède e-.t confirmé par celui des conciles de Ratisbonne de 799 " et de Rome de 826 ", auxquels on joindra le concile d'Aix-la-Chapelle de 836 =».
En relation avec la communion dominicale, nous mentionnerons encore la coutume romaine du fermentum eucharistique de la messe papale envoyé le dimanche aux prêtres des titres urbains, pour être joint à leur propre consécration ". Beaucoup plus tard, on voit dans les anciennes coutumes de Gluny ^' que le dimanche était le jour où la réserve eucharistique était régulièrement renouvelée.
6° Office. — a) Vigile. — Il a été indiqué plus haut " que la vigile dominicale était probablement la plus ancienne vigile, celle qui servit de t>-pe à toutes les autres : elle commémorait la résurrection du Christ avant l'aurore; elle était, en même temps, une préparation au retour définitif du Sauveur; elle représentait enfin cette vigilance perpétuelle que le Christ avait recommandée en vue de son dernier avènement, mais que la faiblesse humaine ne pouvait réaliser à la lettre. Il est intéressant de retrouver ces idées plus ou moins nettement exprimées à propos des vigiles en général dans des documents d'allure traditionnelle, comme le De virginilaie attribué à saint Athanase, le Testamentum Domini, la Constitution ecclésiastique égyptienne, les Canons d'Hippolyte, etc. M=aovjZT'.ov. dit le premier document. iy^pOr^gri, /.a!
' Sur cet usage, voir R. Génicr, Vie de saint Eulhyme le Grand, Paris, 1909, p. 229-233. — ' N. 11, Ville Patrum, P. L., t. Lxxiii, col. 216. — «jC. XV, P. L., t. xxi, col. 434; E. Preuschen, Palladius und Rufmtis, Giessen, 1897, p. G9. — * Dictionn., t. m, col. 2460. — ' Inslit., 1. III, c. il, P. L., t. XLix, col. 115. — • Cnll., XXIII, c. xxi, ibid., col. 1280. — ' C. XIII, éd. E. F. von der Goltz, Leipzig, 1905 (Texte und Untersuclumgen, N. F., t. xiv, 2a), p. 47 : E-J;(api7T0-ju.ïv to: --i-zp r,u.iôv -'jt.içi -rf,; à-Li; ividTadîa); tro-j. Ces cinq derniers mots remplacent ir.ï^j :(.>r,ç Ali f/uKjiMi de la Didachè (ix, 2). Cf. ibid., p. 137, et du même : Tischgebele und Abendnialdsgebele (Texte II. Unter., N. F., xiv, 26), Leipzig, 1905, p. 33, cf. p. 44. Voir aussi saint Cypricn, Ejiist., LXiii, 16, écrivant au sujet de la messe (dominiciim) : Nos aiilem resurrectionem Domini mane celebramus. Éd. Hartel, Corpus de Vienne, 1871, t. Kl, pars 2, p. 714.— • In Gai., iv, 10, P. L., t. xxvi, col. 405. Cf. supra, dans cet article, col. 931. — ' Diclionn., t. III, col. 2459. — "P. L., t. v, col. 30G. — " Ibid.,loc. cil., on trouvera un commentaire de ce passage de Gennade dans Walafrid Strabon, De exordiis et incremenlis rcruin ecclesiasticarum, c. xxi, éd. V. Krausc, dans Mnn.Gcrm. hisl., I.eg., scct. II, 1897, t. II, p. 495. Ce texte de W. Slrabon est en relation avec le passage cité p us haut (col. 905) du Pénitcnlicl de Théodore. Walatrid écrit : .4piid Grecns quoque illi, qui duos daminica'i vel 1res sine cnmmunionc transieriiil.excommunicari dicuntur. — " Sancti Benedicli régula monacborum.
éd. C. Butler, Friburgi Brisgovia;, 1912, c. .xx.xviii, p. 70-72, I. 4, 5, 24. — " Vite Palrum, c. xvii, 2 : Théodebert se présentant à la communion à la messe du dimanche, malgré l'interdiction de saint N'icet de Trêves, P. L., t. lxxi, col. 1080. — " Can. 42. Si une femme se présente A la communion sans le linge dit dominicale : usque in alio die dominico non communicet. Maassen, Conc. œvi Merovingici, Ilannovcrœ, 1893, p. 183. Ce qui montre que l'on communiait aussi entre les dimanches. — " Serm., xxv, n. G, P. L., t. xvii, col. 678. — »• Episl., II, ad Ecgbertum. P.L., t. xciv, col.GGG. — " Cf.dcfionn., t. m, col. 2462. — '* Can. 6. Mansi, Conc, t. xm, col. 1027 : ... cum eliam et Grœci et Romani seu et Franci omni dominico communicent. — *• C. x. A. Werminghoff. Concilia œvi Karolini, t. il, Hannoverie et Lipsiic 1908, p. 558. — '• Cap. m, can. 21 : Sane communicatio corporis Domini omni die dominico debuit celebrari,.., ibid., p. 722. Voir aussi un texte cité dans Borclius, Capilularia rcg. Fruncorum, llannovera-, t. ii, p. 182, sous le titre : Capil. wl missorum vel sijnodalia, 8Li ? Le n. 1 est ainsi conçu : Oualiter admonendum est, ut populi cristiani omnes die^ dominicis communicent, si est causa pro quit dimiltendum sit. — " S. Innoccntiil pap»;, Episl., xxv, ad Decenlium, n. 8 : De fermenta vcro, quod die dominica per lilulos mittimus. P. L.. t. XX, col. 556. Cf. S. Juslln, I Apol. ixvii, ."i (réunion dominicale), Cf. ibid., lxv, 5. — •' Udalric. Consueludines Clunlacenses, I. II, c. x.xx, P. /.., t. cxlix col. 722-723. — " Col. 897 sq.
DIMANCHE
■jiivrloEi; /.jpicv T'Jv 0£6v œou' Èv aù-^ ^ip -^ wpa àvisTrj ô zjp'.o; TiUiwv £7. vszpàjv zai CifjLvTjoE Tov riaTÉpi- 6'.i tojto ev a'jT7jT7;uipa"poacTâY7]fjaïvjav£Ïv tÔv Hêov^, Le Tesiamentum allègue de même le souvenir de la résurrection, non seulement pour les \igiles, mais encore pour les vêpres — qui sont, en fait, l'ouverture de la vigile nocturne — et pour les matines : V espère, cum est iniliam dici subsequentis, perhibetquc imaginem resurreclionis, jecit, ut nos laudaremus. — Media nocle surgant collaudanles et extollenles Deum propter resurrectionem. — Ad auroram laudeni cum psalmodia, quoniam postquam resurrexit (Christus), Palrem laudavil, psallentihus mis -. Ces trois passages ont'des parallèles dans la Constitution soi-disant égyptienne ' qui, toutefois, fait à peine allusion à la résurrection du Christ, mais évoque, à propos de l'heure du matin, « le jour de la lumière éternelle qui luira pour nous éternellement à la résurrection des morts '. » Par contre, ce document insiste, en rappelant les paroles évangéliques, sur le retour possible du Christ au milieu de la nuit '. II en est de même dans les Canons d'Hippotyte ', à peu près identiques ici à la Constitution, moins le passage sur la résurrection des morts et l'heure du matin. Dans ces usages concernant la prière quotidienne que les chrétiens faisaient dans leur maison, en particulier ou en commun ', il est permis, croyons-nous, de voir des imitations de la prière publique dont le jour ordinaire, pour l'ensemble de la communauté chrétienne, était le dimanche. Eu égard à la prière nocturne, les allusions à la résurrection semblent autoriser cette conclusion. Une des plus anciennes descriptions que nous possédions de la \igile dominicale en Orient est celle que la pèlerine lîgérie nous a laissée dans son Itinéraire. Or on y voit qu'à Jérusalem cette \igile avait ceci de spécial qu'on y lisait toujours le récit évangélique de la résurrection '. Ainsi que nous l'indiquerons tout à l'heure, à propos des lectures lituigiques du dimanche, nous ne pensons pas que cette lecture particulière ait eu toute sa raison d'être dans ce fait qu'elle avait lieu à la grotte du Saint-Sépulcre. Le dimanche l'inspirait encore davantage, d'autant que les olBces quotidiens qui, au témoignage d'Égérie, se faisaient à l'Anastasis ne comportaient point celte lecture : la pèlerine paraît bien la présenter comme propre au premier jour de la semaine.
Pour la partie descriptive, nous renvoyons à l'arlicle Vigiles, nous contentant de rappeler quelques textes où la vigile du dimanche est expressément
' C. XX, éd. E. F. von der Goltz, citée supra, col. 967, note 7, p. 35. Le texte de Migne, P. G., t. xxviii, col. 276, est identique ici. — ' il, 24, édition Rahmani, MoguntisD, 1899, p. 145. L'éditeur entend la résurrection mentionnée dans le premier passage de la résiurection finale, mais d'après le passage correspondant de la Constitution ecclésiastique dite égyptienne, il semble bien plutôt qu'il s'agisse de la résurrection du Ciirist. Cf. l'ancienne version latine pour ce dernier passage : Illa ergo hora in Ittlere Chrislus punctus aguam et sanguinem e/fudil et reliquum îemporis diei inluminans ad vesperam deduxit. Unde incipiens dormire principium allerius diei faciens imaginem resurreclionis conplevil. E. Hauler, Didascalio! aposloloruni fragmenta Vernnensia latina, Lipsise, 1900, p. 119. — ' C. XXXII, 17-18, 19-27, 28-29. F. X. Funl<, Didascalia et Constituliones aposlolorum, Paderl)oni», 1905, t. ii, p. 117- 118. — ' Loc. ci(., n. 29. — • Ibid., n. 26 : Media nocte... (.Matt., XXV, 6); Ideo oigilate... (ibid., 13). — • N. 244-245 (cl. le contexte), éd. L. Duciiesne, Origines du culte clirélien, 2' éd., Paris, 1898, p. 528-529. Voir aussi H. AcheUs, Die Canones Hippolyti, Leipzig, 1891 (Texte und Unlersuclnmgen, t. vi), p. 131-133, où les textes des Canons d'IIippolyle et de la Const. ecclés. égyptienne sont comparés. Cf. ibid., p. 194. — ' Voir le De virginitate, au cliapître cité. — • S 24, 10. Geycr, Itinera liierosolgmiiana, Vindobonœ, 1898, p. 73-74. — • Expositio fidei, xxiii, P. G., t. LXii, col. 828.
mentionnée. « La sainte Église catholique, dit saint Épiphane, passe tous les dimanches dans une douce allégresse et y tient dès le matin des réunions » {/.ai îuvîçE'.ç as' jdiOav Jn'.TsÀ:')". Il s'agit ici probablement de la vigile qui commençait au premier chant du coq. Les réunions nocturnes des ariens de Constantinople, le samedi et le dimanche, réunions dont parle Socrate ">, se faisaient à l'occasion des vigiles des catholicfues, et pendant leur célébration. Ces \igiles du dimanche étaient quelquefois l'occasion de regrettables désordres. Vigilance, l'adversaire de saint Jérôme, y trouvait un prétexte pour demander cpi'on les supprimât au bénéfice de la vigile pascale qui, pensait-il, s'en trouverait ainsi grandie, car ces vigiles donnaient à ses yeux l'illusion fâcheuse d'une pàque hebdomadaire. Saint Jérôme répond qu'à ce compte il conviendrait tout autant de supprimer, le dimanche, la célébration du sacrifice eucharistique. Quod si ideo eas astimas rcsputndas, ne sœpe videamur Pascha cclebrare, et non solemnes posl annum exercere vigilias : ergo et die dominico non sunt Christo ofjerenda sacrificia, ne resurreclionis Domini crebro Pascha celebremus : et incipiamus non unum Pascha habere, sed plurima ". Nicetas de Remesiana dans son traité De oigiliis, mentionne en passant cette vigile hebdomadaire, en même temps que celle du samedi'-. En Orient, vers la même époque, nous avons le témoignage de Marc diacre, dans sa \ ie de saint Porphyre, évèque de Gaza (395-42Û) : on y voit Jean, archevêque de Césarée, inviter Porphyre, qui était venu le visiter en compagnie de Marc, à célébrer « la vigile du saint dimanche » ". On sait encore par CjTille de Scythopolis que saint Sabas décida que cette même vigile serait célébrée ino oi': ï:,^ -ptoi dans les deux églises de sa laure ". Pour le monachisme occidental, on a le chapitre xi (Qualiler diebus dominicis vigilis: aganlur) de la Règle de saint Benoit ''. Cette vngile, on l'a déjà xn, était obsen-ée par le commun des fidèles; plusieurs anciens conciles ou documents disciplinaires occidentaux en font une obUgation à tous : le concile de Màcon de 585, qui rappelle à ce sujet le symbolisme de la lumière nouvelle apportée par le Christ ressuscité (Koclem quoque ipsam, quœ nos inspiratœ luci inaccessibili reddit, spiritalibus exigamus excubiis nec donniamus in ea ) '=; les Capitula de Théodulphe d'Orléans'■; le concile de Tribur '«, etc. Une des Vies de saint Léger, évèque d'Autun (t 678), nous apprend qu'Ébroin, persécuteur du saint, fui tué au moment où
Cf. une suite de canons citée dans la . Lampe des ténéljres ■ d'Abou'I-Barakat, et en relation avec le Syntagma docU-ina: Can. 9 : . Étant éveillé le dimanche matin, va à l'église avant le lever du soleil. ■ Riedel, Kirclienreclitsquellen des Palriarchals Alexandricn, Leipzig, 1900, p. 38. Ce canon n'a pas de correspondance textuelle dans l'édition du Syntagma de Migne, P. G., t. xxviii. — "L. Vï, c. viii. p. G., t. lxvii, col. 689. — "Contra Vigilantium, n. 9, P. L., t. xxiii, col. 363. — " De vigiliis servorum Dei, a. 3, éd. A. E. I3nrn. Niceta o/ Remesiana, his life and worlis, Cambridge, 1905, p. 58.-—" N. 15 : !V3c -:Ly it.>; iv»TT<r>a;v t'.: tt.v iyf^T.-r.a-i xf,; à-,!aç y.jf.x/.f^:. Marci diaconi Viia Porpliyrii episcopi Ga:ensis, edidenmt societatis philologa; Bonnensis sodales, Leipzig, 1895, p. 15. —" Sabœ oita, dans J.-B. Cotclicr,
Ecclesiœ gra^cœ monumenla, P.iris, 1686, t. m, p. 265.
"Ed. C. Butler, Friburgi Brisgovia-, 1912, p. 42. Voir aussi la Régula monasterii S. Casariiu de S. Césaire, n. 69,
dans Acta sanclorum Boll. (nouv. éd.), janvier t. ii, p. 18.
"Can. 1 sur le dimanche. A moins qu'il ne s'agisse seulement de la \igile pascale comme le début du canon 2 (Pasclia itague noslrum...) pourrait le donner à croire. Maassen. Concilia a-vi merovingici, Hannoverap, 1893, p. 165-166! Voir aussi le ps.-Ambroise, Serm., xxv, n. 5, P. L., t. xvii, 678. — " Cap. xxiv. De obseruaniia diei dominici, P. L., t. cv.' col. 198. — "C. XXXV. BoreUus et Krause, Capitularia regum l'rancorum (Mon. Cerm. liisl.), t. ii, p. 2.33-234.
DIMANCHE
il se disposait l'i se rendre à cette vigile '. On voit aussi, dans un apocryphe grec du ix" siècle environ, des damnes qui ont mérité leur sort pour être restés sur leurs couches « à l'aurore du dimanche » -.
b) Heures. — Un article spécial étant consacré à chacune des heures de l'ofTice, quelques indications suffiront ici; elles se joindront à celles que l'on trouvera déjà dans les lignes qui précèdent sur les vêpres et les laudes matutinales. On sait par Cassien que, dans les monastères de Palestine et de Mésopotamie, il n'y avait le dimanche matin avant le prandiiim qu'une seule réunion liturgique : la messe et la communion en formaient la partie principale; elle comprenait, en pli s -des psaumes, des prières et des leçons que les moines disaient d'une manière plus solennelle et plus expressive qu'à l'ordinaire par respect pour l'eucharistie, et, détail curieux, dans cette célébration même on était censé s'acquitter des offices de tierce et de sexte qui se récitaient les autres jours durant les heures de travail : in ipsa (missa) lerliam scxlamque pariter consummatam rvpulant. En effet, les leçons propres à la sjnaxe du dimanche compensaient la suppression de ces offices, sans que le temps consacré à la prière en tût en rien diminué : Iluque fit ul de orationum obscqiiiis niliil imminualur, adiedionc scilicet tecliomim ^. Cassien dit un peu plus loin que ce même jour, ainsi que le samedi et les jours de fête où il y a aussi deux repas, aucun psaume n'était récité le soir, avant et après la cena, contrairement à ce qui se faisait les jours de jeûne au prandium '. Dans ce cas, en elîet, celui-ci était renvoyé jusqu'après l'heure de none. La cena des dimanches était facultative ; none devait donc se dire privcment ce jour-là, comme les autres jours, si même cet oflTce n'était pas supprimé, comme tierce et sexte. C'est aussi à la synaxe du dimanche matin, avant le repas du milieu du jour, qu'il est fait allusion à la fin de la VIP conférence de Cassien' : mais ce dernier trait vaut seulement pour l'Egypte. Pour la Palestine, on trouve encore dans la \ ie grecque de sainte Mélanie, un trait en conformité parfaite avec ce que nous avons lu dans Cassien sur la solennité de la psalmodie dominicale chez les moines de cette contrée. Dans son monastère de Jérusalem, la sainte voulait, en effet, que le dimanche et les jours de fête la psalmodie fût plus soutenue et plus longue que de coutume '.
Sur l'usage des cantiques à l'office du dimanche, voir Cantiques et Cantiques év Angéliques, t. n, col. 1975 sq..et 1994 sq.; et sur l'emploi du symbole Quicunque à prime du même jour, voir Symbole (de saint Athanase)
— ' Vila ab anonymo ^duensi, c. xvi, P. L., t. xcxvi, col. 368. Comparer la pratique semblable de Théodoric, roi des Goths, d'après Sidoine Apollinaire, Epist., I, ii, P. L., t. Lviii, col. 44J : mais pas de mention expresse du dimanche. Voir encore la Viia de S. Hubert, n. 19, éd. W. l^evison, dans Knisch et Lcvison, Mon. Germ, hisl., Scriptonini rcnim mcrnningicanmi, 1913, t. vi, p. 490. D'après l'éditeur (/nrica-, p. 691), nmne prima resureccionis Domini, désigne ici le dimanche. — • M. R. James, Apocnjplm anecdolci, Cambridge, 1893 (TexLi and sludies, t. il, n. 3), Apocalupsis Mariœ viryinis, xii, p. 119. — ' De instUiilis cœnohinriim, 1. m, c. XI, P. L; t. XLix, col. 149-150; éd. M. l'elschenig. Corpus de Vienne, 1888, t. xvii, p. 44. — ' Ibid., c. xii, P.r.., t. xi.ix, col. 150-151 ; Pelschcnig, loc. cil. p. 45. — ' C. xxxiv, P. I,., ihid., col. 720. Lorsque le jour commence i\ poindre, l'abbé Cérénus invite son iiilerlocuteur l'abbé Gcrmanus à prendre un peu de sommeil, puis ajoute : ac deinceps pariter ad ecclesiam proccdenles, qiioniaiii nos hoc lacère dominici dici solleninitus eoinnmnci, rcvcrxi post synaxim ni... duplicalti gaudio cnnlercnius. C'est ce (|u'on voit se réaliser dans la Conférence suivante qui débute ainsi : Consummalis quw diei sollemnilas exigebat cl ecclesiu; congreguliime dimissa reucrsi ad ccllatn senis retccii primiim iaulissimc siimii.s. Ibid., col. 719. Le repas achevé, I» convcr-
c) Lectures. — Après saint Justin ', une des plus anciennes attestations sur les lectures qui se faisaient le dimanche dans les assemblées chrétiennes est un fragment de lettre de Denjs de Corinthe (166-174) au pape Soter. Le voici en entier tel qu'il nous a été conservé par Eusèbe : « Aujourd'hui nous avons célébré le saint jour du dimanche, pendant lequel nous avons lu votre lettre; nous continuerons à la lire toujours, comme un avertissement, ainsi cjue du reste la première que Clément nous a adressée '. » Texte vénérable, intéressant à plusieurs titres, et qui l'est pour notre sujet en ce qu'il montre qu'à cette époque il y avait, le dimanche, des séries régulières de lectures, probablement des séries annuelles. On ne saurait toutefois parler ici d'une lecture proprement liturgique comme celle dont il est question dans la première apologie de saint Justin, puisque le texte lu n'appartient pas à l'Écriture. C'est aux lecteurs qu'incombait particulièrement le soin de faire entendre celle-ci dans les assemblées du dimanche, ainsi qu'on le voit par la Constitution ecclésiastique apostolique de la fin du III'' siècle. Cette constitution recommande au lecteur d'être diligent à accourir le premier à ces assemblées : 'AvayvioaTr,;... âv -aï; ■/.■jo'.ay.ciïç auvoSo'.ç rpojToç ajv&ooaoç '. Il y lisait, entre autres, l'Évangile, comme on peut l'inférer du même texte (siSi'o; orr £J»Y-|'£).ic!-:o-j -rjr.o'/ jpYai'sTa'.), et comme il ressort d'un passage de saint Cyprien que nous avons déjà signalé". Les Constitutions apostoliques, parlant de la liturgie du dimanche, mentionnent cette lecture qui était solennelle (zr,puzia), et celle des prophètes qui la précédait: âv r, (■/.upiazi;) IlpoirjTôJv àviyv'.ig!; zoti HùayYs/.îou zïjpuzia ". Ainsi que le montre le contexte, il s'agit des lectures de la première partie de la messe, ou messe des catéchumènes. Ce sont ces lectures qui dispensaient les moines de Palestine, le dimanche, des offices de tierce et de sexte, comme on l'a lu dans Cassien. Elles se rapportent en conséquence à l'office proprement dit. On voit par le même Cassien que chez les moines d'Egypte les deux lectures journalières qui se rattachaient, scmble-t-il, à l'office de la nuit, étaient empruntées l'une et l'autre, le samedi et le dimanche, au Nouveau Testament, à la différence des autres jours où la première leçon était tirée de l'Ancien Testament; l'usage dominical étpit suivi pendant tout le temps pascal {totis Quinquagesimie diebus), ce qui n'est pas pour nous surprendre "^. Il a été dit plus haut que la coutume hiérosolymitaine de lire chaque dimanche l'évangile de la résurrection à la fin des matines n'était pas exclusivement locale. On en trouve un indice ilans la liturgie
sation reprend. — ' C. xlvii, éd. H. Delchaye, dims Analecin Bollandiana, Bruxellis, 1903, t. xxii, p. 33 ; card. RampoUa, Sanla Melania giimiore, Roma, 1905, p. 07-08. Sur la supériorité du texte de la Vie grecque sur celui de la Vie latine (dans Rampolla, op. cil., p. 2 sq.) pour ce passage {ibidem, p. 27), voir A. d'Alès, dans Analecl. Bolland., 1900, t. XXVI, p. 429. — ' / Apol., Lxvii, 3, 4 : ■ Le jour qu'on appelle le jour du soleil tous... se réunissent dans un même lieu : on lit les Mémorables des apôtres ou les écrits des prophètes autant que le temps le permet. » — • Eusèbe, Histoire ecclés., 1. IV, c. .\xiii, n. 12, trad. H, Grnpin, 1. 1, Paris, 1905, p. 467. — • J.-B. Titra, Iiiris ecclesiastici grœcoriim hisloria cl monmnenla, Rom;p, 1864, t. i, p. 84; A. Hnrmick, Die Lelire der zivôlf Apostel, Leipzig, 1884, ï'cc/e iiri(/ Uiilcrsuc/iiinffcn, t. Il, où se trouve une édition (p. 225-'.i37) de la Consliltilion (Die aposlulisclic Kirchciwrdniing), n. 19, p. 234. Voir aussi un commentaire de ce passage dans l'ouvrage du même (Texte, tome cité) : Die Qiiellcn der sogennaitleii Aposlid.Kirchen., Leipzig, 1886, p. 17-18. Il n'est pas sûr que le lecteurdont parlesaint .Justin (/ .Ifio/., Lxvii, 4 : l'A-7 r.o^-jfTX]ii'ifj'j TO'j à''avi*'oi*TZ'jVTo;) apparlienne à l'ordre proprement dit des lecteurs. — "Col. 807. — "I,.II,c.i.ix,n.4,6d. Funk, t. I, p. 173. — " /ns(i(.,l. II,c. vi, éd. l'etsclienig. Corpus de Vienne, t. xvii, p. 22-23; P. L., t. xLix, col. 89-90.
grecque moderne qui a conservé cette pratique". Il est possible, en outre, que les Constitutions apostoliques y lassent allusion. On lit, en effet, à l'endroit de ce livre cité à l'instant : Er-.i': -i i-o'/.ofr[^i- x: t'î> Hîm ô jif, 5'jvîp/ôacvoç èv "Tjôî TTJ T^u.é^x (xjp'.a/.;^) àzo-jciv ~ou oojt/ipio'j r.iol T^; à'/aTTasto); Xrjvo'j; les mots ~spi ~f,i àvi3Tàî='.i; qui ne correspondent à rien dans la Didascalie d'où cette phrase est tirée viennent du rédacteur des Constitutions : ils s'appliqueraient bien, semblc-t-il, à un discours sur l'évangile en question. On retrouve enfin le même usase dans la règle écrite par saint Césaire pour le monastère de sainte Césarie ', sa sœur, et dans celle de saint Aurélien ', second successeur de Césaire : ces deux rèales ordonnent que chaque dimanche, à la fin de l'offlce de la nuit, on lise alternativement l'un des quatre récits évangcliques de la résurrection; pendant cette lecture, tous les assistants doivent rester debout. Par le fait que ces règles mettent le samedi et le dimanche sur un pied d'égalité, il y a lieu de considérer cet usage comme un emprunt aux liturgies de l'Orient. Voir Lectures.
7° Prédication. — Sur l'instruction des fidèles dont l'assemblée du dimanche était l'occasion, et sur l'obligation pour le clergé de prêcher en ce jour, voir Prédication. Nous rappelons simplement le passage de la Disdascalie qui a été signalé dans les lignes précédentes, et celui qui lui correspond dans les Constitutions apostoliques, passage cité au même endroit. On se souviendra surtout que le plus ancien témoignage connu sur l'usage de prêcher le dimanche est celui de saint Justin dans sa première apologie : n Le jour qu'on appelle le jour du soleil, tous ceux qui habitent les \illes ou les champs se réunissent en un même lieu. On lit, autant que le temps le permet, les Mémorables des apôtres ou les écrits des prophètes. Puis le lecteur s'arrête et le président prend la parole pour faire une exhortation et inviter à suivre les beaux exemples qui viennent d'être cités. Nous nous levons ensuite tous ensemble et faisons des prières *. • Il ne s'agit là de rien autre chose que d'une homélie, pendant la messe, sur les passages de l'Écriture qui ont été lus dans sa première partie. Voir Homélie.
8" Baptême. — Ainsi qu'il a été indiqué dans l'article Baptême ', la Constitution ecclésiastique dite égyptienne et les Canons d'Hippolijle placent la célébration du baptême dans la nuit du samedi au dimanche, sans préciser s'il s'agit du dimanche de Pâques où de tout autre dimanche. On sait toutefois que dans l'antiquité chrétienne Pâques et la Pentecôte étaient les jours
* Voir dom P. de ÏVIcester, Voyage de deux bénédictins aux monastères du Mont-Athos, Paris-Lille, 190S, p. 189-190. Le dimanche, à l'oirice du matin, la lecture de l'évangile «donne lieu à une cérémonie touchante à laquelle les fidèles de l'Orient sont très attachés. Le prêtre Ht le passage d'un des quatre évangélistes se rapportant toujours à la résurrection du Christ... Une fois que la lecture est terminée, le prêtre portant le livre des saints Évangiles se tient à la porte du teraplon et tous les assistants vont baiser pieusement l'emblème du Sauveur qui décore la couverture. Nous avons vu, dans certaines églises, le peuple se presser par centaines pour accomplir cet acte de dévotion. ■ Cette manifestation de piété est à rapprocher de celle que la même lecture provoquait à Jérusalem, au rapport d'Égérie, Geyer. Itinera hierosolgm.t p. 74, I. 2-5. Les évangiles de la résurrection pour le dimanche matin (IvJayYÉ"/ la =w'J;v-< àvai7ti'7'.ij.a)sont au nombre de onze; on en trouvera la liste dans VEucItologion de C.oar, 2° éd., Venise, 1730, p. 722-723. — = N. 69. Acta sanctorum Boit., nouv. éd., jan. t. ir, p. 18 (12 jan., S. Cœsaria). — 'P. /-., t. Lxviii, col. 296; Holsten-Brockie, Codej:re9ii/ariim, .\ugusta; Vindelicorum, 1759, t. i, p. 133- 154. — ' Lxvii, 3-5. Voiraussi le passage d'Origènecité supra, col. 930. — ' Diclionn., t. il, col. 258, 201-262. Cf. col. 277 pour le Teslamenlum Domini qui, lui, place bien le baptême à Pâques : Baplizentur autem diebus paschie, éd. Rahmani, p. 121. — • Ibid., col. 298. — ' Mgr P. BatilToI conjecture
par excellence du baptême solennel. Du vague de cette information on pourrait être porté à inférer que, dans les cas où le baptême était dilléré, ou renvojé à un autre temps pour une raison accidentelle, on le conférait plus volontiers durant la vigile d'un dimanche : mais nous n'avons rencontré aucun indice d'un tel usage. De la comparaison des chapitres Lxv et Lxvii de la première apologie de saint Justin. 11 n'y a rien de bien sérieux à conclure dans ce sens : au temps de Justin il ne semble pas qu'on ait eu deF époqu» s fixes pour la célébration du baptême ', et il est naturel que. pour introduire les initiés dans la communauté chrétienne, on ait alors profité de l'assemblée du dimanche '. Il n'existe pas, du reste, de lien absolument nécessaire entre les deux chapitres. Cependant dans les Récognitions clémentines' on voit saint Pierre choisir le dimanche pour baptiser Faustinianus, père de Clément, après avoir ordonné un jeûne aux fidèles; et d'après le Liber Adami, c'était aussi ce jour que les Nazaréens avaient adopté pour le baptême de leurs jeunes enfants dans le Jourdain '. 9" Ordinations. — L'usage de consacrer les évêques le dimanche remonte à une haute antiquité. Voir C0NSÉCR.VT10.N ÉPiscop.^LE '°. Aux textes cités dans ce dernier article on joindra le passage de la Vie de saint Porphyre où Marc diacre, biographe du saint, raconte comment celui-ci fut ordonné évêque de Gaza (395) par Jean de Césarée, le matin du dimanche, après la vigile de ce jour ". L'usage correspondant pour les prêtres et les diacres est atteste par saint Léon '^ et l'on constate par la lettre du même à Dioscore ", lettre citée plus haut au sujet de la durée du dimanche, que ces ordinations avaient lieu dans la nuit du samedi au dimanche. Voir Oam-