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colonnes cannelées. Les basiliques constantiniennes, celles (lu IV ' siècle, pratiqueront cette fâcheuse méthode. Néanmoins, il importe de remarquer que, pour le palais de Spalato, ces emprunts à d'autres édilices ont été faits avec un réel discernement : les pièces choisies l'ont été soigneusement, car, si un examen un peu attentif y laisse reconnaître la fréquente disparité \ de taille que nous venons de noter, cette disparité n'est ! pas si frappante qu'elle surprenne au premier coup '■ d'œil et qu'elle choque véritablement. Elle est infini- j ment moins visible que dans telle basiUque chrétienne ou qu'à Sainte-Sophie de Constantinople. i
Parmi les marques de tâcheron relevées sur les | pierres du palais de Dioclétien, nous avons à signaler une pierre extraite du mur de la Forte Dorée, sur laquelle on voit un poisson et les lettres A et O. Nous ne croyons pas douteux que ce poisson figure, bien qu'au seuil du v« siècle, l'i/OJç chrétien, gravé par un ouvrier chrétien sur une pierre du palais du grand persécuteur (fig. 37.51).
:^731. Martiue tie lâclu-ron sur une pierre. D'après Hébrard et Zeiller, op. cit., p. 13:î.
XII. Influence artistique. — L'architecture des édifices de Spalato ollre un grand nombre d'enseignements d'autant plus importants qu'ils procèdent de combinaisons de formes très dilTérentes de tout te qu'on rencontre dans les monuments antiques. Le rôle joué par Dioclétien dans l'histoire du vieux monde n'est pas sans analogies avec le rôle rempli par son palais dans l'histoire de l'art. Dioclétien ferme la série des empereurs païens et inaugure la série des empereurs d'allure asiatique-; il forme la transition entre les institutions et les idées du monde romain qui s'achève ft du monde byzantin qui surgit. Le palais de Salonc forme entre l'antiquité romaine Ihiissantc et le moyen âge chrétien et byzantin une naturelle transition, il démontre et explique l'évolution qui a acheminé l'irchilecture romaine vers des i)nncii)e.s nouveaux. Sans lui, quelque chose nous échaifperait du lien intime qui unit l'art romain du iii-^ siècle aux premiers essais (le l'architeiture clu'étienne.
Des analogies curieuses ont été relevées entre le plan (lu château fort impérial de Si>alalo et le camp de Lambèse. analogies plus marquées avec le lattrum
' Par exemple, les nvilelli du L(<ljoun, Odzoli, Kasr-< J- Abiad et. à Djebel-cd-Dni/, celui de Ucir-el Kut. Ce dernier date lie l'année 300. il (sl donc conleinporsiin du palais de Spalalo. Cf. du Voi-'ùù, La Syrie cciilrnlc, p. U!i; Diiisiunl et .Marier, Voi/agc urcMnlofiiiinr nu Shju el ilatis ;r iJjel'rl-ed-ririK, p. 178 sip; II. \ inrcnl Suies ilc vnwiqf, dans limme bibiii,ne. 1.S.IS. p. .Î21 si] — 'II. C. Hidlcr,
illyrien de Mogorjelo, près de Metkovic en Herzégovine. Il n'y a cependant dans ces analogies rien qui soit absolument concluant, rien qui démontre l'influence directe et exclusive de ces camps sur celui de Dioclétien. Ce sont encore des analogies qui ont été relevées entre la configuration de l'enceinte et celle des châteaux forts, castelli, du limes, c'est-à-dire de la frontière militaire de Syrie, où les tours sont placées à l'extérieur '. Les portiques longeant les deux avenues principales se retrouvent à Palmure et dans d'autres villes de Syrie, il est vrai que nous en avons signalé aussi dans la ville hadrienne d'Antinoë. D'autres rapprochements ont été faits. Philippopolis de SjTie, aujourd'hui Schebab, construite par l'empereur Philippe l'Arabe, était jiarcourue par deux rues principales dont l'une, peu après son croisement avec la seconde, aboutissait dans l'axe du palais destiné à l'empereur. Une place s'étendait à cet endroit et, sur l'un des côtés de cette place, s'élevait le Philippeion, monument funéraire de la famille de Philippe -. Autre paralléhsme frappant entre Antioche et Spalato. A .^ntioche, le quartier qui comprenait la résidence impériale offrait deux rues principales se coupant en croix; une branche était plus courte que les trois autres et conduisait à une place qui s'étendait devant le palais, oîi l'on entrait par des propylées. Du côté opposé, la façade du palais dominait l'Oronte et la muraille crénelée faisait place à une colonnade ^. Les éléments de cette description sont dus à Libanius ' el M. J. Strzygowski conclut que le palais de Spalato est, ou peu s'en faut, une copie, une réphque du palais d'Antioche commencé sous Gallien et terminé sous Dioclétien. M. J. Zeiller, sans retirer à ces rapprochements aucun des enseignements qu'ils comportent, ne les croit pas, et avec toute raison, pleinement décisifs. L'ordonnance du palais de Spalato ne se rattache pas assez exclusivement à un type architectural déterminé pour qu'on soit en droit d'affirmer qu'elle en procède '.
ï Dioclétien n'avait point impunément vécu presque toute sa vie en Orient. Il y avait pris naturellement le goût du p()mpeux et du colossal, qui convenait d'ailleurs à merveille aux intentions de sa politique, et tout naturellement aussi, quand le grand bâtisseur (ju'il était voulut édifier un palais digne de lui, c'e.st à l'Orient (ju'il demanda à la fois des matériaux et des modèles. On sait déjà avec quelle profusion l'Égxpte fournit au palais de Spalato les granits et les porphyres, et les statues qui devaient servir à la décoration. Il est très ))robable que les architectes chargés de dessiner les plans de la demeure impériale, que les ouvriei-s mêmes employés aux travaux vinrent également de l'Orient. Toutes les marques de tâcherons relevées sur les pierres des édifices sont écrites en lettres grecques; et turtoul, que l'on considère les formes architecturales ou bien les éléments de la décoration, à chaque pas on reconnaît l'inHuence et l'emploi des méthodes de l'architecture asiatique °. »
L'événement architectural â Spalato, c'est le n'ile nouveau de la colonne. Jusqu'alors, pour se conformer au.K prcsciiptions de Vitruve,tout l'ellort était su]ipoité par le pilier sur lequel s'appuyait la colonne; aussi, tandis que le pilier soutenait la retombée de l'aie, la colonne ne soutenait qu'une architrave sans poids cfieclif, simple moulure décorative qui soulignait la division des étapes. Kt voici qu'à Spalato on abandonne l'architrave continue pour la série des arci i-
Amcriiiin urehœolnnif cxiicdilion, p. ;i70. — ' J. Strzy- ):l>^^ski, Spalato. liin A.*arA"s(ei;i dcr rotiiani.schen Kiinsl Ifci ihrem L'ebergangc viim Orient nach dcni Abendlande, dans Stiidien um Kunst und Ce:^cliiehlc I-ricdricli Schneidir zum ?«•"" Gelinrtslngc, p. 332 S(i. — * Oral., xi, n. 20I- ■J<ii< — ' .1. /ciller; c/i cit., p. loi". — ' Cli Pirlil, In MMitcrranfe, p. 26.
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Visites, hérésie qui eût paru inconcevable à un arclii- j tecte du temps d'Auguste '. Un tel fait suffirait pour conférer au palais de Spalato une importance spéciale dans 1 histoire de l'arcfiitecture. Cet emploi néanmoins •■st rare et d'autant plus intéressant parce que c'est un essai: on veut voir ce qu'il rendra à l'usage, mais à cet essai on accorde déjà une place d'honneur. L'entablement droit et l'arcade sur pilier soi\t bons pour les avenues: dès qu'on atteint la cour d'honneur, les colonnes et les archivoltes se révèlent et s'imposent à l'admiration autant qu'à l'attention.
Il n'y a pas jusqu'à l'architrave qui cherche à s'arrondir en archivolte, ce qui n'est pas précisément une nouveauté -, mais n'a jamais encore été réitéré nulle part avec une pareille fréquence en un seul i monument comme à Spalato.
Les particularités décoratives de la Porte Dorée soni éc;alemeat remarquables. L'arc de décharge orné cl décoré au lieu d'être, comme cela s'était toujours pratiqué jusqu'alors, noyé dans la maçonnerie. C'est la rangée des six colonnes qui s'alignent à la partie supérieure du mur de la porte. Les chapiteaux de ces colonnes supportent des arcades, et néanmoins une corniche architravée leur sert de sommier; ordonnance nouvelle, d'un caractère essentiellement décoratif. Cette colonnade et ces niches qui ne répondent à aucune nécessité architecturale, à aucun usage pratique, sont pure fantaisie, luxe d'ornementation. Ces sortes de niches plates, que dessine l'entre-colonnement d'une succession de colonnes à la [lartie supérieure d'un mur, deviendront la marque courante, après l'art by zan tin, de l'art lombard comme de l'art romain. Enfin, les coupoles du mausolée et du vestibule, la première surtout avec sa série de trompillons étages, oITrent un procédé de construction nouveau destiné à un rapide et universel succès ifi». .3752).
Ce mausolée n'a pas seulenient l'originaUté de sa coupole, il a aussi celle de son plan octogonal, type peu connu, presque complètement nouveau pour Rome et l'Italie au début du iv siècle. Partout la nouveauté déborde et s'impose, mais la vraie trouv.iille, celle dont les architectes futurs tireront le plus parti, c'c-st cette coupole dont l'agencement est fait; pour confondre la routine des architectes romains. La coupole de Spalato ne ressemble en rien, au point de vue technique, à la coupole du Panthéon de Rome. Pour établir celle-ci, il a faUu disposer un cintre en charpente qui a soutenu la construction jusqu'au moment où, le mortier une fois durci, massive comme un monolithe, elle a pu être dégagée de son soutien et rester suspendue dans les airs. .\u contraire, la coupole de Spalato est faite d'une quantité de petits triangles sphériques en briques légères, imbriqués comme les écailles d'une carapace • t qui ont pu, en soudant successivement leurs assises superposées, constituer jusqu'aux deux tiers environ cjtte coupole d'une prodigieuse légèreté, sans que 1 architecte ait eu besoin pour la soulager de recourir à une armature en charpente. Or, on chercherait en v,nn dans l'Italie romaine la trace d'un pareil artifice de con.structio :.
L'étude des éléments décoratifs n'est guère moins concluante ni moins caractéristique. Partout i:ne préoccupation domine, qui est de pousser la décoration jusqu'à l'exubérance, jusqu'à la profusion. Des colonnes qui ne portent rien ne sont là que pour ajouter au faste, donner l'impression d'une surabondance de biens, d'une pompe un peu fatigante, mais qui malgré tout atteste l'opulence sinon le goût. L'entablement fastueux semble se détacher des murailles pour se poser
' E. Bcrtaux, f/n voyage archéologique sur les rines d? l'AdriatiqueySfialalo^ Venise et Byzance, dans La ()»mrainc, 16 février 1S99, p. t77. — ' Cf. Lanckoronsl<i; Les utiles de Paniphylie
en prodigieuses saillies sur les chapiteaux des colonnes. Les sculptures qui l'envahissent plus encore qu'elles ne le couvrent, de même que celles qui encadrent la porte de la chapelle impériale, témoignent d'un art luxueux, comDlique. chargé, mais lourd au moins
3752. Départ du trompillon de la coupole. D'après Hébrard et Zeiller, op. cit., p. 90.
autant que magriifique. Le goût du détail, goût maladif (jui trouva sa pleine expression dans les frises du moyen âge, se fait sentir; des personnages, des animaux circulent tant bien que mal parmi les feuillages ou plutôt y semblent empêtrés dans une attitude qu'ils souhaiteraient rendre active ou gracieuse. La seul];turc n'est pas molle et lourde, elle est sèche et plaie; les rehels s'amincissent, l'acanthe devient épineuse, la manière classique a encore ses fidèles, mais ces gens-là travaillent de recette, ce sont déjà moins des artistes qu; des artisans. L'n nouveau style s'annonce. A la porte qui, derrière le Utbliiuim, s'ouvre sur le granit portique du sud. on remarque l'association des grecques, ornement traditionnel, et des entrelacs, ornemenl exotique, tandis que les perles et les pirouettes ont un air de décadence des plus prononcés.
Quelques formes intéressantes et destinées à une Lingue fortune : la corniche à petit larmier, les grande., doucines, les plates-bandes appareillées à redenls d<s portes de l'enceinte, les frises bombée.s et les colonnes snns base du deuxième ordre du mausolée, les chapiteaux où les feuilles d'acantlie ne nai'îscnt qu'an-
et de Pisidie, t. ii, p. 118, 119, pi. iv. Voir par exemple le portique de Damas, divers temples de Syrie et de l'isidio il- temple d'Isis à Poinpéi, l.T façade latérale de l'arc d'Oron; e
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dessus du listel, laissant un rentrant entre celui-ci et la campane et où l'abaque corinthien s'est si remarquablement aminci, les bâtons rompus des modillons de la porte du mausolée, de la corniche du péristyle et de la Porte Dor^e. Enfin, la mosaïque appliquée aux coupoles.
Coupole et mosaïque, deux notions esthétiques devenues, semble-t-il, inséparables. Dans les palais ou les thermes de Rome, on avait essayé de la mosaïque pour les pavements et, timidement, dans les conques de quelques niches de diamètre réduit aux dimensions qu'exige une statue. Le seul exemple antérieur à celui de la coupole de Spalato signalé aux environs de Rome n'est pas nettement établi et ne représenterait en tous cas qu'un faible essai '.
D'où viennent tous ces éléments nouveaux ? Incontestablement il faut se tourner vers l'Orient, interroger l'Orient. C'est de lui que viennent les idées et les applications. Mais l'Orient est vaste et, avec Courajod et Clioisy qui en ont tait la démonstration robuste, avec M. Strzygowski qui en a donné la pétulante et prétentieuse illustration, il faut surtout regarder dans la direction de la Syrie, vers Antioche et aussi vers Éphèse. Là, dès la fin du m' siècle, nous rencontrons des combinaisons de formes architecturales qui se retrouvent à Spalato : l'arc posant directement sur la colonne, la coupole, les grands arcs de décharge soulageant les linteaux, les niches extérieures décorant les murailles; c'est en Palestine et en Sjrie que nous voyons, vers le même temps, l'architrave s'infléchissant en archivolte, enfin c'est dans les monuments romains d'Asie, à Laodicée, à BalbecV:, à Palmyre, à Pétra, que nous voyons ces ciselures de pierres, cet art luxueux et chargé dont les motifs comme les procédés ont persisté jusqu'à l'époque byzantine. Il n'est pas jusqu'à l'octogone qui ne nous attire vers l'Asie Mineure et la Mésopotamie où nous trouvons à Dere-Aglisy (voir ce mot) un type d'octogone à niches alternativement rectangulaires et circulaires comme à Spalato. « Ce serait donc une grave erreur de tenir le palais de Diocléticn pour un monument romain, tel qu'il pourrai}, sembler naturel qu'eût été la résidence d'un empereur de Rome édifiée sur cette côte illyrienne si fortement latinisée. A considérer le palais de Spalato comme un produit authentique de l'architecture romaine, on n'en apercevra que les caractères de décadence,, et ce sera n'apercevoir qu'un seul c(')té des choses. Certes, on ne veut pas prétendre que le palais soit une pure expression de l'art oriental en voie de renouvellement et d'expansion; il est romain aussi. On retrouverait même dans l'histoire de l'architecture romaine, avant l'époque impériale, des échantillons de constructions ayant une allure générale qui n'était pas sans quelque rapport avec lui, puisque Marins, Pompée, César s'étaient fait bâtir à Baies, sans doute par fantaisie d'anciens soldats, des villas qui avaient également l'extérieur d'une forteresse.
c Seulement, ce qui est encore romaiji à Spalato accuse la plupart du temps le déclin. Les motifs sont souvent grossiers et la complication d'un art vieillissant s'unit à la fécondité d'un renouveau pour leur donner cet air de richesse, un peu trop toulTue parfois, qui les caractérise. Ajoutons la luUc de l'exécution qui se traliit partout, sinon dans l'irrégularité du plan que la conformation du terrain suffit certainement à expliquer, mais dans tant de détails si rapidement
' On a découvert, il y a (|uclques années, dans la canipHtînc romaine, un nu'niihiriim, allriliué ù la seconde inoilié du II" siècle, qui possède une coupole décorée de mosaïques. Mais il ne s'a;?it encore ici que d'un petit monument: c'est une salle circulaire de (! métros de diumélrc cl la coupoli' a 3 métrés de hauteur. Oc plus, ce iiuiiiphinim est coiislniit
traités que quelques-uns ont une trop flagrante apparence d'inachèvement. On comprend ainsi l'impression de décadence qui, malgré les promesses d'avenir qu'on y entrevoit, se dégage inévitablement du palais de Dioclétien.
« Mais on aurait tort de rester sur cette impression. Le palais est autre chose que l'un des derniers des édifices que nous ait légués l'Empire romain, puisqu'on pourrait aussi saluer en lui le premier monument d'un art rajeuni. En somme, et en dépit de l'incontestable unité de la conception, qui décèle la personnalité très intéressante d'un architecte malheureusement inconnu, il demeure quelque chose de composite par son ]dan comme par la nature des constructions qui s'y pressent, car c'était presque une ville que cette retraite fortifiée, qu'un empereur démissionnaire avait voulue immense et magnifique, décorée de monuments somptueux, parte de tous les luxes et de tous les rafiinements de l'art, capable de recevoir aussi l'armée de serviteurs, de gardes, de courtisans dont prétendit jusqu'à la mort s'entourer le vieux souverain. Quoi d'étonnant que dans une ville, même créée d'une seule venue et conçue dans un esprit assez uniforme, le caractère des bâtiments ne traduise pas toujours exactement les mêmes sources d'inspiration ■? Et voilà comment le temple est encore à demi classique, tandis que le mausolée, avec sa coupole orientale posée sur une rotonde romaine, avec ses mosaïques brillantes et ses sculptures aux reliefs amincis, est un monument déjà byzantin, tandis encore que la Porte Dorée, avec la ligne d'arcades saillantes qui la domine, annonce déjà, par delà l'époque proprement byzantine, l'architecture lombarde et l'arcliileclure romane ellemême.
« Le palais de Spalato est un édifice romano-oricntal, mais en définitive plus oriental que romain, déjà plus près de l'art byzantin, dont il s'anirme comme un des précurseurs presque immédiats, et qui résultera en partie de la combinaison de ces deux cléments, que de l'art classique dont il ne serait qu'un exemplaire singulièrement déformé. On n'a pas à en être surpris. La résidence de Dioclétien s'olïre ainsi comme « l'image la plus fidèle, on peut dire la plus vivante encore de l'empereur dont elle a reçu la dépouille. » Dioclétien avait achevé de rompre politiquement avec les vieilles formes républicaines qu'Auguste avait conservées au pouvoir absolu. En fondant la tétrarchie, qui, sans partager l'Empire, y distinguait deux moitiés, celle d'Occident et celle d'Orient, il commença de modifier le cours de la tradition romaine, et c'est aux monarchies orientales qu'il emprunta, avec les formes d'un despotisme savant, la hiérarchie minutieuse et le cérémonial de sa cour. C'est aussi en Orient qu'il avait fixé sa résidence pendant son règne, c'est en Asie Mineure, à Nicomédie, qu'il avait habité le plus souvcnl, jusqu'au jour où il se retira dans l'enceinte de Spalato, et ce sont les autres provinces orientales qu'il eut les plus fréquentes occasions de parcourir. Sans nul doulc, les ordres de l'empereur, prêt à rentrer dans la vie i)rivéc, réunirent sur la côte dalmate un atelier d'artistes et d'ouvriers amenés de ces pays où il avait passé la majeure partie de ses années de principal, des .Vsiates, peut-être plus spécialement des Syriens liellénisés, dirigés par un architecte originaire des mêmes régions. .\insi l'art oriental, alors en ])leine période de ce rajeunissement cl de cet épanouissement qu'on n'ignore plus
prcsipu' onliércnicnt sous le sol. l'.nlin, on y a relevé des traces de reinanienicnls postérieurs, qui perniettenl do se doinandor si la date de In mosnïquc ne devriiil pas être nhaissée. Ct. T. Asliby, T}w classical iujingraiih» i>l tlie nitiKin raniimgnn, dniis l'a/icrs i>l tlw lirilish Schniil (il /(mue l.unilon. l'.l(r>, I. m. ii. 1.