DIOCLÉTIEN (PALAIS DE) — DIOSCORE (SAINT
depuis les belles études de M. de Vogiiê, et. l'art romain vieilli purent se rapproclier a Spalalo et, de leur contact renouvelé d'aiUeurs, sortit hientôt un art nouveau. Le palais impérial, dont l'Adriatique baignait le pied, est aux limites des deux mondes, le monde latin et le monde oriental. Il marque aussi un moment de transition entre deux époques de l'histoire de l'art, l'époque romaine et l'époque byzantine.
« Dans l'histoire de l'art, le palais de Dioclétien fait l'ofTice dune préface au chapitre de l'architecture byzantine. Serait-il plus assuré encore qu'il ne l'est que les productions les plus caractéristiques de l'art byzantin ne dérivent pas de lui, mais qu'elles ont seulement le même berceau, qui est en Orient, on ne pourrait pas ne pas le rapprocher; car, entre l'art romain antérieur et cet art byzantin qui ne s'est développé ensuite que progressivement, le palais de Spalato marque une étape par laquelle il faut passer avant d'arriver aux églises de Ravenne et de Sainte-Sophie à Constantlnople. Après ce iv= siècle, on verra se multiplier en Italie et ailleurs les basiliques dont les longues fdes d'arcades sont supportées par des colonnes que n'accompagnent plus de pihers; des coupoles légères, dédaigneuses du cintre, couronneront les sanctuaires de l'Orient; de gracieuses colonnades décoreront les absides ou les façades des cathédrales lombardes et plus tard romanes, et les mosaïques étincelleront sur les murs des palais et des égUses depuis l'Asie Mineure et la Syrie jusqu'à la Sicile et jusqu'à Venise : comment ne pas rappeler, lorsqu'on vient de décrire le palais de Dioclétien, le brillant épanouissement ultérieur, qu'il n'a pourtant pas déterminé, de toutes ces formes d'art nouvelles, qui nous apparaissent comme inaugurées par lui '. »
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H. I.ECLERCQ.
DIOSCORE (SAINT).— I. Le texte. II. La localité. III. L'année. IV. Le jour. \'. la rédaction. VI. Le martyr. Vil. Le juge.
I Le texte. — Le Synaxaire de [Constant inople " contient, au 13 octobre, la notice suivante : "'AOXr,aiç TOD à-c(o'j [iciprjçoç Atos'/.rJfou. O'jto; r^U'i.rfliV £-'. Tf,; ^aai- Àsia; Aio/.Xr,TiavoC;, •^L■^o^ |j.£v s/.zmv tî;; Kvivo-oÀ'.twv xal Tf|; SozoJaT)ç xaîà ta; izdÀeiç tùv pojXsuTûv a;{aç sjtîi- Xr|U|JLivoç, f|Yr|5àij.Evoç Bè xi toCp pio'j navTa loç sz-joaAa, i'va XotîTOv rjLo'vov /.sçSrJryr;' ;:aûGr,î'.2^£Ta'. xai ~y.yxzz!xz,
dicc Sirmondiano, dans Acia sanet., novembre, Propylivum, in-fol., Briixellis, liKVi, col. lliii.
DÎOSCORE (SAINT)
KojÀztr/(ô Tô) ip/ovf. ■/.■x: TOiTOv ziTaSpr.VTrjux; jjtàÀAov SE za-aYEXâua; zal s!; ojSIv Oijisvoç -à; 9'j>;:s{3; /.ai àmÀàç aù~0'j, È"£i5ï) za*. — up a'j~w —00^75^= y.al ta t£ "■joo; a"pe^^fû-rjpta zal ^à Àoi~à tojv ^a^avojv sVÔt] ~io'.i' voHi zai î:âvTa 'jr.f^a/o-i :•; ojÔïv zi'. àvr/ip-i-r.Ta, ?{o£i tv' Ti'jiiav ij-oj zâpav £zT£u.vî'-. « Combat du saint martyr Dioscore. Celui-ci combattit sous le règne de Dioclétien. Il était ne à GynopoUs et faisait partie du sénat de la Nille. Estimant les choses de la vie comme des ordures, afin de gagner le Christ seul, il se présenta librement devant le gouverneur Culcien, le brava et le railla. On lui fit soutîrir les tortures du feu et tous les autres tourments. Quant tout eut été sans effet pour lui, on trancha par l'épée sa vie précieuse. »
Le synaxaire copto-arabe • ne fait aucune mention de ce saint, pas plus que les calendriers coptes modernes'; par contre .-Vbù Sàlih, historien arabe du XIII» siècle, signale, au sud de Behnesah, deux églises dédiées à un saint Dioscore'. Enfin J. S. Assemani * signale dans un ms. iii-l", membr. vetustiss. 'J3!\ dont il a tiré plusieurs pièces martyrologiques ', une Passio S. Dioscori, encore inédite. Depuis, M. Rendel Harris • a eu sous les yeuK un texte des Menées où saint DioFcore est donné comme ayant souffert le martyre sous un gouverneur nommé Lukianos, déformation de Koulki.anos ', déformation dont on connaît d'autres exemples '.
L'hagiographie copte, dans la mesure restreinte où elle nous est actuellement connue, ne semble pas devoir rien ajouter ;\ nos connaissances en ce qui concerne saist Dioscore. Les Acta d'apa Didyme de Tarehebi publiés par H. Hyvernat ' offrent avec la Passio sancli Dioscori certains traits de ressemblance frappante notés par II. Quentin ">, mais si le parallélisme de ces détails est indéniable, il est évident que ce n'est pas la Passio qui est tributaire.
Restent les textes latins. Le martyrologe liiéronyinien donne au IS mai la notice suivante : xv kl. Ixrs. In ^gi/pto [in AnacipoU, ms. de Berne] Dioscori lecloris [qui mulla passas est, mss de Berne et Wolfenb.]. Le ms. latin 15311 de Munich (ix' siècle), qui nous a conservé un martyrologe de Bède augmenté de mentions hiéronymiennes aussi curieuses qu'importantes, •complète ainsi ce texte : xv kl Iun. InjEgyplo anocipoli Dioscori Icctoris in qui'm pente sismam et variator(um) cxercuil. lia iingucs dus elfuderit cam torqueretur nimium marltjrio coronalas est. L'auteur du martjTOloge connu par .\doii sous le nom de Florus avait évidemment un exemplaire de même nature sous les yeux puisqu'il nous donne : xv kl Iun. Apud Mgyplum, natale sancti Dioscori lectoris in quem prscses multa et varia tormcnta exerçait, ila ut ungues ejus effoderel, et lampridibus latera ejus injlammarel ; sed cœlestis luminis fulgore territi cecidernnt ministri. Novissime lancinis ardeniibas adustas martiiriam consummavit ". « Tous les martyrologes du moyen âge dépendent de l'une ou l'autre de ces trois formules et par conséquent, en dernière analyse, du martyrologe hiéronymien. Tous présentent, après lui, comme trait caractéristique, la
' A. Mai, Scriptorum uelcnim nova colteciio,t. iv, p. 92-121, d'après les ms. Vatic.urab. I.MI el l.xiil. — «Nilles.KoIendnriam manimle iilriiisque ICcclesin' orienialis et oceidentalis.in- 8°, n-.niponte, 18,31 , t. m, p. r,tn-C,59. — • M>{\ Sfilili, Chiirchci and monasleriex 0/ P.gypl, èdit. Kvclts et Butler, in-8°, Oxford, 1S95, If. 7.3 J>, 71a. — ' nihliolhcca orienialis Clementino Valicana, t. I, p. 009 et t. m, p. 19. — ' Acia SS. marlijriim orientalium cl orciilenlalinm, pars II (1748^, p. .T, n. .32. — • The Diosctiri in llie chrislian legcnds, In-R", Cambridge, 1903, p. 46. — ' V. I-ronchi de' Cavalieri, / sanli Gcroasio e Protasin sono unn imila^inne di Casiore et Polince ? dans Suovo biillellino di archeologia crisliana, 1903, f. IX, p. 124. — " StiltinK, dans Acla sancl., sepicmb. t. II, p. 525. — ' I es iicics des martyrs de Vfiqypie, in-8«, Paris, ISSfi, t. I, p. 28I-P.0.3. — '• Passio S. nioscnri, dans
transformation de Dioscore en lecteur; alors que celui» ci n'était en réalité que fils de lecteur. La troisième formule, surtout, a fait fortune; Adon, IJsuard et leurs "dérivés, y compris le .Martyrologe romain, l'ont reproduite textuellement. Par malheur, les données de la Passio sont, chez elle, à peu prés méconnaissables. Non seulement Dioscore n'y a pas son vrai titre, mais elle défigure l'épisode de la conversion des bourreaux, et il suffit de la lire pour remarquer qu'elle dénature aussi le genre de mort du martyr, puisqu'elle le fait succomber aux brûlures des barres de fer rougies, alors que les Passions latines et le résumé grec du Synaxaire
i sont d'accord pour indiquer le supplice final du
I glaive 1-. »
Il existe deux rédactions latines de la Passio sancti Dioscori; la plus ancienne contenue dans le ms. Cotton- Tiberius. D. III (xii« siècle), fol. 225 V-227 r»; la plus récente dans le ms. Cotton-Nero, E. I., pars II (xiii= siècle), fol. 191 r''-195 v": tous deux du Musée Britannique. Ces deux textes ont été édités par H. Quentin ", et il suffit de lire l'une et l'autre rédaction pour se rendre compte de leur chronologie respective. La plus ancienne est d'un style assez gauche, qui sent la traduction: la plus récente e^t d'une allure plus suivie, c'est en quelque façon une paraphrase et P. Allard soupçonne que son rédacteur n'a pas eu sous les yeux l'original grec, il s'est borné à rhabiller en un latin meilleur la première traduction latine ".
II. La localité. — Le texte ancien permet, tout d'abord, de situer l'épisode en Egypte, à Cynopolis. Or, il y avait, en Ég\pte, deux villes de ce nom. toutes deux mentionnées par Strabon ", toutes deux i)Our\Ties. dès le début du iv siècle, d'une communauté chrétienne, toutes deux gouvernées par des évêques du parti deMélèce '" et mentionnées par Le Quien ". L'une d'elles avait un représentant au concile de Kicèe ".
La Cynopohs du haut, Moyenne-Egypte {K-j'/6r.o'/:: avwl. serait la Kais copte, aujourd'hui El-Qîs, province de Minieh, entre cette ville et Behnesah (Oxyrhynque) '". La Cynopolis dubas.Basse-Égj-pte (Kuvozo- Ài; ziTt.)), sera la Bassa copte, située à peu de distance de Busiri (Abousir), province de Gharbyeh, ;H peu près au centre du Delta ".
C'est entre ces deux villes qu'il faut choisir. L'indication d'un carator civitntis Cinopoliton nommé Dionccta ne nous apprend rien de positif; mais la mention par .\l)i1 Sûlih, au xiii' siècle, de deux églises dédiées à saint Dioscore au sud de Behnesah " invite à placer la patrie de Dioscore dans la Cynopolis du haut, dans la Moyenne-Égj-pte.
III. L'année. - — La mention du préfet Culcien nous reporte également en Egypte, puisque ce personnage y a exercé sa magistrature et rempli un rôle important pendant la persécution de Dioclétien et de Maxin\icn Le préfet Culcien nous est connu par des textes d'Eusèbe " et de saint Épiphane ". Également par des documents hagiographiques tels que la Passion de saint Philéas de Thmuis, celle de sainte Héraïs de Tama. celle des martyrs d'Oxyrhynque, sans parler des docu-
Analecta bollandiana, 1905, t. xxiv, p. 337. — " H. Quentin, Les niarliirologes historiques du mouen d^e, 1908, p. 333 et note.
— " II. Quentin, dans Anal, bol/., t. xxiv, p. 340. — " Op. cil., p. 322-330. — " La passion de saint Dioscore, dans
Mélanges Code/rog Kiirlli,in-H',lJéRe, 1908, p. C2, note 1
"> IJb. XVII, eap. i, 19, 40; cf. Pline, IlisLnal.,\', ix, 3 ot XI, 5. — ''S. .\thannse, Apologia contra arianos, 71, P. O., t. XXV, col. 375-37(>. — " Oriens christianus, t. il, col. 5f>9-.570, .501-592. — "Gelzer, Illl;;enteld et Cunt/, Patrum Sicnrnorum nomina, in-16, Lipsia!, 1898, p. 7-8, (il, 78-70. — *• E. Anièlinenu, La géographie de VÈgupte A l'époque copte ln-8S Pari5,1893,p. 39.5-397, 573, 576.— •• E. Amèllneaii,oi'. cit., p. 81-85, 572-575. — " Churchcs and nwnasirries 0/ F.qgpt. édlt. EvctU et Butler, ln-8», Oxford. 1895, fol. 73 fc. 711.
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