DI0SC015E (SAI.NT
ments 'nples '. Épiphatie paraît s'être trompe oii faisant lie Culcien un gouverneur de la Thébaiilc, chargé de poursuivre les fidèles au temps de DioclOlien : K'jj/.'.ïvo; (ièv i)v ï::apyo; tt;; hhfi^lfjoç ; nous savons par un papyrus découvert à Oxyrhynque qu'il était éparque ou préfet d'Egypte, dès l'année 303, c'est-àdire dés le début de la persécution: K/.woîw KojXztocviô -oj o'.ï[r;r,;i.OTïJri.) ir.xy/ht Atyj-TCij ^ Or, après la réorganisation provinciale de Dioclétien, la situation d'éparque d'Egypte était très supérieure à celle d'éparque de la Thébaide. Eusèbe ajoute ce renseignement : Gulcien, dit-il, « après avoir passé successivement par toutes les dignités, se souilla en Egypte par le sang de myriades de chrétiens. » Bien que nous ne sachions pas avec précision la durée de sa magistrature, elle s'étend au moins de l'année 303 à 30 1 ou 305, date de la mort de l'évcque Philéas. Ce serait donc pendant cette période ou celle qui la suit immédiatement que devait se placer le martyre de Dioscore. La magistrature de Gulcien s'étend de 303 à 308 pour le moins et Dioscore peut avoir été condamné pendant le règne réel de , Dioclétien ; :-l -^; jiacïtÀEia? A'.cizÀr|Tiavfjj, comme dit le Sijnaxaire, ou bien après l'abdication de cet empereur, lors du redoublement de violences en Orient sous Galère et Mamimin Daia, vers 30G ou 307, distinction (|ue les rédacteurs de passions se sont rarement donné la peine d'établir. Un mot de l'interrogatoire semble insinuer que le procès a suivi de prés l'édit de 303 prescrivant la remise aux magistrats païens des livres sacrés des fidèles : « Puisque tu es fils de lecteur, dit Culcien à l'accusé, donne-nous les livres dans lesquels tu as puisé ton obstination; » mais, par contre, l'aide-geôlier, adjulor custodisc, Orias, dit à Culcien que Dioscore a subi une longue prison préventive : hic inclasns a mallo temporc. Comme Orias ajoute que Dioscore a persuadé alors à ses co-détenus de désobéir, c'est-à-dire de persévérer dans leur foi, il faut admettre que beaucoup de chrétiens, et non pas seulement les chefs des Églises et les détenteurs des livres saints, étaient alors avec lui en prison, par conséquent que sa détention eut lieu en vertu d'un des édits, postérieurs à 303, qui ordonnaient à tous les fidèles de sacrifier aux dieux. Dioscore, bien que fils de lecteur, étant la'ique ne fut vraisemblablement atteint que par les édits qui concernaient tous les fidèles indistinctement, c'est-à-dire par l'un de ceux qui se succédèrent à partir de 301. F.t à ceci s'appliqueraient les allusions faites par la Passion à la pluralité des empereurs. On peut donc, avec vraisemblance, accepter la date 305-306.
IV. I.E JOUR. — Quant au jour du supplice, l'Incertitude est plus grande encore. La plus ancienne passion le met au 17 juin (vv ki.julii), la moins ancienne au IS mai {XV kl. juniî). Le martyrologe hiéronymien nomme un Dioscore à Anapoli (Cinopolis '?) le 18 mai, un Dioscore à Alexandrie le 17 juin, un Dioscore à Alexandrie le 20 septembre, un Dioscore sans indication de lieu le '20 décembre, enfin cinq Dioscore mêlés à des groupes soit à Alexandrie, soit en Egypte. On ne peut choisir avec vraisemblance; cependant les deux dates les mieux recommandées semblent être le 17 juin et le 18 mai, l'une représente le martyre à Alexandrie, l'autre une translation de reliques à Cynopolis. L'Église latine a choisi le 18 mai, l'Église grecque le 13 octobre et cette dernière date n'a d'appui ni dans les Passions ni dans les martyrologes.
' Acta SS. Philea'et Philnrnnii martijriim, dans Acta sinccra, t689, p. 54S; Synaxahe de Constantinople, édit. Delchaye, col. IS et 71; Acta sanct.^ août, t. vi, p. 14-15. — * Grenfell et Munt, Oxijrluinchuis Paprjri, in-8°, London, 1898, t. i, p. 132, n. 71. — ' Cf. Hirschfekl, Die Hanglilel der rôntischen Kaifierzeit, dans Sitzungsberichis der k. prcu.'is. Akademie, Berlin. lOfll, p. (iO.>: Ivoch, Die l>y:anlinisclwn Beainlenlitel
i V. I.A uÉnACTioN. — Il ne s'ensuit pas que la /'assio, j dans l'état où elle nous a été conservée, remonte à cette date. Son texte reproduit le début d'un rapport envoyé à Culcien par le curateur de f'.ynopolis et dont Icclure aurait été donnée à l'audience. Il y a fort peu de chose à en tirer, parce ([ue les termes devotio noslra, poleslas et sinccrilas lua employés à plusieurs reprises n'ont pa.s une valeur chronologique bien précise, â supposer que potestas apparaisse moins anciennement que devotio et sinccriias '. Le traducteur a pu employer des expressions en usage de son temps qui ne se trouvaient i)r-s dans l'original grec. Quoi qu'il en soit, on peut conclu; e que 'I dans l'ensemble, il ne paraît pas que l'auteur, quelle que soit d'ailleurs la date à laquelle il écrit tt l'étendue de son apport personnel, n'ait pas eu sous les yeux des renseignements puisés à une source authentique. »
VI. Le martyr. — Dioscore était fils d'un lecteur. Celui-ci était absent — caché ou mort — et c'est à son fils que le curateur avait réclamé les Uvres sair.ls et intimé l'ordre de sacrifier. Dioscore était curialis, charge odieuse autant qu'onéreuse pour ceux auxquels elle était imposée ', et principalement en Egypte où le prélèvement de l'impôt était d'autant plus difiicile que les indigènes se faisaient un point d'honneur de ne s'en acquitter qu'à la dernière extrémité \ Or, le curialis était personnellement responsable de la rentrée de l'impôt et par conséquent presque toujours débiteur du fisc, aussi Culcien ne pense pas courir risque de se tromper en lui disant dans l'interrogatoire ; « Tu es curialis et débiteur du fisc; » ce que Dioscore nie absolument, il ne doit rien du tout. Bien mieux, en sa qualité de curialis, il jouit de certains droits, notamment de l'exemption des peines infamantes, ce qui n'empêche pas Culcien de le faire fouetter tandis qu'on lui répétera : Injamia tibi prœsto csl, quia curialis est.
Dioscore est mis trois fois à la torture et se montre insensible parmi les tourments. Tandis qu'on le brûle avec deux lampes, il garde les yeux tournes vers le cic-1 où il voit une vision et une vertu qui le réconforte, il prie pour ses bourreaux et ceux-ci voient « la lumière de Dieu » et cessent leur office, ce sont les quœslionarii eu.x-mêmes qui en conviennent : ils ont vu la lumière de Dieu qui dépasse celle du monde. La deuxième rédaction va plus loin : viderunl quœstionarii lumen cadeste circa eum; enfin les martyrologes disent tout net : calestis luminis julyore territi cccidenwt minislri. VIL Le juge. — Culcien, qu'Eusèbe nous dit cruel et que des compositions hagiographiques d'époque tardive représentent comme une sorte de bête fauve, se montre ici sévère mais calme, instruit de la limite exacte de ses droits, soucieux de convaincre avant de punir. Il témoigne à l'accusé les égards dus à un curiale, convaincu d'ailleurs que par cette charge Dioscore va donner prise sur lui. 11 discute même de théologie avec lui, parce qu'il le sait fils d'un lecteur et le suppose à ce titre plus instruit de la doctrine chrétienne que les simples fidèles. Enfin, il le châtie et emploie les griftes, les lames rougies au feu, les lampes ardentes, le chevalet, la flagellation.
Ce même Culcien verra comparaître devant lui l'évêque de Ihmuis, Philéas, et la discussion théologique prendra un tour plus serré. La critique de la Passion de saint Philéas reste à faire, mais il suffit de rappeler que Culcien y invite l'évêque à sacrifier, comme il le fait en s'adrcssant à Dioscore : « Immole enfin, • lui
tmn 400 bis 700. Tena, 1903, p. 122. — • Cf. Bouché- Ledcrcq, Manuel des institutions romaines, Paris, 1SS6, p. lS.S-186; G. Lacour-Gayet, Curialis, dans SoRlio. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, t. i. p. 3 631*- 1633. — ■ 'Cf. .Vmmicn Marcellin, xxii, 10, cité par F. Le BInnt, Les Aries des m.vtyrs, in S-, Paris, IS2S. p. 107.
DIOSGORE (SAINT) — DIOSCORIDE
tlit-il. Philéas refuse. 'Est-ce que Paul n'a pasiinm<ilc?» demande Culcien. Philéas répond : « Non, certes. > Culcieii : « Moïse n'a-t-il pas immolé ? » Philéas lui en donne la raison. Culcien passe à d'autres sujets, puis un peu plus loin : « Paul n'était-il pas persécuteur '? — Non, certes — N'était-ce pas un homme borné ? N'étaitil pas Syrien ? N'employait-il pas la langue syriaque ? « A quoi Philéas répond : « Non: il était Hébreu, il se servait de la langue grecque, il était le plus grand des sages. » Culcien reprend : « Tu vas peut-être me dire qu'il surpassait Platon ? — Non seulement Platon, mais tous les philosophes, car il a persuadé les sages eux-mêmes et si tu le veux je te rapporterai ses paroles.»
A Dioscore qui n'est ni un évoque, ni un savant, Culcien demande : « Paul était-il dieu ? » Dioscore répond: «Non, mais il avait l'esprit de Dieu et une intelligence saine et raisonnable. Vous avez remarqué dans les repas de ce monde combien sont doux les plats que l'on sert les derniers; ainsi Paul a été le dernier apôtre élu, et c'est à cause de cela qu'il est plus suave pour un grand nombre. »
H. Leclercq.
DIOSCORIDE. — Le manuscrit désigné sous le nom de Dioscoride de Vienne est un in-(oUo conservé à la Wiener Ho/bibliothek sous la cote : Med. grœc. 1 (d'après Nessel), Med. grœc. 5 (d'après Lambecius-KoUar). n mesure O^SS de hauteur sur O^'SS de largeur, dans une reliure un peu plus grande en tous sens et dont les ais de bois sont recouverts de cuir brun. Il compte 491 feuillets de parchemin et deux seulement (fol. 287- 289) de papier. Voici la distribution d'ensemble :
Fol. \ b kl b, miniatures ;
Fnl. 4 a à 7 a, répétition du sommaire par une main postérieure;
Fol. 8aà 10 6,1e sommaire en majuscules,rouge et noir;
Fol. 10 6 alla, inscription de la feuille de titre répétée ;
Fr)l. 11 6 à 12 a, laissés en blanc;
Fol. 12 h à 387 a, traité des plantes (-e&i 'S).r,ç) de Dioscoride;
Fol. 387 6, manque;
Fol. 388 a à 392 a, Annmjmus, de viribus Iterbanim deo alicni consecratariim, cf. M. Haupt, Opiiscula, t. n,
Fol. 391 6, miniature de VlvaXia 5oj; avec la divinité des eaux, Thétis;
Fol. 393 a à 437 6, paraphrase d'Euteknius sur la Thériaque de Nicandre;
Fol. 438 6 à 459 6, paraphrase d'Euteknius sur l'Alexipharmaka de Nicandre;
Fol. 4G0 a à 473 a, paraphrase d'Euteknius sur l'Halieutique d'Oppien (livr. IV et V);
Fol. 474 a à 485 6, paraphrase d'Euteknius sur l'Ixeutique d'Oppien.
Dans la même reliure :
Fol. 480 fi à 491 6, fragment de la Vie de saint Antoine par saint Athanasc, tiré d'un manuscrit du xT siècle.
Cette description suflit à montrer que l'étude des .mliquités chrétiennes n'a guère à attendre du texte de ce médecin grec, nomme Dioscoride. qui vient dans la première moitié du i" siècle de notre ère et se rattache très probablement à rficole d'Alexandrie '. Ce sont les miniatures qui seules nous intéressent et font tout le mérite de ce beau manuscrit, exécuté à Byzance, pour la princesse Anicia .Iuliana, fille de Galla Placidia et femme du consul Aréobinde, au début du vi» siècle, I)robalilement vers 512, en tous cas avant 524, date de la mort d'Annicia Juliana. Celle date etcclieu d'cri-
' Pcdanius Dioscorldcs, originaire d'Anazarbe en Cilicic, contemporain et collègue de Pline l'Ancien. — ' Ccsont, comme i>n le pense bien, celles de M. Strzygowski.chez qui l'incubation asiate de l'art chrétien est passée à l'état de
gine offrent un intérêt particulier, parce que l'œuvre ornementale tout entière est éminemment traditionnelle et ne laisse qu'une place insignilîante à l'invention personnelle de l'artiste. Nous avons ainsi un témoin de la première période byzantine, antérieure à Justinien, alors que les éléments qui allaient former l'unité du style nouveau étaient encore isolés. Dans le Dioscoride domine clairement et exclusivement l'inlluence hellénique : non seulement le caractère du dessin, mais encore la technique du travail le démontrent. Ainsi
3753. Taon de Dioscoride.
D'après .1. Strzygowsld, Byzantinische Denkmaler, ino;j, t. III, pi. I. ^ s^
nous allons avoir une'preuve positive que l'art' byzantin est sorti de l'art chrétien d'Asie Mineure et de Syrie. C'est il Byzance qu'il a pris conscience de soi-même, s'est affumé et c'est de Byzfince qu'il a rayonné vers Ravenne et toute l'Italie. C'est beaucou]) se presser de tirer des conclusions ". On peut établir avec les jibis grandes vraisemblances (]ue le Dioscoride est de loute évidence la copie d'un original beaucoup plus ancien et que cet original venait d'Alexandrie '. Et, en elïct, on a pu montrer qu'une des miniatures représentant un groupe de médecins célèbres reproduit une petite mosaïque des thermes de Caracalla conservée à la villa Albani, tandis qu'une allégorie, celle de VEiircsis. se retrouve sous le nom d'Uranie dans une copie latine d'Aratus du xii' siècle. Quant Ji Thétis avec les pinces de homard, elle se dressait sur un des forums de Constantinoplc. Ce sont donc là autant de compositions antiques et il se pom-rait même que la découverte et la description de la mandragore remontassent à la jnemièrc édition du traité. Quant au iiorirait d'AnIcin Jullanii, s'il n'est i)as adapté d'une composition jibis ancienne, il est composé tout au moins, avec ses allégories et ses génies ailés, dans le plus pur goi1t alexandrin (fig. 3753) *. Ainsi au commencement du vi» siècle,
manie — " C'est la thèse de M. A'inalot. — « G. Millet, L'art buzantin^ dans A. Micliel, Ilisloiredc l'art dcfniis tes premiers temps clirHiens, jusqu'à uns jtiurs, l»nris, lî)05, t. I, p. 20<J.
l)r<.l. h'AKCHKOI.Cl'.IK
LrnorzKY ki Ank. linii.
3754— Amcia Jn.iANA assisk sur in ti«>m
Miniature du nianuscrii ■• ni«sc(>rùic Je Vienne.
^ ^^^Uy- S.^