DIOSCURES — DIPTYQUES
tandis que le plus à;;é est accoupir- au même personnage déjà mùr. Probablement ce rapprochement n'est pas l'effet du hasard, il a été voulu et il est possible, comme le dit Edm. Le Blant, que cette disposition ait sa raison d'être dans une coutume familière aux anciens, celle de diviniser les morts, qui s'exprime par les apothéoses privées (voir Diclinnn., t. i, col. 2C2C-2I33Î, fig. 852). On conserve à Crefeld un fragment d'éloffe représentant les Dioscures debout sur un autel, entourés de génies faisant des libations et d'hommes faisant des sacrifices, vi^-viis siècle (fig. 3756). Même dessin sur une étoffe de la ch.îsse de Saint-Servais à Maëstricht '. Les Dioscures se rattachent encore à l'antiquité chrétienne par un aspect qui reste étranger à nos recherches : le folk-lore. Ceux qui s'en sont occupés jusqu'à ce jour y ont apporté une ingéniosité qui confine à la fantaisie pure et une intrépidité d'affirmation qui aboutit à d'étranges méprises".
H. Leci.ercq.
DIPLOMATIQUE. — Dans une des premières années de la Bibliothèque de l'École des chartes on trouve cette jolie anecdote d'un bibliothécaire de province — une province tirant vers la Normandie — qui, embarrassé de caser le traité de Mabillon, De re diplomatica, lui trouva enfin sa place parmi les histoires de •' relations extérieures ». Diplomatique et diplomatie ne pouvaient qu'être la même chose. Semblable bévue est probablement très rare aujourd'hui que l'étude des diplômes s'est constituée en une science dont le nom du moins est à peu près connu. Nous ne pouvons songer à en présenter dans le Dictionnaire v.n simple résumé, dont la brièveté nécessaire aboutirait à une notice presque inutile. Lorsque nous arrivâmes au mot : Archéologie, c'était une science très vaste également qu'il eût fallu condenser et nous avons remplacé l'article par les deux volumes de notre Manuel d'archéologie chrétienne, in-8", Paris, 1907. Nous n'avons ni le dessein ni le loisir de remplacer cette fois encore un article par un volume, d'ailleurs la plupart des sujets qui y seraient traités sont ou seront représentés dans le Dictionnaire. Nous avons déjà parlé des Chartes, voir t. III, col. 870-997; nous renverrons aussi à Chnnrctlerie. t. m, col. 173-207 : Cursus, t. m, col. 3193-3205; Ères, Fastes, Indiclion, Kalendaria, Noms, Notaires, Papyrus, Parchemin, Protocole, Question pascale. Sceaux, Tablettes de rire.
H. Leclebcq.
1. DIPTYQUES (Liturgie). — L Définition; diptyques chez les païens et chez les chrétiens. II. Diptyques liturgiques; différentes classes de diptyques. III. Origine des diptyques liturgiques. IV. Le Liber uitsE. V. L'insertion aux diptyques. VI. Les diptyques dans les liturgies orientales. VII. Les diptyques dans les sacramentaires. VIII. Les diptyques dans la hturgie romaine et dans la hturgie ambrosienne. IX. Les dip lyques dans la hturgie mozarabe. X. Les diptyques dans les liturgies galhcanes et celtiques. XI. De la place ('.es diptyques à la messe. XII. L'oraison Suscipe
' F. Fischbach, Ornament o/ texlilc fabrics, pi. m; A. Mipeon, Les arts du tissu, p. 22; O. Dalton, Bijzanline art and archeology, 19H, p. 598, fig. 377. — ' J. Rendel l^larris. The Dioscuri in llie cliristian legends, in-8°, London, 1903 ; Tlie cuit o/ the lieavenlg Iwins, in-S", Cambridge, 1906; H. Grégoire, Saints jumeaux et dieux cavaliers, dans Revue de l'Orient ctirélien, 1904, t. ix, p. 453- 940 ; Saints jumeaux et dieux cavaliers. Étude hagiographique, dans Bibliothèque hagiographique orientale, in-S», Paris, 1905. Tout cela a été révisé, discuté, en grande partie contredit par H. Thurston, The hagiographij o/ the lieavenly twins, dans The Monlh, 1906, t. cviii, p. 202-207; II. Delehaye, Castor et Pnllux dans les légendes Itagiographiques, dans Anatecla bollandiana, 1904, t. xxiii, p. 427-432; 1905, t. xxiv, p. 505-507; Revue de l'histoire des religions, 1904, p. 403-406;
sancta Trinitas. XIII. Les diptyques liturgiques sur ivoire. XIV. Bibliograpliie.
I. Définition; diptyques chez les païens et chez LES chrétiens — Le mot diptyque, en latin diptychum. des deux mots grecs 'Az deux fois, -t-t-^vv, plier, désigne primitivement tout objet qui se plie en deux. Les auteurs qui se sont occupés des diptyques citent les exemples bien connus tirés d'Homère qui parle du double manteau jeté sur les deux épaules : 'J-.--J/ i,y àrj.^' Mij.r,:^:; i/oj^' iùzyn% '/m-t,'/ (Odyss.,\\ 224); de saint Augustin à propos des dix commandements écrits sur un diptyque de pierre {contra Faustum, 1. XV, c. iv) ; de saint Ambroise, sur la coquille bivalve de l'huître qui contra solis radios diptychum illud suum aperit (Hexa-m., 1. V, c. viii).
Il était assez naturel de donner ce nom à une sorte de livre ou carnet composé de deux tablettes, unies d'un coté par une charnière, et qui pouvaient se replier l'une sur l'autre. Quand, au lieu de deux tablettes, on en avait trois, cinq ou un plus grand nombre, les diptyques devenaient des To:-Tj/a ou -i-i-.-J-.-ji% ou -oÀj- T.-.j/y., d'où nous avons fait en français, triptyques, pentaptyques, polyptyques. La face extérieure est décorée de divers ornements; l'intérieure est enduite de cire de manière à recevoir l'écriture à la pointe du stylet. On y inscrivait des notes ou des noms ou des comptes; c'étaient de vrais diaria. Les diptyques étaient de bois, de métal, même d'argent ou d'or. Ils devinrent un ornement de luxe et on les offrait souvent comme étrennes.
On les portait sur soi, pendus à la ceinture. Quand on y écrivait des lettres, on pouvait les sceller de son sceau, avant de le.s envojer. Sainte Pélagie envoie à saint Nonnus une lettre, transmisit diptychum labularum ' (fig. 3757).
Les Grecs les appelaient oiX-oi, k'vizî;; le mot diptyque, qui ne se rencontre que dans les auteurs de la basse époque, s'emploie surtout pour désigner une classe spéciale de monuments, à savoir les diptyques de luxe qui se donnaient en cadeau. En latin classique les diptvqi.'es s'appellent tabellœ, pugillares, codiccs, lodicilli '.
Parmi les diptyques, ceux que l'on appelle diptyques consulaires forment une catégorie à part. Un usage qui peut remonter au iv« siècle voulait que les consuls offrissent à leurs amis et même à l'empereur, le jour de leur installation, des diptyques qui, la plupart du temps, étaient d'ivoire ou d'autres matières précieuses. Le premier connu de ces diptyques date de 406 r. c. Le dernier de 5-11. On verra la description des plus précieux de ces diptyques consulaires dans l'article de dom Leclercq. D'autres dignitaires avaient pris la coutume de célébrer leur avènement par des cadeaux de même nature =.
Il va de soi que les diptyques étant objets d'usage courant, les chrétiens ne se firent pas scrupule de s'en servir. Bien plus, ils adaptèrent certains diptyques à l'usage religieux, y inscrivant le nom des martyrs ou
Journal des savants, 1904, p. 127; Revue des questions historiques, 1904, janvier, p. 2S16; K. Jaisle, Die Dioskuren als Retter zur See bei Griechen und Rômern und i7ir Fortleben in christlichen Legenden, in-8", Tiibingen, 1907; K. Lûbeck, Das angebtiche Fortleben der Dioskuren in christlichen Legenden, dans Der Katholik, 1909, IV' série, t. xL, p. 241-265. — • H. Rosweydc, Vitiv Pairum, Antverpire, 1615, p. 37S et 1016. — 'Darcmlierg et Saglio, Didionn. des ant. grecques et rom., au mol Dipltjchon, t. ii. p. 271 sq. Pour la description et les exemples, voir les ouvrages de Gori, deBoldetti, de Fabretti que nous citons, et l'article de doin I.cclercq. Diptyques (archéologie), col, 1094. — ' Cf. sur tout ceci l'article Triptyques, dans le luct. des ant. grecques et romaines, et aussi auK mots Consui, Diptyques consulaires, ibid.. t. i, p. 1474 sq.