GALLIENI
GONICESSI-VC
i|/;.,/-' '111' il if,*/, ■■''
.3757. Diplytiue de Gallienus. D'après BulleUitio dellà Commitisioiie arcficol. municipale, 1874, t. vii-viii.
qu'un diptyque consulaire, actuellement à l'archiginnasio de Bologne, autrefois à la collégiale de Saint- Gaudence de Novare, donne une liste de soixante-neuf êvèques de cette ville '.
Le diptyque du consul Clementinus porte des formules liturgiques -. Celui de Boëce a reçu d'un côté l'image de la sépulture de Lazare et sa résurrection, de l'autre les figures en pied de saint Jérôme, de saint Augustin et de saint Grégoire le Grand '. On a cru voir dans ce diptyque conservé au trésor de Monza la preuve que l'on modifiait quelquefois les ornements de la surface extérieure, avant de détourner l'objet de sa destination primitive pour l'employer au culte, mais l'exemple invoqué n'est pas convaincant. Le diptyque dont il
' Cf. Meyor, Zii'ei aniikc El/enlx'inldleln dor K. Slunlsbibliothek in Mùnchen. dans les Ahlium'luni/en licr i>l\iU>soph. philolog. Classe lier Iktijcr. Akail. tler llivsfii.s(7m//fii, t. xv, p. 62-82, n. 35: Gori, Tlwsaiiriit rel. iliplurli., t. ii, p. 192- 200. Ed. liatch, dans son livre, l'Iic influence o/ Greek ideas and usages upon ihe Christian Churcli, Londres, 1890, p. 305, croie vraisemblable (jne l'usage d'iiisciire les saints et les bienfaiteurs sur les diplyi|iiis,psl unecontinuation d'un usage identique dans Us assixialioiis religieuses chez les païens, et il cite le cas de ylllias Aliibiadc qui, entre autres honneurs, est le premier inscrit sur les iliptyqucs.KpMTOvToïî 6i7tT'J/oic àvYp3i56iJ,îvov. Casaul)on avait déjà essayé de trouver dans l'usage «les dipty<|ues un emprunt aux coutumes païennes. Mais ces exemples sont assez peu probants. Cf. Kosweyde, Vifa' Pulnim. p. 1019, 1020. D'autres rappellent l'usane Juif dans les synagogues, -i certaines Ktes, de lire la liste des
sulaire transformé '. Puizsky et Meyer, après un examen plus minutieux, pensent qu'il n'en est rien cl <iue le monument a été fabriqué tel quel, au vi" siècle, un peu après le pontificat de saint Grégoire. Le mélange des attributs consulaires et ecclésiastiques s'expliquerait par le rang de la famille Anicia, <lont saint Grégoire était sorti. Il est fait allusion aux honneurs exercés par cette famille dans l'inscription même ".
II. Diptyques liturgiques; différentes classes DF. DIPTYQUES. — Kous ne parlerons ici que des diptyques <ruii usage proprement ecclésiasli(|ue ou diptyques liturgiques.
Salig, un des auteurs (juc l'on peut appeler classiques
morts et des pieux donateurs pour en faire coininéniDniison. Le souvenir des martyrs est aussi rappelé :\ l'oflice du salilmt dans certaines fêtes. Mais la date de cet usage ne peut être établie. Cf. Oesterlcy and Box, The religiim and llw ii'nrship ol the synagogue, p. 340,341. — ■ Meyer, op. cil., n. 13;C.ori, op. cit., 1. 1, p. 2.5(i-260. — ■■ Meyer, op. cit., n. 5; Gori, op. cit., t. I, p. 199-202. — * Meyer, op. ci(., n. 37; cf. Dareuiberg, op. cit., p. 271. — " Martigny, Dict. des antiguili's chrétiennes, au mot Diptggues, p. 20(): Gori, op. cit.. t. ii. p. 201-218. — " l'r. Pulzki, Catalogue o/ the hejervarg imries in llie uiuseum o/ J. Megcr, in-8", Liverpool, 185(): Dareniberg, o(). ri(., p. 271. .Sur les diptyques dits consulaires (|ue les consuls oITraienl A leurs amis le jour de leur installation, cf. Dareinherg, Consuls, t. 1, p. 1171 sq. Voir aussi [)1us loin le S XIII où nous parlons plis au liaig cli- iiviclipiev-iius de cisiliptyques.
lO'i
DIPTYQUES
dans la question des diptyques, définit les diptyques ecclésiastiques : » des tablettes qui, dans la primitive Église, se lisaient du haut de l'anihon. pendant le saint sacrilice, et qui contenaient les noms des offrants; ceux des magistrats supérieurs; ceux des clercs du premier ordre, de la même communion; ceux de> saints martyrs ou confesseurs; et enfin ceux des fidèles mo.-ts dans la fol de l'Église, afin de marquer, par cette réunion de personnes, le lien étroit de communion et d'amour qui unit ensemble tous les membres de l'Église triomphante, souffrante et militante '. ^
Cette définition manque un peu de précision et ne saurait être acceptée que comme description générale. Aujourd'hui, après les dernières reclierches sur ce sujet, on ne peut pas dire que les diptyques aient été toujours inscrits sur des tablettes publiques, et qu'ils aient été toujours lus du haut de l'ambon, pendant le sacrifice de la messe. On a des exemples de listes de noms inscrits sur l'autel lui-même, ou en marge des sacramentaires, et l'on sait aussi que cette lecture ou recommandation des noms se faisait quelquefois à d'autres offices que la messe et à d'autres lieux qu'à l'ambon.
On a donné aux diptyques catholiques différents noms : Upai SiÀTo;, tablettes sacrées; 'xjn-v/.-x'. oik-v., uLjaT'./.à oi-Tj/ï tablettes ou diptyques mystiques: lx/.Àr.îti3T!/.o'. ■/.■x-i'ijj-'o:, catalogues ecclésiastiques, ou encore Libri anniversarii, Ecclesia; matricula. Liber l'iventium ou Liber vitse ou sacrx tabula".
On a proposé de di\iser les diptyques liturgiques en trois classes :
1" Les diptyques des baptisés, sorte de matricule sur lequel on inscrivait les noms de<; nouveaux baptisés;
2" Les diptyques des vivants où l'on mentionnait un certain nombre de personnes \ivantes dont on voulait faire mémoire à la messe et aux offices;
3° Les diptyques des morts réservés à ceux qui étaient morts dans la foi de l'Église et dont on voulait conserver le souvenir -.
Parfois aussi on a des diptyques à part pour les évèques '. Sur ces diptyques on inscrivait le nom des évèques qui s'étaient distingués par leur sainteté, d où est venu le mot de canonizare. canoniser, c'est-à-dire mettre au canon (les diptyques étant lus durant le canon de la messe) '.
Nous laisserons de coté ceux de la première classe qui ne sent pas, à proprement parler, des diptyques. A ce titre, il faudrait parler aussi d'autres catalogue; ou canons, en particulier de ceux du clergé °.
Nous nous occuperons ici des diptyques liturgiques proprement dits, c'est-à-dire de ceux qui sont lus à la messe et sur lesquels sont inscrits les noms des vivants et ceux des morts.
-\ujourd'hui du reste parmi les liturgistes on entend, par extension, sous le terme diptyques, la prière
' De diptychis, p. 3. — ' Bona propose la division suivante : 1 ^ diptyques des évèques, surtout ceux de l'Église particulière à laquelle appartiennent les diptyques; 2° diptyques des vivants, bienfaiteurs de l'Église, dignitaires de l'Église ou même de l'État, parmi eux le pape, les patriarclies, les évèques, les prêtres et les autres clercs; l'empereur, les princes, les magistrats, le peuple; 3^ diptyques des morts en communion avec l'Église. Cf. Bona, éd. Sala, t. m, p 260 sq. Cette di\ision est admise par Schelcstrate, De concil. onfi'oc/t., c. II, c. 6, p. 216; par Du Cange, Maori et Suicer (voir à la bibliographie). — 'Du Cange, Glossarium, aux mots Dyptycha episfopop»m:Saussaye, Apparattisad martyr. Gaf/ic, c. viii, p. xix;Martênc, Ue rilibus Ecclesiœ, Anvers, 1. 1, col. 403; cf. Delisle, Rouleau mortuaire du B. Vital, abbé de Saoigni, p. 1 sq. — * Du Cange, au mot cononirare. — 'Sur les matricules des baptisés, cf. C>T.de Jérusalem, Procalc c/i., 1, 4, 13 iCatéc., t. m, 2; Grég. de Nysse.De bapl., P. G., t. XLVi, p. 417 ; Conc. arel., i, c. 13; .\mbrosius, in Luc, 1. IV, n. 76, P. L., t. xv,col. 1719; Binjham, Origines, t. vu, p. 170 sq. ; Peregrinatio .Etherite,
liturgique qui est dite par le prêtre à la messe sur le nom des vivants ou sur celui des morts.
Les diptyques entendus dans ce sens appartiennent à une forme particulière de prière liturgique, la prière lilaniqae (i.:-.i.iv.%) ou d'intercession, pour la distinguer de la prière eucharistique ou action de grâces (illations, anaphores, préface, canon) et de la prière collective, dans laquelle le président de l'assemblée exprime les vœux et les prières de tous (collectio, ou collecta, d'où, en français, collecte).
Or la prière litanique prend diverses formes : la litanie proprement dite ou Kyrie eleison, qui a sa forme la plus solennelle dans les litanies publiques ou processions. La prière des diptyques peut être considérée comme une forme particulière de litanies. Au lieu des supplications ordinaires, on intercède pour certaines classes de personnes, ou bien l'on invoque les martyrs ou les saints pour qu'ils intercèdent en notre faveur.
Il y a, nous le verrons, des cas où les genres sont mêlés et où la prière des diptyques se confond avec la litanie proprement dite '.
La manière dont se faisait la lecture des diptycpies a varié. Dans l'Église grecque, le diacre récitait le diptyque à haute voix, tantôt près de l'autel, tantôt sur l'ambon. Chez les Latins, le sous-diacre le lisait à voix basse, dans certaines églises, à l'oreille du prêtre, dans d'autres, derrière l'autel. (Quelquefois il recommandait simplement en général ceux qui figurpient sur le diptyque exposé sur l'autel.
Selon saint Isidore, cette récitation des nom; était faite autrefois par le diacre".
Quand les tablettes furent insuffisantes pour le nombre des noms à inscrire, on y substitua des livres. Quelquefois les noms furent écrits sur l'autel ou en marge des sacramentaires. Les diptyques des évèques ont donné naissance au martjTologe, celui des morts au nécrologe, ou obituaire. Ce livre est encore appelé quelquefois Liber vitse '.
Le nombre des fidèles inscrits de\int si considérable qu'il fut impossible de réciter tous leurs noms à la messe. On les répartit entre les différents jours de l'année et, dans les monastères et les chapitres, on les lisait chaque matin à l'office de prime ou à celui de tierce '.
Dom Leclercq explique ainsi la lelation entre les diptyques profanes et les diptyques ecclésiastiques ; c Les diptyques consulaires et les diptyques des personnages officiels étaient en quelque sorte la lettre de faire-part annonçant à un dignitaire ou à un personnage de rang élevé la nomination d'un fonctionnaire. Parmi les destinataires des diptyques il a dû se trouver des évèques qui ont imaginé d'utiliser ces objets d'art pour le ser\-ice du culte; peut-être en leur attribuant cette destination se sont-ils conformés à l'intention du
P. Geyer, Itinera Hierosol.,\mdob., 1S88, p. 96. Sur le catalogue du clergé, cf. Concil. Nie, c. 16, 17, 19 ; Conc. .-tgo/ft., c. 2 ; .\ugustin, Serm., cccLvi, P. L.,t. xxxix, col. 1580. Delèbo eum de tabula clericor. Cf. Ulhorn, Die ciwistl. Liebeslhàtigkeit in der alten Kirclie, Stuttgart, 1882, p. 158, 175, 241 sq. — ' Cf. Mgr Duchesne, Les origine.'i dn culte chrétien, 4" éd., p. 106 sq. ; dom Cagin, Eucliarislia, p. 1 13. — ' Ep. ad Leude/redum episcopum Cordub., P. L., t. Lxxxiii, col. 895. — 'Delisle, dans son Rouleau mortuaire du B. Vital, p. 2, en donne deux exemples, celui de Berticliram, dans son Testament, déjà cité par Thomasi, Ge.sta pontif. Cenoman., dans Mabillon, .inalecta, p. 263, et une charte de donatitm faite à saint Denys ; Pro lutjus meriti nomen meum in libro uitœ cnnseribatur. J. Doublet, Histoire de l'abbaye de Saint- Denys, 1. III, ch. ii, p. 653. — » Marténc, De ritibus Eeclesiic, t. IV, col. 5*2 sq.; Du Cange, Glossarium medi:rcl infim:e laiinitatis, au mot Rotulus: Delisle, Rouleau mortuaire rfii B. Vital, p. 3; .Molinicr, Les obiluaires français, in-S", Paris, 1890, ch. I.
DIPTYQUES
donateur, d'avoir son nom proclamé parmi ceux pour lesquels on sollicitait, pendant le sacrifice de la messe, les prières des fidèles '. »
III. Origine des diptyques liturgiques. — Bona croit que la coutume des diptyques daterait des apôtres (toc. cit., t. m, p. 260). Il se peut, mais il serait peut-être difficile de le démontrer, et il vaut mieux partir d'un point solidement établi, et, en remontant le cours des âges, arriver aux origines de cette institution.
Nous citerons en premier lieu le témoignage fameux d'Innocent 1'' (f 417). Dans une lettre à l'évêque d'Eugubium le pape s'exprime ainsi ;
De nominibus vcro rccilandis, antequam preces sacerdos facial, alqae eorum oblaliones, quorum nomina recitanda sunt, sua oralione commendei; quam superllmim sit, et ipse pro tua prudentia recognoscis ; ut cujus hosliam necdum Deo of feras, cjus ante nomen insinues; quamvis illi incognituin sit nihil. Prius ergo oblaliones sunt conimendanda-, ac lune eorum nomina, quorum sunt oblaliones, edicenda; ut inter sacra mysteria nominenlur, non inter alla, quse antea prcemiltimas : ut ipsis mysteriis viam fuluris precibus aperiamus '.
Nous aurons à revenir plus tard sur l'interprétation de ce texte. Pour le moment, contentons-nous de constater qu'à cette date (avant 417) il existe des listes de noms que le prêtre doit lire à la messe. Le pape dans ce document condamne la coutume de lire ces noms avant les prières : il faut présenter (ou recommander) les offrandes, puis énoncer les noms de ceux qui ont offert, de sorte qu'ils soient dits au milieu des saints mystères et non auparavant. On a discuté beaucoup sur ce texte, du reste assez obscur. Une chose pourtant est claire, l'existence de listes de noms ou diptyques liturgiques. C'est, pour le moment, tout ce que nous en tirerons.
Mais ce texte d'Innocent I«' qui constate une pratique dès longtemps établie, est loin d'être le plus ancien. Des Pères du iv', et même du m" siècle, parlent de fidèles dont on recommande le nom au moment de la messe.
Saint Augustin fait plusieurs fois allusion à une pratique semblable.
Inspira, Domine meus, Deus meus, inspira servis tuis, jralribus mets, filiis tuis, dominis meis, quibus et voce et corde et lilleris servis; ut quotquol hœc legerint, meminerint ad altarc tuum Monicx januilee lux cum Palritio quondnm ejus conjuge; per quorum carnem introduxisli me in hanc vitam quemadmoduni nescio '.
Ailleurs, il établit une distinction entre les martyrs que l'on prie et les vivants pour qui l'on prie, et le moment du sacrifice où l'on récite les noms des uns et des autres.
Fidelibus notum est, quo loco martyres et quo loco defunctx sanctimoniales ad allaris sacramenta recilenlurK
Idco ad mcnsam Domini non sic martyres commemoramus, qucmudmodum atios, qui in pacc requicscunl, ut rtiam proeis uremus; scd magis ut ipsi oranl pro nobis, ut eorum vestigiis adliœrcamus '-. Martyres eo loco recitantur ad allure Dci, ubi non pro ipsis orelur; pro cseterts (lutem commcmoratis dc/unctis oratur °.
Quis enim unlislilum in locis sanctorum assistens altari aliquando dixit : O/lerimus Ubi. Petre uut Puule^ aut Cypriane; sed quod oljirtur, o/lertur Deo, qui mar.
' Manuel d'ardiéol. clirtl., t. ii, p. 342,343. L'auteur avoue du reste que celle question (les tliptyques et de leur r lace est une des plus remplies d'obscurité. — - Dont Coustimt, Epislohi' romanorunt ponti/icitiii, t. i, col. 857. - — • '' Confcssio^iea, I. IX, c. xiii:cf. I. V, c. ix et 1. IX. c. xi el xii, P. L.. t. xxxii, col. 770-780; cf. col. 714, 77;-) sq. — 'De virginilale, c. XLV, /-*. /,., t. xi.. col. 423. — ' S. Aut;uslin,.Seri7i.,i.xxxiv, i/i Juann., /*./,., t. xxxv.col. 18-17. — ' Senn., xvii, de vcrbis apnst., 1'. /,.. t. xwviii, col. SOS. —
lyres coronavil, apud memorias eorum quos coronavit '.
... ad quod sacrificium, sicut homines Dei, qui mundum in ejus confessione vicerunt, suo loco et ordine nominantnr, non lanien a sacerdote, qui sacrifient, invocantur. Deo quippe, non ipsis sacrificat, quamvis in memoria sacriflcct eorum : quia Dei sacerdos est, non illorum '.
... aut simul pro omnibus parvulis, qui loto orbe lerrarum sine christiano baptismale moriuntur, etiam eorum nominibus tacitis, quoniam nesciuntur in ecclesia Christi, offerendum corpus Christi esse censebil '.
C'est encore saint .Augustin qui témoigne en faveur d'une commémoraison générale des morts avec lecture des noms :
Non sunt prselermittendœ supplicationes pro spiritibus mortuorum, quns faciendas pro omnibus in christiana catholica societale dcjunclis, etiam tacitis nominibus quorumcumque sub générait commemoratione suscepil Ecclesia, ut quibus ad ista désuni parentei, aut filii, aut quicumque cognati, vel amici, ab una eis exliibeantur maire commani '°.
On peut rapprocher de ces textes de saint Augustin celui de la conférence de Carthage en 411 entre catholiques et donatistes : In ecclesia sumus in qua Cœcilianus episcopatum gessit el diem obiit. Ejus nomen ad altare recitamus; ejus memorix communicamus, lanquam mémorise jratris ".
De son côté, saint Cyrille de Jérusalem parle aussi de cette prière litanique pour tous ceux qui sont dans l'épreuve :
Super illam propilialionis hosliam obsecramus Deum pro communi ecclesiarum pacc, pro recta mundi composilione. pro imperatoribus, pro militibus et sociis. pro iis qui in infirmitatibus laborant, pro his qui affliclionibus premuntur, et universim pro omnibus qui opis indigent, precamur nos omnes el hanc viclimam '-.
Saint Jean Chrvsostome et d'autres contemporains parlent de la même pratique :
O'jy. i'.y.f^ ~;;oa^opa'. j's:. Ttov a~:ÀÔovT'j)V vivovTa;, o'jz i'v/.fi iziTripii'., ojy. v./.f, ïÀîr,|jL03jva'.' taÛTa nâvTa t'1 rivsûiia 3 JTaçi, Si' àÀÀr;Â(.)V fi|jiàç tôysXsîaOai PouXo'jjlîvov. Où"/ iKÀû; 0 O'.âzovo; |502" 'T-cp -tûv âv Xpi3T(ô zoiar|Uiiv(iiv, za! Tûv Ta; avï-'a; ■j;;;p a'jTûv £n!T£Àou;ji;viijv o'jy 0 S'.â/.ovôç IsTîv ô Ta'JTT,v àotsiç tï)"/ 0(ovj)'v, àXÀà TO riviîijLa TO âyiov ".
O'jy. E'-zi) TiÛTï £vo;jL'jO£TriOrj 67:0 xùiv à-»atôÀ'j)V, t'j =-'- T<ôv op'.z.Twv ajaTTjp'tov avrjjjiriv yîvssOi'. Tûv à-:XOov- T(ov "aaaiv a'JToic r.oWj zipSo; •{•.•jôii.ivo'i , T:of.Xr,i Tijv (ùsÉÀEixv. "Otiv yào ÉSTr/.r, Xaôç oXozXrjpoç y.£îp«î àvo-îivfjvTïç, TiÀrlp'oix» UpiT'.zov, za; ;:poz£»jTa'. f; çp'.z-T) Ouata, :;o); où 5j3oi-7|a'(;x=v j-jp tojT'ov tov Oï'iv mpxza/.ojvTS;".
Dans ces deux passages saint Jean Chrysostome nous dit qu'on ne fait pas en vain des offrandes pour les défunts, des supplications et des aumônes. Tout cela a été ordonné par le Saint-Esprit qui voulait que les actions des autres pussent nous être utiles. Ce n'cil pas seulement la voix du diacre qui chante : pour leux qui sont endormis dans le Christ, pour ceux qui en font commémcraison. Ce n'est pas le diacre qui dit ces mots, mais l'Esprit-Saint.
Saint lïpiphane réfute Acrius, le seul qui avant le xvr siècle eit attaqué la prière pour les morls. .-\près avoir dit que celte prière est louable, il ajoute que l'on commémore les morts par leur nom, avec des prières,
' Conira Fausliim. 1. XX, c. xxi, P. L., t. XLii, col. SS'I. — • De cii'il. Dei, I. XXII, c. X, /*. /.., t. xu, col. 772. — • De anima el eiiis orifiine, 1. III, c. xv, /'. /.., t. XLiv, col. .'iOO. — '• De ruru iiro mnrtuis. c. iv, P. I ., I. XL, col. 5911. Cf. cap. ulliiu., col. 601, et .Scrm.. xxxii. de verbis apiiil.. P. I.., t. xxxviii, col. 93.'> sq. — " Couler, de Ciirthoue. P. L., t. xi.iii, col. 832. — '•■ Mijal.. t. v, n. 8, P. «., t. xxxiii. col. 1 1 15. — '■ llnm. in .Ul. n;>'>v(., P. C. t. ix. enl. 170. — " lloiii.. m, in PhiliiK. !•. C, , I. xi col. 201.
DlPTYQUIiS
des services publics et des offrandes : iri o'; tcôv -î'/.ij- T/,aâvT(ov £? ôvdjAotTo; xi; lAvrJaa; ;:o'.'jij/Tai. norj5=u'/à;
Denys l'Aréopagite dit que l'archidiacre renvoie les catéchumènes et lit la liste des saints morts et demande pour eux les prières; puis l'évèque prie pour tous les morts. Et plus loin : dans cette prière l'évèque demande à Dieu de pardonner les péchés du mort, de lui donner la lumière et la terre des vivants dans le sein d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, dans une place où il n'y a plus ni douleur ni gémissement -.
Un autre auteur du iv'siècle décrit ainsi cette pratique :
Proplerea et memorias sanclorum facimus, et parentum nostrorum vel amicorum, in fide morientium, dévote memoriam agimiis; tam illoruni re/rigerio gaudentes quam etiam nobis piam consummalionem in fide postulantes. Celebranms nimirum, rcligiosos cum sacerdotibus convocanlcs, fidèles una cum clcro; invitantes adhuc cgenos et pauperes, pupillos et viduas saturantes : ut fiât /cstivilas nostra in memoriam requici defunctis animabus, nobis autem efficiatur in odorcm suavitatis in conspccto œlcrni Dci '.
Voici enfin un texte important d'Arnobe (lin du Ml" ou commencement du iv^ siècle) qui prouve que diptyques et litanies semblent ne taire qu'un à l'origine. 11 proteste contre la destruction des églises (sous la persécution de Dioclétien) en ces termes :
Cur inimaniler conventicula [meruerunt] dirai? in ijuibus summus oratur Deus, pax cunctis et venia postu- 'utur, magistratibiis, excrcitibus, rcgibus, familiaribas, inimicis, adhuc vitam degentibus et rcsolutis corporum vincliom '.
Mais nous pouvons remonter plus haut. Au iii= siècle, saint Cyprien fait allusion dans plusieurs textes à une mention du nom des fidèles vivants ou morts pendant le sacrifice et il en parle comme d'une coutume ancienne remontant à ses prédécesseurs :
Episcopi anlecessores nostri... ansuerant ne guis Iruter exccdcns, ad tutelam vel curam clericum nominaret : ac si quis hoc fecissct non oj/erctur pro eo, nec sacrifîcium pro dormitione ejus celcbrarelur. Neque enim upud allare Dci mcretur nominari in sacerdotum prece, qui ab ollari sacerdotcs et mihislros volait avocare. Et ideo Victor cum contra formant naper in concilio à sacerdotibus datam Gcminium Faustinium presbytcrum iiusus sit lulorem conslituere, non al quod pro dormitione ejus upud vos fiât oblatio, anl dcprecatio aliqua nomine ejus in Ecclesia jrequenlelur K
11 parle ailleurs des lapsi qui ne sont pas encore réconciliés avec l'Église et que, par un abus, on admet a la communion : Cum in minoribus peccatis aganl pecctitorcs panilentiam justo tempore et secundum disciplina; ordintm ad exomologesin ventant et per munus imposilionem episcopi et cleri, jus communicationis uccipiant: nunc crudo tempore, persecutione adhuc persévérante, nondum reslituta Eeclesix ipsius pacc, ad communicationem admittunlur, et oj/crtur nomen eorum; et nondum panitenlia acta, nondum exomolegesi jacla, nondum manu eis ab cpiscopo, et clero imposita, eucharistia mis dalur, cum scriptum sit : qui ederit panem, aut biberit calicem Domini indigne, rens crit corporis et S(mguinis Domini ''.
■ Adv. Itur., h III, c. Lxxv, 7 et 'M, éd. Dindoif, 1. m, p. 3G1, 5S5. — - = Ch. VII, sur les morts. De ecclcs. hier., 1*. G,, t. m, col. 552 sq. — ' Comnient. in Job., lib, III (inlcr opéra Oiipenis), P. C, 1. xvii, coi. 517. — ' Adu. S'at., 1. IV, c. XXXVI, P. I.. t. V, col. 107li. — ' EP: i (alias lxvi), .'\d presbyt. et diaconos et plebem J''uriiis consistentes, P. L., t. IV, col. 111. — ' Ep., IX (ul. X), Ad preslnjl. et diaconos, ubi Inquilur de lapsis, P. L., t. iv, col. 258. Cf. Episl., XXXIV lui. x->i\iu),Ad preib. et diac.P.L., t.iv, col.331 . — 'Tillemont, Mcmoircs. Paiis, 1701, t iv, p. 1.12. — " De nwncg., c. x, P. L.. t. il, col. WJ, — • y.V vd-hortatinnc
A la même épuquc, Marcien, évèque d'Arles (vers 250) du parti de No\ atien, fut dénoncé au pape Etienne par ses collègues et par saint Cyprien. On ne connaît pas la suite qu'eut celte allaire. Mais comme le nom de Marcien ne se trouve pas da-i; une ancienne liste des évêques d'Aries publiée par Mabilion (Analecta, l. m, p. 432), Tillemont en conclut « qu'on peut croire qu'il fut déposé et efTacé des diptyques, comme Saturnin, déposé pour l'arianisme, ne s'y trouve pas non plus ■ .»
D'après ces textes, nous voyons que l'on cite dans la prière laite à l'autel le nom des fidèles vivants ou morts pour lesquels on oftre le sacrifice; c'est ce qu'indiquent les termes nominari in sacerdotum prece, dcprecatio aliqua nomine ejus, ojjerlur nomen eorum. Quant au terme sacerdotum prece. on y voit généralement la prière eucharistique proprement dite ou canon.
Comme nous le remarquions aussi, Cyprien croit cette coutume antique dans l'Église et usitée sous ses prédécesseurs.
Nous pouvons à ce propos rappeler deux textes de Tertullien qui ne sont pas aussi formels, mais où il semble bien qu'il est fait également allusion aux noms de ceux qui offrent, pendant le sacrifice :
Pro anima ejus (mariti nempe dejuncti) oret; et rejrigerium intérim adpostulet ci, in prima resurreclione consortium; et o/jerrat annuis diebus dormitionis ejus ".
Etiam répète apud Deum,pro cujus spiritu postales, pro qua oblationes annuas reddas. Stabis ergo ad Deum cum lot uxoribus, quoi illas oratione commémoras : et oljeres pro duabus : cl commemorabis illas duas persacerdotem de monogamia ob pristinum de virginitate sancitum, circumdatum virginibus, ac univiris : et ascendel sacrificium tuum libéra jronte '.
Il faut encore rapprocher de ces textes, celui du concile d'Elvire, canon 29 :
Energumenus qui ab crratico spiritu exagitur. huias nomen neque ad allure cum oblatione, recitandum; neque pcrmittendum ut sua manu in ecclesia ministret '".
Certains liturgistes ont vu dans les textes suivants d'Hermas et de Celse, au m" et au ii« siècle, des allusions plus ou moins claires aux diptyques :
Hermas voit une femme qui lit dans un livre et lui dit: Peux-tu compter le nombre des élus de Dieu ?» Il répond : « Je ne puis pas les retenir tous dans ma mémoire. Donne-moi un livre et je les écrirai ". - Et plus loin, il répèle à peu près la même chose.
Probst, qui attire l'attention sur ces passages, en rapproche les faits suivants : dans le cimetière de sainte Agnès un sarcophage nous présente une image du Christ qui tient en main un livre, à ses pieds gît une corbeille avec d'autres rouleaux '-. D'autres archéologues (Daniel, par exemple) ont vu une allusion aux diptyques dans ces livres avec les listes de noms barbares dont se servaient les chrétiens, au dire de Celse. Mais il peut s'agir ici de formules magiques ou d'exorcismes ■'.
Dans le même ordre d'idées on a cité le fameux passage du livre Philopater attribué (à tort) à Lucien où on Ut : Tï.v £J/y,v ïno nxtoo: i^.,;i\).v,:ç, /.■x. -:i;i -cÀjiuv-- ;j.ov liic)-,-/ ■-':% t;/.';; £-;0;'!:, où l'on a cru aussi voir une allusion aux diptyques. Mais tous ces témoignages manquent de précision et nous ne les donnons que pour mémoire ".
ca.slit(ilis, c. xi, /'. 7.., t. il. col. 975. — "Hefcle-Loclcicq, Hisi. des conciles, t. i, p. 237. — " Visio ï, n. 1, P. G., t^ ii. col. 805. Le vrai texte porte : Ajvr, TaCta Toi; ix/exToi; toC 'j£t(0 iva-;'v£;/,ac; .V£-;ii) a-jrf,' KCsta. -.ii:3.\,-3. uvt.ij.ovîCio: rt-'j £-j'/aij.a:* f.Ttz '£ \i.r,\ TÔ flîo'>.to:ov. r-^a |iîTa";Çï5(t>ULa'. aÙTÔ Cequi est tout dilTéient et ne peut être considifré comme une allusion au.v diptyques. Cf. FiuiU, Opcra Patrum aposlolicor., t. I, o. 344. — " Annshi, tiii.r.a .■iubl. 1. IV, ê xxv, t. ii. 11. 70. — '• Oriaéne. Co;i(ra Cel.i.. I. VI, c. xi.. P. C, I. xi. col. I35S; l):inicl. Codex lilur;iictf<. t. iv, p. .30 ; cf. Probst, Eilurnie dcr tirci crsle luhrlK. p. M. — '* Probst, loc c.-f., p. 10.
DIPTYQUES
Enfin d'aulrcs liturgistes remontent plus haut encore et sous le titre de Liber vitœ veulent voir les diptyques ou le livre qui contient le nom des fidèles. Nous traiterons de ce sujet au paragraphe suivant.
Dans tous les cas et quoi que l'on pense de tel ou tel de ces textes en particulier, il en résulte que l'usage des diptyques lus à la messe est fort ancien et répandu dans toute l'Église au iv^ siècle et même à l'époque antérieure
IV. Le h Liber \itje ». — Dans plusieurs documents liturgiques du moyen âge, le livre des diptyques est appelé couramment le Liber vitœ, par allusion à des textes du Nouveau Testament qui emploient ce terme et à l'aide d'une métaphore qui s'explique d'elle-même. Le Liber vitœ, c'est le livre des vivants, ou en d'autres termes, le livre des élus. Avoir son nom inscrit dans les diptyques, c'était le signe qu'on était en communion avec l'Église de la terre, et, en conséquence, avec celle du ciel; cette expression est trop caractéristique dans l'histoire des diptyques pour ne pas mériter d'être traitée à part.
Il est question de ce Livre de vie dans le Testament de Bertichramme, cvêque du Mans :
... ut nomina illorum {se. Baudhegiselus et Sancia conjux sua) in Libro vita; in ipsa basitica reeiletur (sic)... et nomen meum in libro vitx inibi, qui tune lempore pontije.v luerit, seribi jubeai... ita ut unusquisque tempore depositionis mese eonvenianl, et oblata tantum nominis mei ante sanetum altarium ojjeranl, vel recenscant... Illud vero specialiter rogo, ut in suprascripla loca, ubi aliquid non ut deeuit, sed in quantum virlus prscvaluil, delegavi, nomen meum ac saeerdotes illorum in libro vitœ jubeant adscribere, et per singulas festivitates reeitari ■...
Chaque monastère a son livre de vie ou son album. Alcuin écrit à Ethelbald, abbé de Wearmouth et Jarrow : Anteeessorcs tui... in albo becditudinis vestre meœ parvitatis nomen eonscribi jusserunl -. Le Liber vitœ de Durhani, ix" siècle, existe encore; il contient les noms des rois, des ducs, des reines, des abbesses, etc. '.
Les livres liturgiques usent aussi couramment de celte expression Liber vitœ pour désigner les diptyques. Nous n'en citerons que quelques exemples ici qui suffiront pour notre démonstration, renvoyant au § IX et X où l'on retrouvera l'expression dans plusieurs des textes que nous apportons. Nous choisissons les passages les plus caractéristiques.
Dans le missel celtique on lit cette oratio super oblata sans titre, mais qui se place avant la préface :
Has oblutiones et sincera libamina imniolamus tibi. Domine, IhesuChriste, qui passus es pro nobis. et resurrexisti tertia die a mortuis, pro animamus (animabiis) carorum nostrorum. n. et eararum nostrarum quorum nomina recitamus, et quorumeumque non recitamus sed a te recitantur in libro vitœ, propter miscrieurdiam tuum eripe, qui régnas in secula scculorum. Amen.
Secunda pars augmenti. Ilie super oblata.
Grata sit tibi hec oblutio plebis tuœ quani tibi ojferimus in bonorem Domini nostri IhesuChristietin eommemorationem beatorum apostolorum tuorum, ac martirum luorum, et con/essorum, quorum hic reliqaias specialiter
' Mabillon, Vêler, anaterl , t. m, p. 112 sq. — =C. Phiminer, Venerabilis Bedœ Opéra liistorica, Oxford, 1896, t. i, p. XXVII, — 'C. Wordsworth and Litlle-hnlc, Tlie old service books 0/ llie Englisli Cliiirch, p. !.">!). On trouve un témoignaue du viif siècle dans 1 laddan et Stiibbs, Cmmeils and ecclesiasi. dnciiments, London, 1800-1878, '. m, p. '.it'J. — 'F. K. Warren, ï'/ie liturgy and ritiiat ni llic Cellic Cliiircli, Oxford, 1881, |>. 232, i!3'î: cl. Mac Carthv. On »lP.S■(olw.^;ls,«I/, Transaclion.t «/ tlie Riiiial Irisli Acid., 188e, t. xxvii, p. l'jO. — ' Warren, op. cit., p. 2ô7. — ' Muratori, LUnrqin romana velus, Voneliis, 1718, t. i, p. .318. — ' J.il. iiri-nt. coll., p. 234. Cf. Warren, /or. cil., p. 2.")7, 2.'iS. — • lip.. i.xxviii, P. l.., t. i.xxxv,col. .")I2. Toiinnasi nous dit <|\ie le Livre
recolimus. n. et eorum quorum festivitas hodie eelebratur, et pro animamus (animabus) omnium episcoporum nostrorum, et sacerdotum nostrorum, et diaconorum nostrorum, et carorum nostrorum et eararum nostrarum, et puerorum nostrorum, et puellarum nostrarum, et pœniteidium nostrorum, cunctis proficiant ad salutem, per Dominum. Sursum corda, et': '.
Warren rapproche de cette oraison plusieurs formules où se trouvent employés les termes Liber vitœ '. Il ajoute que, dans les livres romains, il n'a trouvé q;i'un exemple de cette expression, c'est dans le léonien. Voici ce texte qui est une des oraisons du canon pour les néophytes du jour de la Pentecôte :
Hanc igilur oblationem, quam tibi ojjerimas pro his, quos ex aqua et spiritu sancto regenerare dignatas es, tribuens eis remissionem omnium peccatorum, quœsunms placatus aecipias, eorumque nomina adscribi jubeas in libro viventium. Per ".
Maison peut rapprocher ce texte d'oraison qui est encore au missel romain : secrète. Deus cui soli cognitus est numerus electorum in superna felicitate locandus : tribuc, quœsumus, ut, intercedentibus omnibus sanclis tuis, universorum quos in oraiione eommendatos suscepimus, et omnium fidelium nomina, beatœ prœdestinationis liber adscripta retineat. Per.
Ce titre de Lifter vitœ serait, d'après Warren, dérivé de l'Orient. 11 cite, en effet, d'après Renaudot, une oraison qui s'exprime ainsi :
Eorum nomina libro vitœ inscripta non fuisse, eo <fuod contra leges ecclesiasticas dignitatem usurpavcrant '. Mais il faut remarquer que saint Augustin appelle déjà les diptj-ques le Liber vivorum.
Quid enim obest homini quod ex illa tabula non vult eum reeitari bumana ignorantia, si de libro vivorum non eurn decet iniqua eonscientia, dit-il, à propos d'un prêtre Boniface, accusé d'un crime, mais qui protestait de son innocence '.
Quant à l'origine première de cette expression, il faut la chercher dans les livres saints. Saint Paul parle de ceux quorum nomina scripta sunt in libro vitœ (Phil., IV, 3), désignant ainsi les prédestinés. Mais c'est surtout dans l'Apocalypse qu'on trouve l'usage de ces termes dans le même sens que saint Paul.
Et adoraverunt eam (bestiam) oinnes qui inbabitant lerram, quorum non sunt scripta nomina in libro vita: agni, qui oceisus est ab origine mundi. Apoc, xiii, 8.
Et mirabantur inbabitantes te.rram, quorum non sunl scripta nomina in libro vitœ a constitutione munili, videntes liostiam quœ eral et non est. Apoc, xvii, 8.
Et qui non invenliis est in libro vitœ scriptus missus est in stagnum ignis. Apoc, xx, 15.
A'on intrabit in eam (gloriam)... nisi qui scripli sunt in libro vitœ agni. .\poc., x.xi, '27.
N'y- a-t-il là qu'une métaphore ou faut-il y voir, comme l'ont voulu certains interprètes, une allusion à un livre de vie où déjà étaient inscrits les noms ctes fidèles ■? En tout cas il s'agit ici, comme dans saint Paul, des prédestinés et l'on comprend que ce nom ait été appliqué plus tard aux catalogues de noms des diptyques ».