‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 192 sur 251 · XI. L.\ PLACE DES DIPTYQUES A LA MESSE. On · texte numérisé non relu

XI. L.\ PLACE DES DIPTYQUES A LA MESSE. On

pu voir par ce qui précède qu'il y a de nombreuses différences dans la manière de réciter les diptyques et dans la place qu'on leur donne à la messe. Au missel romain les diptyques, ou la prière connue sous ce nom, ont leur place au canon. La commcmoratio pro viuis vient immédiatement après la prière Te igitur, clemenlissime Pater, que l'on peut considérer aujourd'hui comme le commencement du canon. Les diptyques des morts, ou Commcmoratio pro dejunctis, viennent après l'élévation, plus précisément après la prière Supplices te rogamus, que l'on est convenu d'appeler l'épiclèse. Nous avons donné le texte des deux mémentos, inutile d'y revenir. Dans les liturgies gallicane, mozarabe, ambrosienne, la place des diptyques est avant le canon, avant même la préface, c'est-à-dire à l'offertoire. Sur ce point ces liturgies sont d'accord avec les liturgies orientales '». Voici donc cet ordre :

Liturgies gallicanes.

Olîertoire

Liturgie romaine.

Offertoire

I Lecture des diptyques.

I Oraison sur les diptyques ...

I Préface. Préface

I Canon Canon

Diptyques des vivants

Consécration Consécration

Diptyques des morts

Fin du canon Fin du canon.

L'origine de cette différence est fort ancienne. La lettre d'Innocent I^^', qui est de 416 et que nous avons donnée, y fait allusion ".

Pendant longtemps la plupart des liturgistes ont cherché la cause de cet accord entre les liturgies gallicanes et les liturgies orientales dans une affînité d'origine, de telle sorte que les unes et les autres seraient étroitement apparentées, tandis que la liturgie romaine ferait, si l'on peut dire, bande à part ". Sur un autre point : la place du baiser de paix à la messe, ces mêmes liturgies étaient aussi d'accord, ce qui semblait confirmer la thèse.

11 est facile de restituer l'ordre primitif; la série des noms était ininterrompue. Warren, p. 238 sq. — ' Sur ce mot pausanlium, cf. Wairen, op. cit., note 40, p. 264. — ' Sur le Deus non nominavil, cf. Le filant. Inscriptions chrétiennes de la Gaule, n. 563. Sur le quorum Dens nomina nnvit, cf. Duchesne, Origines du ciiHe, p. 213. — ' Warren, op. (•i(.,p.240, 241. Cf. p. 105. — ' Manuscrit suiglo-saxon du British .Muséum, c. 1061. C C. C. C. 422. iMcme prière dans un manuscrit de Corbie,dans Martène, De anliqais Ecctesiie ritibus, t. i, p. 146; et dans un manuscrit de Cologne, Pamelius, Lilurgicon, t. II, p. ISO. Il est superflu d'ajouter que les considérations de Warren à propos de celle prière et de la place des diptyques dans les liturgies gallicanes, sur la dirtêrcnce entre la liturgie éphésine et la liturgie pélrine, n'ont aucune valeur. Warren, op. cil., p. 256. — '• Rappelons aussi pour mémoire que dans la liturgie romaine les noms des \ivants aussi bien que ceux des morts sont rappelés nienlalement. Dans les autres litm-gies ils sont récités :\ part, et d'ordinaire à haute voix. — " Cf. plus haut, col. 1051. — " C'est notamment la thèse qui a été brillamment exposée et défendue par Mgr Duchesne, Les origines du culte chrétien, 4, p. 90 et sq.

DIPTYQUES

Aujourd'hui ce système a été fortement battu en brèche. La liturgie romaine formerait avec les liturgies ambrosienne, gallicane et mozarabe une même famille, distincte des liturgies orientales: les divergences portant sur la place des diptyques et du baiser de paix, ne

même complètement. Dom Cagin ne compte pas moins de neuf places différentes qu'ils ont occupée < dans le canon, et donne les raisons qui ont pu déterminer ces changements *. On s'en rendra mieux compte par les tableaux suivants :

PaR.-VLLÉLISME entre le canon ROM.AIX et les secrètes des manuscrits Dr LUCQUES,

DE Florence et de Padoue '

CAXOX ROM M s

Mémento. Domine, famulorum famularumque tuarum X., et omnium circumstantium quorum tibi fides cognita est et nota devotio pro quibus tibi oflerimus vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis pro se suisque omnibus, pro redemptione animarum suaram, pro spe solutis et incolumilalis suae, tibique reddunt vota sua aeterno Deo. vivo et vero.

Communicantes et memoriam vénérantes in primis gloriosa? semper %irginis Mari;e genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi : sed et bcatorum apostolorum ac martyrum tuorum. Pétri et Pauli, A. J.

J. Th. J. P. B. M. S et T. L. C. C. X. C. C. L. C.

J. et P. C. et D. et omnium sanctorum tuorum :

quorum meritis precibusque concédas, ut in omnibus protectionis tu;e muiiiamur auxilio.

LLCijLES {Miscelliinea de FumEycE (Biblioth. Lau-

Baluze, éd. Mansi, t. ii, rent..Ediliura 123,7°S0''. p. 319).

Secrète. Seerf'te.

PAiiOiË D. 47, fol. 297.

Olferimiis tibi. Domine

Olferunt tibi. Domine.

(pour mémoire : pro arclore (pour mémoire : pro iirfebrium) dore febrium)

vota

Deo vivo et vero in nomine electi tui Sigismundi pro ardore febrium

Communicantes et moriam facienles

beaîissimorum palriar-

cliarum

et martvrum

omnium sanctorum tuorum quorum precibus meritisque concédas ut in omni protectione confirmati muniamur ejus auxiho.

votiva vota

sancto Deo vivo et vero in nomine unigeniti tui Domini nostri et in electi tui Sigismundi per ardorcm fet)riuui

Communicantes et memoriam facientes beatissimse Mariœ semper virginis

et sanctornm

aposlolorum, patriarcharum. prophetarum, martyrum et confessorum virglnum

omnium sanctorum precibus meritisque concédas ut in omnibus protectionibiis tuis infirmus muniatur auxilio.

O/lerimus tibi. Domin-

(pour mémoire : pro ardore febrium).

vota sancta Deo vivo et vero in nomine unigeniti tui Domini nostri et in electissimi Sigismundi pro ardore febi-ium

Communicantes et memoriam facientes beatissimœ Maiiae semper virai nis

et sanctorum

apostolorum, patriarcliarum prophetarum et martyrum

oniniumque sanctorum

precibus que

concédas ut in omnibus

meritis tuis famuluni

tuum ill. mmiiatur auxi-

liuia.

seraient que secondaires. Bien plus, la liturgie romaine antérieurement à Innocent I^', c'est-à-dire au commencement du v« siècle, aurait lu, comme ses sœurs d'Occident, les diptyques avaid le canon. Dom Cagin, qui a. mieux que tout autre, défendu cette thèse, s'appuie surtout sur les faits suivants '.

1° Il est prouvé que les diptyques, ou en général la prière pour ceux qui font l'offrande ne fait pas partie de l'anaphore primitive, telle du moins qu'il croit pouvoir l'établir'. Elle est absente dans l'anaphore du fragment de Vérone qui nous représente une forme si ancienne du canon '.

2° La place des diptyques dans plusieurs sacramentaires anciens varie; dans quelques-uns ils manquent

' Il n'est que juste de mentionner aussi les notes du P. Lucas, articlcsdans The Dublin reuieiv, 1893-1894; The tablel. 1896; The monHi, 1900-1902, et Holy nin.v.s, London, 1914, t. I, p. 104 sq. — 'CI. Eiichurislia. p. 183, 289, 294. Paris, 1912. etc., cî. aussi p. 21, 09, 70, 129, LiO. A remarquer que CCS vues générales sur l'anapliorc primitive ont été à peu près adoptées par dom Morin. — ' Eiiclmrtslia, p. 124. — ' F.ucliarislia, p. Ki, 18-20, 180. IS7, 189, 194, 201, 210, 217, etc. — 'Ces rapproclie-

Exemple de la FORMiLK Ilanc igitur avant la préface ' :

Olfersionem pro salute vivorum: Suscipe S. Trinitus hanc oblationem que (sic) tibi o/lcrimus, etc.

O//. pro salute vivorum: Suscipe S. Trinitas hanc oblationem quant tibi o/fero, etc.

0//. pro temetipsn: Suscipe S. Trinitas hanc oblationem quam, etc.

Pro infirma : Suscipe clemcnlissime Pater, etc.

Off. mortuorum : Hanc oblationem quam tibi offi ro, etc.

Prsefatio conuimnis; canon.

(D'après le manuscrit 21J6 (sessor. 131) de la bibliothèque nationale de Rome. Cf. Ebner, op. cit., p. 171.)

ments, d'après dom Cn^^in, dans Paléograiihie naisiciile, t. V, p. 164, 16.5, tendent A prouver: 1« que la secrète a la même teneur que les posi nuniina; 2° que la place des diptyques était avant le canon dans ces liturgies et que nous avons là des souvenirs de l'usage primitif. — •Souvenir d'un état primitif où les diptyques étalent niioril le canon. l'aiemir. nuisicale, Inc. cil., p. 107. D'après l'anleiir, le ménu-nto des vivants, le Cnnimuniranlex, Vllanc iflilrir sciairni drs ïorniulcs pré-eucliaristiqucs.

DIPTYQUES

Exemple de secrète placée dans le canon '. missa ad sponsam benedicendam.

Exaudi nos. O. et m. D... tua benedictionc potius impleatur. Per.

Pr.'efatio

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