IV
DIPTYQUES
Gall ou de Reichenau, ou de la région du Haut-Rhin '. Nous ne taisons que le signaler ici, ainsi que d'autres diptyques qui reproduisent le Saint-Sépulcre, mais qui n'ont qu'un intérêt secondaire au point de vue liturgique ^
D'autres ivoires, appelés plus ou moins improprement diptyques, sont des ivoires pouvant avoir un intérêt au point de vue de l'art chrétien, mais n'intéressant pas la liturgie. On les trouvera décrits dans le catalogue de dom l.ec'ercq.
Le diptyque de Loiiqsur. — Ce diptyque est le plus ancien spécimen connu d'un diptyque oriental. M- Ed, Bishop commente cette partie : .,..(to3) ua/.aoïcijTïTOj f,;ià>v — aTpiip/o'j 10 EÙyapiaTrJp'.rjv : jusqu'à zai r.oiiCjv ::prjaeEodvTwv, c'est-à-dire lignes 1-14 ',
Ce texte peut être daté entre 623 et 662 *,
Le mot sJ/ap'.TTi-lptov, qui du reste ne se rencontre pas dans les glossaires, semble particulier à la liturgie de saint Marc, où il se présente deux fois. M, Ed. Bishop en conclut que ce terme était celui dont on se servait à Alexandrie pour désigner le pain et le vin offerts par le peuple pour le sacrifice, à une époque primitive. Mais dans le diptyque ce n'est plus le peuple qui offre, c'est le patriarche. Le même critique pense que ce changement peut remonter pour Alexandrie au iv siècle, et pour Antioche au temps de saint Jean Chryso- | stome. Il trouve dans les termes du diptyque des ressemblances avec les liturgies de saint Jacques (de Jérusalem) et de saint Marc (Alexandrie), mais aussi des termes étrangers à l'une et à l'autre et même à toute liturgie grecque, v, g, \jr.zo Tr,; 30jTT|p{ct;, etc, tojSs xal Tf|; Se est aussi le premier témoignage de ce genre pour l'Orient, Le formulaire de ce diptyque n'est donc pas emprunté à une liturgie en usage, mais forme une composition personnelle, tout en subissant l'influence de la liturgie de saint Jacques et peut-être celle d'une liturgie monophysite,
1. ['ASSà BcV'.aaîv àv Kupîio tou]° [iaxapicoTOÎTOu 7)5JL(Sv;:aTp[iâpyou]' to EÙyapioTTJp'.ov- zai à56à' IlEouvOioj Toij ôtj'.oj-âîo'j f|[j.tôv èjluzotzou to eùyapioTr[p'.ov.
2. Kai OnÈp TTjç (KDTTipt'a; zaï EÙaTaOsia; 'ravTO; xo'J jiapECTTtJjTO? ^ EuaYsaTaTO'j xXi^pou xai ravrôç to3 çiÀo- Xpi'atou /.aoS- za! 0~Èp <Tt)ç^ '" oa)T7)pia; zai OyiEia; T(ôv TipoaEVEyzotvTiuv " To35e zal TrjsSe zai r.potsvitiy.iy-iïiv " Ta Swca auTojv Èv zf^ arJuEpov Y^^^^■x zal tzxvtojv zal ~aaôjv ::pO!ï9-pdvT<i)v.
* Voisin, Nnlicc sur un èimugMiaïre de Tournai, in-S", Tournai, 185G; Weslwood, Fictile i varies, etc., in-S", London,1876, p. 146; Hevue de l'arl dtrétien, 1S75, t, il, pi, xvii; de Linas, Le diptyque de saint \icaise, dans Gazette archéologique, 1883, t, X, p. 308-316 ; Rohault de Flcury, loc. cit., t, vi, p, 121, pi. coLxxxvii; E. Molinier, loc. cit., t, i, pi. \jv, p. 160, et dom Leclcrcq, n. 90; Marcel Laurent, 1,0 date et l'origine {tu diptyque de S. Nicaiseà Tournai, dans Annales du XXII' congrès de la fédération archéologique cl historiquede Belgique, Ma- IJncs, 1911, t. II, p. 361-373 ; réimprimé dans : Les ivoires prégothiques conservés en fJ('/f7i(?iie,in-S'',liruxelles, 19î2,p,."ï()-05, pi, VI, VII. . — ' H. Vincent, Quelques représentations antiques du Saint-Sépulcre constantinien, § m. Le Saint-Sépulcre sur les ivoires, dans Kcvue biblique, janvier 1014, p. 94-102. — • !•'. Bishop, l.iturqical comnients and memoranda, dans Journal of Ihcolugical Sludies, 1909, oct., t. xi, p. 67-73. Pour la description et le texte, voir dom Leclcrcq, n, 82. — • \V, M. Cruui, A greek diplijch o/ the seventh century, dans yrocecdings of the sociely o) biblical arclucolnyii, 1908, t, xxx, p, 255 sq. Cl. p. 258. — ' Tout ce débutcsl conjectural. Les quatre premiers mots restitués ont été Rratlés après la mort du patriarche Benjamin (662) et remplacés par le nom de son successeur: àgfti 'AyaOnivo;... (662-680) ; on peut donc tenir pour certain qu'on lisait ici d'abord DEv.apiv, nom que le correcteur contemporain d'.A(ïalhon a reporté après Anci ronikos (II, 2). En toute hypothèse, àr;,;^ n'est proposé que comme un équivalent correct; d'après ce qui suit, 11 est pro-
1, Ttî; -avayîa; âvodçoj Oeoto'zou za; àE!;:apOÉvo'j Mapia;, àCôï" iMivvo'j " BaTiTisToû za'. àSSà " 'Itoâvvoi* 7:ap6£vo-j !'■ Mîpzo'j vjciij^t\\ii-ov- IIétoo'j iiioixÔM'j zal TtàvTtov Ttôv àyîtov ànoaTÔXtov.
2, Aviavoîj. MtXio'j". KÉpBfovoç- Ilptuiaou. ' loûaTOj- E'JiJiEvlou. Mapzravou- KcXÀaSitovo;- 'AypiJtTûivou- ' lou- Xiavoù- AT|ULr;Tp;o'j. ' HpazÀEi'o'j- Aiovusiou- MaÇiaou" (-)î(ovâ. riÉTpo-j. 'AyiÀâ- ' AXEÇâvSpou- 'ASavaoiou- IIe- -po'j. T!u.o6Éou. ©EoçîXou. KupiXXou- Aioazo'oo'j- Tiu.0- 6iou. ricTpO'j- 'ASavaaîO'j. ' Itoâvvou- 'Iwâvvou- Aiotjzo'oou- Tiu.o9£0'j. (■rIsoSolîo-j. IlÉTpou- AaiiiavoS;- 'AvasTaotoa- 'AvSpovtxou ".
3, ' Eti 8è za'i Mazapîou" " ' AtcoXXwvoç. nXrjÇvoj- ' Iwivvou. <i)EaEv7Cz«o (?) '"■ na-EpjjiouOiou. 'Ituâvvou- Ha,;vo'jGiVj"'' 'lÉpazo;- ' Avavia- IlETptcj- Miyai'oa' AvSpÉa" ' A6pa3t(J.['ou" Mwijaaiou "'.
4, "En 6È zai tou àyio-j àBXoço'pou xal viz^içôpou iiâoT-jpoç àôêà Tivo'5, ou trjv [J.vrjrji7)v èj:'.teXo3ij.£v zaïa TrjV arJaEpov TipLÉpav -'.
Diplijquc sur papyrus. — Fragment (O^iÛTS x 0"'115). Les fibres sont disposées parallèlement au texte, écrit en caractères réguliers et menus, sans ligatures. Au revers, fragment de lettre.
Texte grec qui semble être la clausule finale d'un diptyque contenant, à la suite d'une liste de saints, la mention des évêques locaux et de quelques autres défunts. Au-dessus du texte grec le papyrus est resté en blanc, ce qui prouve qu'il servait d'intercalaire à la messe dans le diptjque plus complet dont on usait ordinairement :
-^ Al n ANTOC TOY XCûPOY TON Ari[O0N? EniCKOnOY KAI ABBA KYRIAKOlC?
MHNA EniCKOnOC TCO EYXAPICT .
KAI ANAnAUCO .
Cf. \V. E. Crum, Catalogue 0/ tl\c coptic. manuscript in tfie British Muséum, in-4'', London, 1905, p. 246, n, 513; W, E. Crum, Coptic manuscripts brought from tite Fayyum by W. M. Ftindcrs Pétrie, togetlter ivilh a papyrus in the Bodlcian library, in-8", London, 185;^ pi. 3, XIV ; dom Cabrol et dom Leclercq, Monunienta liturgica, t. i, sedio altéra, p. clxxxv, n. 28. Le n. '2?. même page, est intéressant aussi et quoiqu'il ne puisse peut-être pas cire considéré comme un diptyque proprement dit, il contient cependant une sorte de litanie
bable que le rédacteur avait employé la forme copte àira. — ■ * Il n'est pas impossible que le rédacteur ait écrit simplement Tta-rpc;, — ' .\7;a n'est pas certain, plus probable cependant que la forme régulière ici rétablie; dans 11, I, il est certain les deux fois; àS^â n'est employé que <la!isii,l. — " IvJt- TaOta; dans l'original. — • Les textes liturgiques parallèles ont iT£piEiTTWTO;;ceci explique la distriictian de M. K. Bishop, Journal 0/ theol. sludies, t. xi, p, (i7. — '" Tr,; n'est pas dans le texte, mais est réclamé parle parallélisme, — " IlpoTr]V£YZ7v- Tdiv dans l'original. — " IIpourivEyv.dMTiov dans l'original; irpoiEvE-fzovTMv serait d'ailleurs correct, — " Voir note 7. — " Peut-être toj, effacé sur la tablette, avant [i. — " Voir note 7. — "Peut -être zai, effacé, après tt. — " Pour .\!|j.!/,!oj, il y a beaucoup d'autres épels irréguliers dans cette liste, ainsi que dans la suivante; il serait trop long de les rele\-er, — " Voir notes pour le nom de Benjamin. — '■ Restituer peut-être tmm i'/invi r.jitô'/ éi^iTzoïtoiv. — " Tel quel, ce nom copte est dillicilement complet ; 11 mantpic sans doute une syllabe ï\ la fin : •hsTÉVTiZdiTo;? ? — " Pour na^vourto-j ; les aspirées sont transposées. — " II semble que le texte origi:ial avait encore quelque chose entre ce nom et le C(»mmencemcnt de la quatrième section; matériellement, il y a place pour trois noms sur la tablette. ■ — " La partie do droite de la tablette, auiourd'bui perdue, ofTrait peut-être d'autres fornndes analogues; pourtant l'espace blanc laissé après les dernières lignes de il, 4, suggère que le texte ne sepoursuivait pas au deh'i de ce terme.
DIPTYQUES (ARCHÉOLOGIE
de noms et d'invocations qui constitue un document curieux jiour la liturgie.
XIV. Bibliographie. — Augusti, Denkwurdigk. aus der christl. Archûol., Leipzig, 1831. t. xii, p. 302-312. — Berlendis, De oblationibus ad allure, 1743, Venetiis, p. 2G0 sq. — Binghain, Anliquilies, The antiquities o/ Ibe Christian Chuich, Oxford, 1855, t. vi, 1. XV, c. ii, § 4. — Binterim, Denkwûrdiglceilen der christ, kalhol. Kirche, Mainz, 1825, t. iv b, p. 60 sq. — Baluzius, Ad capit. reg. Franc, Parisiis, 1G77, col. 1129. — Edmond BIshop, Observations on the litargy of Narsai, aDOendice au t. viii, n. 1 des Texls and sludies edited by J. Armitage Robinson, The liturgical i.omilies oj Narsai, Cambridge, University Press, 1909, § III, the Diptvchs (p. 97-126) ; Journal oj Ihcological sludies, t. IV, p. 575-576 ; 1910, t. xi, p. G7-73. — Bona, Rer. liturgicarum, Aug. Taurinor., 1747, 1. II, c. xii, n. 1, III, 260 sq. — Fr. E. Brightman, Liturgies caslern and western, Oxford, 1896, Glossary v. Diptvchs. — Edm. Boggis, Praying for the dead, London, 1913, p. 22, etc. — Léop. Dclisle, Rouleau mortuaire du B. Vital, abbé de Savigni, éd. photographique avec introduction, un vol. in-fol., Paris, 1909, p. 1 sq. sur les diptyques. — Donati, Dei dittici degli anlichi profani e sacri, Lucca, 1753. — Du Cange, Glossarium inf. latinilatis, aux mots Dypticha, Canoniuire. — Ebner.Die klosterlichen Gebetsverbrùderungen, Begensburg, 1890, p. 121 sq. — Fritz, Diptychs, dans Kirchenlexicon, t. m, p. 174. — Giorgi. De lilurgia romani ponlificis in solemni celebralione missarum, Bonise, 1743, 1. III, t. m, p. 40 sq., c. xxiii, n. 7, p. 221 sq. — Gibbings, Prelectionon the diptychs. DnbVin, 1864. — Goar,£uc/iologion, Paris, 1647, p. 105. — Gori, Thésaurus diptychoTum veterum. 3 vol., Florence, 1759. — Ilagenbuch, De diplycho Brixiano Boethii cos. epistola epigraphica, in-fol., Tiguri, 1749. — Hauck, Realencyklopûdie fur proleslantische Théologie u. Kirche. au mot Liber vilse (Diptychen), t. xi (1902) p. 446-449. — H. Grœven, Enslellte Consutar-diptychen, dans Mittheilungen des k. Archâologischen Instiluten, 1892. — F. X. Kraus, Rcal-Encyklopûdie, au mot Elfenbein. — Kraus, Gesc/iichte dcrchristlichen Kunst, Freiburg, 1896, t. i. — Dom H. Leclercq, Manuel d'archéologie chrétienne, Paris, 1907, t. u, p. 334-347 (avec une bibliographie très riche). — I.eich, De dipt. veteruw et de dipt. card. Quirin., in-l", Lipsiae, 1743. — Lcsley, Missale mixlum, P. L., t. Lxxxv, col. 375, 483, 541, 542, 543, 558, cf. P. L., t. CLi, col. 733-735. • — Mabillon, Liturg. gcdlic, t. ii, p. 180 sq. — A. J. Maclean, Intercession (Liturgical), dans Diciionary oj elhics, t. vu, p. 385 sq. — Mamachi, Vnginum et anliquilat. chrislianarum, t. v, p. 413 sq. — Martène, De antiquis Ecclesiœ rilitus, t. i, p. 145 sq., 1. I, c. 4, art. 8, n. 13 sq., p. 401, éd. 1783; éd. d'Anvers, t. I, col. 403. — Mcnard, Noi. adsacrnmenl. Gregor., 264. — With. Meyer, Zwei antike Eljcnbeintajeln der k. Staats-Bibliothck in Mùnchen, Abh. der philos.philol. Abth. d. k. Bayer. Akad. d. W.W., t. xvu, 1 sq., Munchen, 1879. — A. Molinier, Les obituaires jrançais au moyen âge, m-H°, Paris, 1890, ch. i. — Em. Molinier, Histoire générale des arts appliqués à l'industrie, t. I, p. 1 sq.. Les diptyques consulaires, p. 49 sq. Ivoires à sujets chrétiens (diptyques). — H. Noris, Hist. Pelug., Patavii, 1673. — Pellicia, De christ, eccles. Polilia, 1, 1 ; II, § 10. The Polity oj the christ. Church, London, 1883. p. 243-248. — Probst. Die liturgie des iv Jahrh. u. deren Rejorm, Munster, 1893, p. 50, 97, 1 1 1 . 249, 290, etc. - — Die abcndUindische Messevom \ bis zum viiiJahrh., Munster, lfc96, p. 145 sq., 184, 244, 305, 332, etc. — Lit. der drei erst. christl. Jalirh., Tiibingcn, 1870, p. 9 et 407. • — Rietschel, Lchrbuch der Lilurgik, BerUn, 1900, ]). 231 sq. — Rohault de Fleury, La messe, Élude archéol. sur ses monuments. Diptyques t. vi, p. 115- 123 sq. ; in-4'', Paris, 1888 — H Rosweydc. De dipiy-
chis veterum cliristianorum, dans Vilip Pairum. in-fol., Antwerpise, 1615, p. 1024 et dans Zaccaria, Disciplina populi Dei, 1782, t. m, p. 28-34. — Salig, Dediptychis veterum lam prnjanis f/Hom.sv(cri.s,Hala;Magd., 1731, in-4''. — Saussay, Apparnlus ad martyrol. gall., ParLsiis, 1638, c. vm, p. XIX sq. — J. H. Srawley, The eurly hislory oj the liturgy, Cambridge, 1913, p. 124 sq., 186 sq., 200 sq., p. 216. — Suicer, Thésaurus eccles iaslicas e patribus grœcis, Amstelîedami, 1738, t. i, p. 922 sq. — Schultze, Archâologie der altchristlichen Kunst, .\ïijnchen, 1896. — Thalhofer-Eisenhofer, Ilandbuch der katholischen Liturgik, t. i, 1912, Freib. i. Br., t. ii, p. 165 sq., et 184 sq. — Tommasi, Breviculus aliquol monumentorum veteris moris quo Christi ftdeles ad sieculum usque X utebantur in celebralione missarum sive pro se, seu pro aliis vivis vel dejunctis et in ejusdem rei oneribus, dans Tommasi-Vezzosi, Operd,t. vu, p. 1-35. — • A. Venturi, Storia dell'arte italiana, Milano, 1901, t. I, p. 484-512 (avec une bibliographie des diptyques p. 484, 485, 497 et 504). — P. Ercole Visconti,"//(ustrazinne di un antico pugillare in avorio, dans Bullettino délia commissione archeologica municipale, aprilegiugno, 1874, Roma. 1874, p. 101-115. — .A.lex. Wilthemius, Diplychon Leodiense ex consulari jaclum episcopaleetin illud commentarius, Leodii, 1659, in-fol. (publie plusieurs diptyques consulaires). — Zaccaria, Onomasticon, au mot Diplycha. — Dict. des antiq. grecq. et rom., au mot Diptyques. — Archives des missions scientifiques,18S7, t. XIII, p. 554. — Neues .irchiv, xix, 58. — Pour les diptyques païens et les diptyques consulaires, voir domhec\ercq, Mcmuel d'archéol.chrél., Paris, 1907, t. Il, p. 334 sq. et l'art. Diptyques (archéologie). — '■ Voir aussi dans ce Dictionnaire les articles Canon. Intercession, Oblations, Offertoire, Secrète, etc. F. Cabrol.
2- DIPTYQUES (Archéolosie). — I. Coup d'oeil d'ensemble. II. l)iply(iiics consulaires: 1. Diptyque de Stilicon (401)); 2. de Probus (406); 3. de Félix (428); 4. d'Asturius (449); 5. de Boéce (487); 6. de Sividius(488); 7-14. d'Aréobindus (506); 15. de Clementinus(513); 16. d'Anthemius (515); 17-20. d'.\nastasius (517); 21-25. de Magnus (518); 26-28. de Justinien (521); 29-32. de Philoxéne (525); 33. de Lampadius (530); 34. d'Orestes (530); 35. d'Apion (539); 36. de Justin (540); 37. de Basile (541). — Diptyques consulaires anonymes : 38. à Halberstadt; 39. à Bourges; 40. à Londres (Gherardesca); 41. Barberini; 42. à Londres; 43. à Liverpool; 44. à Monza; 45. i Prague; 46. à Milan (Trivulzio); 47. à Milan (Trivulzio); 48. à Bàle; 49. à Munich. III. Diptyques de fonctionnaires : 50. de Ru fuis Probianus; 51. de Liverpool; 52. de l'Ermitage; 53. de Vienne; 54. de Novare; 55. de Bologne; 56. de Berlin-Trêves; 57. de Vienne et Florence; 58. de Cluny- South Kensington; 59. deBrescia; 60. de Trieste; 61. de Liverpool; 62. de Monza; 63. de Paris-Louvre; 64. de Sens; 65. de Paris-Louvre. IV. Diptyques chrétiens : 66. Ange du Musée britannique; 67. Adam et saint Paul de Florence; 68. Livre d'ivoire de Rouen; 69. Milan (cathédrale); 70. Milan (Trivulzio); 71. Païenne (cathédrale); 72. Tongres-Bruxelles; 73. Spitzer; 74. Ivoire Barberini; 75. Murano; 76. Florence; 77. Elschmiadzin; 78. Vatican (Lorsch); 79. CrawJord; 80. Saint Lupiciii; 81. Berlin; 82. Louqsor, S3. Ermitage; 84. Amiens; 85. Nancy; 86. Gcnocls-iridiTcn; 87. Rambona; 88. Sancta Sanctorum; 89. Francfort-sur-le- Mein; 90. Tournai (cathédrale). V. Bibliographie.
I. Corp d'œil d'ensemble. . — .\ii moment où la sculpture monumentale ne produisait plus que des œuvres chétives et bientôt de plus en plus misérables, la sculpture industrielle allait trouver ù s'exercer non seulement avec virtuosité, mais avec une sorte de maitrise sur une matière dès longtemps lamilière aux artisans orientaux. Diplyaucs, coUrets, pyxidef.
DIPTYQUES (ARCHÉOLOGIE
couvertures d'évangéliaires, chaires épiscopales nous ont laissé plusieurs séries archéologiques abondantes et instructives. Il ne sera question ici que des diptyques.
On a vu dans la dissertation qui précède leur destination. Parmi les plus importants se trouvent les diptyques consulaires dont la chronologie certaine permet de jalonner l'histoire de la technique. L'usage voulait que le jour de leur entrée en charge les consuls envoyassent à leurs amis, aux fonctionnaires principaux de l'État et à l'empereur lui-même des diptyques dont la richesse et peut-être aussi le fini dépendaient du destinataire. Certains diptyques d'une magnificence éclatante, ornés d'or ou dorés — tel celui de StiUcon — étaient réservés à l'empereur; la comparaison entre divers exemplaires à l'efligie d'un même consul prouve assez la gradation établie entre diptyques et diptyques. Ainsi, sur les huit exemplaires d'Aréobindus (en 506) quatre sont ouvrés avec soin, montrent le consul assis, dans l'exercice de ses fonctions, présidant aux jeux, quatre autres ne présentent qu'un médaillon et quelques ornements d'exécution facile et de technique sommaire. La série entière des diptyques consulaires s'étend entre l'an 400 et l'an 541, de StiUcon à Basile; trente-sept sont identifiés, l'anonymat de douze autres a résisté à toutes les investigations; seul celui d'Orestes (en 530) appartient à un consul romain.
Les plus anciens sont incontestablement les plus beaux. Ceux de StiUcon (vers 400), de Probianus, de l'union des Nicomaques et des Symmaques appartiennent aux premières années du v= siècle; celui de Félix en 42S s'est déjà alourdi et la décadence marche rapidement désormais. L'exécution déchoit et la monotonie s'affirme. Les plus anciens présentent encore de l'imprévu. Probianus dicte une sentence, Félix se montre sur le seuil de sa maison, Boèce préside les jeux sans aucun appareil hiératique; à partir de la fin da v» siècle, nuUe variété. Le consul est debout ou assis, impassible, automatique. Seule la fantaisie ose encore essayer à se faire jour dans l'épisode qui occupe la partie inférieure et représente des scènes de jeux, combats d'ours, avec leurs péripéties, jongleurs, gymnastes, aiïranchissement d'esclaves, chevaux caparaçonnés. L'intention évidente est de reproduire les traits du consul, mais il est permis de croire — à en juger par l'ensemble — que l'artiste s'est généralement contenté d'une approximation. La question du vêtement, des insignes, était devenue importante sons l'empire où les préséances étaient marquées par la broderie, la forme de la chaussure, la couleur d'un ruban; aussi ces détails sont-ils traités avec soin, parfois avec scrupule et on a remarqué sur certains diptyques des traces de peinture. C'est avec le diptyque de Boèce (en 487) que nous voyons le consul apparaître dans son vêlement officiel avec le sceptre et la mappa circensis, mouchoir blanc avec lequel il donne le signal de l'ouverture des jeux. La chaise curule, le tabouret, les souliers dorés (calcei aurati) sont d'autres distinctions que les tabletiers n'ont garde d'omettre. L'architecture offre un thème moins rigide, le fronton, l'arcade, la coupole, le ciborium offrent au moins quelque variété et on est tenté de leur en savoir gré, comme aux deux lourds et maladroits appariteurs qui versent des sacs d'argent et nous changent des combats de fauves. Vers la fin du ve siècle, le type se fige; avec le consul Anastase, en 517, la décoration surchargée semble être parvenue à dira son dernier mot; et malgré cette monotonie envahissante, un souci persiste, celui de la res-
• Ce n'est pas le seul exemple de l'imilation d'une statue sur un diptyque celui d'Esculape et Télesphorc (Uvcrpool,
semblance individuelle du consul, souci si réel qu'il a permis de rapprocher deux feuillets séparés du diptyque de Basile, en 541. Malgré les dimensions différentes, la comparaison des physionomies ne permet pas un Instant d'hésitation.
On peut regretter la trop rapide disparition des compositions ingénieuses où l'observation de la nature, la copie d'une statue inspirent des œuvres telles que les diptyques de StiUcon et de Probus, et à un moindre degré les diptyques d'Halberstadt, de Bourges et Gliorardesca; néanmoins les monuments que nous possédons comportent un utile enseignement archéologique. Au point de vue de la technique du tabletler, on voit où était tombé cet art si brillant autrefois. Même sur le diptyque de Probus, où l'Imitation d'une ancienne statue impériale donne encore fière tournure à Honorius, la maladresse de l'artisan se montre en maints endroits'. Son dessin encore correct ne commande plus à sa gouge et à son burin, c'est à peine s'il sait détacher la figure, et dès qu'il arrive aux pieds et aux mains, il exécute de maladroites et pesantes caricatures. L'ornementation est à peine passable si on la compare aux modèles classiques qu'elle a la prétention de reproduire. La tendance manifeste est de transformer la sculpture en besogne de gravure et c'est ce qui permet de comprendre comment l'artisan, incapable de modeler le personnage, s'en fait, en revanche; le couturier, le coiffeur, l'orfèvre avec un amusement visible et une patience infinie. L'exécution d'une draperie est devenue chose laborieuse, mais quand, à grand'peine, elle est mise en saiUie, vite on s'occupe d'en relever les plus minces reUefs par des ornementations compliquées qui semblent n'avoir d'autre but que de faire oublier l'insuflisance sculpturale de ce vêtement d'apparat. Heureusement qu'à côté des productions d'un art engourdi et maladroit, on peut encore noter quelques pièces qui, sans être parfaites, accusent néanmoins un sens véritable des traditions antiques, un souci de ne pas s'en écarter trop violemment, un effort pour les comprendre et les adapter à une main-d'œuvre déchue.
On s'est demandé comment un si grand nombre de diptyques consulaires s'étaient conservés dans les églises cathédrales. L'explication est fort simple. Dès le v» siècle beaucoup d'évêques étaient des personnages Importants auxquels les magistrats publics n'étaient pas fâchés de faire un présent flatteur, celui de leurs diptyques; ainsi ces plaques d'ivoire entraient en possession des églises et devaient trouver une ingénieuse destination en servant de plats à des reliures particulièrement soignées et riches, ceUes des évangéiialres. Dans plusieurs cas, on utilisa la face unie pour inscrire une série de noms, puis quand la série se prolongea, on ajouta un ou plusieurs feuillets de parclicmin et cette fois encore le diptyque devint couverture de livre. Dans tous ces cas sa conservation était assurée. A Novare, à Brescia, à Bourges, à Monza, à Prague, à Houen, à Tongres, les diptyques cmt connu ces adaptations ou transformaiions; on ])eiil y voir une jiratique à peu près générale.
Malgré leur nombre relativement considéralile, les diptyques consulaires sont exceptionnels par rap|)<>rt à l'ensemble des diverses séries. Un certain iiombie d'entre eux sont dépourvus d'inscriptions qui \wrmettent leur attribution à tel ou tel personnage, d'autres appartiennent à des magistrats tels que Hulius F^robianus, préfet du prétoire de Home, dont le diptyque est le plus beau de tous ceux que nous possédons. Il y a eu aussi des diptyques d'une alisoliie simplicité, dont nous avons un beau spécimen dans les
musée .Maycr>, iv"-v« siècle, s'est Inspiré de l'IIirciilc Furnèse au repos, appuyé sur sa massue.
DIPTYQUES (ARCHÉOLOGIE
deux feuillets d'ivoire rapprochés par des anneaux d'argent et portant ce seul nom (fig. 3757) ' :